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  • il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Le président de la République va donc nommer Amélie de Montchalin, l'actuel ministre des Comptes publics, à la tête de la Cour des Comptes.
00:06Elle a 40 ans, elle va donc succéder à Pierre Moscovici, partie à la Cour des Comptes européenne.
00:11C'est une nomination présidentielle, ce n'est pas possible, ce n'est plus possible, tonne aujourd'hui en cœur l'opposition,
00:17parce que la ministre des Comptes publics va devoir, en tant que première présidente de la Cour des Comptes, regarder ce budget qu'elle a élaboré, bien évidemment.
00:25Ça nous met tellement en rogne, il y a un problème avec la démocratie, en tout cas la manière dont Emmanuel Macron exerce le pouvoir.
00:33Madame de Montchalin n'a fait que creuser les déficits et bientôt, elle devrait nous donner des leçons de bonne gestion des finances publiques.
00:41C'est un peu comme se faire traiter d'escroc par Bernard Madoff, si vous voulez, donc on lui souhaite bonne chance.
00:47Le chef de l'État devrait revenir sur cette décision ou alors Amélie de Montchalin l'a refusée.
00:52Tout ça me semble une fort mauvaise manière de nommer des gens.
00:58C'est une désignation, oui, qui émane du pouvoir exécutif.
01:01On est désolés, mais j'imagine que si M. Mélenchon était président de la République, peut-être nommerait-il plutôt M. Coquerel que Mme Montchalin, non ?
01:12Bonsoir.
01:12Eric Ciotti, bonsoir.
01:13Bonsoir.
01:14C'est un mélange des genres. Il y a même un risque de conflit d'intérêts, puisque comme l'a dit Alain, elle va, et ce sera l'un de ses premiers jobs en quelque sorte, elle devra contrôler le budget qu'elle a elle-même préparé.
01:25C'est extrêmement choquant. D'abord, ça traduit une fin de règne un peu désespérante, puisqu'on recase les copains.
01:32C'est manifestement la dernière mission de M. Macron, c'est décorer, promouvoir ses militants, ses proches, ses amis, ceux qui ont partagé ses intérêts, son engagement.
01:50C'est quelque part une forme de scandale d'État.
01:53On a nommé une ministre en fonction, et puis la nommer, puisque si on exerce et on respecte aujourd'hui le Code des juridictions financières,
02:03qui souligne qu'un membre de la Cour des comptes est un magistrat, et que, comme tout magistrat, il n'est inamovible.
02:10Cette inamovibilité conduirait Mme de Montchalin à pouvoir rester en fonction pendant 28 ans.
02:18Pendant 28 ans.
02:19Oui, parce que c'est un peu si inamovible.
02:20Ça veut dire que c'est une accaparation d'un des postes clés de la République.
02:27Aujourd'hui, on a déjà eu la nomination de M. Ferrand au Conseil constitutionnel,
02:32qui est un très très proche du Président de la République.
02:35On a le Conseil d'État qui est présidé par une personnalité qui ne cache pas ses appartenances à gauche.
02:44On aura demain la Cour des comptes.
02:46Ça veut dire que, quelque part, la démocratie est confisquée.
02:50On est riche des contre-pouvoirs en disant, quoi qu'il arrive aux élections, nous, on sera là.
02:57Oui, mais Eric Ciotti, vous dites, on recasse des copains, les amis.
03:01Mais ça s'est toujours fait comme ça.
03:03Jacques Chirac avait nommé en son temps son ancien ministre Philippe Seguin.
03:07François Mitterrand avait nommé un ancien ministre socialiste, Pierre Jox.
03:12Rien de nouveau.
03:14Sauf erreur de ma part, Philippe Seguin a été nommé, je crois, par Nicolas Sarkozy.
03:19T'es nommé en juillet 2004.
03:20Qui peut comparer Amélie de Montchalin avec Philippe Seguin, quand même ?
03:27Donc vous demandez au président de la République de revenir sur cette nomination.
03:30Et puis c'était pour une durée plus limitée, puisque lorsque Philippe Seguin a été nommé, il était beaucoup plus âgé.
03:35Mais c'est quoi ? C'est la compétence ou la proximité du pouvoir que vous remettez en cause ?
03:38Parce qu'Amélie Montchalin est diplômée d'Harvard.
03:42C'est naturellement la méthode.
03:44Elle est économiste.
03:44La proximité du pouvoir, on est dans une fin de règne.
