- il y a 8 heures
Ce samedi 7 février, Gilles Lipovetsky, essayiste et philosophe, Robin rivaton, président de Stonal, Jean-Marc Daniel, professeur émerite à l'ESCP, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, et Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre.. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
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00:00BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de la littérature économique.
00:15Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l'émission.
00:22Vous retrouverez ensuite nos critiques attitrées, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux, pour leurs coups de cœur et leurs coups de gueule.
00:28Et puis, toutes nos nouvelles études, le coup de cœur de la rédaction.
00:33N'oubliez pas tous nos comptes sur les réseaux sociaux, librairie de l'écho, sur X, Facebook, LinkedIn,
00:39où vous trouverez les références précises de tous les livres dont on parle dans l'émission.
00:43On démarre tout de suite avec nos auteurs.
00:50Nous vivons rien moins qu'une époque de bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité,
00:55à tous les niveaux, technologiques, écologiques, démographiques, économiques, politiques.
01:00Où nous conduisent ces bouleversements ?
01:02Quelles vont être les nouvelles règles du jeu de l'économie mondiale ?
01:06Qui seront les grands gagnants ?
01:08Réponse avec nos deux invités.
01:10Gilles Lipovetsky, bonjour.
01:11Bonjour.
01:12Gilles, vous êtes philosophe et essayiste.
01:15On vous présente souvent comme le penseur de l'hyper-modernité et de l'individualisme.
01:19Et vous publiez l'Odyssée de la surpuissance chez Odile Jacob.
01:24Romain Rivaton, bonjour.
01:25Bonjour.
01:26Vous êtes essayiste, président de Stonal et vous publiez
01:30Pourquoi la Chine dominera le XXIe siècle.
01:33Vous en êtes l'éditeur et votre livre est gratuit en ligne.
01:37Exactement.
01:37D'ailleurs, excellente initiative.
01:40Gilles Lipovetsky, l'époque que nous vivons est exceptionnelle.
01:44Vous dites que ça n'est pas une évolution historique, c'est une reconfiguration complète du monde tel que nous le connaissons.
01:52Oui, je pense que nous vivons une époque sans précédent que je propose d'appeler la civilisation de surpuissance
02:00et qui vient radicaliser, hypertrophier quelque chose qui est millénaire.
02:07L'idée de surpuissance remonte à 5000 ans.
02:10C'est les dieux dotés de puissances extraordinaires, colossales.
02:16Et puis ensuite, c'est les grands empires, c'est les conquérants.
02:23Et puis encore, dans l'époque moderne, c'est le totalitarisme qui sont des formes de surpuissance.
02:30Et nous sommes passés maintenant dans une étape supplémentaire
02:36parce que jusqu'à présent, les figures de la surpuissance avaient un certain nombre de limites.
02:43Le sacré, l'espace-temps, le corps, la biologie, tout un ensemble de...
02:49Les frontières.
02:49Les frontières, etc.
02:51Et aujourd'hui, il y a toujours des limites, naturellement, mais aucune n'est fondée dans l'absolu.
02:57Et toute limite, toute règle apparaît comme quelque chose à dépasser, à surmonter.
03:05Toutes les règles ne sont plus à respecter et on ne joue plus à l'intérieur d'un terrain de jeu qu'on nous a défini.
03:12Non, au contraire, le but du jeu, c'est d'aller au-delà de toutes les règles.
03:15Oui, au-delà de toutes les règles, jusqu'à l'infini, c'est la conquête de l'illimité, d'une certaine manière, qui marque la surpuissance.
03:22Et au-delà.
03:23Et au-delà.
03:24Avec les transhumanistes, etc.
03:28Qui prônent la vie éternelle.
03:31Voilà, vous êtes un peu le bas de l'éclair du monde moderne.
03:33Là, on est dans la pointe ultime, si vous voulez, de cette surpuissance.
03:37Alors, ce monde nouveau, vous le caractérisez comment ?
03:41Vous dites qu'il a trois piliers.
03:43C'est les avancées technologiques, c'est l'ultra-capitalisme, et c'est l'individualisation forcenée.
03:53Oui, ajoutons les métamorphoses de la géopolitique, de la géostratégie, dont notre ami va vous parler tout à l'heure.
04:00Là aussi, ça porte également le même mouvement.
04:06Tous ces phénomènes sont disparates, mais la théorie qui sous-tend le livre, c'est qu'il partage cette même dynamique
04:17de rendre possible l'impossible, de concevoir un univers, évidemment non souhaitable, de hors-limites.
04:29Alors, ça va avec la conquête de l'illimité, de Mars, etc.
04:34Ça va avec un capitalisme qui ne cesse d'économiser, d'économiser plutôt, tous les segments de la vie.
04:44Et ça va aussi dans la logique de l'individu, avec, je ne sais pas, les phénomènes LGBTQI+, comme on dit,
04:53la chirurgie esthétique, le bodybuilding.
04:58Toutes ces formes qui montrent que nous sommes dans une époque où plus rien n'est installé de manière définitive
05:09selon des traditions ou selon les dieux.
05:12Oui, c'est ça. On repousse les limites des traditions.
05:14Exactement.
05:15On repousse les limites de la vie biologique, on repousse les limites de la binarité sexuelle,
05:22on repousse les limites de la science, et on a quoi comme repère dans ce monde-là ?
05:29Les repères, en Occident, c'est notre humanisme, qui sont, malgré tout, qui continuent à faire leur œuvre,
05:40comme on le voit dans tous les mouvements, les associations, les bénévoles.
05:45Il ne faut pas prendre une théorie comme quelque chose qui explique la totalité de ce que nous vivons.
05:53Heureusement, il y a face à cette dynamique hypertrophique de la surpuissance,
06:01des principes qui continuent à nous...
06:05Alors, la solidarité, la liberté, le droit des personnes...
06:11Mais justement, ce monde de la surpuissance, finalement, qu'est-ce que ça signifie sur le plan politique ?
06:19C'est-à-dire, est-ce que c'est un monde de pouvoir démocratique, ou est-ce que c'est un monde de pouvoir autoritaire ?
06:26Bon, vous l'avez dit, c'est plutôt un monde très capitaliste.
06:29Sur le plan géopolitique, ça veut dire quoi ?
06:31Est-ce que l'État est le grand triomphateur de ce modèle, ou est-ce que c'est l'ancien triomphateur ?
06:36Exactement.
06:37Mais qui sont donc les nouveaux maîtres de ce monde ?
06:41Il faut bien comprendre, la bascule, c'est que pendant 5000 ans, la figure par excellence de la surpuissance, c'était l'État.
06:50Oui.
06:50L'État.
06:51Et aujourd'hui, l'État porte la marque de la surpuissance.
06:55Des figures comme Xi Jinping, comme Poutine, ou comme Donald Trump, en sont des figures.
07:01Mais ils ne sont plus emblématiques, au point ultime en tout cas, de ce qu'est la surpuissance.
07:08À côté de ce que font les super-ordinateurs, de ce que font les nanotechnologies,
07:17la surpuissance des grands leaders, de ce qu'on appelle maintenant les prédateurs, elle est réelle,
07:23mais elle n'est pas de la même échelle, à la même échelle.
07:26Alors, ça ne se situe pas dans un camp.
07:30Cette logique-là, Donald Trump, c'est dans un monde démocratique.
07:35En Chine, ce n'est pas dans un monde démocratique.
07:38Donc, on peut trouver ces figures de la surpuissance politique,
07:42ceux qui veulent s'émanciper ou qui dénient le primat des règles,
07:49au bénéfice de la force, on le trouve dans tous les camps.
07:52On le trouve à l'Est, on le trouve à l'Ouest.
07:57Et c'est probablement l'enjeu de l'avenir.
08:02C'est qui les figures au-delà de l'État, donc de la surpuissance aujourd'hui ?
08:08Les nouveaux maîtres, c'est quoi ?
08:10Est-ce que c'est les géants de la Silicon Valley ?
08:13Est-ce que c'est une technologie comme l'intelligence artificielle ?
08:17Oui, je pense que les géants de la biotech sont des figures de cette surpuissance.
08:25Parce que, non seulement par leur puissance financière, évidemment,
08:31mais parce qu'ils ont révolutionné les modes de vie.
08:36Il faut bien voir que la révolution du numérique
08:40et aujourd'hui de l'intelligence artificielle,
08:43ce n'est pas simplement une révolution technologique, tout le monde le sait.
08:45Parce que c'est une révolution anthropologique, on peut le dire.
08:48Exactement.
08:49Mais est-ce que, la dernière qu'on avait connue,
08:52c'était il y a à peu près 7000 ans,
08:53quand l'homme était devenu sédentaire,
08:55qu'il s'était mis à bâtir les villes, etc.
08:57Est-ce que c'est de la même ampleur ou est-ce que c'est encore ?
08:59Ce qui se passe aujourd'hui est encore plus important
09:04en termes de bouleversements.
09:06Il faut toujours être prudent,
09:08parce que l'histoire parfois réserve des surprises.
09:11Mais apparemment, on touche là quelque chose d'absolument inédit,
09:16c'est que des machines sont capables de se substituer
09:20à ce que l'on tenait pour le propre de l'homme.
09:24Alors là, on entre dans un domaine
09:27où il devient très difficile de ne pas retenir la radicalité,
09:34le Big Bang que représente cette révolution.
09:37Donc, si vous voulez, les personnages comptent,
09:41ils sont eux-mêmes emblématiques de cette surpuissance.
09:45Elon Musk touche 1000 milliards de revenus l'année dernière.
09:50C'est hors limite, si vous voulez, ça dépasse tout ce que...
09:53Mais ce n'est pas ça le plus profond.
09:55Le plus profond, c'est que c'est les manières d'acheter,
09:58de se déplacer, de travailler.
10:01Et les gestes les plus élémentaires d'Homo sapiens
10:06vont être transformés par la surpuissance technoscientifique.
10:10Est-ce que c'est un monde qui sera plus conflictuel ?
