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  • il y a 10 heures
Vendredi, samedi et dimanche dans Europe 1 Soir Week-end, Stéphanie de Muru reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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Transcription
00:00Et on poursuit nos débats avec Véronique Jacquet, journaliste politique à CNews,
00:04Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:08On était avec, il y a quelques instants, le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, Véronique Jacquet.
00:13Je vous ai un petit peu frustré puisque vous aviez des remarques, des questions à lui faire.
00:18Bon, c'est vrai qu'il se satisfait de son bilan, c'est bien normal, mais vous avez des choses à redire.
00:23Je pense que, mais bon, il faudrait plus de temps pour cela,
00:26mais celui-ci était intéressant de l'entendre sur le fait qu'on a quand même une Europe au pied du mur.
00:31C'est-à-dire qu'on voit bien qu'on a un modèle qui ne peut plus tenir la route.
00:35Et Donald Trump, ce coup le cocotier, l'image n'est pas très jolie,
00:40mais Donald Trump est ce qu'il est, mais quelque part il renvoie aux Européens l'image quand même d'une réforme structurelle nécessaire.
00:48Il envoie le message, est-ce que vous contrôlez vos frontières ?
00:52Ce serait quand même le béaba de ce qu'il faudrait faire.
00:54J.D. Vance a dit il y a un an, quand il était venu à Munich et qu'il s'était adressé aux Européens,
01:00l'ennemi est à l'intérieur, l'ennemi il est chez vous, il n'est pas forcément à l'extérieur.
01:05Vous êtes faible, vous ne contrôlez pas vos frontières, vous n'êtes pas un acteur stratégique.
01:10Benjamin Haddad a beau défendre le bilan d'Emmanuel Macron sur le Groenland,
01:14bon finalement Donald Trump il s'en sort quand même bien sur le Groenland,
01:17et on a vu qu'on avait une Europe qui était divisée.
01:18Et puis en plus, il faudrait surtout que l'Europe soit en capacité de retrouver une puissance économique,
01:24et on voit qu'on en est loin.
01:26D'ailleurs le ministre Benjamin Haddad a bien remarqué quand même qu'on était ultra dépendant des Américains dans bien des domaines.
01:34Donc moi j'en ai un petit peu marre de ce côté bisounounours des ministres qui font le service après-vente,
01:40ce qui est bien normal, mais là encore il faudrait qu'on ait une vision pour l'Europe.
01:44Et c'est le rôle de Benjamin Haddad de dire, il pourrait nous dire, ben non, moi je ne suis pas complètement satisfait,
01:49moi voilà, si j'étais ministre pendant dix ans, le problème évidemment c'est qu'on a un gouvernement qui n'a pas duré très longtemps,
01:54et qu'on a un an des présidentielles, mais voilà comment il faut la réformer, voilà ce qu'il faut faire.
02:00On n'a pas de vision, on n'a pas de perspective.
02:02C'était l'objet de mon propos, quand on est faible à l'intérieur, c'est compliqué d'être fort à l'extérieur.
02:06D'ailleurs on l'a vu encore une fois dans le journal du dimanche aujourd'hui,
02:09mon cher Jules Torres, vous avez signé quelques articles, notamment cette interview de Gérard Larcher.
02:16C'est assez intéressant Gérard Larcher quand même, ça marque une étape.
02:20Le président du Sénat n'est même pas sûr de vouloir, on rappelle aux auditeurs que maintenant le budget est au Sénat,
02:26que le Sénat va devoir l'observer, l'étudier plus tôt cette semaine,
02:32et que l'option de la question préalable, c'est-à-dire une sorte de motion de rejet,
02:36pourrait être votée avant même de se pencher sur le cœur du projet.
02:39C'est inédit ça ?
02:40Oui c'est inédit, je pense que c'est le dernier coup de pression du président du Sénat
02:43sur le gouvernement de Sébastien Lecornu.