03:48Donc c'est pas la compétence de Madame de Montchalin que vous remettez en cause ?
03:50La compétence, elle n'est pas forcément en cause.
03:54Elle reste à démontrer.
03:54Vous dites aussi, par rapport à Philippe Seguin, or, pareil, Philippe Seguin était un ami du pouvoir en place,
04:00et il a été nommé à la Cour des comptes.
04:02Pas totalement.
04:03Il était président du RPR, juste avant.
04:04Pas totalement, mais enfin, Philippe Seguin, excusez-moi, alors je ne suis peut-être pas objectif,
04:09mais si on en est arrivé à comparer Philippe Seguin et Amélie de Montchalin,
04:17sincèrement, Philippe Seguin est un des plus grands hommes d'État de ce siècle.
04:20Il n'a sans doute pas eu le destin politique qu'il méritait.
04:24Il a eu une vision très prospective sur l'Europe.
04:28Je l'ai côtoyé.
04:30C'était quelqu'un d'extrêmement puissant, d'extrêmement impressionnant.
04:34Quand on voit Mme Montchalin, petit télégraphiste du macronisme,
04:38sincèrement, bon, à chacun ses comparaisons.
04:41Moi, je n'oserais pas comparer Philippe Seguin à Mme Montchalin.
04:45Mais pour, justement, qu'on arrête d'avoir toujours ces accusations de République des Copains,
04:50de scandale démocratique, est-ce qu'il ne faudrait pas revoir les règles de nomination ?
04:53Absolument.
04:54D'ailleurs, mon groupe va déposer une proposition de loi, nous en débattrons plus tard au mois de juin,
04:59visant à rompre avec cette inamovibilité, puisque nous limiterons le mandat du président de la Cour des Comptes à 7 ans.
05:10Ah, mais pas son mode de nomination.
05:11Je crois que dans une démocratie, pas son mode de nomination...
05:14Ah, c'est toujours le président de la République qui nommera.
05:16Avec le contrôle du Parlement.
05:18Dans une démocratie, je pense qu'on ne peut pas imposer...
05:21Donc un mandat de 7 ans.
05:2228 ans !
05:23Oui, elle n'est pas obligée de rester 28 ans.
05:25Avec Mme de Montchalin.
05:26Mais elle a le choix de le faire.
05:27Elle le fera, mais pourquoi elle partirait ?
05:29C'est tellement confortable.
05:31M. Chautier, pour le coup, vous avez évoqué, dans la République des Copains,
05:34vous avez évoqué le cas de M. Ferrand.
05:35Le cas de M. Ferrand n'est pas tout à fait le même que celui de Montchalin,
05:37puisqu'il correspond précisément à la proposition de loi que vous souhaitez déposer,
05:41en tout cas à une partie.
05:42C'est-à-dire qu'il y a un contrôle du Parlement
05:44pour le président du Conseil constitutionnel.
05:47M. Ferrand a été auditionné, Assemblée, Sénat.
05:50Les députés ont voté, il est passé.
05:51À une voix près, ça a été serré.
05:53Vous n'avez pas tort.
05:55Et quant à Amélie de Montchalin, vous dites que le mandat est irrévocable.
05:58En réalité, pas tout à fait.
06:00Si je prends les deux exemples prestants, il est irrévocable au sens de la loi.
06:04Mais Didier Migaud...
06:04Il faut qu'elle parte de son initiative.
06:06Pas forcément.
06:06Didier Migaud, premier président de la Cour des Comptes,
06:12la place a été libérée, si j'ose dire,
06:14en le nommant à la Haute Autorité pour la Transparence pour la Vie Publique.
06:17Et Pierre Moscovici, qui pouvait aller jusqu'en septembre prochain,
06:20part pour la Cour européenne.
06:21Donc, en réalité...
06:22On enlève un fromage pour en donner un autre.
06:25Ce que je veux dire par là, c'est qu'un président peut déplacer
06:27précisément le premier président de la Cour des Comptes
06:29si le prochain président élu en 2027...
06:32Il ne pouvait pas...
06:34Monsieur Moscovici arrivait à la limite d'âge.
06:37Il a même été prolongé.
06:38D'un an, il pouvait aller jusqu'en septembre prochain.
06:40Et il a été nommé, ce qui va lui prolonger une forme de privilège,
06:47à la Cour des Comptes européenne.
06:49Donc, vous en convenez avec moi, ce n'est pas de sa décision.
