- il y a 2 jours
Les clefs d'une vie de Bernard Stora
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-02-02##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Avant de devenir scénariste et réalisateur,
00:08vous avez appris votre métier en coulisses.
00:10Pendant la préparation et le tournage d'un film culte,
00:13Le Cercle Rouge, vous en avez vu justement de toutes les couleurs.
00:17Vous le racontez aujourd'hui dans un livre.
00:19Bonjour Bernard Stora.
00:20Bonjour Jacques.
00:21Alors, je vous avais accueilli pour parler de votre parcours
00:23voici quelques temps dans Les clés d'une vie,
00:25mais là vous publiez un livre dans Le Cercle Rouge,
00:27en hommage au film de Jean-Pierre Melville.
00:30Et vous racontez ça au jour le jour, on va en parler,
00:33parce que ce livre est important chez De Noël,
00:35et que c'est vraiment un récit à part d'un film culte.
00:39Et le principe des clés d'une vie, vous le savez,
00:41c'est d'évoquer aussi le parcours à travers des dates cultes et des dates clés.
00:45Et la première date que j'ai trouvée se rapporte au metteur en scène
00:48Jean-Pierre Melville, justement, qui est le 9 juin 1933.
00:52C'est la sortie d'un film culte qui s'appelle Cavalcade de Frank Lloyd.
00:56Et je crois que ce film était très important dans la vie de Jean-Pierre Melville.
01:00Oui, c'est ce qu'on m'a dit.
01:03Il ne m'en a curieusement jamais parlé de ce film-là.
01:06Il m'a parlé d'autres films, mais de celui-là pas.
01:09Et je sais, j'ai lu plusieurs fois, en effet,
01:11que c'était le film qui l'avait amené au cinéma.
01:15En fait, c'est une chronique qui retrace la vie d'une famille bourgeoise londonienne,
01:19au temps du naufrage titanique,
01:21de la mort de la Reine Victoria et de la Première Guerre mondiale.
01:23Pourquoi ça l'a influencé ? On ne sait pas.
01:26Alors ça, je ne peux pas vous dire,
01:27mais peut-être parce qu'il était lui-même d'une famille bourgeoise
01:30à Paris et qu'il connaissait ce milieu, j'imagine.
01:35Alors, avant de parler du Cercle Rouge,
01:37donc, vous avez été l'assistant,
01:38on va revenir un peu sur Jean-Pierre Melville,
01:40car on connaît son nom, mais pas forcément son parcours, Bernard Stora.
01:43Oui, bien sûr.
01:44Alors, c'est quelqu'un qui a été très, très important,
01:48très, très tôt, après-guerre, dans le cinéma français,
01:51parce que ses méthodes de tournage étaient très, très originales.
01:56Voilà, les premiers films qu'il a tournés,
01:57d'abord, c'était d'après un roman qui était très important à la Libération,
02:02qui était « Le silence de la mer » de Vercors.
02:04Et donc, il a adapté ce livre.
02:06Sans demander l'autorisation de Vercors ?
02:08Sans demander l'autorisation, enfin, c'était très compliqué.
02:11Voilà, donc, il avait déjà des manières de franc-tireur.
02:16Et c'est vrai qu'on dit aujourd'hui
02:18qu'il a été l'un des pionniers de l'avant-nouvelle vague, Jean-Pierre Melville.
02:22Ah, tout à fait, tout à fait.
02:23Vous savez, quand on voit ses premiers films,
02:24on est stupéfait de voir à quel point ils sont nouveaux,
02:28ils sont originaux,
02:29ils tranchent totalement avec le cinéma de cette époque.
02:32Alors, il se trouve qu'on connaît l'image de Jean-Pierre Melville
02:34avec son chapeau et ses lunettes,
02:36et ses bottes, mais on va en parler tout à l'heure.
02:39Mais surtout, la découverte du cinéma,
02:41je crois que Jean-Pierre Melville, c'est à six ans,
02:43dans une brasserie qui s'appelle La Grande Taverne.
02:45C'est ce qu'il dit, oui, oui.
02:47C'est très, très joli comme souvenir.
02:49Et il raconte beaucoup de choses très, très curieuses.
02:54Vous savez, il avait une gouvernante,
02:56lui-même étant d'origine juive.
03:00Il s'appelait Grand-Bac, de son vrai nom.
03:01Voilà, tout à fait.
03:02Et il avait une gouvernante qui était très, très catholique,
03:05très pratiquante et qui l'amenait à la messe.
03:08Et il raconte, vrai ou pas,
03:09mais c'est une histoire merveilleuse,
03:11que la première fois qu'il est allé au cinéma,
03:14il cherchait le bénitier.
03:15En rentrant dans le cinéma,
03:18ça lui donnait le sentiment de rentrer dans une église.
03:21Il se trouve que Jean-Pierre Melville est un metteur en scène
03:24qui a débuté très jeune,
03:25puisque je crois que ses parents lui ont offert une caméra paté baby.
03:28A l'époque, c'était le joyau pour les jeunes.
03:30Mais évidemment, c'était une chose tout à fait rare.
03:32Aujourd'hui, tout le monde a une caméra dans la poche
03:35avec son téléphone portable.
03:36Mais évidemment, à cette époque, c'était tout à fait différent.
03:38C'était une petite caméra
03:39où il y avait quelques images qu'on pouvait tourner.
03:41Oui, c'est ça.
03:42Oui, c'était une caméra amateur, petit format.
03:48Je ne sais pas quelle a été la durée des bobines.
03:51Une minute environ.
03:51Voilà, c'était tout à fait des choses,
03:54mais qui paraissaient miraculeuses, totalement extraordinaires.
03:57Et il y a un autre metteur en scène très connu
03:58qui a débuté de la même façon, c'est Jacques Demy,
04:01qui, à 13 ans, à Nantes, a eu sa première caméra paté baby.
04:07Absolument, oui.
04:07L'image qu'on conserve de Jean-Pierre Melville,
04:10et quand on voit les photos,
04:12c'est ce Stetson à large bord, ce chapeau de cow-boy.
04:16C'était un déguisement, à vrai dire.
04:19Vous savez, il s'était trouvé un déguisement.
04:22C'était génial.
04:23C'était ce Stetson.
04:24C'était des costumes qui étaient toujours de la même couleur.
04:28C'était des lunettes noires.
04:31Et des lunettes noires qu'il portait en permanence,
04:33y compris la nuit.
04:35Et pourquoi ?
04:35Mais alors, les mauvaises langues disent
04:39que c'est parce qu'il était myope
04:41et que ça lui permettait de dissimuler.
04:43Il n'aurait pas voulu porter des lunettes,
04:45de vraies lunettes,
04:47qu'il aurait dénoncées, somme toute.
04:50Il aurait dit, voilà.
04:51Je ne sais pas si c'est vrai.
04:52Je ne l'ai jamais su.
04:53Et je n'ai jamais eu la curiosité
04:55d'essayer ses propres lunettes, je dois dire.
04:56Il faut dire que le Stetson,
04:58bon, c'est un chapeau à large bord.
05:00On dit que c'est un chapeau de cow-boy,
05:02mais c'est comme un réfrigérateur réfrigidaire.
05:05C'est-à-dire que le mot Stetson,
05:06c'est le premier chapeau qui a été inventé en 1965
05:09et qui est devenu un nom commun.
05:11Oui, tout à fait.
05:12Alors, il se trouve qu'il s'appelle Melville
05:14parce que je crois qu'il est entré en résistance,
05:16Bernard Stora.
05:18Oui, c'était une période extrêmement importante de sa vie.
05:22Son frère était résistant.
05:23Il est mort dans des circonstances absolument tragiques
05:26en essayant de franchir la frontière espagnole
05:28pour rejoindre de Gaulle à Londres.
05:30Je parle de son frère.
05:32Et ça l'a marqué pour la vie.
05:35Donc, tout ce qui touchait à la guerre
05:36et à la résistance au général de Gaulle
05:40avait une énorme importance pour lui.
05:43Et son meilleur ami était le colonel Passy
05:45qui était responsable des services de renseignement
05:47à Londres pendant la guerre.
05:49Oui, qui a toujours assisté au tournage de ses films.
05:52Tout à fait, oui, il était là.
05:54Et il se trouve donc que Jean-Pierre Melville,
05:55on ne le sait pas, arrive à Londres en 1942
05:58et il prend ce pseudonyme en hommage
06:00à l'auteur de Moby Dick, Herman Melville.
06:02Oui.
06:03Pourquoi ?
06:03Parce que c'était une de ses grandes admirations
06:06les livres de sa jeunesse,
06:08les livres qu'on n'oublie jamais.
06:10Oui, d'autant plus que Moby Dick est un succès mondial,
06:13mais que ce succès est né après la mort de l'auteur.
06:16Il n'a pas connu le succès de son vivant.
06:18Le livre a été un échec lorsqu'il est sorti.
06:20Ah ben là, vous m'apprenez quelque chose, vous voyez.
06:22Et Jean-Pierre Melville a également participé
06:24au débarquement en Provence en août 1944.
06:27Oui, il a participé à la campagne d'Italie.
06:31Et c'était ça.
06:32C'était... Il dit...
06:34Mais là encore, c'était très difficile avec Melville
06:36de faire la part entre la légende,
06:39la légende qu'il inventait,
06:40les choses qui étaient vraies.
