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  • il y a 12 heures
Vendredi 6 février 2026, retrouvez Enguerrand Artaz (Stratégiste et gérant, La Financière de l'Échiquier) et Raphaël Thuin (Directeur des stratégies de marchés de capitaux, Tikehau Capital) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Générique
00:00Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché et revenir sur cette semaine de purge,
00:16comme je le disais en titre, on parle des poches les plus spéculatives du marché qui se dégonflent.
00:21Raphaël Thuin est avec nous, le responsable des stratégies de marché de capitaux de Tic et au Capital.
00:25Bonsoir Raphaël.
00:26Bonsoir.
00:26Et Anguéran Arthas nous accompagne, stratégiste et gérant à la financière de l'échiquier.
00:29Bonsoir Anguéran.
00:31Bonsoir Raphaël.
00:31Oui, un commentaire.
00:32Anguéran, effectivement, alors je ne sais pas s'il y a un lien de cause à effet,
00:36mais c'est vrai qu'on voit cet hiver crypto qui s'installe depuis le mois d'octobre,
00:41mais qui s'est encore densifié, si je puis dire, cette semaine,
00:44avec une accélération de la purge et de la baisse du bitcoin.
00:48On a bien sûr, depuis la fin de semaine dernière, ce crash des métaux précieux,
00:52l'or et l'argent, l'argent baissant quand même beaucoup plus fortement que l'once d'or,
00:57avec sans doute des positions beaucoup plus levredgées et plus spéculatives.
01:01Et puis, il y a ce fameux saspocalypse également,
01:04qui là aussi traîne depuis plusieurs mois, mais qui s'est encore accéléré cette semaine.
01:08Et même du côté des big tech, on a vu des réactions aux publications des hyperscalers
01:15qui peuvent être un peu inquiétantes, dans le sens où le marché a de plus en plus de mal
01:20à payer l'accélération continue des dépenses d'investissement en capital.
01:26Tout ça donne quand même l'idée qu'il y a un dégonflement ou un gros délivrage-ing
01:32qui est en place peut-être dans les marchés aujourd'hui.
01:34Je dirais une forme peut-être de retour un petit peu à la réalité.
01:38On reste quand même sur trois années de hausse de marché assez forte.
01:41On a eu un tout début d'année qui était euphorique, voire presque hystérique
01:45sur certains segments de marché.
01:47Parce que justement, on parlait de l'argent.
01:49On a vu la performance de l'argent sur 2024-2025.
01:52Là, on a repris encore 60%, quasiment, même plus 60% au pic fin janvier,
01:58avant que ça commence à se retourner.
01:59On pourrait prendre l'exemple pareil du marché coréen, qui a repris encore, je crois, 25%
02:03sur le mois de janvier, après avoir fait 80% l'année d'avant.
02:07Donc, il y avait une forme un peu d'hystérique quand même sur le début de l'année.
02:10Donc, on dégonfle une partie de ces excès-là, liée aussi à un excès de levier.
02:15On connaît les problématiques d'appel de marge aussi sur les métaux précieux.
02:19Donc, il y a une forme de dégonflement.
02:22Bon, il y a l'idée que ça a peut-être été causé par la nomination de Kevin Walsh à la tête de la Fed.
02:26Ça me semble davantage être un prétexte qu'une raison fondamentale très solide.
02:31On avait simplement atteint des niveaux de concentration et de spéculation qui étaient trop élevés.
02:36Il fallait un événement pour dégonfler tout ça.
02:39Le sujet après du secteur des softwares et même du bitcoin, d'ailleurs,
02:44c'est à mon sens des sujets un peu différents parce que ça dure depuis un peu plus longtemps.
02:48Dans les deux cas, d'ailleurs, même si pour le coup, les deux sujets n'ont rien à voir,
02:51mais ça remonte à peu près au début de l'automne dernier et ça remonte à septembre.
02:55Le software sur les six derniers mois, c'est 30 points de retard par rapport au S&P 500.
03:00Ce n'est pas nouveau le phénomène.
03:01Non, ce n'est pas nouveau.
03:01Et d'ailleurs, on a une sous-performance, je crois, au plus haut historique par rapport au semi-conducteur.
03:09C'est une relation semi-conducteur-software qui est assez cyclique dans le temps depuis une vingtaine d'années.
03:14Et là, on a un tas, je crois qu'on est sur quatre ou cinq écarts-types sur la sous-performance des logiciels
03:22par rapport aux constructeurs de microprocesseurs.
03:26Donc, effectivement, pas nouveau.
03:29C'est un phénomène en pan qui est justifié.
03:31Je pense qu'on en parlera.
03:33Donc, c'est quelque chose qui dure depuis un peu plus longtemps.
03:37Et sur la partie plutôt hyperscaler, sur les grandes boîtes de technologie
03:41et le lien avec les investissements, puisque c'est ça, à nouveau, qui a fait plutôt baisser le secteur,
03:46c'est des investissements dans l'IA qui étaient supérieurs à ce qu'on attendait.
03:51Mais en fait, là aussi, c'est une forme, pour moi, de retour à la réalité.
03:54C'est-à-dire que c'était une crainte qui a émergé à l'automne dernier, en octobre-novembre,
03:58ce qui avait causé la baisse des marchés en novembre.
04:00Et puis, on l'avait un petit peu oublié en disant, non, mais finalement, tout va bien, en fait.
04:04Et puis, bon, la question se repose parce que malgré tout, c'est une question de fond.
04:08Quid de la rentabilité de ses investissements ? Quid du ring de ses investissements ?
04:13Ça reste une vraie question.
04:15Ça ne veut pas dire que le business model de ces entreprises est à risque,
04:18mais ça veut dire que c'est une question de fond que le marché avait peut-être un petit peu vite oublié
04:22et qu'il est en train de redécouvrir.
04:23Oui, quand je dis encore, phase d'accélération des CAPEX, c'est spectaculaire.
04:27Effectivement, chez Amazon, c'est plus 50%.
04:30Je parle des perspectives 2026 de dépenses d'investissement.
04:33Alphabet, Meta, ça va doubler sur l'année.
04:35Alors, je ne vous parle même pas des montants. On est à 200 milliards, 150 milliards, 185 milliards, etc.
04:41Microsoft, c'est plus 65% de dépenses de CAPEX.
04:45Généralement, les chiffres sont un peu au-delà des estimations que les analystes pouvaient avoir.
04:49Sur le phénomène de marché, ces poches de spéculation qui se dégonflent,
04:54Raphaël, ça peut se faire de manière ordonnée.
04:56Alors, évidemment, c'est douloureux pour ceux qui ont payé le bitcoin au plus haut, l'argent au plus haut,
05:01pour ceux qui sont massivement investis dans le secteur des softwares.
05:04Mais est-ce que c'est un stress qui se diffuse ?
05:09Parce qu'au final, les indices baissent un peu, mais il y a quand même une forme de résistance dans le marché
05:14face à ces baisses prononcées sur ces différents pans du marché.
05:18Oui, on a beaucoup parlé de dispersion.