06:51Il a une nomination qui va être encore plus confortable que ce qu'il avait.
06:56Moi, ce que je déploie...
06:57Mais que craignez-vous surtout ?
06:58Que craignez-vous avec cette nomination ?
07:00Moi, ce que je crains, c'est qu'on érige deux choses.
07:02Une forme d'entre-soi qu'installe M. Macron en nommant, non pas pour leurs compétences,
07:09non pas pour leur expérience des personnalités,
07:12mais en les nommant pour leur proximité avec lui.
07:15Et ce que je crains, c'est qu'on érige des contre-pouvoirs
07:20qui vont s'opposer à la volonté du peuple,
07:22parce que ces personnalités ont un engagement politique extrêmement marqué,
07:28extrêmement marqué aux côtés d'Emmanuel Macron,
07:31et qu'ils vont naturellement être des obstacles.
07:35Demain, si l'alternance, comme je le souhaite, se produit,
07:39si demain nous gagnons l'élection présidentielle
07:41avec la coalition des droites RN-UDR,
07:45si demain nous gagnons les élections législatives,
07:48nous aurons immédiatement des personnalités
07:52qui devraient être caractérisées par leur indépendance, leur neutralité,
07:57et qui en fait sont des militants politiques.
07:59Et c'est pour cela que, quelque part,
08:01je pointe le risque d'un dévoiement extrêmement grave de nos institutions.
08:05On doit avoir confiance dans la Cour des comptes,
08:08on doit avoir confiance dans le Conseil d'État,
08:10on doit avoir confiance dans le Conseil constitutionnel.
08:14C'est l'État de droit.
08:14Si ce sont des militants politiques à la tête des trois plus grands corps de l'État,
08:20eh bien, de notre nation, ça ne peut plus fonctionner.
08:22– Alors justement, il y a le gouverneur de la Banque de France
08:24qui vient, à la surprise générale, d'annoncer qu'il quittait son poste plutôt que prévu.
08:29C'était prévu pour juin prochain.
08:30C'est François Villeroy de Gallo, pour prendre les rênes de la Fondation des Apprentis d'Auteuil.
08:35Mais alors, visiblement, derrière cette raison officielle,
08:38il y aurait peut-être l'objectif de couper l'herbe sous le pied du RN
08:41qui est susceptible d'arriver au pouvoir.
08:43En tout cas, pour l'instant, c'est Jordan Bardella le favori de la présidentielle.
08:47Et donc, le gouverneur de la Banque de France sera nommé par Emmanuel Macron
08:51et non pas par le prochain président.
08:53– Il y a un nom qui circule,
08:55notamment sur les informations de nos confrères de la tribune,
08:58qui affirme que l'un des profils envisagés est celui d'Emmanuel Moulin.
09:02– Mais qui est Emmanuel Moulin ?
09:03– Richard Ferrand, Amélie de Montchalin, Emmanuel Moulin,
09:07d'un coup, ça peut faire beaucoup.
09:08Alors, qui est Emmanuel Moulin ?
09:09Emmanuel Moulin, c'est l'actuel secrétaire général de l'Élysée.
09:12– C'est lui qui annonce, par exemple, le gouvernement lorsqu'il est nommé.
09:15– Absolument, le secrétaire général de l'Élysée,
09:16c'est le deuxième cerveau, en quelque sorte, du président de la République.
09:19C'est le président de BIS, d'une certaine façon.
09:23Emmanuel Moulin est l'ancien directeur de cabinet,
09:25également de Gabriel Attal à Matignon,
09:26ancien directeur de cabinet ou directeur adjoint,
09:29je revérifierai, de Bruno Le Maire,
09:32dès 2017, au ministère de l'Économie et des Finances.
09:36Donc, c'est quelqu'un qui est intimement lié
09:38aux deux quinquennats d'Emmanuel Macron
09:40et à la fabrique économique, de fait,
09:44des différents budgets.
09:45– Ça va conforter Éric Ciotti dans toute l'argumentation.
09:47Si c'est le cas, si Emmanuel Moulin
09:49remplace la Banque de France, Ville-Roi de Gallo.
09:53– Si j'étais cynique, je dirais que ces nominations,
09:56annoncent la défaite, annoncent la débâcle,
10:00puisque c'est une espèce de panique,
10:02on recase les copains.
10:04Mais ce qui est grave, c'est l'intérêt du pays.