06:41C'était intimement mêlé.
06:43Mais il dit que c'est la nuit
06:45qui a précédé la bataille de Monte Casino,
06:48qui a été très importante.
06:50Pour la prise de Rome.
06:51Voilà, absolument.
06:52Et que c'est là qu'il a pris la décision,
06:55s'il en réchappait,
06:56de faire du cinéma
06:58et de créer ses propres studios.
07:00Et il a créé des studios
07:01dans un hangar rue Génère à Paris.
07:03Voilà, que j'ai connu,
07:05mais que j'ai connu après l'incendie
07:07de ces studios dramatiques,
07:08au tout début d'ailleurs du tournage
07:10du samouraï.
07:12Oui, parce qu'en fait,
07:13il vivait pratiquement pour le cinéma
07:15et dans ses studios,
07:16Jean-Pierre Melville.
07:16Il vivait...
07:17Son appartement était au-dessus,
07:19d'ailleurs.
07:20Donc, lorsque j'ai connu,
07:22le studio était en reconstruction.
07:24C'était un chantier.
07:26Melville n'était pas un homme fortuné,
07:28donc il faisait avancer les travaux
07:29au fur et à mesure des rentrées d'argent.
07:31Et en effet, son appartement
07:33était au-dessus des studios.
07:34Ce qui lui permettait,
07:35lui qui vivait la nuit,
07:37de descendre en robe de chambre
07:38sur le plateau
07:39pour préparer son découpage,
07:43les éclairages,
07:45puisqu'il était sensu.
07:46Il disait toujours
07:47qu'il pouvait tout faire sur un plateau,
07:49qu'il pouvait remplir tous les postes.
07:51Et il y avait un petit studio
07:52d'enregistrement à l'époque,
07:54dans les années 50,
07:55et c'est là que Barbara
07:56a enregistré un de ses premiers disques
07:57qui s'appelle
07:58La Chanteuse de Minuit.
07:59Alors ça, c'est...
08:00On voit le spécialiste du musical
08:03avec ses souvenirs inépuisables.
08:06Alors, il se trouve que
08:07sa participation à la France libre
08:09a donné, entre autres naissance,
08:10à un film culte.
08:18L'armée des ombres.
08:20C'est vrai que ce film,
08:21aujourd'hui,
08:21passe régulièrement à la télévision.
08:23C'est adapté d'un roman
08:23de Joseph Kessel.
08:24Je crois que c'est
08:25le général de Gaulle
08:26qui avait commandé pratiquement
08:27ce roman à Joseph Kessel.
08:29Et ça a été un film
08:30très important dans la vie
08:31et dans le parcours
08:32de Jean-Pierre Melville,
08:33Bernard Stora.
08:34Oui, et c'est un véritable chef-d'oeuvre.
08:37C'est plus qu'un chef-d'oeuvre.
08:39À mon avis,
08:39c'est un chef-d'oeuvre universel.
08:41Peu de films peuvent accéder
08:44à cette qualité universelle.
08:47Vous voyez,
08:48qu'il parle à tout le monde,
08:50à toutes les civilisations,
08:51à toutes les cultures.
08:52C'est un immense film
08:53pour lequel j'ai beaucoup,
08:54beaucoup de respect
08:55et d'admiration.
08:56En gros,
08:56c'est l'un des premiers films
08:57à l'époque
08:58sur la vie des Français
08:59pendant l'occupation.
09:00Oui, et c'est un film
09:02pendant lequel
09:03on a froid,
09:05on a ce sentiment
09:06de solitude,
09:07d'inquiétude,
09:08on ressent véritablement.
09:09Moi, je suis né
09:10pendant la guerre,
09:11je n'ai pas vraiment
09:12de souvenirs de la guerre,
09:13j'ai des souvenirs
09:14d'après-guerre,
09:15mais je pense que c'était
09:17l'atmosphère
09:18de la vie en France
09:19était telle que Melville
09:21l'a admirablement rendue.
09:23Oui,
09:23et c'est la première fois
09:24depuis la fin de la guerre
09:25qu'on voit un soldat allemand
09:26sur les Champs-Elysées
09:27pour le tournage du film.
09:29Oui, tout à fait.
09:30Ça n'a pas été simple,
09:31il y a eu une légende
09:32qui fait qu'il a tourné ça
09:33sans l'accord du gouvernement
09:34alors qu'il a eu
09:35l'accord des pouvoirs publics.
09:36Mais bien sûr,
09:37ça fait partie de la légende,
09:38tout est mêlé,
09:39vous savez.
09:40Et votre rencontre
09:41avec Jean-Pierre Melville,
09:42Bernard Stora,
09:43se déroule justement
09:43pendant le montage
09:44de ce film
09:45L'Armée des Ombres.
09:47Oui,
09:47plutôt pendant,
09:49je pense,
09:49pendant les doublages
09:52de L'Armée des Ombres.
09:53Je n'arrive pas
09:54à déterminer exactement
09:55à quel stade
09:56parce qu'en réalité
09:56le film était sorti
09:58quelques mois plus tôt.
10:00Je pense que c'était
10:01des doublages.
10:02Je ne sais pas,
10:03c'était sans doute
10:04la version anglaise,
10:05je n'en suis pas sûr.
10:05Quoi qu'il en soit,
10:06c'est effectivement
10:07pendant ces doublages,
10:09dans le noir quasiment,
10:10puisqu'on travaille,
10:11vous savez,
10:12les acteurs sont devant
10:13un écran
10:13où défilent les boucles
10:14qu'ils doivent doubler
10:16dans les langues,
10:17dans les diverses langues.
10:19Et je me souviens encore
10:20de cette silhouette
10:21debout
10:22dans la pénombre
10:24qui était très impressionnante.
10:26C'est ma première rencontre
10:27avec Jean-Pierre Melville.
10:28En fait,
10:28ils cherchaient un assistant
10:30et grâce à un ami,
10:31vous avez été mis sur la piste.
10:33C'est-à-dire,
10:34vous savez,
10:34c'est un peu
10:35quand,
10:37c'est un peu comme
10:38lorsqu'on a une fille
10:39de chez soi
10:39et qu'on cherche
10:40un plombier.
10:41Alors donc,
10:41on se renseigne
10:42auprès des voisins
10:43en disant,
10:44est-ce que tu connais
10:45un bon plombier ?
10:46Alors,
10:46c'est pas Melville
10:47qui a cherché
10:47le bon plombier,
10:49en l'occurrence,
10:50le bon assistant,
10:51mais le producteur
10:55et le directeur
10:55de production
10:56qui se sont dit
10:58qui on va lui mettre
10:59entre les pattes,
10:59qui va dompter le monstre
11:01ou en tout cas
11:02le supporter,
11:03voilà.
11:04Et j'avais
11:04une petite réputation,
11:06disons,
11:07et c'est sur moi
11:09que c'est tombé.
11:10Et votre première rencontre,
11:12votre premier dialogue
11:13a été extrêmement court,
11:14Bernard Stora ?
11:15Ah,
11:15il a été très court,
11:16oui.
11:16Melville m'a dit,
11:18il m'a dit,
11:18mais monsieur Stora,
11:19on ne devient pas comme ça
11:20l'assistant de Jean-Pierre Melville.
11:22Donc j'avais déjà
11:23une idée
11:24de qui était le personnage
11:25et de quelle auteur
11:27il parlait,
11:28voilà.
11:28Alors je me suis dit
11:29en sortant,
11:30bon,
11:30je ne crois pas
11:31que je ferai ce film.
11:32Et finalement,
11:33voyez-vous,
11:34j'ai été,
11:36j'ai eu ce poste
11:38que je convoitais,
11:39j'étais très,
11:40très,
11:41très impressionné
11:42par Jean-Pierre Melville,
11:44j'aimais beaucoup
11:44ses films
11:45et donc c'était pour moi
11:46une occasion
11:47à la fois professionnelle
11:48mais aussi par rapport
11:49à mon amour
11:50du cinéma.
11:51Et votre amour
11:51du cinéma
11:52avec une autre fonction
11:53d'assistant,
11:54eh bien on va l'évoquer
11:55à travers une autre date,
11:56le 1er mars 1968.
11:58A tout de suite
11:59sur Sud Radio
12:00avec Bernard Stora.
12:01Sud Radio,
12:02les clés d'une vie,
12:03Jacques Pessis.
12:04Sud Radio,
12:05les clés d'une vie,
12:06mon invité Bernard Stora,
12:08réalisateur,
12:09romancier,
12:10scénariste
12:11et en même temps
12:12biographe
12:15entre guillemets
12:15de Jean-Pierre Melville
12:16à travers ce livre
12:17Dans le cercle rouge
12:18chez De Noël
12:19où vous racontez
12:20des coulisses d'un film
12:21qu'on va évoquer tout à l'heure,
12:22le 1er film
12:23de Jean-Pierre Melville
12:24où vous avez été
12:24l'assistant de Jean-Pierre Melville
12:26et d'ailleurs le seul film
12:27de Jean-Pierre Melville
12:27où vous avez été assistant.
12:29Alors,
12:30ça c'est pour tout à l'heure
12:31mais votre parcours aussi
12:32on peut l'évoquer
12:33à travers une autre date
12:34qui a un lien avec ce film.
12:35le 1er mars 1968
12:38est sorti ce film.
