Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Ce vendredi 30 janvier, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, et Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, se sont penchés sur la succession de J. Powell par K. Warsh à la présidence de la FED en mai, et la question de la préservation de l'indépendance de cette institution. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00De nos experts qui vont nous accompagner et d'abord l'accueil que lui réserve le marché américain.
00:05Vous l'entendez, la cloche retentit à Wall Street, c'est l'ouverture là-bas.
00:09On sort les pop-corns. 9h30 à New York, 15h30 ici, notre Dream Team, John Plassard.
00:13Bonjour John. Pour citer les questions.
00:16Léa Dauface aussi nous accompagne pour parler de ce futur président de la fête, Kevin Walsh.
00:20Bonjour Léa, ravi de vous retrouver.
00:23TAC Economics, bienvenue et bien sûr en fil rouge, Antoine Larigaudry. Bonjour Antoine.
00:27Bonjour Guillaume.
00:28On était curieux de savoir comment Wall Street accueillerait la nouvelle.
00:30Kevin Walsh succèdera à Jerome Powell. Comment Wall Street ouvre-t-il ?
00:34Écoutez, en baisse, moins 0,38%, 23 594 points, moins 0,29% pour le Dow Jones, 48 935, moins 0,24 pour le S&P 500, 6 952 points.
00:46Attention encore une fois à la volatilité.
00:48On peut prévoir peut-être des mouvements d'ajustement assez violents lors de cette séance.
00:52On a un indicateur VIX qui est au-dessus des 17 points, donc il reste relativement tendu on va dire.
00:5817,80. Si on regarde l'euro-dollar, le dollar a quand même repris des forces.
01:02On est à 1,1910 en ce moment.
01:05Et puis l'once d'or fin qui a capté toute l'attention hier reste tout juste au-dessus des 5 000 points sur les niveaux de correction de ces dernières heures.
01:135 084 et 98,14 dollars pour l'once d'argent qui est vraiment tombé comme une pierre sous les 100 dollars.
01:21Effectivement, c'est impressionnant sur l'or ce qui est en train de se passer.
01:23Les futurs sont passés sous les 5 000 tout à l'heure.
01:26Donc Kevin Walsh sera, enfin, est le divin enfant.
01:30C'est lui qu'on attendait, on attendait savoir qui ce serait.
01:32Ce n'était pas lui qu'on attendait, mais on attendait savoir qui ce serait.
01:34Ce sera lui, Kevin Walsh.
01:35Donc John, comment est-ce que vous regardez cette annonce ?
01:38Kevin Walsh, ce n'était pas vraiment le favori.
01:39Qui est-il et à quoi fera-t-il s'attendre avec lui ?
01:43Oui, exactement.
01:44Ce n'était pas le candidat idéal, je dirais, du profil de Donald Trump.
01:51Parce qu'il est, on va en parler, mais il est plutôt hawkish historiquement comme président Faucon.
01:58Et on rappelle quand même que c'est l'ancien gouverneur de la réserve fédérale américaine de 2006 à 2011.
02:07C'est une figure qui est bien connue de Wall Street et de Washington.
02:10Il est passé par Morgan Stanley, intéressant de le noter.
02:13C'est un proche de longue date du cercle des Républicains.
02:16Il a longtemps été perçu comme l'un des profils les plus orthodoxes et disciplinés de la Fed.
02:23On rappelle que lors de l'élection de Jérôme Powell, qui donc avait été nommé par Donald Trump,
02:31on l'oublie souvent puisque maintenant c'est l'ennemi,
02:34mais Kevin Walsh était à l'époque aussi finaliste avec Jérôme Powell et il avait perdu à la dernière marche.
02:45Donc c'est une surprise.
02:47Évidemment, je peux vous donner encore plus d'historique sur lui,
02:51mais je pense qu'aujourd'hui, c'est pas un choc, mais une surprise parce que personne ne se disait
03:00qu'en définitive, ce serait quelqu'un qui serait plus proche de l'équilibre,
03:07plus que quelqu'un qui soit doviche et qui veut absolument baisser les taux.
