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  • il y a 11 minutes
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Gare à ceux qui osent défier Donald Trump. Gare à ceux qui osent lui dire que le Groenland n'est pas à vendre depuis hier.
00:19Le président américain nous promet une guerre commerciale et il menace 8 pays européens, dont la France, dont nous, de droite douane.
00:26L'Europe n'a pas l'intention de se laisser faire. Les 27 se sont réunis en urgence à Bruxelles et parlent d'une spirale dangereuse.
00:33Quelle réponse face à Donald Trump ? Va-t-on vers un effondrement de l'OTAN pour évoquer cette guerre des taxes et cette montée des tensions ?
00:40On est à la fois aux Etats-Unis mais aussi au Groenland. On va partir d'abord à Washington pour aller retrouver notre correspondant sur place, Axel Meunier.
00:48Bonsoir Axel. Que dit Donald Trump ces dernières heures ? Est-ce que c'est toujours silence radio ?
00:56Effectivement, il ne dit pas grand-chose. Donald Trump qui, comme tous les week-ends, a choisi de quitter la capitale états-unienne.
01:02Il a bien fait puisqu'il est en train de neiger ici. Il se trouve dans sa résidence en Floride, à Mar-a-Lago.
01:07Il a passé la matinée à jouer au golf. Il est ensuite parti faire un peu de shopping dans un magasin de meubles.
01:13Mais il n'a pas pris la parole. Il ne s'est pas adressé aux journalistes qui l'entourent et qui le suivent quasiment 24 heures sur 24.
01:19Pas de prise de parole sur ce sujet, en tout cas depuis son message sur son réseau social Truth, depuis qu'il a annoncé ses nouvelles sanctions,
01:27ses droits de douane supplémentaires pour les huit pays européens qui osent lui dire qu'ils ne sont pas d'accord avec cette colonisation du Groenland.
01:35Alors pour l'instant, Donald Trump, il a repris la parole sur ce réseau pour parler d'autres choses, d'immigration notamment.
01:40Mais il n'a pas encore répondu, notamment aux nombreuses critiques. Et on le sait, elles ont été très nombreuses ces dernières heures,
01:48notamment dans le camp républicain. Et c'est peut-être pour ça qu'il poussera Donald Trump à prendre la parole.
01:54Alors peut-être pas aujourd'hui, puisque c'est ici aux États-Unis un long week-end prolongé, puisque ce lundi sera férié en hommage à Martin Luther King.
02:03Mais peut-être demain, sur le chemin du retour, en effet, de nombreux élus républicains estiment que cette guerre commerciale avec les alliés européens,
02:11avec des membres de l'OTAN, est une pure folie. L'un d'eux va même jusqu'à comparer Donald Trump à Vladimir Poutine.
02:18Certains sont prêts à le suivre sur l'idée d'acheter le Groenland au Danemark, mais pas sur l'idée d'une intervention militaire,
02:26pas sur l'idée d'une guerre commerciale. Et notamment, c'est le cas du patron de la Chambre des représentants, Mike Johnson.
02:32Infidèle pourtant de Donald Trump, qui a déclaré ce matin qu'il ne voulait pas accéder à la volonté de Donald Trump
02:39d'autoriser une quelconque intervention militaire pour s'emparer du Groenland.
02:44Bref, vous voyez, même s'il est très déterminé, Donald Trump aura encore fort à faire pour parvenir à ses fins.
02:50Merci beaucoup, Axel Moigny, en direct de Washington. Et évidemment, on vous retrouvera tout au long de la soirée.
02:55Bonsoir, Didier François.
02:57Bonsoir.
02:57Merci d'être avec nous.
02:58Avec plaisir.
02:59Vous êtes éditorialiste et défense BFM TV. Ulrich Bounat, bonsoir.
03:02Bonsoir.
03:03Analyste géopolitique.
03:04Et on est aussi avec Stéphane Bureau, bonsoir.
03:06Bonsoir.
03:06Consultant Etats-Unis pour BFM TV.
03:09On sait qu'une réunion d'urgence des ambassadeurs des 27 s'est tenue aujourd'hui à Bruxelles.
03:14On n'a pas eu d'annonce immédiate.
03:16En revanche, Didier, le message, il est clair, c'est que l'Europe, elle est déjà en ordre de bataille.
03:20En tout cas, elle doit l'être.
03:21La seule réponse possible, c'est l'unité, en fait.
03:24Puisqu'on est revenu quand même dans un monde où on voit que les grands empires, parce qu'il faut appeler un chat un chat,
03:30vous prenez Poutine, la Russie qui veut prendre l'Ukraine, la Chine qui veut prendre Taïwan, Trump qui veut prendre le Groenland,
03:36on a les empires qui veulent se tailler des espaces d'influence, des zones d'influence, au mépris y compris de leurs propres alliés.
