- il y a 22 heures
Florian Legris, cofondateur et directeur général de DermaScan, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 3 février. Il s'est penché sur la mission de sa start-up qui consiste à rendre accessible le dépistage du cancer de la peau et sur la levée de fonds (2,5 millions d'euros) que la société a réalisée, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, la start-up.
00:04Avec une start-up créée en 2025, février 2025, et Florian Legris est avec nous.
00:09Bonsoir Florian.
00:10Bonsoir, merci pour l'invitation.
00:11Co-fondateur et directeur général de Dermascan.
00:14Alors l'info c'est que vous levez 2,5 millions d'euros, ça c'est important,
00:18mais ce qu'il y a de plus important c'est ce que vous faites.
00:21Tout à fait.
00:21Vous avez mis en place un système qui arrive assez rapidement à scanner la peau d'un individu
00:27et à détecter les anomalies.
00:29Alors pour reprendre un peu le parcours un peu plus global,
00:32notre mission effectivement chez Dermascan c'est de rendre accessible le dépistage du cancer de la peau.
00:36Et donc pour ça on crée des centres dédiés au dépistage
00:39qui combinent des innovations de protocole et des innovations technologiques.
00:45Allez-y, expliquez-nous.
00:46Alors innovation, vous nous laissez comme ça là.
00:49Innovation de protocole, parce que chez Dermascan ce sont des médecins généralistes qui exercent,
00:53des médecins généralistes qui sont évidemment formés au dépistage des cancers de la peau
00:58et des médecins généralistes en fait qui vont jouer le rôle de filtre
01:01entre les médecins de ville qui ne sont pas formés
01:03et les dermatologues qui ont peu de disponibilité
01:06parce qu'on sait que c'est une profession qui est énormément en tension aujourd'hui.
01:09Et donc eux vont faire le fil pour prioriser les cas à risque
01:12et nous sommes en fait en quelque sorte la porte d'entrée vers le spécialiste.
01:16Ça c'est pour l'innovation de protocole.
01:18Et pour l'innovation technologique, il y en a deux particulièrement.
01:20Donc la première, c'est la systématisation de la cartographie corporelle totale dans le parcours de soins.
01:25Donc effectivement, c'est ce dont vous parliez tout à l'heure.
01:27La cartographie corporelle totale, elle va venir en fait prendre en photo l'entièreté du corps du patient
01:31et on va recenser tous les grains de beauté qu'il a sur son corps.
01:35Leur taille, leur couleur, leur aspect.
01:38Et cette cartographie, elle va avoir deux vertus.
01:41La première, c'est qu'elle va permettre au patient de s'auto-surveiller dans le temps.
01:44Vous vous réveillez demain, vous avez une lésion un peu qui vous inquiète.
01:47Vous allez pouvoir vous référer à votre dernier Dermascan et voir si la lésion a bougé.
01:51C'est important parce que l'évolution, c'est le premier critère dans la surveillance des grains de beauté.
01:56Et la deuxième innovation technologique, c'est évidemment des modèles d'intelligence artificielle.
01:59Donc on travaille aujourd'hui sur des modèles d'intelligence artificielle.
02:02On a un directeur de l'intelligence artificielle qui a fait sa thèse en oncodermatologie au CNRS
02:07en partenariat avec un CHU.
02:09Des modèles qui aujourd'hui ne sont pas encore intégrés dans notre parcours de soins.
02:13Nous sommes en phase de recherche toujours.
02:15Mais l'idée de ces modèles, c'est de les mettre en complément de l'examen clinique du médecin.
02:21Chez Dermascan, on ne pense pas que l'IA doit se prononcer a priori, qu'elle va remplacer le médecin.
02:25Ce n'est pas notre thèse du tout.
02:26En revanche, on pense que l'IA peut fiabiliser le diagnostic du médecin.
02:30Quand on fait du dépistage de cancer de la peau, notre pire ennemi, ce qu'on appelle les faux négatifs,
02:34donc passer à côté d'un cancer.
02:35Donc nous, ce premier modèle, lorsqu'il sera implémenté, va systématiquement en background tourner
02:39et ne s'exprimer que s'il pense que le médecin est passé à côté d'une lésion cancéreuse.
02:45Très intéressant.
02:46Parce qu'aujourd'hui, bon déjà, vous avez raison, pour trouver un rendez-vous chez un dermato,
02:50c'est la croix et la bannière.
02:52J'ai appris un truc, c'est qu'en fait, s'il n'y a pas beaucoup de dermato,
02:54c'est qu'en fait, ils ne sont pas bien payés, les dermato.
02:57Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre, que c'était finalement une spécialisation médicale
03:02qui n'était pas aussi rentable que ça, finalement.
03:06En fait, c'est multifactoriel.
03:08Il y a le vieillissement de la population,
03:10donc il y a des besoins de plus en plus importants en dépistage des cancers de la peau.
03:14Il y a le fait qu'on ne forme pas suffisamment de dermatologues chaque année aussi.
03:18On a un déficit, il y a plus de dermatologues qui partent à la retraite
03:21que de dermatologues qui sont formés.
