- il y a 9 heures
C’est au sein d’un site industriel jurassien que la salle de bain moderne a été inventée. Il a été sur le point de fermer en 2021 avant d’être repris par le groupe Kramer. Tristant Rodriguez, vice-président de l’entreprise, explique le rôle qu’elle joue dans la conservation d’un savoir-faire français dans le secteur de la robinetterie et de la céramique.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte.
00:08Dans notre économie, je reçois aujourd'hui Tristan Rodrigues. Bonjour.
00:11Bonjour Thomas Hugues.
00:12Bienvenue, vous êtes le président d'Horus, vice-président du groupe Kramer,
00:15qui a été fondé en 1981 par votre papa, votre père Manuel Rodriguez à Etin,
00:21groupe qui réunit trois maisons, Kramer Robinettri, Horus et la jurassienne de céramique française.
00:26Alors, c'est trois maisons avec chacune des spécificités bien marquées, c'est ça ?
00:30Oui, tout à fait. Alors, pour contextualiser, effectivement, on parle plutôt de déploiement commercial
00:35où nous avons trois divisions au sein du groupe Kramer aujourd'hui.
00:38La première, c'est la division historique du groupe Kramer, c'est de fabriquer des MDD,
00:43ce qu'on appelle les marques de distributeurs.
00:45Nous accompagnons depuis la création de l'entreprise les plus grands groupes de distribution,
00:49je pense notamment à des Saint-Gobain, Tereva, voilà, tous ces grands noms de la distribution française.
00:56Donc ça, c'est la première division.
00:57La deuxième, c'est sous marque propre, donc nous avons une première marque qui s'appelle Kramer,
01:01que vous retrouvez effectivement dans les grands masins, grandes enseignes de bricolage que nous connaissons tous.
01:07Et ensuite, Horus, effectivement, qui est plutôt notre pôle luxe d'excellence,
01:11labellisé entreprise du patrimoine vivant, et qui exporte énormément aussi à l'international.
01:16Tout ça renforcé par des sites de fabrication, donc un est un dans la Meuse, qui est le site historique
01:21de Kramer,
01:22ensuite un deuxième à Barre qui est en Alsace, le troisième donc qui a fait beaucoup parler de nous,
01:28c'est la jurassienne de céramique ex Jacob de Lafon, alors j'insiste sur le fait que nous n'avons
01:32pas racheté la marque,
01:32mais le site de fabrication, et également nous avons un site de fabrication en Italie, donc au lac d'Orta.
01:37Donc voilà un petit peu la sphère Kramer, c'est aujourd'hui 200 personnes,
01:42nous serons 260 à la fin de l'année, pour 50 millions d'euros de chiffre d'affaires et des
01:47objectifs, effectivement.
01:48Oui, on va regarder quelques chiffres, donc création de 1980, 250 salariés prévus, chiffre d'affaires 2025,
01:5536 millions d'euros, avec un objectif de 50 millions d'euros pour l'exercice 2026-2027.
02:02Il y a le site le plus ancien, il date de quand ?
02:05Alors c'est le site de la jurassienne de céramique, justement, qui date de 1899.
02:09Alors c'est ça qui m'intéresse, c'est-à-dire comment, c'est quand même un défi de reprendre
02:14un site industriel aussi ancien pour une entreprise ?
02:16Bien sûr, ancien et à la fois terriblement moderne, terriblement humain, je pense qu'aujourd'hui,
02:20ce n'est pas vous qui allez me contredire, qu'on a terriblement besoin aussi de valeurs humaines,
02:24et alors ce site, il faut savoir que c'est à cet endroit précis qu'a été inventée la salle
02:30de bain moderne,
02:31comme on l'utilise vous et moi aujourd'hui, par deux hommes visionnaires,
02:35qui étaient Émile Jacob et Maurice Delafont,
02:37et qui ont inventé cette salle de bain moderne.
02:40Je n'aurais pas l'outre-cudence de vous dire, de penser à nous la prochaine fois que vous serez
02:43sous la douche,
02:43mais c'est comme ça, c'est à cet endroit qu'on a inventé la salle de bain moderne.
02:49Donc c'est aussi, quand on a appris en 2021, la fermeture hypothétique, forcément, et annoncée de ce site,
02:55c'est un petit peu comme si je vous annonçais qu'on fermait l'Olympia.
02:58Ce n'est pas la haute technologie, mais c'est chargé d'histoire.
03:01Et donc, quand vous vous sentez investi une mission, en quelque sorte,
03:04alors il y a évidemment un objectif de business,
03:07vous êtes un groupe, vous faites du business, vous faites des bénéfices, et c'est normal.
03:12Mais est-ce qu'il y a aussi une mission, quand on parle d'industrialisation, de réindustrialisation,
03:16ou au contraire, de lutte contre la désindustrialisation d'un territoire ?