03:45Donc pour les Etats-Unis, je ne parlais pas de la Russie.
03:47Donc en fait, dans ce monde-là, honnêtement, il y a deux solutions.
03:50Soit on se laisse bouffer la laine sur le dos, soit on répond, alors avec nos principes, dans le cadre du droit international, notre solidarité, mais à 27.
03:59Parce que si on nous prend en petites tranches de saucissons, les uns après les autres, ce que font les Chinois au niveau commercial, etc.
04:05On rappelle que les droits de douane ne visent que 8 pays européens.
04:08C'est ça l'astuce, en fait, comme d'habitude.
04:10Bon, je pense que d'abord, Trump a été énervé de voir qu'un certain nombre de pays européens était capable de réagir à ces menaces militaires.
04:16Il ne s'y attendait pas. Il a tellement l'habitude d'avoir des Européens soumis depuis 45 ans.
04:20Ils sont dans les jupes de maman et qui, voilà.
04:23Alors la France, c'est un peu différent.
04:24On a une tradition de souveraineté, on a une tradition d'indépendance nationale,
04:28et particulièrement sur la question de défense depuis Suez et de Gaulle.
04:32Mais enfin, les autres, pour eux, ça devient de plus en plus difficile.
04:34Et ils s'en rendent compte.
04:35Alors, c'est difficile d'aller contre une telle habitude de se soumettre.
04:41Et ça, c'est pour les Européens.
04:43Et pour Donald Trump, c'était la surprise de voir qu'on puisse lui dire non.
04:46Mais face à tous ces grands prédateurs, le seul moyen, c'est de temps en temps un petit coup sur le groin.
04:50Sinon, ils ne s'arrêtent pas.
04:52Et donc, la vraie question qui va se poser, et on va voir comment vont réagir pour de vrai les Allemands, les Italiens, etc.,
04:58c'est est-ce qu'on est capable de faire front à cette escalade, non pas militaire, mais économique ?
05:02Puisqu'on voit bien que, finalement, Donald Trump a été obligé de venir là-dessus.
05:05D'ailleurs, je vous poserai une question à ce sujet.
05:06Est-ce que ce n'est pas, finalement, un peu rassurant ?
05:07Je ne suis pas le plus spécialiste sur la question économique.
05:09Pas sur des calculs, dit les Français.
05:11C'est une forme de guerre aussi.
05:13Mais plutôt, en se demandant si, finalement, ce n'est pas une guerre qui est préférable.
05:16La guerre économique à la guerre...
05:18Je ne sais pas s'il y a des préférables ou pas, mais en tout cas, de mon point de vue, ça s'aborde de la même manière.
05:22C'est un rapport de force.
05:23Et dans un rapport de force, la première chose à montrer, c'est de la volonté.
05:28Même si on est plus petit, même si on est plus faible, personne, on ne va pas commencer à jouer les biscottos.
05:33Ce n'est pas un problème.
05:33Évidemment que les Américains sont très forts.
05:35Mais aucun peuple, et surtout l'Europe, est une puissance économique formidable.
05:40Ce sont des nations qui ont quand même été capables de montrer ce qu'elles apportaient au monde, si elles s'unissent.
05:48Sinon, vous savez, les horrières, c'est les curières.
05:50On attend qu'ils courent et on les prend un par un et on les tape un par un.
05:52Stéphane Bureau, quand Didier François nous dit que parfois, il suffit aussi de lui donner une petite tape sur le grand, c'est ça que vous avez dit ?
06:00Mais ça peut prendre quelle forme ?
06:03Alors, d'abord, ça sera une forme économique, parce qu'on parle de l'outil anticoercition qui jamais n'a été déployé,
06:08qui est un peu le super bazooka de l'Europe.
06:10Encore faudra-t-il que l'Europe soit capable de parler.
06:12Sinon, que la décision peut être prise et pas à l'unanimité.
06:15C'est une majorité qualifiée.
06:17Et puis, derrière tout ça, c'est la question de la souveraineté militaire de l'Europe,
06:22qui se pose entièrement, parce que derrière la guerre économique, qu'est-ce qui peut se profiler ?
06:26Si on doit croire Trump et ses principaux conseillers, il est prêt à aller jusqu'à une opération militaire.
06:32Alors, il faut voir que c'est la méthode de négociation de Donald Trump, on est habitué.
06:35C'est sa façon par la diplomatie.