02:45Il y a une lettre qui a été envoyée aux députés en début de semaine,
02:48qui n'a pas été envoyée aux sénateurs, ça montre la crispation
02:51et le point de tension qu'il y a entre le gouvernement, entre Matignon et le Sénat.
02:55Je pense quand même que ce que dit Gérard Larcher, c'est que la raison, la logique,
03:01voudrait que les sénateurs enlisent le projet de loi de finances
03:05à l'Assemblée Nationale le muscle pour le rendre impossiblement votable
03:09pour le Parti Socialiste.
03:11Bon là on est dans des coups de billets à douze bandes.
03:12Ça il dit que c'est la logique, mais il dit que la raison, c'est de voter ce budget.
03:16Donc je pense que les sénateurs vont exiger un coup de rabot,
03:19notamment sur le budget des collectivités territoriales.
03:23On sait qu'il y a des élections sénatoriales qui sont en septembre prochain,
03:26il ne vous a pas échappé que ce sont les conseillers municipaux, les conseillers régionaux,
03:30les élus des conseils territoriaux qui élisent les sénateurs.
03:35Donc on voit très bien que là aussi il y a des enjeux de politique.
03:37Donc je pense que c'est une menace, mais qu'à la fin des fins,
03:41Sébastien Lecornu va réussir à faire passer son budget,
03:44qui est un mauvais budget, ça évidemment on l'a dit.
03:47Et après, est-ce que les sénateurs pâtiront de tout cela ?
03:52Est-ce que la droite pâtira de tout cela ?
03:53Parce qu'on dit depuis maintenant plusieurs semaines
03:55que les députés de droite refusent de voter la censure,
03:58acceptent finalement ce texte.
04:00Il y a 18 députés LR qui ont voté le budget de la Sécurité Sociale.
04:03Pour le coup, ils ont renié leurs convictions, non ?
04:07Je ne sais pas ce que vous en pensez,
04:08mais quand on est électeur LR, c'est compliqué je pense aujourd'hui.
04:11Je pense que ce sera compliqué pour les électeurs LR aujourd'hui
04:14de voir qu'il y a un certain nombre de députés
04:16qui en effet ont voté pour la suspension de la réforme des retraites,
04:21alors que la droite depuis maintenant 15 ans
04:22fait campagne pour la retraite à 65, 66, voire même 67 ans.
04:26Donc évidemment il y a un problème de conviction,
04:28et surtout ça se fait sur l'hôtel de la démocratie,
04:31c'est-à-dire qu'ils n'ont pas envie de retourner aux urnes,
04:33ils ont la trouille de retourner dans les électeurs,
04:35ils veulent conserver leur petit siège.
04:37C'est ce que Sébastien Lecornu disait
04:38quand il disait qu'il y avait une majorité absolue de députés
04:41qui voulaient rester,
04:42c'est parce qu'ils veulent conserver leur poste tout simplement.
04:44Et Véronique Jacquier, quand on parle de la stabilité,
04:46la sacro-sainte stabilité,
04:48on nous verse ça depuis des mois,
04:50quand on voit l'état de l'économie,
04:52j'ai commencé à en parler au ministre Haddad,
04:5370 000 faillites en 2025 d'entreprise,
04:57c'est un record...
04:59Oui, oui, exactement.
05:005 000 emplois détruits dans l'industrie par trimestre,
05:05soit 20 000, en 26 ça risque de ne pas être mieux.
05:07Ils ont quand même renoncé,
05:08c'est ce que je lui ai expliqué,
05:09à la taxe, vous savez, CVAE,
05:11à la diminution de cet impôt de production,
05:14on est parmi les plus élevés en Europe,
05:16je crois qu'on est à 4,6% contre 2,6%.
05:19Donc bon, moi je veux bien la stabilité,
05:23mais est-ce qu'il n'aurait pas mieux fallu
05:26que Sébastien Lecornu quitte la table ?