10:13Parce que vous dites quelque part,
10:15jusqu'au niveau des individus,
10:18ce sera un monde plus conflictuel
10:19parce que c'est un monde dans lequel
10:21les antagonismes idéologico-politiques vont s'intensifier.
10:25Donc, on va avoir d'un côté une individualisation extrême
10:29et une...
10:29On l'a déjà, on l'a déjà,
10:31cette individualisation extrême.
10:34Mais ce qui se prépare,
10:37le conflit, oui,
10:39mais plus certainement, c'est l'insécurité.
10:44Le grand paradoxe de cette civilisation,
10:46c'est qu'elle devait apporter plus de maîtrise,
10:49donc plus de bonheur, pour parler des grands mots,
10:52plus de tranquillité,
10:54parce que plus d'emplois, plus de bien-être.
10:57Or, ce que nous observons,
11:00c'est que cette civilisation,
11:02elle est foncièrement anxiogène.
11:06On le voit avec les courbes de burn-out,
11:11les cris d'anxiété, de dépression,
11:14les tentatives de suicide,
11:16les idées de suicide,
11:17y compris maintenant chez les jeunes.
11:18Mais l'insécurité, elle est en toute chose.
11:21Encore dans les années 60, 70,
11:23on ne se souciait pas de manger du pain.
11:25Maintenant, on se dit, mais parce qu'il y a du gluten,
11:27alors c'est très mauvais,
11:29c'est dangereux,
11:30c'est cancérigène.
11:32Tous les gestes les plus élémentaires de la vie
11:34sont devenus problématiques.
11:36Pourquoi ?
11:37Mais parce qu'il n'y a plus d'univers de la tradition
11:39qui contrôle,
11:41qui organise la vie en commun.
11:43Par conséquent,
11:45le monde dans lequel nous allons,
11:47c'est un monde du souci,
11:49comme aurait dit Heidegger d'autrefois.
11:51Le souci est devenu la chose du monde
11:54la mieux partagée.
11:56Regardez les parents.
11:57Moi, j'ai encore été dans une époque
11:59où ma mère me laissait jouer dans la rue.
12:00Il n'y a plus un parent
12:01qui laisse jouer ses enfants dans la rue.
12:03Etc.
12:04Partout, on va leur mettre des téléphones portables
12:06pour pouvoir les pister, etc.
12:09Donc, si vous voulez,
12:10l'insécurité est devenue totale.
12:14Le numérique génère à haute dose de l'insécurité.
12:18– C'est quoi les aspirations politiques
12:20qu'il faudra satisfaire dans ce monde de la surpuissance ?
12:24– Moi, je pense que c'est le besoin de règles.
12:26C'est tout le problème de l'Europe contre l'Amérique
12:30parce que les Digivans et autres
12:33nous accusent d'être des liberticides
12:36alors que ce qu'ils veulent,
12:38c'est simplement la liberté de commerce.
12:41Et nous, nous pensons qu'un monde sans règles,
12:45sans modération, comme on dit aussi,
12:47est un monde sauvage.
12:48– C'est un monde moins démocratique ?
12:51– Ça dépend de ce qu'on entend par démocratie.
12:54Il peut y avoir une démocratie fictive.
12:56Poutine a été élu, si vous voulez.
12:58Mais après, il faut voir.
13:00Monde démocratique.
13:02La démocratie, de toute manière,
13:03c'est une invention sociale historique.
13:05Elle remonte aux Grecs.
13:06Elle n'a pas toujours existé.
13:09Rien ne dit qu'elle est installée pour toujours.
13:12– Robin Rivaton,
13:13est-ce que le monde de la surpuissance
13:15que nous décrit Gilles Lipovetsky,
13:17c'est un monde qui est fait pour la Chine ?
13:22– C'est difficile à dire.
13:25La seule chose qui est certaine,
13:26c'est que la Chine domine aujourd'hui le monde matériel.
13:30Et les Chinois sont très inspirés.
13:33C'est pour ça que le sous-titre du livre s'appelle
13:36« La civilisation matérielle et le primat des forces productives ».
13:40C'est que les Chinois ont lu Marx très profondément,
13:43n'ont pas retenu Marx le jeune, le sociologue,
13:45et ont retenu Marx le vieux, l'économiste.
13:48Et ce qu'ils en ont appris,
13:49c'est que l'un des atouts ou des habits essentiels
13:52ou premiers de la puissance et donc de la surpuissance,
13:55c'est la production matérielle.
13:56Beaucoup plus que l'immatérielle.
13:58Et donc, ils sont un vrai primat là-dessus
14:00sur la notion de force productive.
14:02– Alors, moi déjà, vous dites
14:03« La Chine sera la puissance dominante du XXIe siècle ».
14:07Moi, j'étais resté, Robin, sur toutes les études.
14:10Il y a eu notamment des think tanks japonais, etc.,
14:12qui nous disaient « Mais non, finalement,
14:14jamais la Chine ne rattrapera les États-Unis,
14:16parce que, pour faire simple,
14:17la Chine sera vieille avant d'être riche ».
14:19Vous vous inscrivez en faux par rapport à ce pronostic ?
14:23– Oui, alors après, le titre du livre
14:25est aussi un clin d'œil à un livre sorti en 2005
14:27qui disait « Pourquoi l'Europe dominera le XXIe siècle ? »
14:29– Voilà un livre visionnaire !
14:31– Exactement, écrit par un Anglais à l'époque,
14:34Marc Léonard, et un Anglais assez connu.
14:36– Franchement, ces Anglais, ils ont un humour.
14:39– C'était un clin d'œil pour dire
14:40que les prophéties de la suprématie
14:41sont un exercice bien délicat
14:43dans lequel je ne m'aventurerais pas.
14:44Et donc, la question, c'est de dire
14:46est-ce que la crise démographique,
14:47puisque c'est souvent ça,
14:48pendant longtemps, la Chine en a dit
14:50« C'est des copieurs ».
14:51Après, on a dit
14:52« Ils ont la bulle de l'immobilier ».
14:55Ils corrigent un peu ces sujets-là,
14:57et maintenant, on dit
14:57le défaut principal, c'est la démographie.
15:00La démographie est un vrai problème,
15:02mais ils se contrebalancent.
15:03Juste pour donner un chiffre sur la démographie,
15:05vous avez 120 millions de personnes
15:06qui travaillent dans l'industrie manufacturière en Chine,
15:08sur les 750 qui travaillent en Chine.
15:10Il en reste encore 170 dans l'agriculture,
15:13les 70 qui font du commerce informel
15:15et de la livraison à domicile.
15:16Quand vous parlez aux décideurs chinois,
15:18ils vous disent
15:18« Nous, déplacer les masses
15:20pour garder 120 millions de personnes
15:21qui travaillent dans l'industrie,
15:22ce n'est pas quelque chose
15:23qu'on ne saura pas faire. »
15:24Alors, à bien des égards,
15:25ce modèle chinois, il est unique.
15:27Et on va revenir
15:28sur les aspects uniques de ce modèle
15:30que vous avez décortiqué.
15:31Mais vous dites quand même
15:33dans ce modèle chinois,
15:35il y a des relents de modèles étatisés français
15:39des années 50-70.
15:42Oui, oui, c'est des modèles classiques de rattrapage.
15:45Les modèles de rattrapage français,
15:46c'est que vous avez un État puissant
15:48qui attire des jeunes ingénieurs,
15:51qui finance ces ingénieurs
15:52et qui permet que leurs innovations
15:54soient déployées sur un marché fermé.
15:56C'est quoi ?
15:57C'est le spatial,
15:59les centrales nucléaires,
16:00le TGV,
16:01avec un opérateur unifié.
16:03Et le marché français de l'époque,
16:0540 millions d'habitants,
16:06avec un pouvoir d'achat non négligeable,
16:08était un gros marché.
16:09Aujourd'hui,
16:10la Chine fait un peu la même chose
16:11sur son marché.
16:12Ils ont un marché unifié.
16:13C'est un point très important
16:14que Xi Jinping répète à l'envie
16:16l'un des plus grands réussites
16:18du Parti communiste
16:19et l'unification du marché intérieur.
16:21C'est quelque chose de très important.
16:22Quand vous produisez un bien en Chine,
16:24vous ne le produisez pas
16:24pour 10 millions de personnes.
16:26Vous le produisez pour 1,4 milliard de personnes,
16:29dont 400 millions
16:30ont le niveau de vie de l'Europe.
16:31400 millions,
16:32le niveau de vie de l'Europe.
16:33Et donc,
16:34quand vous êtes un producteur,
16:35vous avez un effet de masse,
16:36un effet d'échelle
16:37qui est incommensurable,
16:38qui n'existe pas en Europe.
16:39Alors,
16:40vous dites,
16:41on parle souvent de la Chine
16:42comme une technocratie
16:43dirigée par des experts.
16:45Or,
16:45la Chine,
16:46c'est avant tout
16:46une économie productiviste.
16:49Qu'est-ce que vous entendez par là ?
16:50La Chine,
16:52c'est une bureaucratie.
16:52Tout est écrit.
16:53La Chine,
16:54c'est un pays extrêmement transparent.
16:55Contrairement à ce qu'on dit
16:55ou à ce qu'on lit,
16:56les gens qui disent
16:57que ce n'est pas un pays transparent
16:58ne sont jamais allés voir
16:59l'appareil statistique.
17:00On peut douter de la fiabilité
17:01de l'appareil statistique,
17:02ça c'est autre chose,
17:03mais les règles sont écrites.
17:04C'est une bureaucratie
17:04pour la simple et bonne raison
17:05que là aussi,
17:06on a ce biais-là.
17:08Pékin ne décide pas tout
17:09dans ce pays.
17:10C'est un pays qui est bien trop vaste
17:11pour imaginer que depuis Pékin,
17:13en appuyant sur un bouton
17:14au fin fond de n'importe quelle province,
17:16qu'elle soit littorale
17:17ou à l'intérieur des terres,
17:18on puisse appliquer ça.