05:20Là, on la voit très bien, la dispersion.
05:22On voit des secteurs qui performent bien.
05:24Une forme de rotation dont on avait beaucoup parlé aussi.
05:27Elle est en train de se matérialiser devant nous.
05:30La tech sous-performe.
05:31Le cycle reprend de la vigueur.
05:33Le Dow Jones est au plus haut.
05:35L'equal weight, avec où est pondéré, fait bien aussi.
05:39Mais c'est vrai qu'on voit aussi des segments du marché qui étaient effectivement spéculatifs, dirons-nous,
05:46et qui se dégonflent.
05:47Et c'est intéressant, vous l'avez bien dit,
05:49il n'y a pas eu vraiment de changement narratif très fort ces derniers jours.
05:52Les annonces de résultats ont été globalement très bonnes,
05:55y compris sur la tech, ou même peut-être en particulier sur la tech.
05:58On a eu effectivement une annonce du côté de la Fed,
06:01qui n'a pas nécessairement dans un sens de remise à plat des hypothèses de marché.
06:08Mais effectivement, il y avait une forme de, après un marché qui avait énormément payé,
06:13et des bulles spéculatives qui se formaient, la nécessité d'une respiration.
06:18Donc ça, on le constate.
06:18En revanche, il ne faut pas minimiser non plus que sur certaines de ces thématiques,
06:23et y compris en particulier celles de la tech, le discours est en train de changer.
06:27C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui des développements,
06:30ou en tout cas de la matérialisation d'intuitions qu'on avait auparavant,
06:34qui sont effectivement très disruptives.
06:36Très disruptives pour ces grandes boîtes de tech, les hyperscalers,
06:41dont on comprend qu'effectivement le business model se confirme et a changé.
06:45Donc ça, ça a des impacts pour l'investisseur long terme.
06:47Et puis très disruptives sur ces producteurs de logiciels aussi.
06:51Donc effectivement, des intuitions qu'on avait déjà auparavant,
06:54mais une forme d'accélération de l'histoire qui se ressent très bien dans les cours.
06:58C'est quoi ?
06:59C'est avant tout des...
07:01Alors vous dites aujourd'hui que c'est plus que des intuitions.
07:03On commence à avoir des évidences plus ou moins anecdotiques effectivement
07:08de ce que ces modèles d'IA, ces agents IA, vont permettre de faire dans les entreprises,
07:14peut-être à la place de logiciels traditionnels.
07:17Est-ce qu'on a déjà des retours de ce point de vue-là ?
07:20Et est-ce que c'est...
07:21Est-ce que c'est un traite de conviction qui peut aller encore plus loin ?
07:26Si l'objectif du marché, c'est la nature du marché,
07:29de mettre un prix sur un nouvel équilibre, sur un nouveau monde,
07:33est-ce qu'on est déjà proche d'avoir trouvé les bons multiples,
07:36le bon prix sur un secteur, encore une fois,
07:38des logiciels qui dérate depuis au moins un an maintenant,
07:42ou est-ce que le travail de marché n'est pas encore terminé de ce point de vue-là ?
07:46Voilà, on en est là, très bonne question.
07:50Est-ce que c'est terminé ? Est-ce que c'est légitime ?
07:53Il y a effectivement, au fin fond de cette histoire,
07:58une réalité incontournable, à savoir que ce business des logiciels
08:01est en train de se faire disrupter, en train de se faire rogner.
08:05On avait la vague impression que oui, l'IA à terme pourrait être une menace très forte
08:09pour les grands acteurs du logiciel.
08:11On a eu aujourd'hui des preuves concrètes que cette menace, elle était urgente,
08:14avec en particulier ce qui se passe côté entropique.
08:17Donc aujourd'hui c'est entropique, demain ce sera peut-être un autre modèle.
08:20Avant-hier entropique, hier OpenAI qui est réplique, demain.
08:24Tous les deux mois, on va avoir, je pense, la sortie de ces nouveaux modèles
08:27qui vont se challenger les uns les autres.
08:29Exactement. Et donc finalement, d'un business qui était un business très linéaire,
08:34de services avec des cash flows récurrents,
08:36que les investisseurs adoraient et payaient très cher du fait de cette visibilité,
08:41on a complètement transformé le discours.
08:42Aujourd'hui, c'est un business menacé, qui n'a plus de barrière à l'entrée.
08:47Terminé. Aujourd'hui, en deux minutes avec votre cloud, vous reproduisez Salesforce.
08:51Je schématise, pardon.
08:52Non, non, mais...
08:53Donc plus de barrière à l'entrée et plus vraiment de source de croissance identifiée.
08:57Aujourd'hui, quelle est la croissance lorsqu'on sait que ce business va être rogné petit à petit ?
09:01Avec aussi cette impression que finalement, ce nuage noir,
09:05il va rester là pour les années à venir.
09:07Que oui, demain, OpenAI ou Google ou d'autres sortiront une super app qui permettra en un clic de remplacer tel ou tel producteur de logiciel.
09:18Que oui, finalement, c'est un petit peu l'année d'accélération de l'IA,
09:22de l'innovation qui se met à accélérer aussi.
09:25Et qu'au final, les raisons pour lesquelles vous investissiez l'année dernière n'existent plus aujourd'hui.
09:29Donc face à ça, vous mettez les valos.
09:31Alors, elles ont beaucoup décoté, les valos.
09:33Mais être pas cher, c'est pas nécessairement suffisant pour investir.
09:36En tout cas, quand vous cherchez de la visibilité, ça ne peut ne pas suffire.
09:40Et puis quand vous les reprenez une à une, ces boîtes de logiciels, il y en a qui sont quand même encore assez chères.
09:44Encore chères.
09:45Vous payez pour certaines plus de 20 fois les earnings.
09:48Donc finalement, il y a de la place.
09:50Vous rajoutez, pour complexifier le tout, un risque software qui est absolument partout dans le marché.
09:57Tout le monde en a, c'est 10% du S&P, c'est 15% du marché des loans, c'est 5% du marché des All-Yield.
10:03On se rend compte qu'il y en a partout aussi en dette privée, en private equity.
10:06Tout ça fait que finalement, on a un cocktail un peu indigeste qui ne donne pas très envie d'aller trop s'exposer.
10:12Alors évidemment, il y a de la sélection de valeurs.
10:15Certains s'en sortiront mieux que d'autres.
10:18Le marché est excessif à la baisse comme il peut l'être à la hausse.
10:20Bien sûr, il y a des choses à faire.
10:22Mais attention, effectivement, le discours a changé.
10:24Oui. Changement de statut violent, ce n'est pas la première fois que ça arrive, mais c'est toujours spectaculaire.
10:29Quand on voit des darlings chuter comme ça de leur piédestal en guérant.
10:35Quelle analyse vous faites à l'échiquier de ce saspocalypse ?
10:39Je suis désolé, je répète cette expression que j'aime beaucoup.