03:20Vous avez ressenti ça ?
03:21Oui, ressenti.
03:23Je dis, d'abord, ça fait partie même de notre ADN.
03:26On se prétend être, en tout cas, c'est notre devoir de, à la fois, préserver ces savoir-faire français,
03:32les transmettre et les faire rayonner.
03:34Donc, forcément, quand on apprend la fermeture de ce site, effectivement, vous avez tout à fait raison,
03:38il y a une dimension business, puisque ça nous permettait, à la fois, d'étendre notre offre produit,
03:42d'acquérir une nouvelle compétence, ce qui était très intéressant,
03:45et aussi de ne pas laisser partir le savoir-faire.
03:47Parce que, vous le savez, un savoir-faire qui disparaît sur notre territoire, disparaît à tout jamais.
03:52Et aujourd'hui, c'est le dernier site de fabrication de céramique et de porcelaine,
03:56à taille industrielle, sur la salle de bain, qui existe,
04:00et qui est capable de faire tout ce qu'on est capable de faire sur ce site.
04:03Donc, effectivement, investir d'une mission, certes, et surtout, un combat contre cette désindustrialisation
04:10sur laquelle on entend beaucoup parler depuis de nombreuses années,
04:14et qui s'est amorcée maintenant, il y a plus de 30 ans.
04:16Cet objectif de 50 millions d'euros, il est évidemment ambitieux. Comment vous comptez l'atteindre ?
04:21En fait, il est déjà atteint par les contrats qui sont signés à l'heure où je vous parle.
04:24Donc, les 50 millions sont déjà annoncés pour cette année.
04:28Appuyés, et quand on parle de relance de ce site, et de manière générale, dans le groupe,
04:32on a été appuyés par deux partenaires historiques, je les ai cités tout à l'heure,
04:36donc Saint-Gobain et Tereva. Parce que quand on reprend ce site,
04:39il faut bien comprendre, de manière générale, que nous ne reprenons pas la marque,
04:44nous ne reprenons que le site de fabrication.
04:45Donc, c'est un peu en mode start-up, start-up de 80 000 mètres carrés,
04:49avec, à l'époque, il y avait 150 000.
04:50Sur un site vieux de 130 ans.
04:52Effectivement, donc voilà, on casse un peu les codes, un peu disruptif,
04:56mais pour que le pari ne soit pas totalement fou, parce qu'il l'est déjà de base.
05:00Donc, vous aviez la garantie de commandes et de chiffres d'affaires, c'est ça ?
05:04Tout à fait. En tout cas, d'un engagement fort de la part de nos partenaires.
05:09Et aujourd'hui, alors c'est le troisième exercice,
05:11on est déjà dans une accélération, on va dire, de nos différents sites,
05:15puisque, pour vous donner quelques chiffres aujourd'hui,
05:17alors sur la partie robinetrie, c'est 650 000 robinets
05:19qui se sont produits aujourd'hui en France,
05:21et sur la partie céramique, c'est 150 000.
05:24Donc, vous voyez, il y a une progression, quand on regarde les chiffres,
05:26l'évolution de nos activités, effectivement, une progression qui s'amorce aujourd'hui
05:29sur nos différentes activités.
05:31Vous dites, le confort fabrique des opinions,
05:33l'engagement forge des hommes, j'ai choisi le second,
05:36même lorsqu'il coûte l'engagement.
05:37Alors, on va parler d'engagement, et notamment de stratégie RSE,
05:41d'engagement en la matière,
05:43mais pour vous, ça signifie quoi, ce terme d'engagement ?
05:47Oui, l'engagement, je pense que ce n'est pas juste un...
05:50On est beaucoup dans une actualité de posture,
05:53je dirais beaucoup de discours.
05:54L'engagement, porté par les chefs d'entreprise
05:56et par tous les acteurs du tissu industriel français,
06:00c'est aussi prendre conscience qu'on est dans un écosystème.
06:03Il faut tisser cet écosystème, il faut, je dirais, jouer collectif.
06:08Il y a une notion de territoire, puisqu'il n'y a pas d'industrie,
06:10pour moi, il n'y a pas de réindustrialisation, sans parler de territoire.
06:13Donc, un engagement, c'est à la fois au travers de ses propres sociétés,
06:16de ses propres savoir-faire,
06:17mais aussi sortir un peu des murs de nos usines
06:20et tisser des relations, tisser des complémentarités.
06:23On pourra parler, je ne sais pas si on en parlera,
06:26mais des actions qu'on est capable de mener avec le label EPV,
06:29avec le réseau Excellence, etc.
06:31Et donc, cette communauté d'entrepreneurs nous permet, effectivement,
06:35aussi de pouvoir, comment dirais-je,
06:38œuvrer à un engagement, je dirais, quasi patriotique,
06:42de réindustrialisation de la France.