12:43Les Cracs,
12:44un film d'Alex Joffet.
12:46Il se trouve que
12:47Bourville est la tête d'affiche
12:48de ce film
12:49sous le nom de Jules Duroc
12:50et que ce film,
12:51vous avez aussi participé
12:53à son tournage,
12:54Bernard Stora.
12:54Tout à fait,
12:55j'étais deuxième assistant.
12:57C'était l'un des premiers longs métrages
13:00auxquels j'ai participé
13:01avec Alex Joffet
13:02qui était un metteur en scène
13:03en vogue à l'époque
13:04qui faisait surtout des comédies
13:05mais pas seulement
13:06et qui avait d'ailleurs
13:07déjà tourné avec Bourville
13:09des films
13:09qui étaient aussi
13:10des films dramatiques.
13:13Bourville,
13:13on ne le sait pas suffisamment,
13:15était avant
13:16Le Cercle Rouge,
13:17était déjà un acteur
13:19qui excellait également
13:21dans des rôles
13:22généralement de français moyen,
13:25avec un personnage
13:27un petit peu battu
13:30par les événements
13:31et dans Les Cracks,
13:34par contre,
13:35il retrouvait
13:36son personnage comique
13:38et le film était très drôle d'ailleurs,
13:40il était très réussi.
13:41En fait,
13:41c'était un inventeur endetté
13:43qui échappait
13:44à un huissier tenace
13:45qui était joué
13:45par Robert Hirsch.
13:46Voilà,
13:47c'était une course poursuite,
13:48c'était dans l'idée
13:49des producteurs,
13:50c'était,
13:51ça marchait
13:52sur les traces
13:53de la grande vadrouille
13:55qui était
13:55le grand grand succès
13:57de l'époque.
13:58Oui,
13:58d'ailleurs,
13:58les acteurs grimpaient
13:59avec des vélos d'époque,
14:00l'école pour tourner ce film
14:02et ils passaient
14:03leur temps
14:05à parier l'apéritif
14:06sur qui gagnerait
14:07à 300 mètres.
14:09Oui,
14:09c'est tout à fait vrai.
14:10Alors,
14:10vous savez,
14:11c'est un phénomène
14:12qui est très marrant
14:13dans les films
14:13quand il y a des figurants
14:15et quand ces figurants
14:16sont,
14:16par exemple,
14:17dans des armées adverses
14:19ou,
14:19enfin,
14:20sont adverses
14:20dans le scénario,
14:22généralement,
14:22ça se retrouve
14:23sur le plateau.
14:25Et là,
14:25quand il y a eu une équipe,
14:27il y avait plusieurs équipes
14:28dans cette course cycliste
14:30qui se passait
14:30dans les années 1900
14:31et il y avait
14:33une animosité
14:34entre les coureurs
14:35italiens,
14:36les coureurs français,
14:38voilà,
14:38donc ça donnait lieu
14:39à de vives discussions
14:39à la cantine.
14:41Il se trouve aussi,
14:41donc,
14:42que grâce à ce film,
14:43Bernard Storin,
14:43vous faites la connaissance
14:44de Bourville
14:44qui est alors
14:45au sommet de sa gloire.
14:46Oui,
14:47oui,
14:47oui,
14:47personnage formidable,
14:49d'une générosité,
14:51d'une chaleur humaine.
14:53Je crois que je ne peux pas imaginer
14:56que quelqu'un n'aimait pas Bourville.
14:58Il était très populaire,
14:59il était un peu très populaire
15:00en France,
15:02mais il était très populaire
15:03sur les plateaux.
15:04Oui,
15:04et d'ailleurs,
15:05il avait une particularité,
15:06il disait bonjour
15:07aux assistants
15:08et aux figurants
15:09avant de dire bonjour
15:10aux réalisateurs
15:10parce qu'il estimait
15:11que c'était souvent
15:12les plus mal lotis du film.
15:13Oui,
15:14il était très simple,
15:16voilà,
15:17tout simplement.
15:18Il était très simple,
15:18il était resté
15:19l'homme
15:20qu'il était
15:21qui avait
15:22grimpé les échelons
15:23à partir
15:24des foires,
15:26des kermesses
15:27de sa région d'origine
15:29en Normandie
15:29en étant fantaisiste.
15:32Et puis,
15:32vous allez assister
15:33à un accident,
15:34hélas,
15:34qui va se révéler dramatique.
15:36Alors,
15:36il faut que je vous raconte,
15:37oui,
15:37c'était la femme
15:39de Bourville,
15:41la femme
15:41de ce Jules Duroc
15:45accablée de dettes
15:47était Monique Tarbes
15:48qui d'ailleurs
15:49vient de nous quitter,
15:50qui était une actrice,
15:53une fantaisiste
15:53connue à cette époque
15:55et elle suivait la course
15:58à bord d'un triporteur,
16:00le triporteur
16:01qui servait
16:03aux livraisons
16:04de son mari
16:06dans la vie courante.
16:08Voilà,
16:09et elle était terrifiée
16:10par ce triporteur,
16:11elle ne savait pas le conduire,
16:14il tombait en panne,
16:15elle avait toujours peur
16:16de...
16:16Et un jour,
16:17il est arrivé l'accident
16:18qu'elle redoutait,
16:19c'est-à-dire qu'elle n'est pas
16:20arrivée à freiner au bon moment
16:21et donc elle est rentrée
16:23dans le peloton
16:24qui la précédait.
16:25Et il y a eu
16:26une chute générale
16:28comme on en voit aujourd'hui
16:29dans les courses cyclistes
16:30et Bourville a été prise
16:32dans cette chute.
16:33Et on a été terrifié,
16:34terrifié pour tous les gens
16:36qui tombaient évidemment,
16:37tous les jeunes gens
16:37qui étaient autour de lui,
16:39mais terrifié aussi
16:39pour Bourville,
16:41notre vedette.
16:42Bon.
16:43Et finalement,
16:44il s'est relevé
16:46très courageusement,
16:47il était tombé,
16:48il avait eu la chance
16:49de tomber dans un fossé,
16:50donc il était un petit peu
16:51protégé
16:52et il s'est relevé,
16:56il a dit
16:56non, non,
16:56ne vous inquiétez pas,
16:58je vais poursuivre
16:59le tournage,
17:01allez,
17:02mettons-nous en place,
17:03tournons ce plan.
17:03Bon.
17:04Donc le tournage a repris,
17:05mais le soir,
17:07on l'a emmené d'urgence
17:08quand même
17:08à la clinique,
17:10à Valence,
17:11nous tournions en Ardèche
17:12et on lui a fait
17:15des examens.
17:16Et par la suite,
17:17on a appris
17:18qu'il était malade
17:19et la rumeur
17:22était qu'il avait été malade
17:23si vous voulez,
17:26à la suite de cette chute.
17:27Ça avait été provoqué
17:28par cette chute.
17:29En réalité,
17:30il n'en était rien
17:31et d'après ce que j'en sais,
17:34au cours des examens
17:35qu'on lui a fait,
17:36on a découvert
17:36une autre maladie
17:37d'origine cancéreuse
17:39beaucoup plus grave
17:40et qu'il a emporté
17:41en deux ou trois ans.
17:43Il se trouve que Bourville
17:44se retrouve dans le cercle rouge
17:46en tête d'affiche,
17:47mais au départ,
17:47c'est l'Innoventura
17:48qui devait tenir ce rôle.
17:50Mais il se trouve
17:50que Jean-Pierre Melville,
17:51je reviens vers lui,
17:53s'est fâché
17:54avec l'Innoventura.
17:56Jean-Pierre Melville
17:56se fâchait
17:57avec tout le monde.
17:57C'est vrai.
17:58Mais ce n'était pas très grave,
18:01en fait.
18:01Il considérait que c'était
18:02une chose naturelle
18:03et non permanente
18:05de se fâcher.
18:06Donc,
18:06il se fâchait,
18:07il s'est fâché
18:08avec l'Innoventura,
18:11mais l'Innoventura
18:12était rancunier
18:13et en a beaucoup voulu
18:16à Bourville,
18:18à Bourville,
18:18pardon,
18:19à Melville,
18:19excusez-moi,
18:20la fin elle-même,
18:21mais le début du mot
18:23n'est pas le même.
18:23et lorsqu'il s'est agi
18:27d'honorer son contrat
18:28pour le cercle rouge,
18:30il a refusé catégoriquement,
18:32quelles qu'en soient
18:32les conséquences,
18:33de faire ce film.
18:34Il se trouve
18:36qu'ils se sont fâchés
18:37parce que Ventura
18:38avait joué un truand,
18:40un évadé de prison
18:41dans le deuxième souffle
18:42et que, bon,
18:43il y a un moment,
18:44sans le prévenir,
18:46Melville a accéléré
18:47la vitesse d'un train
18:49derrière lequel il courait.
18:51Voilà,
18:51c'est ce qu'on m'a raconté,
18:53moi je n'étais pas là,
18:54mais c'est ce qu'on m'a raconté
18:55pour faire plus vrai,
18:57n'est-ce pas ?
18:57Et donc ça,
18:58il ne l'a pas,
19:01il n'a pas vraiment encaissé,
19:04mais malgré tout,
19:05Ventura a accepté
19:06de faire l'armée des ombres
19:08dans lequel il est
19:09absolument extraordinaire.
