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  • il y a 3 mois
Ce lundi 6 octobre, Raphaël Legendre a reçu Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, François Ecalle, fondateur de FipEco.fr, et Mathieu Jolivet, rédacteur en chef chez BFM Business, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les experts, Raphaël Lejean
00:10Bienvenue à tous pour cette émission spéciale des experts, spécial K.O. ce matin, il y a un quart d'heure, tout pile, Sébastien Lecornu vient d'annoncer sa démission au président de la République, qui l'a accepté.
00:24J'allais vous expliquer qu'à peine nommé, le gouvernement était probablement déjà mort, mais bien c'est fait, effectivement.
00:32L'instabilité politique continue et ce n'est pas sans impact sur les marchés, évidemment.
00:39Les taux grimpent ce matin, les taux grimpent très fort.
00:42Le spread entre le Bund et l'OAT ressort à 86,5 points de base, c'est beaucoup.
00:49Le 4,40, lui, est dans le rouge. Les valeurs bancaires perdent entre 4 et 5%.
00:55Il y a au moins de trois semaines, ce serait au tour de Moody's de revoir la note de la France.
01:01Le 24 octobre, très précisément, le 28 novembre, au tour de Standard & Poor's.
01:06D'ici là, le projet de loi de finances qui était censé arriver sur la table de l'Assemblée le 13 octobre au plus tard,
01:13est en sursis. La démission du gouvernement signifie-t-elle une dissolution qui arrive très rapidement ?
01:23On va voir ça avec nos experts. Budget 26, y a-t-il quelqu'un pour piloter la France ?
01:27C'est un peu la thématique ce matin. Il est 10 heures passées de 2 minutes.
01:33Nous sommes le lundi 6 octobre. Bienvenue dans les experts. Allez, c'est parti.
01:37Les experts, débats et controverses sur BFM Business
01:44Et pour commenter cette actualité extrêmement chaude, j'ai le plaisir d'accueillir Mathieu Jolivet.
01:54Mathieu, bonjour. Bonjour Raphaël. Rédacteur en chef BFM Business.
01:58François Eccal. François, bonjour. Bonjour.
02:00Fondateur du site Fipeco.fr, grand spécialiste, grand manie tout des finances publiques.
02:05Et Denis Ferrand, bonjour Denis. Bonjour Raphaël.
02:08Directeur général de Rex et Code.
02:11Alors évidemment, c'est une émission un petit peu bousculée.
02:14On a eu la composition, enfin, du gouvernement hier soir,
02:18de la première partie du gouvernement hier soir.
02:20Il n'a pas fallu 12 heures pour que ce gouvernement vole en éclats.
02:25Alors il faut qu'on explique un petit peu la situation à ceux qui nous écoutent ce matin.
02:30On a les Républicains qui, visiblement, n'ont pas beaucoup apprécié l'arrivée de Bruno Le Maire
02:37au ministère des Armées et qui menaçaient.
02:41En fait, c'est un film totalement dingue et assez sidérant.
02:45Tout est parti.
02:47Hier soir, à 21h23, vous avez Bruno Retailleau qui est reconduit dans ses fonctions
02:51et qui, pourtant, fait un poste sur les réseaux sociaux
02:54en fustigeant les équilibres politiques de ce nouveau gouvernement.
03:01Et donc, tweet totalement hallucinant
03:04où un ministre de l'Intérieur reconduit
03:07à l'air de découvrir les équilibres politiques
03:10de quelque chose qu'il avait signé avec le Premier ministre et le Président
03:15quelques heures plus tôt.
03:16Avec qui il avait passé une heure et demie dans le bureau.
03:18Avec qui il avait passé une heure et demie dans le bureau.
03:20Dans les heures qui suivent, vous avez tous les leaders des autres partis
03:24qui reprennent le même discours.
03:26De horizon, Édouard Philippe qui dit
03:29c'est ni fait ni affaire.
03:31À gauche, tous les partis fustigeants.
03:33Ce matin, en urgence, le cornu va voir Emmanuel Macron.
03:38Ils viennent de passer une heure et demie ensemble
03:40dans le bureau d'Emmanuel Macron à l'Elysée.
03:42Ils constatent ensemble qu'ils sont dans une impasse.
03:45Dans une impasse institutionnelle.
03:47Et il remet sa démission à Emmanuel Macron.
03:50Et en fait, c'est une crise politique majeure.
03:52C'est la première fois dans l'histoire de la Vème République
03:56qu'on a un nouveau Premier ministre
03:58qui n'aura pas mis les pieds une seule fois à l'Assemblée nationale.
04:02Et ce, alors qu'un budget doit être présenté,
04:052026 doit être présenté dans quelques jours
04:08normalement à l'Assemblée nationale.
04:11Et oui, 13 octobre.
04:12Et donc c'est une crise politique majeure
04:14qui risque de se doubler d'une crise,
04:17non pas financière, mais cette fois économique.
04:20Et c'est ça en fait qui nous pend au nez.
04:22Oui, on voit les conséquences effectivement là sur les marchés
04:24qui ont immédiatement réagi, Denis Ferrand.
04:27Oui, je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Mathieu.
04:30C'est effectivement un enjeu financier.
04:33Et ça, effectivement, on l'a vu tout de suite.
04:34Le 3,57 je crois pour le taux à 10 ans.
04:37Le spread qui se tend.
04:39L'Italie qui va commencer à s'éloigner par le bas du taux français.
04:43Le coût de l'assurance sur la dette qui progresse,
04:47ce que l'on appelle les CDS.
04:49Donc quand vous vous assurez contre un risque de défaut de la dette,
04:52c'est pas énorme, mais c'est en train là aussi de se décorréler.
04:55Donc en fait, c'est tous les petits signaux
04:56qui sont tout à fait délétères du point de vue financier.
04:58Mais plus encore, c'est effectivement la dimension économique
05:02qui est à interroger.
05:04On a eu la chance d'avoir une expérience naturelle à Rix et Côte.
05:09Il y a quelques temps de cela, on fait une enquête avec BPI France.
05:12On avait interrogé les patrons de PME entre le 21 août et le 3 septembre
05:17sur ce qu'ils anticipaient faire de leur projet d'investissement
05:21et de leur projet d'embauche.
05:22Donc au moment précis où François Baeroux annonce
05:25qu'il posera sa responsabilité le 25 août.
05:28Au milieu de l'interrogation que l'on fait auprès des patrons de PME,
05:32le 25 août, François Baeroux fait sa déclaration, vote de confiance.
05:35Et en fait, quand vous regardez la manière dont les patrons répondaient
05:38avant et après le 25 août, vous savez, il y a une bascule très importante.
05:4260% des patrons déclaraient reporter ou annuler leur projet d'investissement
05:46pour ceux qui répondaient entre le 21 et le 25.
05:49Pour tous ceux qui répondaient après le 25,
05:5060 c'était déjà beaucoup.
05:52Tous ceux qui répondaient après le 25, ils étaient 76% à dire qu'ils reportaient ou annulaient.
05:57Donc il ne faut pas croire que cette crise politique est sans effet effectivement sur l'économie.
06:03C'est ça qui nous prend.
06:04Mais vous avez raison parce qu'en fait, il faut quand même avoir aussi en tête
06:07que bien plus que la guerre en Ukraine ou que l'épisode Covid
06:10qui était un choc exogène, un signe noir que personne n'a vu arriver,
06:13le taux d'investissement des entreprises, c'est au moment de la dissolution
06:18qu'il a le plus brutalement chuté.
06:21Et en fait, un chef d'entreprise, c'est quand il navigue vraiment dans la purée de poids,
06:27dans le brouillard le plus total, c'est quand il n'a plus de visibilité politique
06:30parce que plus de visibilité politique, c'est plus de cap économique.
06:35Et donc c'est un chef d'entreprise qui ne peut pas se projeter sur un environnement fiscal
06:38dont il a besoin pour pouvoir investir.
06:40Donc on gèle les investissements.
06:42Comment vous voulez piloter un plan industriel à 5, 10, 15 ans
06:45quand on change toutes les 5 semaines de Premier ministre ?
06:50Les investissements, c'est toujours la partie de la dépense des entreprises
06:53qui est la plus pilotable immédiatement.
06:56Les investissements, on s'envisage souvent dans des tranches qui sont pluriannuelles.
07:00Mais la tranche que j'avais prévue de faire cette année,
07:02je vais peut-être la décaler un petit peu.
07:04J'attends de voir si ça se passe bien.
07:05Enfin, si d'un point de vue technique, je ne suis pas contraint.
07:08À ce moment-là, je reporte mes projets d'investissement
07:10et je vais être décalé dans le temps.
07:12C'est ce qui est en train de se passer.
07:13L'attentisme est en train de devenir la règle de survie.
07:16Bon, tout ça va nous coûter cher au final, François Eccal.
07:18L'écart de taux entre les taux allemands et français atteint la 86,5.
07:23Ça fait longtemps qu'on n'a pas connu des spreads aussi élevés ?
07:28Alors, ça fait longtemps qu'on n'a pas connu des spreads aussi élevés,
07:32mais on a connu des spreads beaucoup plus élevés en 2011-2012.
07:35Je ne parle même pas d'Italie, simplement pour la France.
07:38On était à 150 points de base.
07:39La grande différence par rapport aux années 2011-2012,
07:45c'est que les marchés savent que la BCE est là.
07:48Ce qui n'était pas le cas à l'époque,
07:50puisque le traité de Maastricht en principe interdisait
07:52les interventions de la BCE pour acheter des dettes des États membres.
07:57Donc, c'est pour ça que depuis un certain nombre d'années,
08:00les marchés restent relativement calmes.
08:02Ils savent que l'hypothèse d'un défaut de paiement de la France aujourd'hui
08:08est inenvisageable, en réalité, dans le contexte géopolitique actuel.
08:13Maintenant, ils peuvent se rappeler,
08:15ils sont peut-être en train de se rappeler là,
08:17que l'intervention de la BCE, elle n'est pas automatique.