17:20Et donc,
17:20c'est une économie
17:20qui est productiviste,
17:21comme je l'ai dit,
17:22qui est marquée par le saut de Marx
17:23et qui pense que la puissance
17:25est une puissance matérielle.
17:27Elle se compte en bateau,
17:28en train,
17:29en tonnes de béton,
17:30en tonnes de bétail,
17:31en tête de...
17:32Et pourquoi ils sont marqués par ça ?
17:33Et c'est très important.
17:35Jusqu'en 1990,
17:36même en 1990,
17:37le PIB par habitant de la Chine,
17:39c'est la moitié
17:40de l'Afrique subsaharienne.
17:41La moitié de l'Afrique subsaharienne.
17:43300 dollars
17:44contre 720 dollars
17:45en Afrique subsaharienne.
17:47Et donc,
17:47c'est des gens qui ont vécu
17:48dans une pauvreté
17:49immense, abyssale,
17:52millénaire jusqu'à
17:54début des années 2000.
17:56En 1993,
17:58c'est la fin des tickets
17:58de rationnement en Chine.
18:00Donc,
18:01leur appétit...
18:02Aucun pays n'a connu
18:03un développement aussi rapide.
18:04Il y a quelques exemples,
18:06Corée du Sud,
18:06Japon,
18:07mais avec des échelles
18:08de population
18:09qui sont la taille
18:09d'une demi-province chinoise.
18:11Vous racontez par le menu
18:12dans votre livre,
18:13et vraiment,
18:13je vous encourage
18:14à aller voir ce livre
18:14incroyablement complet.
18:17C'est absolument impressionnant.
18:19Sur les secrets
18:21de la montée en puissance
18:22de l'industrie,
18:24de l'agriculture,
18:25moi,
18:26la question
18:26qui m'a quand même
18:28stupéfié,
18:31la Chine,
18:32vous dites,
18:32c'est le premier pays
18:34qui défie les lois
18:36de la spécialisation
18:37et de la montée en gamme.
18:38C'est-à-dire qu'on a l'impression
18:39que la Chine
18:41est montée en gamme
18:42au fil du temps,
18:43mais n'a pas abandonné
18:44les productions élémentaires.
18:45Moi,
18:45j'avais cru comprendre,
18:46on m'avait toujours dit
18:47dans mes leçons d'économie,
18:48aucun pays
18:49ne peut réussir
18:50à tout produire.
18:51La Chine a tué Ricardo.
18:53Et voilà.
18:53Et on a l'impression
18:54que la Chine
18:55est le premier pays
18:56qui réussit finalement
18:58à tout produire.
18:59C'est-à-dire qu'ils produisent encore,
19:00ils sont au top
19:00de la technologie mondiale,
19:01mais vous dites,
19:02ils produisent encore
19:0365%
19:04de la production mondiale
19:06de boulons.
19:06Et oui,
19:07exactement.
19:08C'est un pays
19:08qui produit des drones
19:10et des voitures électriques,
19:11aurait dû arrêter
19:11de produire des clous
19:12et continuer d'être
19:13le producteur mondial,
19:14numéro un mondial
19:15de clous.
19:15Et ils ont fait ça
19:16dans toutes les filières
19:17avec une remontée de filières
19:18ou une descente de filières
19:19en fonction de là
19:20où ils se situaient.
19:21C'est une vision
19:22qui peut paraître
19:23assez impressionnante
19:24ou stupéfiante de l'extérieur,
19:26mais ils ont cette volonté
19:27d'être quasiment autarciques
19:28sur un très grand nombre
19:29de filières.
19:30Et donc,
19:30ils maîtrisent,
19:31je donne un moment
19:31l'exemple du textile.
19:32Donc,
19:33ils font du textile.
19:34Pour faire du textile,
19:34il vous faut du nylon.
19:35Donc,
19:35ils se mettent à faire du nylon.
19:36Quand il vous faut du nylon,
19:37un des précurseurs du nylon,
19:38c'est le PET.
19:39Ils se mettent à faire du PET.
19:40Après,
19:40ils se disent
19:41le précurseur du PET,
19:42c'est le PTA.
19:42Donc,
19:42ils se mettent à devenir
19:43leader mondial du PTA.
19:44La seule limite,
19:44c'est le pétrole.
19:45Mais même le pétrole,
19:46ils sont le septième plus gros.
19:47Ils ont très peu de réserve,
19:48mais ils sont le septième plus gros
19:49producteur mondial de pétrole
19:50et le quatrième plus gros
19:51producteur mondial de gaz.
19:52Alors qu'ils n'ont pas de réserve,
19:53mais ils les exploitent au maximum.
19:55C'est ça qui est très impressionnant
19:56dans ce pays.
19:57Alors,
19:57on trouve aussi dans votre livre
19:58beaucoup de détails
19:59sur le rôle des achats publics,
20:02etc.
20:02Je passe vite,
20:03parce qu'il y a
20:03deux,
20:04trois questions majeures
20:05sur lesquelles je voudrais
20:06vous interroger
20:07sur les innovations technologiques.
20:11Vous dites,
20:11plus que des intuitions géniales
20:14dans les grandes ruptures technologiques,
20:16les succès chinois
20:17se sont initialement appuyés
20:19sur des stratégies
20:20de très long terme
20:21qui s'étendent
20:22sur plusieurs décennies
20:23et avec l'acceptation
20:25d'externalités négatives
20:27comme la pollution,
20:29par exemple.
20:29Ça a été redit
20:30dans le 15e plan
20:30qui est en train de sortir bientôt.
20:32Ils ne croient pas
20:33à l'innovation fondamentale,
20:35à l'innovation de rupture.
20:35C'est quelque chose
20:36qui ne rentre pas
20:37dans leur cadre mental.
20:38Ils travaillent
20:38sur l'innovation incrémentale.
20:40Et donc,
20:40le principe,
20:41c'est de dire
20:41en faisant,
20:42nous découvrons
20:43comment améliorer un processus.
20:45Et donc,
20:45c'est très, très important
20:46parce qu'il y a
20:48cette philosophie de faire.
20:49Et quand aujourd'hui,
20:50ils maîtrisent des filières
20:50comme le nucléaire
20:52de 4e génération,
20:53de 5e génération,
20:54il n'y a aucune
20:55de ces technologies
20:55qui a été inventée en Chine.
20:57Aucune de ces technologies.
20:58Par contre,
20:58ils les ont toutes prises
20:59en Russie,
21:01en Etats-Unis,
21:02en Europe.
21:03Et ils les ont perfectionnées
21:04par des petites
21:05améliorations incrémentales.
21:06Et ça,
21:07c'est une différence
21:07vraiment majeure.
21:08Alors,
21:08vous dites surtout
21:09que ce sont les maîtres
21:10de l'exécution.
21:12Je vous cite encore,
21:13Robin.
21:14Vous dites,
21:14en Chine,
21:15ce n'est pas l'amont
21:16qui est radicalement
21:17plus court qu'en Occident.
21:18C'est-à-dire qu'en gros,
21:19les paperasseries,
21:20les études d'impact,
21:22l'obtention des licences,
21:23et tout,
21:23c'est pareil que chez nous.
21:24Par contre,
21:25c'est la phase chantier
21:26qui est optimisée
21:27par la standardisation,
21:29la construction en série,
21:30la parallélisation
21:31des travaux
21:32qui permettent
21:33de limiter
21:34les coûts de financement.
21:34Totalement.
21:35C'est vraiment
21:35quand on regarde
21:36la production
21:37d'une centrale nucléaire
21:38en Chine,
21:39la phase amont-études
21:40est légèrement plus courte
21:42qu'en Occident.
21:43Après,
21:43Fukushima,
21:43ils ont énormément rallongé
21:44leur phase d'études,
21:45comme aux Etats-Unis,
21:46comme en Europe,
21:47comme en Russie,
21:48je ne sais pas trop,
21:49mais en tout cas,
21:49ils l'ont beaucoup rallongé.
21:51Et après,
21:51par contre,
21:52c'est effectivement
21:52cette parallélisation,
21:53cette capacité
21:54à faire des innovations.
21:55Par exemple,
21:55ils ont inventé
21:56la grue circulaire
21:56sur les sites de centrale
21:59qui permet
21:59de ne pas bouger la grue,
22:01mais vous faites
22:01les trois tours
22:02en même temps
22:02en ne bougeant pas la grue.
22:03Il y a plein
22:04de petites innovations
22:04qui sont incrémentales.
22:06La production du réseau
22:07de lignes à grande vitesse,
22:08ils ont fait un truc,
22:09ils ont dit
22:09on ne va pas faire
22:10du ballast au sol,
22:11on va faire des plots suspendus
22:12et en fait,
22:13des pylônes,
22:15et si on en fait
22:15plein,
22:15plein,
22:16plein,
22:16le millième pylône,
22:17il coûte moins cher
22:18que le premier.
22:19Et c'est que des innovations
22:20comme ça,
22:21très incrémentales,
22:22apprennent en le faisant.
22:24Mais ils ne font pas
22:25d'innovation incrémentale
22:26en ce qui concerne
22:27la démocratie.
22:28Non, non, non,
22:28mais ils ne le feront pas.
22:31Et je pense que c'est
22:32un point que je traite
22:33un peu dans le début du livre
22:34qui est de dire
22:34qu'il faut aujourd'hui
22:36dissocier la partie économique
22:37et la partie politique
22:38en Chine
22:38parce qu'on a voulu
22:39longtemps croire
22:40que la politique
22:41serait un résultat naturel
22:43de l'évolution économique
22:43et ce n'est pas le cas
22:44et ça ne sera pas le cas
22:45dans les prochaines années.
22:46Robin,
22:47sur la réussite technologique,
22:49là encore,
22:49votre propos est étonnant.
22:51Vous dites que ça n'est pas
22:52le fruit
22:53de la prophétie
22:56d'un planificateur.
