- il y a 7 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Il est question de l'Iran ce soir aussi, et vous le verrez, Donald Trump n'est pas loin non plus.
00:05La colère gronde dans les rues, les morts se comptent par dizaines parmi les manifestants.
00:10On compte au moins 65 morts depuis le début des manifestations qui ont démarré, on le rappelle, le 28 décembre dernier.
00:17Regardez les images de ce pays entier qui se soulève, ça date de ces toutes dernières heures.
00:30Et ce soir, Donald Trump a une nouvelle fois réagi à la situation en Iran, c'était sur son réseau social.
00:56Axel Meunier, vous êtes toujours avec nous en direct depuis Washington.
01:01C'est la deuxième fois en deux jours que le président américain se préoccupe de la situation en Iran.
01:08Oui, effectivement, Donald Trump qui se dit prêt à intervenir si les manifestants venaient à être visés par des tirs par le régime iranien.
01:17Il a aussi dit qu'il n'enverrait pas de soldats sur place.
01:21Autant dire que ce sont des frappes qui sont envisagées par l'administration américaine.
01:27C'est d'ailleurs ce qu'a confirmé le Wall Street Journal qui estime qu'il y a des frappes qui ont été étudiées de façon très précise
01:33pour savoir comment les États-Unis pouvaient éventuellement frapper cette fois-ci des installations militaires.
01:40Puisqu'on le rappelle qu'au mois de juillet dernier, pour soutenir Israël, les États-Unis avaient frappé des installations nucléaires.
01:46Là, ce seraient des installations militaires, mais toujours d'après le Wall Street Journal, il n'y aurait pas eu de consensus au sein de l'administration pour mener ces frappes.
01:54Ce qui fait que pour l'instant, il n'y a rien qui a été acté.
01:58Mais en même temps, quand on regarde les réseaux sociaux et quand on entend les déclarations,
02:02tout le banc et l'arrière-banc du trumpisme se jointent à Donald Trump.
02:06On a vu Marco Rubio dire que le peuple américain était aux côtés du peuple courageux d'Iran.
02:12Même chose de la part du très influent sénateur Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud,
02:18qui s'est fait le porte-voix de Donald Trump pour dire qu'en gros, les États-Unis sont prêts à intervenir et à aider en cas de problème le peuple et les manifestants iraniens.
02:28Bref, les États-Unis, et notamment Donald Trump, qui déteste ce pays, qui déteste ce régime,
02:33qui déteste aussi les accords nucléaires qui ont pu être passés par Barack Obama, l'un de ses prédécesseurs dans le passé,
02:39est clairement prêt à soutenir les manifestants et à voir tomber ce régime.
02:45Merci beaucoup, Axel Moinier, en direct de Washington, Thierry Arnaud.
02:49Quelles sont les dernières informations que l'on a sur place ?
02:52C'est vrai qu'Axel Moinier nous le disait, le clan Trump s'exprime beaucoup autour de cette intervention des Américains.
02:59Je voudrais vous montrer une toute dernière déclaration.
03:01C'est celle d'un sénateur républicain très proche de Donald Trump, c'est l'Instagram, qui a écrit ce message sur les réseaux sociaux.
03:09L'aide est en route, notamment. C'est ce qu'il dit.
03:12Que peut-on attendre de ces prochaines heures ?
03:13C'est le sénateur de Caroline du Sud qui est effectivement proche de Donald Trump,
03:17qu'il a accompagné en Floride, notamment le week-end dernier.
03:21Il sait qu'il a l'oreille du président sur ces sujets de politique internationale,
03:25sur lesquels il est très impliqué.
03:27Il dit effectivement « help is on the way ».
03:28Donc l'aide arrive, ce qui semble indiquer que dans l'entourage de Donald Trump,
03:33on est déterminé à faire tomber ce régime.
03:36Et d'ailleurs, il y a quelques minutes, le président américain a publié un nouveau petit message sur son réseau social,
03:42« True Social », pour reprendre cette image qu'on a vue à l'antenne tout à l'heure.
