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  • il y a 2 mois

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00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans les informés de France Info à la radio et sur le canal 16 de la TNT à la une ce soir.
00:07Toujours plus de morts sur les routes de France. Les chiffres de la sécurité routière ont été dévoilés aujourd'hui pour 2025.
00:15Et une question se pose, celle du protoxyde d'azote, ce gaz hilarant consommé par de nombreux jeunes qui multiplient par 3 le temps d'attention au volant.
00:26Les pouvoirs publics doivent-ils légiférer en urgence ? Faut-il interdire définitivement ce produit en vente libre qui a provoqué jusqu'à 450 accidents de la route en 2025 selon 40 millions d'automobilistes ?
00:40On en débat avec nos invités dans quelques instants. Et puis un mois après le drame de Cran-Montana, nous donnons ce soir la parole aux proches de victimes de l'incendie du bar Le Constellation.
00:519 d'entre elles sont toujours en réanimation dans les hôpitaux français et certaines familles de victimes se sentent souvent très seules et interpellent directement le chef de l'État Emmanuel Macron.
01:02Et puis en fin d'émission, une bonne nouvelle économique, la croissance résiste en France, plus 0,9% en 2025 selon l'INSEE, légèrement au-dessus des prévisions du gouvernement.
01:14On va en parler ce soir avec nos informés. Horor Malval, bonsoir. Vous êtes grand reporter au service politique de Marianne. Raphaël Kahn, bonsoir.
01:25Vous êtes journaliste, présentateur de l'excellente émission Le Monde dans tous ses états sur France 24. Merci d'être avec nous.
01:32Véronique Reifsult, bonsoir. Vous êtes présidente de Backbone Consulting, maître de conférence en communication de crise à Sciences Po.
01:41Et Paul Ackerman, bonsoir à vous. Vous êtes correspondant en France pour le journal suisse Le Temps.
01:47Plus de 3500, 3513 exactement, c'est le nombre de tués sur les routes dans les accidents en France.
01:59La sécurité routière a dévoilé les chiffres de la mortalité sur la route et ils sont en hausse de 2% par rapport à l'année dernière.
02:07On va se connecter tout de suite avec notre premier invité, Yves Cara. Yves Cara, bonsoir. Vous êtes le porte-parole de l'association Mobilité Club France.
02:18Merci d'être avec nous. D'abord, une première question. Quelle est votre réaction par rapport à ces chiffres de la sécurité routière en France qui ne sont vraiment pas bons ?
02:24Comment vous l'expliquez ? Est-ce que c'est lié à la vitesse, à l'alcool, aux drogues, un peu tout en même temps ?
02:29Un petit peu tout en même temps. On le dit souvent, nous, que de toute façon, les chiffres de la sécurité, qu'ils soient bons ou mauvais, ce n'est jamais gagné.
02:38C'est une formation, une information, une éducation constante. Donc là, ça stagnait un petit peu.
02:43Ces dernières années, on avait une légère tendance à la baisse et là, ça repart. Ce n'est vraiment pas un bon signal.
02:48Et le protoxyde d'azote, bien évidemment, tient une part importante dans cette augmentation.
02:51On va en parler du protoxyde d'azote, bien évidemment. Yves Cara, on se rend compte que les vélos et les trottis,
02:59les trottinettes ne sont pas épargnées. Ce qu'on appelle les modes doux. 234 décès de cyclistes en 2025.
03:05Et puis les trottinettes aussi, 80 morts en trottinettes cette année dans tout le pays.
03:09C'est 35 de plus qu'en 2024. Là, ce n'est pas la vitesse forcément qui explique ce taux de mortalité aussi important.
03:17Oui, tout à fait. Alors c'est vrai que 30 sur 90, c'est 30%. C'est une augmentation importante.
03:22Vous savez, sur Facebook, j'ai vu le poste de Jérôme Coppel, qui est un ancien cycliste pro qui roule depuis près de 30 ans en tant qu'amateur et professionnel sur les routes.
03:32Et qui disait que depuis 20 ans, il avait constaté des incivilités et des comportements dangereux des deux côtés, cyclistes comme automobilistes, de façon très importante.
03:40Une augmentation importante. Donc voilà, c'est peut-être la société en général qui a un rapport à l'autre différent, peut-être à la loi différente.
03:48Mais c'est vrai qu'il y a un vrai problème à traiter, notamment des côtés des trottinettes, où là, on a des accidents graves de la face ou même des morts.
03:54Parfois tout seul, parfois contre des voitures. Parce qu'une voiture contre une trottinette ou un vélo, c'est la voiture qui gagne.
04:00Si je puis parler de gagnant.
04:03Yves Carr, on revient vers vous dans quelques instants. On va faire un petit tour de table.
04:07L'horreur Malval, qu'est-ce qu'il faut faire ? On voit que les chiffres ne sont vraiment pas bons.
04:10Il faut un appel du gouvernement et des pouvoirs publics à la mobilisation générale, qu'on respecte aussi le code de la route, tout simplement.
04:17Alors je pense que oui, de toute façon, il y a des choses. On voit que les conduites, la question, bien sûr, de l'ivresse au volant, de la consommation de stupéfiants.
04:25Globalement, s'il y a moins d'accidents, d'ailleurs, de voitures ces dernières années, enfin moins de morts sur les routes, c'est aussi parce que la sécurité des voitures s'est améliorée.
04:32Et qu'avoir un accident de voiture avec une voiture contemporaine, ce n'est pas la même chose, évidemment, qu'il y a 40 ans.
04:37En revanche, je pense que c'est très intéressant, cette question des mobilités douces, parce qu'en fait, on voit que si les pouvoirs publics ont réussi à imposer des nouveaux modes de déplacement,
04:47comme le vélo, comme justement, en tout cas, des modes de déplacement doux, on voit qu'ils n'ont pas réussi jusqu'à présent à pacifier l'espace public.
04:53Et c'est même le contraire. On voit dans les métropoles...
04:55Et d'ailleurs, c'est un vrai sujet, dans le cadre des municipales, qui approche à grand pas, de mars prochain.
04:59On voit qu'il y a une conflictualisation grandissante même de l'occupation et de cette répartition, en fait, des différents modes de circulation, les uns à côté des autres.
05:07Vous me direz, ça a toujours existé. On peut voir, voilà, dans Paris, il y a 50 ans, c'était sûrement très compliqué aussi de circuler.
05:14Mais aujourd'hui, en tout cas, on n'a pas troupé la solution. Et on voit que, je dirais, dans notre société, où la violence, ces petites frictions du quotidien, en tout cas, sont de plus en plus nombreuses,
05:24eh bien, ça se manifeste aussi, bien sûr, sur les déplacements.
05:27Raphaël Kahn, est-ce qu'il faut des grandes campagnes de sensibilisation qui doivent être menées par les pouvoirs publics, là encore ?
05:35Oui, alors il y a eu, dans le passé, des campagnes, d'ailleurs pour certaines très efficaces, qui montraient effectivement les dangers des accidents de la route, notamment de l'alcool au volant.
05:43On se souvient aussi du port de la ceinture et des campagnes qui ont été menées dans les années 80 pour sensibiliser, justement, au port de la ceinture qui n'avait rien d'une évidence à l'époque.
05:50Aujourd'hui, on s'aperçoit que le port de la ceinture à l'arrière des véhicules n'est toujours pas une évidence pour de nombreux passagers.
05:57Il y a un problème qui est peu évoqué. Alors il y a effectivement la question, bien sûr, des conduites à risque et notamment de l'usage de stupéfiants.
06:06Il y a également un problème d'inattention qui n'est pas suffisamment pointé.
06:09C'est-à-dire même si on fait la chasse au téléphone portable, aujourd'hui, c'est un fléau, non seulement pour les voitures, mais aussi pour les mobilités douces.
06:15D'ailleurs, on s'aperçoit que de très nombreux accidents à vélo ou en trottinette sont dus à l'usage du portable ou à l'inattention des conducteurs eux-mêmes.
06:23Et force est de constater, Oran Malval le disait, que si l'habitacle des voitures aujourd'hui protège davantage,
06:29ce n'est absolument pas le cas de ces nouveaux modes de mobilité douce qui exposent totalement le conducteur dans son intégrité physique.
06:37D'ailleurs, le port du casque n'est pas systématique. On peut là aussi le regretter.
06:41Et puis enfin, il faut pointer les accidents entre mobilité douce.
06:45D'ailleurs, j'entends par là entre vélo et piéton parce que là aussi, il y a un partage de la voirie, notamment à Paris, qui est souvent très mal délimité.
06:51Alors justement, on va poser la question aussi à Yves Cara.
06:55Je rappelle que vous êtes porte-parole de l'association Mobilité Club France sur aussi la question des âges.
07:01En fait, on se rend compte, selon en tout cas les chiffres de la sécurité routière, que parmi tous ces décès sur la route, les plus concernés sont des gens très jeunes, 18-24 ans, et aussi les plus de 75 ans.
