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  • il y a 10 heures
Tous les jours dans Europe 1 Soir, Stéphanie de Muru reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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00:00J'accueille mon duo du vendredi, Jules Thorez, journaliste politique au JDD.
00:04Bonsoir mon cher Jules.
00:04Bonsoir Stéphanie, quel plaisir de vous retrouver.
00:06Non, faites pas trop quand même mon cher Jules.
00:08La semaine fut bonne ?
00:09Notre duo, c'est-à-dire que c'est formidable.
00:11Quand on arrive comme ça, on a envie d'être là pendant des heures et des heures.
00:14Bon ben, je vous invite à rester, Victor Hérault, journaliste politique à Valeurs Actuelles.
00:19Bonne semaine également mon cher Jules.
00:20Très bonne semaine.
00:21Bon, on va parler économie, parce que ne passent pas des bonnes semaines.
00:24Et manifestement, ils se plaignent beaucoup, les patrons, comme un parfum de fronde qui souffle chez eux, petits, moyens, gros.
00:33Ils font de plus en plus entendre leur voix à l'approche de la présidentielle.
00:36Alors en solo, par exemple, comme l'a fait Bernard Arnault, ou via des associations, des think tanks,
00:42peut-être pour des patrons un peu moins célèbres que Bernard Arnault.
00:47Parmi ces patrons qui lèvent la voix, Hervé Novelli, ancien ministre des PME,
00:52qui a créé avec Lionel Roch le cercle des entrepreneurs engagés.
00:56Bonsoir Hervé Novelli.
00:58Bonsoir.
00:58Merci d'être avec nous sur Europe 1.
01:00Alors c'est vrai que c'est une voix qu'on entend de plus en plus, celle des patrons.
01:05On l'entendait davantage par le passé, via des organisations comme le MEDEF.
01:09C'est quoi ? C'est la séquence budgétaire qui a été la goutte d'eau, Hervé Novelli ?
01:14Peut-être la goutte d'eau, mais bien avant, les patrons ont commencé de réaliser,
01:20je n'aime pas du reste le vocable patron, moi je préfère le vocable entrepreneur,
01:24qui exprime beaucoup plus de valeur.
01:26Peut-être plus populaire aussi auprès des Français.
01:29Oui, c'est vrai.
01:30Mais ils se sont aperçus très progressivement que l'essentiel de leurs problèmes
01:36ne venait pas de l'intérieur de l'entreprise,
01:39qu'ils arrivent à développer malgré toutes leurs difficultés,
01:43mais de l'extérieur de l'entreprise.
01:46Par trop de charges, trop d'impôts, trop de normes,
01:49trop de réglementations, trop d'interdictions, trop de contrôles.
01:52Et tout cela, ils se sont aperçus, et l'opinion le corrobore et le conforte,
01:59ils se sont aperçus qu'il fallait prendre la parole à l'extérieur de l'entreprise,
02:03puisque c'est à l'extérieur de l'entreprise que se posent les problèmes.
02:06Et donc c'est cela qui explique aujourd'hui le bouillonnement.
02:10J'ai créé avec beaucoup d'entrepreneurs, des petits, des moyens, des gros,
02:16j'ai créé le cercle des entrepreneurs engagés.
02:18C'est nous qui avons fait le sondage, qui avons commandé le sondage,
02:21qui a fait beaucoup de bruit, et qui est paru dimanche,
02:26et qui montre que l'opinion publique soutient les entrepreneurs,
02:30loin des clichés qui font que l'opinion ne les soutiendrait pas.
02:34Non, au contraire, progressivement, l'opinion change,
02:37et se dit que ces entrepreneurs, ces gens qui prennent des risques,
02:40qui innovent, qui inventent, qui développent,
02:42eh bien, il serait bon qu'ils s'expriment beaucoup plus fort dans l'espace public,
02:47qu'ils bâtissent une influence, un rapport de force,
02:52pour éviter les bêtises que trop souvent on fait dans notre pays,
02:55en surchargeant ces entreprises.
02:58Hervé Naudrelli, c'est une fronde coordonnée,
03:01parce que c'est vrai que c'est le Figaro Magazine,
03:03aujourd'hui, qui titrait sur ce ras-le-bol des patrons,
03:08tout de même, puisque c'est le mot qu'ils emploient.