03:12Effectivement, Léa, dans son histoire et quand il était effectivement gouverneur de la réserve fédérale américaine,
03:18il s'est montré plutôt dans le camp des faucons, l'inverse de ce que souhaite Donald Trump.
03:22Et pourtant, Donald Trump l'a choisi parce que récemment quand même, il a un peu mis d'eau dans son vin.
03:26Alors c'était peut-être pour convaincre Donald Trump seulement, des propos de campagne, j'en sais rien,
03:29mais il a dit récemment quand même, Kevin Walsh, que finalement, des baisses de taux, pourquoi pas ?
03:34C'est-à-dire qu'il y a souvent été opposé dans son histoire et puis depuis quelques mois, il y était un peu moins opposé.
03:38Quand on regarde ce qu'il nous annonce, qu'il dit,
03:40comment il laisse passer des messages depuis quelques semaines et quelques mois,
03:43à quoi est-ce que vous vous attendez pour la suite et pour la stratégie de la Fed ?
03:47Alors c'est là où, effectivement, je pense que le thème surprise est bon.
03:50Les questions de remise en cause de l'indépendance de la Fed sont latentes
03:53et il nomme un président de la Fed qui a fait un discours en 2010 qui s'appelle « Une ode à l'indépendance ».
03:58Donc je pense qu'effectivement, on a une surprise avec Kevin Walsh là-dessus.
04:01Ce n'est pas tant qu'il soit plus au quiche que perçu,
04:04c'est quand même qu'il repose son discours sur une indépendance féroce de la Fed vis-à-vis du politique et des marchés.
04:12Et pour lui, l'indépendance, ce n'est pas un droit acquis, c'est une crédibilité à démontrer.
04:16Il va même plus loin en 2025 en mettant qu'il faut que la Fed arrête d'être en première page,
04:21qu'elle a pris une place trop grande et que cette omniprésence brouille le rôle de la Fed.
04:26Et donc il y a vraiment ce côté, et je pense que c'est aussi la réaction des marchés,
04:29c'est qu'effectivement, on met de côté le scénario de remise en cause de l'indépendance de la Fed
04:34avec une Fed beaucoup plus orthodoxe sur la crédibilité,
04:37mais sur les éléments de cadrage, sur les éléments, en réalité, il est plutôt avec quelque chose de sensé
04:42dans lequel la hausse de la croissance amenée pour la productivité, il le reconnaît bien.
04:48La Fed doit répondre à une inflation, mais une inflation qui s'ancre, ce qui n'est pas le cas maintenant.
04:52Donc il est plutôt dans un scénario en fait assez orthodoxe,
04:55et c'est là où effectivement c'était une surprise par rapport au message de Trump.
04:59– Oui, on va dire son ossature, son squelette, c'est quoi là, John ?
05:05C'est baisser les taux courts, quitte à pontifier la courbe et voir les taux longs, eux, effectivement progresser,
05:11c'est ça ? Il veut, ok, pourquoi pas baisser les taux courts,
05:14mais au prix d'une réduction du bilan de la Fed, il a l'air très très à cheval sur une reprise de la réduction du bilan ?
05:20– Non, pas spécialement, je pense que l'élection de la nomination de Kevin Walsh
05:28est quelque chose qui a été poussé de la part de ses conseillers, notamment de Kevin Assett,
05:36et en fait il y a plusieurs raisons.
05:39Alors ça surprend les marchés, on a vu le mouvement très fort sur le dollar,
05:43on était au-delà des 1,20, maintenant on est plus proche des 1,18.
05:45D'abord, et ça paraît assez bizarre de le dire, mais c'est d'abord de rétablir la crédibilité de la Fed.
05:53Alors vous allez me dire, quelle est la volonté de Donald Trump de rétablir la crédibilité de la Fed ?