10:07Ça veut dire qu'on va avoir, je le redis,
10:10une tentative de mettre des obstacles
10:12dans la volonté du peuple,
10:14qui se sera prononcée, lors de l'élection présidentielle,
10:17en 2027.
10:19Il n'y a qu'une expression de la volonté générale
10:22qui vaille aujourd'hui,
10:24c'est celle du peuple.
10:25Et on n'a pas le droit d'ériger
10:27aujourd'hui des contre-pouvoirs
10:29qui sont là pour faire obstacle
10:31à la volonté du peuple.
10:32– Alors, on a Mickaël Moreau qui est avec nous,
10:34journaliste, auteur de Sa Majesté,
10:35nomme enquête sur un pouvoir présidentiel exorbitant
10:38aux éditions Robert Laffont.
10:39Combien de personnalités le président de la République
10:41nomme-t-il ?
10:42– Alors, il y a des milliers de personnalités
10:44que le président de la République nomme
10:45dans un peu toutes les sphères de la vie publique.
10:48Alors, il y a plusieurs estimations qui circulent.
10:50L'Elysée et Matignon ne peuvent pas
10:52même les comptabiliser tellement il y en a.
10:54Il y a des estimations qui convergent autour de 5 000.
10:56On m'a même donné une estimation
10:57qui va jusqu'à à peu près 10 000.
11:01Donc, c'est des milliers de personnes
11:02qui sont nommées dans un peu
11:03toutes les sphères de la vie publique.
11:05– Est-ce qu'il y a des critères définis précisément ?
11:08– Pas forcément.
11:08Ça dépend des postes,
11:09mais dans beaucoup de postes,
11:10en fait, il n'y a pas vraiment de critères.
11:11– Donc, c'est le feu du prince ?
11:12– Ça peut l'être,
11:13même si choisir de nommer,
11:14ce n'est pas forcément choisir des incompétents,
11:17entre guillemets.
11:18Mais il n'y a pas forcément…
11:20Il y a beaucoup de postes
11:22dans lesquels il n'y a pas de critères.
11:24– Mais dans votre livre,
11:26vous expliquez que ce n'est pas Emmanuel Macron
11:28qui a inventé ce système.
11:29C'est un système qui date de la Ve République.
11:32– Depuis De Gaulle.
11:33– Le général de Gaulle jusqu'à Macron.
11:34Vous dites quand même que depuis François Mitterrand,
11:35ça s'est accéléré
11:37parce que François Mitterrand a renforcé
11:39les pouvoirs de nomination du président de la République.
11:41Et vous dites qu'Emmanuel Macron,
11:42lui, c'est quelque chose qu'il aime beaucoup faire.
11:44C'est-à-dire que c'est un directeur de casting.
11:46Il aime bien rencontrer les futurs élus.
11:49– Il rencontre lui-même les candidats.
11:51C'est peut-être le président de la République
11:51qui s'implique le plus dans les nominations.
11:53Même si dans la réalité,
11:54tous les présidents de la République
11:55ont beaucoup été attachés
11:57à ce pouvoir de nomination.
11:59Lui, il rencontre personnellement
12:01un certain nombre de personnes
12:02pour diriger les castings,
12:04pour choisir les candidats.
12:06Même sur des postes,
12:07par exemple, la présidence du Louvre,
12:09c'est lui qui avait choisi,
12:10qui avait reçu les différents candidats
12:12en tête-à-tête
12:12pour choisir Laurence Descartes.
12:14– Et c'est lui qui choisit de la maintenir
12:16alors qu'il y a eu des appels à des missions aussi.
12:17– Et c'est lui qui aura le choix de…
12:19– Donc c'est un pouvoir quand même très fort,
12:20le pouvoir de nommer des personnalités
12:23à la tête d'institutions
12:25qui jouent un rôle important dans notre pays.
12:26– C'est un pouvoir très étendu
12:27qui s'est même étendu
12:28tout au long de la Vème
12:29s'il y a même de plus en plus de postes.
12:30C'est aussi le nombre émouvant
12:32parce qu'il y a des postes
12:33qui se sont créés,
12:36qui se sont rajoutés.
12:38Et dans la réalité, finalement aussi,
12:40tous les présidents de la République
12:41se sont beaucoup attachés à ce pouvoir.
12:45– Mais c'est que des amis
12:45que les présidents,
12:47les amis politiques,
12:48les présidents noms.
12:48Par exemple, Nicolas Sarkozy,
12:50pour prendre la famille politique d'Éric Ciotti,
12:52est-ce que Nicolas Sarkozy
12:53avait l'habitude de nommer des amis ?