10:43Et effectivement, quand Raphaël Thuin dit qu'il n'y a plus de barrière à l'entrée,
10:47en tout cas que le marché imagine qu'il n'y a plus de barrière à l'entrée, dans quelle mesure c'est vrai ?
10:51On sait tous, des boîtes comme SAP, ce qu'on appelait les SS2I avant, les ESN,
10:56c'est des boîtes qui sont, quand je dis présentes dans l'entreprise, c'est-à-dire physiquement présentes dans l'entreprise.
11:01Vous avez des consultants SAP qui sont, j'allais dire, presque vos confrères ou vos consoeurs ou vos collègues de boulot
11:09quand vous travaillez dans une banque, dans une grande entreprise industrielle ou n'importe quelle autre entreprise.
11:13Ces gens-là sont dans les entreprises quand même.
11:16Oui, il est probable, mais comme ça a été très bien dit, le marché est toujours excessif à la baisse.
11:20Donc il est probable que pendant un temps, on exacerbe peut-être un petit peu justement la tombée des barrières à l'entrée
11:26et qu'on minimise un peu le pouvoir qu'ont ces entreprises du fait de leur implantation très forte dans beaucoup d'entreprises.
11:35Donc ça, c'est sûrement un petit peu minimisé.
11:38Désolé, je vous coupe en guérant, mais c'est Jensen Young et le patron de Armholding qui viennent défendre le secteur.
11:46Jensen Young dit que c'est le truc le plus illogique du monde d'imaginer que toutes ces boîtes-là vont disparaître
11:52à partir du moment où elles développent des outils et que ces outils vont être nécessaires à la diffusion de l'IR.
11:56C'est le même discours du patron de Armholding.
11:59Bien sûr, et effectivement, je pense que penser que ces entreprises vont disparaître, vont être totalement disruptées,
12:05parce qu'à nouveau, le marché est un peu dans l'extrême.
12:07Maintenant, et là, je suis tout à fait d'accord, on a un modèle qui change.
12:10C'est-à-dire que le modèle de ces SS2I, c'était un modèle avec des coûts incrémentaux qui étaient très faibles,
12:16avec des marges brutes qui étaient généralement autour de 80%.
12:19Peut-être que la nouvelle réalité, ce sera des marges brutes autour de 60 ou 50%.
12:24Ça ne veut pas dire que ces entreprises sont à risque fondamental sur leur business.
12:29Ça veut dire que le multiple que vous leur associez n'est plus le même.
12:32Quand on passe de 80% à 50% ou 60% de marge, on ne donne plus la même prime sur l'entreprise.
12:38Donc, je pense que c'est aussi simple que ça.
12:39Comme ça a été très bien dit, les entreprises sont encore assez chères globalement.
12:44On ne parle pas d'un secteur qui a 12 fois les earnings.
12:47Donc, il y a un travail de re-rating de ce secteur qui est en train d'être fait,
12:53qui est sans doute un peu excessif.
12:54Il y aura sans doute plein d'allers-retours encore dans les trimestres et les années qui viennent sur ce secteur.
12:59Mais on a un secteur qui, je pense, est en train de changer fondamentalement de manière de travailler.
13:06Je ne serais pas étonné que dans les 10 ans qui viennent, on ait dans ces entreprises des modèles
13:11qui se rapprochent peut-être de certains grands laboratoires pharmaceutiques
13:14où on a un coût d'acquisition des modèles qui va ressembler au coût d'acquisition des nouvelles molécules
13:19pour un laboratoire pharmaceutique.
13:20Qui va acheter de la biotech pour s'acheter de la R&D, ou s'acheter de l'innovation.
13:27Il peut y avoir des choses comme ça, peut-être que ce ne sera pas ça du tout.
13:29Mais en tout cas, il y a un impact potentiel sur les marges.
13:32Et finalement, c'est un peu le même sujet, alors qu'ils sont au debout du spectre,
13:36mais avec les hyperscalers.
13:38Parce qu'en fait, c'est pour ça que le sujet des investissements est aussi prégnant.
13:43C'est qu'en fait, quelle était l'appréciation du marché de ces entreprises-là ?
13:46Ces entreprises cacheriches, qui investissaient très peu,
13:51qui utilisaient leurs caches surtout pour faire énormément de rachats d'actions.
13:55Donc pour le marché, c'était presque devenu des sociétés défensives
13:59qu'on avait un peu tout le temps.
14:01Là, on commence à avoir des sociétés qui redeviennent des sociétés de capex,
14:05avec une incertitude sur la rentabilité des capex, sur le rythme,
14:08avec en plus une concurrence effrénée entre ces grands groupes.
14:11Donc pareil, le statut n'est plus le même.
14:13Ça ne veut pas dire que ces entreprises sont à risque.
14:15Ça veut dire qu'à nouveau, la prime que vous leur accordez,
14:18elle n'est plus forcément celle qu'on leur a accordé il y a quelques années.
14:20Et ce n'est pas partie des plus chers du marché,
14:22quand on parle des big tech américaines, des 4-5 gros hyperscalers.
14:26Elles n'affichent pas des multiples délirants par rapport à ce qu'on peut trouver ailleurs
14:29et y compris dans le secteur des logiciels.
14:31Bien sûr, ça se paye entre 25 et 30 fois les earnings.
14:35Mais justement, 30 fois, c'est...
14:38Bien sûr, on compare toujours à la bulle de 2000 en disant
14:40« ça va, c'est que 30 fois alors qu'on était à 80 fois en 2000 ».
14:43Très bien, mais peut-être que la nouvelle réalité, c'est plus 30, c'est 25 ou 24.
14:47Et malgré tout, ça opère à 10 ratings.
14:49Ça ne veut pas dire qu'il ne faut plus en avoir.
14:51Ça veut dire qu'on ne paye plus la même prix.
14:53Mais c'est quoi ?
14:53Il y a un phénomène de commoditisation que le marché anticipe, c'est ça ?
14:57Beaucoup de capex, de plus d'endettements.
15:00Oui.
15:00Et des produits standardisés à l'arrivée ?
15:03La grande question aussi, alors évidemment, il y a deux sujets.
15:07La première chose, c'est que ce qu'on utilise pour le capex,
15:10on ne l'utilise pas pour le rachat d'actions ou pour les dividendes.
15:13Ça, ça joue quand même un petit peu pour l'actionnaire à la fin.
15:16Et puis la deuxième chose, ça c'est une question qui, à mon sens, n'est pas encore réglée.
15:19C'est, est-ce que le fait de disposer de solutions d'AI parmi les leaders de marché devient un atout ?
15:29Ou alors, est-ce que c'est simplement un must-have pour rester dans la course ?
15:32Et ça change aussi beaucoup de choses sur la capacité à pricer derrière.
15:35C'est que si c'est juste quelque chose que vous devez avoir pour être encore dans la course,
15:41c'est assez difficile de le monnayer.
15:43Donc, il y a cette question-là qui n'est pas totalement réglée.
15:47Est-ce que c'est un vrai relais de croissance et d'accroissement des marges pour ces sociétés-là ?
15:54Il y a encore une incertitude.