05:58Vous savez que le pire pour les marchés financiers, c'est que la Fed ne soit pas crédible et pas indépendante,
06:04qu'on le veut ou non, et ça on a dû l'expliquer à Trump ces derniers jours,
06:08qu'une Fed non indépendante pourrait signifier une crise économique et politique majeure aux États-Unis,
06:19c'est ce qu'il ne veut pas.
06:20Il ne faut pas oublier qu'en novembre, on le répète tous les jours,
06:23mais en novembre, on aura les élections de mi-mandat que Donald Trump ne veut absolument pas perdre.
06:30La deuxième chose, c'est évidemment, on a une inflation qui est au-delà du mandat de la Fed,
06:36qui est de 2,7%, et on sait, on a vu ces derniers temps, que notamment les matières premières,
06:43si elles continuaient à être au-delà des niveaux qu'on connaissait il y a quelques mois,
06:48eh bien, pourraient aussi importer de l'inflation.
06:51On sait qu'un dollar faible, eh bien, importe aussi de l'inflation.
06:55Donald Trump ne le veut absolument pas.
06:58Et puis, fondamentalement, eh bien, si vous avez quelqu'un qui est considéré comme plus au-quiche,
07:06que d'autres membres, eh bien, il a plus la velléité, à un moment ou à un autre,
07:12de baisser les taux, si on rentre dans une situation de crise,
07:16que quelqu'un qui foncièrement voudrait, même s'il n'est pas le seul à voter, on le sait,
07:21voudrait baisser les taux de 50 points de base, comme un membre comme Miran,
07:26et après les remonter, qui ferait une erreur de politique monétaire.
07:28Donc, en résumé là-dessus, je pense que Donald Trump veut, ou ses conseillers veulent absolument,
07:39qu'il reprenne le contrôle du récit politique, en nommant un profil respecté des marchés financiers et orthodoxe.
07:49Donc, il est en train de désamorcer, ça paraît fou, ce que je dis,
07:53mais il est en train de désamorcer les critiques sur la Fed aux ordres de Trump
07:58et dépendantes de Trump et pas indépendantes.
08:02Et donc, ça, c'est très important, parce que c'est un changement radical
08:06qui peut nous amener une nouvelle fois sur une année où on aura,
08:11s'il n'y a pas de crise, pas de baisse de taux,
08:14parce que la croissance est trop vigoureuse, d'une certaine manière, aux États-Unis.
08:17– Mais du coup, c'est un taco de Donald Trump, là,
08:21il voulait des baisses de taux à tout prix,
08:22pourquoi pas remettre en cause l'indépendance de la Fed ?
08:25Ce choix de Kevin Morsh, c'est un taco ?
08:27Il fait marche arrière, c'est tout ça, Donald Trump, en choisissant Kevin Morsh ?
08:30– Non, c'est simplement qu'il a conscience que l'inflation réelle,
08:35c'est-à-dire l'inflation qui est ressentie par son électorat,
08:39lorsque vous allez chez Walmart, lorsque vous allez dans les magasins,
08:42l'inflation réelle n'est pas de 2,7%, elle est beaucoup plus élevée.
08:47On a vu sur le prix de la viande, on a vu sur le prix des œufs,
08:51même s'il a baissé dernièrement, on a vu sur le prix du lait,
08:54on a vu sur les choses concrètes, sur lesquelles votent les Américains.
08:58Vous savez, ce qui est important pour les Américains,
09:00c'est ce qu'ils ont à la fin du mois.
09:02Et ici, si on ne combat pas l'inflation, on perd des élections.
09:07Et ça, c'est majeur.
09:09Alors évidemment, dans son idée, il avait dit la semaine passée, ça avait été corrigé,
09:14c'est super d'avoir un dollar faible parce que ça dope les exportateurs,
09:18mais concrètement, dans la croissance américaine, les exportations, c'est 10% du PIB américain,
09:25donc c'est très faible.
09:26Et donc ici, il vaut mieux avoir un dollar qui soit stable ou légèrement fort face à l'euro, par exemple,
09:33et avoir une inflation qui est maîtrisée plus que quoi que ce soit.