06:43On va en parler, EPV Entreprises, du patrimoine vivant,
06:46évidemment, ce sera l'un des chapitres de notre entretien,
06:49avec notamment cette palme d'or du Comité de France
06:51que Horus a obtenue.
06:53Vous allez le recevoir le mois prochain, au mois de mars.
06:55Mais je reste d'abord sur cette stratégie RSE,
06:59et peut-être sur le E d'environnement.
07:01Comment on fait baisser le bilan,
07:03le bilan carbone d'une entreprise, d'un groupe comme le vôtre ?
07:06Alors, je crois qu'il n'y a pas plus RSE qu'un produit français, déjà.
07:08C'est un bon début, oui.
07:10Je pars toujours du principe que, paradoxalement,
07:13il nous faut beaucoup de volume, également, sur la France.
07:16Ce n'est pas dissociable d'avoir du volume en France,
07:17de fabriquer du Made in France et du volume,
07:19qui nous amène également sur l'excellence.
07:21Donc, je pense que d'avoir une complémentarité,
07:23une stratégie produit, un panel produit assez large,
07:26avec forcément une logique de prix aussi concordante à cela,
07:29nous permet de plus en plus de créer, on va dire,
07:31des produits en France dans nos usines,
07:33ce qui permet, irrémédiablement, de faire baisser le bilan carbone
07:36et la RSE, de manière générale, la responsabilité sociétale de l'entreprise qui est engagée.
07:41Ça, c'est un point de départ.
07:41Mais est-ce qu'on va rentrer un peu dans le détail ?
07:43Il y a le choix des matériaux, il y a les choix de logistique, par exemple,
07:47je ne sais pas, de sourcing de l'électricité,
07:50je ne sais pas si vous avez des fours, comment ils sont alimentés.
07:53Enfin bon, toutes ces questions-là, je veux bien qu'on prenne un peu de temps
07:55pour les creuser ensemble.
07:57Par exemple, sur les choix des matériaux,
08:00on peut parler de robinetterie, on peut parler de la douche,
08:04est-ce qu'il y a des matériaux plus impactants que d'autres
08:07et est-ce que vous vous êtes dit, tiens, on va essayer de mettre l'accent
08:09sur ceux qui ont le moins d'impact carbone, le moins d'impact environnemental ?
08:13C'est aussi l'évolution, parce qu'aujourd'hui,
08:15pour donner le cas concret d'un robinet, fabriqué en laiton.
08:18Aujourd'hui, il y a de nouvelles normes qui évoluent,
08:21le laiton évolue, la composition du laiton évolue,
08:23donc on répond aux normes les plus exigeantes,
08:25européennes, françaises, européennes également,
08:26et donc mondiales également.
08:28Donc ça, c'est une première part.
08:30Et il y a aussi, si on reprend la céramique,
08:32je vais vous donner quelque chose d'incroyable,
08:34c'est qu'il faut savoir que tous les produits céramiques
08:36que nous fabriquons aujourd'hui sont composés en moyenne
08:38de 7 à 10 % de rebuts.
08:40Je vous explique, c'est que quand un produit céramique
08:43passe les différentes étapes de fabrication
08:45et que nous constatons avec nos équipes
08:47qu'il ne répond pas à nos standards de qualité,
08:50il passe donc en rebuts, il sera ensuite broyé
08:52et il réintègre le processus de fabrication.
08:55Donc tout ça pour vous dire qu'il y a déjà des processus mis en place.
08:58On fait déjà de la RSE.
09:00Alors la RSE, c'est beaucoup plus large que juste...
09:01Bien sûr, il y a une dimension sociétale qui est majeure,
09:05mais je dirais qu'il y a une évolution
09:07et de l'innovation de manière générale
09:09des choses déjà existantes.
09:10Donc sur les matériaux, que ce soit le laiton,
09:13les cartouches qui composent également la robinetterie,
09:16où nous faisons des économies d'eau et de gaz,
09:18d'énergie de manière générale substantielle,
09:20et bien évidemment aussi sur l'exemple de la céramique
09:23que je viens de citer, mais il y en a plein comme ça.
09:25La logistique, par exemple.
09:27Alors là aussi, j'imagine que vous avez une flotte de véhicules.
09:30Est-ce que vous êtes en train de l'électrifier ou pas
09:32parce que c'est compliqué ?
09:33On n'a pas de flotte de véhicules,
09:35proprement parlant, on utilise des transporteurs locaux,
09:38enfin, ceux nationaux.
09:39Par contre, c'est vrai que la force d'être un groupe,
09:41c'est qu'on est capable d'unifier,
09:44et d'unifier, on va dire, notre support logistique.