07:12J'ajouterais à ça que trois quarts des morts sur la route sont des hommes. Comment vous l'expliquez ?
07:17Oui, on a un rapport au risque quand on est un homme qui est différent. Malheureusement, c'est comme ça.
07:24Et c'est vrai que les mobilités douces, les vélos ou les trottinettes, c'est essentiellement la tranche la plus à risque, même déjà avant le développement de ces mobilités douces.
07:32C'était les 18-25 ans. Et les plus de 75 ans, c'est souvent des piétons. C'est souvent des personnes qui ont les sens peut-être louis ou la vue qui ont baissé et qui sont victimes d'accidents, notamment quand on est piéton, que le jour diminue.
07:48Donc oui, de toute façon, c'est les tranches un petit peu extrêmes qui sont le plus en danger. Mais ce sont les mobilités qu'on appelle douces qui concernent les 18-25, majoritairement, bien évidemment.
07:56Véronique Ressault, est-ce qu'on en parle sur les réseaux sociaux ? Alors, bien évidemment, de ces chiffres de la sécurité routière, ils sont tombés aujourd'hui.
08:02C'est peut-être un peu récent, mais j'imagine que ça réagit. Et puis surtout, sur le fait que ce soit parmi le plus de morts en France, ce sont des hommes, trois quarts en tout cas, des hommes sont concernés.
08:13Alors, le fameux rapport à la violence, oui, il est pas mal commenté. Mais c'est plus les mobilités douces qui s'invitent dans les conversations, parce qu'ils appellent ça la guerre des mobilités.
08:24Et c'est des oppositions, comme Aurore le disait, c'est les vélos contre les scooters, les scooters contre les taxis. Enfin, bref, il y a des sujets en soi.
08:33Il y a beaucoup aussi de dénonciations de comportements et de demandes pour les municipales que vous évoquiez là. En fait, c'est même un sujet très important pour les municipales.
08:43En particulier, il y a la demande de portes de casque qui est beaucoup réclamée. Et surtout, les fameux vélos électriques avec des très grosses roues, je crois que c'est un nom spécifique,
08:53qui sont sur les pistes cyclables, mais qui avancent extrêmement vite. Et il y a énormément de cyclistes qui demandent à ce que les municipalités soient plus rigoureuses sur ces sujets-là.
09:04Parce que, voilà, c'est comme des scooters qui seraient au milieu des vélos. Donc, c'est compliqué. Et puis, on voit que globalement, pour une fois,
09:13les internautes et françaises sont plutôt prontes à dénoncer et ne proposent pas tellement de solutions. Là, il y a pléthore de solutions.
09:20Alors, les casques, évidemment. Il y a beaucoup de gens qui réclament les fameuses silhouettes sur la route en disant qu'en fait, c'est un moyen de se rappeler l'attention.
09:27Justement, dans ce lieu et particulièrement accidentogène. Et ça marque toujours les esprits. Et puis, grâce à l'IA, vous avez énormément de campagnes qui sont créées aujourd'hui.
09:36Presque toutes, elles sont dans la veine de ce que Raphaël Kahn disait tout à l'heure. Dans les années 80, c'était des campagnes extrêmement chocs que les jeunes n'ont pas forcément vues.
09:44Et donc là, il y a plein d'exemples des deux roues qui sont sur la route et qui n'ont pas vu un camion qui arrivait. Et on voit la conclusion.
09:52Bref, c'est le moment où ça interpelle. Alors, on y viendra sur d'autres sujets sur la sécurité routière.
09:57Mais on voit bien, les gens demandent finalement qu'on les aide aussi à prendre conscience.
10:02Et il y a beaucoup de commentaires de jeunes qui disent qu'après avoir vu une vidéo comme ça, tout d'un coup, peut-être pas pendant très longtemps,
10:08mais ils y pensent quand ils prennent l'ordre de roue. Et donc, ils sont plus vigilants.
10:14Donc, on voit bien que c'est un sujet qui concerne. Mais on n'attend pas que des solutions des politiques pour une fois.
10:18C'est beaucoup une prise en main personnelle et juste une demande d'aide par les municipalités.
10:24Alors, cette augmentation du nombre de décès sur la route est aussi liée à un autre phénomène.
10:29On en parlait il y a quelques instants et on va l'aborder très concrètement.
10:33L'usage détourné du protoxyde d'azote et donc la consommation au volant de ce gaz hilarant,
10:39comme cette jeune femme passagère d'une voiture victime d'un grave accident faisant un mort.
10:44C'était il y a 15 jours à Nanterre et notre journaliste Marc Bertrand a pu s'entretenir avec elle.
10:51Ils m'ont proposé de venir avec eux. Moi, j'ai dit oui.
10:54Le conducteur, il a demandé si on était tous d'accord pour reprendre du protoxyde d'azote.
10:59Du coup, nous, on a tous dit oui.
11:01On est partis dans une cité. Ils avaient déjà pris des bonbonnes là-bas.
11:05Ils avaient bu de l'alcool aussi, un flash de vodka.
11:08Tu fumes dans le ballon, tu aspires, tu aspires.
11:11Jusqu'à que ça le défonce, en fait.
11:13Et en fait, ils roulaient très, très, très vite.
11:16160, 170.
11:18J'ai dit ralenti.
11:20Mais après, moi, j'ai vu que la première voiture qu'on a percutée.
11:23On a percuté la première voiture et après, je me suis évanouie.
11:27Voilà le témoignage de cette jeune fille qui fait froid dans le dos.
11:30Et on voit bien à travers ce témoignage que la prise de conscience finalement des jeunes via l'usage de ce gaz hilarant semble finalement pas vraiment exister.
11:41Paul Ackermann, vous êtes journaliste suisse.
11:44Est-ce que ce phénomène autour de la consommation, autour de l'usage de ce gaz hilarant, le protoxyde d'azote, est aussi courant qu'en France finalement ?
11:53Alors, on en parle beaucoup moins, en tout cas.
11:57C'est-à-dire que je pense que l'usage est moindre et surtout la prise de conscience est beaucoup moindre.
12:03Il y a eu des cas, on en a parlé, mais on n'en est pas du tout au stade du débat français.
12:09C'est même un peu jugé.
12:13Voilà, on n'est pas très alarmiste.
12:14C'est jugé un peu marginal.
12:15Il y a eu quelques politiques qui ont essayé de mettre ça dans le débat, mais ça n'a pas pris.
12:20Il n'y a pas ou peu d'accidents liés à la consommation de ce gaz hilarant ?
12:22Voilà, il y en a eu, mais ils sont beaucoup moins médiatisés et beaucoup moins nombreux, même proportionnellement à la population.
12:31C'est ce qui fait aussi en France, c'est un beaucoup plus grand pays.
12:36Et donc, les chiffres sont tout de suite beaucoup plus impressionnants.
12:38Il y a même un débat autour du fait de l'interdire, de le juger comme un stupéfiant.
12:46Alors, voilà, c'est compliqué à interdire parce que c'est des produits qui sont en circulation pour plein d'autres utilisations tout à fait normales.
12:55Mais il y a même un débat sur le fait que si ça devait être interdit sous une forme ou sous une autre,
13:00le risque serait que ça devienne un trafic et que ce soit des produits encore plus toxiques qui soient consommés.
13:09Donc, non, on n'est vraiment pas dans une démarche de prise de conscience et d'interdiction en Suisse.
13:13Véronique Reilsout, j'imagine que sur les réseaux sociaux, le protoxyde d'azote fait beaucoup réagir chez les jeunes,
13:19mais peut-être aussi chez les parents qui se sentent inquiets par rapport à leurs jeunes qui sortent en soirée
13:25et qui consomment malheureusement ce type de gaz hilarant.
13:29Vous disiez qu'il n'y a pas de prise de conscience.
13:31En fait, en France, il y a eu un moment qui a été un pic avec plus de 400 000 messages à ce moment-là,
13:36qui est l'accident de Matisse qui avait 19 ans au fin novembre et là, au début novembre, à Lille,
13:43qui est mort dans cet accident à cause du protoxyde.
13:45Et il y a eu à ce moment-là une prise de conscience.
13:48Alors, des parents qui dénoncent un laxisme, la facilité d'accès à ce produit.
13:54Mais vous avez aussi, c'est toujours intéressant de regarder ce que les gens cherchent dans les agents intelligents,
13:59au-delà même de ce qu'ils disent.
14:00Il y a énormément de questions autour du protoxyde, des questions d'adultes et des questions de jeunes,
14:05pour comprendre ce que c'est, pourquoi est-ce que c'est dangereux, et puis comment on peut se le procurer.
14:10Finalement, c'est assez simple.
14:12Et donc, on voit bien que la prise de conscience, elle est dans toutes les populations.
