00:01Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:05Et à l'instant je découvre un tweet de Yael Broun-Pivet,
00:08puisque vous savez qu'il y a deux assistants parlementaires qui sont concernés,
00:12deux assistants parlementaires de Raphaël Arnaud.
00:15Le premier c'est Jacques-Élie Favreau, le deuxième c'est Robin Michel.
00:20Et en fait le contrat, voilà ce que dit Madame Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale,
00:24le contrat de travail de Monsieur Robin C. a été établi avec son député employeur sous son vrai nom,
00:29c'est son député qui a demandé à ce que puisse être utilisé un nom d'usage
00:32sur les documents publics liés à ces fonctions.
00:35Des vérifications de sécurité ont été préalablement faites sur les...
00:42Alors ça a sauté, voilà.
00:45Ont été faites préalablement à l'embauche de ce collaborateur sur la base de son nom réel et son nom
00:49d'usage.
00:50Compte tenu des événements récents, j'ai demandé à ce que les contrats de l'ensemble des collaborateurs
00:54soient examinés par les services de l'Assemblée et à ce que soit mis fin immédiatement à de telles pratiques.
01:02Bon voilà, on arrive quand même à des stades politiques et politico-administratifs de l'Assemblée nationale.
01:08C'est le personnel du Parlement qui est directement concerné.
01:11On est vraiment là dans le...
01:13Alors les équipes parlementaires, plus précis, mais Elbrun-Pivet vous dira que le personnel de l'Assemblée...
01:20Oui, ce sont les officiers, ce sont les greffinés, ce sont les fonctionnaires.
01:23Et que, d'ailleurs, elle dit aussi dans son communiqué, elle ne peut pas faire plus, le reste relèvera...
01:28Elle ne peut pas le démettre comme elle pourrait démettre d'ailleurs.
01:29Non, non, non, et elle dit, d'ailleurs, c'est précisé, elle l'avait aussi précisé pour le communiqué concernant
01:33Jacques-Élie Favreau,
01:34le premier assistant parlementaire de Raphaël Arnaud qui a été mis en cause chronologiquement,
01:37en disant que le reste des mesures à prendre dépendent du député employeur.
01:41Parce qu'en effet, un collaborateur parlementaire a ce statut spécial, ce n'est pas un employé de l'Assemblée
01:46Nationale,
01:46c'est-à-dire qu'il a un badge pour l'Assemblée Nationale, mais il ne dépend pas structurellement de
01:51l'organisme Assemblée Nationale,
01:53il n'a d'ailleurs pas le statut de fonctionnaire, c'est un collaborateur,
01:56et un député est entièrement à ce qu'on appelle une enveloppe qu'il peut répartir pour embaucher un ou
02:02plusieurs collaborateurs.
02:04En général, il y en a trois.
02:05Il est maître des sous, en fait, il peut d'ailleurs se dire que c'est lui qui fixe le
02:11salaire.
02:11Oui, sur un enveloppe qui est plafonné, donc en effet, c'est lui qui fixe les salaires.
02:16Les indemnités, voilà.
02:16C'est évidemment lui qui choisit le profit de ses collaborateurs,
02:18sachant qu'il y en a qui sont à Paris, donc dans le bureau à l'Assemblée Nationale,
02:21et en général au moins un en circonscription.
02:25Apparemment, ceux de Raphaël Arnaud avaient quelques autres activités
02:28que leurs activités dans le bureau parisien ou en circonscription en Vaucluse.
02:32En tout cas, cette affaire est suffisamment grave pour se poursuivre.
02:37On sait que les gardes à vue sont poursuivis pour neuf des onze interpellés à Lyon.
02:44Et pendant ce temps, on a également fait le listing,
02:50et c'était tout à l'heure dans Midi News,
02:52on avait fait le listing des invités de Sciences Po Lyon.
02:56Alors ça, on pourrait le regarder aussi.
03:01Et alors effectivement, vous aviez Madame Aubry,
03:04vous aviez Madame, comment s'appelle-t-elle,
03:09je vais retrouver son nom, qui était une députée socialiste.
03:11Enfin, en gros, il y avait sur dix invités,
03:14il y avait huit personnes de la France insoumise,
03:16une personne socialiste et une personne apparentée.