08:21En effet, la BCE a des instruments pour acheter en quantité illimitée
08:25les dettes d'un État de la zone euro,
08:28mais en principe, elle ne peut le faire que si la dette publique de ce pays
08:34est soutenable au sens des économiques.
08:36Il faut qu'ils respectent la règle budgétaire européenne aussi.
08:38Ce n'est pas évident dans le cas de la France.
08:40Est-ce que c'est le cas de la France ?
08:41Alors, pour le moment, on ne peut pas dire,
08:42parce que c'est les nouvelles règles,
08:44et pour le moment, on ne peut pas dire qu'on les a respectées ou pas.
08:47En revanche, le critère de soutenabilité de la dette,
08:51celui-là, on peut quand même plus l'apprécier.
08:53Pour arriver aujourd'hui à stabiliser la dette,
08:56ce qui est en général la définition
08:57qui est retenue par les économistes en pourcentage du PIB,
09:00l'effort qui est à faire, il est de l'ordre de 120 milliards d'euros.
09:04Et aujourd'hui, sur ces 120 milliards,
09:06cette année en 2025, on en fait 20-25.
09:09Donc, il y a un énorme effort à faire.
09:11Donc, les marchés peuvent en effet s'inquiéter
09:15et se dire que la BCE interviendra peut-être pas forcément.
09:19On ne sait pas dans quelles conditions et d'où les tensions.
09:22Mais on n'est pas non plus dans la situation de 2011-2012.
09:25Les experts des marchés de la dette disent souvent
09:27qu'on a quand même pas mal de marge
09:29et que c'est plutôt à partir de 120 ou 130 points
09:32qu'on peut commencer à s'inquiéter.
09:34Et quand bien même on arriverait à ces niveaux extrêmement élevés,
09:37comme vous le rappelez,
09:39on a quand même un environnement qui est absolument nouveau.
09:41Et si on arrivait à ces niveaux de 120 ou 130 points,
09:44on aurait à ce moment-là le filet de la BCE
09:46qui pourrait se déclencher et venir apaiser les choses.
09:49– Oui, donc on n'y est pas encore de différence.
09:51Juste une information, Sébastien Lecornu annonce
09:53qu'il fera une déclaration depuis Matignon à 10h45, dans 35 minutes.
09:58On n'est pas encore à la BCE qui est au chevet des finances publiques françaises.
10:05– Non, non.
10:05– Et encore moins le FMI.
10:06– Non, on n'y est pas.
10:08– Effectivement, c'est une métaphore dont on a déjà usé et abusé sans doute.
10:12Mais il faut arrêter de parler d'un mur de la dette que l'on va se prendre.
10:15Mais il faut beaucoup plus parler d'un nœud coulant
10:17qui, en fait, au bout d'un moment, vous empêche de faire des choix
10:20parce que vous avez un ensemble de dépenses,
10:22en particulier les dépenses d'intérêt,
10:23qui sont d'un poids de plus en plus important.
10:25On est en train de sortir de la dette qui portait un taux,
10:29mettons, à 1% parce qu'il est mis il y a 10 ans.
10:31Et on le remplace par une dette qui s'émet désormais à 3,5%.
10:33Ce n'est pas tout à fait la même chose.
10:35Et puis, l'élément quand même aussi qui est très important,
10:38qu'il faut rappeler par rapport à la comparaison de 2011-2012,
10:41où effectivement, les spreads étaient beaucoup plus élevés,
10:43c'est que, un, il y a effectivement des outils
10:46qui ont été mis en place par les BCE,
10:48mais surtout, c'était, à ce moment-là,
10:49une crise existentielle de la zone euro qui était posée.
10:52C'était même l'existence de l'euro qui était remise en question.
10:55Donc, on était sur quelque chose qui était bien au-delà du cas français,
10:58alors que là, on est sur un spread
10:59qui monte uniquement pour des circonstances nationales.
11:01Sauf qu'on était sur la Grèce,
11:03qui représentait 2% du PIB de la zone euro,
11:05et que la France, c'est 10 fois plus.
11:07C'est 20%, c'est la deuxième économie de la zone euro.
11:09Donc, est-ce que cette instabilité-là, quand même,
11:13ne risque pas, François et Cal,
11:15de nous mener tout droit vers le mur ?
11:17C'est-à-dire que ça peut se chiffrer,
11:20si on part en milliards d'euros,
11:21la note peut se chiffrer à combien ?
11:24L'ordre de grandeur, c'est que,
11:26si tous les taux d'intérêt augmentent de 1 point,
11:30la charge des intérêts de la dette publique
11:34augmente de 35 milliards,
11:37mais à un horizon de 10 ans.
11:38Parce qu'il faut voir que c'est très progressif.
11:40En fait, le taux d'intérêt de la dette,
11:43il augmente progressivement,
11:44au fur et à mesure qu'on remplace
11:46des anciens emprunts par des nouveaux.
11:48Donc, en fait, c'est assez long.
11:50Il y a une grande inertie.
11:52C'est un paquebot, la charge d'intérêt,
11:54qui avance dans la mauvaise direction.
11:56Mais le problème principal,
11:58en termes de soutenabilité de la dette,
12:00c'est qu'il y a une petite formule mathématico-comptable
12:04qu'aiment bien tous les économistes sur la dette publique,
12:06qui vous dit que si le taux d'intérêt de la dette,
12:10alors celui sur le stock de dette,
12:11qui aujourd'hui n'était encore qu'à 2%,
12:14parce qu'on a encore des intérêts sur des emprunts à taux zéro.
12:18Alors, si le taux d'intérêt sur le stock de dette
12:20est supérieur au taux de croissance du PIB en euros,
12:23y compris l'inflation,
12:25à ce moment-là, pour simplement stabiliser la dette,
12:28non seulement il faut un excédent primaire,
12:30c'est-à-dire un excédent hors intérêt,
12:32aujourd'hui on a un déficit primaire de 120 milliards d'euros,
12:36donc non seulement il faut un excédent primaire,
12:38mais il faut que cet excédent primaire est d'autant plus élevé
12:40que la dette publique est elle-même élevée.
12:43Et donc on est dans une situation où plus on attend,
12:46plus l'effort est difficile.
12:47C'est là où les marchés peuvent commencer à s'inquiéter,
12:49ils peuvent se dire,
12:50non mais la BCE ne peut pas laisser la dette publique française
12:53comme ça exploser de manière totalement automatique.
12:56Ce que vous êtes en train de nous dire, François et Karl,
12:58c'est qu'on est actuellement dans une situation
13:00plutôt favorable pour réduire la dette,
13:02parce que le taux de croissance nominal,
13:05y compris avec l'inflation,
13:07est supérieur pour un autre taux d'intérêt.
13:11Ça va vite changer, il est en train de remonter,
13:13il était à 2% l'année dernière, il remonte,
13:15et la croissance à 2% en euros,
13:17on y est à peine cette année.
13:19D'autant qu'il y a le chiffre de croissance,
13:21mais il y a surtout la qualification de la croissance.
13:23Quand vous regardez les postes qui actuellement font la croissance,
13:27c'est, ok, il y a du commerce extérieur,
13:30parce qu'on réduit nos importations.
13:32Mais pourquoi est-ce qu'on réduit nos importations,
13:34et puis on a aussi un peu exporté.
13:35Pourquoi est-ce qu'on réduit nos importations ?
13:37Parce que la demande interne n'est pas dynamique.
13:39L'investissement est en reflux,
13:41et le taux d'épargne est à la hausse,
13:45ce qui a comme contrepartie,
13:46ou plutôt ce qui révèle le fait que la consommation ne progresse pas.
13:49Donc vous n'avez pas de dépense privée,
13:51qui en général est le moteur de la croissance.
13:54Donc il y a la croissance,
13:55il y a la qualification de la croissance,
13:56qui est tout aussi importante,
13:57et qui dit bien que ça manque de substance,
13:59et donc l'écart entre le taux d'intérêt pratiqué actuellement
14:02sur le stock de la dette,
14:03et le taux de croissance nominal,
14:05ne va faire que se resserrer,
14:06et à un moment ou à un autre,
14:07le taux d'intérêt passera devant.
14:09Ce que je trouve assez sidérant,
14:10quand on entend la démonstration de François et Cal,
14:12c'est qu'effectivement,
14:12on sent que cette spirale de l'endettement,
14:15on n'y est pas,
14:16mais ce n'est pas de la science-fiction.
14:17On peut s'y approcher,
14:18et assez dangereusement.
14:20Et à partir de là,
14:20je pense qu'il y a quand même urgence
14:22à stabiliser quelqu'un,
14:24un profil à Bercy,
14:25qui est un profil à Bercy,
14:26qui puisse envoyer le message
14:28de rassurer les marchés.
14:31Et c'est là-dessus que je vous dis
14:32qu'on est quand même dans une séquence assez folle.
14:35C'est que, après,
14:36on pensait ce qu'on veut de Roland Lescure,
14:38mais Roland Lescure
14:39était quelqu'un qui pouvait rassurer les marchés.
14:43C'est quelqu'un qui a un profil,
14:45qui a un track record.
14:46Oui, qui a un économiste,
14:47qui est un économiste,
14:49qui a vécu 15 ans au Québec,
14:51qui était numéro 2 de la Caisse
14:52des dépôts et consignations du Québec,
14:54qui a été un homme d'entreprise,
14:56qui connaît le privé, le public,
14:59qui connaît les logiques de marché,
15:00qui connaît les fondamentaux de l'économie,
15:04qui a un profil, effectivement,
15:06peut-être qui parle un peu plus à la gauche,
15:09mais quelqu'un qui ne...
15:10Avec lui, si vous voulez,
15:11avec Roland Lescure,
15:12jamais il n'y aurait eu des félicitations.
15:14C'est parce qu'en fait...
15:15Jamais.
15:16Et on se retrouve avec cette chaise vide à Bercy,
15:22et si on ne veut pas se rapprocher dangereusement
15:24de cette spirale de l'endettement,
15:26il y a urgence,
15:27j'allais dire presque avant de connaître un Premier ministre,
15:29de savoir qui va piloter Bercy,
15:31pour envoyer un signal au marché.