06:36Il commence par balancer la grenade, voit ce que sont les dégâts, et ensuite, il dit, parlons.
06:41Soyons même amis s'il le faut.
06:43C'est comme ça qu'il a traité son adversaire politique à New York, le nouveau maire,
06:46en le traitant de communiste, de tous les dons.
06:48Finalement, il l'a reçu à la Maison-Blanche en disant que c'était son meilleur ami.
06:51Enfin, peut-être pas tout à fait son meilleur ami, mais c'était très sympathique.
06:55Alors, évidemment, il peut menacer et pour autant négocier tout de suite derrière.
07:00Mais je crois, encore une fois, que la seule question qui importe,
07:03c'est ce que sont les réels moyens de menace militaires de l'Europe face aux États-Unis.
07:09Alors, l'outil anticoercition soit.
07:12Est-ce que vous pouvez rappeler exactement ce que c'est que l'outil anticoercition ?
07:17Alors, il faut d'abord voir que ça n'a jamais été déployé, que c'est virtuel pour l'instant.
07:21Ça veut dire que finalement, quand on se dit que ça n'a jamais été déployé,
07:24ça veut dire qu'on vit des heures historiques.
07:26Oui, ça pourrait.
07:27Ça a été voté en 2023.
07:28C'est tout nouveau, c'est tout nouveau.
07:29C'est parce que c'est nouveau.
07:30En fait, c'est un moyen, je m'excuse rapidement,
07:33mais en fait, quand ça a été voté en 2023,
07:35parce qu'il y avait un problème entre la Chine et la Lituanie,
07:37l'idée, c'est de, si jamais un pays essaye de nous imposer,
07:43en tant qu'Union européenne ou pays par pays de l'Union européenne,
07:46une politique qu'on ne voulait pas avoir par des menaces commerciales,
07:51à ce moment-là, on peut riposter en faisant.
07:54Soit on arrête d'importer ses produits, les investissements, etc.
07:57C'est ce qu'on voit justement qui s'affiège sur la fermeture des marchés publics,
08:00limiter les importations.
08:01C'est bête comme chou.
08:01Mais ça n'a jamais effectivement...
08:03Et ça court-circuitrait les mécanismes habituels du commerce international.
08:07Donc c'est vraiment un outil de...
08:09Ou sinon, une arme de dissuasion massive.
08:11Il faut voir juste que les Américains ont aussi de leur côté,
08:14rien qui ressemble précisément à cet outil anti-coercition,
08:18mais ils ont des moyens aussi de faire payer...
08:20Mais ça, ça se fait de nature à faire peur à Donald Trump.
08:22Alors, la réponse courte, non.
08:24Je ne pense pas que ça lui fera peur,
08:26mais c'est évident qu'il y a des entreprises...
08:27Et la réponse moyenne, c'est vrai.
08:29Parce qu'il y a des entreprises derrière qui ont des intérêts ici, en Europe,
08:32et je pense que les plus puissants de ces acteurs,
08:35ce sont les GAFAM, les grands joueurs du numérique,
08:38qui ont un marché extraordinairement payé en Europe.
08:41Et potentiellement, ça a été répété par Thierry Breton aujourd'hui beaucoup,
08:45potentiellement, c'est dire, on met la clé dans la porte
08:48à ces grands réseaux, les réseaux sociaux,
08:51mais en fait à tout ce qui est GAFAM.
08:53Et donc, c'est de les priver de 450 millions de consommateurs.
08:58Une fois que c'est dit,
08:59est-ce que les Européens voudraient être privés?
09:02Parce qu'on est aussi extraordinairement dépendants.
09:04On est tellement dépendants que s'il fallait que les Américains...
09:07Et puis, on n'est pas tous dépendants à la même échelle aussi.
09:08En Europe, c'est compliqué de prendre l'Europe et de l'ensemble.
09:11En l'espèce, ce ne sont pas des GAFAM qu'il s'agit ici,
09:14mais quels sont les deux principaux joueurs des cartes de crédit dans le monde?
09:18C'est Mastercard et Visa, des Américains.
09:21Alors, si du jour au lendemain, le président décidait,
09:24évidemment, ça ne ferait pas du tout plaisir à Wall Street,
09:27mais de dire, vous savez, comme on l'a fait d'ailleurs avec les Russes,
09:29on a dit, Visa ne peut plus faire d'affaires en Russie.
09:32Alors, ponctuellement, on dit, pour quelques semaines, quelques jours,
09:35on suspend les opérations.
09:37Vous imaginez l'impact?
09:38Alors, ils ont aussi, les Américains, des outils de dissuasion très puissants.