03:19Voilà, c'est ça aujourd'hui.
03:20Et on est remonté jusqu'en octobre 2023,
03:23avec, encore une fois, des noms comme Manon Aubry
03:27et récemment Rima Hassan.
03:29J'ai vu que l'association, d'ailleurs, qui avait invité Rima Hassan
03:32sur les trois derniers invités,
03:33sur lesquels ils ont communiqué sur Internet,
03:36deux étaient eurodéputés de la France insoumise.
03:38De la France insoumise, pas de gauche, de la France insoumise.
03:41Voilà, mais je crois aussi que ça traduit un climat dans les universités.
03:44Et le LFI a toujours eu une stratégie,
03:46et Adrien pourra en parler mieux que moi,
03:48a toujours eu une stratégie très agressive dans les facs,
03:50c'est-à-dire en disant que la fac doit être un lieu insoumis,
03:53de la même manière qu'ils essayent de déborder beaucoup
03:54sur le champ syndical quand il y a des manifestations syndicales,
03:57ils essayent, ils concurrencent même les syndicats étudiants,
04:00parce qu'ils considèrent que la fac est un haut lieu de politisation
04:03et qu'il y a des recrues à prendre.
04:05Donc tout porte à croire qu'ils ont réussi en partie,
04:07vu le programme de certaines associations étudiantes.
04:11Pareil.
04:11On parle beaucoup de la stratégie de LFI pour draguer les banlieues.
04:16Il y a évidemment ce pilier-là,
04:19mais il y a d'autres fractions de la sociologie insoumise,
04:22et parmi elles, il y a tous ces diplômés, futurs diplômés,
04:26notamment en sciences sociales.
04:27On sait que les universités, les facs de sociologie,
04:31les facs d'histoire, les facs de sciences politiques,
04:34sont des viviers de recrutement, d'électeurs,
04:37mais également de collaborateurs,
04:39puisqu'il y a énormément de collaborateurs de députés LFI
04:41qui sont des étudiants de ces facultés-là.
04:44Ce qui est intéressant, c'est que vous faisiez, Pierre,
04:47le listing des invités de ces universités ou de Sciences Po au Lyon.
04:51En réalité, ce qui est intéressant,
04:53c'est qu'on présente ça comme des conférences.
04:55Ce ne sont pas des conférences, ce sont des meetings.
04:57Ce sont des meetings, il faut dire ce qu'il y a.
05:00Ce ne sont pas vraiment des conférences.
05:03Et une jeune personne qui avait fait un documentaire,
05:05justement, sur Rennes 2,
05:08me disait que quand elle avait intégré,
05:11infiltré plutôt d'ailleurs ces jeunes gens,
05:14puisqu'elle est une journaliste d'investigation,
05:17il y avait à peu près deux cours par semaine.
05:20Donc vous avez deux cours par semaine,
05:22et le reste de temps, c'est du militantisme.
05:23Alors je pense qu'il y avait deux cours auxquels ils assistaient.
05:26Parce qu'en général, il y a quand même plus de deux cours par semaine.
05:30Vous savez, c'est aberrant, parce qu'on se retrouve quand même,
05:33et je fais partie des parents qui ont des enfants
05:37qui à un moment donné vont taper sur Parcoursup
05:40et vont avoir des choix d'université ou d'école à faire.
05:43Effectivement, vous habitez à Rennes,
05:46vous vous envoyez en disant,
05:48tiens, mon fils va aller à l'université.
05:52Et ils se retrouvent avec deux cours par semaine.
05:54Le reste du temps, c'est du militantisme,
05:55et c'est surtout qu'on vous prend à partie,
05:57et on vous dit, voilà, si t'es pas dans la bande,
05:59t'es pas dans la bande, quoi.
06:00C'est-à-dire qu'on vous maltraite, on vous harcèle.
06:03C'est ce que nous expliquait Aude Cousy,
06:05qui avait fait ce reportage sur Rennes 2.
06:07Par ailleurs, il y a des motifs pour interdire certaines conférences.
06:11Je rappelle que Sciences Po Paris a interdit,
06:15enfin en tout cas, a gagné d'ailleurs aussi en justice,
06:18l'interdiction d'une conférence de Rima Hassan,
06:20mais sur des motifs très précis.