15:32Depuis Dominique Soscan et Christian Sauter,
15:35je crois que c'était les deux derniers économistes
15:37qui ont été en charge du ministère de l'Économie et des Finances en France,
15:40et effectivement, Roland Lescure peut se prévaloir d'un passé d'économiste.
15:45Alors, ce n'est pas parce que vous êtes économiste
15:46que vous êtes nécessairement un bon ministre de l'Économie et des Finances.
15:49Ça serait, il n'y a pas besoin forcément d'être agriculteur
15:51pour gérer le ministère de l'Économie et des Finances.
15:52Ça vous intéresse, Denis Férent ?
15:53Opinement.
15:54On a besoin de vous faire progresser.
15:56Non, non, non, non.
15:57Et puis, je laisserai le budget à François.
15:59Non.
16:03Il y a bien l'exemple de l'Espagne.
16:05L'Espagne, je crois qu'ils ont fait tourner un budget technique
16:07pendant presque deux ans.
16:09Oui.
16:10La Belgique a vécu pendant 18 mois sans gouvernement.
16:15Voilà.
16:16Est-ce le scénario vers lequel on se dirige ?
16:17Parce qu'on va faire un peu de politique fiction.
16:20Nous n'avons plus de gouvernement lundi 6 octobre.
16:23Alors, je rappelle que la date limite, la date constitutionnelle
16:27pour déposer le projet de loi de finances à l'Assemblée
16:31devant l'Assemblée nationale, c'est le 13 octobre.
16:33Non, non, même pas.
16:34La date constitutionnelle, la date prévue par la loi organique
16:38sur les lois de finances qui est encadre la procédure,
16:41c'est le 1er mardi d'octobre.
16:42C'est demain.
16:43Après, le Conseil constitutionnel a toujours dit
16:46que quelques jours de retard, ce n'était pas grave.
16:48Et certains en ont conclu que finalement,
16:50le 13 octobre était une bonne date.
16:51Il faut 70 jours pour examiner le budget de la nation, effectivement.
16:57Donc, on pouvait pousser jusqu'au 13 octobre.
16:58De toute façon, au moment où on se parle, ce n'est pas compliqué,
17:00il y a trois scénarios.
17:01Premier scénario, Emmanuel Macron, là, tout à l'heure,
17:06désigne un nouveau Premier ministre.
17:08Et d'ailleurs, vous savez, il a même le droit
17:09de reconduire Sébastien Lecord à ce sujet-là.
17:13On voit, il y a quand même des voix, tout à l'heure,
17:14j'ai écouté Philippe Brun, député socialiste,
17:16qui reprenait ce discours entonné il y a 26 jours maintenant
17:21par Olivier Faure, à savoir, nous sommes prêts,
17:24le PS se tient prêt.
17:25On a un budget équilibré, un budget qui rassurera les marchés
17:29et qui demandera des efforts soutenables pour les Français.
17:33Voilà, ce discours, il commence à remonter depuis quelques heures
17:36au PS qui se tient prêt.
17:38Ça, c'est le premier scénario.
17:39Deuxième scénario, une prise de parole du président de la République
17:42qui peut arriver très vite pour annoncer la dissolution.
17:45Il faut arriver à 20h.
17:46Troisième scénario le plus spectaculaire, c'est Emmanuel Macron
17:49qui annonce lui-même sa démission
17:52et qui provoque des élections présidentielles anticipées.
17:56Et la France insoumise demande l'examen immédiat
17:59à l'Assemblée nationale de sa motion de destitution
18:02du président de la République après la démission de Sébastien Lecornu.
18:07En termes budgétaires, on va ramener tout ça à l'économie,
18:11mais François et Cal, qu'est-ce qu'on peut voir
18:14dans les prochains jours, dans les prochaines semaines ?
18:16On a un budget qui sort tout juste du Haut Conseil des Finances Publiques.
18:19Sauf à penser qu'en effet, on va avoir un nouveau gouvernement
18:23dans les heures qui viennent qui pourra déposer
18:25un projet de loi de finances le 13 octobre,
18:27ce qui n'est quand même pas le scénario le plus probable.
18:29Après, il y a trois scénarios.
18:32Soit il nomme un nouveau gouvernement, mais totalement différent.
18:35Il prend un gouvernement socialiste,
18:38mais qui se fera censurer trois jours après.
18:41Soit en effet, il dissout l'Assemblée,
18:42soit il démissionne lui-même.
18:44Dans tous les cas de figure, en effet,
18:46on ne pourra pas voter un budget
18:49avant la fin de l'année.
18:51Donc la Constitution...
18:52On peut dire d'ores et déjà, aujourd'hui, à priori,
18:55qu'on n'aura pas de budget voté d'ici la fin de l'année.
18:57Donc il y a un gouvernement qui est nommé dans les jours qui viennent,
19:00qui arrive à tenir plus de 48 heures.
19:02Et quand bien même, on a un nouveau gouvernement
19:05qui arrive dans 48 heures.
19:07De toute façon, ce que nous montre cette séquence politique,
19:10c'est que le budget qui se profilait
19:12ne marchera pas.
19:15Ne marchera pas.
19:15Donc de toute façon, il va falloir recalibrer un nouveau budget.
19:19Donc je ne vois pas comment il pourrait...
19:21On s'oriente vers le scénario de la loi spéciale budgétaire,
19:25ce qu'on connaît maintenant.
19:27C'est-à-dire qu'en effet,
19:28il n'y aura pas de loi de finances votée
19:30avant la fin de l'année.
19:32Donc on va demander au Parlement
19:34de voter cette loi spéciale.
19:36Ils pourraient ne pas la voter.
19:37À ce moment-là, c'est le shutdown à l'américaine.
19:39Mais cette année, on a bien vu que
19:41quasi unanimement, je crois,
19:43ils l'ont votée pour...
19:44Voilà, parce qu'ils sont quand même
19:45un tout petit peu responsables.
19:47Tous les uns comme les autres.
19:48Donc on vote cette loi spéciale budgétaire
19:50qui n'est pas une mauvaise nouvelle
19:52pour les finances publiques.
19:53Parce que la loi spéciale budgétaire
19:55signifie que le gouvernement est autorisé
19:58à prélever les impôts,
19:59mais sans rien y changer.
20:01Ça veut dire, par exemple,
20:02pour l'impôt sur le revenu,
20:03qu'il n'y a pas d'indexation du barème.
20:05Ça fait quelques recettes supplémentaires.
20:08Une petite hausse d'impôts.
20:10Par ailleurs, le gouvernement est autorisé
20:13à ouvrir des crédits.
20:16Alors, l'expression n'est pas très claire.
20:19À hauteur, les crédits nécessaires
20:21pour assurer le fonctionnement
20:23des services publics
20:24et dans la limite du dernier budget voté.
20:27Le fonctionnement normal des services publics,
20:29on ne sait pas très bien.
20:30Ça permet quand même
20:31de faire fonctionner les services publics.
20:33Ça empêche probablement
20:35de continuer à verser des aides,
20:37des subventions, des choses comme ça.
20:38On l'avait vu l'an dernier
20:39avec ma prime Rénov',
20:41on allait arrêter de la verser.
20:42Donc, ça fait faire des économies.
20:45En revanche...
20:46C'est un peu l'équivalent
20:47d'une année blanche.
20:47C'est comme une année blanche.
20:48Sauf que dans le domaine social,
20:50en revanche, dans le domaine social,
20:51l'indexation des prestations sociales,
20:54elle, elle est prévue
20:55par le Code de la Sécurité sociale.
20:57Et s'il n'y a pas de loi de financement
20:59de la Sécurité sociale
20:59pour dire que cette année,
21:01on ne va pas indexer ou sous-indexer,
21:03l'indexation, elle est automatique.
21:04Donc là, il y a des dépenses supplémentaires.
21:06En matière sociale, la réglementation s'applique.
21:10On verse automatiquement
21:12toutes les prestations sociales
21:13conformément aux règles actuelles.
21:15Y compris en dépenses de santé.
21:16Y compris en dépenses de santé.
21:17Dépenses de santé, on continue à rembourser.
21:20Les règles s'appliquent.
21:22Et donc, les dépenses de santé
21:23augmentent mécaniquement.
21:25On rappelle que le tendanciel
21:26de hausse des dépenses de santé en France,
21:29c'est 10 milliards d'euros par an.
21:30Oui.
21:30Donc, c'est plutôt relativement bien
21:35pour les finances publiques.
21:36Mais beaucoup moins
21:37que n'aurait été évidemment
21:39l'application du plan Bérou.
21:40Oui, c'est un pilotage
21:41complètement dégradé en réalité,
21:43Denis Ferenc.
21:43C'est vrai qu'en fait,
21:44il faut bien distinguer
21:45la nature des dépenses.
21:46Il y a les dépenses
21:47que l'on appelle en bon français
21:48le pay-as-you-go.
21:50Donc, vous vous présentez au guichet,
21:52par exemple,
21:52la dépense de santé,
21:53c'est vous vous présentez au guichet,
21:55vous avez le remboursement
21:56en fonction des règles
21:57qui ont été définies.
21:58Puis à côté de ça,
21:59il y a des dépenses
21:59qui vont devoir se voter.
22:01Alors, je parle sous le haut contrôle
22:02de François Eccal,
22:03mais par exemple,
22:04la loi de programmation militaire,
22:06je crois que les crédits
22:07qui devaient être en augmentation,
22:08spontanément,
22:09ne le seront pas.
22:10On a quand même
22:11un petit sujet de sécurité,
22:13un petit sujet militaire.
22:15Donc, ce n'est pas seulement
22:16des histoires
22:18de petits bouts de chandelles
22:19sur un budget,
22:20ça sert aussi à assurer des défis,
22:22enfin, à se protéger
22:23face à des défis.
