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  • il y a 10 heures
Ce mardi 10 février, Emmanuel Macron qui prône pour une capacité d'endettement commune de l'Union européenne pour un investissement d'avenir, a été abordé par Hervé Goulletquer, conseiller économique chez Accuracy, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avant de parler de valeur, commençons donc par cette interview donnée ce matin par Emmanuel Macron au Monde.
00:06Emmanuel Macron qui prône pour une capacité d'endettement commune de l'Union Européenne pour un investissement dit d'avenir.
00:13Pour parler de tout cela, nous sommes avec Hervé Gouletker qui est en direct avec nous, conseiller économique chez Accuracy.
00:18Bonjour Hervé Gouletker, merci de nous accompagner ce matin. Dans un instant, nous allons revenir sur les taux longs qui continuent de grimper un petit peu partout dans le monde.
00:26Mais c'est vrai que là, on est en plein dans le sujet puisque ce matin, Emmanuel Macron dans le Monde estime que l'Europe doit désormais émettre des obligations communes.
00:35Oui, en fait, le constat que fait le président français dans le sillage du rapport Draghi, c'est qu'il faudrait mettre 1200 milliards d'euros d'investissement chaque année sur la table en Europe.
00:51800 pour la partie civile et 400 pour la défense. Alors 1200 milliards, c'est quand même beaucoup, beaucoup d'argent.
01:01Et on voit bien qu'à la fois, il y a des contraintes au niveau des finances publiques de certains pays.
01:08Et puis, ce sont des projets communs. D'où l'idée, alors qui n'est pas nouvelle, c'est un renouvellement d'idées chez Emmanuel Macron,
01:16de faire ça au niveau de l'Union européenne. Alors si on voit ça du côté des investisseurs, évidemment, créer un marché large de la dette souveraine européenne,
01:32ça serait très bien parce qu'on est à un moment où il y a plutôt une certaine réserve en matière de qualité de la dette souveraine américaine.
01:41Et donc avoir un produit de substitution, ça serait très bien. Donc économiquement, financièrement, ça fait sens.
01:49La question, alors qu'il ne traite pas vraiment, c'est est-ce que politiquement c'est faisable ?
01:54Alors on voit bien qu'il faudrait aller vers plus d'intégration, plus de fédéralisme en Europe, mais c'est très compliqué.
02:03Est-ce que vraiment il y a cette volonté de transférer une partie des pouvoirs, des attributs des États-nations, des pays membres de l'Union vers Bruxelles ?
02:14C'est quand même une sacrée question et on voit bien qu'il n'y a pas un très bon alignement sur la réponse à apporter.
02:23Est-ce que vous pensez que le marché obligataire, aujourd'hui, est prêt à répondre à cet appel et prêt à aujourd'hui,
02:30eh bien, traiter de l'argent à un bloc commun, à cette zone euro ?
02:33En fait, oui, je pense qu'en termes de diversification des portefeuilles obligataires, il y a une attente de ce côté-là.
02:46Alors après, à un niveau technique, il faut qu'on ait un marché suffisamment large, suffisamment liquide,
02:55et donc il faudrait qu'on ait une visibilité sur les besoins de l'Europe, sur les programmes d'emprunt de l'Europe.
03:02On n'en est pas là.
03:04Et puis, la contrepartie, c'est que si l'Europe doit dépenser plus,
03:12on voit bien que tout ça ne pourra pas être uniquement financé par de la dette
03:17et même pas financé aussi par des transferts des États membres vers Bruxelles.
03:23Il faudrait aussi augmenter les ressources propres et ceci de façon pérenne de Bruxelles.
03:29Et là encore, on passe de la finance à la politique.
03:34Est-ce qu'aujourd'hui, les États membres sont prêts à cela ?
03:39Là encore, ce n'est pas simple du tout.
03:42Emmanuel Macron, bien sûr, qui plante le décor avant les 27 qui vont se réunir en milieu de deux semaines,
03:48en plaidant donc pour une capacité d'endettement commune.
03:52En tout cas, le contexte n'est pas anodin dans le sens où, Hervé Gouletker,
03:55l'ensemble des taux longs sont aujourd'hui sur des plus hauts.
03:58On l'a vu notamment hier au Japon avec Sanae Takachi qui désormais va pouvoir dérouler son plan de relance.
04:05Donc forcément, ça a un impact sur le marché obligataire.
04:07Des taux longs également qui poussent du côté de l'Allemagne avec un plan de relance important,
04:11du côté des États-Unis également pour d'autres raisons.
04:14Ce n'est quand même pas neutre tout cela.
04:16Aujourd'hui, il va falloir financer tout cela.
04:19Oui, alors sur les taux longs et pour comprendre leur trajectoire, il y a deux regards possibles.