15:55Intéressant de voir d'ailleurs la stratégie ou la non-stratégie d'Apple en matière d'IA.
16:00C'est ceux qui dépensent le moins.
16:02Les capex n'augmentent quasiment pas.
16:04Je crois que c'est 15 milliards à peine de capex prévus pour 2026 chez Apple.
16:10C'est le cours de bourse qui tient le mieux là depuis les dernières publications.
16:14Et peut-être que dans trois ans, on se dira que c'est le Kodak de l'IA et qu'ils n'ont pas responsifié.
16:19Ils sont obligés de faire un peu la Gemini, ils sont obligés de s'agir, effectivement.
16:22C'est un vrai sujet.
16:23C'est une autre stratégie, en tout cas beaucoup moins gourmande en capex pour Apple par rapport aux autres.
16:29Après, c'est intéressant de noter aussi que la déroute de la semaine ne s'est pas arrêtée au marché des seuls logiciels.
16:36On a vu les médias, Publicis, on a vu les plateformes de paiement, les services spécialisés.
16:43Enfin voilà, tout y est passé quand même.
16:45Oui, on est en train d'essayer d'anticiper qu'est-ce que l'IA pourra disrupter demain.
16:50Et probablement que peut-être finalement, on pourrait imaginer que cette année, un peu plus que ce qu'on croyait avant,
16:55ça peut être l'année de l'accélération de l'IA.
16:57C'est-à-dire qu'on commence déjà, on a la confirmation que les dépenses d'investissement se maintiennent, voire même accélèrent.
17:06On voit les chiffres de capex, mais aussi on entend ce que tous les PDG nous disent.
17:10Il n'y a pas un seul PDG qui ne nous explique pas que la demande explose, qu'elle accélère,
17:14que le problème, ce n'est pas la demande, c'est l'offre et la capacité de mise en production.
17:19On l'a vu avec la mémoire et ces entreprises de mémoire qui sont au plus haut.
17:24Donc ça, c'est une première intuition qui est effectivement liée à Accélère.
17:27On commence enfin à avoir des preuves concrètes de retour sur investissement.
17:31On va parler déjà de Claude.
17:34Claude, c'est une preuve que oui, ce gigantesque marché du logiciel, c'est presque 1000 milliards de chiffres d'affaires par an,
17:41peut être renié vitesse grand V par CLLM.
17:44Donc ça, c'est une capacité de retour sur investissement qui est intéressante.
17:47On a vu Meta et Alphabet qui ont très explicitement, et dans le cas de Meta, ça a été spectaculaire,
17:53expliqué que ces investissements IA permettaient de la profitabilité,
17:56permettaient un accroissement de la chiffre d'affaires.
17:59Donc ça, c'est un deuxième cas de figure.
18:01On peut même parler d'ailleurs du marché de l'emploi aux États-Unis,
18:04où le ralentissement commence à être maintenant très explicitement attribué à l'impact de l'IA et de son adoption.
18:09Donc peut-être que 2026, finalement, plus rapidement que prévu, pourrait être cette année d'accélération de l'IA,
18:19d'intégration de l'IA dans nos économies, de l'impact de l'IA sur certaines industries, sur la macro, sur le marché de l'emploi.
18:27Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a une forme de paradoxe dans ce marché,
18:31où on voit qu'effectivement, les perdants de l'IA souffrent énormément.
18:35Les logiciels, par exemple, et on va extrapoler demain sur les médias ou autres.
18:39Et les gagnants ne gagnent pas encore beaucoup ?
18:40Les gagnants ne gagnent pas.
18:41Il y a un truc asymétrique, là.
18:43Par exemple, NVIDIA.
18:44Les explosions des dépenses d'investissement des hyperscalers, NVIDIA ne fait rien.
18:49Alors oui, ils ont internalisé une partie de la production,
18:52ils utilisent en partie leurs propres microprocesseurs.
18:55Mais vous regardez les multiples, ce n'est plus très cher.
18:59Rien de tout ça n'est très cher.
19:00Et d'ailleurs, on a un petit peu évacué le concept de bulle.
19:03Vous avez remarqué qu'on en parle beaucoup moins.
19:05Parce que les multiples ne sont pas très chers,
19:06et les profitabilités continuent à augmenter et sont au plus haut.
19:10Donc il y a cette forme d'incompatibilité.
19:12Donc peut-être que pour l'investisseur, c'est ça la question.
19:13Est-ce que vous voulez acheter le scénario d'une accélération de l'IA,
19:18auquel cas c'est facile, vous vendez tous les logiciels,
19:21vous achetez les hyperscalers, vous achetez l'infra-IA,
19:24vous achetez NVIDIA et vous le faites à des prix qui ne sont pas très chers ?
19:28Ou est-ce que vous croyez que finalement on est allé trop loin,
19:31qu'on revient peut-être davantage au discours de 2025,
19:33qui consiste à dire que ça va être une adoption de long terme,
19:37que les dépenses d'investissement sont telles que ça va être dur d'être profitable ?
19:41Donc voilà, c'est un petit peu le choix qui s'offre à vous en tant qu'investisseur.
19:43Oui, et comment vous en tant qu'investisseur et gestionnaire de portefeuille professionnel,
19:47quel choix vous faites ?
19:48Ou comment vous arbitrez ces risques ?
19:52Effectivement, parce qu'on n'a peut-être pas toutes les réponses encore aujourd'hui,
19:57ni du côté des perdants, ni du côté des gagnants.
20:00Aujourd'hui, les gagnants sont les fabricants de puces et d'infrastructures,
20:04mais on peut avoir des gagnants peut-être dans le secteur financier,
20:07dans le secteur pharma également.
20:09Là aussi, ce n'est pas des secteurs qu'on cite souvent comme étant des gagnants potentiels.
20:14Je n'ai pas l'impression que, contrairement au logiciel, ça dirait,
20:16je n'ai pas l'impression que ces secteurs-là re-rate, ou en tout cas avec une prime IA qui se serait installée.
20:23Comment on se positionne à ce stade, justement ?
20:26Vous avez cité quelques idées qui sont très bonnes.
20:28Donc déjà, on est plutôt acheteur de cette idée qu'il y a une accélération de l'IA,
20:31et qu'il y a des véhicules d'investissement très attractifs sur le marché aujourd'hui.
20:35Parmi les hyperscalers, elles ont toutes des histoires qui commencent à se différencier.
20:39Microsoft a clairement un cas d'investissement qui est en train de changer.
20:46Donc ça, c'est un...
20:47Qui se fragilise ou...
20:49On évoque évidemment la dépendance à OpenAI désormais.
20:52Quand on regarde Microsoft, on peut parler vraiment de trois relais de croissance.
20:56Il y a d'une part le cloud, qui cartonne, qui ne déçoit pas,
21:00et qui bénéficie de ses dépenses d'investissement, évidemment.
21:03Il y a l'IA, où là, on parle de copilote,
21:06et on commence à comprendre qu'il y a des déceptions vis-à-vis de copilote.
21:09Et puis, il y a le business de software.