03:10Il y a plusieurs actions, je le disais en préambule,
03:13Bernard Arnault, qui évoque les taxes de son côté,
03:16Jean-Philippe Cartier, qui est un patron également,
03:18qui crée le pouvoir de l'action, qui a envie de peser sur 2027,
03:21et vous, vous l'avez dit avec le cercle des engagés,
03:26c'est quoi, justement ?
03:28C'est un coup pour 2027 ?
03:31Non, non, non, pas uniquement.
03:34L'ambition, elle naît de cette révolte qui est de dire,
03:39ça suffit, ça suffit, vous savez, l'opinion sait que ce sont les entreprises
03:44qui créent la richesse avec leurs entrepreneurs,
03:47avec leurs salariés, avec la communauté entrepreneuriale.
03:52Cette création de richesse, elle est là, elle n'est pas dans l'État,
03:55elle n'est nulle part ailleurs que dans les entreprises,
03:59arrêter de les suffoquer, de les empêcher de se développer
04:06en leur imposant beaucoup trop de contraintes.
04:09Partout ailleurs, on a compris que c'est les entreprises
04:13qui créaient la richesse, qui créaient l'emploi,
04:15qui créaient le développement, qui innovaient,
04:17et donc s'appuyer sur les entreprises, sur les entrepreneurs,
04:21c'est toute l'ambition du 21e siècle.
04:23Et c'est cette prise de conscience qui va, je l'espère,
04:28se développer de plus en plus chez les entrepreneurs
04:30pour qu'ils s'expriment, pour qu'ils prennent toutes leurs positions,
04:33qu'ils polémiquent, qu'ils s'opposent à des actions
04:39qui seraient néfastes aux entreprises, aux entrepreneurs,
04:42et donc à la confiance.
04:44On en parle assez souvent, en effet, ici, Hervé Novelli,
04:46pourquoi ne pas avoir appelé au secours un parti politique ?
04:50Pourquoi les patrons, finalement, maintenant,
04:53éprouvent le besoin de parler eux-mêmes
04:55et ne se retournent pas, par exemple, chez les Républicains ?
04:58Vous vous êtes senti trahi lors de la dernière séquence budgétaire ?
05:01Non, je n'emploierai pas ces mots.
05:04J'étais entrepreneur, j'ai fait de la politique,
05:07je suis retourné dans l'entreprise,
05:10c'est là que je m'exprime le mieux,
05:14et c'est pour cela que, constatant que,
05:18durant le débat budgétaire,
05:19on a imposé un certain nombre de taxes,
05:22qu'il y a une atonie à défendre les entrepreneurs,
05:25y compris à droite de l'échiquier politique,
05:30eh bien, je me suis dit,
05:31pendant cette vacance politique,
05:32pendant cette grande fatigue politique
05:35qui s'exprime aujourd'hui et que les Français constatent,
05:38il est temps que les entrepreneurs s'engagent,
05:40et c'est ce que je fais avec les entrepreneurs engagés.
05:42Jules Thorez.
05:43Bonsoir, est-ce que vous avez l'impression,
05:45et c'est une donnée qu'on a quand même,
05:47c'est qu'à l'Assemblée nationale,
05:49eh bien, il y a assez peu, finalement, d'anciens entrepreneurs.
05:51Il y en a quelques-uns, par exemple,
05:53qui sont au Parti Socialiste,
05:55et encore, il y en a assez peu.
05:56Il y en a quelques-uns qui sont du côté de l'UDR,
05:58de l'Union des Droites de la République,
06:00en termes de pourcentage,
06:00c'est le groupe qui a le plus d'anciens entrepreneurs.
06:03Est-ce que vous avez l'impression
06:04que ce manque d'entrepreneurs
06:06au sein des 577 députés,
06:09eh bien, a des conséquences
06:10sur, par exemple, le budget qui a pu être voté,
06:13sur un certain nombre d'articles ou d'amendements
06:15favorables, par exemple, à la taxation des entreprises ?
06:18Est-ce que vous avez l'impression
06:19que ça joue, au contraire,
06:20les députés ont raison gardée
06:23et votent un budget
06:25qui va pour tous les Français ?
06:27Vous avez parfaitement raison,
06:28mais je voudrais vous dire
06:32que ça vient de loin.
06:33Lorsque je suis arrivé comme député,
06:35j'étais entrepreneur.
