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Vendredi, samedi et dimanche dans Europe 1 Soir Week-end, Stéphanie de Muru reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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00:00L'Europe 1 soir week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04En compagnie de Raphaël Steinville, directeur adjoint de la rédaction du JDD,
00:07Antonin André, chef du service politique du JDD.
00:11Avant de parler des thèmes du jour, notamment la commémoration du meurtre du jeune Elias,
00:18c'était il y a un an, on va voir ce qu'on en a tiré comme conséquence,
00:22s'il y a eu du nouveau et une évolution dans la loi.
00:25Mais avant, j'aimerais bien savoir ce que vous faites demain dans le JDD, mon cher Antonin Gérard Larcher.
00:31Apparemment qu'il est très en colère.
00:32Le président du Sénat est très en colère, vous savez que ça a été très compliqué avec le gouvernement.
00:36Sébastien Lecornu lui-même a eu des mots peu amènes avec le président du Sénat pendant la période budgétaire,
00:41lui reprochant de ne pas jouer le jeu du gouvernement.
00:43Et bien le titre de l'article justement, c'est une saillie de Gérard Larcher qui dit
00:47« Nous n'avons pas à jouer le jeu du gouvernement »
00:49et qui se pose en opposant du gouvernement sur le budget.
00:52Il ne décolère pas contre les hausses de la fiscalité sur les grandes entreprises à hauteur de 8 milliards d'euros.
00:57Pas plus qu'il ne goûte la réduction des crédits accordés aux collectivités territoriales.
01:02Et il pointe aussi évidemment la dérive des comptes sociaux qui était de 700 millions.
01:06L'efficacité de la sécurité sociale c'était 700 millions sous Agnès Buzyn.
01:10C'est 25 milliards d'euros cette année.
01:11Je ne sais pas si les gens se rendent bien compte de la gap-ville financière dans laquelle on est.
01:15Et fort de cette colère, Gérard Larcher envisage que le Sénat n'examine pas le budget la semaine prochaine.
01:22C'est-à-dire qu'il pourrait faire jouer l'article 44 du Sénat
01:26qui soumet aux députés la question suivante sur l'opportunité de poursuivre le débat qu'il aurait proposé.
01:32Et si les sénateurs répondent non, à ce moment-là le Sénat passe son tour d'une certaine façon.
01:36Le texte retournera à l'Assemblée pour une deuxième lecture et une deuxième série de 49.3.
01:40Le budget sera adopté.
01:42Mais en fait la préoccupation...
01:42Ça serait une première ça quand même Antoine ?
01:43Ce serait une première.
01:45Et la préoccupation de Gérard Larcher c'est de dire on passe à autre chose.
01:48Moi j'ai fait des cérémonies de vœux toute la semaine.
01:50Je peux vous dire que les Français sont excédés de ces discussions budgétaires sans fin
01:53qui en plus ne changent pas grand-chose à leur quotidien.
01:55Et donc on sent une exaspération qui est exprimée de façon assez franche par le président du Sénat.
02:01Ce qui n'est pas toujours son habitude.
02:03Donc je pense que l'interview fera du bruit notamment à Matignon.
02:06Absolument.
02:07Raphaël Stainville, c'est vrai qu'on ne s'attendait pas nécessairement à ça.
02:11Gérard Larcher n'a jamais mâché ses mots.
02:13Mais là c'est une étape supplémentaire.
02:15C'est un homme rond mais qui sait parler de manière très franche lorsque les circonstances l'imposent.
02:23Moi ce qui m'a marqué dans cette interview c'est que interrogé par Antonin André et Jules Torres
02:29sur les économies que réaliserait le gouvernement et notamment la baisse des budgets des ministères.
02:38Le deuxième personnage de l'État finalement vient balayer le narratif qu'essaye d'instiller Matignon
02:46et d'une certaine manière se moque de ce mirage.
02:53Et donc oui, vraiment à chaque occasion on sent qu'il ne retient pas ses coûts et qu'il ventile le gouvernement et notamment le Premier ministre.
03:04Alors qu'est-ce qui peut se passer maintenant parce que le budget devait effectivement aller au Sénat dès lundi ?
03:08À partir du moment où il le rejette ?
03:10Alors il n'est pas sûr qu'il le rejette.
03:11Il va soumettre cette idée de l'article 44 aux sénateurs qui accepteront ou non cette opportunité.
03:17Et si c'est le cas, eh bien tout s'accélérera très vite.
03:20C'est-à-dire qu'effectivement le budget pourrait être allé rapidement terminer la session du Sénat
03:24et pourquoi pas revenir à l'ordre du jour de l'Assemblée assez rapidement, ce qui serait une façon d'en finir.