21:11Et effectivement, là où, hier, Microsoft, qui est une entreprise extraordinaire,
21:16que les choses soient claires,
21:17était une espèce de train qui avance,
21:21il suffisait de monter dedans et de récupérer les cash flows au passage,
21:26aujourd'hui, on est un petit peu sur une histoire qui est en train de changer.
21:29Il y a un peu plus de risque dans une histoire comme Microsoft aujourd'hui, par exemple.
21:32Dans ce cas, qu'en est-il du multiple ?
21:35Il a beaucoup baissé.
21:36Est-ce qu'il est justifié ? Maintenant, il est redevenu à des niveaux qu'on n'avait pas vu depuis des années sur Microsoft.
21:41Pareil sur Alphabet, le cas d'investissement a beaucoup changé.
21:45Nvidia avec une compétition.
21:46Donc, finalement, ces cas d'investissement sont assez spécifiques,
21:49mais vous rentrez à des niveaux de valeur qui sont quand même raisonnables,
21:52et pour des taux de croissance importants.
21:55Et puis, face à ça, vous l'avez cité,
21:57on peut faire de la rotation,
21:59on peut, pour pas cher,
22:00aller faire des paris sur la pharma.
22:04Oui, demain, potentiellement,
22:05ça sera un des grands gagnants de l'IA.
22:07Quand, c'est ce que dit Sam Altman,
22:09Sam Altman parlait de 2027,
22:11de petites découvertes,
22:12et à partir de 2028,
22:13de grandes découvertes en pharma.
22:16Alors, on a le droit d'être sceptique et de rigoler,
22:18mais quand on voit la rapidité du progrès sur l'IA,
22:21peut-être qu'il y a des valeurs pas très excessives,
22:25il y a des choses à faire.
22:26Bref, on tourne un peu le portefeuille.
22:28Vous croyez à l'accélération, effectivement.
22:31Comment on gère ce risque-là ?
22:32Et quand je dis risque,
22:33c'est à la fois un risque positif et négatif aussi
22:35pour certains secteurs chez vous.
22:38Alors, effectivement,
22:39je ne vais pas revenir sur ce qu'a été,
22:40parce qu'on est assez d'accord,
22:41on continue à jouer pas mal les financières.
22:43C'est un secteur qu'on aime toujours bien,
22:45surtout les bancaires,
22:46plus que le secteur assurantiel.
22:47Mais pas que pour l'IA.
22:48Non, non, non,
22:48parce que c'est un secteur...
22:50C'est un secteur qui a quand même
22:53peu de chances de se retrouver
22:54dans le panier des perdants de l'IA
22:56et qui, par ailleurs,
22:59si on enlève toute la sphère IA,
23:01a des relais de croissance structurels,
23:03a encore un potentiel de high rating
23:07léger quand même maintenant.
23:08Mais par contre,
23:09on n'a fait que rattraper la croissance des BPA
23:11sur le secteur des banques.
23:12Donc, il y a encore pas mal de chemins à faire.
23:15Le secteur de la santé,
23:15je suis tout à fait d'accord.
23:16En plus, c'est un secteur
23:17qui a été très attaqué depuis un an et demi.
23:18Donc, il y a sûrement des choses à faire.
23:21Et après, sur le secteur technologique,
23:23nous, on reste assez agnostique
23:25dans le sens où ça me paraît compliqué,
23:28aujourd'hui, d'essayer de capter les tendances
23:30parce qu'elles s'inversent extrêmement vite.
23:32L'été dernier, Alphabet,
23:35il ne fallait pas y toucher,
23:36même avec un bâton de 3 mètres.
23:38Et un mois après,
23:40c'était la darling absolue.
23:42Et depuis, ça a pris 80%.
23:43Là, on va avoir des nouvelles moutures
23:46de Gemini et de Tchad-GPT
23:48dans les semaines qui viennent.
23:50Qui sait si le rapport de force
23:51ne va pas à nouveau se réinverser ?
23:53Et en plus, les ajustements,
23:54à chaque fois, sont extrêmement violents.
23:56Extrêmement violents, extrêmement rapides.
23:57Donc, essayer de les capter à chaque fois,
24:00ça paraît compliqué.
24:01Donc, nous, on est assez confiants,
24:03là aussi, sur le fait que
24:04on est, en fait, encore dans la phase
24:07d'accélération de l'adoption de l'IA
24:09et du développement de l'IA.
24:10Donc, on ne peut pas ne pas être exposé
24:13à ce secteur-là.
24:14Mais on essaie de le faire
24:15de manière le plus diversifié
24:16et agnostique possible
24:17parce que les rapports de force
24:19changent tellement vite
24:19que se dire qu'on va prendre
24:21tel compartiment du marché
24:23ou tel autre,
24:24c'est impossible à gérer
24:26sur le court terme.
24:28Je reviens à votre point
24:28sur le crédit,
24:30la dette qu'il y a derrière
24:31le financement du développement
24:33et de l'essor de l'IA.
24:36Raphaël, est-ce que c'est un risque
24:37qui est bien identifié,
24:39qui est bien maîtrisé,
24:40enfin, qui est bien mesuré
24:41par le marché ?
24:43Et encore une fois,
24:44quand on voit ce phénomène
24:45sur les softwares,
24:47et y compris sur les big tech,
24:49les quatre gros hyperscalers,
24:50c'est quand même 900 milliards
24:51de capilles boursières
24:52qui sont parties en fumée
24:53sur les réactions de marché
24:55après les publications de résultats,
24:59est-ce que ça se retrouve
25:00dans des marchés de crédit liquides
25:02ou non liquides d'ailleurs ?
25:04Est-ce qu'on voit du stress
25:05apparaître dans ces pans de marché ?
25:07Alors, sur le crédit privé et liquide,
25:10globalement, les deux facteurs
25:12de risque tech très identifiés,
25:14c'est le facteur infra-IA.
25:16On commence à voir effectivement
25:17des grandes entreprises de la tech
25:19qui viennent se financer
25:21sur le marché du crédit,
25:22parce que oui,
25:23les dépenses d'investissement,
25:24il faut les financer.
25:25Alors, ça reste pour la grande majorité
25:27quand même des acteurs
25:28qui ont les moyens de leurs ambitions.
25:29Et d'ailleurs, une façon de se rassurer
25:31sur les annonces des derniers jours
25:32en termes de CAPEX,
25:34c'est qu'en gros,
25:35elles ont annoncé des dépenses de CAPEX
25:36en ligne avec leur free cash flow.
25:39Donc, en gros,
25:40elles vont dépenser
25:41leur génération de liquidités
25:42en investissement.
25:44Alors, oui,
25:45il n'y aura plus trop de free cash flow.
25:46Ça a des conséquences
25:47pour l'actionnaire.
25:49Mais quand on regarde
25:49le profil crédit de ces entreprises,
25:51il va rester malgré tout
25:52très satisfaisant, excellent.
25:55Ils ont des capacités de levier
25:57qui sont très importantes.