09:47Nous avons une plateforme logistique commune,
09:49nous avons un ERP commun,
09:50donc tous nos sites cohabitent,
09:51enfin, travaillent ensemble et communiquent ensemble
09:55et nous permettent effectivement d'optimiser aussi
09:58nos délais de livraison, notre service,
10:00notre logistique et tout ce qui va avec,
10:02tout ce qu'on vient d'évoquer.
10:03Dans votre bilan carbone, qu'est-ce qui pèse le plus lourd ?
10:06La consommation énergétique, par exemple ?
10:08Oui, alors, en plus, pour parler d'énergie,
10:11si on parle de gaz ou d'énergie,
10:13vous n'êtes pas sans savoir que la Russie a envahi l'Ukraine,
10:17mais en sortie de négociations,
10:19quand nous reprenons le site de la jurassienne de céramique en 2021,
10:23la guerre en Ukraine éclate,
10:25on budgétise dans notre BP, dans notre business plan,
10:28qui est respecté, mais avec une année de retard,
10:29vous allez comprendre pourquoi,
10:31on budgétise 400 000 euros de dépenses énergétiques,
10:33de gaz et d'électricité,
10:35la guerre en Ukraine explose, patatras,
10:37on passe à 4 millions.
10:38Donc, on n'est plus du tout, si vous voulez, dans les...
10:42Fois 10.
10:43Fois 10, rien que ça.
10:44Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
10:45Ça permet, alors, soit on panique,
10:47et on s'est dit, bon, allez, c'est terminé.
10:48Donc là, on s'est mis en PLS,
10:50ça nous a permis, je dirais,
10:51de développer énormément de produits.
10:52Alors, on a brûlé beaucoup de trésorerie aussi,
10:54il faut reconnaître,
10:55puisque vous produisez,
10:56enfin, vous développez,
10:56vous ne produisez pas,
10:57donc vous ne vendez pas,
10:58il n'y a pas d'argent qui rentre dans la société.
11:01Par contre, ça a été un...
11:02Quand je parlais, justement, tout à l'heure
11:04de mentalité start-up,
11:05ça a été un formidable moyen
11:07de travailler, justement,
11:08sur les économies d'énergie.
11:11Auparavant, on chauffait tout le site
11:12de 80 millilitres carrés, ou pas.
11:14Donc, désormais, maintenant,
11:15nous avons des boucles de chauffage
11:16pour chaque département, etc.
11:17Donc, ça nous a permis aussi
11:18de prendre conscience, je trouve,
11:20dans ce contexte actuel,
11:22qu'il fallait faire des économies,
11:23il fallait être beaucoup plus responsable,
11:24aussi, sur les façons
11:26d'utiliser cette énergie.
11:27Alors, vous avez commencé à évoquer
11:30la question des produits
11:31près du haut de gamme, ou pas.
11:33Il y a une tradition dans cette émission,
11:36c'est que l'invité du Grand Entretien
11:38pose une question à l'invité
11:40de la semaine suivante.
11:41À votre place, il y avait le président de Camif,
11:42la semaine dernière, Julien Chavrou,
11:45qui est très sensible à cette question-là.
11:47Il ne faut pas que les industries françaises
11:50se concentrent uniquement sur le haut de gamme.
11:52Écoutons-le.
11:54Bonjour, Tristan.
11:55Tristan, j'ai avec un grand plaisir constaté
11:58que votre groupe répondait aussi bien
12:01à la MDD, à l'accessibilité du Bédine France
12:04sur des revenus moyens
12:06qu'à l'international, à prémiumisation
12:09et aux produits très haut de gamme.
12:11Pensez-vous qu'en France,
12:12il y a suffisamment d'industriels et de fabricants
12:14ouverts à pouvoir servir aussi bien
12:18le milieu de gamme que le haut de gamme ?
12:20Et il n'y a-t-il pas de temps en temps
12:22une prémiumisation à tout crin
12:24qui nous empêche de faire basculer les volumes ?
12:27Alors, effectivement, c'est très intéressant
12:29parce qu'il y a les deux dans le groupe Kramer.
12:33Au Russe, on est plutôt dans du haut de gamme,
12:35c'est ça ?
12:36Tout à fait.
12:36Et en même temps, vous vous adressez
12:38à tous les consommateurs ?
12:40Oui, c'est ça.
12:41Et je pense qu'il ne faut pas opposer les deux.
12:42Et les deux sont complémentaires.
12:43C'est possible dans un groupe industriel
12:45de faire les deux ?
12:45Bien sûr, tout à fait.
12:46Et on en est la preuve vivante.
12:48Et j'aime beaucoup cette question
12:49et je remercie cette personne pour cette excellente question.
12:55Mais c'est vrai qu'il y a une tendance
12:57à la prémiumisation des produits
12:58qui sont un peu...
12:59Si on pense en fait que la montée en gamme
13:01est une valeur refuge,
13:02on se trompe complètement.
13:03Je pense qu'il faut avoir la possibilité,
13:06notamment si on se focalise sur le marché français,
13:08il faut avoir la possibilité de proposer des produits.