09:39Et je pense que ce n'est pas lui qui a pris cette décision.
09:41Enfin oui, c'est lui qui a pris cette décision,
09:43mais je pense fondamentalement que c'est conseiller le pousser à faire le choix.
09:50Et je rappelle encore une nouvelle fois ce que j'ai dit au début,
09:52c'est que Jérôme Powell a été nommé par Donald Trump.
09:57Et Jérôme Powell, lorsqu'il a été élu, n'était pas forcément quelqu'un qui était extrêmement deviche.
10:05Et donc c'est là où effectivement, oui, c'est un taco,
10:08mais c'est un taco, je dirais, dans une vue objective,
10:12qui est assez intelligent parce qu'on sait que s'il avait pris le boss de BlackRock
10:16ou d'autres personnes, eh bien, on aurait pu, dans le premier temps,
10:21avoir une réaction positive des marchés,
10:23mais dans un deuxième temps, avoir une réaction totalement négative
10:27parce qu'on mettrait en cause l'indépendance de la Fed.
10:29Oui, on vous rappelle cette info, et Léa va rebondir dans un instant, Léa Dauface.
10:33Kevin Walsh, donc, choisi par Donald Trump pour succéder à Jérôme Powell.
10:36Alors, il était déjà dans le board de la Fed,
10:40et membre de la Fed, donc, de 2006 à 2011.
10:42C'est-à-dire qu'il s'est tanné le cuir dans la crise des subprimes.
10:45Ce n'est pas n'importe qui.
10:46Il a été même l'un des sauveteurs directs de Morgan Stanley à l'époque.
10:50C'était le plus jeune membre du board.
10:52Donc, on est sur un profil extrêmement technique, reconnu.
10:55La crédibilité de la Fed, sans doute, réancrée par ce choix.
10:58Et peut-être aussi sur l'indépendance.
11:00C'est ce que vous nous dites l'un et l'autre.
11:01Et c'est sans doute une explication à la chute de l'or,
11:03l'once d'or qui a beaucoup reculé.
11:04Vous savez que beaucoup achetaient aussi l'or en se disant
11:06« La Fed a la plus de crédibilité, du coup, on préfère l'or, c'est plus crédible. »
11:09Là, la Fed retrouve peut-être un brin de crédibilité.
11:12Le dollar aussi remonte un petit peu.
11:13Alors, Léa, vous vous placez dans quel camp
11:15avec ce choix de Kevin Walsh par Donald Trump ?
11:17Plutôt le camp de ceux qui pensent
11:18qu'il y aura encore moins de baisse de taux
11:20que ce qu'on attendait pour le reste de l'année
11:22ou quand même il les baissera les taux
11:23parce que c'est ce que souhaite Donald Trump ?
11:25Alors, c'est là où, en fait, c'est assez intéressant
11:28et ça fait lien avec ce que vous mentionnez tout à l'heure sur le bilan.
11:31Un point qui est important à mettre en avant
11:33dans ce que dit Walsh,
11:35c'est pas tant les questions des taux qui sont importantes.
11:37Elles le sont, mais il est vraiment très actif
11:40sur la gestion du bilan de la Fed.
11:41Il n'a pas une obsession pour les niveaux de taux.
11:43Et au contraire, pour lui, il critique le dom
11:45consistant, en fait, à traiter le bilan
11:47comme un outil technique neutre.
11:49Et donc, ce qu'on doit, en fait, attendre sous Walsh,
11:50c'est vraiment une gestion active du bilan.
11:53Pour lui, il faut vraiment réduire le rôle de la Fed
11:56à quelque chose de plus normal,
11:59réserver les expansions du bilan aux épisodes de crise.
12:01Et c'est vrai que ce qu'il a connu pendant la période 2000-litres,
12:03on voit bien que dans les discours que ce soit remarqué,
12:06mais il insiste vraiment sur le fait que
12:08quand la Fed achète massivement de la dette hors crise,
12:11en fait, elle envoie un signal aux politiques
12:13qu'il n'y a pas de contraintes
12:14parce que le financement, il est explicitement facilité par la Fed.