03:22Enfin, disons que le modèle économique ne suscite pas d'évocation plus que ça.
03:27Ben, on est aussi limité par le numerus clausus, par exemple.
03:31Donc, même si, enfin, aujourd'hui, toutes les places sont prises,
03:33elles sont simplement, malheureusement...
03:34Oui, il n'y en a pas assez.
03:35Exactement, il n'y en a pas assez.
03:36On forme à peu près 100 dermatos par an.
03:40Il faudrait en former 15, 20, 30% de plus
03:43pour arriver à combler un peu ce déficit.
03:46Et donc, un dermato, aujourd'hui, lorsqu'il vous ausculte,
03:49vous déshabille et regarde chaque centimètre carré
03:52de votre peau, ça prend du temps.
03:54On est d'accord.
03:55Voilà, c'est chronophage.
03:59Là, votre système, en fait, un médecin...
04:02Alors là, ce qui est intéressant, c'est même pas un dermato
04:04qui fait ce dermascan.
04:05Ça peut être un médecin généraliste, vous le disiez.
04:07En combien de temps c'est fait ?
04:09C'est un médecin généraliste, effectivement.
04:10Donc, l'idée, c'est qu'on ne remplace pas un examen clinique.
04:13Il y a toujours un examen clinique qui est fait par le médecin.
04:15Donc, on va, de la même façon, examiner chaque centimètre carré
04:20de la peau de quelqu'un.
04:21Mais en plus, on va faire cette cartographie corporelle totale.
04:23Et en plus, on va faire cette dermoscopie.
04:26Donc, vraiment, on vient ajouter de la technologie
04:28pour fiabiliser le diagnostic médical.
04:30On ne le remplace pas.
04:31Ce n'est pas à la place de l'examen clinique.
04:34Vous parliez tout à l'heure de l'IA.
04:35C'est vrai que c'est très prometteur.
04:36On voit que dans la radiographie, notamment,
04:38c'est en train de bouleverser le métier même de radiologue.
04:42Parce qu'il y a certaines IA qui arrivent à détecter des anomalies cellulaires
04:47alors qu'elles ne sont pas encore visibles à l'œil humain.
04:50C'est dingue.
04:52Vous pensez qu'on va arriver à des choses similaires avec la dermatologie ?
04:57Aujourd'hui, en tout cas, on n'en est pas encore là.
05:00C'est une certitude.
05:02Les travaux de recherche vont dans ce sens.
05:05On est plus en retard par rapport à d'autres spécialités, effectivement.
05:09Mais on y arrivera, je pense, par la force des choses, effectivement.
05:11Est-ce que ce sera dans 2, 5, 10, 15 ans ?
05:13Aujourd'hui, l'IA fait des progrès spectaculaires d'un mois à l'autre.
05:17On a des nouveaux modèles qui sont extraordinaires.
05:19Donc, je n'ai pas de doute que ça va arriver.
05:21Quand ? Je ne sais pas.
05:23Mais en tout cas, nous, l'idée, c'est de l'intégrer le plus,
05:26effectivement, dès le début.
05:28Avant de revenir sur votre levée de fonds,
05:30un mot sur cette question, parce qu'on l'a tous fait,
05:32on a un problème.
05:33Allez, hop, là, Chajipiti, Jimena, on fait une photo.
05:36Bien sûr.
05:37Alors, évidemment, avec toutes les précautions qu'il prend,
05:39il nous donne malgré tout un début de diagnostic.
05:41Qu'est-ce que vous en pensez ?
05:43En fait, si ça peut permettre aux gens de commencer à s'alerter,
05:47à prendre conscience,
05:48et ensuite, derrière, qu'ils prennent un rendez-vous chez un spécialiste,
05:51c'est une bonne solution.
05:52Aujourd'hui, en revanche,
05:53enfin, c'est une bonne porte d'entrée, si vous voulez.
05:55Aujourd'hui, en revanche, ce qu'on constate,
05:56c'est que la majorité des patients qui viennent nous voir,
05:59ils viennent nous voir pour une lésion en particulier,
06:02et en fait, on se rend compte que la lésion inquiétante,
06:04ce n'est pas celle pour laquelle ils étaient venus.
06:05Et donc, du coup, rien ne remplace,
06:07et je répète, rien ne remplace un examen clinique
06:09par un professionnel de santé formé.
06:11D'accord.
06:12Donc, se servir des IA génératives,
06:15parce qu'on a une inquiétude sur un petit bouton,
06:17un grain de beauté, etc.,
06:19pourquoi pas ?
06:20Mais c'est juste un titre informatif.
06:22Exactement.
06:23Après, évidemment, il faut faire valider tout ça
06:26par votre système,
06:27enfin, ou par un dermato.
06:28Le problème, c'est qu'on le disait,
06:30rendez-vous chez le dermato,
06:31c'est compliqué.
06:32Mais c'est ça.
06:33Aujourd'hui, vos dermoscans, ils sont où ?
06:35Vos dermascans, par exemple.