12:55– Il y a eu des nominations
12:56qui ont été controversées.
12:57Par exemple, vous étiez, je pense,
12:59député UNP à l'époque.
13:00Il y a eu, en 2010,
13:02Arnaud Klarsfeld
13:03qui avait été au Conseil d'État,
13:05qui était juste avant conseiller
13:07de François Fillon
13:07et qui avait été battu
13:08aux législatives de 2007.
13:11Il y a eu ce qu'on appelle aussi
13:13des recasages d'anciens ministres
13:15Ramayad à l'UNESCO.
13:17Enfin, il y a plein de noms possibles.
13:18– Et en même temps,
13:19c'est Nicolas Sarkozy, par exemple,
13:21qui décide que le premier président
13:22de la Cour des comptes,
13:23Didier Migaud en l'espèce,
13:24qui était président
13:24de la Commission des Finances
13:25et qui était PS,
13:26qui nomme un socialiste.
13:27Il y a une différence, tout de même,
13:28entre Emmanuel Macron
13:29et ses prédécesseurs,
13:30c'est qu'Emmanuel Macron,
13:31dès sa campagne
13:32et dès les prémices de 2017,
13:34assume d'installer
13:34un pouvoir de nomination
13:35qui ressemble
13:36à ce qui existe aux États-Unis.
13:37Ce qu'on appelle
13:37le spoil system,
13:38le système des dépouilles.
13:40Il dit, à ce moment-là,
13:41que pour lui,
13:42un certain nombre
13:42de fonctions d'État
13:43doivent être proches
13:47du chef de l'État
13:47parce que sa loi a été.
13:49– Il nomme des proches
13:50qui vont rester.
13:50– C'est l'inverse.
13:51– Ce n'est pas tout à fait
13:51la même chose.
13:52– Il l'a fait tout le long.
13:53– Oui, mais là,
13:54c'est plus car.
13:55– Ces nominations
13:56de proches du président
13:57de la République
13:58au cours de son mandat
13:59ne me gêneraient pas.
14:01Ce qui est aujourd'hui
14:02extrêmement choquant,
14:04c'est que ces nominations
14:05interviennent au moment
14:06où il va partir
14:07et emportent des délais
14:09interminables,
14:10même extrêmement longs,
14:12et vont peser
14:13sur la liberté
14:14de son ou de sa successeur.
14:16C'est ça le problème.
14:18– Vous auriez souhaité
14:18qu'il nomme des profils différents
14:21ou qu'il prolonge les existants
14:23en disant
14:24le prochain président
14:24s'en occupera ?
14:25– Je crois qu'il y a
14:26une forme de décence républicaine,
14:28d'élégance républicaine.
14:30C'est de dire,
14:31je termine mes dix ans de mandat
14:33dans la douleur pour le pays,
14:35c'est un autre problème.
14:36Je laisse à celle
14:38ou à celui
14:38qui me succédera en 2027
14:41le choix de procéder
14:43à des nominations
14:44aussi stratégiques
14:45parce que, quelque part,
14:47il faut que le président élu,
14:48qui a la légitimité du peuple
14:50et c'est la seule
14:50qui importe,
14:52puisse avoir
14:54une lisibilité
14:56sur le mandat.
14:56– Oui, mais les nominations
14:57seront aussi construites.
14:58– Et puis,
14:58il y a aussi la compétence
14:59et l'indépendance
15:00parce que la Cour des comptes,
15:01ça ne doit pas être forcément…
15:03– Vous racolez la nomination
15:04à laquelle avait procédé
15:07Nicolas Sarkozy,
15:07c'était un opposant.
15:08Donc, la question de l'indépendance
15:11à la Cour des comptes,
15:12au Conseil d'État,
15:13au Conseil constitutionnel,
15:15indépendance, compétence,
15:17doivent primer
15:18sur l'engagement politique.
15:20Il y a des directeurs
15:20d'administration centrale
15:22qui participent
15:23de ce spoil-système
15:25qu'on pourrait installer.
15:26Moi, j'y suis assez favorable
15:27parce qu'on n'a pas à voir
15:29des directeurs
15:29qui sont nommés
15:30par d'autres
15:31pour mettre en place
15:32la nouvelle politique.
15:33Mais après, là,
15:34on est quand même
15:34dans des institutions
15:35qui sont quelque part
15:37un peu les piliers
15:38de la République,
15:39qui sont inscrits
15:40dans la Constitution.