06:37J'ai eu beaucoup de mal à faire les deux,
06:39et mon entreprise en a souffert,
06:41mais je voulais m'engager,
06:41j'avais un certain nombre de convictions
06:43que je voulais porter à l'Assemblée nationale.
06:45J'avais constaté, à l'époque,
06:46qu'on se comptait sur les doigts d'une main
06:48comme entrepreneur.
06:49Ça n'a pas changé.
06:50Et c'est cela aussi
06:51qui est à la racine des problèmes
06:54que nous avons rencontrés.
06:54beaucoup d'anciens fonctionnaires,
06:55en revanche, à l'Assemblée nationale.
06:56Oui, parce que c'est plus facile,
06:58c'est plus simple,
06:59c'est moins risqué,
07:01puisqu'on retrouve son poste.
07:04Et donc, il y a cette disproportion,
07:07aujourd'hui,
07:08qui est à la racine du mal français.
07:10Est-ce qu'on aurait intérêt à avoir plus de patrons ?
07:13Parce que c'était, j'imagine aussi,
07:14le sens de la question de Jules Torres.
07:16Plus de patrons qui connaissent
07:18les contraintes de l'entreprise.
07:19Évidemment, il faut que l'Assemblée nationale
07:21représente beaucoup mieux
07:23la société française.
07:25La société française, elle est diverse.
07:28Certes, il y a un poids important
07:31de la fonction publique
07:32dans la société française,
07:33mais qui n'est pas à la hauteur du poids
07:35de la fonction publique
07:36dans l'Assemblée nationale.
07:37c'est à peu près le double.
07:39On est presque à la moitié
07:40de la représentation nationale
07:42en termes de fonction publique.
07:44Donc, il y a une difficulté
07:46à prendre conscience des réalités
07:48de l'économie
07:49lorsque l'Assemblée nationale
07:51ne représente pas elle-même
07:52la société française.
07:54Donc, notre ambition,
07:56elle est de porter loin
07:58cette nécessité de prendre part au débat
08:01et de s'opposer à ce qui...
08:04C'est tout à fait le loi,
08:06mais c'est vrai qu'on constate souvent
08:08qu'il y a un discours,
08:10il y a les opprimés, les oppresseurs.
08:12On le voit avec les partis de gauche
08:14qui ramènent, vous l'avez dit vous-même,
08:16les taxes sur la table.
08:17On ne se sort pas de ce réflexe
08:20très français.
08:21Comment réconcilier justement
08:22ces deux camps
08:23que certains, beaucoup,
08:25aiment opposés ?
08:26Vous n'êtes pas naïf, vous le savez.
08:27Écoutez, c'est une bonne question
08:29et j'ai la réponse, je crois.
08:30C'est l'opinion.
08:31L'opinion est aujourd'hui
08:33un vecteur très important
08:34sur lequel nous devons
08:36et nous pouvons compter.
08:37Le sondage qui a été réalisé
08:40il y a quelques jours
08:41montre que l'opinion soutient
08:43les entrepreneurs
08:45et pense qu'ils sont trop taxés,
08:47que leurs entreprises sont trop taxées,
08:49qu'ils ne parlent pas assez
08:50dans le débat public,
08:51qu'ils feraient bien d'apporter
08:52leur expérience, leur expertise,
08:55leur dynamisme
08:56dans le champ du débat public.
08:58Eh bien, nous allons nous appuyer
08:59sur l'opinion
09:01pour faire entendre notre voix
09:02et notre voix,
09:04elle se fera entendre
09:05bien au-delà de la présidentielle.
09:06Merci beaucoup Hervé Novedi,
09:07entrepreneur.
09:08Je rappelle que vous étiez
09:08ancien ministre des PME
09:10et créateur du statut
09:12de l'auto-entrepreneur.
09:13D'ailleurs, la micro-entreprise,
09:15c'est la majorité
09:15des 4,9 millions d'entreprises
09:18en France.
09:19Merci d'avoir été
09:19sur l'antenne d'Europe 1.
09:21Alors, c'est vrai que Victor Hérault,
09:22on rappelle ce sondage
09:24il y a quelques mois,
09:25je crois, dans le JDD,
09:2582% des Français
09:27qui aiment leur patron,
09:28mais c'est vrai qu'on entend aussi
09:29beaucoup de discours dissonants
09:31et notamment à gauche
09:31qui imprime parfois
09:33dans l'opinion française
09:34des Français
09:35qui font souvent la différence
09:36d'ailleurs entre
09:36les petites entreprises
09:37et les grosses entreprises
09:39un petit peu accusées
09:40de tous les maux.