22:24Et donc, là,
22:25sauf à imaginer
22:25qu'on pensait que la loi
22:26de programmation militaire
22:27était caduque
22:28ou en tout cas,
22:29ne faisait pas sens,
22:29là, on va se priver
22:31probablement d'un moyen
22:32de faire face à nos défis.
22:34La loi spéciale budgétaire
22:35est prévue par la Constitution
22:36pour faire face
22:37à un problème temporaire.
22:40Elle est faite
22:40parce qu'on n'a pas le temps
22:42de terminer la loi de finances,
22:43en attendant que la loi de finances
22:45soit finalement budgétée
22:46pour quelques semaines.
22:47Alors, il n'y a pas de limite
22:49dans la Constitution.
22:50Donc, on pourrait imaginer
22:51de vivre sous le régime
22:52de la loi spéciale
22:53jusqu'à la fin de l'année.
22:54Mais comme l'a dit Denis,
22:55ça pose des problèmes quand même.
22:58On ne peut pas...
22:58Enfin, je pense
22:59qu'il est très difficile
23:00en effet de redéployer
23:01des crédits
23:02de je ne sais pas où
23:03vers le militaire.
23:04Voilà.
23:05Donc, ça pose quand même
23:06beaucoup de problèmes.
23:06Justement, sur le militaire,
23:07je trouve que c'est un bon exemple
23:08parce qu'on est quand même
23:09dans une séquence
23:10où on a la guerre
23:12à l'est de l'Europe
23:14et la France
23:15avec les pays européens
23:18s'est engagée
23:18dans le cadre
23:19des membres de l'OTAN
23:20auprès des partenaires américains
23:22à augmenter considérablement
23:24le budget des armées
23:26pour pouvoir assurer
23:27la souveraineté stratégique
23:30européenne
23:31dans ce moment
23:32de conflits extrêmes
23:33à nos portes
23:35et au moment
23:36où eux,
23:36les Américains
23:37se désengagent
23:38très vite
23:39de l'Europe
23:40parce qu'ils estiment
23:41que leur priorité
23:41c'est le théâtre indo-pacifique.
23:43À partir de là,
23:44dans les mois qui viennent,
23:45vous avez des dizaines
23:46de milliards supplémentaires
23:48qui sont censés être déversés
23:49par les pays européens
23:50membres de l'OTAN.
23:51La France en fait partie.
23:53Quid de ces hausses
23:54de budget militaire
23:55si on navigue
23:56dans une loi spéciale
23:57qui gèle les budgets
23:58tels qu'ils étaient
23:59l'année précédente ?
24:00Oui,
24:00on ne peut plus préparer
24:01l'avenir.
24:01On ne peut plus préparer
24:02l'avenir.
24:02Il n'y a pas que le défi
24:03militaire.
24:04Défaut démographique,
24:05investissement,
24:06technologie.
24:07Nul ne pourra gouverner
24:08en faisant l'économie
24:10de la gauche,
24:10vient de déclarer
24:11la ministre
24:11de la Transition écologique
24:13Agnès Pannier-Runacher.
24:14Ce qu'Emmanuel Macron
24:15a essayé de faire
24:16depuis juin 2024,
24:17effectivement.
24:18Mais là,
24:18on voit que ça devient
24:19très,
24:21très compliqué.
24:23On ne sait plus
24:23si on doit s'intéresser
24:24au budget,
24:25du coup.
24:26On avait beaucoup
24:27de questions.
24:29Oh,
24:29ceci dit,
24:30les questions reviendront
24:31dès sept jours,
24:31les mêmes questions
24:32et les mêmes sujets
24:33depuis très,
24:35très longtemps.
24:35Mais on va d'abord
24:36peut-être passer
24:37par une courte page
24:38de pub
24:39et on va regarder
24:40quand même
24:40sur les différentes mesures
24:42qui se présageaient
24:43dans le budget.
24:44Alors,
24:44le cornu,
24:45qui ne sera plus
24:45le budget,
24:46le cornu.
24:46Encore une fois,
24:47on va avoir
24:47un budget
24:48les sujets
24:49reviendront.
24:50Les souches
24:50de Bayrou,
24:51le cornu,
24:52qui sera le prochain
24:53Premier ministre.
24:54Peut-être qu'on le saura
24:54d'ici la fin de l'émission,
24:56ne sait-on jamais.
24:57Restez avec nous.
24:57On est de retour
25:10pour la seconde partie
25:11des experts
25:11avec toujours
25:12autour de la table
25:13Denis Ferrand,
25:15François Eccal
25:15et Mathieu Jolivet
25:16pour commenter
25:17cette actualité
25:18brûlante.
25:20Sébastien Lecornu
25:20vient de présenter
25:22sa démission
25:22au président
25:23de la République
25:24qui l'a acceptée.
25:26La crise politique
25:27s'aggrave
25:28en France.
25:29Une crise
25:29de régime
25:30rampante,
25:31disent certains,
25:32avec évidemment
25:33des conséquences économiques.
25:35Agnès Pannier-Rinaché,
25:36la ministre
25:36de la Transition écologique,
25:37appelle à gouverner
25:38avec la gauche.
25:39C'est l'appel
25:40de la gauche
25:40depuis juin 2024
25:42qui n'a jamais été
25:43entendu par l'Elysée.
25:45Le Parti Socialiste
25:46a présenté
25:47fin août
25:47un contre-budget
25:49au plan
25:51Bayrou-Puis,
25:52au plan
25:53Lecornu,
25:54avec pas mal
25:55de hausse d'impôts.
25:57Peut-être qu'il va falloir
25:58revenir un peu
25:59sur son budget socialiste.
26:00Je pense que dans les heures
26:01qui viennent,
26:01il faut s'intéresser à nouveau
26:02à ce qu'avaient mis sur la table
26:04Olivier Faure
26:06et le Parti Socialiste.
26:07Ils présentaient un budget
26:08qui demandait des efforts
26:09moitié moins importants
26:11que celui de Sébastien Lecornu.
26:13C'était 22 milliards d'euros.
26:15Voilà, 22 milliards d'euros d'efforts.
26:17Et en gros,
26:18il met le paquet
26:18sur la taxation des patrimoines
26:20à travers la taxe Zuckman,
26:22à travers une taxation
26:23beaucoup plus lourde
26:24des patrimoines
26:25qui sont supérieurs
26:26à 100 millions d'euros.
26:27Mais aussi,
26:28et ça,
26:28il faut bien l'avoir en tête,
26:29c'est un budget
26:30qui réclame
26:32et qui annonce
26:33une suspension immédiate
26:35de la réforme des retraites.
26:36C'est aussi ça
26:37qu'il y a au cœur
26:37de ce budget socialiste.
26:39Qui serait...
26:41Les retraites,
26:42on rappelle quand même,
26:43les défendre
26:43dans la pièce des dépenses,
26:45revenir sur les retraites,
26:46François Eccal,
26:48c'est abandonner
26:49le retour à l'équilibre budgétaire.
26:50Ce serait une grave erreur.
26:51Dans les mesures
26:52qui permettent
26:53de réduire le déficit public,
26:55le recul
26:57de l'âge de départ
26:58à la retraite
26:59est une des meilleures.
27:01Parce que ça permet
27:02de faire des économies
27:03puisqu'il y a moins de retraités.
27:04Mais l'avantage essentiel,
27:05il est ailleurs.
27:06C'est que si vous reculez
27:09l'âge de départ
27:10à la retraite,
27:10vous augmentez
27:11la population active
27:12et à plus ou moins long terme,
27:14vous augmentez l'emploi,
27:15l'activité économique
27:16et donc les recettes,
27:17non seulement pour les régimes
27:18de retraite,
27:19mais aussi pour l'État,
27:20les collectivités locales,
27:21les autres branches
27:22de la sécurité sociale,
27:23etc.
27:23Donc c'est un très bon moyen.
27:25Alors après,
27:25on peut discuter
27:26des moyens d'y arriver.
27:28En particulier,
27:29il y a deux instruments principaux.
27:31Il y a le recul
27:33de l'âge minimal
27:33qui a surtout été utilisé
27:36dans la réforme de 2023,
27:38mais il y a aussi
27:38l'augmentation
27:39du nombre d'années
27:41requises
27:42pour la cotisation
27:43pour avoir le taux plein.
27:45Et on peut aussi jouer.
27:47Donc moi,
27:47je l'ai toujours dit,
27:48ce qu'il faut,
27:49c'est garder l'objectif
27:50en termes de recul
27:51de l'âge de départ.
27:52Après,
27:53on peut discuter
27:54des instruments.
27:54Ça n'a pas les mêmes
27:55conséquences sociales
27:56en particulier.
27:57Ça ne touche pas
27:58les mêmes personnes.
27:58C'est un choix politique.
28:00Mais oui,
28:00il faut aller dans ce sens-là.
28:01Mais renoncer
28:02à toute réforme de retraite,
28:05c'est une grave erreur.
28:07Je rajoute quand même
28:08quelque chose
28:08sur un point de vue politique.
28:10Aujourd'hui,
28:10c'est les Républicains
28:11qui font tomber.
28:12notamment parce qu'ils considèrent
28:16que Macron a fait
28:18laisser augmenter la dette,
28:20etc.
28:20Moi,
28:21je n'ai toujours pas compris
28:22quelle était la position
28:23des Républicains
28:24sur la réforme des retraites.
28:25En 2023,
28:27il y en a quand même
28:28quelques-uns d'entre eux
28:29qui ont voté contre
28:30et qui ont obligé
28:30Elisabeth Borne
28:31à passer par le 49-3,
28:33ce qui a laissé des traces.
28:34Donc,
28:35la responsabilité
28:36des Républicains
28:37dans la situation actuelle,
28:38moi,
28:39et je ne pense pas
28:39qu'ils soient capables
28:40de faire mieux
28:41que ce qu'aurait fait
28:41le maire,
28:42en particulier
28:42si l'un d'eux
28:43avait été ministre
28:44de l'économie.
28:45Donc,
28:46voilà,
28:47j'ai une dent
28:48contre les Républicains.