19:10Oui,
19:10mais ils ne se sont jamais parlé,
19:11ils se parlaient par un système interposé.
19:12Voilà,
19:13ils ne se sont jamais parlé
19:14et l'animosité de Ventura
19:18pour Melville
19:19n'a fait que se renforcer
19:20au cours du tournage
19:22de l'armée des ombres,
19:23et c'est la raison pour laquelle
19:24il n'a pas voulu faire le film.
19:26Il se trouve aussi
19:27qu'il s'est fâché
19:27avec d'autres personnes
19:28à commencer par
19:29Jean-Paul Belmondo,
19:30Jean-Pierre Melville,
19:31sur le film
19:32L'aîné des Fers-Chaux.
19:33Alors,
19:33je n'étais pas là non plus
19:34puisque je n'ai fait
19:35qu'un seul film
19:36avec Melville
19:37qui était le Cercle Rouge,
19:38mais Jean-Paul Belmondo
19:39avec qui j'ai tourné
19:40par la suite
19:42une nouvelle adaptation
19:44de L'aîné des Fers-Chaux
19:46m'a raconté
19:47l'histoire plusieurs fois
19:48et en effet,
19:49Jean-Paul n'a pas supporté
19:51la façon dont Melville
19:52maltraitait Charles Vanel
19:54qui était un comédien
19:55magnifique.
19:56Il jouait un vieux banquier
19:57dans le film.
19:58Voilà,
19:58qui était formidable,
19:59formidable
20:00et pour lequel
20:01Belmondo avait
20:02beaucoup de respect.
20:03Donc,
20:03il s'est fâché
20:04pour défendre
20:05Ventura.
20:06Si bien d'ailleurs
20:07que le tournage du film,
20:09normalement,
20:09les deux comédiens
20:10devaient aller aux Etats-Unis
20:11ou se tourner une partie
20:12du film
20:13et Melville,
20:14pour les punir,
20:14ne les a pas emmenés
20:15aux Etats-Unis.
20:16Mais c'est lui-même
20:17qui les a punis
20:18parce que le film,
20:18je dois dire,
20:19est quand même
20:19un petit peu bancal.
20:21Oui,
20:21mais Melmondo,
20:22dans ce cas-là,
20:22je crois qu'il est arrivé
20:23vers Melville,
20:24il a jeté son chapeau
20:25pratiquement,
20:26ça aurait pu finir
20:27en pugilat
20:27parce qu'il avait
20:28le point facile.
20:29C'était très proche
20:30d'après le document sonore
20:33qu'on a conservé
20:34de l'incident.
20:35Et on est passé
20:36à côté d'un duo mythique
20:37car parmi les figurants,
20:39il y avait un candidat
20:39que Melville a refusé
20:41qui était un jeune
20:42comédien américain
20:43qui devait jouer
20:43un figurant
20:45et qu'il n'a pas accepté.
20:46Vous savez que c'est
20:46Robert De Niro ?
20:47Ah, pas du tout.
20:48Eh bien,
20:48il se trouve que
20:49Robert De Niro
20:49a auditionné
20:50pour ce film
20:51pour jouer un figurant
20:52amené par un autre stagiaire
20:53qui était Yves Boisset
20:54et qu'il a été refusé
20:57par Melville
20:57en disant
20:58ce type-là
20:58ne fait pas américain.
21:00Oui,
21:01vous avez donc
21:02une idée du personnage
21:03qui était quand même
21:04tout à fait extravagant.
21:06Et d'ailleurs,
21:07c'est pour ça
21:07qu'il y a eu
21:08d'autres soucis.
21:09Même avec Simone Signoret
21:10dans L'armée des ombres,
21:11il n'a pas été
21:11très sympa avec elle.
21:12Je ne sais pas.
21:13Moi,
21:14je l'ai vu avec
21:15Simone Signoret
21:16sur le plateau
21:17du Cercle Rouge
21:17qui était venu nous voir
21:18sur le plateau
21:18du Cercle Rouge
21:19qui était déjà
21:20très malade
21:21qui faisait un petit peu
21:23de la peine
21:24parce qu'elle était
21:24profondément déprimée
21:26apparemment
21:26et il était très respectueux
21:28pour elle.
21:29Donc,
21:29je ne veux me souvenir
21:31que de cette attitude.
21:33En même temps,
21:34Melville adorait les acteurs.
21:36C'est-à-dire qu'il pouvait
21:37se fâcher avec tout le monde
21:38mais il respectait
21:39les acteurs,
21:40Bernard Stora.
21:41Voilà,
21:41tout à fait.
21:41Tout à fait.
21:42Il était très respectueux
21:45non seulement
21:46des acteurs principaux
21:48mais des petits rôles
21:49qu'il connaissait parfaitement
21:51qu'il avait choisi
21:51un par un
21:52et des figurants.
21:53De ce côté-là,
21:54vraiment,
21:54il n'y a rien à dire.
21:55Il faisait quelquefois
21:56tourner des figurants
21:58en leur proposant
21:59un rôle au-delà
22:00de ce qui était prévu.
22:01Vous avez raison.
22:02Là,
22:02il était très fort pour ça.
22:03Il savait doser
22:04exactement
22:05les figurants
22:07à qui il pouvait
22:08proposer un rôle
22:09d'une journée
22:10avec deux répliques
22:11et ceux auxquels
22:12peut-être
22:12il pouvait proposer
22:13trois ou quatre jours
22:15de tournage
22:15avec plus de répliques.
22:17Il savait exactement
22:17la limite
22:18de ce qu'il pouvait
22:20demander
22:20à un petit comédien
22:22qui malheureusement
22:24ne travaillait pas beaucoup
22:24et qui était obligé
22:26d'être figurant
22:26dans les films.
22:27Ça,
22:28c'est le Melville
22:28que vous connaissez
22:29et qu'on va continuer
22:30à évoquer
22:31à travers ce cercle rouge
22:32et la date
22:33du 13 janvier 1970.
22:35A tout de suite
22:36sur Sud Radio
22:36avec Bernard Stora.
22:38Sud Radio,
22:39les clés d'une vie,
22:40Jacques Pessis.
22:41Sud Radio,
22:41les clés d'une vie,
22:42mon invité Bernard Stora.
22:44On évoque
22:45Jean-Pierre Melville
22:46mais surtout
22:46on évoque
22:47dans le cercle rouge
22:48ce livre
22:48chez De Noël
22:49que vous publiez
22:51ou vous racontez
22:52et on va expliquer
22:52comment tout à l'heure
22:53les coulisses
22:54de ce film mythique.
22:56Alors,
22:5713 janvier 1970,
22:59premier jour
22:59de tournage
23:00du Cercle Rouge.
23:01Un film d'ailleurs
23:09on va rappeler
23:10le scénario
23:10parce que finalement
23:11quelques personnes
23:12n'ont peut-être
23:12pas vu ce film
23:13Bernard Stora.
23:15Très peu de personnes
23:15mais quelques personnes
23:16encore, oui.
23:17Oui, car c'est un gros succès.
23:18C'est un gros succès,
23:19c'est un film
23:20qui passe très très souvent
23:21à la télévision
23:21toujours avec
23:22un vif succès.
23:25Et le point de départ
23:25c'est la libération
23:27anticipée
23:28d'un truand
23:29qui est joué
23:30par Alain Delon.
23:31Oui, c'est ça.
23:32Tout à fait.
23:33Les libérations anticipées
23:34et vous allez raconter
23:37la suite bien mieux
23:38que moi.
23:39En fait,
23:40il va aller voir
23:41un de ses anciens copains,
23:43il va prendre de l'argent,
23:44l'autre va lui mettre
23:45un contrat sur la tête
23:46et finalement
23:47dans une salle de billard,
23:51Delon saisit une queue
23:52et à l'aide
23:53d'une craie rouge
23:53trace avec son procédé,
23:55c'est-à-dire l'embout,
23:56un cercle
23:57qui est rempli ensuite
23:58avant de disperser
24:00les boules et ce cercle
24:00les rouges,
24:01d'où l'origine du film.
24:02Tout à fait, c'est ça.
24:03Et donc,
24:04le commissaire Matéi
24:05va tenter de retrouver
24:06ceux qui sont en fuite
24:08et le commissaire Matéi
24:09c'est Bourville
24:09et quand on a proposé
24:11au départ
24:11l'idée de Bourville
24:12à Jean-Pierre Melville,
24:14Bernard Stora,
24:14il a quand même été surpris,
24:15il a hésité.
24:16Alors oui,
24:16là j'ai été témoin,
24:18c'est le moment
24:18où je suis arrivé
24:19sur le film
24:20au mois de décembre
24:22alors que nous devions
24:23commencer à tourner
24:24en effet le 13 janvier
24:26donc très peu de temps après
24:28et l'acteur n'était toujours,
24:32l'acteur principal
24:33n'était toujours pas choisi,
24:36Melville ne savait pas
24:37qui allait faire
24:37le rôle du commissaire Matéi.
24:39C'est le producteur
24:41Robert Dorfman
24:42qui avait souvent travaillé
24:44pour des films
24:46avec Bourville,
24:48entre autres pour
24:48Le Corneau et La Grande Vadrouille
24:50d'ailleurs,
24:51assez récemment
24:52et qui lui a dit
24:53mais pourquoi
24:53vous ne voulez pas,
24:56vous n'essayez pas Bourville ?