22:57En fait,
22:57la réussite digitale chinoise,
22:59elle naît
23:00d'une contrainte politique
23:01qui a créé un vide
23:02rempli ensuite
23:03par des entrepreneurs
23:04portés par le mobile,
23:07des effets de réseau XXL
23:09et une régulation opportuniste.
23:12Totalement.
23:12Le digital,
23:13c'est un des endroits
23:13où la Chine
23:13n'avait pas vu les choses.
23:15Jusqu'en 2009,
23:16les géants du numérique américain
23:17sont dominants en Chine.
23:18Google a 40%
23:19de part de marché
23:20sur le moteur de recherche.
23:22Sauf qu'en 2009,
23:23vous avez des émeutes
23:23à Orumki,
23:24dans la province du Xinjiang,
23:25qui sont des émeutes
23:26de la minorité uygour.
23:27Ces émeutes font
23:28qu'il y a eu un bannissement
23:29de Facebook,
23:31Twitter
23:31et Google part de lui-même.
23:35Google n'est pas chassé,
23:36il part de lui-même
23:37parce qu'il refuse
23:37de se conformer
23:38au nouveau firewall,
23:40donc le pare-feu.
23:41Et de là,
23:43de cette absence
23:44de compétiteurs étrangers,
23:46derrière ces murailles,
23:47naît un écosystème endogène
23:48à partir de 2009.
23:50Donc sur le digital,
23:51c'est un coup de chance,
23:52j'ai envie de dire.
23:53Pour le reste,
23:54il y a un peu plus de vision
23:55quand même,
23:55mais sur le digital,
23:56c'est vraiment un coup de chance.
23:56Alors,
23:57autre propos
23:57qui m'a à moi
23:58complètement renversé,
24:00j'avoue,
24:01la Chine,
24:02grosso modo,
24:03c'est le pays
24:04le plus concurrentiel
24:05du monde.
24:06Vous dites,
24:06il y a le dirigisme chinois,
24:08si ça fonctionne,
24:09c'est parce qu'il donne un cadre
24:10dans lequel une concurrence
24:12totale s'opère
24:13entre entreprises publiques
24:14et privées
24:15et même entre collectivités locales.
24:16C'est quelque chose
24:17que les gens n'ont pas en tête,
24:18mais c'est le pays
24:19le plus capitaliste du monde.
24:22Et il a en cela
24:23les mêmes différents
24:23du Japon et de la Corée du Sud
24:24qui avaient cette stratégie
24:25industrielle
24:26de choisir les champions avant.
24:27C'est-à-dire que vous avez
24:28en Corée du Sud
24:28les Shaibol
24:29et vous avez les Saibetsu
24:30au Japon
24:32qui sont ces gros conglomérats.
24:34La Chine dit
24:34tout le monde
24:35est sur la ligne au départ.
24:36Ceux qui gagnent,
24:37gagneront.
24:37Et à la fin,
24:38on reconsolidera le marché
24:39pour faire ses effets réseau,
24:40ses effets d'échelle.
24:41Mais tout le monde
24:41est sur la ligne au départ.
24:42Et donc c'est une concurrence
24:44débridée.
24:45Mais vraiment débridée
24:46comme on ne peut pas l'imaginer.
24:48Et quand les gens disent
24:49on va copier
24:50la politique industrielle chinoise
24:51en Europe ou aux Etats-Unis
24:52filer un milliard à quelqu'un
24:53pour qu'il construise une usine,
24:55c'est l'antithèse du modèle chinois.
24:56Les Chinois ne donnent jamais
24:58un milliard à quelqu'un
24:59qui n'a pas fait ses preuves
25:00avant et qui n'a pas gagné la course.
25:01Gilles Lipovetsky nous a dit
25:03que ce monde de la surpuissance
25:04c'était le monde
25:05de l'hypercapitalisme.
25:07Et vous,
25:07vous nous dites,
25:08Robin Rivaton,
25:09que cette concurrence échevelée
25:11est pourtant parfaitement alignée
25:13avec une idéologie
25:15totalement hostile
25:17aux capitalistes.
25:18Alors là,
25:18il faut m'expliquer,
25:19je ne comprends pas.
25:20Le capitalisme,
25:21donc qui est la concurrence
25:22des forces du marché,
25:24est cohérente
25:25du point de vue chinois
25:25avec l'anticapitaliste
25:27avec un S,
25:28c'est-à-dire
25:28l'enrichissement d'un individu
25:30par la seule détention
25:31des moyens de production.
25:32Les Chinois considèrent
25:33que vous ne pouvez pas
25:34vous enrichir
25:35dans des proportions exceptionnelles
25:36par la simple détention
25:37des moyens de production.
25:38Vous devez participer
25:40à l'effort de production,
25:41ce qui est très cohérent
25:41avec la vision marxiste initiale.
25:43Et donc,
25:43ils sont très capitalistes
25:45au sens où il y a
25:45une compétition
25:46entre les organisations,
25:47les individus,
25:48mais ils sont anticapitalistes
25:50au sens où
25:51le milliardaire
25:52ou le fonds de LBO
25:53qui prend 15%
25:54de rendement par an,
25:55ça n'existe pas en Chine.
25:56Le coût du capital
25:56est à 3% par an,
25:57donc ce n'est pas possible.
25:59Vous avez 20 secondes,
26:00Robin,
26:00pour nous dire quand même
26:01est-ce qu'il y a des fragilités
26:02dans ce modèle chinois ?
26:02Bien sûr,
26:03c'est un modèle qui est...
26:04Il y en a plusieurs,
26:06la démographie a été citée,
26:06mais je pense que
26:07la plus grande fragilité,
26:09c'est l'hubris,
26:09la tentation aujourd'hui
26:10de se voir encore plus grands
26:11qu'ils ne sont.
26:12Ils ont un récit
26:13qui a été construit
26:14sur la revanche
26:15du siècle des humiliations.
26:16Aujourd'hui,
26:17ils se sentent
26:17en très forte capacité
26:18de puissance
26:19et ils pourraient,
26:20tenter par ça,
26:21perdre le pragmatisme
26:22qui a été leur force absolue
26:23ces dernières décennies,
26:24qui a été d'être pragmatique.
26:25Et ils pourraient le perdre
26:27en voulant un peu jouer
26:28à un autre rôle
26:29qui est le leur.
26:31Merci beaucoup
26:32à tous les deux.
26:33Je rappelle vos deux livres,
26:34donc Gilles Lipovetsky,
26:36L'Odyssée de la Surpuissance,
26:39c'est chez Odile Jacob
26:41et puis Robin Rivaton.
26:43Là, vous voyez,
26:44l'édition anglaise
26:45de votre livre
26:46Why China Will Run
26:48the 21st Century.
26:51C'est édité par vous-même
26:52et je rappelle
26:52que c'est gratuit en ligne.
26:54Merci à tous les deux.
26:56On se retrouve tout de suite
26:56pour la deuxième partie
26:57de l'émission.
27:05On se retrouve tout de suite
27:08pour la deuxième partie
27:10de cette librairie de l'écho.
27:11Il y aura le coup de cœur
27:13de la rédaction,
27:14il y aura nos études,
27:16les études qu'on a jugées
27:18les plus intéressantes
27:19cette semaine.
27:20Il y aura nos derniers conseils,
27:21mais tout de suite,
27:22évidemment,
27:22on démarre avec nos critiques
27:25attitrées à ma gauche.
27:26Christian Chavagneux,
27:27éditorialiste à
27:28alternativeéconomique.fr
27:30et grand animateur
27:32de la rubrique livre
27:33dans Alternative Économique,
27:34le magazine.
27:35Et puis à ma droite,
27:36Jean-Marc Daniel,
27:37professeur émérite
27:38à l'ESCP Business School,
27:40président et critique
27:41attitré, lui aussi,
27:42de la Société d'économie politique.
27:44Allez, on commence
27:45avec votre choix.
27:46Jean-Marc,
27:46un livre historique,
27:47celui de Daniel Feldman,
27:49Le pétrole
27:50dans la Seconde Guerre mondiale
27:52aux éditions Passées Composées.
27:53Oui,
27:54éditions Passées Composées,
27:55et puis en dessous,
27:55il y a le ministère des Armées,
27:56effectivement,
27:57il y a une subvention,
27:59je crois,
27:59qui a été apportée
27:59par le ministère de la Défense
28:00à la réalisation de ce livre.
28:03Donc Daniel Feldman,
28:04c'est un grand spécialiste
28:05de l'histoire
28:05de la Deuxième Guerre mondiale,
28:06et là,
28:07il s'est intéressé
28:07à l'aspect pétrolier
28:09de l'opération.
28:10En fait,
28:10le livre commence
28:11avant la Seconde Guerre mondiale,
28:13il commence plutôt
28:13après la Première Guerre mondiale,
28:15au moment où,
28:15effectivement,
28:16on s'est aperçu
28:16que le pétrole
28:17allait jouer un grand rôle
28:18au travers de la motorisation
28:20de l'armée.
28:21Et donc,
28:22le livre va raconter
28:23comment il y a
28:25trois grandes compagnies pétrolières
28:26qui apparaissent,
28:27qui s'entendent.
28:27D'ailleurs,
28:27il y a un moment
28:28où il décrit
28:29une rencontre en Écosse
28:30où les trois grandes compagnies
28:31qui sont Exxon,
28:33Shell et BP,
28:34en fait,
28:34qui ne s'appellent pas encore comme ça,
28:35mais qui vont devenir
28:35ces trois grandes compagnies,
28:36se mettent d'accord.
28:37Et puis,
28:38il détaille comment la France
28:39et les autres pays,
28:40mais essentiellement la France,
28:42répond avec
28:43un office national
28:44des carburants liquides
28:45qui est confié d'ailleurs
28:46à Saint-Syrien
28:47puisque c'est vraiment
28:47un enjeu
28:48qui est un enjeu
28:48stratégique.
28:50Et puis ensuite,
28:51il aborde
28:51la Deuxième Guerre mondiale.