28:50Et Laurent Wauquiez,
28:51en janvier 2024,
28:54était revenu
28:55sur le gel des retraites
28:56sur lesquelles
28:57on pouvait faire
28:57des économies
28:58parce que c'est
28:59l'électorat LR.
29:00Et pendant la crise
29:02de l'électorat LR,
29:02il fallait augmenter
29:03les primes
29:05contre l'inflation,
29:06des trucs comme ça.
29:07Enfin,
29:07voilà.
29:08On vous le dit
29:08qu'il y a une certaine
29:08ambiguïté sur la position
29:10de l'LR.
29:10Moi,
29:11la position de l'LR
29:11se prétendent à être
29:14les défenseurs
29:15de la dépense publique,
29:17les défenseurs
29:20des finances publiques
29:21et disent
29:22si nous,
29:23on aurait fait
29:23plein d'économies,
29:24etc.
29:25Je n'en suis pas
29:27du tout convaincu.
29:28Des paroles
29:28et des actes,
29:29comme on dit.
29:31Denis Ferrand,
29:32là,
29:32on parlait
29:32d'augmentation
29:34du taux d'emploi.
29:35Vous avez fait
29:36des calculs
29:36très intéressants
29:37chez Rex & Code.
29:39Il y a aussi
29:40parfois
29:40des bonnes nouvelles.
29:41On est un peu
29:42le journal
29:42des mauvaises nouvelles,
29:43je trouve,
29:44dans les experts,
29:44mais parce qu'on essaie
29:45d'avoir un constat lucide
29:46sur la situation
29:47économique du pays.
29:49Mais sur l'emploi,
29:50il y a quand même
29:50des améliorations,
29:51y compris grâce
29:52à la réforme des retraites.
29:53En fait,
29:54on oublie
29:54je sais qu'on évoque
29:56souvent l'importance
29:57du taux d'emploi
29:58sur ce plateau
29:59et c'est vrai
29:59que c'est l'élément crucial.
30:02Et en fait,
30:02on a regardé
30:03depuis 10 ans,
30:04le taux d'emploi,
30:05enfin,
30:05on a un point bas
30:06qui est touché en 2014
30:07à 63%.
30:09Depuis 10 ans,
30:10le taux d'emploi
30:11a gagné 6 points.
30:12Et comment ces 6 points
30:13ont été gagnés ?
30:14Ils ont été gagnés
30:1581%
30:16de l'augmentation
30:17du taux d'emploi
30:18est expliqué
30:19par l'augmentation
30:19du taux d'emploi
30:20des 15-24 ans
30:21d'une part
30:21et des 55-64 ans
30:23d'autre part.
30:2381%
30:25d'augmentation
30:26qui vient
30:27d'une population
30:27qui ne représente
30:28que 28%
30:29de la population active.
30:31Donc,
30:31il y a bien eu,
30:32il y a un mouvement
30:32qui était déjà enclenché
30:33et d'ailleurs,
30:34ça reboucle
30:34avec ce que pourrait
30:36faire le parti socialiste.
30:38Ce qui est intéressant,
30:40c'est qu'il parle
30:40de suspension,
30:42il ne parle pas
30:42d'annulation.
30:43La dernière réforme
30:44qui avait été passée
30:44avant celle de 2023,
30:46c'était la réforme
30:46touraine.
30:47Et en réalité,
30:48la réforme de 2023,
30:49elle vient accélérer
30:51la mise en place
30:51de la réforme touraine
30:52mais qui avait un horizon
30:54qui était à peu près
30:55similaire
30:56en termes
30:57de bornes d'âge
30:59qui seraient atteints.
31:00Donc,
31:01il y a quand même
31:01des mouvements
31:02qui sont intervenus.
31:02Et puis,
31:03pour revenir sur l'aspect
31:04emploi,
31:04un autre élément
31:05qu'on oublie de regarder,
31:07c'est la nature contractuelle
31:08des emplois
31:09qui ont été faits
31:10depuis maintenant
31:11une dizaine d'années.
31:12On a en gros créé
31:142 millions d'emplois.
31:16Dans ces 2 millions d'emplois,
31:17vous en avez
31:181 600 000
31:19qui sont des emplois
31:19en CDI en plus.
31:21Vous avez 500 000
31:22apprentis en plus,
31:24apprentis et alternants.
31:25Et vous avez à peu près
31:26100 000 CDD en moins.
31:28Donc,
31:28on a eu aussi
31:29un changement fondamental
31:30de la nature contractuelle
31:32des emplois
31:32qu'on a sur le marché.
31:33Et c'est très important
31:34de passer d'un CDD,
31:36de moins de CDD
31:38à plus de CDI
31:39parce qu'on sait très bien
31:40que vous voulez faire
31:40un emprunt,
31:41si vous vous présentez
31:42avec un CDD,
31:43ça ne va pas vous coûter
31:44tout à fait la même chose
31:44que si vous vous présentez
31:45avec un CDD.
31:45Après, la question,
31:46c'est est-ce que vous voyez
31:47sur vos radars
31:47qui sont assez puissants,
31:49qu'est-ce que vous voyez
31:50sur les projections d'emplois ?
31:51Parce qu'on est quand même
31:52dans une période
31:53où on voit des défaillances
31:54d'entreprises
31:55qui explosent.
31:56On rentre dans une période
31:57où la France est engluée
31:59dans cette économie molle,
32:00soutement
32:00qui repose assez péniblement
32:03sur une consommation
32:04qui elle-même est en berne.
32:06Si vous rajoutez à ça
32:06les taux d'investissement
32:08qui étaient déjà très fragiles
32:10et qui là vont être totalement gelés
32:11avec cette séquence politique folle
32:12qu'on est en train de traverser,
32:14le journal des bonnes nouvelles.
32:16Non, non,
32:17mais je ne veux pas casser l'ambiance.
32:18Non, mais c'est lucide.
32:19C'est lucide.
32:20En plus, vous connaissez,
32:20moi, je suis un optimiste.
32:22J'ai l'optimiste cheville au corps.
32:24Mais voilà,
32:24c'est un tableau factuel.
32:26Justement,
32:27une prévision qui avait été faite,
32:29non pas,
32:29elle n'est pas de Rex et Code,
32:31elle est de l'INSEE,
32:32c'est dans sa dernière note
32:33de conjoncture.
32:33L'INSEE estimait
32:34qu'on aurait 65 000 apprentis
32:36en moins d'ici la fin d'année
32:40des baisses des aides publiques.
32:42Baisses des aides publiques.
32:44Donc, 65 000 en moins,
32:45ça vous faisait 6 % à peu près
32:46d'apprentis en moins.
32:47Donc, un des leviers puissants
32:49de l'augmentation du taux d'emploi
32:51qui se trouve aller à rebours.
32:53Et puis, pour revenir sur l'enquête
32:54que j'évoquais tout à l'heure
32:56que l'on fait auprès des patrons
32:57de PMETPE,
32:58là aussi, sur l'emploi,
32:59ils étaient 47 % à imaginer
33:01avant le 25 août
33:02reporter ou annuler des embauches.
33:05Ils étaient 57 %
33:06après le 25 août,
33:07déclaration de Bayrou,
33:08à déclarer reporter
33:09ou annuler des embauches.
33:11Donc oui, là encore,
33:12on est toujours rendu
33:13à la situation politique
33:15qui invite à être très prudent
33:17quant au choix
33:18soit d'embauche,
33:19soit d'investissement
33:20que l'on peut effectuer.
33:21Et on écoutera
33:21le Premier ministre démissionnaire,
33:23Sébastien Lecornu,
33:24dans quelques minutes,
33:26attendu à 10h45.
33:27On vous diffusera
33:29son discours en direct.
33:31La France devient un peu
33:31l'homme malade de l'Europe,
33:32là, Mathieu Jolivet, non ?
33:34Comment on est vu
33:34chez nos voisins européens ?
33:37C'est intéressant,
33:37ça c'est un son de cloche
33:38un peu maison,
33:39mais il se trouve que
33:39tous les vendredis,
33:40j'ai une émission,
33:41Les Experts sans frontières,
33:42où en fait,
33:43j'ai autour de moi
33:45que des étrangers
33:45francophones et francophiles.
33:47Donc ils viennent du Japon,
33:49de la Chine,
33:50d'Italie,
33:51de partout,
33:51partout au monde.
33:52Et ça fait plusieurs semaines
33:53que, à chaque fois,
33:55je leur demande,
33:56avec leur regard étranger,
33:57ils nous font sortir
33:58un peu de notre prisme
33:59franco-français,
34:00comment est-ce qu'ils voient
34:01cette crise politique chez nous ?
34:03Et tous,
34:03il y a un fil rouge entre tous,
34:05ils me disent,
34:05mais comment est-ce que
34:07vous n'arrivez pas
34:07à trouver un compromis ?
34:09C'est-à-dire que chacun
34:09dans leur pays
34:10nous dise
34:11que dans des situations
34:13équivalentes
34:14aussi urgentes,
34:16vous avez toujours,
34:18du Japon en passant
34:20par la Belgique
34:21jusqu'aux Etats-Unis,
34:22vous avez toujours
34:23un trou de souris
34:24dans lequel
34:25vous avez l'intérêt général
34:27qui va prendre le dessus
34:28sur les intérêts particuliers.
34:29Et ça, c'est vraiment...
34:31Et donc,
34:32ils sont assez sidérés
34:33en voyant le cas français.
34:36Et je pense...
34:37Et quand vous voyez,
34:38par exemple,
34:38ce qu'a essayé de faire
34:39Sébastien Lecornu
34:40en disant
34:42je vais me passer
34:42du 49-3...
34:44Oui,
34:45bien entendu
34:45au Parti Socialiste.
34:47Au niveau de la méthodologie,
34:49c'était assez intéressant
34:50parce que finalement,
34:51ils redonnaient la main
34:52au Parlement
34:53pour qu'ils puissent rentrer
34:54dans une logique
34:56assez extrême
34:57du compromis
34:58entre eux.
34:59Et c'est un peu
34:59ce que...