24:59Voilà.
24:59Et ça,
25:00et Melville me disait
25:02mais où,
25:03où M. Dorfman
25:04a-t-il la tête ?
25:05Enfin,
25:06quand les spectateurs
25:07vont voir arriver
25:09Grouville en flic,
25:13ils vont avoir envie
25:15de chanter
25:15la tacatacatique
25:16du gendarme.
25:18Ce n'est pas possible,
25:19tout le monde va rire.
25:20Voilà.
25:20Donc au début,
25:21l'idée lui paraissait
25:22invraisemblable.
25:24Et puis finalement,
25:26d'une certaine façon,
25:27nécessité fait loi
25:28et Melville s'est dit
25:30comment je peux
25:31arriver
25:33à tirer
25:34ce personnage
25:35qui,
25:36c'est vrai,
25:36en principe,
25:37n'a rien de Melvilleien.
25:38On parle d'univers
25:39Melvilleien.
25:40Bourville,
25:40c'est presque l'opposé.
25:42C'est un personnage
25:43bonasse,
25:44c'est un personnage,
25:45un brave type,
25:47un type simple.
25:49Ça n'est pas du tout
25:49le genre de héros
25:51dont Melville
25:53avait en principe besoin.
25:54Et puis,
25:55il est tellement loin,
25:56tellement loin
25:57de ce qu'aurait fait
25:58Ventura.
25:59Vous voyez,
25:59il y a un monde
26:00entre les deux personnages.
26:01Donc c'était une...
26:02Il fallait repenser
26:03entièrement
26:04le rôle.
26:05Donc il va le rhabiller
26:06et lui mettre un toupet.
26:08Voilà,
26:09il va le déguiser
26:10comme il était lui-même
26:11déguisé.
26:12Il va déguiser Bourville
26:13et ça,
26:13c'est une invention
26:14que je trouve absolument géniale.
26:15C'est-à-dire,
26:16déjà,
26:16il va l'habiller.
26:17L'habiller,
26:18le déguisement,
26:19ça commence souvent
26:19par une tenue
26:21vestimentaire.
26:22Et donc,
26:23Bourville avait toujours été
26:25habillé avec des vêtements
26:27confortables,
26:29agréables,
26:29mais vraiment très simples.
26:31Tout à coup,
26:31il a fait faire
26:32des costumes magnifiques
26:33chez son propre tailleur
26:34avec des étoffes
26:35venues d'Angleterre.
26:37Et je me rappellerai
26:38toujours de cette image
26:39émouvante de Bourville
26:40se regardant pour la première fois
26:43dans ce costume,
26:44dans la glace
26:45et disant,
26:46ébloui,
26:47je suis beau,
26:48je suis beau.
26:50Voilà.
26:51Donc,
26:52le fait de se voir beau,
26:54c'était se voir différent
26:55et déjà rentrer dans un rôle
26:57qui n'était pas proche
26:58de son véritable personnage
26:59dans la vie.
27:00Alors,
27:00à l'époque,
27:01Bourville est malade,
27:02Bernard Stora,
27:03on ne le sait pas,
27:04mais vous,
27:04vous en apercevez tout de suite.
27:06Mais oui,
27:06parce que c'était tout à coup,
27:07vous savez,
27:08c'est comme s'il avait été
27:09rétréci,
27:10rétréci au lavage,
27:12disons.
27:13C'était terrible.
27:15C'était ce personnage
27:16qui pétait de santé,
27:17pardon de l'expression,
27:18mais qui était vraiment
27:19qui respirait la joie de vivre,
27:22la santé,
27:24un côté sportif,
27:25tout à coup,
27:26était devenu étriqué.
27:30La maladie l'avait réduit
27:32vraiment
27:33à sa faiblesse.
27:39Et c'était quelque chose
27:40de très triste à voir.
27:42En même temps,
27:43il va tourner les premiers jours
27:44parce que justement,
27:45les assurances ont demandé
27:45qu'on ne le fatigue pas trop.
27:47Oui,
27:48voilà,
27:48c'est ça.
27:48On avait groupé
27:49tout son rôle
27:51dans la toute première partie
27:52du film,
27:53c'est-à-dire sur les trois
27:54ou quatre premières semaines
27:55d'un tournage
27:56qui était assez long.
27:58Et le 17e jour,
27:59il va se passer
27:59un événement historique.
28:01la taca-taca-taca-taca-taca-taca-tacique
28:06du gendarme.
28:07C'est un moment que j'ai vécu, qui a sidéré et qui à la fois fait beaucoup rire,
28:22mais aussi c'était un rire teinté d'émotion, de larmes presque.
28:28Parce que tout à coup, cet homme qui était extrêmement respectueux du better en scène,
28:36qui était très discipliné, tout à coup, à la fin de cette journée de tournage,
28:42qui avait été très difficile, il faisait terriblement froid dans ce mois de janvier,
28:45nous tournions en Seine-et-Marne, dans le château de Jean-Claude Briali,
28:52et tout à coup, à la fin, il s'est lâché.
28:56Il a fait ce gag qui a fait que dans le plan qui devait être le dernier du film,
29:04pour rire, dans une deuxième prise, il s'est mis à chanter cette chanson
29:10que Melville redoutait tant.
29:13Et il était déchaîné à ce moment-là, il était déchaîné.
29:17C'est comme s'il disait, il y a peut-être encore de l'espoir.
29:21Et Melville, lui, a laissé la caméra tourner.
29:25Voilà, Melville était stupéfait, la caméra tournait,
29:29tout le monde ne comprenait absolument pas ce qui s'est passé,
29:31et puis après ça, il s'est mis à rire, et la caméra tournait,
29:35mais Melville a oublié d'y recouper, en fait.
29:37Et ce document, il l'a sorti le jour de la mort de Bourville.
29:40Extraordinaire document, oui.
29:42Alors, il se trouve que Bourville, c'était son dernier film,
29:45mais en même temps, il y a eu Le mur de l'Atlantique qui est sorti après.
29:47Et il y a un autre film qu'on a totalement oublié,
29:49c'est Clodo de Georges Leclerc, où il apparaît dans une image seulement,
29:52et c'est presque, c'est assez curieux, dans un tableau.
29:55Eh bien, écoutez, là encore, vous me surprenez par tes connaissances que je n'ai pas.
30:00Alors, dans ce film, il y a aussi Alain Delon,
30:03et là, vous avez découvert, Bernard Storan, Alain Delon,
30:05mais d'un professionnalisme total.
30:07Alors, je n'ai pas tout à fait découvert, parce que, comme vous le savez,
30:09j'avais fait avant, j'avais été assistant d'Henri Verneuil,
30:13co-premier assistant pour le clan des Siciliens,
30:18et donc j'avais découvert déjà ce personnage quand même très étrange,
30:21qui était Alain Delon,
30:25qui était la discipline même,
30:27qui faisait parfaitement son métier,
30:29mais qui ne faisait que son métier, d'une certaine façon,
30:32qui n'aimait pas du tout l'atmosphère de Plateau,
30:35le côté camaraderie,
30:38claque dans le dos,
30:39plaisanterie de Plateau,
30:41ça ne l'intéressait pas du tout.
30:42Donc, il avait un comportement
30:45qui m'avait beaucoup étonné,
30:47qui faisait qu'en général,
30:48il arrivait sur le plateau pour tourner,
30:50et dès qu'il avait fini, il repartait.
30:52Et il savait son texte par cœur ?
30:54Ah, il savait beaucoup de comédiens à l'époque aussi,
30:57Belmondo par exemple,
30:59c'est des comédiens très très très disciplinés.
31:02Et puis, il a sauvé le film,
31:03car il y avait une coproduction italienne,
31:05donc un comédien italien,
31:07Jean-Maria Volonté,
31:08connu pour les westerns spaghetti,
31:10avant d'être un comédien très plébiscité en Italie
31:15pour ses positions politiques,
31:16et il est voulu partir au milieu du film.
31:18Oui, ça n'a pas fonctionné.
31:20Vous savez, d'abord,
31:22Jean-Maria Volonté avait le rôle un peu difficile
31:25d'acteur qui est choisi
31:26pour ce qu'on appelait la coproduction.
31:29Le film, il y avait de l'argent italien dans le film,
31:31donc il fallait une vedette italienne
31:32pour assurer le succès du film en Italie.
31:36Donc, Melville, au fond,
31:38l'a choisi un petit peu contraint et forcé.
31:41Il fallait un acteur italien,
31:42c'était Jean-Maria Volonté.
31:43Il faut vous dire qu'à l'époque,
31:45Jean-Maria Volonté n'était pas...
31:47Ces grands films qui l'ont rendu célèbre,
31:49y compris en France,
31:50n'étaient pas encore sortis dans notre pays.
31:52Saccor et Vanzetti...
31:53Voilà, ça n'était pas sorti.
31:54C'était sorti en Italie.
31:55On savait qu'il avait cette réputation,
31:58mais en France, il ne représentait pas grand-chose.
32:00À cette époque-là, et pas pour longtemps encore.
32:02Donc, un jour, il décide de partir, carrément.
32:05Il n'en pouvait plus.
32:06Il n'en pouvait plus.