13:09On ne sera jamais sur du premier prix,
13:11d'import, etc.
13:13Ce n'est pas possible et on n'y arrivera pas.
13:14Par contre, d'avoir une vraie valeur ajoutée
13:16qui différencie nos produits à des prix compétitifs,
13:19ça, c'est complètement faisable.
13:20C'est ce que nous faisons avec notre département MDD.
13:22Mais j'ai envie de dire aussi sous la marque Kramer,
13:24puisque comme je vous le disais précédemment,
13:26nous sommes également distribués
13:27dans des grandes enseignes de bricolage
13:29fréquentées par tous les Français
13:31que nous connaissons tous.
13:32Oui, et donc en concurrence avec des produits
13:34qui viennent d'ailleurs
13:35et qui sont beaucoup moins chers aussi.
13:36Bien sûr, mais qu'est-ce qu'on met en face ?
13:38Parce que est-ce que c'est juste l'argument Made in France ?
13:40Je sais que ce n'est pas l'actualité,
13:42mais je ne suis pas un ayatollah du Made in France.
13:44Il ne faut pas tomber non plus
13:46dans un dogmatisme patent et pathologique
13:48qui serait en fait de dire
13:50parce que c'est français, c'est merveilleux.
13:51Non, il faut qu'il y ait une vraie valeur ajoutée
13:53et que le client se retrouve bien évidemment sur le prix.
13:56Et ce qui vous permet effectivement
13:57d'avoir ces volumes,
13:59de rentabiliser vos sites de fabrication,
14:00avoir de l'emploi sur le territoire.
14:02Et derrière, ça vous permet de monter en gamme
14:04sur des produits qui sont effectivement
14:06à beaucoup plus forte valeur ajoutée
14:07et non pas juste pour le discours.
14:09Quand on prend le cas de Russe,
14:10c'est aussi la porte ouverte à l'international.
14:13Qu'est-ce que vous vendez chez Horus ?
14:14C'est de la robinetterie et de la céramique.
14:16Mais haut de gamme ?
14:17Haut de gamme.
14:18Tout l'ensemble du groupe est impacté aujourd'hui
14:20par les deux savoir-faire, robinetterie et céramique.
14:21Dans l'ensemble du déploiement commercial,
14:24nous vendons à la fois de la robinetterie et de la céramique.
14:26Et là, c'est plutôt un marché international pour Horus ?
14:28Oui, et de plus en plus.
14:30Ça a représenté, il y a encore 350% du chiffre d'affaires d'Horus.
14:36L'international représente uniquement aujourd'hui,
14:38pour le moment, 10% du groupe, du chiffre d'affaires du groupe.
14:40Mais pour Horus, c'est 50.
14:42Et aujourd'hui, ça a même tendance à monter à 60, voire 70.
14:44On a des perspectives à 70.
14:46Pas parce qu'on fait moins en France,
14:47mais parce qu'on fait beaucoup plus à l'international.
14:49Il faut prendre conscience aussi que le marché français,
14:51c'est que 2,5% du marché mondial.
14:53Donc, on est présent aux États-Unis,
14:55vous nous retrouvez en Asie, également en Europe.
14:57Et effectivement, c'est une caisse de résonance incroyable
14:59pour la société Horus,
15:00mais également, bien évidemment, pour le groupe.
15:02Le marché américain, justement,
15:03il est stratégique pour le groupe,
15:07pour l'internationalisation du groupe Kramer aujourd'hui ?
15:10Oui, tout à fait.
15:11Il est porté, bien évidemment, par Horus.
15:13C'est uniquement Horus qui porte le projet export aujourd'hui,
15:16pour le moment, au sein du groupe Kramer.
15:17Les États-Unis sont notre priorité.
15:19Une fois qu'on passe les actualités,
15:21Donald Trump et tout ce discours...
15:23Je vais vous poser une question là-dessus,
15:25parce qu'est-ce qu'il faut adapter son discours d'entreprise
15:28quand on est sur le marché américain aujourd'hui ?
15:31C'est-à-dire, est-ce que ce dont on parlait
15:33sur, par exemple, les actions environnementales
15:36ou sociétales, par exemple, d'internation, de diversité,
15:39est-ce que vous en parlez un peu moins sur le marché américain ?
15:43Écoutez, j'en reviens.
15:44Pour tout vous dire, j'y étais il y a une semaine.
15:46J'étais à Manhattan il y a une semaine pour voir les clients
15:48et qui me disent tous, en fait, de manière générale,
15:52ce qu'on entend dans le tissu économique américain,
15:54aujourd'hui, c'est un embarras.
15:55On dit, écoutez, on est embarrassés,
15:56parce que ça devient un peu malaisant.
15:58Cette actualité, il y a du pour et il y a des choses très positives
16:01sur le mandat Trump.
