00:00Écoutez, c'est toujours un peu, malheureusement, les mêmes refrains.
00:04C'est-à-dire que nous, on nous donne des instructions, on les suit,
00:08on essaye au maximum de mettre des dispositifs en place
00:13par rapport aux outils qui nous sont mis à notre disposition.
00:15Et c'est là que le bas blesse, si je puis dire,
00:19et qu'il y a, moi je note au moins trois dysfonctionnements.
00:24Déjà, au niveau de MICAS, l'individu devait pointer à 10 heures,
00:28ce qu'il n'a pas fait.
00:30Moi, ce qui je trouve pas normal, et je l'ai appris,
00:32parce qu'avant d'aller sur un plateau, je prends...
00:34Prenez les infos, bien sûr, comme à chaque fois.
00:36...de renseignements ou autre.
00:37Mais en tout cas, ce que je sais, c'est que, ou dans le nez sous bois,
00:40ce qui est le cas, là, pour le coup, il devait pointer à mon nez sous bois.
00:43Et je me rends compte que moi, quand j'étais sur VP,
00:46il y a quelques années...
00:47Ça veut dire quoi, VP ?
00:47Voie publique.
00:48C'est-à-dire que quand j'étais chef de poste et qu'un individu poitait,
00:51il signait, et puis voilà.
00:53Et je regarde, je vois ça aujourd'hui, on est en 2026,
00:56un individu, quand il pointe, il signe encore.
00:58Alors qu'aujourd'hui, si vous mettiez un dispositif en place
01:01qui permet une signature électronique via un réseau,
01:05on saurait que cet individu, à 10 heures, il n'a pas pointé.
01:09Et du coup, deuxième dysfonctionnement, je viens dessus,
01:12cet individu, donc, il est assujetti à rester sur Aulnay,
01:17il n'a pas le droit de quitter Aulnay.
01:19Il a réussi à quitter Aulnay,
01:20et vous savez pourquoi il a quitté Aulnay ?
01:23Pour aller voir son psy.
01:25Dans le cadre de sa réinsertion,
01:27son dispositif de réinsertion,
01:28il a été à Paris, il avait rendez-vous aux alentours de 15 heures.
01:32Donc déjà, ça, c'est le deuxième dysfonctionnement.
01:34Donc entre 10 heures et 15 heures, on n'a pas pu gérer.
01:36Si c'était, à mon sens, je ne suis qu'un simple syndicaliste,
01:39mais si on avait eu,
01:41si mes collègues des renseignements avaient l'info comme quoi,
01:44à 10 heures, ils n'avaient pas pointé,
01:45tout de suite, immédiatement, plus rapidement,
01:48on aurait peut-être pu le géolocaliser avant.
01:51La troisième chose, c'est qu'il faut savoir que ces individus,
01:54quand ils sortent de prison,
01:56et qu'on sait qu'ils sont encore radicalisés,
01:59ils sont pris en charge dans le cadre du dispositif Perse,
02:02qui est un programme d'accueil individualisé et de réaffiliation sociale.
02:07Avec le nom, il est compliqué,
02:09et on sent que ça ne sert à rien, si vous voulez.
02:10C'est nous qui payons nos impôts,
02:13et qui payons ce dispositif-là.
02:15Dans le cadre de ce dispositif-là,
02:16vous prenez, je crois que c'est la majorité des individus
02:19qui peuvent prévaloir à ce dispositif-là,
02:23et à qui on impose quand ils sortent de prison,
02:25sont radicalisés.
02:26C'est-à-dire que vous mettez,
02:28je ne sais pas moi,
02:29une cinquantaine d'individus qui sont radicalisés,
02:32en lien, tout le temps en fait.
02:35Et donc, comment voulez-vous les déradicaliser ?
02:38Alors, ils font des sorties en musée,
02:40ils font des sorties récréatives,
02:42pour se réinsérer.
02:44Ça, ce n'est pas dans mes prérogatives de juger ça.
02:47C'est pour ça que j'ai commencé en vous disant que c'est désespérant.
02:50Je ne dénonce pas le dispositif,
02:51mais j'ai dit à un moment,
02:53quand vous avez des choses, des dispositifs,
02:56des outils que vous mettez à la disposition de ces individus,
02:59et que vous voyez qu'ils ne fonctionnent pas,
03:00ce qui est le cas aujourd'hui,
03:01parce que ce n'est pas la première fois,
03:03il faut revoir ce dispositif.
03:05C'est pour ça que j'ai commencé.
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