32:07Le comportement de Melville,
32:08cette atmosphère de très grande tension
32:10qu'il y avait sur le plateau tout le temps,
32:13le fait qu'il y avait toujours quelque chose
32:16qui n'allait pas,
32:17qu'il y avait des techniciens
32:18ou des ouvriers qui étaient mis en cause,
32:20c'était quelque chose
32:21qui était absolument contre ses idées
32:23et ce dont il avait l'habitude en Italie, vous voyez.
32:27Donc, il décide de partir
32:28et on apprend qu'il va à Orly.
32:30Voilà.
32:31Tout à coup, on va chercher.
32:33On va chercher.
32:34J'envoie mon stagiaire chercher
32:36Jeanne-Maria Volonté pour tourner
32:38et le pauvre garçon,
32:40qui était d'ailleurs le fils,
32:41un garçon merveilleux,
32:43le fils de Jacques Tati, Pierre Tati,
32:45qui est mort tragiquement plus tard,
32:49et il revient à Volonté en disant
32:51mais il n'est pas là, il est parti.
32:53Il est parti où ?
32:54Il est parti !
32:55Parti, vraiment parti, vous voyez.
32:58Et Delon a appris la chose,
33:00il a sauté dans sa voiture,
33:02il a foncé comme Delon savait foncer en voiture,
33:05c'était un pilote extraordinaire,
33:08et il a foncé à Orly,
33:10il est arrivé avant le départ de l'avion,
33:13il est allé rejoindre Volonté en salle d'embarquement,
33:20il a convaincu de ne pas faire cette bêtise
33:22qui aurait été très très préjudiciable
33:26pour sa propre carrière,
33:28et évidemment pour le déroulement du film.
33:30Et Yves Montand est aussi dans ce film,
33:32il joue un personnage aussi particulier,
33:35un policier alcoolique qui a des crises d'alicination,
33:37et là aussi vous avez découvert
33:38la mécanique montant, Bernard Stora.
33:41Oui, alors, montant, vous savez,
33:43moi j'aime beaucoup, comme vous, le musical,
33:46je n'ai pas malheureusement vos connaissances dans ce domaine,
33:48mais montant pour moi,
33:50c'était un personnage tout à fait merveilleux,
33:54un chanteur extraordinaire,
33:55j'admirais beaucoup,
33:56j'avais vu ses spectacles,
33:57et j'ai découvert à quel point,
34:00à quel point cette discipline formidable du musical,
34:03il la faisait jouer dans la conception de son personnage,
34:07dans ce film.
34:08C'est-à-dire,
34:09c'est-à-dire de,
34:10il avait repéré tout de suite dans le scénario,
34:13deux séquences qui étaient,
34:15dans lesquelles il pouvait vraiment marquer son territoire,
34:18donc c'était cette crise d'éthylisme,
34:20et puis le moment où pendant le hold-up,
34:22il arrive,
34:23et c'est lui qui donne le coup de fusil,
34:25où la balle va transpercer le mécanisme qui déclenche,
34:30enfin bref,
34:31je passe les détails,
34:32et donc il préparait soigneusement,
34:36comme les petits sketchs qu'il faisait sur scène,
34:39vous voyez,
34:39ces deux interventions,
34:41il y pensait longtemps à l'avance,
34:43et comme il n'aimait,
34:44il craignait,
34:46très bizarrement,
34:47lui qui avait fait le tour du monde,
34:49et qui avait eu du succès partout,
34:51craignait Melville,
34:52et il n'avait pas très envie de lui parler,
34:56donc il me parlait à moi,
34:58voilà,
34:59et il me montrait au fur et à mesure ses découvertes,
35:02pour me demander ce que j'en pensais,
35:04et s'il faisait des progrès ou pas,
35:07vous voyez,
35:07c'était très marrant.
35:09Et un jour,
35:09je crois Bernard Stora,
35:10Montand vous a demandé de réaliser des rats en pâte d'amande.
35:14Oui,
35:15oui,
35:16parce que,
35:17donc il y avait cette scène que le public connaît bien,
35:21qui est cette scène d'étilisme,
35:22où il croit voir des bêtes,
35:25des bêtes assez répugnantes,
35:27des araignées,
35:28des serpents,
35:28etc.,
35:29qui sortent d'un placard,
35:30et qui l'attaquent,
35:31et il me disait,
35:33mais oui,
35:33c'est formidable tout ça,
35:35mais tu comprends,
35:36fils,
35:37avec son accent,
35:38qui me touchait,
35:39puisque moi-même,
35:39je suis marseillais,
35:41il avait conservé cet accent,
35:43et il disait,
35:45ce serait bien qu'il y ait un rat,
35:48mais un rat dont je croque la tête,
35:50alors,
35:50il fait fabriquer un rat en pâte d'amande,
35:54et on me le mettra au dernier moment,
35:56et je lui croquerai la tête.
35:57J'étais sidéré,
35:58je me suis dit,
35:59mais ce n'est pas possible,
36:00est-ce qu'il est sérieux ?
36:01Mais oui,
36:01il était tout à fait sérieux.
36:03Donc,
36:03j'en ai parlé à Melville,
36:05et Melville a dit,
36:08mais faites-le fabriquer,
36:09faites-le fabriquer,
36:10qu'il aille au bout de son idée.
36:11Et donc,
36:12quand on a vu arriver ces deux rats,
36:15il y en avait un brun,
36:16il y en avait un blanc,
36:18et je me rappellerai toujours
36:19de ce carton à gâteau,
36:22n'est-ce pas,
36:22dans lequel il y avait les deux rats
36:23qui étaient là,
36:25très ennuyés d'être là,
36:26apparemment,
36:26et Montand,
36:29quand je lui ai montré,
36:30a dit,
36:30peut-être ce n'est pas
36:32une si bonne idée.
36:33Finalement,
36:34il était en avance sur son temps,
36:35sur le pari d'aujourd'hui,
36:36d'un dialogo.
36:37C'est tout simplement ça.
36:38Autre date importante,
36:40la sortie de votre livre,
36:41le 17 septembre 2025.
36:43A tout de suite sur Sud Radio,
36:44avec Bernard Stora.
36:46Sud Radio,
36:46les clés d'une vie,
36:48Jacques Pessis.
36:48Sud Radio,
36:49les clés d'une vie,
36:50mon invité Bernard Stora.
36:52Donc,
36:5217 septembre 2025,
36:54est sorti ce livre,
36:56dans le cercle rouge,
36:57chez Noël,
36:58où vous racontez,
36:59vous racontez les coulisses
37:00du tournage d'un film
37:01dont vous avez été l'assistant.
37:03Film réalisé par Jean-Pierre Melville.
37:05On va quand même écouter sa voix.
37:06Cette année,
37:07je reviens à De Vieilles Amours,
37:10le film policier,
37:11d'aventure physique,
37:14avec des hommes.
37:16C'est-à-dire que Melville parlait
37:17à tous les journalistes.
37:18C'était quelque chose,
37:19presque un exercice quotidien,
37:21Bernard Stora.
37:21Oui, c'était une grande leçon.
37:27Si vous voulez,
37:28souvent les attachés de presse,
37:30surtout les attachés de presse
37:31qui ne sont pas très bons,
37:32ont tendance à essentiellement
37:35bloquer le contact,
37:36en disant non,
37:37non, non, non, non, non.
37:38Voilà.
37:40Leur rôle,
37:40c'est plutôt d'empêcher
37:41les contacts
37:42et de les sélectionner.
37:44En réalité,
37:45lui,
37:45il n'avait pas d'attachés de presse,
37:47mais il voyait tout le monde.
37:48Il recevait tout le monde,
37:49les grands journaux parisiens,
37:52les magazines,
37:53pareil match, etc.
37:54Mais aussi,
37:55je cite cet exemple
37:56dans le bouquin,
37:58parce que ça m'avait frappé,
38:00je me souviendrai toujours,
38:01où est arrivé sur le plateau
38:02un garçon
38:03qui devait avoir 19 ans
38:05et qui représentait
38:06le bulletin
38:07des Scouts de France
38:10de Clermont-Ferrand,
38:11vous voyez.
38:11Eh bien,
38:12il lui a préparé
38:13un fauteuil.
38:16Le garçon s'est assis
38:17à côté de lui,
38:18il a passé
38:18toute l'après-midi
38:19sur le plateau.
38:20Vous imaginez
38:21l'article
38:22qui est sorti
38:23après.
38:24C'était,
38:24vous voyez,
38:25il collectionnait
38:25les petits cailloux
38:27et les grosses pierres
38:30et il disait
38:30que les petits cailloux
38:31étaient importants aussi.
38:32Alors,
38:32ce livre dans le cercle rouge
38:33dont on parle
38:34depuis le début,
38:35finalement,
38:35il est né,
38:36Bernard Stora,
38:37parce que vous avez
38:37conservé dans vos archives
38:39des documents
38:40qui sont les feuilles de service.
38:42Le profane ne sait pas
38:43ce que c'est
38:44que les feuilles de service.
38:45Alors,
38:45les feuilles de service,
38:45c'est tout simple,
38:46c'est-à-dire
38:46sur tous les plateaux du monde,
38:48le soir du tournage,
38:50une journée de tournage,
38:52on distribue
38:52l'ordre du jour,
38:54somme toute,
38:54pour le lendemain,
38:55c'est-à-dire
38:56le lieu de convocation,
38:59le lieu de tournage,
39:01les principales scènes
39:02qu'on va tourner,
39:03les heures de convocation
39:04des comédiens,
39:04etc.