16:02Il ne faut pas non plus tomber dans uniquement le caractère commentateur,
16:07mais il y a aussi des choses qui ne sont pas très intéressantes
16:11et qui ne font pas élever le débat.
16:12Donc, effectivement, nous, on adapte notre discours.
16:15Non pas, c'est aussi, on adapte des produits.
16:18Si on arrive avec une autre offre,
16:19une offre spécifique pour le marché américain,
16:21avec un discours pour le marché américain,
16:24mais non, je n'enlève pas
16:27et je suis fier de ne pas enlever ce discours, effectivement,
16:29RSE, écologique, français.
16:32Alors, bien que le Made in France soit beaucoup associé au luxe aux États-Unis,
16:37mais je crois que c'est aussi quand nous partons comme ça à l'étranger,
16:41nous sommes aussi les ambassadeurs de notre pays,
16:43de nos valeurs et également des engagements que nous prenons sur nos territoires.
16:46Alors, on va parler de cette palme d'or du Comité de France.
16:50Donc, c'est Horus qui la reçoit le mois prochain.
16:53C'est quoi, déjà, le Comité de France ?
16:55C'est quoi ? C'est la valorisation, justement, de la préservation des artisanats ?
17:00De quoi on parle ?
17:01Alors, le Comité de France est directement rattaché au Sénat.
17:04Donc, c'est une institution étatique qui s'est donnée pour mission
17:07de mettre en valeur et en lumière, je dirais,
17:09les savoir-faire exceptionnels, selon leurs termes, de la nation.
17:14La palme d'or, c'est, j'utilise encore une fois les termes du Comité de France,
17:18c'est la légion d'honneur des entreprises.
17:20Donc, c'est extrêmement valorisant.
17:21Il ne faut absolument pas candidater pour y aller.
17:23C'est eux qui viennent vous chercher, clairement, pour ça.
17:25Et bien, quand on reçoit, quand on apprend que nous allons recevoir cette palme d'or,
17:32je dis, waouh, c'est super.
17:34Et c'est super pour l'histoire du groupe, pour l'histoire, pour les générations,
17:38effectivement, qui nous ont précédées.
17:39Et puis, pour tous ceux qui se lèvent chaque matin pour faire rayonner,
17:43justement, ce savoir-faire français.
17:44Donc, voilà ce que c'est la palme d'or.
17:46Et on a la chance qu'elle sera remise par ce que j'apprécie énormément
17:50et qui s'implique également dans le réseau EPV.
17:54C'est d'ailleurs le créateur du label EPV, il faut le savoir.
17:56Donc, Jean-Pierre Raffarin.
17:57Entreprise du patrimoine vivant.
17:58Entreprise du patrimoine vivant.
17:59Et donc, c'est vraiment intéressant parce que vous êtes au cœur de cet enjeu
18:05qui consiste à concilier l'industrie, l'industrialisation
18:09et une forme d'artisanat, voire d'artisanat haut de gamme.
18:15Oui, tout à fait.
18:16Ça peut sembler contradictoire, vous voyez ce que je veux dire ?
18:19Alors que pas du tout, c'est tellement complémentaire.
18:21Et c'est vraiment, si on doit résumer le groupe Cramer,
18:22c'est cette rencontre entre la puissance industrielle et l'artisanat.
18:27Et ça, je pense que c'est directement relié.
18:31Et il n'y a pas de luxe.
18:33Enfin, il n'y aurait pas Horus sans Cramer, sans le groupe Cramer de manière générale.
18:36C'est ça qu'il faut comprendre.
18:37Ce n'est pas opposable.
18:38Mais au contraire, c'est extrêmement complémentaire.
18:41Oui, mais alors l'artisanat, il est par définition, il prend plus de temps
18:47et donc il va peut-être plus difficilement s'insérer dans une chaîne industrielle.
18:51Je veux juste comprendre comment ça marche.
18:52Eh bien, pas du tout.
18:53Je vous invite, je serais ravi de vous avoir sur un différent site à l'occasion
18:56pour que vous compreniez.
18:57Mais effectivement, si je vous donne l'exemple de la Jurassienne,
19:01vous allez avoir un kilomètre de long en large à traverser pour comprendre
19:05et voir tout le processus industriel.
19:07Alors, vous allez voir effectivement du volume, des machines.
19:10Et quand vous faites le pas de côté, vous avez nos ateliers,
19:14des ateliers un petit peu plus confidentiels dans lesquels nous dépêchons des équipes,
19:17des experts sur des projets plus haut de gamme, plus extiprés,
19:21où on a besoin de temps.
19:23Actuellement, nous développons une collection avec Horus, avec Jean-Michel Villemotte,
19:26très grand architecte français.
19:28Bien évidemment qu'on n'utilise pas le même processus et les mêmes méthodes
19:32que pour la division industrielle.