15:41On n'est pas
15:41dans une simple
15:43autorité administrative
15:45où on est quand même
15:47la Cour des comptes,
15:48le Conseil d'État,
15:48le Conseil constitutionnel,
15:50ce n'est pas rien.
15:50– Michael Moreau,
15:52il y a une nomination
15:52d'Emmanuel Macron
15:54qui n'est vraiment pas passée,
15:55c'était celle
15:56de Philippe Besson,
15:58l'écrivain.
15:58– Qui a été retoqué
15:59par le Conseil d'État,
16:00c'était pour le consul général
16:02de Los Angeles,
16:03ce qui est très rare
16:04que le Conseil d'État
16:05retoque,
16:06doive retoquer une nomination.
16:07– Donc c'est possible quand même ?
16:08– C'est possible,
16:09même si c'est rare.
16:11Et même si,
16:11dans les faits,
16:12Emmanuel Macron
16:13a beaucoup revendiqué
16:14d'avoir moins recasé
16:15finalement que des prédécesseurs,
16:17même s'il l'a recasé aussi,
16:21mais qu'il y a eu des périodes
16:22sous Jacques Chirac,
16:23sous François Mitterrand,
16:24il y a eu des moments
16:25de recasage quasi-industriel.
16:27Vous parliez tout à l'heure
16:27aussi du Conseil constitutionnel
16:29en fin de règne,
16:30c'est déjà arrivé
16:31d'avoir un très proche
16:32nommé en mars 2007,
16:35quelques jours avant
16:35l'élection présidentielle
16:37de Nicolas Sarkozy
16:37que Jean-Louis Debré
16:38ait nommé.
16:40On parlait aussi de Chirac.
16:41– Mais ça,
16:42ça interroge justement,
16:44notamment,
16:45et là,
16:45ça imposerait…
16:46– Mais à l'époque,
16:46vous ne l'aviez pas dit.
16:47– Ça imposerait
16:47une réforme constitutionnelle.
16:50Il faut sans doute
16:51revisiter ce process
16:53de nomination.
16:54– Et laisser faire le Parlement,
16:54alors.
16:54– Ce process de nomination.
16:55– Avec un contrôle parlementaire.
16:56– Et notamment
16:57qu'il soit assez en conformité
16:59avec la durée
17:00d'un mandat.
17:02En tout cas,
17:02c'est comme ça
17:03que je le vois
17:03et on prendra
17:05des initiatives parlementaires
17:06dans ce sens.
17:07C'est vrai que
17:07nommer un président
17:08du Conseil constitutionnel
17:10dans les derniers mois
17:11d'un mandat,
17:14quel qu'il soit,
17:15il y a quelque part
17:16quelque chose de choquant.
17:17– Et si on supprimait
17:18la Cour des comptes ?
17:18– Puisque aucun pouvoir
17:19ne tient compte
17:21des rapports
17:22de la Cour des comptes.
17:23Les déficits se creusent
17:24malgré tous les avertissements
17:25de la Cour des comptes.
17:25– Oui, on peut s'interroger
17:26sur l'efficacité.
17:27Ce n'est pas une question
17:28que je considère
17:29comme tabou.
17:30Vous savez,
17:30j'ai porté dans mon programme…
17:32– Quand on est rue Cambon,
17:3314 500 euros
17:34de salaire,
17:35plus tous les frais,
17:36220 millions de budget,
17:37tout ça pour des rapports
17:38qui terminent
17:39au fond d'une armoire,
17:39M. Ciotti.
17:40– Il y a des nominations
17:42très politiques
17:43qui en effet
17:44interrogent.
17:45Et en tout cas,
17:47si on regroupait
17:48le Conseil constitutionnel,
17:49c'est à part
17:50le Conseil constitutionnel,
17:51il est garant
17:53de l'application
17:54de la Constitution,
17:55mais les corps de contrôle
17:57ou les juridictions,
17:59le Conseil d'État
18:00est à la fois
18:00un corps de conseil
18:02du gouvernement
18:03et une juridiction
18:05administrative.
18:07La question peut se poser.
18:08Pour moi,
18:09elle n'est pas tabou.
18:09Moi, je prône
18:10qu'on supprime
18:11les deux tiers
18:12des autorités administratives
18:13indépendantes,
18:14qu'on supprime…
18:15– Ce qu'on appelle
18:15les fromages
18:16de la République.