03:45Vous savez, ce manifestant à Londres qui change le drapeau sur le fronton de l'ambassade de l'Iran au Royaume-Uni.
03:54On va peut-être la voir à nouveau.
03:56Il retire le drapeau de la République islamique pour mettre l'ancien drapeau,
04:00celui qui se trouve derrière vous, qui est le drapeau du régime précédent,
04:04et qui a d'ailleurs été le drapeau de l'Iran depuis plusieurs siècles,
04:06sur lequel on voit apparaître ce symbole d'union et du soleil.
04:10Évidemment, le symbole est très fort.
04:12Et ce symbole, donc, le président américain le reprend à son compte.
04:15Il veut faire tomber ce régime.
04:17C'est assez clair.
04:18Ils sont déterminés à le faire.
04:20Selon quelle modalité, Axel le disait, les Américains sont en train de les étudier ?
04:24Ils savent qu'ils ont les moyens de le faire.
04:27Ils savent que militairement, ce régime est considérablement affaibli,
04:31puisqu'il n'y a pas si longtemps.
04:32Vous vous souvenez, c'était en juin dernier.
04:34Ils sont allés frapper les installations nucléaires iraniennes.
04:38À cette occasion, évidemment, il y avait une opération conjointe préalable,
04:42essentiellement menée par l'armée de l'air israélienne,
04:44qui avait mis hors d'état de nuire, en gros, la totalité des moyens de défense antiaérien de l'Iran.
04:52Donc, aujourd'hui, c'est un pays qui est militairement, politiquement et économiquement vulnérable.
04:59Et c'est sans doute pour toutes ces raisons.
05:00Donc, ce serait un peu de grâce, en quelque sorte ?
05:03En tout cas, c'est clairement la volonté des États-Unis, manifestée par le président.
05:09Il l'a dit, manifestée, effectivement, et c'est important de relever des déclarations comme celles de l'Instagram,
05:14par ceux qui l'entourent aujourd'hui, qui veulent faire tomber ce régime, d'une part,
05:18et qui, d'autre part, considèrent que ce qui est en train de se passer, ces manifestations,
05:23et il faut, au passage, saluer le courage de ceux qui sont dans la rue aujourd'hui à Téhéran,
05:28parce que, parmi les déclarations de ces dernières heures, je vous livre celle de celui qu'on appelle le procureur général,
05:34c'est-à-dire, en gros, le ministre de la Justice iranien, qui a dit que les manifestants,
05:39ceux qui descendaient dans la rue pour protester aujourd'hui, étaient les ennemis de Dieu.
05:42Et quand on est l'ennemi de Dieu aujourd'hui en Iran, on est passible de la peine de mort.
05:47Donc, on sait qu'il y a des milliers de personnes, aujourd'hui, qui ont été arrêtées, qui sont dans les geôles iraniennes,
05:51que la répression sera extrêmement féroce, parce que c'est toujours comme ça quand le régime se sent menacé,
05:57et sans doute, alors qu'il s'apprête à fêter son 47e anniversaire,
06:02sans doute, n'a jamais été autant menacé qu'il l'est aujourd'hui.
06:05Mais pour qu'on comprenne bien ce qui se passe,
06:07Donald Trump se préoccupe réellement de ces manifestants et de cette population ?
06:13En tout cas, ça fait un bout de temps, au-delà de la personnalité de Donald Trump,
06:16que l'Amérique souhaite prendre sa revanche, un, faire tomber le régime des Mollahs,
06:19et puis n'oublions pas l'humiliation qui a coûté quasiment la présidence de Jimmy Carter en 1979.
06:26Je rappelle que l'Ayatollah Khomeini était rentré en Iran, il était parti de France,
06:31il avait été accueilli, il a tout de suite mis en place une république islamique.
06:36Il faut aussi dire que depuis...
06:37Et il appuie les Américains.