39:04C'est un petit résumé
39:07qui permet à tout le monde
39:09d'abord de se retrouver
39:10au même endroit,
39:11ce qui est déjà pas mal
39:12puisque très souvent
39:13on change de lieu
39:13dans les films
39:14d'un jour sur l'autre
39:15et puis que
39:16les principaux éléments,
39:19les principaux accessoires
39:20soient présents
39:21sur le plateau.
39:22Et donc,
39:22vous avez conservé
39:24ces feuilles de tournage
39:25de ce film.
39:25Racontez-nous.
39:26Voilà,
39:26je les ai conservés.
39:27En réalité,
39:27ce sont des documents
39:29qui n'ont aucune valeur
39:29en eux-mêmes.
39:30Ils sont valables
39:31le jour même
39:32et puis après,
39:33on les roule en boule,
39:34on les jette
39:35dans la première corbeille
39:36à papier.
39:37Là,
39:37pour une raison
39:38que je ne m'explique pas vraiment,
39:40il se trouve que j'ai conservé
39:41toutes ces feuilles de service
39:43de ce film
39:43et seulement de ce film
39:45à cette époque.
39:46Alors bon,
39:47on pourrait dire
39:48ah mais c'est parce que
39:49vous aviez vu
39:50l'importance
39:50qu'aurait ce film
39:51dans l'avenir.
39:52Pas vraiment.
39:54Je ne suis pas sûr
39:54que ce soit ça.
39:55Il me semble que
39:56dès le départ,
39:57je me suis dit
39:58j'ai affaire
39:58à un personnage
40:00absolument hors du commun.
40:01rencontrer Melville
40:03et peut-être un jour
40:06j'aurai envie
40:06de raconter ce film.
40:08Et donc l'idée
40:08aujourd'hui,
40:09vous est venue
40:09de reprendre ces feuilles
40:10et de raconter l'histoire.
40:12Voilà,
40:12j'ai trimballé ces feuilles
40:13pendant des années
40:13et des années
40:14et puis j'ai été occupé
40:15avec mes propres films,
40:16les scénarios
40:17et pas mal de choses
40:18qui m'intéressaient
40:19en vérité,
40:20beaucoup,
40:21enfin qui étaient plus importantes
40:22à cette époque pour moi
40:23et puis le moment est venu
40:25où je me suis dit
40:26ou bien je le fais maintenant
40:27ou je ne le ferai jamais
40:28et finalement
40:30bien encouragé
40:33et bien accompagné
40:34par mon éditrice
40:36Dorothée Cuneo,
40:37la directrice de Noël,
40:40nous avons fait ce livre
40:41et je crois que nous avons bien fait
40:42parce qu'il est bien reçu
40:44et il intéresse le public.
40:45Et d'autant plus
40:46que vous avez reproduit
40:47ces feuilles de service
40:48dans ce livre.
40:50Voilà,
40:50on a longtemps réfléchi,
40:52on s'est demandé
40:52si c'était une si bonne idée,
40:54qu'est-ce que les gens feraient
40:55avec ça
40:55et très curieusement
40:57beaucoup,
40:59beaucoup de lecteurs
41:01réagissent
41:02ou m'écrivent
41:03en me disant
41:03qu'ils ont lu
41:04les feuilles
41:05de la première
41:06à la dernière ligne
41:07ce qui m'épate
41:07mais qui finalement
41:09me fait dire
41:10que ce n'était pas
41:11un mauvais fil directeur
41:13pour ce livre.
41:14C'est qu'à l'époque
41:14les feuilles sont tapées
41:15à la machine,
41:16il n'y a pas d'ordinateur ?
41:17Voilà,
41:17maintenant elles sont distribuées
41:18par mail
41:19ou par SMS
41:20mais à l'époque
41:21elles étaient tapées
41:22tous les soirs
41:23par la secrétaire de production
41:24et René Otypé
41:26qu'on disait.
41:26Et il y avait
41:27des annotations à la main
41:28quelquefois
41:28de Melville
41:29que vous ajoutez ?
41:31Alors,
41:31pas de Melville,
41:32non,
41:33pour ça
41:33mais par contre
41:34dans le livre
41:35sont publiés
41:35et c'est émouvant
41:36des pages de scénarios
41:38corrigées
41:39de la main de Melville,
41:40vous avez raison.
41:41Oui,
41:41car Melville a écrit
41:42ce scénario,
41:43un film d'ailleurs
41:43auquel il ne croyait pas
41:44au début
41:45Jean-Pierre Melville,
41:46Bernard Stora.
41:47Alors,
41:48je ne saurais
41:50vous le dire
41:50d'une façon
41:51aussi affirmative
41:52mais moi,
41:53mon idée
41:53est que
41:54le scénario
41:56c'est pas ce qu'il y a
41:57de mieux
41:57dans le cercle rouge.
41:58Le scénario
41:59il est relativement
42:00je ne dirais pas banal,
42:01le mot serait peut-être
42:02trop fort
42:03mais disons
42:04attendu.
42:05Voilà,
42:05ce qui est extraordinaire
42:06c'est ce qu'en a fait
42:07Melville,
42:08c'est la mise en scène,
42:10c'est la façon
42:10dont il a donné
42:11à chaque scène
42:12un poids
42:13qu'elle n'avait pas
42:14du tout
42:15lorsqu'on lisait
42:16les quelques lignes
42:17de la scène
42:18dans le scénario.
42:19Je crois que
42:19l'idée de départ
42:20parce qu'il lisait
42:21tous les journaux
42:21c'est un ancien
42:22de l'OAS
42:23qui s'échappe
42:23de la prison
42:24de Saint-Martin-de-Ré
42:25Oui,
42:26oui tout à fait
42:27c'est ça
42:27qu'on a recherché
42:28partout
42:29pour lequel
42:30on avait déclenché
42:31ce fameux plan Rex
42:32qui fait que
42:34toutes les polices
42:34de France
42:35sont sur le coup
42:36et pratiquent
42:39la chasse à l'homme
42:40et traquent
42:41le fugitif.
42:43Et donc
42:43ce scénario
42:44Jean-Pierre Melville
42:45l'a écrit
42:45dans son lit
42:45et vous vous êtes
42:46souvent retrouvé
42:47au bord du lit
42:48Le lit avait
42:50une énorme importance
42:51dans la vie
42:52de Melville
42:52c'était quelqu'un
42:53mais ça ne m'étonnait
42:54pas vraiment
42:55parce que figurez-vous
42:56que j'avais un père
42:57qui aussi passait
42:58une partie de sa vie
42:59dans son lit
43:00Antoine Blondin
43:01a écrit tous ses romans
43:01dans son lit
43:02et bien voyez-vous
43:03donc voilà
43:04c'est une bonne compagnie
43:05et donc effectivement
43:07très souvent
43:09pendant la préparation
43:11quand j'allais voir
43:12Melville
43:12régénère
43:13il était couché
43:15il était en pyjama
43:16le lit était jonché
43:20de journaux
43:21qu'il lisait
43:22qu'il découpait
43:23voilà
43:24c'était très
43:25et puis quelquefois
43:26pendant le tournage
43:27il me ramenait
43:28chez lui
43:29parce qu'il n'arrivait
43:31pas à dormir
43:32donc il avait envie
43:34de parler
43:35de parler de son film
43:36et un assistant
43:36est aussi là pour ça
43:37pour écouter
43:38écouter le mettant en scène
43:40et quand il arrivait
43:42sans façon
43:43il se mettait en pyjama
43:44et il se mettait au lit
43:45et moi je m'asseyais
43:46sur le bord du lit
43:47jusqu'à minuit
43:48une heure
43:49deux heures du matin
43:49là où il se rhabillait
43:51entièrement
43:52pour aller se balader
43:53sur le périphérique
43:55en construction
43:55au volant de sa voiture
43:57américaine
43:57avec la stéréo
43:59à fond
43:59et les chansons
44:01américaines
44:02qui lui plaisaient
44:03tellement
44:04oui ça
44:04on ne peut plus
44:05l'imaginer aujourd'hui
44:06mais ça faisait partie
44:07des rituels
44:07pour lui Paris
44:09c'était New York
44:09à ce moment là
44:10Paris voilà
44:11c'était l'Amérique
44:13c'était à la fois
44:16un personnage
44:16extrêmement nostalgique
44:17et qui était fasciné
44:19par la modernité
44:20alors il se trouve
44:21que ce film
44:23il y a plusieurs scènes
44:24auxquelles Melville
44:24a beaucoup travaillé
44:26notamment il y a
44:26un cambriolage
44:27de la bijouterie
44:28Mauboussin
44:28qui fait penser
44:29à ce qui s'est passé
44:30au Louvre
44:30et ça Melville
44:32l'a préparé
44:32de façon très particulière
44:34Bernard Stora
44:34oui
44:35il l'a préparé
44:38minutieusement
44:38et surtout
44:40il voulait absolument
44:41tourner
44:42là où l'action
44:44en tout cas
44:45dans l'immeuble
44:45dans les escaliers
44:48du véritable
44:49Mauboussin
44:50et on lui avait refusé
44:51on nous avait refusé
44:52l'autorisation
44:53et donc
44:54on a
44:54pourtant c'était
44:56un film très important
44:57une grosse production
44:58avec beaucoup de monde
44:59et on est arrivé
45:01à tourner
45:02en équipe
45:02réduite
45:03et d'une façon
45:04presque clandestine
45:05en volant
45:06des plans
45:07ce qui paraît
45:09inimaginable