28:53Le livre,
28:54il le dit d'emblée,
28:54il ne peut pas tout raconter,
28:56c'est tellement énorme,
28:56donc il va faire
28:57des choix,
28:59il va attirer l'attention,
29:00faire des focus
29:00sur certains aspects.
29:02Alors,
29:02il y a des chapitres qui sont...
29:03Il dit aussi
29:03qu'il va mettre
29:04en encartre
29:06des choses un peu plus techniques
29:07à la fois sur le plan comptable
29:08ou sur le plan chimique.
29:09Il décrit effectivement
29:10comment à partir du pétrole...
29:12Il raconte des anecdotes
29:13comme je n'avais pas réalisé ça,
29:14mais pourquoi est-ce que
29:15la Navy anglaise
29:16est passée au pétrole ?
29:17Parce que le charbon,
29:18quand ça se stocke,
29:20il faut aller le chercher.
29:21Et donc,
29:22les marins,
29:23au début,
29:24ça va très bien,
29:25on est dans la couche supérieure,
29:26mais à la fin de la bataille,
29:28on va chercher le charbon au fond,
29:29donc il faut un certain temps
29:30pour remonter le charbon.
29:31Et ça ralentit les bateaux
29:32parce qu'on met moins de charbon
29:33dans les chaudières
29:35et donc les bateaux...
29:36Et donc,
29:36au moment où les bateaux
29:37sont dans la phase
29:38de conclusion finale
29:39de la bataille,
29:40ils sont beaucoup moins rapides
29:42et beaucoup moins faciles
29:44à manoeuvrer.
29:45Donc,
29:45il explique tout ça
29:46et après,
29:46sur les focus,
29:48il y en a trois
29:48qui m'ont paru
29:49particulièrement intéressants.
29:50Il y en a un sur...
29:51Alors,
29:52qui est assez traditionnel
29:53sur la façon
29:55dont les Allemands
29:56ont répondu
29:56au fait qu'ils n'avaient pas
29:57beaucoup de pétrole.
29:58Ils avaient des puits pétroliers,
29:59il le dit,
29:59mais ils ont développé
30:00toute une chimie
30:01de fabrication du pétrole
30:02à partir du charbon
30:03qui a disparu.
30:04Il dit,
30:05ça a été un des grands bilans
30:06de la Deuxième Guerre mondiale,
30:08c'est qu'on avait développé
30:08cette chimie
30:09qui a disparu.
30:10Il y a le chapitre
30:11sur Elle à la Main
30:12où il explique effectivement
30:13que Rommel a essayé
30:14de mettre en avant
30:15le fait qu'il n'avait pas
30:16de pétrole
30:16pour expliquer son échec.
30:17Non, c'est pas vrai ?
30:18Non, alors effectivement,
30:20il dit,
30:21bon, c'est pas totalement faux,
30:22mais c'est pas aussi vrai.
30:23C'est pour ça que j'ai trouvé
30:24ce chapitre très intéressant.
30:25C'est assez subtil.
30:26Il analyse le fait
30:27que Rommel avait plus
30:28de sens de la propagande
30:29d'après lui
30:29que véritablement
30:30de la stratégie
30:31et donc
30:32que le grand mythe
30:34de l'Afrique à Corse
30:35en fera un coup.
30:37Et puis,
30:37il y a toute cette partie
30:38sur le Japon,
30:39sur est-ce que les Américains
30:40ont provoqué
30:41d'une certaine façon
30:42les Japonais
30:42et sont plus ou moins
30:43directement à l'origine
30:44de la réaction japonaise
30:45qui a suscité
30:46leur intervention
30:46dans la guerre
30:47en les privant de pétrole.
30:49Et puis,
30:50il arrive à la conclusion,
30:51effectivement,
30:52le bilan de tout ça.
30:53Donc,
30:54c'est un livre qui est,
30:56en plus,
30:56qui est assez bien écrit.
30:57J'ai trouvé que c'était
30:57Yévé à Stille.
30:58Il y a des portraits
30:59de personnages
30:59qui sont très brefs
31:00mais assez bien menés.
31:03Donc,
31:03c'est un livre
31:03assez exigeant
31:06mais qui mérite le coup
31:07qu'on s'y intéresse.
31:08Christian ?
31:09Oui,
31:09c'est un bon livre.
31:10Enfin,
31:10on voit qu'il y a
31:10un vrai travail derrière
31:11et ça,
31:12c'est toujours plaisant.
31:13Après,
31:14moi,
31:14c'est très subjectif
31:15à titre personnel.
31:16400 pages
31:16sur le rôle du pétrole
31:17dans la Deuxième Guerre mondiale.
31:18J'ai trouvé que c'était
31:19un petit peu étroit.
31:20Le chapitre sur
31:21est-ce que Rommel
31:22a vraiment perdu
31:23l'Allemagne
31:24parce qu'il a manqué
31:24de carburant.
31:26Moi,
31:26une page,
31:26ça m'aurait suffi.
31:27Je fais confiance
31:28à l'auteur.
31:28Ce n'est pas la question
31:30que je me pose
31:30tous les matins
31:31en bleuant.
31:31Mais encore une fois,
31:33il y a un vrai travail.
31:34C'est un livre sérieux.
31:35Comme l'a dit Jean-Marc,
31:36c'est bien écrit.
31:37Il y a juste un truc
31:38qu'il faut dire
31:39à l'auteur et à l'éditeur
31:40que Liechtenstein,
31:41il y a un E après
31:42parce que plusieurs fois,
31:43le pays est cité.
31:44Mais il n'y a que
31:45les spécialistes
31:46des paradis fiscaux
31:47qui savent
31:47comment s'écrit
31:48Liechtenstein.
31:49Moi,
31:51je ne sais pas.
31:54Quand on le sait,
31:55ça frappe tout de suite
31:56parce qu'il y a
31:56plusieurs fois,
31:57moi,
31:58j'étais intéressé
31:58moins par le Japon
31:59ou l'Allemagne
32:00que par la France
32:00en fait
32:01parce qu'il y a
32:02la création
32:03de la fameuse CFE,
32:04la compagnie française
32:04des pétrois en 1924.
32:05L'auteur nous dit
32:06dirigé par Ernest Mercier
32:08qui appartient
32:09au redressement français,
32:10un think tank de droite.
32:12Alors là,
32:12non,
32:12le redressement français,
32:13c'est un regroupement
32:14d'industriels
32:15antidémocratiques
32:16qui voulaient avoir
32:18un pouvoir autoritaire fort
32:19qui va soutenir
32:20beaucoup la cagoule
32:21et donner beaucoup d'élite
32:22à la révolution nationale
32:23de Pétain.
32:24Donc là,
32:24il y a une petite,
32:25c'est juste une phrase.
32:26Mais voilà,
32:27j'ai bien aimé la conclusion,
32:28Jean-Marc l'a dit,
32:29alors qu'on voit
32:30que la dépendance
32:31au pétrole est forte,
32:32on voit que pendant la guerre,
32:33quand ça manque,
32:33c'est vraiment important
32:34et pourtant,
32:35comme dit Brodel,
32:36finalement,
32:36pour l'histoire du pétrole,
32:37la Deuxième Guerre mondiale,
32:38c'était une petite
32:39agitation de surface.
32:40Le pétrole va continuer
32:41à se développer
32:42et jouer un rôle
32:42de plus en plus fort.
32:43Juste,
32:44est-ce que l'armée allemande
32:45vraiment a manqué de pétrole
32:46dans la campagne de Russie
32:47ou pas ?
32:48Oui,
32:49alors il dit que...
32:49Il y a un chapitre là-dessus.
32:51Il explique qu'effectivement,
32:52ils avaient des problèmes
32:52et il confirme
32:53que leur obsession,
32:54c'était de pouvoir
32:55s'emparer des puits
32:55de pétrole du Caucase,
32:57autant d'ailleurs
32:57pour les avoir
32:58que pour empêcher
32:58les soviétiques
32:59de les avoir.
33:00Et il dit bien
33:00qu'une des forces des alliés,
33:01c'est que c'était eux
33:02qui détenaient le pétrole,
33:03les États-Unis,
33:04l'Union soviétique,
33:05mais il explique que
33:06la chimie allemande
33:07avait fait des miracles
33:14Ce livre,
33:15pour le lire,
33:15il faut quand même
33:15avoir le cœur bien accroché.
33:17Ça s'appelle
33:17Les nouveaux esclavagistes
33:19par Barbie Lazzan Nadeau
33:20aux éditions Grasset.
33:22Oui,
33:22c'est le sous-titre
33:23qui dit que ça porte
33:23en fait sur la traite
33:24des êtres humains.
33:26Au niveau mondial,
33:27c'est la part sombre
33:28de la mondialisation,
33:29ça fait partie
33:29de la part sombre
33:30de la mondialisation.
33:31L'autrice,
33:31donc c'est une journaliste,
33:32le livre est surtout basé
33:33sur des récits exemplaires
33:35de ce qui se passe
33:36dans ce marché
33:37entre guillemets
33:37de la traite
33:38des êtres humains.
33:39Alors bien sûr,
33:39on pense tout de suite
33:40à la prostitution féminine.
33:42Oui,
33:43il y en a,
33:43mais attention,
33:44nous dit l'autrice,
33:45de plus en plus
33:45de prostitutions
33:46esclavagisées
33:48de jeunes hommes.
33:49Et après,
33:50oui,
33:51il y a un peu plus tard
33:52un chapitre
33:52sur l'exploitation sexuelle
33:53des enfants.
33:54Là,
33:54je pense qu'il faut avoir
33:55l'estomac bien accroché.
33:56J'ai découvert,
33:57moi,
33:57qu'il y avait des snuff movies,
33:58ce que je ne connaissais pas,
34:00qui sont des films
34:00dans lesquels
34:01les enfants sont abusés
34:02sexuellement
34:03et tués à la fin.
34:04Soit simulac,
34:05soit vraiment.
34:06Et il y a des gens
34:07qui achètent ça
34:07au niveau international.
34:08Là,
34:09il faut avoir
34:09l'estomac bien accroché
34:10pour traverser ces pages.