06:38L'anexote est intéressante, j'en crois, parce que quand Donald Trump, il y a quelques jours,
06:44rend compte du fait qu'il a capturé le couple Maduro au Venezuela,
06:50et dit « je n'ai pas échoué comme l'a fait Jimmy Carter en 1979 pour libérer les otages américains
06:57qui étaient détenus dans l'ambassade de Téhéran ».
06:59Et c'est à tel point une humiliation pour les Américains
07:02que chaque fois qu'il faut intervenir dans ce type de situation,
07:06on sent bien que c'est très gênant,
07:07et on se souvient même Barack Obama lorsqu'il a eu un certain nombre d'opérations
07:13qui regardaient depuis la Situation Room
07:17comment est-ce qu'ils allaient récupérer un certain nombre de grands opposants d'Amérique.
07:21On sent bien que les Américains sont restés traumatisés, ça c'est la première chose.
07:25La deuxième chose, le président américain et l'administration pourraient être facilités dans sa démarche
07:31parce qu'on commence à avoir des informations qui indiquent
07:34qu'à peu près 80 personnes auraient déjà trouvé la mort,
07:38il y aurait eu déjà plus de 2300 personnes arrêtées,
07:43comme ça a été dit par Thierry Arnault.
07:46Les sanctions sont féroces, les procès sont extrêmement expéditifs.
07:51Vous disiez à l'instant « ministre de la Justice »,
07:53mais c'est un ministre de la Justice de nom.
07:56C'est une justice qui malheureusement est surannée
08:02parce que c'est une justice expéditive.
08:04On vous annonce ce pourquoi vous êtes accusé,
08:07on vous dit bizarrement ou assez rapidement,
08:10et très rapidement on vous passe aux armes.
08:11Donc on voit bien que c'est terrible et ça, ça pourrait permettre,
08:14en tout cas ça pourrait faciliter la démarche américaine
08:16parce que là encore, le président a besoin aussi d'une opinion publique internationale
08:24qui comprenne qu'elle va être aussi cette intervention.
08:28– Qui lui soit favorable.
08:29– Mais bien sûr.
08:30– La population américaine le comprend ça ?
08:33Est-ce qu'elle considère que c'est aussi sa guerre ?
08:36– Alors est-ce que c'est sa guerre ?
08:38– Est-ce que les Américains sont plus…
08:39C'est plus sa guerre ?
08:40Tout d'abord il y a une communauté irano-américaine
08:43qui est extrêmement activiste,
08:44et vous avez vu que depuis quelques semaines,
08:46Reza Palavi est de plus en plus montré,
08:50même s'il n'est pas le chef de l'opposition incontestée
08:53ou la plus grande des personnalités,
08:55mais il reprend du service en quelque sorte,
08:58de plus en plus audible.
08:59il y a une communauté irano-américaine,
09:02et tout est bon à prendre.
09:03Et puis il y a une communauté internationale
09:04qui n'en peut plus du régime d'Emola,
09:07ce ne sont pas nos amis pour ainsi dire.
09:10Donc il sent bien que là, il joue sur un terrain
09:14où l'opinion publique, y compris internationale,
09:17en tout cas occidentale, ne peut que lui être favorable.
09:19– Est-ce que dans son propre clan,
09:21il est suivi Donald Trump dans toutes ses opérations récentes ?
09:25– Alors ça dépend lesquels, il faudrait les prendre une par une,
09:30quasiment, sur le Venezuela, son clan et le camp républicain est partagé.
09:39Il y a une partie des élus républicains qui considèrent
09:41que c'est créer un dangereux précédent
09:44que de ne pas respecter le droit international
09:46et d'aller capturer un président en exercice aussi constatable,
09:52soit-il s'agissant des conditions dans lesquelles il a été réélu.
09:56On commence à s'interroger beaucoup aux États-Unis
09:58sur son idée selon laquelle on va faire main-base
10:01sur le pétrole du Venezuela.