25:58Elles n'ont quasiment pas de levier.
25:59Et même pour celles
26:00qui inquiétaient le plus,
26:02par exemple Oracle,
26:03on a vu des nouvelles
26:04plutôt encourageantes.
26:05Ils vont probablement enlever
26:0620 milliards sur le marché actions.
26:08Ils ont manifestement
26:09un accès au capital
26:10qui est très important.
26:13Ils n'ont pas de soucis
26:13pour trouver des capitaux.
26:14Donc, il y a cet aspect risque
26:16qui n'est pas encore très prégnant,
26:18mais qui est clairement
26:19en train de se construire
26:20petit à petit sur le marché.
26:22Et puis ensuite,
26:22on revient au logiciel.
26:24Le logiciel, il est partout.
26:25Donc, on l'a dit,
26:26sur le marché actions,
26:26mais sur le marché du crédit,
26:28sur le marché des loans,
26:28sur le marché aussi
26:30de la dette privée
26:30et du private equity.
26:31Donc là, on est un petit peu
26:34au début de l'histoire,
26:35mais effectivement,
26:35c'est un facteur de risque.
26:37Si on est dans une forme
26:38d'excès à la baisse,
26:40que tout ça va se stabiliser,
26:42que finalement, oui,
26:43peut-être qu'il y a des vents
26:44contraires qui se lèvent,
26:45mais on est, malgré tout,
26:46sur les entreprises solides
26:47avec des générations de cash,
26:48etc.
26:49Il n'y a probablement pas
26:50d'alerte court terme.
26:51Maintenant, il ne faudrait pas
26:52que ça se transforme
26:53en quelque chose d'autre.
26:54Et au-delà,
26:55on est vraiment plus
26:55sur des dimensions long terme.
26:57on cherchait des équivalents
27:00dans l'histoire
27:00à ce qui se passe
27:01un petit peu.
27:02Pas tant que ça, déjà,
27:03parce que ça va tellement vite.
27:04Un choc d'investissement
27:05comme ça, oui.
27:06Il y a peut-être,
27:07allez, on ose un parallèle,
27:09un petit peu ce qui s'est passé
27:10il y a 15 ans
27:11avec Netflix et les médias.
27:13Où, tout d'un coup,
27:14une disruption très forte arrive.
27:17Tout le monde disait,
27:17vous voyez,
27:18personne ne va cut the cord,
27:19tout le monde va garder son câble,
27:21en particulier aux États-Unis.
27:22C'est impensable,
27:22c'est des vaches à lait,
27:24produits énormes,
27:24et on de cash.
27:25C'est vrai,
27:25il n'y a pas eu de défaut.
27:27Ça reste des très belles entreprises
27:28toujours,
27:29mais malgré cela,
27:30on a vu un de-rating
27:31continu pendant 15 ans
27:33comme Cast,
27:34qui est une des plus grandes
27:35entreprises de médias
27:36aux États-Unis,
27:37c'est cinq fois les earnings.
27:39Malgré le cash flow,
27:40malgré tout ce qu'on raconte.
27:42Donc, c'est un peu ça le risque.
27:43On n'a pas envie de dire
27:44que c'est un risque crédit
27:45très fort, très court,
27:47d'incapacité à rembourser
27:48sur le très court terme.
27:50Maintenant, on comprend bien
27:51que sur le long terme,
27:51les choses ont changé.
27:53L'autre événement du moment,
27:55c'est donc l'arrivée
27:57très probable de Kevin Walsh
27:58à la tête de la Réserve
28:00fédérale américaine.
28:00Je passe du coq à l'âne,
28:02quoique, je ne sais pas,
28:03la dimension IA est partout,
28:05y compris dans la tête
28:06des banquiers centraux
28:06aujourd'hui, peut-être,
28:08en guérant.
28:09Qu'est-ce que veut Kevin Walsh ?
28:11C'est-à-dire,
28:11quand il nous parle
28:12de régime change à la Fed,
28:14qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
28:16Et pour les investisseurs,
28:17pour les marchés,
28:18c'est quand même une forme
28:19de continuité
28:20dans la conduite
28:20de la politique monétaire,
28:22ou est-ce qu'il y a
28:23potentiellement un moment
28:24de rupture ?
28:26On verra ce que fera
28:29Kevin Walsh
28:30et quelle sera d'ailleurs
28:31sa relation avec
28:32Donald Trump aussi,
28:33parce qu'on sait
28:35qu'avec Donald Trump,
28:35il ne faut pas oublier
28:36qu'il était très amoureux
28:38de Powell
28:39quand il l'a nommé,
28:40et puis,
28:40six mois après,
28:41il ne cessait de lui taper dessus.
28:43Donc, on verra
28:43comment tout ça évolue.
28:44Il ne faut pas oublier non plus
28:45que le chairman de la Fed
28:47ne peut pas influer
28:49tout seul
28:49sur la politique monétaire.
28:51Il y a le Conseil des gouverneurs
28:53et les banquiers centraux régionaux
28:55qui sont quand même
28:57des contre-pouvoirs
28:57assez forts.
28:59D'ailleurs,
28:59il est assez probable
29:00que des gens
29:01comme Christopher Waller,
29:02qui étaient candidats
29:03à la tête de la Fed,
29:04maintenant qu'ils n'ont pas
29:05obtenu le poste,
29:06reviendront dans une posture
29:08peut-être moins favorable
29:09à Donald Trump,
29:10parce qu'il avait eu des propos
29:11qui allaient beaucoup
29:12dans le sens de Donald Trump,
29:13certainement,
29:14au faire un petit peu campagne.
29:15Maintenant qu'il n'a pas eu le poste,
29:16il reviendra sûrement
29:17à une position un peu plus neutre.
29:18Donc, il y a quand même
29:19beaucoup de rapports de force
29:20au sein de la Fed.
29:21Ce n'est pas le chairman
29:22tout seul qui peut décider.
29:25Par ailleurs,
29:26il y a eu aussi,
29:27je trouve,
29:27pas mal d'exagérations
29:29sur ce qu'est la philosophie
29:31de Kevin Walsh.
29:31Attention,
29:32c'est un faucon,
29:34c'est quelqu'un d'anti-QE,
29:37d'anti-programme
29:39de rachat d'actifs.
29:41Donc,
29:42on va vers une politique monétaire
29:44plus restrictive.
29:44Disons qu'en 2009,
29:45il était jeune gouverneur
29:47de la Réserve fédérale américaine.
29:49Effectivement,
29:50quand le taux de chômage américain
29:51était proche de 10%,
29:52il s'inquiétait de l'inflation.
29:54Donc, c'est vrai que...
29:55Oui, oui,
29:55il a un historique.
29:57Maintenant,
29:57ce n'est pas quelqu'un qui est...
29:59C'est le public et explicite.
30:00Déjà,
30:00c'était il y a plus de 15 ans.
30:03En plus de 15 ans,
30:03on change tous.
30:04Pour le moins bien,
30:06on change en tout cas.
30:08Et aussi,
30:09ce n'est pas un anti-rachat d'actifs
30:12structurel.