34:12Mais,
34:12nous dit l'autrice,
34:13la prostitution
34:14auxquelle on pense
34:15quand on pense
34:15aux nouveaux esclavages,
34:17c'est en fait 22%
34:19plutôt des trafics
34:20d'êtres humains,
34:2168%,
34:22et donc en fait,
34:23l'essentiel,
34:24c'est le travail forcé.
34:25Et là,
34:26on retrouve
34:26ce qu'on connaît déjà,
34:27mais là,
34:28c'est bien explicité,
34:28le fait que dans le secteur textile,
34:30c'est extrêmement utilisé.
34:31Elle nous dit aussi bien
34:32dans la fast fashion
34:33que du côté du luxe.
34:35Et puis,
34:36dans les 10%
34:36qui restent,
34:37il y a plein d'autres choses.
34:38Il y a le trafic
34:39d'organes,
34:40par exemple,
34:40il y a la gestation
34:41pour autrui.
34:41On apprend que,
34:42juste avant l'invasion
34:43de la Russie,
34:44de l'Ukraine par la Russie,
34:45l'Ukraine était le pays
34:46où on pouvait acheter
34:48des enfants
34:48extrêmement facilement.
34:50Après la guerre,
34:50un an après la guerre,
34:51les femmes font leur grossesse
34:53ailleurs,
34:53viennent accoucher en Ukraine
34:54parce que la loi
34:55permet de vendre des enfants,
34:56puis ils repartent.
34:57Et puis,
34:57il y a les nouveaux esclaves
34:58qui sont les gens
34:59à qui on force
35:00faire des escroqueries
35:01en ligne ou par téléphone
35:02pour arnaquer les gens.
35:04Et la conclusion,
35:05je trouve vraiment intéressante
35:06parce que c'est une conclusion
35:06qu'on retrouve beaucoup
35:07chez les spécialistes
35:08de ce genre de sujet.
35:09Oui,
35:10les réseaux criminels
35:11sont au cœur de tout ça,
35:12mais ça ne pourrait pas
35:13se développer
35:14si les multinationales
35:15ne l'utilisaient pas,
35:16si les banques
35:16ne laissaient pas passer
35:17l'argent qui est lié
35:18à tout ça.
35:19Donc,
35:19les frontières sont vraiment
35:20poreuses
35:21entre le licite
35:22et l'illicite.
35:23C'est une conclusion
35:23qu'on retrouve beaucoup
35:24et encore une fois
35:25dans ce livre.
35:25Jean-Marc Daniel.
35:26Alors,
35:27c'est un livre,
35:27effectivement,
35:27le chapitre sur
35:28les abus sexuels
35:31et les meurtres d'enfants.
35:32Alors,
35:33l'autrice est une américaine,
35:34c'est une traduction
35:35et vous savez
35:36que je suis toujours
35:36très sévère
35:37sur les traductions.
35:38Il y a deux ou trois choses
35:38qui m'ont surpris
35:39dans la façon
35:40de traduire le texte,
35:41mais pour une fois,
35:42c'est assez bien traduit.
35:43Donc,
35:43je rends hommage
35:43quand même au traducteur.
35:45Et donc,
35:46dans ce chapitre,
35:46elle dit bien
35:47que ça se passe beaucoup
35:47en Russie
35:48et qu'on ne sait pas très bien
35:48en réalité
35:49ce qui se passe vraiment.
35:51C'est-à-dire
35:51qu'on a du mal
35:52parce que ce qu'elle décrit,
35:53d'abord,
35:54elle évalue
35:55cette économie
35:57de l'esclavage
35:57et du travail forcé
35:58à 150 milliards de dollars
36:00sur la planète.
36:01Je ne dis pas
36:02que c'est négligeable.
36:03En fait,
36:03150 milliards de dollars,
36:04ce n'est pas non plus
36:05par rapport
36:06au PIB mondial.
36:07Et les deux,
36:09vraiment,
36:09choses sur lesquelles
36:10elle attire
36:11l'attention
36:12du lecteur,
36:13c'est la prostitution
36:14au début.
36:14Alors,
36:15effectivement,
36:16au tout début,
36:17il y a une anecdote
36:17d'une jeune femme
36:19qui apporte de l'argent
36:20à la banque
36:21et la banque
36:21ne se pose pas de questions
36:22sur d'où vient
36:23cet argent
36:24et sur le fait
36:24qu'une fois
36:24que cet argent
36:25est sur un compte,
36:25immédiatement,
36:26il est redistribué
36:27vers d'autres comptes
36:28dans la banque.
36:29Et puis,
36:30c'est l'immigration.
36:32C'est-à-dire que
36:32ce n'est pas tellement
36:33la main-d'œuvre
36:33sur le quoi elle tire,
36:34c'est la main-d'œuvre
36:36qui, effectivement,
36:37est contrainte
36:38parce que c'est
36:38une main-d'œuvre
36:39qui est essentiellement
36:40une main-d'œuvre immigrée.
36:41Et elle essaie
36:42de faire la différence
36:42entre le passeur
36:43qui est un personnage
36:44qui, une fois qu'il est payé,
36:46disparaît du circuit
36:47et le, effectivement,
36:48à l'esclavagiste
36:49qui va dire
36:50à la personne
36:50qui est en situation
36:51d'avoir quitté son pays
36:53et de s'être installée
36:53dans un autre pays,
36:54tu vas me donner
36:55une partie de ton salaire
36:56de façon assez systématique.
36:57Et alors là,
36:58il y a beaucoup
36:59d'histoires,
37:01beaucoup de cas,
37:02mais on a du mal
37:03quand même
37:03à trouver un peu
37:04de l'ordre dans tout ça.
37:06Ça part un peu
37:07dans tous les sens.
37:08Et effectivement,
37:08ce que j'ai trouvé
37:09le plus intéressant
37:09et le plus original,
37:10disons,
37:11c'est le tout dernier chapitre
37:12sur cette forme
37:13de nouvel esclavagisme
37:15qui est essentiellement
37:16en Asie du Sud-Est
37:17et singulièrement
37:18au Cambodge.
37:19Elle explique
37:19que le Cambodge
37:20est devenu
37:20la plateforme
37:21de gens
37:22qui sont enfermés
37:23dans des cités
37:25dont la famille
37:26est menacée
37:26et qui sont obligés
37:27effectivement
37:28de monter
37:29toutes ces escroqueries
37:31qui vont
37:32depuis l'escroquerie
37:33au sentiment
37:33qui singe
37:34les relations amoureuses.
37:36Enfin,
37:36on connaît tout ça.
37:37On reçoit,
37:37hélas,
37:38tous des SMS
37:40et des mails
37:40qui vous invitent
37:42à donner votre compte courant
37:43pour pouvoir
37:43effectivement honorer
37:44des engagements amoureux.
37:46Et ça,
37:47c'était assez intéressant.
37:48Le reste,
37:48je trouve qu'il y a
37:49beaucoup d'histoires
37:50et pas assez de synthèses
37:51de capacités
37:52à dégager
37:53une véritable logique
37:54de tout ça.
37:56Merci beaucoup
37:57à tous les deux.
37:57Allez,
37:58c'est l'heure
37:58de retrouver
37:59notre étude
38:01de la semaine.
38:03Et pour l'étude
38:10de cette semaine,
38:12eh bien,
38:12on a une bonne nouvelle
38:14avec le travail
38:16que vient de publier
38:17Rex & Code
38:17sur la compétitivité
38:19des exportations françaises.
38:23C'est un travail annuel.
38:24Anthony Morley,
38:25la Vidalie,
38:26bonjour.
38:27Bonjour.
38:28Anthony,
38:29vous êtes le responsable
38:31de la zone France,
38:32Europe émergente,
38:33Amérique latine
38:34chez Rex & Code.
38:36Alors,
38:37première bonne nouvelle,
38:38Anthony,
38:39c'est que
38:39la France regagne
38:41en compétitivité
38:42face à ses grands voisins.
38:44Tout à fait.
38:46Je pense qu'il faut
38:47savoir souligner
38:48les bonnes nouvelles.
38:49Et parmi ce que l'on a
38:50mis en exergue,
38:51au fond,
38:52c'est qu'on a une France
38:52qui, aujourd'hui,
38:54a cessé de se déclasser
38:56au sein de la zone euro.
38:57En tout cas,
38:57quand on regarde
38:58notre capacité
38:59à exporter,
39:00la problématique,
39:01on y reviendra peut-être après,
39:02c'est qu'au fond,
39:03on a une zone euro
39:04qui, elle,
39:04en revanche,
39:05se déclasse
39:06vis-à-vis du reste du monde.
39:07Donc,
39:07c'est un petit peu
39:08l'image de quelqu'un
39:10qui remonte
39:10à un ascenseur
39:11qui descend,
39:11on fait du surplace
39:12au sein de la zone euro,
39:14mais dans une Europe
39:15qui, elle,
39:16est plutôt en retrait.
39:18Alors,
39:18qu'est-ce qui va mieux ?
39:20Qu'est-ce qui fait
39:20qu'on est plus compétitif
39:22aujourd'hui ?
39:24Alors,
39:25la bonne nouvelle
39:25que l'on a eue,
39:26d'ailleurs,
39:26dans les comptes trimestriels
39:27et qui en est
39:28sacrément bonne
39:29en quelque sorte,
39:30c'est qu'on a vu
39:31qu'on a généré
39:31un excédent commercial
39:33bien et service
39:34tout confondu
39:35de 0,7 points de PIB
39:36au quatrième trimestre.
39:38Ça n'était pas arrivé
39:38depuis 20 ans.
39:39Alors,
39:40il faut avoir en tête
39:40qu'en fait,
39:41on a au fond
39:42un alignement des planètes
39:43assez positif
39:43qui est d'une part
39:44conjoncturel
39:45et je reviendrai ensuite
39:46sur les phénomènes
39:46plus structurels
39:47qui sont positifs
39:49pour notre compétitivité.