06:23C'est pour ça que c'est pas une atteinte à la diversité d'expression.
06:25C'est normal qu'il y ait des conférences à l'université.
06:27Moi aussi, quand j'étais étudiant,
06:28j'allais assister à des conférences d'ailleurs
06:29de gens de toute obédience politique.
06:31Ça fait partie de l'intérêt de la vie étudiante.
06:33Mais là, qu'est-ce qui s'était passé ?
06:35Rima Hassan avait accusé, avait dénigré l'institution Sciences Po
06:38en l'accusant, je crois, de couvrir le fameux génocide,
06:41entre guillemets, à Gaza.
06:43Donc accusé directement, porté des accusations très graves
06:46contre Sciences Po Paris.
06:47Avec un sous-entendu de menace.
06:50Parce que la particularité de Rima Hassan,
06:52c'est que quand elle a une cible,
06:53elle fait un raid numérique,
06:55elle envoie tous ses fans et tous ses bots
06:57sur les réseaux sociaux pour cibler la personne.
07:00C'est arrivé la semaine dernière à Ariel Veil,
07:02qui est maire socialiste de Paris Centre,
07:06et qui, comme par hasard,
07:07je rappelle qu'il est de confession juive,
07:08comme par hasard, fait partie des personnalités.
07:11Récemment ciblée par Rima Hassan,
07:13je note que beaucoup sont en général de confession juive.
07:15Donc là, il y avait un motif tout à fait légitime,
07:17en raison de troubles à l'ordre public
07:18et en raison des accusations graves
07:20qui étaient proférées par Rima Hassan,
07:22d'interdire, et là je vois à l'instant
07:24que l'école normale supérieure
07:26a annulé une conférence avec Rima Hassan.
07:29Et en effet, le mot est important,
07:31il faut arrêter d'appeler ça conférence.
07:32Il faut arrêter d'appeler ça conférence
07:33quand il s'agit d'une association sympathisante
07:35qui accueille, comme c'était le cas à Sciences Po Lyon,
07:37qui accueille Rima Hassan
07:38par une ovation debout de l'ensemble de la salle
07:40au moment où elle entend.
07:41– Cette information concernant l'ENS,
07:44ça vient de tomber.
07:45– Ça vient de tomber, tout à fait.
07:45– Ça vient de tomber, mais, enfin je veux dire,
07:47pardon, mais n'importe quel établissement,
07:51surtout de renom, comme l'école normale supérieure,
07:55s'ils s'amusent à faire une invitation à Rima Hassan,
07:59c'est un risque immense qu'ils prennent
08:03avec ce qui vient de se passer.
08:05Donc à la limite, c'est presque, j'allais dire, naturel.
08:08– C'est du bon sens, oui, mais nous sommes pour les raisons sécuritaires.
08:10– Non, on n'est absolument pas sûr
08:11si l'ENS ne va pas reformuler une invitation.
08:16Ce n'est pas une invitation annulée,
08:17à mon avis, c'est une invitation repoussée.
08:18C'est juste qu'on attend que ça se calme,
08:20et après, il y aura...
08:21Parce que c'est pareil,
08:23et quand vous entendez M. Salvador,
08:30qui était ce matin chez nous,
08:32sur Europe 1, au micro de Dimitri Pavlenko,
08:35et qui expliquait qu'il y avait une,
08:40comment dirais-je, une sorte de dogme,
08:43puisque tout est à la volonté, finalement,
08:46du président de l'université ou de l'université de l'école,
08:49finalement, il n'y a aucun préfet,
08:50il ne peut y avoir aucune action coercitive
08:53du pouvoir central pour dire,
08:54ben non, vous ne pouvez pas.
08:55Donc après, il y a des choix qui se font,
08:58et on a vu, par exemple, la différence notoire
09:02à la fois de l'ambiance et de l'enseignement
09:05à Sciences Po Paris,
09:06depuis qu'il y a Louise Vassie.
09:08Oui, ça c'est vrai.
09:10Vous vous souvenez quand même
09:11combien de fois on est parti en reportage
09:13à Sciences Po Paris,
09:13parce qu'il y avait des banderoles pro-Gaza,
09:17et qui...