12:17Et donc, pour lui, il y a une dérive.
12:19Plus la Fed devient centrale,
12:20plus le lobbying se déplace vers la Fed,
12:22plus elle se politise.
12:23Et donc, il y a vraiment un programme de normalisation du bilan
12:27pour retirer la Fed de cette position d'acheteur.
12:29Et je pense qu'au-delà de la question des taux,
12:31et on pourra y en venir, mais c'est vraiment
12:33qu'est-ce qu'il veut faire du bilan
12:34et comment il veut en faire ?
12:35Et c'est là que ça rentre un peu en inadéquation avec Trump
12:38parce que la conséquence directe, c'est que les taux longs
12:42deviennent beaucoup plus sensibles à la prime de terme
12:44et aux fondamentaux budgétaires
12:45s'ils appliquent cette politique-là.
12:48Et donc, même si les taux courts baissent,
12:49c'est pour ça que je mets un peu de côté cette question de taux courts,
12:51en fait, le long terme, il peut rester beaucoup plus volatil
12:54parce que le rôle de la Fed dans la gestion du bilan
12:57va être très différent.
12:58Et c'est vraiment cette logique-là
12:59qu'il va falloir regarder avec nous.
13:01Et quel impact aurait une flambée des taux longs
13:03ou une flambée, en tout cas,
13:03une poursuite des tensions sur les taux longs
13:05alors que les taux courts pourraient, eux, se réduire ?
13:07C'est une question qui se posera,
13:08qui se posera pour le trésor américain aussi,
13:10qui devra, par exemple,
13:11si la maturité des émissions obligataires raccourcit,
13:15parce que les taux courts sont de plus en plus bas,
13:17donc le trésor qui viendrait émettre
13:18sur des taux de plus en plus courts,
13:20ça obligerait aussi à passer à la caisse
13:21de plus en plus souvent.
13:22Combien de temps ça peut tenir ?
13:23Est-ce que ça rendra la dette américaine
13:24encore plus volatile que par le passé ?
13:26Toutes ces questions, elles sont ouvertes
13:27avec cette nomination aujourd'hui, Antoine ?
13:29Oui, d'autant que c'est vrai
13:30qu'à chaque nomination de nouveau patron de la Fed,
13:32on a un profil, on a un track record,
13:34on a un profil théorique,
13:38une intention politique aussi,
13:40et c'est clair et net de la part de Donald Trump,
13:41et puis une fois que le candidat est en fonction,
13:44il s'aligne sur sa fonction,
13:47et c'est ce qui a beaucoup surpris
13:48concernant Jerome Powell,
13:50qui était le candidat déclaré de Donald Trump
13:51et qui était censé un petit peu être
13:53la courroie de transmission
13:56de sa politique économique
13:58lors de son premier mandat,
13:59et puis finalement, à la tâche,
14:01il s'est montré beaucoup plus fidèle
14:03au mandat de la Fed qu'autre chose.
14:06Donc du coup, il peut surprendre,
14:08et il faudra vraiment voir
14:11ce qui se passe dans les prochains mois,
14:12parce qu'on ne peut rien présupposer.
14:14Juste son petit portrait personnel,
14:16Kevin Worsh, on va le rencontrer
14:17tout au long de l'après-midi,
14:18faire connaissance, il a 55 ans,
14:20et alors son beau-père,
14:21c'est Ronald Lauder,
14:23Lauder, Estée Lauder, vous connaissez ?
14:24Ah oui, Ronald Lauder,
14:25c'est l'héritier du groupe Estée Lauder,
14:27et l'un des plus gros donateurs de Donald Trump.
14:29Ce n'est pas un complet hasard, peut-être,
14:31s'il a été choisi,
14:32même si ce choix est peut-être malin, malicieux.
14:35Il se trouve que son beau-père
14:37est aussi l'un des instigateurs
14:38de cette idée d'acheter le Groenland.
14:39Oui, on est dans cette galaxie-là.