39:50Déjà,
39:50à court terme,
39:50ce qu'on a eu,
39:51c'est deux phénomènes
39:52sur les exportations.
39:53C'est d'une part
39:53la montée en cadence
39:54de l'aéronautique
39:55qui a été plutôt salvatrice
39:57et qui a permis
39:58de revenir sur les niveaux
39:59d'avant-crise
39:59en termes d'excédent.
40:00On a aussi eu
40:01des records
40:02d'exportation d'électricité
40:04et là,
40:04on peut clairement dire
40:06merci au nucléaire
40:07et puis du côté
40:08des importations,
40:09à la fois
40:10un prix du baril
40:11beaucoup plus faible
40:12et les prix du gaz
40:13aussi qui se sont rétractés
40:15qui permettent
40:15d'alléger considérablement
40:16la facture énergétique
40:17de ce qu'on importe
40:19en produits gaziers
40:19et pétroliers
40:20et puis on a quand même eu
40:22ça c'est peut-être
40:22une nouvelle
40:23qui est bonne pour le solde
40:24mais qui n'est pas spécialement
40:25bonne pour la conjoncture
40:26c'est une demande privée
40:27plutôt assez peu dynamique
40:30à la fois dans la consommation
40:31des ménages
40:31et l'investissement
40:32des entreprises
40:32qui a fait qu'on a importé
40:33un peu moins de biens
40:34manufacturés
40:36et voilà,
40:36le bilan des coûts
40:37c'est qu'on a un record
40:39en termes de...
40:40Mais Anthony,
40:41on a aussi
40:42cette amélioration
40:43de la performance
40:44parce qu'on a
40:45une compétitivité
40:46coûts qui s'améliore
40:47grâce notamment
40:49à la maîtrise
40:49des coûts salariaux
40:51et on a aussi
40:53une politique de l'offre
40:54et notamment
40:55une politique
40:56un peu fiscale
40:57avec quand même
40:57certains allégements d'impôts
40:58qui portent leurs fruits
41:00aussi.
41:02Alors ça c'est vrai,
41:03c'est la politique fiscale
41:04plutôt favorable
41:05malheureusement
41:06il faut regarder
41:06dans le rétroviseur
41:07parce qu'on va y revenir
41:08peut-être.
41:09On est en train
41:09d'y revenir aujourd'hui.
41:11En tout cas,
41:11ce qui est sûr
41:12c'est que
41:12en quelque sorte
41:13l'effet qui se coule
41:14de ce qu'on a connu
41:15de la maîtrise
41:16du choc inflationniste
41:17c'est qu'aujourd'hui
41:17on a une inflation
41:18qui est durablement
41:19plus basse
41:19que celle de la zone euro
41:20qui probablement
41:21va se poursuivre
41:22au moins jusqu'en 2027
41:23ce qui fait qu'on a
41:24une dynamique salariale
41:25moins élevée
41:26que nos voisins
41:27et donc à la fin
41:28nos coûts salariés
41:28communautaires
41:29progressent beaucoup
41:30moins vite
41:30que la moyenne
41:31de la zone euro
41:31et a fortiori
41:32que l'Allemagne.
41:33Et ça c'est quand même
41:34un petit peu
41:34au fond la revanche
41:36de la France
41:36par rapport à l'Allemagne
41:37des années 2000
41:38où à l'époque
41:39où il y avait fait
41:39de la modération salariale
41:40on avait beaucoup souffert
41:42de cet écart de compétitivité.
41:44Aujourd'hui
41:44on récupère
41:45en quelque sorte
41:45le terrain perdu
41:46sans que ce soit
41:48véritablement d'ailleurs
41:49designé
41:49en termes de politique économique
41:51c'est plutôt au fond
41:52des effets positifs
41:53des externalités positives
41:54de la maîtrise
41:56du choc inflationniste
41:57qu'on a eu
41:57notamment en 2022
41:58au plus fort
41:59de la crise énergétique.
42:01Et d'ailleurs
42:01la part de la France
42:02dans les exportations
42:03de la zone euro
42:04qui baissait
42:05depuis 20 ans
42:06a plutôt tendance
42:07à se stabiliser.
42:09En un mot
42:09rapidement
42:10le défi
42:11maintenant
42:12c'est quoi ?
42:12C'est l'innovation
42:14et puis c'est la concurrence
42:15des autres pays
42:17hors Europe.
42:19Tout à fait
42:20c'est l'innovation
42:21être capable
42:21de monter en gamme
42:22de robotiser
42:23notamment l'industrie
42:24c'est évidemment
42:25la concurrence chinoise
42:26qui est le sujet
42:27numéro 1
42:27pour la France
42:28c'est 70%
42:29de notre défi
42:30de commercial en biens
42:31aujourd'hui la Chine
42:32donc c'est vraiment
42:32le sujet
42:33numéro 1
42:34et il faut
42:36effectivement
42:36regagner de la compétitivité
42:38mais ça c'est à l'échelle
42:38de la zone euro
42:39au fond
42:39que la France
42:40se maintienne
42:40dans une Europe
42:41qui décline
42:41c'est un bon signal
42:43mais ça reste quand même
42:44relativement négatif
42:46à l'échelle
42:46Merci
42:46Merci beaucoup
42:48Anthony Morley
42:49La Vidalie
42:50de Rexécone
42:52pour ces plutôt
42:53bonnes nouvelles
42:53sur la compétitivité française
42:57allez c'est l'heure
42:58de notre sélection
43:00d'études
43:02BFM Business
43:04la librairie de l'écho
43:05des idées
43:06et des chiffres
43:07et on commence
43:09avec ce travail
43:10publié par
43:11Indeed
43:12attention
43:13à ce que vous postez
43:14sur les réseaux sociaux
43:16votre carrière
43:16en dépend
43:17pourquoi ?
43:18et bien parce qu'aujourd'hui
43:198 recruteurs
43:20sur 10 consultent
43:21les réseaux sociaux
43:22des candidats
43:23à l'embauche
43:23au cours d'un processus
43:24de recrutement
43:25et c'est quasi même
43:26systématique
43:27pour la moitié
43:28d'entre eux
43:29études donc publiées
43:30par Indeed
43:31et tenez-vous bien
43:3262% des recruteurs
43:34ont déjà recalé
43:35un candidat
43:36en raison de son profil
43:37sur les réseaux sociaux
43:38alors
43:39c'est une pratique
43:40qui est particulièrement
43:41courante
43:42dans les PME
43:43les entreprises
43:44entre 100
43:46500
43:46600
43:47700 salariés
43:47peut-être parce qu'elles n'ont pas
43:48de grosse DRH
43:49et un peu moins
43:51dans les petites entreprises
43:52il y a des différences aussi
43:53selon les secteurs
43:54certaines professions
43:55se montrent particulièrement
43:56regardantes
43:57c'est le cas
43:57des professions juridiques
43:59là
43:59100% des profils
44:01sont vérifiés
44:03sur les réseaux sociaux
44:05c'est moins vrai
44:06pour les métiers
44:07de l'art
44:07de la culture
44:08ou du transport
44:09alors
44:09qu'est-ce que les recruteurs
44:11veulent apprendre
44:11en regardant les réseaux sociaux
44:13et bien
44:14d'abord
44:14qui sont les candidats
44:16essayer de mieux comprendre
44:18leur personnalité
44:19leur centre d'intérêt
44:20de recouper
44:21les infos
44:22de leur CV
44:23avec celle
44:25des réseaux sociaux
44:25pour voir
44:26s'il n'y a pas
44:26d'incohérence
44:27dans tout ça
44:28et puis
44:29il ne faut pas se mentir
44:30les recruteurs
44:30jugent aussi
44:31finalement
44:32les comportements
44:34pour voir
44:34s'ils ne leur paraissent
44:36pas problématiques
44:36ce qui pousse
44:37le plus souvent
44:38à rejeter une candidature
44:39c'est quand même
44:40l'incohérence
44:42entre
44:42le CV
44:43et ce que disent
44:44les réseaux sociaux
44:45et puis la raison
44:46la moins souvent évoquée
44:47ce sont
44:48les opinions
44:49politiques
44:50controversées
44:51l'alerte
44:52de la semaine
44:53c'est cette étude
44:56d'OpinionWay
44:57et de GoCardless
44:58sur les retards
45:00de paiement
45:01qui ne sont plus
45:02l'exception
45:02mais la norme
45:03près de 9 entreprises
45:05sur 10
45:06déclarent perdre
45:06de l'argent
45:07chaque mois
45:08du fait
45:09de paiement tardif
45:1091%
45:11y consacrent
45:12du temps
45:13de recouvrement
45:14faisant de cette activité
45:15une charge opérationnelle
45:17à part entière
45:18si 32%
45:19des entreprises
45:20citent
45:21des retards
45:21de paiement
45:22comme l'un de leurs
45:23principaux irritants
45:24et bien
45:25la pression
45:25n'est pas répartie
45:26de manière uniforme
45:2727%
45:28des entreprises
45:29de plus de 5000
45:30employés
45:30perdent plus de
45:3110 000 euros
45:32par mois
45:33en raison des retards
45:34de paiement
45:35retard de paiement
45:36qui ne fragilise
45:37pas seulement
45:37les flux de trésorerie
45:39mais qui pèsent
45:40aussi directement
45:41sur les choix
45:42stratégiques
45:42des entreprises
45:44les forçant
45:44à adopter
45:45des mesures
45:45défensives
45:4627%
45:47ont augmenté
45:47leur prix
45:4822%
45:50ont reporté
45:50le lancement
45:51de nouveaux produits
45:5219%
45:53ont gelé
45:54les recrutements
45:55et malgré
45:56une inquiétude
45:56largement partagée
45:58les retards
45:59de paiement
45:59demeurent tabous
46:00dans de nombreuses
46:01relations commerciales
46:03songez
46:04que
46:05ce chiffre
46:06que je vais vous donner
46:07est dingue
46:0880%
46:09des entreprises