35:00Quand vous regardez
35:01celle d'étrangers,
35:01ils disent
35:02bah oui,
35:02chez nous,
35:02c'est comme ça
35:03qu'on ferait.
35:04Mais après,
35:04on voit que ça n'a pas suffi.
35:07Mais en termes de méthodologie,
35:08c'était intelligent.
35:09Tous les pays européens
35:11ont cette culture
35:11de la coalition.
35:13En réalité,
35:13la France est un exemple
35:14assez unique.
35:16À un moment,
35:16effectivement,
35:17on arrive à faire des choix.
35:19On l'a vu,
35:20on le voit par exemple
35:20aussi en Allemagne
35:21en ce moment.
35:23Les Allemands,
35:24alors je ne sais pas
35:24si ça marchera très bien,
35:26mais les Allemands,
35:27ils ont été par exemple
35:28deux fois
35:29l'homme malade de l'Europe.
35:30C'était à la fin
35:31des années 90,
35:32ils diraient la réunification.
35:33Et là,
35:34il y a deux,
35:35trois ans,
35:35quand ils se sont
35:36trouvés privés
35:37du gaz russe
35:37et leur marché russe,
35:39chinois, américain
35:40qui était contesté.
35:41Qu'est-ce qui se passe ?
35:43Ils font en 2000
35:44les réformes Hartz,
35:45extrêmement dures,
35:46mais avec une formation,
35:48un consensus initial.
35:49Avec ce que l'on a oublié,
35:50c'est l'accord de Forzheim
35:51qui est conclu
35:52bien avant
35:53les réformes Hartz
35:54qui crée les conditions
35:56d'un dialogue
35:57entre patronage et syndicat
35:59pour préserver l'emploi
36:01et relancer
36:02l'activité allemande.
36:03Qu'est-ce qui se passe maintenant ?
36:04Ils sont en train
36:05de mettre en place
36:05un plan sur l'investissement
36:06parce qu'ils savent très bien
36:07qu'il faut faire pivoter
36:08l'industrie allemande.
36:09Ils mettent en place
36:10ce plan
36:10qui va être extrêmement important.
36:13Est-ce qu'il marchera ?
36:13Je ne sais pas,
36:14mais en tout cas,
36:15les intentions sont là.
36:15Vous parliez de la réunification.
36:17Justement,
36:17on a célébré les 35 ans
36:19de la réunification allemande
36:20vendredi.
36:21Emmanuel Macron était en Allemagne
36:23et à cette occasion,
36:23il a donné une interview
36:24à la Frankfurter Allgemeine Zeitung
36:26expliquant que quand même,
36:28depuis 2017,
36:29la France,
36:30c'était 10% de croissance,
36:32l'Italie 7,5
36:34et l'Allemagne 3,7,
36:37je cite de mémoire seulement.
36:40Donc finalement,
36:40économiquement,
36:41en Europe,
36:41on a plutôt bien fonctionné.
36:42Si on craint d'être
36:43l'homme malade,
36:44en fait,
36:44ça va plutôt pas mal, non ?
36:45Oui, mais là encore,
36:46il faut bien regarder
36:47par quoi est-ce que
36:49l'on façonne une croissance
36:50et une bonne partie
36:52de la croissance
36:52est quand même attribuable
36:53à une progression importante
36:54des dépenses publiques
36:55que l'on ne retrouve nulle part ailleurs
36:56et à court terme,
36:58on met plus dans la chaudière,
36:59y compris sous forme
37:00de dépenses publiques,
37:01ça vous fait quand même
37:01un peu de croissance.
37:03Ce qui est délétère désormais,
37:04c'est bien de regarder
37:05l'investissement,
37:06c'est lui qui est important
37:06et en fait,
37:07c'est là que les choses
37:08sont en train de basculer
37:08sur l'investissement
37:09et sur l'emploi.
37:10L'Allemagne a enchaîné
37:11deux années quasi récitives.
37:15C'est qu'au moment,
37:16on discutait tout à l'heure,
37:17au moment où la France
37:18va peut-être pédiblement se dire
37:19comment je vais mettre
37:20sur les rails une loi spéciale
37:21pour essayer de faire tourner
37:23au moins techniquement
37:24un budget reconduit
37:25tel que ce m'est l'année dernière,
37:26au même moment,
37:27l'Allemagne vient de mettre
37:28sur les rails un budget
37:29qui prévoit un choc
37:30d'investissement colossal.
37:33Ils ont prévu plus de 500 milliards
37:34d'investissements,
37:36que ce soit pour moderniser l'armée,
37:39que ce soit pour faire pousser
37:41plus d'usines dans tous les secteurs,
37:44soutenir l'industrie automobile,
37:45qui traverse une période
37:47très difficile
37:47pour moderniser
37:48toutes les routes,
37:49tous les ponts.
37:50Donc là, si vous voulez,
37:51vous avez un coup de booster
37:52extraordinaire
37:53qui est sur le point
37:54d'arriver en Allemagne.
37:55Voilà.
37:56L'écart juste des dépenses publiques
37:58entre la France
37:59et nos voisins européens,
38:00François et Cal,
38:01il est de combien à peu près ?
38:02Si c'est ça qui a soutenu la croissance.
38:037-8 points de PIB.
38:057-8 points de PIB
38:06et donc on est à 250 milliards d'euros.
38:10La moyenne est à peu près à 50
38:12sur la zone euro et l'Union européenne.
38:15Oui, 3 fois 7, 200.
38:16Voilà, 200 milliards de plus,
38:18dont 150 à crédit,
38:19puisqu'on a 150 milliards de déficit
38:21à peu près.
38:22Si vous me permettez,
38:23c'est une boutade,
38:24mais hier, la lettre d'intention,
38:27je ne sais plus quel était le terme,
38:29lettre d'intention du gouvernement
38:30sur ce que l'on va faire.
38:32Les mots quand même ont un sens.
38:33Quand on vous explique
38:34et qu'on va faire de la dépense de retraite
38:35et de la dépense de santé
38:36et que c'est de l'investissement,
38:38je ne crois pas qu'on ait
38:39la même notion d'investissement
38:40d'un côté du Rhin et de l'autre.
38:42Mais c'était vraiment le mot
38:43« nous allons investir dans la retraite ».
38:45Non, c'est de l'investissement
38:47dans du passé.
38:48Et on a pris des engagements,
38:49donc il faut se donner les moyens
38:51de tenir les engagements
38:52que l'on a pris,
38:53mais ce n'est pas de l'investissement.
38:55Donc les mots ont un sens
38:56quand même, quelquefois.
38:57Mais c'est un mot
38:57qui a totalement disparu du budget.
38:58Dans 3 minutes,
38:59restez avec nous dans 2 à 3 minutes.
39:01Sébastien Lecornu
39:02va s'exprimer en direct.
39:03Juste là, j'ai un conseil,
39:04mais pour revenir rapidement
39:04sur cette culture du consensus
39:06qu'on n'arrive pas à trouver en France
39:07et qu'arrivent à trouver tous nos voisins,
39:10l'ironie de l'histoire,
39:12c'est que, je ne sais pas
39:12si vous vous en rappelez,
39:13mais en 2014-2015,
39:16on découvrait,
39:16en tout cas le grand public,
39:17découvrait un jeune homme
39:18qui s'appelait Emmanuel Macron
39:19qui avait été nommé
39:20ministre de l'économie
39:22et qui s'est fait connaître
39:23sur une méthodologie
39:25qui était une méthodologie
39:26du consensus.
39:27Et à l'époque,
39:28qui portait une grande loi
39:29de modernisation de l'économie,
39:31c'était,
39:32on dérégule plein de secteurs,
39:33l'écart Macron, etc.
39:34Et pour arriver à faire ça,
39:36il avait vendu partout
39:37sa méthodologie de co-construction
39:40et il avait mis en place
39:41une commission spéciale
39:43qui était assez inédite.
39:44Présidée par Richard Ferrand.
39:46Qui était présidée par Richard Ferrand,
39:48qui réunissait 70 à 80 parlementaires,
39:51sénateurs et députés,
39:53tous dans la même pièce.
39:54Et alors là,
39:54c'était un truc de mixologue
39:57qui faisait son cocktail
39:58et il leur avait mis
39:59tout son projet de loi.
40:01Il les avait enfermés
40:01pendant quatre mois,
40:02ils se réunissaient
40:02toutes les semaines
40:03et ils avaient réussi
40:04de l'extrême gauche
40:05à l'extrême droite
40:05à tous topper
40:07sur une loi de modernisation
40:09de l'économie.
40:09Et donc,
40:10c'est ça l'ironie de l'histoire.
40:11C'est que finalement,
40:11quand Sébastien Lecornu
40:12dit j'abroge mon 49-3,
40:14il veut ressusciter
40:15ce sur quoi Emmanuel Macron
40:17s'était fait élu reconnaître,
40:19qui était une méthodologie
40:21du consensus
40:22telle que font nos voisins.
40:23Et aujourd'hui,
40:23c'est ce qui le fait tomber.
40:24L'ironie justement là-dessus,
40:26Mathieu,
40:27c'est qu'à la fin,
40:28cette loi a été passée comment ?
40:29Elle a été passée en 49-3.
40:31Parce que c'était Valls
40:31qui avait accéléré l'examen
40:34et justement,
40:35parce qu'ils voyaient bien
40:37que cette formation du consensus
40:38était quelque chose d'inédit
40:40et pour accélérer
40:41et d'une certaine manière,
40:42le précipité des 70 envers B.
40:45Ils avaient réussi
40:45à se mettre d'accord
40:46mais ils n'avaient pas réussi
40:47à convaincre tous leurs copains.
40:48L'appareil politique
40:49avait repris le dessus,
40:50in fine.
40:51Bon, finalement,
40:51l'histoire est un éternel recommencement
40:53à Emmanuel Valls
40:53qu'on retrouve aujourd'hui
40:54au gouvernement sortant.
40:56On ne sait pas s'il sera
40:57dans le cinquième
40:59ou sixième gouvernement
41:00depuis 2022.
41:02On s'y perd.