14:42Toujours est-il que la réaction des marchés
14:43est assez claire,
14:44le dollar remonte aujourd'hui,
14:46l'or recule,
14:47on a un petit regain de crédibilité
14:48autour de la réserve fédérale américaine.
14:50John, Léa,
14:51comment se forgent les décisions
14:53au sein de la FED ?
14:54Parce que là, on parle du futur président de la FED,
14:56donc Kevin Walsh.
14:57Léa, comment les décisions sont-elles prises ?
14:59C'est que le board,
15:01c'est le président qui crée un biais,
15:03le board réagit à ce biais.
15:04Comment ça se passe très concrètement ?
15:07Alors, très complètement,
15:08la FED fonctionne de manière collégiale,
15:10donc c'est un membre, une voix,
15:11et le président n'impose pas la décision des taux.
15:13Par contre, son rôle est déterminé,
15:15en fait, sur le cadre intellectuel,
15:16ce qui relève de la politique monétaire légitime.
15:19Et c'est là où, effectivement,
15:20il faut lire les deux papiers qu'il a faits,
15:21qu'il se démarque.
15:22Le premier, c'était le papier sur l'inflation
15:24et la fonction de réaction de la FED.
15:26Pour lui, la FED doit agir
15:28pour préserver l'ancrage nominal,
15:30et il y a cette logique,
15:31en fait, au quiche crédibilité derrière lui,
15:33il va avoir beaucoup moins de tolérance
15:34au glissement des anticipations.
15:36Si les anticipations d'inflation,
15:37elles décrochent,
15:38il a explicitement critiqué le côté
15:41c'est la pandémie, c'est la guerre, c'est l'op,
15:42il sera probablement plus réactif
15:44si choc d'inflation.
15:46Ça, c'est un élément de marquage
15:47sur les questions de fonction de réaction.
15:50Et puis, la deuxième, c'est ce que vous disiez,
15:51c'est le bilan.
15:52Et je reviens à ce sujet-là,
15:53je pense que désormais,
15:55ça va moins se déplacer
15:56sur les questions d'indépendance de la FED,
15:58mais plutôt être la question
15:59de la crédibilité budgétaire.
16:01Si on a une gestion du bilan
16:02qui est beaucoup plus active
16:03de la part de la FED
16:05et que la FED veut réduire son bilan,
16:07ça veut dire aussi
16:07qu'on donne beaucoup plus de place
16:09à la prime de terme,
16:10à la crédibilité budgétaire,
16:12et c'est plutôt comme ça
16:13que ça va jouer.
16:14Il ne va pas imposer des vues à la baisse.
16:18Par contre, le cadrage
16:19de la politique monétaire de la FED
16:20va peut-être légèrement changer
16:22de par sa place.
16:23Oui, sa vision à Kevin Walsh aussi,
16:24c'est qu'à l'avenir,
16:25on pourra davantage faire de croissance
16:27sans inflation.
16:27Pourquoi ?
16:28Parce que, John,
16:29l'IA va changer la donne.
16:30L'IA, la technologie,
16:31va permettre un boost énorme
16:33de productivité.
16:34C'est sa vision,
16:34sa conviction personnelle.
16:35Peut-être son acte de foi,
16:36on verra.
16:37Et du coup,
16:38autant, c'est vrai,
16:39il a toujours été faucon
16:40dans sa carrière,
16:40autant, depuis quelques mois,
16:41il opère une forme de virage,
16:44à cause de cette tech,
16:45à cause de cette IA
16:46dont il estime
16:47qu'elle changera la donne.
16:48On arrivera,
16:48grâce à la productivité liée à l'IA,
16:50à faire de la croissance
16:51sans inflation.
16:52Est-ce que ce discours,
16:53cette construction,
16:54vous semble,
16:55on va dire, solide ?
16:57Oui,
16:59dans la vue à 5 ou 10 ans,
17:02tout à fait,
17:03il y a de plus en plus
17:04d'économistes
17:05qui mettent en avant
17:05le fait que l'intelligence artificielle,
17:08évidemment,
17:09va aider la productivité.