10:02Il suffit d'écouter les patrons des grands groupes pétroliers américains
10:04ces derniers jours qui ne sont pas du tout pressés d'y retourner
10:07parce qu'ils expliquent que c'est très compliqué en réalité,
10:10qu'il faut investir beaucoup et qu'on n'est pas du tout certain de rentabiliser.
10:14Sur l'Ukraine, son camp est divisé aussi.
10:17Il lui est plutôt d'ailleurs majoritairement hostile.
10:20Si vous regardez le point de vue et ce que réclame la majorité
10:24des élus républicains au Sénat par exemple,
10:27qui est la chambre du Congrès la plus influente,
10:29ils veulent des sanctions contre la Russie
10:30et ils ont très peur de voir Donald Trump forcer l'Ukraine à capituler
10:37et laisser les mains libres à Vladimir Poutine
10:40dans ce qui est l'ancienne, dans ce qui redeviendrait
10:43une forme de nouvelle Union soviétique.
10:46Donc vous voyez, il y a des sujets fondamentaux
10:48sur lesquels finalement il n'est pas suivi tant que ça.
10:51Et d'ailleurs, on parle du camp républicain,
10:54mais pour reprendre ces deux exemples du Venezuela et de l'Ukraine,
10:59il est aussi, alors l'opinion américaine est très divisée,
11:02mais il est aussi globalement plutôt désavoué
11:04par une majorité de l'opinion publique américaine.
11:06Ah oui, donc ça commence aussi à craquer de ce côté-là.
11:08Ulrich Bounat.
11:08Oui, je voulais juste rajouter par rapport, en fait,
11:11enfin on parle tout à l'heure d'éventuelles frappes américaines sur l'Iran.
11:15Alors effectivement, le régime iranien est dans une phase très compliquée de faiblesse.
11:18Il y a une crise économique très grave qui explique le début de ces manifestations
11:21qui se sont généralisées à toute la société,
11:24qui sont devenues très politiques.
11:25On crie désormais mort au dictateur en visant la victoire à Khamenei.
11:29Il y a une pression donc par le bas, par la société,
11:31une pression par le haut, par les Américains,
11:33et aussi par effectivement la défaite contre Israël pendant la guerre des 12 jours.
11:37Mais on est quand même sur un régime qui joue sa survie.
11:39Et je ne pense pas, très honnêtement,
11:42que des frappes aériennes suffiraient à faire tomber le régime.
11:44Je remonterai juste un peu le fil du temps.
11:47Après la guerre du Golfe,
11:49on a une grande partie des populations irakiennes
11:51qui se soulèvent contre Saddam Hussein,
11:55et notamment les Kurdes.
11:56On a des messages américains à ce moment-là
11:58qui disent aux Kurdes et aux chiites,
12:00soulevez-vous, on va vous soutenir,
12:02et vous allez voir ce que vous allez voir,
12:03et ce sera fini avec Saddam Hussein.
12:06Il y a eu des crimes de masse
12:08commis par le régime de Saddam Hussein pour rester au pouvoir,
12:11notamment l'utilisation de gaz de combat,
12:14et les Américains finalement n'ont jamais,
12:16on va dire, apporté de soutien véritable
12:18à ces gens qui se rebellaient contre le dictateur Saddam Hussein.
12:22Donc ce que je veux dire par là,
12:23c'est que faire du régime change avec des bombardements aériens,
12:26c'est quand même extrêmement compliqué.
12:28voire même quasiment impossible.
12:30Donc quand d'un côté, effectivement, il dit qu'il va soutenir les manifestants,
12:33ce qui, je pense, encourage, en fait, les manifestants aussi,
12:36et leur donne du courage,
12:37mais d'un autre côté, effectivement,
12:41si on s'arrête à du déclaratoire
12:42ou à des frappes symboliques qui ne feront pas tomber le régime,
12:44le risque est quand même extrêmement fort
12:46que la répression soit d'autant plus violente
12:47de la part du régime.
12:48– Oui, vous êtes d'accord avec ça, Antoine Bassebousse ?