04:26Il y a un regard classique de marché, offre-demande.
04:29On voit bien et on en a parlé dans le cas européen.
04:33En termes d'offres, il y a pléthore parce qu'il y a beaucoup d'investissements à financer.
04:40Il y a des dépenses publiques nouvelles qu'il faudra financer aussi.
04:45Est-ce que la demande sera là ?
04:48On en a aussi un peu parlé avec l'intérêt qu'il y aurait pour une dette publique européenne.
04:54Mais ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que sur la référence en matière de titres souverains,
04:59c'est-à-dire les titres d'État des États-Unis, il y a une réserve.
05:04Donc il y a un déséquilibre mondial, je dirais, offre-demande.
05:08Et ça, évidemment, ça crée plutôt un potentiel de pression haussière.
05:14Et puis il y a une façon plus économique de voir le niveau des taux longs.
05:19C'est finalement une histoire de croissance.
05:21C'est ce qui va nous donner le taux réel.
05:23C'est une histoire de vue sur les prix.
05:26C'est ce qui va nous donner les anticipations de prix.
05:29Et puis c'est aussi une histoire, ce qu'on appelle de prime de terme,
05:33c'est-à-dire de préférence entre un placement court et un placement long.
05:37Qu'est-ce qu'on peut dire en la matière ?
05:39Si, finalement, il y a plus d'investissements, il y aura plus de croissance,
05:43et ça, ça pousse plutôt à la hausse le taux réel.
05:46Sur l'inflation, on voit bien qu'il y a un débat.
05:49Est-ce qu'on va revenir partout sur la cible des 2% ?
05:53Ou est-ce qu'on sera plus élevé ?
05:54Si on est plus élevé, ça fait des anticipations d'inflation un peu plus fortes.
05:59Et puis toutes les histoires sur l'indépendance des banques centrales,
06:03ça fait plutôt des primes de terme un peu plus élevées.
06:06On demande une prime pour se positionner sur la partie longue de la courbe
06:10par rapport à la partie courte.
06:12Et donc, le regard économique pousse aussi un peu à se faire à l'idée
06:16que les taux longs pourraient être plus élevés.
06:19Et on sait bien qu'une montée des taux longs,
06:21c'est une perte de la valeur de ses obligations.
06:25Et donc ça, c'est un sujet qui est quand même un petit peu sensible.
06:28À suivre aux États-Unis, demain, l'emploi américain,
06:31bien sûr qui est décalé en raison du shutdown.
06:33Ça devait être vendredi, mais finalement, ça sera demain.
06:36Chiffre d'inflation à suivre également aux États-Unis.
06:38Là, par contre, ça sera vendredi.
06:40Bon, du côté de la BCE, hier, Joachim Nagel, le patron de la Bundesbank,
06:44était avec Christine Lagarde.
06:45Ils se sont estimés bien positionnés.
06:47Il ne faut pas attendre de baisse de taux à court,
06:49voire même à moyen terme, Merveille Gouletker.
06:51Non, en fait, on est plutôt dans une situation d'attente
06:56que l'on semble considérer comme confortable du côté de la BCE,
07:01avec une inflation qui, elle, est revenue sur la cible des 2%.
07:06Donc, vu de très haut, on a un peu le sentiment
07:10qu'on a un bon équilibre de la politique monétaire en Europe.
07:13Non, ce qui pose peut-être plus de problèmes,
07:15c'est qu'en fait, ce réglage monétaire n'est pas ressenti pareil partout.
07:21Dans les pays qui ont une inflation significativement en dessous du niveau de 2%,
07:27on pourrait trouver que, finalement, le réglage de la BCE est encore un peu serré.
07:34Donc, en fait, cette divergence des performances de prix
07:37fait que, eh bien, cette politique monétaire
07:42qui est faite pour la moyenne de la zone euro,
07:44elle peut, finalement, ne pas convenir à certains.
07:48Et donc, faisons attention au maintien, je dirais,
07:51d'une harmonie à l'intérieur de la Banque Centrale Européenne.
07:55Joachim Négeuil qui a estimé hier que si l'inflation venait à se situer
07:58légèrement en dessous de l'objectif de la BCE au cours des prochains trimestres,
08:02il n'y avait pas besoin d'agir immédiatement,
08:04ce qui a notamment renforcé l'euro hier face au dollar.
08:08Nous sommes ce matin au-delà des 1,19.
08:10Merci beaucoup Hervé Gouletker, conseiller économique chez Accuracy,
08:13pour faire un point, donc, sur ces enjeux monétaires,
08:16mais également budgétaires, avec donc le président
08:18qui appelle à faire désormais des endettements communs.
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