17:10On le voit déjà
17:11dans certaines entreprises.
17:15Donc,
17:16il enfonce,
17:17d'une certaine manière,
17:18une porte ouverte
17:19sur la productivité.
17:21Je pense qu'il est,
17:22vous l'avez dit,
17:22il a 55 ans,
17:24ça paraît vieux,
17:25mais c'est très jeune.
17:26Et en fait,
17:27il va peut-être apporter
17:29un nouveau souffle.
17:30On l'a dit,
17:31vous l'avez dit,
17:32dans votre question précédente,
17:34il y a 12 personnes qui votent.
17:37on sait qu'on a deux personnes
17:40qui votent,
17:41que ce soit Walsh
17:42ou le...
17:46comment il s'appelle ?
17:47Miran.
17:48Miran, pardon,
17:49excusez-moi.
17:50Miran,
17:50qui sont toujours
17:51contre les décisions
17:52et qui veulent baisser les taux,
17:53mais on est,
17:54c'est une collégialité,
17:57on est avec 12 votants,
18:00mais effectivement,
18:02la voix du président
18:04est celle qui peut-être
18:06porte le plus sur les marchés.
18:09On sait que dans l'historique
18:11de cette réunion
18:13des banquiers centraux
18:14à Jackson Hole
18:15qu'on attend à chaque fois
18:16à la fin août,
18:17souvent,
18:18c'est les commentaires
18:18du président de la Fed
18:21ou d'autres banques centrales
18:24qui pèsent énormément
18:26et qui ne pèsent pas
18:28sur le nombre de votants,
18:31mais sur la voix
18:32de Kevin Walsh.
18:34Donc,
18:34il va être plus écouté,
18:36même si,
18:37lors de la décision
18:38des taux,
18:40eh bien,
18:40il fera partie
18:41d'un des autres membres.
18:43Donc,
18:43je pense que,
18:44globalement,
18:45même si Walsh
18:46a récemment adouci
18:48son discours,
18:49je pense qu'il n'a pas
18:51changé son ADN
18:52au quiche
18:54et je pense
18:55qu'il est plutôt là
18:57pour rassurer
18:58les marchés financiers.
19:01Alors,
19:01aujourd'hui,
19:02comme on l'a vu
19:02par le passé,
19:04aujourd'hui,
19:05Walsh et Trump
19:06sont les meilleurs amis
19:07du monde.
19:08Vous savez,
19:08les choses peuvent changer
19:10et notamment,
19:12si on devait avoir
19:13une inflation
19:14qui restait
19:15entre 2,7 et 3 %
19:17et que Walsh
19:18ne devait pas pousser
19:19les autres membres
19:20à baisser les taux,
19:22eh bien,
19:22évidemment,
19:22on pourrait se retrouver
19:23dans une nouvelle situation
19:25sur ces prochains mois
19:26où Donald Trump
19:27critique le travail
19:29de Walsh,
19:30même si aujourd'hui,
19:31ils sont très proches.
19:31Vous imaginez,
19:32on va suivre ça
19:33et puis il faut que le Sénat
19:33le valide.
19:34On répète,
19:34c'est le choix de Donald Trump
19:35mais le Sénat doit valider
19:37ce choix pour la présidence
19:37de la Fed.
19:38Or,
19:38il y a un certain nombre
19:39de sénateurs,
19:39même républicains,
19:40qui menacent
19:41de mettre leur veto
19:41tant que le sort
19:42de Jérôme Powell,
19:43vous savez,
19:44l'enquête criminelle
19:45contre Jérôme Powell
19:46par le département
19:47de la justice,
19:47tant que ça n'aura pas été
19:48éclairci et réglé,
19:49certains sénateurs républicains
19:51menacent de ne pas voter
19:52pour le successeur
19:54de Jérôme Powell,
19:55si bien que Jérôme Powell
19:55restera en poste
19:56au-delà du mois de mai.
Commentaires

Recommandations