14:17Et en particulier, là encore, on revient à l'idée de prévention et d'explication,
14:22parce que beaucoup de jeunes ne comprennent pas pourquoi c'est si dangereux,
14:25puisque c'est un côté festif et récréatif, que généralement les images que l'on voit sont plutôt des images amusantes.
14:31Donc, les agents ont eux aussi un rôle à jouer, les IA, pour expliquer,
14:36ben non, il y a des dangers sur la santé, au-delà même d'un accident de voiture,
14:40et d'expliquer que ce n'est pas du tout sécure pour les personnes qui le prennent.
14:45Oui, bien sûr. Et c'est un sujet éminemment politique aussi,
14:48avec le gouvernement qui envisage de légiférer.
14:52Je rappelle que ce gaz hilarant, il est en vente libre, et il est utilisé par exemple dans la pâtisserie pour faire de la chantilly,
14:57ou même dans le domaine médical, certains hôpitaux, certains soignants vont l'utiliser.
15:02Je vous propose qu'on écoute Marie-Pierre Védrenne, elle est ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur,
15:08elle était l'invité de France Info à la mi-journée, et elle réagit justement sur l'utilisation de ce gaz.
15:13On voit qu'il y a effectivement des failles juridiques à l'heure actuelle,
15:16parce que vous l'avez rappelé, que ce soit pour la chantilly, que ce soit dans les domaines de santé,
15:19il est facilement accessible. Mais ce qu'on se rend compte aussi, c'est que finalement,
15:23les jeunes, dont on a eu le témoignage tout à l'heure,
15:26ce n'est pas dans les supermarchés qu'ils vont justement avoir accès à ces bonbonnes.
15:30Donc il faut faire évoluer la législation, il faut encadrer les choses,
15:34que ce soit sur les questions de transport, de détection aussi, et effectivement de qualification.
15:40Or, en Malval, on voit que le gouvernement envisage de légiférer,
15:42mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
15:44Est-ce qu'il faut une interdiction totale ? On voit bien que ce n'est pas possible,
15:48c'est en vente libre. Comment on légifère sur ce tel fléau ?
15:51Effectivement, c'est très compliqué.
15:53Il y a des départements qui ont pris des interdictions de vente, justement,
15:57mais c'est des choses extrêmement fragiles,
15:59parce que ça peut être attaqué devant le tribunal administratif,
16:03parce que c'est léger comme fondement juridique,
16:05puisque ce n'est pas une drogue et c'est en vente libre.
16:08Donc effectivement, il y a un axe qu'a cité justement la ministre,
16:11c'est la question aussi des tests. Aujourd'hui, les tests salivaires
16:15qui sont faits justement pour détecter les stupéfiants,
16:18ils détectent très mal le protoxyde d'azote, qui en fait est assez difficile.
16:22Donc il y a une voie, en tout cas, qui est de sanctionner son usage.
16:26Il y a une voie pour légiférer lorsque les tests auront progressé.
16:32Il y a peut-être aussi un axe sur la question de la santé publique.
16:35Moi, ça me semble être un élément qui est assez intéressant,
16:38parce qu'au-delà de la question de son caractère accidentogène,
16:44il y a quand même de plus en plus de témoignages.
16:46On voit dans les hôpitaux, ça commence à se poser comme réelle question de santé publique.
16:50C'est un gaz qui a des effets extrêmement toxiques,
16:52qui crée des symptômes de paralysie motrice, d'incontinence, des troubles cognitifs.
16:57Alors c'est un spectre d'effets extrêmement variés.
17:00Donc les médecins disent, c'est assez dur.
17:02Mais on voit de plus en plus de personnes se présenter justement à l'hôpital pour des symptômes.
17:05Donc effectivement, il peut y avoir justement à ce titre-là une reconnaissance peut-être de sa toxicité en tout cas.
17:13Et donc une vente qui serait contrôlée pour cette substance.
17:18Je rappelle que le gouvernement envisage de légiférer, d'interdire certains usages du protoxyde d'azote
17:24dans le cadre d'un projet de loi sur la sécurité du quotidien
17:27qui devrait être présenté, en tout cas ce que nous dit la ministre en Conseil des ministres.
17:31Raphaël Kahn, quelle est votre réaction ?
17:33Il est logique de vouloir effectivement interdire le transport de protoxyde d'azote en grande quantité
17:39dans l'enceinte d'un véhicule par exemple.
17:42Comme d'ailleurs le font depuis longtemps les Etats-Unis vis-à-vis du transport d'alcool par exemple
17:47dans l'enceinte d'un véhicule.
17:49Et on peut trouver effectivement assez logique de ne pas permettre aux conducteurs d'avoir à portée de main.
17:54Ça permettra au moins peut-être d'éviter un certain nombre de risques immédiats et d'accidents.
17:58Parce qu'on sait aussi que l'effet du protoxyde d'azote est extrêmement rapide mais extrêmement fugace également.
18:03Donc on peut imaginer que pour un certain nombre d'accidents qui ont lieu aujourd'hui sous l'effet du protoxyde d'azote,
18:08c'est une consommation quasi immédiate qui provoque ces accidents.
18:12Le protoxyde d'azote c'est, comme vient de le dire en malval, un risque plus aigu de séquelles neurologiques.
18:19Il a été établi aujourd'hui que ça peut provoquer notamment des scléroses de la moelle épinière.
18:23Et donc si ces accidents de la route permettent de s'attaquer de manière plus générale aux risques sur la santé,
18:31aux dangers sur la santé des jeunes que provoque le protoxyde d'azote,
18:34ça permettra au moins effectivement de poser une fois pour tout le débat.
18:36Merci Raphaël.
18:37Et je remercie aussi Yves Cara d'avoir été avec nous.
18:40Merci pour votre éclairage.
18:42On va passer au deuxième thème de notre émission.
18:45Le drame de Cran-Montana.
18:4740 morts sans cesse blessés.
18:49C'était il y a quasiment un mois tout juste.
18:519 victimes sont hospitalisées en réanimation toujours en France.
18:57Et notre reporter Julie-Marie Lecomte a rencontré au CHR de Metz Lionel Aubrin, le papa de Mathieu.
19:05Mathieu, 27 ans, il était serveur aux Constellations.
19:08Le quotidien c'est Mathieu.
19:10À 14h30, lui nous attend, nous on l'attend.
19:13Au-delà des brûlures, lui il a été beaucoup touché au niveau des poumons.
19:17Il a fait deux infections sévères qui ont, pour l'une, généré beaucoup, beaucoup, beaucoup d'inquiétudes.
19:22Puisqu'on nous a signifié que là, on était sur un pic critique.
19:26On nous a laissé entendre sans nous le dire que ça pouvait basculer d'un côté ou de l'autre.
19:31Il a les deux bras, les deux mains, le dos, l'épaule.
19:34Il est brûlé à 25% du corps.
19:37Il est fait sur une grande partie.
19:38Paul Ackermann, on entend ce témoignage du papa de Mathieu, qui était serveur aux Constellations à Cran-Montana.
19:47En Suisse, le traumatisme est toujours là ?
19:50Oui, il est très fort, il est profond.
19:52Je crois que maintenant, même si les chiffres étaient discutables,
19:57c'est intégré que c'est probablement la plus grande catastrophe du siècle en Suisse.
20:02En tout cas, c'est vécu comme ça.
20:03J'ai reçu à Paris un ami qui est habitué de Cran-Montana, qui allait tous les week-ends.
20:13Il me disait qu'il sent une sorte de boycott de la part des jeunes qui ne veulent plus aller ce qui est là,
20:20que les pistes sont complètement vides.
20:23On voit aussi, vu l'âge des victimes, une sorte de perte de l'innocence.
20:31Que ce soit en Suisse en général, dans cette génération en particulier,
20:36avec des classes entières, des dizaines d'enfants dans certaines écoles ou certains clubs de foot qui ont été touchés.
20:44Donc c'est un traumatisme très profond.
20:46Là, ce week-end, il y a la Coupe du Monde de Ski qui passe par Cran-Montana, vous savez peut-être.
20:51Les premiers reportages que j'ai pu lire aujourd'hui rendent compte d'une ambiance quand même...
20:58Il y avait une grosse, grosse attente autour de ce week-end, comment ça allait se passer.
21:01Il y a quand même une sorte de retour à la vie qui se passe grâce à cet événement-là.
21:07Mais c'est clair que le pays est marqué pour très longtemps.
21:11Et on imagine que la colère aussi est toujours là par rapport au couple de propriétaires,
21:14le couple Moretti, avec cette remise en liberté sous caution de Jacques Moretti.
21:20Comment, sur place, en Suisse et à Cran-Montana, les gens réagissent ?
21:24Alors, le débat a plusieurs dimensions.
21:27C'est-à-dire qu'il y a eu cette focalisation sur ce couple très forte dans un premier temps
21:32et qui continue à être là, comme vous le dites, avec une colère qui peut être aussi des fois un peu instrumentalisée.
21:38Instrumentalisée par qui ?