45:10aujourd'hui
45:10mais Melville
45:12avait
45:12ces sortes
45:13d'intuitions
45:14et il a mené
45:15alors là
45:16véritablement
45:16en chef de guerre
45:17cette opération
45:18commando
45:19et d'où
45:20les plans
45:21très réussis
45:22d'ailleurs
45:22de toute l'approche
45:23de la bande
45:25vers le lieu
45:27où a lieu
45:28le cambriolage
45:29et puis
45:30un train mythique
45:31qui est évoqué
45:32dans le film
45:32le train bleu
45:33peu de gens
45:34savent aujourd'hui
45:35que ce train
45:35est né
45:36en 1922
45:39et qu'en fait
45:39il s'appelle
45:40le train bleu
45:40parce que les voitures
45:42lits métalliques
45:42étaient bleu et or
45:43et c'est le directeur
45:45André Noblemer
45:46qui voulait rappeler
45:47la couleur bleu foncée
45:48avec des galons d'or
45:49de son uniforme
45:50le chasseur alpin
45:50alors
45:51détail merveilleux
45:53merveilleux
45:55et que je ne connaissais pas
45:56et le train bleu
45:57justement est important
45:58parce que le train bleu
45:59est dans le film
45:59mais en même temps
46:00il fallait filmer
46:01le train bleu
46:01et avec un hélicoptère
46:03et à l'époque
46:03il n'y avait pas de drone
46:04voilà il n'y avait pas de drone
46:06donc c'était assez compliqué
46:07les trains fascinaient Melville
46:09il connaissait
46:10il connaissait par coeur
46:11le numéro des voitures
46:13les moments où ils avaient été
46:15les voitures avaient été modifiées
46:18bon
46:18et donc il avait une connaissance
46:20absolument encyclopédique
46:22de ce qui concernait les trains
46:23et ce train bleu
46:24le fascinait
46:25donc effectivement
46:26nous sommes allés voir
46:27le train bleu
46:30dans lequel nous avions tourné
46:31à la gare de Lyon
46:32ils en avaient profité
46:34mais lui était très gourmand
46:35pour déjeuner au restaurant
46:37le train bleu
46:38à la gare de Lyon
46:39qui existe toujours
46:40les moyens techniques
46:42n'étaient pas ceux d'aujourd'hui
46:43c'est-à-dire qu'il fallait
46:43développer les pellicules
46:45et donc il y avait
46:46presque un jour d'arrêt
46:48pour vérifier
46:48si les rushs étaient valables
46:50s'il ne fallait pas retourner
46:50la scène au départ
46:51Bernard Stora
46:52voilà
46:52voilà voilà
46:53c'est-à-dire que
46:54aujourd'hui
46:56tout le monde peut voir
46:57au fur et à mesure
46:58ce qu'on est en train de tourner
46:59grâce au numérique
47:01et à l'époque
47:01il fallait développer
47:02la pellicule
47:03et on ne voyait que
47:04le lendemain soir
47:05le résultat
47:06donc s'il y avait eu
47:07une erreur
47:08et bien
47:08il fallait
47:10qu'il fallait absolument
47:12retourner une scène
47:13ou un plan
47:14et bien il y avait ce délai
47:16qui était quelquefois
47:17très très contraignant
47:17et puis ce qu'on ne sait pas
47:19c'est que ce film
47:20a été doublé
47:21en langue étrangère
47:22pendant le tournage
47:23oui
47:24il a été
47:26beaucoup
47:26beaucoup
47:27beaucoup
47:28beaucoup
47:29doublé
47:31parce que Melville
47:32adorait le doublage
47:33il était très fort
47:34pour ça
47:34et il en profitait
47:36pour modifier
47:37le dialogue
47:37pour obtenir
47:39des effets
47:39et ce qu'on ne sait
47:41ce qu'on ne sait pas
47:42et qu'on a du mal
47:43à croire
47:43que les cinéphiles
47:44ont du mal à croire
47:45c'est que parfois
47:45par exemple
47:46il préférait
47:47lui qui était
47:47un très grand cinéphile
47:49préférait
47:50certains films américains
47:51dans la version française
47:53il disait
47:54les comédiens
47:54sont excellents
47:55monsieur Stora
47:56dans la version française
47:57je ne suis pas loin
47:58de préférer
47:59la version française
48:00à la version originale
48:01et il a fait parler
48:02Bourville en anglais
48:03il l'a fait
48:04non pas tout à fait
48:05je crois que Bourville
48:07dans la version
48:07qui a été exploitée
48:08aux Etats-Unis
48:09a été doublé
48:10mais
48:11mais
48:12vous avez raison
48:14dans le fait
48:14qu'on était obligé
48:16pour avoir
48:16le mouvement
48:17des lèvres exact
48:18les comédiens français
48:20disaient le texte anglais
48:22ils le disaient mal
48:23il fallait les doubler ensuite
48:24mais au moins
48:25on avait ce qu'on appelle
48:26le leaping
48:27c'est-à-dire
48:27le mouvement exact
48:28des lèvres
48:29quand je dis
48:30que vous en avez vu
48:30de toutes les couleurs
48:31en étant l'assistant
48:32de Jean-Pierre Melville
48:34Bernard Stora
48:34je ne suis pas loin
48:35de la vérité
48:35parce qu'il était odieux
48:36sur le plateau
48:37je pense qu'aujourd'hui
48:38il serait attaqué
48:39pour harcèlement
48:40je le crains
48:41il avait à chaque fois
48:44la plus mauvaise équipe
48:44du monde
48:45c'était une catastrophe
48:46oui c'est très curieux
48:47c'est très curieux
48:48il s'était passé
48:49exactement de la même façon
48:50sur l'armée des ombres
48:51où il n'a repris
48:53quasiment personne
48:54pourtant il avait
48:56des techniciens merveilleux
48:58mais c'était une
49:00il avait un problème
49:02avec le tournage
49:03il détestait tourner
49:04en réalité
49:04il adorait écrire
49:06un scénario
49:06il adorait monter
49:07les films
49:08mais la période
49:10du tournage
49:11il appelait ça
49:11la fastidieuse
49:13formalité indispensable
49:14ce qui est quand même
49:15curieux pour un metteur
49:16en scène
49:16et puis il avait
49:17un sens de l'humour
49:19il avait une carte
49:20professionnelle
49:21tricolore
49:22qui lui a évité
49:22bien des soucis
49:23je crois
49:24oui c'était son côté
49:25enfantin
49:26alors comme il était
49:26membre de
49:27ce qu'on appelait
49:28la commission de censure
49:31de contrôle
49:32des films
49:32il avait droit
49:34à une carte
49:35barrée de tricolore
49:36et alors
49:37lorsqu'il était
49:38en infraction
49:39avec sa grosse voiture
49:40américaine
49:41il sortait sa carte
49:43au nez des flics
49:46qui se mettaient
49:46au garde à vous
49:47alors ça
49:48ça le faisait beaucoup rire
49:48c'était son côté
49:49enfantin
49:50il se trouve qu'il est mort
49:52au cours d'un dîner
49:53avec Philippe Labreau
49:54il a eu un gros malaise
49:55Philippe Labreau
49:56en a toujours parlé
49:57comme son maître
49:57et c'est vrai que
49:58Bernard Vincent
50:00je crois que
50:01Jean-Pierre Melville
50:01avait prévu sa mort
50:02parce qu'il avait
50:03le même âge
50:04que son grand-père
50:05écoutez
50:07il en aurait été
50:08bien capable
50:09c'est ce qu'il a dit
50:10c'est ce que
50:10la légende prétend
50:12en tout cas
50:12écoutez
50:13la légende
50:13dans le cas de
50:14Jean-Pierre Melville
50:15les gens des réalités
50:16se mêlent si étroitement
50:18qu'on a du mal
50:19à les détricoter
50:21vous pensez que
50:22Le Cercle Rouge
50:23deviendrait un film culte ?
50:24non pas du tout
50:25pas du tout
50:26je suis très très
50:27j'ai été très surpris
50:29et je suis toujours
50:30extrêmement surpris
50:31de
50:31la
50:32la
50:33la
50:33la
50:34la
50:34ce qu'est devenu
50:36ce film
50:37ce qu'est devenu
50:39ce film
50:39dans le monde entier
50:41et par rapport
50:42aux cinéastes
50:42de tous les pays du monde
50:43vous voyez
50:44comme un exemple
50:45non non
50:46je ne m'y attendais pas
50:47non pas du tout
50:47en tout cas
50:48ce film vous a permis
50:49d'écrire ce livre
50:51dans le Cercle Rouge
50:52je conseille à celles
50:53qui nous écoutent
50:53de le lire
50:54chez De Noël
50:55et en même temps
50:55de revoir le film
50:56parce que c'est aussi
50:57un haché d'oeuvre
50:58qu'il ne faut pas manquer
50:59si on ne l'a pas vu
50:59tout à fait
51:00merci Jacques
51:01merci Bernard Stora
51:02les clés d'une vie
51:03c'est terminé pour aujourd'hui
51:04on se retrouve bientôt
51:05restez fidèles
51:06à l'écoute de Sud Radio
51:07merci à l'écoute
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