30:13Lui,
30:13il a une position
30:14qui est d'ailleurs la position
30:15même d'une partie
30:16de la Banque centrale européenne aussi.
30:18C'est de dire,
30:19en fait,
30:19le QE n'est pas forcément
30:21la bonne arme
30:22pour soutenir l'économie
30:25et faire repartir l'inflation.
30:27Et d'ailleurs,
30:27quand on regarde le bilan
30:28des quantitatives easing
30:30dans la période
30:31entre la crise de 2008
30:32et la crise Covid...
30:33On a attendu l'inflation
30:34jusqu'au collège.
30:35Je pense que ça a plus
30:36inflaté le prix des actifs
30:37que l'économie réelle.
30:39Par contre,
30:40ce n'est pas quelqu'un
30:40qui est anti-programme
30:42de rachat d'actifs
30:42quand il s'agit
30:43de stabiliser l'économie.
30:44D'ailleurs,
30:45dans des cas,
30:45comme on a eu il y a deux ans
30:47ou trois ans maintenant
30:48avec la faillite
30:49de Silicon Valley Banque,
30:50ce type d'intervention d'urgence,
30:51ce n'est pas quelqu'un
30:52qui est du tout contre.
30:53Donc, voilà.
30:55Donc, il y a quand même
30:55un pout.
30:56Je pense.
30:57C'est la question.
30:58Est-ce qu'il fragilise
30:59le fait de pout ou pas ?
31:00Non, je pense qu'il ne le fragilise
31:01pas du tout.
31:02D'accord.
31:03Maintenant,
31:04c'est quelqu'un
31:06qui va avoir une approche
31:07peut-être un tout petit peu
31:08différente,
31:09forcément,
31:10de Powell
31:10dans le discours
31:13et dans la manière
31:14d'évoquer
31:15la politique monétaire.
31:16Mais est-ce que ça va changer
31:17fondamentalement
31:19ce qu'on peut attendre
31:20à horizon 6-9 mois
31:22de ce que va faire
31:23la Fed ?
31:24Je ne pense pas
31:24véritablement en réalité.
31:26Déjà,
31:26il faut que sa nomination
31:27soit confirmée,
31:29il faut qu'il rentre en poste.
31:31Et après,
31:32à horizon 9 mois,
31:32il peut se passer
31:33tellement de choses,
31:33même sur l'inflation et autres,
31:34que ça peut être ça
31:37qui fait bouger
31:38la politique monétaire
31:39plus que la personne
31:40qui est nommée
31:40à la tête de la Fed.
31:41Donc,
31:41je pense qu'il y a
31:42beaucoup de surinterprétations
31:44à ce stade.
31:44on verra
31:46ce qu'il fera.
31:49Mais je pense
31:50que ce n'est pas
31:50quelque chose
31:51dont il faut être
31:51plus inquiet que ça.
31:53À mon avis,
31:54il y a plus d'inquiétude
31:55à avoir
31:55sur ce que fait
31:56ou plutôt ce que ne fait pas
31:56la Banque Centrale Européenne
31:58plutôt que sur la Fed.
31:59D'ailleurs,
31:59les commentateurs,
32:01évidemment,
32:01ont commenté
32:02l'arrivée probable
32:03de Warch.
32:04Mais du point de vue
32:04de marché,
32:06j'ai l'impression
32:06que son arrivée
32:07a été prise
32:08de manière très mesurée,
32:09au point que
32:10les anticipations
32:11de marché
32:11vis-à-vis
32:12de la politique monétaire
32:13américaine
32:14n'ont pas changé
32:15depuis sa nomination.
32:17Il n'y a pas
32:17beaucoup de volatilité
32:18sur ces anticipations
32:19de baisse de taux
32:20encore à suivre
32:21devant nous,
32:22Raphaël ?
32:23Oui,
32:23c'est vrai.
32:24Alors,
32:24on s'interroge beaucoup.
32:26C'est vrai que c'est
32:26assez complexe
32:27de comprendre
32:28un petit peu
32:29le positionnement
32:29de la Fed à l'avenir.
32:30Déjà,
32:31parce qu'effectivement,
32:31son parcours
32:32est assez chaotique.
32:34Il y a un faucon
32:35qui est devenu
32:36très
32:37d'oeuvre
32:39en 2024
32:40de manière opportuniste
32:41ou pas,
32:42on n'en sait rien.
32:42Il s'est finalement
32:45assez peu prononcé
32:46publiquement.
32:47Il a fait une tribune
32:47en novembre
32:48dans le Wall Street Journal
32:49et depuis,
32:49on n'entend plus trop parler.
32:50Ça s'est beaucoup fait
32:51entre quatre murs
32:52à la Maison-Blanche.
32:54Et donc,
32:54on a du mal
32:55à bien comprendre
32:56les conséquences
32:57que ça revêt
32:58pour la Fed.
32:59Ce qu'on croit comprendre,
33:01c'est qu'il a
33:01trois axes principaux.
33:03Le premier,
33:03c'est baisser les taux.
33:05Et baisser les taux
33:05parce qu'il est partisan
33:07de ce que dit
33:07le président Trump,
33:08à savoir,
33:09nous sommes dans une phase
33:10de croissance
33:11qui est principalement
33:13tirée par des problématiques
33:14d'offres,
33:15des problématiques
33:15de productivité
33:16et qui pourrait
33:17ne pas déclencher
33:18d'inflation,
33:19un peu comme on a vu
33:20dans les années 90.
33:21Je schématise le discours.
33:22Il a une vraie vision
33:23de cette trajectoire
33:25et de cette tendance.
33:26Voilà.
33:26Alors,
33:27c'était la vision
33:27du président Trump.
33:28Est-ce qu'il s'est allié
33:29de manière opportuniste ?
33:30On a envie de lui donner
33:31quand même
33:31le bénéfice du doute.
33:32Donc,
33:32voilà une vision
33:33qui consistera à penser
33:34qu'on va laisser
33:35l'économie chauffer
33:36parce qu'elle ne devrait
33:37pas créer d'inflation.
33:38Donc ça,
33:38c'est quand même
33:39un premier changement.
33:40Ce n'est pas exactement
33:41l'angle qu'on entend
33:42du conseil
33:44de la Fed aujourd'hui.
33:46Deuxième chose,
33:47effectivement,
33:48il parle depuis
33:48cette fois-ci très longtemps
33:49du QE,
33:50du fait qu'utiliser
33:52le bilan de la Fed
33:52pour injecter les liquidités
33:53n'est pas une bonne idée.
33:55Il appelle ça
33:55la monetary dominance.
33:56Exactement.
33:58Donc,
33:58ça,
33:58a priori,
33:59on ne sait pas trop
34:00dans quelle forme
34:01ça va tourner.
34:03C'est un petit peu
34:03contradictoire
34:04avec la première partie
34:05de l'équation.
34:06On est même un peu surpris
34:07que le président Trump
34:08puisse accepter
34:10ce genre d'approche.