41:03Mais je rappelle,
41:04juste pour qu'on ait en tête
41:05la gravité de la crise politique
41:06qu'on traverse,
41:07on en parlait tout à l'heure,
41:08mais pour la première fois
41:11de l'histoire de la cinquième République,
41:13nous avons un nouveau
41:14Premier ministre
41:14qui n'aura jamais mis les pieds
41:16à l'Assemblée nationale.
41:18C'est ça qui est en train de jouer.
41:19Et sans gouvernement.
41:20Et sans gouvernement.
41:21Aucun conseil des ministres.
41:22C'est parfaitement inédit.
41:23Aucun conseil des ministres.
41:24Il devait se tenir
41:25tout à l'heure à 16h
41:26et au moment où on se parle,
41:27Sébastien Lecornu
41:28est sur le point
41:29de venir s'exprimer,
41:30de parler au français
41:30depuis Matignon,
41:33mais au moment où on se parle,
41:34on ne sait pas encore
41:34lequel des trois scénarios
41:36sera opté,
41:38à savoir annoncer
41:40un nouveau Premier ministre.
41:41Ça peut être d'ailleurs
41:42Sébastien Lecornu
41:43constitutionnellement.
41:43Qui peut être reconduit.
41:44Qui peut être reconduit.
41:46Ou si on a une deuxième
41:48dissolution de l'Assemblée nationale,
41:52parce que ça,
41:53c'est un fusil à un coup.
41:55Et donc Emmanuel Macron,
41:57qui l'a déjà fait
41:57il y a 18 mois,
41:59était bloqué,
41:59ne pouvait pas le refaire.
42:01Il est libéré de ce blocage
42:02depuis l'été dernier.
42:03Donc ça,
42:03c'est le deuxième scénario.
42:05Il peut annoncer
42:05une dissolution
42:06de l'Assemblée nationale
42:07pour qu'on ait
42:07une nouvelle photographie
42:09de l'Assemblée nationale
42:10qui correspond un peu mieux
42:11aux attentes de la société
42:13et qui donc permettrait peut-être
42:15de mieux faire passer
42:17un projet de budget.
42:20Et puis,
42:21dernier scénario,
42:21troisième scénario,
42:22celui d'une démission
42:24du président de la République
42:25qui dit,
42:25ben voilà,
42:26face à ce blocage politique
42:27et institutionnel,
42:28je décide d'avancer
42:29les élections
42:30à la présidence de la République.
42:32Je pense tout d'un coup
42:34à un problème institutionnel
42:35inédit.
42:36Lorsqu'un gouvernement démissionne,
42:37les ministres démissionnaires
42:38sont chargés
42:39des affaires courantes.
42:41Dans le cas
42:41de la Défense,
42:43qui doit être...
42:45Bruno Le Maire
42:45qui a à peine eu le temps
42:47de s'installer dans le ministère,
42:49la passation était prévue
42:50à 11h30.
42:51Chargé des affaires courantes ?
42:53C'est lunaire.
42:53C'est lunaire.
42:55On est entré,
42:56c'est vrai,
42:56dans une nouvelle dimension.
42:57On attend toujours
42:58d'une minute à l'autre
42:59le Premier ministre
42:59qui doit s'exprimer
43:00sur le perron de Matignon,
43:02effectivement.
43:04Est-ce que...
43:04A Bercy,
43:05c'est Éric Combar
43:06qui va continuer
43:07à gérer les affaires courantes ?
43:08Ou Roland Lescure
43:10qui devait prendre
43:11la passation à 13h30 ?
43:12Encore,
43:13il était déjà
43:14dans le ministère,
43:15enfin,
43:15derrière Monchalin,
43:16et voilà.
43:17Donc il y a une certaine
43:17continuité à Bercy.
43:18Il y a une certaine continuité.
43:19Mais...
43:19Mais il n'y a aucune continuité.
43:22En tout cas,
43:22je pense qu'au-delà
43:23de...
43:24Le Gersi doit perdre du temps
43:26à savoir quelle option
43:26ils prennent,
43:27quelle nouvelle composition
43:28le gouvernement brinçage.
43:29Je pense qu'en parallèle,
43:30là,
43:31ça doit réfléchir
43:32vite et fort
43:33et ça doit fumer
43:34par les oreilles
43:35à l'Elysée
43:35et à Bercy
43:36pour savoir
43:36quel message en parallèle
43:38on envoie au marché.
43:39Oui,
43:39les marchés qui sont évidemment
43:40en baisse,
43:41le CAC 40-1,76,
43:42alors nous parlons,
43:43et repasser
43:44sous les 8000 points
43:45à 7939,25.
43:47Voilà.
43:48Parce que là,
43:48on a quand même
43:48une agence de notation
43:49qui nous a dégradé
43:51il y a 10 jours.
43:52Il y a quand même
43:53Standard & Poor's
43:54qui est quand même
43:54celle qui donne le là
43:56qui va bientôt
43:57donner son avis.
43:59Et ce que disent
43:59toutes les agences de notation,
44:01c'est...
44:02Et d'ailleurs,
44:03elles avaient pas mal
44:04de mensuétudes
44:04vis-à-vis de nous
44:05lors des dernières notations,
44:06mais ce qu'elles disent toutes,
44:07c'est qu'on attend
44:07de voir quelle va être
44:08la visibilité politique
44:10en France
44:10pour affiner
44:11notre notation.
44:16C'était le sujet principal,
44:17l'instabilité de la politique française
44:20soulignée par Fitch,
44:22effectivement,
44:22il y a quelques jours,
44:2224 octobre ou 10...
44:24Pour affiner leurs notes
44:25et pour prendre leurs décisions,
44:27une agence de notation,
44:28elle regarde déjà en un
44:29c'est quoi exactement sa...
44:32Est-ce que sa trajectoire
44:34de réduction des finances publiques
44:36est crédible ?
44:37Ça, c'est le premier critère
44:38qu'elle va regarder aujourd'hui.
44:40Qu'est-ce que vous pouvez dire
44:41de la France
44:41dans un tel brouillard ?
44:43Et sachant que si on a...
44:45Sébastien Lecornu s'apprête
44:46à faire son discours.
44:48Bonjour à toutes et à tous.
44:48Je suis heureux
44:49par intermédiaire de la presse
44:51de m'adresser une nouvelle fois
44:53aux Françaises et aux Français
44:54avec quelques mots spontanés
44:57au moment où j'ai remis
44:59la démission du gouvernement.
45:02Être premier ministre
45:03est une tâche difficile,
45:06sans doute encore un peu plus
45:07difficile en ce moment,
45:08mais on ne peut pas être
45:09premier ministre
45:09lorsque les conditions
45:10ne sont pas remplies.
45:12Depuis trois semaines,
45:13pourtant,
45:14j'ai bâti,
45:15tenté de bâtir
45:16les conditions
45:17pour lesquelles
45:19nous pourrions
45:19faire adopter
45:21un budget
45:21pour la France,
45:22pour l'État,
45:23mais aussi
45:23pour la sécurité sociale
45:24et répondre
45:25à quelques urgences importantes
45:27qui ne peuvent pas attendre
45:282027,
45:29l'élection présidentielle.
45:31Je ne veux pas
45:31toutes les citer,
45:32mais on le sait,
45:32sécurité du quotidien,
45:34les questions liées
45:35au pouvoir d'achat
45:36et au travail,
45:36la Nouvelle-Calédonie,
45:38les armées
45:39dans un contexte
45:40international difficile
45:41étant autre sujet.
45:44Depuis trois semaines,
45:45ma parole a été rare
45:46et j'ai tenté
45:48de construire
45:49un cheminement
45:50avec les partenaires sociaux,
45:52force patronale,
45:54force représentant
45:55les syndicats salariés,
45:56notamment sur des sujets
45:57qui ont pu faire l'objet
45:58de blocages
45:59depuis maintenant
46:00de nombreuses semaines,
46:02voire pour certains sujets,
46:03je pense,
46:04au travail,
46:05au retraité,
46:06pardonnez-moi,
46:07pénibilité aux femmes
46:08aux carrières longues,
46:09des sujets qui sont parfois
46:10bloqués depuis plus de 20 ans
46:11et sur lesquels
46:12nous étions en train
46:13d'avancer
46:14sur des solutions concrètes,
46:17sur l'assurance chômage,
46:19sur le financement
46:19de notre sécurité sociale
46:20et permettre au fond
46:21des deux manifestations
46:23qui s'étaient tenues
46:24dans le pays
46:25tout au long de ce mois de septembre
46:26d'être capables
46:27de refaire vivre
46:28le paritarisme
46:29et la démocratie sociale.
46:31Ce temps,
46:32je l'ai aussi consacré
46:32avec les formations politiques
46:34du socle commun
46:35pour bâtir
46:35une feuille de route
46:36mais aussi évidemment
46:38de l'opposition
46:38puisque c'est elle
46:39qui décide en grande partie
46:41du sort et de l'avenir
46:42non seulement du gouvernement
46:43mais aussi du pays
46:44à travers l'adoption
46:46ou non d'un budget.
46:48Ces consultations
46:49officielles,
46:51parfois plus discrètes,
46:53nous ont permis
46:54d'avancer
46:54sur un certain nombre
46:55de sujets.
46:57Je l'avais dit
46:57vendredi matin,
46:58dans le secret du bureau,
47:00les langues se délient
47:01et les lignes rouges
47:02deviennent oranges
47:03et parfois vertes
47:04avec parfois
47:07évidemment
47:07quelques lignes
47:09qui bougent
47:10sur l'assurance-chômage,
47:11sur la question
47:13de la justice
47:14fiscale
47:15ou encore
47:16sur la question
47:17des retraites.
47:18Avec néanmoins
47:19toujours ce sentiment
47:20que la ligne se recule
47:21à chaque fois
47:21que nous avancions
47:22mais de cela aussi,
47:24j'y reviendrai
47:24dans un instant.