21:40Par du fait qu'ils sont corses, français, etc.
21:43Sur les réseaux sociaux, ils sont attaqués pour ça.
21:46C'est aussi, on va dire, une cible pratique pour certains.
21:51Ces derniers jours, nous, autant, il y a eu plusieurs articles pour quand même souligner
21:56les gros défauts de contrôle qu'il y avait de la part des autorités.
22:00Je pense qu'il y a aussi les responsables sécurité de la ville de Cran-Montana
22:06qui ont été maintenant mis en cause.
22:08Je pense que le débat, il va plutôt se tourner de ce côté-là aussi quand même,
22:12de dire, voilà, il ne faut pas se focaliser que sur deux personnes.
22:15C'est tout un système qui a permis ça aussi.
22:17Notamment les responsables, les élus du canton du Valais.
22:21Vous dites les pouvoirs publics locaux, en fait.
22:23Oui, et surtout la commune de Cran-Montana.
22:26Parce qu'en fait, c'est, voilà, peut-être dans ce cas-là, un défaut du système suisse
22:31qui fait que ce genre de choses-là sont avant tout de la responsabilité des municipalités.
22:37Or, Malval, sur justement les pouvoirs publics locaux suisses
22:42qui sont donc dans le viseur aussi de la population sur place.
22:47Comment vous l'analysez, vous qui êtes juriste politique ?
22:50Effectivement, on a cette question, enfin en fait, on se retrouve là un petit peu
22:54dans un paradoxe contemporain, c'est-à-dire qu'on a souvent cette question
22:57qui revient des normes, de ces fameuses normes qui contraignent les exploitants,
23:02qui les empêchent, etc., d'ouvrir, de faire correctement leur travail.
23:04Et là, on voit qu'en fait, on s'est assis quand même sur ces normes.
23:08Alors, je parle sous réserve de ce que montrera les suites des investigations.
23:11Mais en tout cas, on sait que la dernière inspection avait eu lieu en 2019,
23:15que finalement, elle s'était conclue par un avis positif,
23:19alors qu'il y avait un certain nombre de manquements, en tout cas,
23:21qu'on a identifiés aujourd'hui, qui auraient dû être, en tout cas,
23:26plus clairement, plus fortement notifiés aux exploitants.
23:30Et puis surtout, on aurait dû y retourner et faire plus régulièrement des inspections.
23:35Et je crois pouvoir dire, sans trop me tromper, que ça existe ailleurs.
23:40Il y a d'autres crans Montana.
23:42Il y a parfois des commissions, justement, d'hygiène et de sécurité
23:45qui ne passent pas assez régulièrement ou qui ne vérifient pas peut-être suffisamment.
23:50– Ce que vous dites, c'est qu'il y a un risque d'autres crans Montana,
23:52aussi en France, dans d'autres discothèques, dans d'autres bars.
23:54– C'est vrai qu'il y a quelque chose dans cette tragédie qui nous glace tous, en fait,
23:59parce qu'on se souvient, en tout cas, d'en avoir entendu parler du 5-7,
24:03de la tragédie du 5-7, justement, dans l'Isère,
24:05où il y a eu plusieurs centaines de morts.
24:07Et on se dit aussi, plus jamais ça.
24:08On ne peut pas, aujourd'hui, dans notre société,
24:10au niveau, justement, de cadrage, de la façon dont on a un État
24:16qui, parfois, est critiqué pour être trop nounou,
24:19eh bien, avoir ce genre de drame est, finalement, lié aussi à des défaillances sur toute une chaîne.
24:24J'ajoute aussi, par rapport à la colère locale,
24:27ça s'explique par un certain nombre de ratés, en tout cas, de curieuses défaillances de l'enquête.
24:32Le fait, notamment, qu'on n'ait pas récupéré les caméras,
24:35les images des caméras de vidéosurveillance directement,
24:37et que, donc, il y ait des images qui étaient effacées,
24:40c'est quelque chose qui est difficilement compréhensible, évidemment, par les familles des victimes.
24:44– Véronique, sur les réseaux sociaux, là, j'imagine qu'il y a énormément de réactions
24:47et que, finalement, le déroulé de l'enquête et de cette affaire depuis un mois
24:50est suivi à la lettre, au détail près, par les internautes.
24:54– Oui, après le moment d'émotion, en fait, il y a trois sujets qui sont très suivis.
24:59Le procès, évidemment, beaucoup, beaucoup, comme vous le disiez,
25:02de commentaires sur le couple Moretti.
25:05En particulier, là, depuis quelques jours, c'est le sujet de la caution des 215 000 euros
25:09qui fait polémique en disant « mais c'est opaque, on ne sait pas comment ».
25:12Il y a le fait qu'il y ait une caution et, en plus, le montant de la caution qui a été payée ainsi,
25:17qui est très critiqué et, en tout cas, interrogé.
25:20Et puis, après, vous avez beaucoup de débats aussi sur les différentes réactions selon les pays.
25:25En France, un sujet sur la difficulté, en France, au démarrage pour trouver et accompagner les victimes.
25:33Beaucoup de gens commentent la réaction des Italiens.
25:36Et les Italiens eux-mêmes sont très énervés.
25:38Mais le sujet qui monte le plus en ce moment, c'est le sujet des victimes.
25:42Et plus particulièrement, le calvaire des rescapés, avec beaucoup de témoignages,
25:46des cagnottes qui commencent à se constituer de plus en plus,
25:50avec, évidemment, toujours dans ces cas-là, des arnaques.
25:52Donc, il faut être très vigilant sur ce que l'on fait.
25:55Et puis, des fonds pour savoir comment est-ce qu'on peut aider.
25:59Et puis, la réalité de ce que vivent ces personnes.
26:02On a entendu le témoignage du père, là.
26:04Mais il y a plein de personnes qui sont passées par des accidents de ce type-là,
26:09qui racontent comment on s'en sort, que la difficulté n'est pas que physique, mais aussi morale.
26:14C'est ce qui mobilise le plus l'opinion publique aujourd'hui.
26:17On continue à en parler dans la deuxième partie avec nos informés.
26:21Il est 20h30, c'est l'heure de retrouver Stéphane Milam.
26:23Et ce nouveau geste de Sébastien Lecornu à destination des agriculteurs
26:33et pour défendre un certain patriotisme alimentaire.
26:36En visite dans une ferme de l'heure, le Premier ministre assure que l'État,
26:40pour ses cantines dont il a la gestion, ne devra plus se fournir
26:43qu'en produits hors de l'Union européenne.
26:46Une nouvelle réponse à la grogne des agriculteurs
26:48après l'adoption, il y a quelques jours, du traité de libre-échange avec le Mercosur,
26:53traité que la France n'a pas signé.
26:55La guerre des déclarations, pour l'instant, entre les États-Unis et l'Iran,
26:58la dernière en date, c'est celle de Donald Trump.
27:00Depuis le bureau Oval, le chef de la Maison Blanche constate que l'Iran veut conclure un accord.
27:06Il confirme qu'il a laissé un délai au régime iranien, mais sans être plus précis.
27:09L'Iran qui se dit prêt à discuter, mais sur le seul dossier du nucléaire.
27:1430 ans de prison pour l'ex-employé de crèche qui avait tué à Lyon
27:18un bébé en lui faisant boire du détergent pour les toilettes.
27:21C'est le verdict de la cour d'assises à Bourg-en-Bresse.
27:23Procès en appel, car ce drame s'était déroulé en 2022.
27:2730 ans, c'est ce qu'avait requis l'avocat général
27:29pour qui il y avait bien l'intention de tuer l'enfant à travers ce geste.
27:35Sur France Info, l'avocat de l'une des victimes de Jean-Marc Morandini
27:38refuse ses excuses, d'autant qu'elles n'ont pas été formulées directement à son jeune client.
27:43Maître Lacheneau regrette aussi que l'animateur soit toujours à l'antenne
27:47de CNews.
27:48Jean-Marc Morandini a présenté ses excuses, aujourd'hui les plus sincères,
27:52et demandé qu'on lui laisse une seconde chance après sa condamnation définitive.
27:56Pour corruption de mineurs, il renonce à tout recours,
27:59alors qu'il avait envisagé de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.
28:03Et puis plusieurs vedettes de la chaîne ont pris leur distance ces derniers jours
28:06avec ce maintien sur CNews.
28:08La disparition de l'actrice américaine Catherine O'Hara, elle avait 71 ans,
28:14elle est décédée à son domicile.
28:16Après une brève maladie, Catherine O'Hara était connue pour ses rôles dans Beetlejuice
28:20et maman, j'ai raté l'avion.
28:22C'était elle, la maman du petit Kevin.
28:26France Info, 20h-21h, les informés, Antoine Comte.
28:32Deuxième partie des informés avec nos invités du soir.
28:36Aurore Malval, grand reporter au service politique de Marianne.