46:10seraient prêtes
46:11à renoncer
46:12jusqu'à 20%
46:13de leur chiffre
46:14d'affaires annuel
46:14pour ne plus avoir
46:16à gérer
46:16ces situations
46:17et n'osent pas
46:18réclamer
46:19auprès
46:20des entreprises
46:21qui leur doivent
46:21de l'argent
46:23un chiffre
46:23qui illustre
46:24la tension
46:24entre pragmatisme
46:26économique
46:27et l'assitude
46:28opérationnelle
46:29nous dit
46:29GoCardless
46:30Et le coup de coeur
46:38de la rédaction
46:39c'est celui
46:40de notre
46:40éditorialiste
46:41international
46:42Mathieu Jolivet
46:44Mathieu bonjour
46:44Bonjour Emmanuel
46:45Alors Mathieu
46:46je suis gourmand
46:48de votre choix
46:49aujourd'hui
46:50Je le savais
46:51Je m'enlève
46:53d'avance
46:54les babines
46:54Vous allez nous parler
46:56de soft power
46:57et de cuisine
46:58grâce à
47:00un livre étonnant
47:01celui de
47:02Daniele Zappala
47:03Voilà
47:03c'est un essai
47:05en fait
47:05aux éditions
47:06de l'Armatan
47:06qui est sorti
47:07début décembre
47:07qui s'appelle
47:08Cuisine Cousine
47:09dans la casserole
47:11du soft power
47:12européen
47:13Il a été écrit
47:14en fait
47:14par un doctorant
47:15il est italien
47:16il s'appelle
47:16Daniele Zappala
47:17il est docteur
47:18en géopolitique
47:19et il enseigne
47:20à la Sorbonne
47:21en fait
47:22il part d'un constat
47:22assez sévère
47:23celui
47:23dit-il
47:24que l'Europe
47:25a été totalement myope
47:27et elle n'a pas compris
47:28que en fait
47:29la nourriture
47:30les aliments
47:30pouvaient être
47:31un véritable ciment
47:32du projet européen
47:33et un instrument
47:34du soft power
47:35qu'elle a totalement
47:36sous-évalué
47:37et sous-utilisé
47:38un peu comme
47:39les Etats-Unis
47:40ont Hollywood
47:41lui en est persuadé
47:42aujourd'hui
47:43l'Europe
47:43elle, elle a ses cuisines
47:45alors c'est un Hollywood
47:46qui est moins glamour
47:47moins tapageur
47:48mais incroyablement puissant
47:50selon lui
47:51Daniele Zappala
47:52qui nous dit que
47:52les sciences humaines
47:54nous parlent
47:55du caractère total
47:56dit-il
47:56de l'alimentation
47:57c'est-à-dire que
47:58pour lui
47:59manger ce n'est pas seulement
48:00manger
48:00on croit que la bouffe
48:01ça relève du privé
48:03de l'intime
48:03du foyer
48:03non son livre montre
48:04que l'alimentation
48:05c'est un bien public
48:07c'est un sujet
48:07qui est social
48:08qui est économique
48:09qui est un sujet
48:10démocratique
48:10alors Mathieu
48:11on reproche souvent
48:13à l'Europe
48:13d'être morcelé
48:15d'être éclaté
48:16ce que nous disent
48:17tous les rapports
48:18est-ce que sur le plan
48:19de la gastronomie
48:20ça ne serait pas
48:21un avantage
48:22vous avez raison
48:23Emmanuel
48:23l'Europe en fait
48:25si on regarde
48:26l'Europe par ses casseroles
48:27en fait
48:28vous avez une mosaïque
48:30de cuisine
48:31une mosaïque
48:32de produits
48:32mais qui peuvent
48:34ensemble
48:34lancer des projets
48:36rayonnés à l'international
48:37il donne un exemple
48:38concret
48:39il parle de la slow food
48:42cette tendance
48:43qui a été initiée
48:44en Italie
48:45qui visait à contrer
48:46justement le fast food
48:47et en fait
48:48derrière
48:48c'était un projet
48:49éminemment politique
48:51repris par beaucoup
48:51de pays européens
48:53et notamment la France
48:54à côté
48:54avec l'idée
48:55de mettre en valeur
48:56nos produits
48:56du terroir
48:58la lenteur
48:59la qualité des produits
49:00etc
49:00donc voilà
49:01c'est un livre
49:01qui est vraiment
49:02très intéressant
49:03qui est une approche
49:05intellectuelle
49:06et doctorante
49:07de la géopolitique
49:08des produits européens
49:09à travers son soft power
49:10mais vous découvrez
49:11comment la pizza
49:12devient napolitaine
49:13à New York
49:13comment la burrata
49:14s'invite à Paris
49:15comment les pâtes
49:16al dente
49:16inspirent la nouvelle
49:18cuisine française
49:19il nous parle
49:20de tous ces produits
49:21européens
49:21qu'il décrit
49:21comme des cartes
49:22postales comestibles
49:23à envoyer
49:24à travers le monde
49:25voilà
49:26donc c'est un livre
49:26vraiment très intéressant
49:27et sympathique
49:28et ce Daniel Zappala
49:29je l'avais fait venir
49:30dans mon émission
49:30les experts sans frontières
49:32ils sont tous étrangers
49:33autour de moi
49:33et chacun
49:34au mois de décembre
49:35avait choisi
49:36un produit de sa région
49:37qu'il avait commenté
49:38avec sa lecture géopolitique
49:40et il y avait notamment
49:41la politologue
49:42qu'on aime bien chez nous
49:43sur BFM Business
49:44Adina Revol
49:44qui est né en Roumanie
49:45qui est d'origine roumaine
49:46qui avait choisi
49:47le sarmalet
49:48le sarmalet
49:48qui est un chou roumain
49:50farci
49:51qui se mange
49:52avec de la crème fraîche
49:53et en fait
49:54il lui avait fait
49:54cette lecture géopolitique
49:56en disant que le sarmalet
49:57pour lui
49:57c'était vraiment typiquement
49:58le produit carrefour
50:00de l'Europe
50:01avec un produit
50:03le sarmalet
50:03qui a des racines latines
50:06des influences grecques
50:07mais aussi
50:08des épices turques
50:09donc le produit
50:10carrefour de l'Europe
50:11ça avait vraiment
50:12tapé au cœur
50:12d'Adina Revol
50:13qu'est-ce qu'on sème
50:15autour de la table
50:16cuisine cuisine
50:17aux éditions de l'Armatan
50:18et un petit clin d'œil
50:18à mes copains roumains
50:19qui font comme personne
50:20c'est sarmalet
50:22allez
50:23voilà
50:24l'Europe comme on l'aime
50:25merci beaucoup
50:26Mathieu Jolivet
50:27pour ces
50:28Cuisine Cousine
50:29allez
50:30c'est l'heure
50:31de nos ultimes choix
50:32BFM Business
50:34la librairie de l'écho
50:36les livres
50:38de la dernière minute
50:39Christian Chavagneux
50:42quelle est votre
50:42dernière sélection
50:43pour aujourd'hui ?
50:44Le dernier numéro
50:45de la revue
50:45Regards Croisés
50:46sur l'économie
50:47ce sont des jeunes économistes
50:49qui animent cette revue
50:50et j'ai trouvé vraiment
50:51le dernier numéro
50:51excellent
50:52ça part
50:52c'est une réflexion
50:53sur la propriété privée
50:54est-ce que la propriété privée
50:56exclusive
50:56est le seul mode
50:57de propriété acceptable ?
50:59Non
50:59le numéro est vraiment
51:01très intéressant
51:01parce qu'il y a des économistes
51:03des historiens
51:03des juristes
51:04on a des éclairages multiples
51:06et on voit qu'il y a
51:06d'autres formes
51:07de propriété
51:08qui sont possibles
51:09dans le monde
51:09vraiment c'est beaucoup
51:10de papiers
51:11qu'il faut réfléchir
51:11un excellent numéro
51:12Génial
51:13Jean-Marc Daniel ?
51:14Moi c'est un coup de chapeau
51:15à des gens que nous connaissons
51:16bien sur cette chaîne
51:17ce sont les frères
51:18Benzman
51:19Stanislas et Godefroy
51:20Devotim
51:21Devotim
51:22qui ont créé Devotim
51:23il y a 30 ans
51:24donc ils fêtent
51:24le 30e anniversaire
51:25de leur entreprise
51:27ils ont sorti un petit livre
51:28une monographie
51:28alors comme toujours
51:29dans ces cas-là
51:30c'est assez auto-agéographique
51:33mais on apprend
51:34quand même beaucoup de choses
51:35et on voit ce que c'est
51:36qu'être un entrepreneur
51:37il y a l'explication
51:39de ce qu'ils font
51:39comment ils ont fait
51:40leur choix
51:40où ils en sont
51:41et donc c'est un livre
51:43à la fois agréable à lire
51:44et assez instructif
51:45parfait Jean-Marc
51:46et moi j'ai choisi
51:47de vous présenter
51:49après le chaos
51:50l'avenir
51:51point d'interrogation
51:52et bien ce sont
51:53les idées
51:55des meilleurs think tanks
51:56pour 2026
51:57une compilation
51:58en fait
51:59dirigée par
52:00le cabinet
52:02Tilder
52:02et par
52:03l'ESSEC
52:04Business School
52:06voilà
52:06donc vous y retrouverez
52:07les contributions
52:07de l'Institut Choiseul
52:09du CRABS
52:10de la Fabrique de l'Industrie
52:11de l'Institut Montaigne
52:12de l'Institut Sapiens
52:14de la Fondation Robert Schumann
52:16de l'Institut Terram
52:17voilà
52:18beaucoup de contributions
52:20finalement
52:21pour essayer
52:22de rendre
52:23notre avenir meilleur
52:24tout simplement
52:25voilà
52:26c'est la fin
52:27de cette librairie
52:28de l'écho
52:28on se retrouve
52:29la semaine prochaine
52:30et d'ici là
52:31bonne lecture
52:31à
52:32à
52:33à
52:34à
52:35à
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