47:26Et puis,
47:27j'en suis arrivé
47:27à la conclusion
47:28vendredi dernier
47:29qu'au fond,
47:30le Parlement
47:31devait toujours avoir
47:32le dernier mot
47:33que l'article 49
47:34à ligne A3
47:35de la Constitution
47:36était un moyen
47:37de contraindre
47:37sa majorité
47:38dans l'esprit
47:39du constituant,
47:40notamment de Michel Debré
47:42et du général de Gaulle
47:42et que cela ne servait
47:44à rien
47:45de donner l'impression
47:46que les débats
47:47n'iraient pas
47:48jusqu'au bout.
47:50En ce lundi matin,
47:51les conditions
47:52n'étaient plus remplies
47:53pour que je puisse
47:54exercer
47:55ces fonctions
47:56de Premier ministre
47:57et permettre
47:58au gouvernement
47:58d'aller devant
47:59l'Assemblée nationale
48:00demain.
48:02Pour trois raisons.
48:04La première,
48:05c'est que précisément
48:06ces formations politiques
48:07ont fait mine
48:07parfois de ne pas voir
48:09le changement,
48:10la rupture profonde
48:11que représentait
48:12le fait de ne pas
48:13se servir
48:14de l'article 49
48:15à ligne A3
48:16de la Constitution.
48:17C'est-à-dire qu'au fond,
48:19il n'y avait plus
48:19de prétexte
48:20pour une censure préalable.
48:21En tout cas,
48:22il n'y avait plus
48:23de prétexte
48:23pour faire
48:25que les parlementaires
48:26refusent de faire
48:27leur métier de parlementaire,
48:28c'est-à-dire de discuter
48:30la loi,
48:30de l'amender
48:31et le cas échéant
48:32de voter
48:33ou non
48:34un texte.
48:36Et cette rupture,
48:37je le dis,
48:37elle a été soulignée
48:38par un certain nombre
48:39d'observateurs,
48:40d'acteurs de la vie politique,
48:41certains opposants d'ailleurs
48:42qui le demandaient
48:43historiquement,
48:45mais elle n'a pas permis
48:46ce choc
48:47de se dire
48:48on peut faire différemment
48:50et on peut construire
48:51les choses
48:51différemment.
48:53La deuxième des choses,
48:54c'est que
48:55les partis politiques
48:57continuent
48:59d'adopter
49:00une posture
49:00comme s'ils avaient
49:01tous
49:02la majorité absolue
49:04à l'Assemblée nationale.
49:05Et au fond,
49:05je me suis retrouvé
49:06dans une situation
49:07dans laquelle
49:08j'étais prêt
49:09à des compromis
49:09mais chaque parti politique
49:11veut que l'autre parti politique
49:12adopte
49:13l'intégralité
49:14de son programme.
49:15C'est vrai
49:15des formations
49:16parfois du socle commun,
49:18c'est vrai
49:18aussi des oppositions.
49:20Or,
49:20nous l'avons dit,
49:21pas de coalition large,
49:23c'est un choix
49:23qui a été fait
49:23par les différentes formations
49:24politiques de l'opposition
49:25de ne pas venir
49:26avec le socle commun
49:27au gouvernement
49:28mais de permettre
49:29les débats
49:30et d'organiser ensuite
49:31les compromis
49:31sachant que les compromis
49:32ne sont pas la compromission.
49:34Mais pour cela,
49:34évidemment,
49:35il faut changer
49:36d'état d'esprit
49:36et ne pas vouloir
49:37appliquer l'intégralité
49:38de son projet
49:39et de son programme.
49:42La troisième des choses,
49:43c'est que
49:43la composition du gouvernement
49:45au sein du socle commun
49:47n'a pas été fluide
49:49et a donné lieu
49:50au réveil
49:51de quelques appétits partisans,
49:53parfois non sans lien,
49:54c'est d'ailleurs très légitime
49:55avec la future
49:57élection présidentielle.
49:59Je le dis
50:00ou je le redis,
50:03si ce moment
50:04est le moment
50:04le plus parlementaire
50:06de la Ve République,
50:08en aucun cas
50:08il faut revoir
50:10vivre ici
50:11les mauvais moments
50:12de la Ve République
50:12et que donc
50:14par définition
50:14la construction
50:15d'un gouvernement
50:16se fait en fonction
50:17de la Constitution
50:18sur proposition
50:19du Premier ministre
50:20nommé
50:21par le Président
50:23de la République.
50:24Le dernier message
50:26que je veux dire
50:27aux Français
50:27c'est qu'au fond
50:29et c'est un message
50:29véritablement d'espoir
50:31et d'optimisme
50:31de caractère
50:32je ne le suis pas toujours
50:33mais
50:34il suffirait de peu
50:36pour que ça fonctionne.
50:37J'avais dit ici même
50:38on va y arriver
50:39et je veux le redire
50:40dans le secret
50:41des échanges
50:41que j'ai pu avoir
50:42il suffirait de peu
50:43pour que l'on puisse
50:44y arriver
50:45en étant
50:46plus désintéressé
50:48pour beaucoup
50:49en sachant aussi
50:50faire preuve
50:50d'humilité
50:51peut-être aussi
50:53un peu parfois
50:54d'effacement
50:55de certains égaux
50:56et je me suis employé
50:58en tout cas
50:58je l'espère
50:58à le faire.
51:00Ensuite
51:00toujours avoir le sens
51:01de l'intérêt général
51:02et du fond
51:03ce qui compte
51:04c'est ce qu'on va faire
51:05en ayant l'humilité
51:07de considérer
51:07que certaines choses
51:08peuvent être faites
51:08avant 2027
51:09d'autres choses
51:10seront faites
51:11ensuite
51:12pendant le débat
51:13de l'élection présidentielle
51:14et au fond
51:15il y a beaucoup
51:16de lignes rouges
51:17dans la bouche
51:18de beaucoup
51:18en tout cas
51:19de certains
51:20pas de tous
51:21pas de tous
51:21il y a rarement
51:23des lignes vertes
51:24or
51:25le principe même
51:25de bâtir un compromis
51:26entre les formations politiques
51:28c'est d'être capable
51:29justement
51:29de conjuguer
51:30des lignes vertes
51:31et de tenir compte
51:32d'un certain nombre
51:32de lignes rouges
51:34mais on ne peut pas
51:35être dans les
51:35deux extrêmes
51:36et certaines formations
51:38politiques
51:38de l'opposition
51:39l'ont compris
51:40et je tiens
51:41à les remercier
51:42désormais
51:42il faut que l'on puisse
51:44avancer
51:44en tout cas
51:44que celles et ceux
51:46qui veulent trouver
51:46un chemin pour le pays
51:47puissent
51:48avancer
51:49c'était le Premier Ministre
51:51Sébastien Lecornu
51:52trop de lignes rouges
51:53pas assez de lignes vertes
51:54les conditions
51:55n'étaient plus remplies
51:57pour rester Premier Ministre
51:59nous dit Sébastien Lecornu
52:00qui acte la fin
52:01du socle commun aussi
52:03la composition
52:04du socle commun
52:05n'est plus fluide
52:06a dit le Premier Ministre
52:07moi très vite
52:08je retiens deux choses
52:08c'est des compromis
52:09se dessiner dans le secret
52:10du bureau
52:11donc il acte le fait
52:12que les partis politiques
52:13on en parlait tout à l'heure
52:14mais en France
52:15n'arrivent pas à mettre
52:16dans une situation aussi grave
52:17l'intérêt général
52:18au-dessus des intérêts particuliers
52:21et pour terminer
52:22sur une note
52:22un tout petit peu positive
52:23il lance ce message
52:25aussi aux Français
52:25il suffirait de peu
52:27pour que ça fonctionne
52:28Denis Ferrand
52:29qu'est-ce que vous retenez
52:30de cette allocution
52:30constat d'échec
52:33oui constat d'échec
52:34et puis c'est effectivement
52:35le renvoi au Parlement
52:36et peut-être un renvoi
52:37un peu facile
52:38mais un Parlement
52:39avec une majorité introuvable
52:40donc je ne vois pas bien
52:42au regard de ce qu'a évoqué
52:43Mathieu
52:43et qui est très juste
52:44vraiment sur cette dimension
52:45d'absence de consensus
52:46le renvoi au Parlement
52:47comment est-ce qu'on arrive
52:48véritablement à le faire
52:49et sur quel socle commun
52:51cette fois-ci
52:51non pas de parti
52:52mais un socle commun
52:53de proposition
52:54et de ce que l'on veut faire
52:55véritablement
52:56il déplore les appétits partisans
52:59qui ont conduit
52:59à sa démission
53:00Sébastien Lecornu
53:01mais plus on approche
53:02de l'élection présidentielle
53:03plus ces appétits partisans
53:05vont s'exprimer
53:06Oui alors
53:07je veux juste revenir
53:08sur les questions budgétaires
53:10et les lignes rouges
53:11il y a d'un côté
53:12ceux qui considèrent
53:13que toute hausse d'impôts
53:14est une ligne rouge
53:15je simplifie
53:17et d'autre côté
53:17ceux qui considèrent
53:18que toute économie
53:19sur les dépenses publiques
53:20est une ligne rouge
53:21il va falloir quand même
53:22arriver à comprendre
53:23qu'il va falloir faire les deux
53:24c'est-à-dire qu'il va falloir
53:25faire beaucoup d'économies
53:27sur les dépenses publiques
53:28mais qu'on ne fera pas tout
53:29par des économies
53:30sur les dépenses publiques
53:31il va falloir augmenter
53:32les impôts aussi
53:33Bon
53:34Trouvez le bon équilibre
53:35Merci beaucoup à tous les trois
53:36Mathieu Jolivet
53:37François Eccal
53:38Denis Ferrand
53:39Rendez-vous demain
53:40quant à nous
53:41de 10h à 11h
53:42toujours sur BFM Business
53:43Vous retrouvez Antoine Larigauderie
53:45pour Tout.investir
53:46Bonne journée
53:46A demain
53:47Les experts
53:52Débat et controverses
53:53sur BFM Business
53:54Sous-titrage Société Radio-Canada
53:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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