05:28Mais de toute façon,
05:29on a un pays qui est bloqué depuis la dissolution,
05:31et je pense que...
05:33Alors oui, il y a des députés LR qui se sont dit
05:36je préfère garder mon siège
05:37plutôt que d'appuyer sur le bouton de la censure,
05:41mais je pense aussi qu'il y a bon nombre de nos citoyens
05:43qui de toute façon sont fatigués
05:44de l'impuissance de la politique,
05:47fatigués de voir justement...
05:49Non, mais de voir le verbe présidentiel
05:52qui ne change rien à leur vie,
05:54et ils ne sont pas dupes dans un an,
05:57dans moins d'un an,
05:58on est déjà en campagne pour la présidentielle,
06:00elle a déjà plus ou moins commencé cette campagne,
06:02puisque là on rentre dans les municipales,
06:04et le budget de 2027,
06:07ça va être quelque chose,
06:08parce que là on est encore sur le budget de 2026,
06:10mais le budget de 2027,
06:11ça va être pire que tout,
06:12mais non, mais c'est pour ça que
06:13quand on parle de stabilité,
06:15c'est pas stabilité finalement,
06:16c'est paralysie,
06:16parce que ça va être un budget pour le coup,
06:19où chaque parti va vouloir faire plaisir
06:22à son électorat,
06:23donc ça va être la foire à la démagogie,
06:26on va retourner sur le sacro-saint,
06:27pouvoir d'achat,
06:29on va nous ressortir le mantra du pouvoir d'achat,
06:31et au nom du pouvoir d'achat.
06:32Alors là,
06:33toutes les dépenses vont être légitimes,
06:36donc ça va être terrible pour le pays,
06:38sincèrement.
06:38Jules Thorey,
06:39ça va se payer dès les municipales dans les urnes ?
06:42On verra,
06:42c'est très difficile le scrutin municipal,
06:45parce qu'il y a de l'ancrage local,
06:46c'est un scrutin qui n'est pas tout à fait nationalisé,
06:49même si on va bien voir,
06:51par exemple le RN va vouloir absolument nationaliser ce scrutin,
06:54c'est ce qu'ils font à chaque élection intermédiaire.
06:57Là, c'est vrai qu'on arrive un peu tard,
06:58vous posiez la question du fait que Sébastien Lecornu quitte la table,
07:01c'est vrai que l'élection présidentielle est aujourd'hui dans un an et deux mois à peu près,
07:05parce qu'elle sera tôt,
07:05elle sera en mars-avril.
07:06On va encore perdre un an.
07:07C'est un peu tard aujourd'hui pour des élections législatives,
07:11on ne va pas faire des élections législatives pendant les municipales.
07:13On ne va pas le faire après,
07:15mais c'est Emmanuel Macron qui avait mis ça
07:17pour justement mettre la pression sur les députés
07:20pour qu'ils ne votent pas la motion de censure.
07:22Donc là, c'est vrai qu'on a un petit peu...
07:24Il y a des restes de stratèges.
07:26Ils ne veulent pas aller aux journaux.
07:27Même au niveau du calendrier, ça n'a plus de sens,
07:29puisque là, il va y avoir effectivement les élections municipales.
07:31Bon, l'été, vous imaginez, pourquoi pas des élections l'été ?
07:35Et ensuite, on rentre, ça y est, dans la campagne présidentielle.
07:39Il va y avoir la primaire de la gauche début octobre.
07:41La droite va aussi être dans sa tambouille pour se choisir un candidat.
07:46Sincèrement, je pense que les Français ont bien compris
07:48qu'on est dans la neuvième année de la présidence d'Emmanuel Macron
07:53et que, vaille que vaille, rien ne se passera
07:56jusqu'à l'élection présidentielle.