06:37On a un centre à Paris 18e,
06:38donc le premier centre qui a ouvert en février 2025,
06:42et donc, effectivement,
06:42vous parliez tout à l'heure de notre levée de fonds.
06:44On est évidemment content d'avoir les moyens
06:46de financer notre expansion
06:47et de pouvoir poursuivre notre mission
06:49avec de plus grands moyens.
06:50Ça ressemble à quoi, excusez-moi,
06:52ce dermascan, en fait ?
06:53Ça ressemble à un studio photographique,
06:57en fait.
06:57Ce sont des appareils photos,
06:58vraiment, qui viennent prendre...
06:59Donc, on rentre dans une espèce de...
07:01Non, on se met en face, en fait.
07:02On se met en face.
07:02On se met en face, tout simplement.
07:04Le patient va bouger
07:04pour qu'on ait toutes les faces du corps.
07:07Il existe aussi d'autres technologies
07:08qui vont potentiellement pouvoir prendre la 3D.
07:10On va y venir, nous aussi,
07:11on travaille sur des appareils similaires
07:14qui viennent reconstituer le corps aussi.
07:16Donc, il y a plusieurs technos
07:17qui existent aujourd'hui.
07:19Et donc, le premier Paris 18e,
07:20et cette levée de fonds
07:21nous permet surtout d'ouvrir un nouveau centre.
07:23On ouvre à Paris-Bastille
07:24un nouveau centre le 16 février.
07:27Donc, voilà.
07:28Et on a aussi des projets d'expansion,
07:31évidemment, en province.
07:32La pénurie, elle n'est pas parisienne.
07:34Et donc, l'objectif,
07:35c'est d'ouvrir aussi de nouvelles villes
07:37partout en France.
07:38Et donc, l'idée, c'est que j'ai envie
07:41de faire une consultation de dermatologie.
07:44Je viens chez vous.
07:46Je vais rencontrer, peut-être pas forcément
07:47un dermato, mais un médecin généraliste
07:49qui va connaître évidemment tout ça
07:52et qui sera apte à détecter
07:53les anomalies dermatologiques.
07:57Faire ce dermascan
07:58et repartir avec ce fichier aussi pour moi.
08:00Oui, tout à fait.
08:01En fait, effectivement,
08:02nous, on met à disposition
08:03tous les clichés,
08:04les cartographies,
08:06les dermoscopies
08:07pour que le patient puisse les partager
08:09à ses autres professionnels de santé.
08:12Mais surtout,
08:12et c'est ça qui est important,
08:14c'est que si une personne qui vient chez nous,
08:16il y a trois possibilités.
08:17Soit toutes les lésions qu'elle a sur le corps
08:18sont sans risque.
08:19Et dans ce cas-là,
08:20on va simplement inviter le patient
08:21à revenir dans un, deux, trois, cinq ans
08:23en fonction de ses facteurs de risque.
08:25Soit il a des lésions à surveiller,
08:27donc des lésions qui ne nécessitent pas
08:29d'être retirées tout de suite,
08:30mais qui présentent certains caractères atypiques.
08:31Donc, on va vouloir les revoir.
08:33Donc, on va suivre un protocole
08:34où le patient va revenir à trois mois,
08:35douze mois, vingt-quatre mois.
08:36C'est à peu près 30% des patients aujourd'hui.
08:38Et on a enfin les patients
08:40qui ont des lésions vraiment suspectes.
08:43C'est à peu près 10% des patients
08:44qui sont passés chez nous.
08:45Et là, l'idée, c'est que nous,
08:46on transfère leur dossier complet
08:48à un dermatologue
08:49qui va le prendre en charge très rapidement.
08:51On parle de 10 à 15 jours en moyenne.
08:53Donc, on est vraiment ce filtre
08:55entre le médecin de ville
08:56et le dermatologue
08:57qui permet d'accélérer la prise en charge.
08:58Est-ce qu'avec l'IA et ça,
09:01on ne peut pas avoir demain
09:02un dermascan avec ça ?
09:03Malheureusement, les qualités d'optique,
09:05une dermoscopie,
09:06donc c'est vraiment ce qui va permettre
09:07de poser une suspicion de cancer,
09:10c'est une optique particulière.
09:13C'est comme une sorte de microscope
09:14pour vulgariser un petit peu.
09:16Et le niveau de définition de votre téléphone
09:19ne permet pas du tout
09:20d'arriver à ce niveau de détail
09:23et donc de diagnostic.
09:23Donc, vous avez du matériel spécifique
09:26qui n'est pas aujourd'hui disponible
09:28pour le grand public, c'est ça ?
09:30Du matériel médical, oui, tout à fait.
09:31Très bien.
09:33Et donc, prochain dermascan à Bastille,
09:36c'est ça ?
09:36Et l'idée, c'est de vous déployer
09:38un peu partout en France ?
09:39Tout à fait, dans les groupes de métropole.
09:40Oui, tout à fait.
09:41Eh bien, top !
09:42Merci beaucoup, Florian Legris,
09:44cofondateur et directeur général
09:46de dermascan.
09:47Merci.
09:47Merci.
09:48Merci.
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