03:29Et c'est vrai que si on regarde un peu en arrière, Stéphanie, ça fait deux ans, deux ans, que le député ne parle que du budget.
03:35Mais bien sûr.
03:36Puisque vous avez eu la chute du gouvernement Barnier, ensuite Bayrou qui a pris en main le budget en parlant de 4,7% de déficit,
03:45ça a occupé tout le printemps jusqu'au discours de François Bayrou, puis retour de François Bayrou, vote de confiance réclamée par François Bayrou,
03:52et depuis le budget.
03:53C'est-à-dire que tous les autres projets de loi, je vais en citer un, celui sur les polices de proximité,
03:58qui a été voté dans les deux assemblées en première lecture et qui est un projet de loi consensuel sur lequel tous les députés s'accordent,
04:04et je vous rappelle qu'il y a les municipales dans quelques mois, ce texte n'a toujours pas été adopté.
04:09La vie du pays est à l'arrêt parce qu'on discute de savoir s'il faut taxer les entreprises d'un milliard de plus ou d'un milliard de moins.
04:14Alors le projet de fin de vie, en revanche, il est soumis.
04:16Sur le projet fin de vie, là encore, mise en garde de Gérard Larcher, qui dit « Attention, le débat a évolué depuis que l'Assemblée nationale a statué,
04:24et notamment il perçoit des réticences auprès des soignants et des accompagnants sur cette idée que la fin de vie est un sujet prioritaire,
04:31alors même que les soins palliatifs devraient l'être. »
04:35Et il met en garde le Président de la République en disant « Ne brutalisez pas le débat, et donc d'une certaine façon n'enjambez pas le Parlement par un référendum,
04:44parce que ça pourrait mal se passer. »
04:45Raphaël Steinville ?
04:47Oui, sur la question de la fin de vie de l'euthanasie, en fait ce qui est assez troublant,
04:51c'est qu'on s'aperçoit que ce débat qui a été imposé par le Président,
04:57l'est, alors même que justement la question des soins palliatifs,
05:02et notamment l'absence de centres de soins palliatifs dans le nombre de départements,
05:05pour la moitié d'entre eux, devrait presque empêcher ce débat.
05:09C'est-à-dire que tant qu'on n'a pas expérimenté et poussé jusqu'au bout la logique du soin et des centres de soins palliatifs,
05:16on devrait presque s'interdire d'imaginer un débat sur la fin de vie.
05:21– Antoine et André, vous le disiez, ça fait depuis deux ans qu'on est sur cette affaire du budget,
05:28avec pour ma part le sentiment que même si on parle de déficit,
05:32bon Sébastien Lecornu a insisté sur son déficit à 5%,
05:35on s'en éloigne à chaque fois davantage des économies, on parle davantage de taxes,
05:41et François Bayrou avait au moins le bon goût de parler d'économies, déficits et de dettes.
05:45– D'ailleurs Gérard Larcher réhabilite les 4,7% de François Bayrou,
05:49en disant qu'au moins il disait la vérité.
05:52Et il est vrai qu'avec toutes les concessions qui ont été faites, notamment à la gauche,
05:56sur le budget, lâchant jusqu'au repas à 1 euro pour les étudiants,
06:00ce qui peut se comprendre pour les étudiants les moins fortunés,
06:02mais enfin je ne vois pas en quoi les enfants de familles privilégiées qui peuvent participer,
06:09seraient exonérés de participer à l'éducation de leurs enfants,
06:12toutes les concessions qui ont été faites ont alourdi considérablement les dépenses,
06:16et elles ne sont financées que par des hausses de taxes, pour l'essentiel.
06:19Ce qui pose un problème de paralysie économique du pays,
06:21parce que si on étrangle les entreprises,
06:24et je vous rappelle que la France souffre d'une désindustrialisation massive,
06:27et qui est aussi due à cet matraquage fiscal des entreprises,
06:31eh bien ça risque de se répercuter sur l'économie.
06:34La croissance française était de 0,8% cette année,
06:37il n'est pas sûr qu'elle puisse se maintenir l'année prochaine,
06:41et les chiffres du chômage repartent aussi à la hausse.
06:43Donc c'est-à-dire que c'est toute la politique de l'offre promise par Emmanuel Macron,
06:46qui avait été mise en place sur son premier quinquennat,
06:48qui aujourd'hui est remise en cause,
06:50avec qui plus est, un niveau de déficit colossal.
06:53Donc c'est vrai qu'on se pince un peu,
06:55lorsque l'on dit, lorsqu'on se gargarise,
06:58de dire qu'on arrive enfin à maîtriser la courbe de la dette,
07:02on en est loin.
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