28:40Raphaël Kahn, journaliste et présentateur de l'émission Le Monde dans tous ses états sur France 24.
28:46Véronique Reils-Soult, présidente de Backbox Consulting,
28:49maître de conférence en communication de crise à Sciences Po.
28:51Et Paul Ackerman, correspondant en France pour le journal suisse Le Temps.
28:57On parlait à l'instant de l'émotion, toujours bien présente du côté de Cran-Montana,
29:01un mois après ce drame.
29:04Et je voudrais maintenant qu'on écoute aussi ce témoignage,
29:06toujours au micro de Julie Marie-Lecompte, notre journaliste.
29:10Témoignage de Thomas, le frère de Mathieu, qui est hospitalisé au CHR de Metz
29:15et qui, malgré les promesses d'assistantes faites par l'Elysée ou par le Quai d'Orsay,
29:21se sent totalement seul.
29:22Ce sont ses mots, comme d'ailleurs de nombreuses familles de victimes.
29:26Il a tout de même été aidé sur place à Zurich par une Française.
29:30Tout ça, c'est un peu du flanc pour nous.
29:33On ne voit rien au quotidien, j'en ai reçu aucune aide.
29:35Il n'y a pas un pool en France qui s'est créé rien que pour ça, en disant
29:40« Maintenant, on appelle toutes les familles françaises et on regarde de quoi elles ont besoin. »
29:45Toute la semaine du 5 janvier, j'ai fait ça 14 heures par jour.
29:49Voilà, des victimes, des proches de victimes qui se plaignent finalement de ne pas être aidés,
29:55de ne pas recevoir l'assistance qu'avaient promis les pouvoirs publics et notamment l'Elysée et le Quai d'Orsay.
29:59Raphaël Kahan, passé de l'émotion au drame, en fait, il n'y a plus rien derrière.
30:04On peut dire que l'Elysée est aux abonnés absents ?
30:06Oui, il y a eu une sollicitude immédiate.
30:08Le problème, c'est ce que relève d'ailleurs la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs,
30:13c'est qu'ils ont dû engager immédiatement des frais extrêmement lourds parfois.
30:18Certains étaient dans le coma, on s'en sortit depuis heureusement, mais des frais de réanimation.
30:22Il y a eu des frais d'obstèques aussi pour les familles de disparus.
30:26Elles ont dû donc débourser immédiatement.
30:27Le problème, c'est qu'ensuite, les reconnaissances de sinistres, à partir du moment où on est face à une situation qui est transfrontalière par nature,
30:35c'est extrêmement complexe et ces familles, effectivement, se plaignent du manque d'assistance.
30:40Elles sont isolées, il n'y a pas de collectif qui se soit monté à l'heure qu'il est.
30:46Et c'est peut-être aussi le rôle des pouvoirs publics ici en France de le faire.
30:49Romal Val, justement, qu'est-ce qui se passe ?
30:52Alors, on ne va pas comparer bien évidemment tous ces drames,
30:54mais lors des attentats, par exemple, de Paris en 2015, il y avait des collectifs qui s'étaient montés assez rapidement
30:58et soutenus par les pouvoirs publics.
31:00Et là, on voit que, en tout cas, concernant les victimes françaises, ce n'est pas le cas.
31:04Oui, effectivement.
31:04Alors, c'est vrai que c'est difficile à Paris, les attentats de Paris, du Bataclan et des terrasses en novembre 2015,
31:12sont difficilement comparables parce qu'effectivement, on était dans un deuil national
31:15et toute l'attention des pouvoirs publics était portée là-dessus.
31:20Peut-être que je pourrais davantage le rapprocher de ce qui s'est passé à Nice après l'attentat du 14 juillet,
31:24où, justement, la prise en charge des victimes, alors bien sûr, dans un contexte d'attentat terroriste
31:29qui est encore différent, mais c'est plus loin de Paris.
31:31Ce camion qui avait foncé sur la promenade des Anglais.
31:33Voilà, tout à fait.
31:35Un terroriste islamiste qui avait fait 86 morts.
31:40Et donc, à ce moment-là, ça a été difficile.
31:43Je me souviens, justement, de négociations, parce qu'à l'époque, je travaillais justement à Nice.
31:50J'étais journaliste à Nice ce matin.
31:51Ça a été extrêmement compliqué pour les victimes de pouvoir avoir cet accompagnement,
31:56de pouvoir être aussi dans l'enclencher des dossiers, effectivement, pour être reconnus aussi comme victimes.
32:02Et je pense que là, en fait, on est à la fois trop proche et trop loin.
32:06C'est un petit peu le même cas de figure, c'est-à-dire trop proche,
32:10parce que si c'était dans un pays étranger, très lointain, sûrement que l'Elysée aurait monté une cellule,
32:15quelque chose de beaucoup plus formel pour porter assistance à ces familles et aux victimes,
32:19ce n'est pas le cas pour un pays aussi frontalier que la Suisse.
32:21Et en même temps, c'est trop loin de Paris.
32:23Mais bon, j'imagine que rien n'est irattrapable et que ça pourra bouger dans les semaines qui viennent.
32:29– Paul Ackermann, comment ça se passe ?
32:30En Suisse, il y a justement des comités de soutien, des associations qui sont remontées
32:35pour aider à l'appel des pouvoirs publics aussi les victimes et surtout leurs familles.
32:40– Alors en Suisse, il y a tout un processus d'aide aux victimes.
32:46À la fois, le canton a d'ores et déjà promis certaines sommes
32:51et est en train de monter une fondation pour encadrer ça.
32:57Après, la question en France, il y a quand même ces systèmes juridiques qui sont différents.
33:02C'est la Suisse un pays fédéral, et on l'a dit avant, même parfois communal.
33:07Et donc très difficile à comprendre pour les victimes françaises.
33:10Il y a quand même eu aujourd'hui la FENVAC,
33:12cette fédération de victimes d'accidents collectifs qui a pris la parole.
33:17Pour moi, c'était un peu une première.
33:19Ils le disaient eux-mêmes, ils n'ont pas vraiment été missionnés par des victimes.
33:25qui se sont, ils le disaient eux-mêmes, pas encore organisés en collectif.
33:30Ils prennent un peu les devants.
33:33Et une des raisons qu'ils donnaient, qui est, je pense, intéressante sur cette affaire-là,
33:37c'est que la plupart des victimes aujourd'hui sont des blessés, grands brûlés.
33:43Et qu'en gros, les familles, leur priorité pour l'instant, c'est d'être à côté de leur enfant.
33:46Ils n'ont pas encore beaucoup de mal à se mettre dans cette perspective de plusieurs années,
33:51plusieurs de traumatismes.
33:56Et c'est cette fédération qui entend le faire.
34:00Après, c'est vrai que du côté des autorités françaises,
34:04il y a une sorte de déni autour de ça.
34:06Alors vous disiez l'Élysée, c'est...
34:08Là, on a l'extrême opposé du système tellement centralisé
34:12qu'on va tout de suite vers l'Élysée.
34:14Le jacobinisme français.
34:15Il y a quand même beaucoup d'autres organisations,
34:16que ce soit du côté du Quai d'Orsay, du ministère de la Justice,
34:20où effectivement des choses avaient été promises,
34:24ou en tout cas évoquées.
34:25Et aujourd'hui, la FNV dit qu'ils n'en voient pas la couleur.
34:29La fameuse dotation du canton de Valois,
34:35qui est quand même de 10 millions d'euros,
34:37donc qui est une somme importante.
34:39On regarde tout ce qui va falloir accompagner.
34:43Ce n'est pas forcément beaucoup,
34:44mais ça choque beaucoup les victimes françaises.
34:47Et l'autre chose, c'est qu'ils en veulent à l'Élysée,
34:49mais ils trouvent que ce n'est pas qu'un sujet d'argent,
34:51c'est aussi un sujet d'information, d'être guidé.
34:54C'est-à-dire que c'est très compliqué de se repérer
34:56dans le système de santé,
34:58que vous êtes pris dans certains hôpitaux très bien.
35:02Dans d'autres, vous vous êtes retrouvé là un peu par hasard
35:04et que c'est compliqué.
35:06Donc il y a aussi une colère là-dessus.
35:07Et ils font beaucoup de parallèles avec la Suisse,
35:09en disant qu'au moins en Suisse,
35:11les victimes ont été plus accompagnées, plus suivies.
35:14Raphaël Kahn, on parlait de légiférer en début d'émission
35:17sur la sécurité routière,
35:18sur tous ces drames qu'on connaît dans les accidents de la route.
35:22Pour ce drame en Suisse,
35:24il y a eu des contrôles qui ont été effectués depuis un mois,
35:26dans les discothèques, dans de nombreux bars,
35:29et bien sûr en France.
35:31Et il y a des propriétaires qui ont décidé de renoncer,
35:33vous savez, à ces fameuses bougies
35:34qui étaient sur les bouteilles de champagne,
35:36comme on l'a vu à Cromontana,
35:37pour utiliser plutôt des bougies LED.
