00:00C'est là la grande question aujourd'hui qui se pose pour l'essentiel des victimes gilets jaunes sur le mouvement en lui-même,
00:08c'est-à-dire l'ensemble de la trentaine de mutilés, des 25 000 blessés et autres soucis qu'on a pu rencontrer sur le mouvement,
00:14c'est de se poser la question aujourd'hui pourquoi on se doit d'attendre en moyenne pour l'ensemble, 8 ans,
00:18pour qu'on puisse obtenir justice ou du moins avoir un procès et espérer obtenir justice.
00:23Et ça c'est inhérent à l'ensemble des victimes de ce mouvement.
00:25Vous avez été borni, il faut le rappeler.
00:27Voilà, moi je ne pense pas à titre personnel avoir un procès avant encore une année,
00:31ce qui reportera pratiquement à 8 ans.
00:33Donc je me dis qu'avec des futurs appels, on en sera peut-être sur un 10-12 ans.
00:37Si on prend Manu de Valenciennes, qui a été bornier pendant le premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes,
00:41pareil, il va devoir attendre 8 ans.
00:43Eux, ça fait 7 ans, on est sur un tribunal correctionnel.
00:46Nous on parle d'une cour criminelle, donc on pourrait se dire que ça dure plus longtemps.
00:48Mais aujourd'hui, vous avez des affaires de violences policières,
00:51autres en dehors du mouvement des gilets jaunes,
00:53où les procédures et les enquêtes ont été beaucoup plus rapides,
00:55voire même il y a eu des jugements beaucoup plus rapides,
00:57ne serait-ce que par exemple, une dernière en date qui me vient en tête,
01:00le motard percuté sur le périphérique,
01:02où le jugement s'est passé en quelques semaines.
01:04Aujourd'hui, j'aurais aimé que peut-être certains journalistes,
01:07en tout cas enquêtent sur le pourquoi on se doit d'attendre aussi longtemps.
01:11– Ce qui peut produire à l'audience,
01:13ces policiers qui ont reconnu qu'ils étaient allés trop loin,
01:17qu'ils n'auraient jamais dû, qu'ils le regrettaient.
01:20– Ils ont parlé d'un manque de lucidité.
01:22– Ce sont des mots que vous entendez, ça ?
01:26Vous dites « enfin » ?
01:28– Je ne l'entends pas par le fait que ce sont des gens,
01:32normalement, qui sont formés pour ce genre de situation,
01:34qui sont là pour, entre guillemets, savoir quoi gérer,
01:38et comment gérer une situation de chaos,
01:42parce qu'on ne va pas se mentir, j'étais présent moi ce jour-là,
01:44et c'est vrai qu'il y avait des heures dans certaines rues.
01:46– Vous n'étiez pas dans le Burger King, vous étiez présent sur…
01:47– Non, non, mais j'étais mobilisé raison sur les champs,
01:51il y avait des rues où c'était beaucoup plus calme,
01:52des rues où c'était un chaos total, ça on ne va pas le nier,
01:55ce serait mentir que de vous dire le contraire,
01:57mais en soi, ce sont des gens qui sont formés pour ça.
01:59Maintenant, ce qui était très intéressant aujourd'hui,
02:02sur ce que moi j'ai pu entendre, j'ai entendu trois policiers s'exprimer,
02:05c'est de pouvoir mettre en cause aussi les donneurs d'ordre,
02:09parce qu'aujourd'hui vous n'avez que, je dirais,
02:11les petites mains du gouvernement,
02:14les petites mains de la DOPC, pour ne pas les nommer,
02:16c'est-à-dire de la préfecture de police de Paris,
02:18j'imagine le QG central qui était à même de donner des ordres,
02:21ne pas être impliqué sur l'ensemble des affaires.
02:23– Vous auriez aimé que le préfet de l'époque,
02:25le préfet d'El Puech, et même peut-être le ministre de l'Intérieur,
02:28qui soit Castaner, soit entendu ?
02:29– Aujourd'hui, vous n'en avez peut-être pas parlé,
02:31mais par exemple sur l'affaire de Manu de Valenciennes,
02:33Didier Lallement va être entendu par un juge d'instruction,
02:35parce que ça a été réclamé par une cour d'appel.
02:37C'est peut-être le seul donneur d'ordre, je dis juste entendu,
02:40impliqué, j'en sais rien, mais en tout cas il va être entendu.
02:42Mais même au-delà de ça, qu'en est-il des hommes politiques en place à cette époque ?
02:45Castaner, Édouard Philippe, voire même le président de la République,
02:49parce que pour pouvoir avoir été maltraités comme nous l'avons été,
02:52d'avoir été mutilés pour la plupart d'entre nous,
02:54et quand je vois par exemple un président Macron
02:56qui est à même de donner des leçons de démocratie à certains pays
02:58qui crèvent des yeux aussi quand il y a un certain mécontentement dans le pays,
03:01alors vous me direz, je le sais très bien,
03:03comparaison ne donne pas raison,
03:05mais aujourd'hui, pour une démocratie qui est capable de crever des yeux
03:08comme dans certains pays aujourd'hui,
03:10il faut peut-être aussi se poser des questions,
03:11parce qu'on n'a pas perdu nos yeux, on nous les a crevés.
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