09:41Avec beaucoup de bêtises, oui.
09:43Mais la santé des grosses entreprises
09:44découle sur les petites aussi.
09:47Non, mais il y a d'une part
09:48effectivement ce ruissellement-là,
09:50il y a aussi
09:50c'est le bouc émissaire
09:52du grand méchant, riche,
09:53patron
09:54qui oppresse ses employés
09:56et qui en plus
09:58ne paie pas ses impôts
09:59et qui empêche
09:59l'économie française
10:00de fonctionner.
10:01Bon, ça c'est vieux comme Marx.
10:02Maintenant, moi...
10:03Enfin, ça persiste,
10:04c'est tenace.
10:04Parce qu'on inverse complètement.
10:06Alors déjà,
10:06on a une très mauvaise culture
10:07économique dans ce pays,
10:09ça vaut pour les politiques
10:10comme pour la population.
10:11D'ailleurs,
10:11on ne comprend pas,
10:12une majeure partie
10:13de la population
10:13ne comprend pas
10:14comment fonctionne l'économie,
10:16comprend même parfois,
10:17comment dire,
10:17dirigée par la gauche,
10:18puisque le discours
10:19est dirigé par la gauche,
10:20comprend à l'envers
10:21le discours économique
10:22en pensant qu'il y aurait
10:23de l'argent
10:23qui viendrait de nulle part
10:24et que ce qui compte le plus
10:25c'est de le redistribuer
10:26sans oublier que
10:27pour redistribuer de l'argent
10:28il faut qu'il y ait
10:28de la production d'argent,
10:29pour qu'il y ait de la production d'argent
10:30il faut qu'il y ait des meneurs d'hommes,
10:31c'est-à-dire des patrons
10:32dont les principaux intérêts
10:33ne sont pas 200 mètres
10:34plein les poches
10:35comme vous pourrez le croire,
10:36mais de faire fonctionner
10:37leur entreprise
10:37et d'élargir au maximum
10:38leur entreprise
10:39faisant donc des créations d'emplois,
10:41faisant au passage
10:42rayonner leur image
10:44et de marques
10:44et l'image de la France
10:45à l'international.
10:46Bref, tout ça fonctionne de concert.
10:48Moi, ce qui m'inquiète le plus
10:49au-delà, encore plus
10:50que la situation
10:51des entrepreneurs actuels
10:52qui est donc parfaitement liée
10:54avec la santé économique
10:55du pays actuel,
10:56ce qui m'inquiète encore plus
10:57c'est la situation
10:58des futurs entrepreneurs,
10:59des entrepreneurs en herbe,
11:00ceux qui ont aujourd'hui
11:0115, 18, 20 ans
11:03qui voudraient peut-être
11:04se lancer dans cette aventure
11:05et qui ne comprennent
11:06qu'une seule chose
11:06dans le message politique
11:07aujourd'hui, c'est
11:08il vaut mieux que je me lance
11:09dans cette aventure
11:09ailleurs qu'en France.
11:10Et vous avez bien raison,
11:12c'est vrai que j'entends
11:13beaucoup de jeunes en ce moment.
11:14J'irais aux Etats-Unis
11:16monter ma boîte
11:17Mais pas seulement les jeunes,
11:18on parle souvent, vous savez,
11:20des licornes françaises,
11:21les grandes entreprises
11:22qui sont cotées
11:24à plus de 1 milliard.
11:25Il y en a 23 en France,
11:26il y en a 46
11:27qui sont actuellement
11:28aux Etats-Unis.
11:28Des licornes bien françaises.
11:30Donc on voit très bien
11:30qu'il n'y a plus aucune
11:32attractivité finalement
11:34pour la France
11:35parce qu'il y a une fiscalité
11:36et surtout une haine
11:38des entrepreneurs
11:38qui est extrêmement élevée.
11:40L'un des bilans peut-être
11:41d'Emmanuel Macron
11:41qui pourtant se dit
11:42très fier de ce qu'il a fait.
11:44On en parle dans quelques instants.
11:45Eh oui,
11:46on en parle avec vous
11:47Jules Torres
11:47et Victor Hérault
11:48dans quelques instants
11:49sur Europe 1
11:49après la pub.
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