35:39Et d'ailleurs, il y a un business apparemment fleurissant
35:42des bougies LED depuis que ces contrôles ont été effectués.
35:46Est-ce que là aussi, il y a un objectif,
35:49une volonté, et j'ai envie de dire une nécessité,
35:52de légiférer, c'est-à-dire pour pouvoir interdire à terme
35:55l'utilisation, et là je parle de la France,
35:57de ces bougies qui ont créé ce type de drame-là ?
36:01Oui, en connaissant la psychologie française,
36:04on va sans doute y arriver,
36:05parce qu'on est quand même le pays du principe de précaution,
36:08inscrit dans la Constitution.
36:09Et donc, si l'affaire de Cromontana fait jurisprudence,
36:13et que la justice effectivement acte de manière formelle
36:16que ces bougies sont à l'origine du sinistre,
36:19on voit mal comment le législateur ici en France
36:21pourrait s'abstenir d'interdire leur usage
36:24dans les discothèques et a fortiori dans les sous-sols
36:28avec une hauteur sous-plafond inférieure
36:31à ce qu'on a observé notamment en Suisse,
36:33où le plafond était particulièrement bas.
36:34Alors Malval, sur le fait de légiférer,
36:37est-ce que le gouvernement, finalement,
36:41Raphaël le disait,
36:42est-ce qu'il y aura un précédent,
36:44une forme de jurisprudence ou pas,
36:45pour le gouvernement français
36:46qui pourrait en effet changer la loi
36:48pour l'ensemble de ces établissements de nuit notamment ?
36:51Je sais qu'il est de bon ton souvent de dire
36:53oh là là, qu'est-ce que c'est insupportable
36:55de légiférer à chaque fois, etc.
36:57Mais il faut être obligé de constater dans ce cas-là
36:59que le bon sens qui consistait à ne pas mettre des bougies
37:02à proximité d'un plafond en mousse
37:05n'a pas suffi.
37:07Donc c'est vrai que si on doit en passer par là
37:11et effectivement interdire à la fois ces bougies
37:14dans des environnements clos
37:16et qui peuvent rapidement du coup prendre feu
37:19et puis interdire aussi cette mousse au plafond
37:21parce que je crois que les propriétaires ont dit
37:24mais ça c'est quelque chose qu'on retrouve partout,
37:25il y en a énormément.
37:26On a un autre exemple dans une discothèque au Brésil
37:29où il s'est passé justement il y a plusieurs années
37:31quasiment la même chose.
37:32Pareil, ce plafond en mousse s'est embrasé.
37:37Donc c'est vrai que ça peut paraître un petit peu ridicule
37:40à chaque fois de faire des cahiers des charges
37:41extrêmement compliqués
37:42et de mettre tout aux normes comme ça
37:43mais pour éviter des morts,
37:46moi je pense que c'est effectivement pas une mauvaise solution.
37:48Allez, on va passer au troisième thème
37:50et dernier thème de notre émission.
37:52Merci à nos informés d'être avec nous
37:55pour parler de cette bonne nouvelle économique.
37:58c'est que la croissance française résiste plus 0,9% en 2025
38:03par rapport à 2024
38:05et c'est le ministre de l'économie lui-même, en personne,
38:07Roland Lescure, qui s'en félicite.
38:10Écoutez.
38:11Quand on regarde le détail,
38:12les entreprises ont été au rendez-vous
38:14et donc je les remercie.
38:15Elles ont exporté, elles ont investi en 2025
38:18et on l'espère évidemment,
38:20ça fait, je dirais, un bon départ pour 2026.
38:22On a un budget qui s'assoit sur une prévision de croissance
38:24qui est aujourd'hui crédibilisée par les chiffres
38:27que nous donne l'INSEE aujourd'hui.
38:29Raphaël Cahen, c'est un bon départ,
38:31comme le dit le ministre de l'économie ou pas ?
38:33Alors, c'est rassurant par rapport à ce qu'on attendait.
38:36Effectivement, on craignait une croissance française
38:39sensiblement inférieure à 1%,
38:40on est proche des 1%.
38:42C'est pas non plus flamboyant
38:44parce qu'on s'était habitué, juste avant le Covid,
38:47à des rythmes de croissance supérieurs.
38:48C'est très inférieur à ce qu'on observe, par exemple, aux Etats-Unis,
38:51même si les caractéristiques de l'économie française
38:53n'ont évidemment rien à voir.
38:55Et quand on regarde dans le détail,
38:56en réalité, les moteurs de cette croissance,
38:58c'est surtout cela qui est de nature à inquiéter
38:59parce que d'abord, ça part d'une reconstitution des stocks,
39:02c'est-à-dire qu'en fait, on a stocké plutôt que vendu.
39:05Et ça part également de les dépenses de l'administration publique,
39:10qui là, évidemment, restent toujours particulièrement dynamiques.
39:13Et puis, l'investissement des ménages dans l'immobilier.
39:15Alors, effectivement, on dit quand le bâtiment va tout va,
39:18ce secteur semble repartir, mais après des années de stagnation,
39:21et surtout avec des niveaux de prix tels qu'effectivement,
39:23les ménages doivent s'endetter massivement
39:26pour ensuite payer, effectivement, les niveaux de prix qu'on observe.
39:30En revanche, le moteur de la consommation n'est pas au rendez-vous
39:33et le moteur de l'investissement des entreprises non plus.
39:36Le commerce extérieur, contrairement à ce que dit Roland-Lens-Lesscure,
39:39certes, les exportations augmentent,
39:40mais les importations augmentent davantage.
39:42De ce point de vue-là, effectivement, aujourd'hui,
39:44on n'est pas dans une situation qui est si réjouissante
39:46en termes de perspective pour l'économie française.
39:48– Mais est-ce que ce n'est pas un peu étonnant, quand même,
39:50question peut-être à vous quatre,
39:51quand on voit que la consommation des ménages a baissé au mois de décembre,
39:56le mois de décembre qui est la période de fête
39:58où, en général, les Français n'hésitent pas à consommer et à dépenser.
40:03Comment ça s'explique ?
40:04Est-ce que c'est parce que les Français sont prudents
40:05et qu'ils dépensent moins et du coup, ils épargnent plus,
40:09vis-à-vis notamment du contexte international
40:11et aussi de l'instabilité politique en France ?
40:13On imagine qu'il y aura peut-être des mesures d'austérité à venir.
40:17Le budget n'est pas encore complètement voté,
40:19mais on imagine qu'il y aura une période aussi peut-être d'austérité
40:21que vont connaître les Français.
40:23C'est par prudence qu'ils font ça, Or, en Malval ?
40:25– Alors moi, je pense qu'il y a plusieurs catégories de Français.
40:27Je me garderai de les mettre tous dans cette catégorie, justement,
40:31des épargnants qui vont prudemment attendre et stocker
40:34en voyant, s'inquiétant éventuellement, de leur taux de CSG.
40:37Moi, je pense qu'il y a des Français qui n'ont pas dépensé pour les Fêtes
40:42tout simplement parce qu'ils ont du mal à boucler leur fin de mois.
40:45Et ça, on l'entend quand on va sur le terrain,
40:47on reportage un petit peu partout.
40:49– Et ça s'accentue d'année en année.
40:50– Et ça s'accentue d'année en année.
40:52Et effectivement, pour eux, je dirais que peut-être qu'ils auront des surprises
40:56dans le budget, dans le déploiement du budget 2026
41:00parce que toutes les mesures, en tout cas, on n'a pas vu encore
41:04comment ce budget allait être vécu.
41:07Je trouve que par rapport, enfin, il y a quelque chose qui ressort en tout cas,
41:10c'est que les entreprises, finalement, moi, je vois dans les perspectives économiques
41:13de l'OCDE que finalement, le moral des entreprises, lui, est bien remonté,
41:17mais par contre, pas celui des Français.
41:19Et je pense que ça, c'est quand même assez fondamental dans cette différence.
41:22Et on peut le voir de façon positive, mais moi, je m'interroge quand même
41:25parce que finalement, qu'est-ce que ça nous dit, cette séquence ?
41:29C'est que l'instabilité politique, elle n'est pas si grave pour l'économie.
41:34C'est-à-dire que l'économie globale a un niveau d'autonomie tel que finalement,
41:39même quand démocratiquement, ça ne va pas du tout,
41:42finalement, globalement, l'économie s'en sort.
41:44Et ce n'est pas vrai que pour la France, d'ailleurs, on le voit,
41:47c'est le cas aussi pour l'Espagne, qui n'a pas passé de budget depuis 2023,
41:51qui a une croissance beaucoup plus élevée que la France pour d'autres raisons aussi,
41:54mais même pour les Pays-Bas, qui ont aussi une incapacité actuelle
41:57à former leur gouvernement.
41:59Donc ça, on l'observe vraiment dans d'autres pays.