09:42Ulrich Gouna, quand on parle, justement, de spirale dangereuse,
09:47c'est précisément ce qui a été évoqué aujourd'hui à Bruxelles.
09:51Qu'entend-on par spirale dangereuse?
09:53Ça veut dire que la situation inquiète particulièrement les Européens?
09:58C'est-à-dire qu'effectivement, comme ça vient d'être exposé,
10:00grosso modo, si les Européens décidaient de riposter,
10:03il serait possible que Donald Trump décide de riposter à la riposte,
10:06en quelque sorte.
10:07Et donc, on aurait potentiellement une espèce de spirale de droits de douane.
10:10Après, en fait, il ne faut quand même pas oublier,
10:12je vais juste reprendre un cas restant qui, à mon sens, illustre bien les choses.
10:16Donald Trump a mis 50% de droits de douane sur le Brésil
10:19lorsque Jair Bolsonaro a été condamné pour coup d'État.
10:22Et en grosso modo, c'était une pression politique
10:23pour essayer de faire libérer Jair Bolsonaro son allée politique.
10:26Finalement, au bout de quelques mois, en fait,
10:28Donald Trump a dû renoncer à ses droits de douane
10:30parce qu'en fait, ça a entraîné de l'inflation aux États-Unis.
10:34Et c'est très mauvais pour Donald Trump l'inflation aux États-Unis
10:36parce que, notamment dans la perspective des midterms du mois de novembre.
10:39Donc, en fait, Donald Trump, à mon sens,
10:42quand il propose ses droits de douane de 10%, voire de 25%,
10:45il y a quand même une part de bluff là-dedans.
10:47C'est aussi de tester la volonté politique et l'unité européenne
10:50pour voir ce qui se passe.
10:51Et si ça passe, tant mieux pour lui.
10:53Mais si ça ne passe pas, je ne suis pas certain qu'il y vienne à ses droits de douane.
10:56Et d'autant plus qu'on attend dans les prochains jours, a priori,
10:59une décision de la Cour suprême américaine
11:01qui va potentiellement lui retirer cette capacité à poser des droits de douane.
11:05Oui. Alors, qu'est-ce que ça veut dire, ce silence radio
11:08de la part de Donald Trump, Olivier François ?
11:11Parce que c'est vrai qu'il parle beaucoup, le président américain.
11:12Donc là, quand il ne dit plus rien, est-ce que c'est mauvais signe ?
11:14Alors, il y a soit, il est en train de rater le trou de son golf.
11:17Ce n'est pas impossible non plus.
11:18C'est vrai qu'il n'est pas marat la golf.
11:20Je vais utiliser du shopping.
11:22Non, non, mais il parle vite.
11:25On l'a vu sur l'Iran.
11:26Et puis, on l'a vu sur plein d'autres trucs.
11:27Il avait dit qu'il ferait la paix en Ukraine en une journée, puis en un mois.
11:31Il avait dit qu'il avait un accord avec Poutine.
11:33Il ne l'a pas.
11:34Comme tu viens de le rappeler, sur le Brésil.
11:36Les Chinois, pareil, il a essayé de faire le bras de fer.
11:38Et puis, il a perdu.
11:40Il a perdu, il a reculé.
11:41Donc, il ne faut jamais se laisser impressionner.
11:43Vous savez, c'est comme dans la cour d'école.
11:45Si vous vous laissez impressionné par le gros balèze et que vous ne lui répondez jamais,
11:48il y a un moment où vous allez vivre mal votre scolarité,
11:51parce que vous allez être, en fait, son souffre-douleur.
11:55Et avec Trump, c'est un peu pareil.
11:56Il y a un moment où il ne faut pas non plus.
11:57Donc, il faut accepter, évidemment, de prendre le risque de temps en temps
11:59de se dresser contre quelqu'un qui peut paraître plus fort que nous.
12:03Et c'est vrai que militairement, ils le sont.
12:04Mais enfin, ce n'est même pas un sujet.
12:05Parce que ça peut leur faire très mal.
12:08On est quand même le marché le plus riche du monde.
12:11Donc, on peut venir se servir dessus.
12:13Mais il y a un moment où on a quand même besoin d'y avoir accès.
12:15Parce que sinon, ils n'ont plus...
12:16Et puis, on peut aussi jouer ce qu'ont fait les Canadiens récemment
12:18ou ce que font les Africains en permanence.
12:22Vous nous embêtez, on va voir un peu les Chinois.
12:24Voilà.
12:24Enfin, on n'est pas...
12:25On est dans un monde où on a des options.
12:28Il ne faut quand même pas toujours tout accepter sans se rebiffer.
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