12:51On le rappelle, Donald Trump a bien dit
12:52qu'il n'avait pas l'intention d'envoyer de militaires sur place en Iran,
12:56mais il envisage plutôt des frappes aériennes.
12:58Néanmoins, est-ce que ça suffirait pour faire renverser le régime ?
13:01– En tout cas, le ton aux États-Unis a beaucoup changé
13:06depuis l'arrivée de Trump,
13:07mais déjà aussi depuis le 7 octobre 2023.
13:11Auparavant, les États-Unis demandaient aux Iraniens
13:14de changer de politique en conservant le régime.
13:18Depuis le 7 octobre et surtout depuis l'arrivée de Trump,
13:21eh bien là, ce que demande Washington,
13:24c'est le changement de régime et non pas changement de politique.
13:28Et de ce fait, les Américains de Donald Trump
13:33sont extrêmement crédibles en Iran,
13:35puisque rappelez-vous, il y a 5 ans, en 2020,
13:39c'est sur instruction de M. Trump
13:42que le général Qasem Soleimani,
13:45le père de la doctrine d'encerclement d'Israël
13:48par des essais de frelons,
13:51a été éliminé par une frappe de drone à l'aéroport de Bagdad.
13:56Donc les Iraniens ont déjà eu forte affaire avec Trump.
13:59En 2018, il a déchiré l'accord nucléaire
14:03qui était conclu avec l'Iran par les puissances occidentales.
14:07Il a aussitôt après, deux ans après,
14:10tué, assassiné le général Soleimani.
14:13L'été dernier, il a envoyé les B2
14:15frapper les installations nucléaires iraniennes.
14:19Donc de ce fait, les Iraniens tremblent devant Trump.
14:23Ils ont vu qu'il a promis pour Maduro de le capturer.
14:28Il l'a fait.
14:29Et donc aujourd'hui, d'un côté, l'opinion publique,
14:32les manifestants, les opposants sont ragaillardis
14:36par les promesses de Trump.
14:38Et en même temps, le régime doit trembler
14:41en se disant, nous sommes acculés.
14:44Ils sont dans un étau.
14:46Ils sont détestés de l'intérieur.
14:47Ils n'ont pas d'amis.
14:51Toutes leurs forces régionales ont été décapitées
14:55par les frappes, par les réactions israéliennes au 7 octobre,
14:59à commencer par le Hezbollah,
15:00le renversement du régime syrien,
15:03la mise à genoux des milices irakiennes
15:08qui n'osent plus s'aligner sur Téhéran,
15:11les frappes contre le Yémen
15:13qui ont décimé tout un gouvernement et les chefs militaires.
15:17Bref, aujourd'hui, l'Iran regarde la Maison-Blanche.
15:22Les opposants se réjouissent de ce que Trump leur promet.
15:26Et les dirigeants de la Mollarchil,
15:29de la République islamique,
15:31tremblent devant les menaces de Donald Trump.
15:35C'est vrai qu'à vous entendre, Antoine Bassebousse,
15:37tous les feux sont au vert pour Donald Trump.
15:39– Alors, je suis d'accord avec Antoine à la nuance près
15:43que les Américains, les Iraniens, pardon,
15:47vont regarder aussi comment les choses se passent ailleurs
15:49parce que pour l'instant, on voit bien que des têtes tombent,
15:51mais le régime ne tombe pas.
15:53Par exemple, au Venezuela, le président Maduro est tombé,
15:57mais quid de la suite ?
15:59Et c'est vrai qu'en fonction de la suite,
16:01ce que l'on va vivre dans les semaines qui viennent,
16:03voire dans les jours, voire dans les semaines qui viennent,
16:06ça sera aussi un indicateur pour la suite
16:08parce que là encore, on a bien vu que pour l'instant,
16:11le régime des Mollahs n'est pas tombé,
16:14n'est pas encore tombé, en dépit des précédents événements,
16:18et c'est cela le véritable enjeu.