18:16– Les deux tiers
18:17des agences de l'État
18:19n'ont besoin
18:19de faire un grand ménage
18:21et beaucoup d'économies.
18:22Donc, ce n'est pas
18:23quelque chose
18:23qui me choquerait.
18:24– Dans tous les cas,
18:25ce genre de nomination
18:26accroît le fossé
18:27entre les Français
18:29et l'élite.
18:29C'est ce que montre
18:30d'ailleurs Nargis Hadji,
18:31vous allez nous le dévoiler,
18:32ce nouveau rapport
18:33du Cévi-Pof,
18:34le Centre d'enquête
18:35sur la vie politique française.
18:37On va regarder
18:37le détail des chiffres
18:38avec Nargis.
18:39– Oui,
18:39chaque année,
18:39le Cévi-Pof mesure
18:41le rapport des Français
18:42à la politique,
18:42aux institutions
18:43et aux élus.
18:44Et conclusion,
18:45cette année encore,
18:46la défiance progresse.
18:48D'abord,
18:48la politique en général.
18:4978% des Français
18:51disent ne pas avoir confiance,
18:54pas du tout
18:54ou plutôt pas,
18:55dans la politique
18:56de notre pays.
18:57C'est 4 points de moins
18:58qu'il y a un an.
18:59Et c'est bien plus
19:00que nos voisins européens.
19:02Vous allez le voir,
19:0360% des défiances
19:04en Italie,
19:05au Royaume-Uni,
19:0656%,
19:0755% en Allemagne
19:08et donc la France
19:10est première
19:10avec 78%.
19:11– Et si on regarde
19:12le système démocratique
19:13plus généralement,
19:14qu'en disent les Français ?
19:15– Eh bien là encore,
19:16vous allez le voir,
19:16le jugement est plutôt négatif.
19:1876% des Français
19:20estiment que la démocratie
19:21fonctionne mal,
19:23soit plus de 3 quarts
19:24des Français.
19:25Mais,
19:25et c'est la seule bonne nouvelle,
19:26ce chiffre recule
19:27de 8 points sur un an.
19:29Enfin,
19:30la confiance selon les élus.
19:31Eh bien plus l'élu
19:32est haut placé
19:33et moins il inspire confiance.
19:35Le maire reste
19:36la figure politique
19:37la plus appréciée.
19:3960% des Français
19:40disent être plutôt satisfaits
19:43de leur maire
19:43et de son action.
19:44La confiance,
19:45vous le voyez,
19:46chute en dessous.
19:4734% seulement
19:47pour les députés
19:48et enfin seulement
19:5018% pour le président
19:51de la République.
19:52Un niveau très bas
19:53encore en recul
19:54cette année.
19:54– Le maire reste
19:55la figure préférée
19:57des Français.
19:57Vous êtes candidat
19:58à la mairie de Nice
19:59face au maire sortant
20:00Christian Estrosi.
20:01Mais c'est une élection
20:02ou c'est une guerre ?
20:03C'est une guerre
20:04où tous les coups
20:05sont permis
20:05entre deux anciens amis ?
20:07– C'est une élection
20:08que j'aborde moi
20:09très positivement.
20:10Ce n'est pas du tout
20:10une guerre.
20:11On a un beau projet,
20:12une belle équipe.
20:14Vous êtes niçois
20:15donc vous regardez
20:16ce qui se passe à Nice.
20:17– Mais je précise
20:17que je vote à Paris.
20:18– Notre campagne,
20:19oui j'ai essayé
20:21de vous convaincre
20:21mais notre campagne
20:23elle est positive.
20:26Le maire c'est naturellement
20:28un élu
20:28qui recueille,
20:30qui doit recueillir
20:31la confiance,
20:32le soutien.
20:33Ce n'est plus le cas
20:33du maire de Nice.
20:34C'est pour ça
20:34que les niçois
20:35veulent changer.
20:35– Mais j'ai l'impression
20:36que cette guerre
20:37est sans merci.
20:39Tous les coups sont permis
20:40parce que finalement
20:41vous avez été
20:42très proche politiquement.
20:44Est-ce que vous êtes
20:45si éloigné aujourd'hui ?
20:46– Oui,
20:47M. Estrosi a été
20:49le chandre du macronisme
20:50même avant l'élection
20:52de M. Macron
20:53puisqu'il a rompu
20:55avec François Fillon
20:56qu'il a refusé
20:57de soutenir
20:58dès avant
20:59le premier coup
21:00de 2017.