34:11Mais donc,
34:12voilà une deuxième conviction
34:13de ce point de vue-là
34:14qui pose question.
34:15Et puis,
34:15la troisième question
34:16qui pose question,
34:17troisième conviction,
34:18c'est réformer la Fed.
34:20Ah oui.
34:20Alors,
34:21qu'est-ce que ça veut dire
34:21réformer la Fed ?
34:22On ne sait pas trop.
34:23On comprend que ça a à voir
34:24avec le bilan de la Fed.
34:26On comprend que ça a à voir
34:27aussi avec la communication
34:29de la Fed,
34:29anticiper des mesures
34:31suivantes.
34:32Est-ce que ça a à voir
34:33avec l'indépendance aussi ?
34:35Bon,
34:36on ne sait pas trop,
34:36mais tout ça fait que le marché
34:37ne sait pas trop
34:38où se placer.
34:39Peut-être qu'il pousse
34:40une forme de ouf,
34:41de soulagement,
34:41parce que Kevin Assett,
34:42qui a longtemps été
34:43l'autre prétendant favori,
34:48était peut-être vu
34:50comme moins indépendant.
34:51Mais on n'est peut-être
34:52pas au bout de notre surprise.
34:54Au final,
34:54si on doit quand même
34:55avoir une idée
34:56sur une des conséquences
34:57de sa nomination,
34:59c'est que tout ce qu'on raconte là,
35:01conviction 1, 2, 3,
35:02globalement,
35:03ça devrait contribuer
35:03à une pontification.
35:04Oui, c'est ça.
35:05On baisse les taux en bas,
35:06on achète moins sur le long
35:08et l'indépendance de la Fed
35:09est mise en cause.
35:10Les trois facteurs
35:11poussent à penser
35:13que sur les taux longs,
35:14il pourrait y avoir
35:14une pression haussière
35:15et sur les taux bas,
35:16une pression baissière.
35:18Et sur le dollar,
35:19ça se traduit par
35:20une pression plutôt à la baisse ?
35:23Probablement.
35:24Probablement.
35:24Le dollar est plutôt sensible
35:26au point des banques centrales.
35:28Donc, c'est à première vue
35:30ce qu'on a envie d'imaginer.
35:31On verra où il règle
35:32le curseur
35:32en matière de politique monétaire.
35:34Mais comme vous le rappeliez,
35:35c'est quand même
35:35une voix par personne.
35:39Et le président du FOMC
35:40et de la Fed
35:41n'a pas plus de voix
35:42que les autres membres
35:43votants en l'occurrence.
35:44En revanche,
35:45sur la stratégie de communication,
35:47les équipes,
35:48beaucoup de changements
35:49peut-être attendent
35:50dans les équipes d'économistes,
35:51l'utilisation des modèles,
35:53faut-il communiquer
35:54les prévisions régulièrement,
35:56etc.
35:56Là, il peut avoir la main
35:57en tant que président
35:58de la Réserve fédérale américaine.
36:00Pour conclure avec vous,
36:01en guérant,
36:01parce que vous l'avez dit d'un mot,
36:02donc,
36:03Kevin Warch
36:05va continuer de baisser les taux,
36:06contrairement à la Banque Centrale Européenne,
36:08c'est ça ?
36:09Et qui vous désespère
36:10un peu plus encore aujourd'hui ?
36:13Vous n'êtes pas le seul.
36:14Oui, malheureusement.
36:14Vous n'êtes pas le seul.
36:15Vu que vous avez reçu
36:16mon confrère Nicolas Gosselin,
36:17je pense que c'est encore plus
36:18incisif que moi
36:19sur la question.
36:20Mais le statu quo
36:21semble ferme,
36:22unanime,
36:23et définitif.
36:25Rien n'est définitif
36:26dans le monde des marchés,
36:26mais en tout cas,
36:27durable au moins
36:28pour quelques temps.
36:29Oui, il suffit d'écouter
36:31en fait la patronne
36:31de la BCE.
36:32Je parle de la vraie patronne,
36:33qui n'est pas Christine Lagarde,
36:34mais qui est Isabelle Schnabel.
36:35C'est elle,
36:35la vraie patronne de la BCE.
36:37Il faut écouter
36:38ce qu'elle nous dit.
36:39Elle continue
36:41d'avoir un logiciel
36:43qui est que
36:44toute potentielle
36:46accélération de la croissance
36:48est un risque inflationniste.
36:49Donc,
36:50il n'y a pas de volonté
36:52d'intervention
36:53tant qu'on n'a pas
36:54un énorme problématique,
36:58soit de croissance,
36:58soin d'inflation.
37:00Et en plus,
37:00la BCE est en train
37:01de nous dire
37:01oui,
37:02on sait qu'on va peut-être
37:03être en dessous
37:04de la cible
37:04pendant quelques mois,
37:05mais c'est temporaire,
37:07c'est lié au prix de l'énergie,
37:08donc on ne va pas
37:09surréagir.
37:10Il se trouve quand même
37:11qu'on a,
37:13on verra
37:13la conséquence
37:14de la prochaine,
37:15enfin,
37:15de la future politique monétaire
37:17de la Fed
37:17sur le taux de change,
37:19mais on a quand même
37:20un risque plutôt
37:21d'un euro
37:21qui se renforce,
37:22et si on le regarde
37:22en plus en dehors
37:23de la parité euro-dollar
37:24versus un panier de devises,
37:26quand même un euro
37:27qui est assez fort,
37:28on a à chaque fois,
37:30même si on anticipe
37:31une inflation sous la cible,
37:33malgré ça,
37:33on a quand même
37:34à chaque fois
37:34des chiffres d'inflation
37:35qui sont en dessous
37:36des attentes,
37:37et notamment en dessous
37:37des prévisions de la BCE,
37:39ça affecte notamment
37:40certains pays
37:41plus que d'autres,
37:41la France en particulier
37:42plus que d'autres pays européens,
37:44et puis là-dessus,
37:45même si on a
37:45les commandes, etc.,
37:47qui arrivent en Allemagne,
37:48on a quand même
37:48une croissance à l'instant T
37:49qui n'est pas
37:50excessivement chaude
37:52en Europe,
37:53donc il y aurait
37:54toutes les voies,
37:55pas pour faire
37:55des énormes ajustements,
37:56mais au moins,
37:57si ce n'est baisser les taux,
37:59assouplir le discours,
38:00arrêter de baisser
38:01le bilan de 500 milliards
38:02par an,
38:03et au moins redonner
38:04un tout petit peu
38:05de légèreté
38:06aux conditions financières.
38:07On verra si la prochaine
38:08réunion du 19 mars
38:09avec un nouveau set
38:10de projections économiques
38:11permettra de faire évoluer
38:12le discours
38:13de la Banque Centrale Européenne.
38:14Merci à vous deux,
38:15messieurs Anguère-en-Arthaz,
38:16la financière de l'Essiquier,
38:17Raphaël Thuin,
38:18Tiqueo Capital
38:18étaient les invités
38:19de Planète Marché ce soir.
38:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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