42:00Donc cet argument du pouvoir en place, notamment des macronistes,
42:03de dire que si il y a de l'instabilité politique, on va souffrir économiquement,
42:07il ne tient pas la route.
42:07Alors, je ne dis pas qu'il ne tient pas la route sur toute la ligne,
42:11mais en tout cas, pas complètement.
42:12Et on voit bien d'ailleurs les taux d'emprunt.
42:13La France emprunte globalement, corrigée de l'inflation,
42:16exactement au même taux que, justement, sous Jacques Chirac.
42:20Donc, je ne pense pas qu'il, par rapport à ça, pérille dans la demeure.
42:23Mais moi, ça m'inquiète d'un point de vue démocratique,
42:25que l'économie soit à ce point décorrélée, justement,
42:27des soubresauts politiques que peut vivre un pays.
42:31Voilà, Carman, votre regard de Suisse sur la croissance française.
42:35Quel est-il ?
42:36Et qu'est-ce qu'il faut pour relancer aussi la croissance en France ?
42:40En fait, ce que je vois aussi dans les domaines qui marchent,
42:45c'est l'aéronautique, la défense.
42:46Donc là, on voit bien qu'il y a un côté peut-être aussi un peu en trompe-l'œil,
42:51contextuel.
42:52Pour ce qui est de l'industrie de la défense,
42:55il faut bien dire qu'elle a bien été défendue par Emmanuel Macron,
42:59qui est toujours là pour faire la promotion de ce réarmement européen
43:04avec une préférence européenne dans l'armement.
43:08Mais ça, ça donne un côté un peu en trompe-l'œil.
43:10Après, sur l'instabilité politique, je dirais quand même que,
43:14depuis quelques mois, il y a moins d'instabilité.
43:16Là, c'est le premier premier ministre depuis plusieurs premiers ministres
43:22qui réussit à finalement arriver.
43:24Et puis on le voit quand même arriver depuis quelques mois,
43:27le fait que ce budget passerait,
43:29que finalement, ça tiendra jusqu'à la présidentielle.
43:31Donc là aussi, je vois une forme de trompe-l'œil,
43:33parce que c'est une stabilité en trompe-l'œil.
43:35C'est-à-dire que le Cornu a obtenu une prolongation d'un an,
43:40mais après, on sait qu'on reviendra à une situation
43:43dont on ne sait vraiment pas à quoi elle ressemblera.
43:46Donc ces deux aspects-là me font quand même dire
43:48que ces bons chiffres sont peut-être temporaires
43:52et qu'il faut se méfier de ne pas être trop enthousiaste en les voyant.
43:55Théronique Ressoud, vous êtes déjà d'accord, vous peut-être, personnellement,
43:58et sur les réseaux sociaux, qu'est-ce qu'on en dit de cette croissance
44:01qui est plutôt une bonne nouvelle quand même, on peut le dire ?
44:05Elle n'est pas tellement comprise, déjà.
44:06Il y a une différence de ressenti qui n'est pas la même pour les Français.
44:09Alors oui, Aurore a raison, il y a des Français,
44:12il n'y a pas une seule catégorie.
44:13Mais d'abord, sur décembre, il y avait le budget.
44:16On était en plein milieu de cette discussion à longueur de temps.
44:19Donc un, beaucoup n'avaient pas les moyens.
44:21Et deux, les autres se disaient, bon, on est un peu instables.
44:24Ensuite, quand on regarde la différence pour les chefs d'entreprise,
44:27oui, ils disent à 62% qu'ils ont confiance,
44:29mais dans leur entreprise.
44:31Et quand on leur demande est-ce que vous avez confiance dans l'économie française,
44:34on descend très nettement, parce que là,
44:36on est sur 72% qui sont inquiets sur la situation économique.
44:39Donc on voit bien qu'il y a une différence entre ce qui est moi
44:42et ce que je maîtrise à peu près,
44:44et l'autre réalité.
44:45Et ensuite, c'est inversement proportionnel pour les Français eux-mêmes,
44:49puisque globalement,
44:50c'est 77% des Français qui n'ont pas confiance,
44:53ont l'impression que leur niveau de vie baisse,
44:55et qu'ils baissent lentement,
44:57et qu'ils sont déclassés chaque jour un peu plus.
44:59Ils passent leur temps à se comparer maintenant aux Espagnols.
45:02En tout cas, dans les messages, on voit beaucoup de gens qui disent,
45:04mais c'est bizarre, dans les études sur le PIB,
45:06on n'est pas très bien, on a été doublé par les Espagnols,
45:11les Polonais sont eux aussi en train de s'améliorer.
45:15Et puis enfin, il y a un sujet économie,
45:18et il y a un sujet sur le chômage qui remonte beaucoup,
45:21et sur des sujets où les Français ont l'impression que c'est un peu décorrélé.
45:25L'un des sujets majeurs, c'est le logement,
45:27où les Français ont du mal à se loger,
45:29et donc même si l'économie va un peu mieux,
45:31le logement, c'est ce qu'on leur ressent en quotidien,
45:33c'est la restriction que l'on peut sentir dans l'épanouissement de sa vie,
45:37le fait de s'émanciper, enfin voilà.
45:39Donc le ressenti et les chiffres,
45:41ce n'est pas tout à fait la même chose comme la météo.
45:43C'est un peu décorrélé.
45:44Vous vouliez réagir, Raphaël Kahn ?
45:45Oui, sur la question de l'innocuité de la crise politique,
45:48je n'en suis pas totalement persuadé,
45:50parce que le gouvernement a décidé
45:52de faire un certain nombre de concessions au Parti Socialiste,
45:56et d'ailleurs au passage de concessionner les entreprises
45:58en maintenant la surtaxe sur les bénéfices,
46:01parce que précisément le coût économique
46:03de ne pas passer de budget
46:05était considéré comme supérieur
46:07au fait de ponctionner précisément les entreprises
46:10et donc d'entraver une partie de leur marge.
46:12Donc c'était quand même clairement un choix entre deux mots,
46:15et considérant donc que le maintien de ce statu quo budgétaire,
46:20donc l'absence de budget pour 2026,
46:22portait en elle les germes d'une crise économique
46:26ou en tout cas de dommage à l'économie
46:27qui risquait d'être plus important,
46:29notamment par le report des décisions d'investissement,
46:32par aussi le fait que les investissements directs extérieurs
46:35de l'étranger vers la France
46:36risquaient de se trouver là aussi réduits
46:39par ce contexte assez inhospitalier aujourd'hui en France,
46:43et puis parce que tout simplement les agences de notation,
46:45même si le budget aujourd'hui est loin d'être idéal
46:46avec un déficit ramené certes à 5%,
46:49mais à 5% du PIB tout de même, considèrent ces agences de notation
46:53que le vide politique, là, c'était un risque demain
46:57de dégradation de la note souveraine
46:59et donc d'emprunt à des taux supérieurs pour la France.
47:02Et dans ce contexte, les entreprises stratégiques de défense françaises
47:06sont au cœur des préoccupations du gouvernement,
47:09enfin pas toutes, on va en parler dans quelques temps.
47:11Je vous propose qu'on écoute à nouveau
47:13le ministre de l'économie Roland Lescure,
47:16il s'exprime notamment sur Eutelsat,
47:18cette entreprise française de satellites,
47:20et là, Bercy dit non.
47:22J'ai décidé de ne pas autoriser Eutelsat,
47:24qui est une grande entreprise de satellites français,
47:27à vendre ces antennes au sol,
47:28qui permettent de communiquer avec les satellites.
47:30Ces antennes, elles servent pour des communications civiles
47:33et aussi pour des communications militaires.
47:35Eutelsat, c'est le seul concurrent européen de Starlink.
47:39C'est évidemment un actif stratégique.
47:41Et là, j'ai dit non.
47:42Donc les ventilateurs, c'est oui,
47:43avec des conditions extrêmement strictes,
47:45et les antennes, c'est non.
47:46Or, Malval, c'est très paradoxal,
47:49ce discours du ministre de l'économie,
47:52parce que d'un côté, on dit oui aux Américains
47:53avec LMB, Aerospace,
47:56mais on dit non aux Suédois avec Eutelsat de l'autre côté,
48:00alors qu'Emmanuel Macron et le gouvernement,
48:02par la longueur de journée,
48:03de souveraineté française,
48:05en matière de défense,
48:06de souveraineté européenne,
48:07et de la construction d'une Europe de la défense.
48:09Est-ce que vous trouvez ça paradoxal ?
48:11Alors, on peut...
48:12Effectivement, moi, je trouve qu'il y a une...
48:14Enfin, en tout cas, il y a un petit souci,
48:16quand même, dans toute cette affaire.
48:17Je ne veux pas accabler...
48:19On voit bien, effectivement,
48:20la différence entre les deux entreprises.
48:22Je pense que Roland Lévesque le dit assez clairement.