16:19Est-ce que les Américains iront jusqu'à tout mettre en œuvre
16:22pour faire tomber le régime des Mollahs ?
16:24– Je rajouterais juste par rapport à ce que vous disiez,
16:26en fait, en Iran, c'est un peu un régime à double détente.
16:28C'est-à-dire qu'il y a le régime des Mollahs,
16:29effectivement, Ali Khamenei,
16:31donc théocratie extrêmement sclérosée, extrêmement violente,
16:35mais il y a aussi, en fait, une dictature militaire,
16:37des passes d'Aran qui tiennent l'économie, en quelque sorte,
16:39pour la faire très simplement.
16:41Et donc, en fait, c'est un régime qui est,
16:43donc, bien évidemment, l'Ayatollah,
16:44mais les militaires, les hauts cadres, en fait,
16:46ont tout à perdre, un changement de régime,
16:48économiquement notamment.
16:49Et donc, ce sont des gens qui vont s'accrocher au pouvoir,
16:51quoi qu'il arrive.
16:52Et donc, effectivement, renverser,
16:54enfin, tuer l'Ayatollah à Roménie
16:55ou le viser dans une frappe aérienne
16:57ne résoudrait pas l'ensemble du problème.
16:59C'est comme retirer Maduro ne résout pas le problème
17:00du régime de la dictature militaire au Venezuela.
17:03Oui, beaucoup le disent, ce n'est pas suffisant.
17:04Donc, voilà, effectivement,
17:05donc, en fait, encore une fois,
17:06quelques frappes ne résoudraient pas forcément le problème.
17:08Et Thierry Arnaud, je voudrais vous soumettre
17:09une vidéo qui commence à faire le tour des réseaux sociaux.
17:14C'est la vidéo d'une manifestante iranienne,
17:17une femme, donc,
17:19qui met le feu à une photo d'Ali Ramenei.
17:23Elle est déjà en train de devenir un symbole dans le pays,
17:26puisqu'on apprend que de nombreuses iraniennes
17:28tentent de reproduire cet acte.
17:31Oui, elle ne porte pas le voile, bien sûr.
17:33Vous l'avez vu comme moi, elle est dans la rue.
17:36Et effectivement, si cette vidéo est authentique,
17:40il faut toujours...
17:41Elle a été authentifiée par nos services.
17:42C'est pour ça qu'on se permet de la diffuser.
17:45... faire cette remarque prudente.
17:48Mais effectivement, d'abord, on pense à son courage,
17:51au risque qu'elle prend en tournant cette vidéo.
17:54Elle risque sa vie.
17:55Il faut dire les choses absolument clairement.
17:57comme les milliers de personnes qui sont dans les rues aujourd'hui.
18:01Et si, effectivement, dans les prochains jours,
18:05dans les prochaines semaines, ce régime tombe,
18:07ça restera l'un des symboles des dernières heures qu'il a vécues.
18:12Cette femme sans voile qui brûle le portrait
18:14du leader suprême du régime, bien sûr.
18:19C'est une image qui a toutes les chances de devenir mythique,
18:24marquante de ces heures qui peuvent potentiellement être historiques.
18:28Mais Ulrich avait raison de dire il y a quelques instants
18:31que faire tomber un régime, c'est très compliqué,
18:34que celui-là est solidement accroché à son pouvoir
18:37par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus meurtriers.
18:41Il faut ajouter aussi, c'est important de le dire,
18:43Émilie, qu'on ne sait pas tout et loin de là
18:46ce qui se passe ce soir,
18:48parce que tous les moyens de communication
18:50ont été annihilés par le régime.
18:54Et donc, il n'y a pas de bilan précis.
18:57Et l'évaluation des événements courts
18:59est évidemment particulièrement délicate ce soir.
19:01Merci beaucoup d'avoir été avec nous
19:03pour évoquer cette situation en Iran,
19:05notamment merci Antoine Basbouz d'avoir été avec nous.
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