21:00– D'accord,
21:00mais est-ce que c'est
21:01un mauvais maire ?
21:01Parce que là
21:02on parle des municipales.
21:03– Oui,
21:03c'est un mauvais maire.
21:04C'est un mauvais maire
21:04quand il augmente
21:05sur le mandat
21:07quand il double
21:08la taxe foncière
21:08c'est un mauvais maire.
21:09Quand il laisse
21:10prospérer la violence
21:11dans la rue à Nice
21:12comme c'est le cas
21:1398 agressions
21:15au couteau
21:15l'année dernière
21:168 homicides
21:17on a eu ces faits terribles
21:18qui sont intervenus
21:19il y a quelques semaines
21:21ce double assassinat
21:22au Moulin
21:23cet incendie
21:24– La voix publique
21:25c'est le ministère
21:26de l'intérieur
21:27c'est pas le maire
21:27– Cette vieille dame
21:28qui a été violée
21:29il y a beaucoup d'émotions
21:30mais on sait bien
21:31à Nice aujourd'hui
21:32que la rue
21:33qu'il n'y a plus d'ordre
21:34dans la rue à Nice
21:35on ne peut pas sortir
21:36sereinement
21:36– C'est la police nationale
21:37c'est pas la police municipale
21:38– Il y a aussi
21:39une police municipale
21:40qui doit être plus présente
21:42elle est au cœur
21:42de notre projet
21:43– Donc si vous devenez maire
21:44vous divisez la taxe foncière
21:45et vous augmentez
21:46la police municipale ?
21:47– Dès le 24 avril
21:48prenez cette date
21:49nous effacerons
21:50la dernière augmentation
21:51de 25%
21:52de la taxe foncière
21:53c'est un engagement
21:54sans doute le premier
21:55au cœur
21:56– C'est un quart de réduction
21:57donc
21:58– Oui
21:58Christian Estrosi
21:59a augmenté
21:59la dernière augmentation
22:00c'est en octobre 24
22:02il a augmenté
22:03d'environ 25%
22:04la taxe foncière
22:05c'est un coût
22:06extrêmement important
22:07un cœur de ville
22:08un appartement
22:08c'est 600 euros
22:10de taxe foncière en plus
22:11tout a augmenté
22:12donc nous stabiliserons
22:13tous les impôts
22:14nous baisserons
22:15la taxe foncière
22:16nous baisserons
22:17les tarifs
22:18des services publics
22:18notamment des parkings
22:20aujourd'hui il y a
22:20une crise budgétaire
22:21et un endettement colossal
22:23donc on parlait
22:24de sécurité
22:25deux objectifs clairs
22:27remettre de l'ordre
22:28dans la rue
22:28et remettre de l'ordre
22:29dans les comptes
22:30c'est ce dont me parle
22:31les niçois
22:31le pouvoir d'achat
22:32et la sécurité
22:33– Si vous êtes élu maire
22:35vous serez maire
22:36les 6 ans du mandat ?
22:37– Absolument
22:38– Vous ne bougerez pas de Nice ?
22:39– Absolument
22:39– Même si Jordan Bardello
22:41ou Marine Le Pen
22:42gagnent la présidentielle
22:42vous ne serez pas ministre ?
22:43– Je suis élu de Nice
22:45et naturellement
22:46je veux servir ma ville
22:47parce que c'est de là
22:48– Donc c'est un engagement
22:49que vous prenez ?
22:50– dont je détiens
22:50la légitimité
22:51– Pas question de devenir
22:53ministre à Paris
22:54si jamais il y a une alternance
22:55ou quoi que ce soit ?
22:56– En tout cas
22:56je resterai toujours à Nice
22:58– C'est un peu plus ambigu
23:01je resterai toujours à Nice
23:02puisque c'est à Nice
23:03– Ministre de Nice
23:04– C'est à Nice
23:05dont je détiens la légitimité
23:08– Bien sûr
23:08mais est-ce que vous dites non
23:10si on me propose d'être ministre ?
23:11– Je n'ai aucune autre ambition
23:11que de devenir maire de Nice
23:14pour donner et écrire
23:16une nouvelle espérance à Nice
23:17– Merci
23:18– Merci Eric Ciotti
23:19d'avoir été avec nous
23:20président de l'Union des Droites
23:21pour la République
23:22député candidat à la mairie de Nice
23:23– Merci
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