09:18Ce n'est même plus une question de savoir pro-Gaza
09:20ou pas pro-Gaza,
09:21c'est juste qu'on n'arrivait même plus,
09:22les étudiants n'arrivaient même plus à étudier.
09:25Je pense que la question centrale,
09:27c'est quand même la liberté.
09:29C'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
09:30ce n'est pas complètement illégitime,
09:32Louis le disait très bien,
09:32ce n'est pas complètement illégitime
09:34de recevoir des personnalités,
09:35y compris des politiques,
09:36dans l'université.
09:38Ce qui est le plus préoccupant,
09:39c'est qu'il semble régner
09:40un climat de sectarisme et d'intimidation
09:43dans des lieux de savoir
09:44où on est censé apprendre,
09:46les sciences sociales,
09:47c'est quand même comprendre la société.
09:49Ça ne va pas dire, effectivement,
09:50parce que les années 60-70
09:52ont été émaillées par les luttes
09:54entre gauchistes et droitsards,
09:56pour résumer.
09:58Je ne sais pas ce qu'il y a de pire
09:59comme terme de gauchiste ou de droitsards.
10:02Je vais choisir.
10:04Les deux sont péjoratifs.
10:05En tout cas, ce qui est important,
10:07c'est de retrouver un climat
10:10de liberté d'expression,
10:11de liberté d'opinion,
10:13et peut-être, effectivement,
10:15réfléchir à ce que soit un peu plus studieux.
10:17Des politiques, très bien,
10:18mais dans ce cas-là,
10:18il faut un peu de pluralisme.
10:20Là, malheureusement,
10:20je n'arrive plus à retrouver,
10:22ça m'enquiquine d'ailleurs,
10:23de retrouver ce qu'on appelle
10:24une DNS en télévision,
10:26c'est-à-dire une image
10:27ou une infographie
10:28où il y a effectivement
10:29tous ces noms,
10:30mais je peux vous garantir
10:30qu'on les a passés tout à l'heure.
10:32Il y a 8 noms sur 10,
10:34ce sont des LFI,
10:35donc où est le pluralisme ?
10:36Et deuxièmement,
10:37pour rebondir sur ce que vous avez dit,
10:38Adrien,
10:39des personnalités politiques,
10:41oui,
10:41mais est-ce que Rima Hassan
10:42est l'exemple type,
10:44j'allais dire,
10:45d'une personnalité politique ?
10:46De fait,
10:46c'est une personnalité politique.
10:48Moi,
10:48je questionne le choix,
10:50effectivement,
10:50d'Arrien,
10:51c'est une personnalité politique
10:52qui est eurodéputée
10:53et qui devrait donc parler
10:54des sujets européens
10:56et qui ne parle que
10:57d'un seul sujet,
10:58non-européen par ailleurs,
11:00qui est non-européen.
11:01Mais les instituts
11:01de ces conférences,
11:02d'ailleurs,
11:02c'est ça.
11:04Mais on l'attend d'ailleurs
11:05les instituts de ces conférences,
11:06c'est les relations
11:06entre l'Union Européenne
11:07et le Moyen-Orient,
11:08les enjeux géopolitiques.
11:09En réalité,
11:10ce sont des meetings
11:11dans lesquels
11:12elle tient ses positions
11:12sur le conflit
11:13entre Israël
11:15et les Palestiniens.
11:16Donc,
11:17c'est une manière
11:17un peu grossière
11:18de couvrir la marchandise.
11:19En effet,
11:19elle n'a qu'une seule obsession,
11:20c'est ça.
11:20Et d'ailleurs,
11:21c'est questionnable
11:21de la part d'une parlementaire
11:23qui normalement doit s'attaquer
11:24à un spectre assez large
11:25de sujets.
11:26Elle n'a toujours eu
11:26qu'un seul sujet d'obsession.
11:27Merci Louis Azalter,
11:28merci Adrien Matou,
11:29le journal de 20h arrive
11:31dans un instant 20h30.
11:32Comme tous les mercredis,
11:33les questions internationales.
11:34A tout de suite sur Europe 1.
Commentaires