07:58En revanche, ce qui est intéressant pour les élections municipales,
08:01c'est que le Rassemblement national, tout de même,
08:04mis sur le fait de toucher le tissu municipal le plus large possible,
08:11c'est vous qui le racontez, je crois, Jules Thorez,
08:12dans le journal du dimanche,
08:14et c'est une très bonne info que Jules donne,
08:16à savoir qu'ils veulent gagner des grands électeurs,
08:19c'est-à-dire qu'il y a effectivement les municipales,
08:21mais derrière, il y a les sénatoriales.
08:23Et le Rassemblement national laboure le terrain,
08:26c'est-à-dire qu'il faut que nous ayons le plus d'élus,
08:28parce que ces élus vont être de grands électeurs,
08:31et donc on assoie encore notre assise
08:33et notre ancrage dans le pays pour peser par la suite.
08:36Et ça, je trouve que c'est plutôt logique et c'est plutôt malin.
08:39Et puisque vous parlez des municipales,
08:40cher Jules et du JDD,
08:42il y a aussi cet excellent article,
08:43c'est pas vous qui l'avez écrit pour une fois, mais quand même...
08:45Jules, il écrit quand même bientôt la moitié du journal.
08:47Non mais on en a évidemment parlé ces dernières semaines,
08:52cet entrisme assez insidieux sur les municipales,
08:56alors ça va de la Haute-Seine au Tarnes.
08:59Alors ce qui frappe, ce qui retient l'attention,
09:01c'est qu'on y va à visage pas du tout découvert.
09:06C'est assez insidieux,
09:08ce sont des logiques de dissimulation,
09:10d'implantation locale, d'action par le bas,
09:13un phénomène que nous surveillons de très près,
09:15assure le ministre de l'Intérieur,
09:17conscient du danger,
09:17mais enfin, ce qui va pouvoir arrêter ce danger-là.
09:20Il y a deux choses intéressantes,
09:22c'est qu'en effet, les services de renseignement
09:23sont aux aguets pour pister un certain nombre de listes,
09:26qu'on appelle des listes communautaires,
09:28qu'on a pu voir par exemple pour les élections européennes,
09:29alors ça représente des scores absolument minimaux,
09:32c'est des 0,4% dans certaines villes,
09:35notamment les villes les plus islamisées de France,
09:38mais c'est vrai que quand on regarde la composition
09:40par exemple de certaines listes de la France insoumise,
09:43on se dit que des listes communautaires,
09:45bon ben il y en a déjà,
09:46et qu'elles sont absolument...
09:47Mais celles-ci sont visibles,
09:48il y en a des invisibles.
09:49Absolument visibles, il y en a absolument des invisibles,
09:51elles ne représentent pas beaucoup,
09:52mais moi ce qui m'inquiète plus pour ces élections municipales,
09:55c'est que vous allez avoir beaucoup de listes de la France insoumise,
09:58notamment en Seine-Saint-Denis,
09:59notamment dans la région francilienne,
10:01où il y a des candidats qui sont objectivement des candidats
10:04qui sont les amis des islamistes,
10:06qui ont une vision communautaire,
10:07il suffit de regarder les propos de M. Delogu,
10:09les propos de M. Duhawara,
10:10les propos de M. Bilingo,
10:12et vous voyez qu'il y a une logique communautaire.
10:14Il y a aussi la vision communautaire
10:17qui est portée par exemple par Éric Coquerel,
10:19qui vous dit qu'il ne faut que des élus noirs et arabes
10:22en région Seine-Saint-Denis
10:23La couleur de peau doit être en adéquation avec le vote.
10:26On est aujourd'hui à la France insoumise
10:27dans une vision racialiste de la politique
10:30et pardonnez-moi,
10:32mais ce sont des gens qui vous parlent en permanence de la République.
10:34Je vous rappelle que la République,
10:35c'est l'article 1 et 1 et indivisible,
10:37qu'elle ne reconnaît aucune couleur de peau.
10:40Donc c'est assez curieux aujourd'hui
10:41que cette gauche-là porte un tel discours.
10:42C'est l'article 1 et indivisible.
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