48:25Eutelsat, c'est vraiment un flouon français
48:27éminemment stratégique.
48:28C'est l'équivalent du Starlink d'Elon Musk.
48:30Donc, il est hors de question de le donner aux Américains.
48:33Très bien.
48:34Mais c'est vrai que je pense que ça a été accentué,
48:37le fait d'en parler plus largement.
48:40Après, un petit peu ce qui ressemble quand même
48:42à un fiasco, au moins, de communication
48:44sur, justement, LMB,
48:46qui est cette société qui fabrique, donc, des ventilateurs.
48:49Effectivement, des ventilateurs sont moins stratégiques
48:51que des relais satellites.
48:53Mais néanmoins, ça fait mauvais genre
48:56à un moment où, justement,
48:58la France parle de souveraineté,
48:59parle de souveraineté aussi
49:01pour, justement, ces entreprises
49:03et ces entreprises stratégiques
49:05dans le domaine militaire.
49:06Alors, effectivement, j'ai lu les réponses
49:08du gouvernement par rapport à cela,
49:11en disant que ces ventilateurs,
49:13eh bien, toutes les sociétés françaises
49:16ne les utilisaient pas,
49:17que Thalès et Safran, d'ailleurs,
49:18en fabriquaient aussi.
49:19Donc, ils étaient remplaçables.
49:21Il y a cet élément de la remplaçabilité.
49:23Mais c'est vrai que ça pose question quand même
49:26parce qu'on a ce premier avis de la DGA,
49:29de la Direction Générale de l'Armement,
49:31qui dit, qui conseille,
49:32ce serait bien quand même que la BPI
49:34rentre, justement, au capital
49:36et cet avis n'a pas été suivi.
49:38Donc, ça, je trouve que c'est quand même
49:41un petit peu le point un petit peu problématique.
49:43J'ai l'impression que là, avec le Telsat,
49:45le gouvernement essaye de rattraper un petit peu,
49:47en tout cas, de se louper.
49:50Je ne sais pas si c'est totalement une erreur,
49:53en tout cas, d'avoir laissé rentrer les Américains.
49:54Après, on sait bien que l'histoire des Golden Shares,
49:58etc., des garde-fous qui peuvent être mis en place
50:00face à Donald Trump, face aux Américains,
50:02qu'est-ce que ça vaut ?
50:04Et donc, forcément, c'est quand même un risque
50:06pour la souveraineté française sur ces entreprises.
50:09Paul Ackerman, vous comprenez que les Français
50:12et donc le gouvernement décident finalement
50:15de vendre une entreprise stratégique aux Américains
50:18et de ne pas le faire à des Suédois
50:20qui sont des partenaires européens.
50:22Et on a besoin d'être unis en Europe.
50:24C'est vrai que, dit comme ça,
50:25la succession tombe un peu mal.
50:28Après, la deuxième décision étant peut-être
50:32effectivement une manière de se défendre
50:34de la première, elle se défend quand on...
50:37Enfin, on le disait avant, la défense,
50:39non seulement on est dans une époque
50:41éminemment stratégique, et en plus, ça rapporte.
50:44Donc, de garder en France ces vecteurs de croissance,
50:48ces vecteurs d'autonomie,
50:50ça semble assez logique quand même.
50:52C'est peut-être la première décision
50:53qui était plus difficile.
50:54Véronique, ça réagit sur les réseaux sociaux
50:55ou pas du tout ?
50:56Ça réagit, et surtout,
50:58ils ne sont pas du tout d'accord, les Français,
51:00et ils ont considéré que LMB...
51:03Alors, je ne sais pas,
51:04mais ils avaient l'heure de dire
51:04que ça équipait les Rafales,
51:06donc c'était important,
51:07et que globalement...
51:08Et en plus, c'est les Américains.
51:09C'est-à-dire que peut-être
51:10qu'on aurait eu cette discussion
51:11il y a cinq ou six ans,
51:12ça n'aurait pas eu les mêmes réactions,
51:14mais dans le contexte actuel,
51:16avec Donald Trump,
51:17la réalité de la complexité
51:18des relations avec les États-Unis,
51:19et en particulier sur le sujet de la défense,
51:22les Français ne comprennent pas,
51:23et le sujet de BPI
51:24n'a pas été un sujet massif,
51:26mais il y a quand même
51:27beaucoup d'internautes
51:28qui se sont interrogés,
51:29qui ont regardé du coup
51:30les investissements de BPI,
51:31en disant,
51:32mais pourquoi BPI n'a pas investi
51:33alors qu'il investit dans...
51:35Donc ils considèrent que c'est une erreur.
51:36Une grave erreur,
51:37et ne comprennent pas,
51:38d'autant qu'en plus,
51:38c'est l'un des rares sujets
51:39où Emmanuel Macron
51:40est un peu plus populaire
51:41auprès des Français,
51:42c'est-à-dire le sujet
51:43de la défense
51:45et de la position internationale.
51:47Donc là,
51:48c'est un faux pas.
51:50En tout cas,
51:50les Français ne suivent pas
51:52le discours
51:53et la différenciation
51:55entre les deux sociétés,
51:56plus le fait
51:57qu'il y ait suédois
51:57versus américains,
51:58ça faisait beaucoup
51:59dans l'opinion publique.
52:00Raphaël Kahn,
52:01vous êtes d'accord
52:01avec ces Français ?
52:02C'est une grave erreur,
52:03ce qu'a fait le gouvernement
52:04avec les Américains ?
52:05Non, parce que je pense
52:06qu'il s'agit de dossiers
52:07extrêmement complexes.
52:08Nous n'avons pas
52:08tous les tenants et aboutissants.
52:10Nous ne connaissons pas
52:11la nature exacte
52:11des garanties
52:12qu'aurait obtenues l'État,
52:13dont se prévaut en tout cas
52:14aujourd'hui en l'excure.
52:15Il y a certes celle
52:16de London Chair
52:16qui permet en tout cas
52:18au gouvernement
52:18de rester décisionnaire,
52:19en tout cas à l'État français,
52:20mais pour autant,
52:22quel est le périmètre exact
52:23d'avoir dans quelle mesure
52:25ces ventilateurs
52:26sont réellement stratégiques ?
52:27Le gouvernement conteste
52:28d'ailleurs avoir outrepassé
52:30un avis négatif de la DGA,
52:31donc même sur ce point-là,
52:32aujourd'hui,
52:33il y a polémique.
52:35Et donc,
52:35il est très complexe
52:37de comparer ces ventilateurs,
52:39comme le disait d'ailleurs
52:40Aurore Malval,
52:40à un actif,
52:42pour le coup,
52:43réellement stratégique
52:44que sont aujourd'hui
52:45les relais satellites
52:46de Telsat.
52:47D'ailleurs,
52:47Emmanuel Macron
52:48a proposé
52:49comme alternative à terme
52:50à l'Ukraine
52:51si d'aventure,
52:52Elon Musk coupait
52:53la possibilité
52:54d'accès à Starlink.
52:55Donc ça fait débat,
52:57pas que sur ce plateau,
52:58mais aussi auprès des Français.
52:59Merci en tout cas
53:00à nos informés du soir.
53:02Aurore Malval,
53:03merci d'avoir été avec nous.
53:04Vous êtes grand porteur
53:06au service politique de Marianne.
53:07La une de Marianne ?
53:08La une de Marianne
53:09sur la France insoumise.
53:11Et on s'interroge justement
53:11sur la stratégie
53:12de Mélenchon
53:13et de son parti
53:14pour la prochaine présidentielle
53:16et d'ailleurs
53:17les échéances municipales
53:18sur cette folie racialiste.
53:21Paula Kerman,
53:21vous êtes journaliste
53:23au temps,
53:24journal suisse.
53:25Merci d'avoir été avec nous.
53:26La une peut-être
53:27de votre journal ?
53:28Alors la une de demain,
53:29je ne sais pas.
53:32Probablement autour
53:32de Cran-Montana
53:33étant donné qu'il y a eu
53:34ce sujet français
53:37dont je vous parlais
53:38et qui sera dans le journal.
53:40Et aussi le fait
53:41que la Suisse accorde
53:42l'entraide judiciaire
53:43à l'Italie
53:43ce qui était le pendant
53:46beaucoup plus polémique
53:47de la même affaire.
53:49Véronique Ressoult,
53:50présidente de Backup
53:51Consulting,
53:52maître de conférence
53:53en communication
53:54de Crise Asensuo.
53:55Merci d'avoir été avec nous
53:56ce soir dans Les Informer.
53:57Merci beaucoup
53:58Raphaël Canal,
53:59Karine, pardon,
54:00journaliste et présentateur
54:01de l'émission
54:02Le Monde
54:03dans tous ses états
54:04sur France 24.
54:06Merci de nous avoir suivis.
54:07Merci d'avoir suivi
54:08Les Informer
54:09à la radio
54:10et à la télé.
54:11A très bientôt
54:12et bonne soirée.
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