19:35Il faut prendre du temps, il faut se tromper,
19:38il faut pousser, je dirais, les savoir-faire de nos collaborateurs au maximum.
19:43Et c'est ça qui est challengeant.
19:44Mais c'est absolument pas dissociable.
19:47L'un ne va pas sans l'autre.
19:49Mais la gamme de prix, c'est entre un produit de base,
19:55un robinet par exemple, et puis le très haut de gamme ?
19:57Je ne sais pas si vous pouvez répondre à la question,
19:59mais ça va de, c'est du x20, du x30, c'est quoi la gamme de prix ?
20:06Si on prenait l'exemple, on va partir d'un produit grand public
20:10que vous allez retrouver dans une grande enseigne de bricolage
20:12sous la marque Kramer, admettons, ou MDD, on peut le faire aussi.
20:16Ça va être entre, si on parle sur un robinet,
20:18on va partir entre 150 et on va monter jusqu'à 200 euros.
20:22On peut même descendre un petit peu à 120 euros,
20:24on va dire 120, 200.
20:26Et effectivement, sur les projets très très très haut de gamme,
20:29parce que chaque pièce est montée à la main, polie à la main,
20:31traitée à la main, avec un service aussi différent,
20:34parce qu'on parle beaucoup du produit, mais on ne parle pas aussi du service,
20:36ce qui est aussi indissociable du monde du luxe,
20:39on peut monter sur des produits à 2 000, 3 000 euros, 4 000,
20:43et on a même des demandes extrêmement...
20:44Ça va dépendre des matériaux aussi, évidemment.
20:46Tout à fait, c'est ça.
20:47Et là, la facture peut monter encore beaucoup plus haut.
20:50Cette labellisation entreprise du patrimoine vivant,
20:53qu'est-ce qu'elle représente pour un groupe comme le vôtre ?
20:56Une immense fierté.
20:58Je suis moi-même beaucoup impliqué au sein du label EPV,
21:00puisque j'ai la chance d'être aux côtés de mon ami Tristan De Vitte,
21:03qui est président des entreprises du patrimoine vivant,
21:05du réseau Excellence EPV, exactement.
21:08Et je dirais que c'est...
21:10Quand vous découvrez un petit peu ce que c'est le label EPV,
21:12pour vous donner juste quelques chiffres et contextualiser,
21:14c'est 1 400 entreprises aujourd'hui,
21:1614 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
21:1769 000 emplois et une présence dans tous les territoires.
21:21Donc, il y a une présidence par région.
21:22C'est quand même...
21:23Enfin, une présidence, c'est un bureau par région.
21:24C'est un vrai maillage territorial.
21:25Un vrai maillage territorial.
21:27Et le label EPV, c'est le seul label d'État
21:30qui est décerné du gouvernement au travers des préfets de région
21:36et qui vient mettre en lumière tous les savoir-faire rares de la nation.
21:39Si je vous cite quelques maisons,
21:42Ébacara, Hermès...
21:43Alors là, c'est tout de suite des grands noms,
21:45mais vous avez aussi des petits ateliers formidables,
21:47je pense à des gens comme les Éteins de Lyon,
21:49enfin bref, je pourrais en citer énormément,
21:52et qui permettent, je dirais, à la fois de faire union,
21:55de faire une équipe un petit peu de l'excellence française.
21:57Pour nous, c'est extrêmement valorisant,
21:58puisqu'on a aujourd'hui deux sites qui sont labellisés EPV.
22:02On a le site Abar, qui est le site historique de la robinette Rio russe,
22:05et depuis peu, le site de la Jurassienne de Saramique,
22:07qui est labellisé EPV.
22:08C'est aussi une caisse de résonance incroyable à l'international,
22:10et on l'utilise énormément.
22:12C'est une source de crédibilité très importante.
22:13Est-ce que c'est un bouclier ?
22:15Est-ce que ça peut justifier une protection de l'État ?
22:21Vous voyez ce que je veux dire ?
22:22Est-ce que vous sentez que ces entreprises-là,
22:24parce que justement, vous êtes porteur d'une histoire,
22:27d'un patrimoine, de savoir-faire, d'artisanat,
22:30ça amènera l'État, ou même les collectivités locales,
22:33une région, un département, de se dire,
22:35cette entreprise-là, il faut encore plus l'aider,
22:37ou la sauver, on ne le souhaite à personne en cas de difficulté.
22:39De plus en plus, de plus en plus,
22:41et c'est pour ça, c'est le rôle aussi de l'Association nationale,
22:43parce qu'une fois que vous êtes labellisé EPV,
22:45la vie du label EPV est pilotée par le réseau excellence
22:48des entreprises du patrimoine vivant,
22:49et c'est clairement la mission qui a été fixée
22:51par la DGE, par Bercy, par l'État,
22:54de, à la fois, identifier ces entreprises,
22:56de les accompagner, enfin de les fédérer déjà d'une part,
22:58de les accompagner, de les faire rayonner.
23:00Donc effectivement, il y a un vrai rôle de protection,
23:02mais je ne dirais pas un bouclier,
23:03mais plutôt un porte-étendard, un porte-drapeau,
23:06parce qu'on en est très fiers.
23:07Quand vous allez à l'international,
23:09j'ai encore une fois pas mal voyagé ces derniers temps,
23:11quand vous parlez du label EPV,
23:12qu'est-ce que c'est ?
23:13Quand vous commencez à l'expliquer,
23:14c'est incroyable.
23:15Et quand vous voyez surtout les sociétés qui sont derrière,
23:18c'est tout de suite un marqueur de crédibilité,
23:20et surtout d'excellence.
23:21Donc c'est un étendard,
23:22mais c'est peut-être aussi une responsabilité.
23:24Bien sûr, c'est surtout une responsabilité.
23:25Notamment, on en revient à la politique RSE
23:28dont on parlait tout à l'heure.
23:29Tout à fait, et je pense qu'il faut absolument prendre conscience
23:33que ces savoir-faire sont avant tout un héritage.
23:35Ce n'est pas une guerre d'égo.
23:36Je pense qu'on a aussi, en tant que chef d'entreprise,
23:39en tant qu'entreprise labellisée,
23:40le devoir de faire perdurer ces savoir-faire.
23:43Le savoir-faire de la céramique,
23:44pour venir sur le cramère, je l'ai acquis.
23:47Enfin, il m'a été transmis.
23:48Et donc, on est, je dis souvent, des passeurs de flambeaux.
23:51Et c'est à nous aussi de nous adapter au monde actuel
23:55et de pouvoir l'inscrire aussi dans une certaine temporalité
23:58pour qu'il perdure.
23:59Et bien, c'est exactement la même chose
24:00pour l'ensemble des savoir-faire qu'on est en train de citer.
24:02Mais c'est une vraie responsabilité.
24:03Avec aussi une responsabilité.
24:05Alors, ça rejoint les enjeux environnementaux
24:08dont on parlait tout à l'heure,
24:10notamment sur la consommation énergétique.
24:13Vous en avez raconté ce qui s'est passé
24:16après la guerre en Ukraine,
24:17après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
24:19Mais vos fours, ils carburent à quoi ?
24:22Et est-ce que vous pourriez, par exemple, les électrifier ?
24:23Je pense à ça, parce qu'on a eu l'actualité cette semaine
24:26d'ArcelorMittal qui annonçait l'électrification
24:28d'un four pour les prochaines années.
24:30Et c'est un des enjeux d'électrifier le plus possible nos usages
24:35pour décarboner, notamment notre industrie.
24:37Est-ce que ça fait partie de votre réflexion ?
24:39Bien sûr, mais tout ça ne se fait pas du jour au lendemain.
24:40Il y a une transition.
24:42Et pour ça, il faut accompagner les entreprises.
24:44J'ai eu un débat assez houleux
24:45avec certains fournisseurs d'énergie,
24:47enfin des dirigeants de ces compagnies,
24:49pour dire, attendez, de quoi on parle ?
24:52La compétitivité des entreprises, aujourd'hui,
24:54c'est primordial.
24:55Baissez-nous en France.
24:56Enfin, on peut parler d'électricité.
24:58On pourrait avoir l'électricité la moins chère
24:59de toute la zone euro.
25:00Mais ce n'est pas le cas.
25:01Pourquoi ?
25:02Le gaz, il se passe ce qui se passe.
25:05Et en fait, on n'est pas du tout compétitif
25:07par rapport à la guerre économique
25:09qui est aujourd'hui mondialisée.
25:11Donc, c'est déjà amorcer cette transition énergétique,
25:13pas avec des discours,
25:14mais avec des choses concrètes pour les entrepreneurs
25:16qui nous permettent effectivement d'arriver
25:18sur des solutions qui sont d'ores et déjà identifiées.
25:20On parle d'hydrogène,
25:21on parle d'électricité,
25:23il y a plein de technologies
25:24ou de nouveaux matériaux
25:25qu'on pourrait utiliser à partir d'eux
25:28qui nous permettraient...
25:28Mais pour ça,
25:29il faut déjà nous laisser respirer.
25:31Vous voyez ce que je veux dire ?
25:32Bien sûr.
25:32C'est surtout l'enjeu aujourd'hui.
25:34Garantissez-nous des prix à long terme
25:36qui soient les plus bas possibles.
25:37Merci beaucoup Tristan Rodrigues
25:39et à bientôt sur Bsmart4Channel.
25:41Tout de suite,
25:42notre rubrique consacrée
25:43aux startups éco-responsables.
25:44Voilà.
25:45Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires