00:00Donald Trump a quitté la Suisse, le forum économique de Davos,
00:03non sans avoir secoué les Européens, dont il dit qu'ils deviennent des pays méconnaissables,
00:08installé son Conseil de la paix et rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky
00:12qui affirme qu'il y a enfin des garanties de sécurité sérieuses
00:15pour éventuellement arriver à un cessez-le-feu.
00:19On fait le point avec Pauline Trezner et on en débat ensuite.
00:22La charte de son Conseil de paix tout juste signée ce matin à Davos,
00:26Donald Trump remet la question ukrainienne sur le devant de la scène.
00:31Alors que Volodymyr Zelensky est arrivé ce jour au forum économique
00:35pour rencontrer le président des Etats-Unis.
00:38Une question demeure, Donald Trump arrivera-t-il à mettre fin à la guerre en Ukraine
00:42près de 4 ans après le début de l'invasion russe ?
00:46Trump l'assure, la guerre est bientôt finie.
00:49Je pense qu'il se rapproche d'un accord.
00:51Beaucoup de gens sont tués, nous devons y parvenir.
00:54Si nous n'y parvenons pas, ce serait une honte.
00:57A l'issue de sa rencontre avec le président ukrainien,
01:00Donald Trump a une nouvelle fois été interrogé sur le message
01:03qu'il voulait faire passer à Vladimir Poutine.
01:06Même réponse de la part du président des Etats-Unis.
01:10La guerre doit prendre fin.
01:11J'ai eu une très bonne réunion avec le président Zelensky.
01:14De son côté, le président ukrainien déplore le manque de volonté politique
01:19de l'Union Européenne envers Vladimir Poutine.
01:21Pour lui, les garanties de sécurité dépendent des Etats-Unis.
01:25Nous avons finalisé le document.
01:28Il doit maintenant être signé par les deux parties, par les présidents,
01:31puis transmis au Parlement nationaux, le Congrès des Etats-Unis et le Parlement ukrainien.
01:35Tout tourne autour des territoires.
01:37C'est le problème que nous n'avons pas encore résolu.
01:39Donald Trump a lui affirmé que de nouveau, pour parler, devrait avoir lieu demain à Moscou
01:44avec ses émissaires américains et Vladimir Poutine.
01:48Louis de Ragnel, on a quand même le président Zelensky qui dit que les Européens sont trop lents
01:52après avoir été quasiment secoués en direct dans le bureau de Donald Trump il y a quelques mois.
01:57Ce qu'il voit, c'est qu'il espère que Donald Trump va donner un coup d'accélérateur aux négociations.
02:01On sait que Donald Trump a aussi échangé avec Vladimir Poutine.
02:05Donc voilà, on sait qu'il s'impatiente, qu'il est aussi maximaliste.
02:09Mais en tout cas, ce qu'on voit, c'est que ça prend beaucoup de temps.
02:12Ça patine.
02:12Non mais jusqu'à aujourd'hui, ça patinait un peu.
02:14Mais Donald Trump, il n'y a que lui, en réalité, qui peut faire accélérer le tempo.
02:19Ça, je pense que c'est quelque chose qui est devenu incontesté.
02:21Plein de chefs d'État ont essayé.
02:22Emmanuel Macron, le premier, il est complètement sorti du jeu.
02:25Maintenant, il n'y a que Donald Trump qui peut mettre fin à cette guerre.
02:28Michel Fayad, est-ce qu'on a avancé réellement dans ces discussions,
02:32l'apport de ces garanties de paix et de sécurité que demande Zelensky ?
02:36En tout cas, c'est ce qu'annonce Zelensky.
02:38On verra dans les prochains jours, et notamment la réunion entre Poutine
02:42et l'émissaire de Donald Trump, donc Huitkov.
02:45Il y a lieu aujourd'hui.
02:46Absolument.
02:46Par contre, je pense qu'aujourd'hui, il se joue quelque chose de plus large.
02:50C'est-à-dire qu'après la Deuxième Guerre mondiale, quand l'ONU a été créée,
02:54c'était sur la base de ce qui s'était passé au moment de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
03:00Et là, il y a un nouvel ordre qui est en train de se mettre en place
03:02et que Trump veut faire à travers son board,
03:05dont il est chairman indépendamment de son président.
03:10Et donc, en fait, il a accueilli des pays assez diverses
03:14qui rêvent tous d'être puissants à ses côtés,
03:18puisque, vous savez, le Conseil de sécurité des Nations Unies
03:19était limité à cinq nations, dont la nôtre.
03:21Mais le board contiendra des pays comme quand même la Biélorussie,
03:26la Turquie et d'autres pays.
03:28Et la Russie.
03:29Oui, bien sûr, la Russie, mais je veux dire,
03:30des pays qui ne faisaient pas partie du Conseil de sécurité.
03:34Et donc, là, il y a quand même un nouvel ordre qui est en train d'être établi.
03:38Catherine Ney, qu'est-ce que vous pensez de cette séquence ?
03:40Moi, je trouvais que, enfin, lorsque le président Zelensky est venu devant la presse,
03:45je l'ai trouvé très sombre.
03:47Et il a quand même rappelé les Européens.
03:50Et j'ai l'impression, il parlait comme quelqu'un qui était un peu lâché
03:53par ses petits camarades.
03:55Et il a un peu moqué aussi le fait qu'on ne parle que du Groenland
03:59et qu'on ait osé envoyer 14 soldats, l'autre 13.
04:04Et il dit, écoutez, que pensent la Russie et la Chine ?
04:07Enfin, voilà, il a dit, il faut punir les Russes, prendre les bateaux.
04:13C'est ce qu'a fait d'ailleurs aujourd'hui, même à raisonner un bateau,
04:16c'est ce qu'a fait aujourd'hui le président Macron.
04:19Mais enfin, alors, il a rencontré...
04:22Quand on vient de rencontrer le président Trump,
04:25on est obligé de se montrer optimiste.
04:27Alors, il dit que les deux équipes de tous les côtés, des deux côtés,
04:31travaillent, il y a tout un programme et tout ça,
04:33mais reste à savoir ce que va dire la Russie sur les territoires.
04:36Il y avait le Finlandais qui a dit, il y a deux jours,
04:39il a dit, mais vous savez, la guerre en Russie,
04:41écoutez, au bout de quatre ans, ils n'ont pas réussi,
04:43alors ils progressent, mais pas plus de 20% du territoire.
04:47Aujourd'hui, il y a eu un million de morts de l'autre côté.
04:49Combien des Ukrainiens ? Beaucoup.
04:51En tous les cas, hier, Donald Trump donnait un chiffre.
04:54Il y a eu, au mois de janvier, 29 000 morts d'un côté et 27 000 de l'autre.
04:58Donc, c'est une boucherie épouvantable.
05:01Bon, donc, en réalité, la Russie perd un peu dans sa sphère d'influence.
05:05Voilà.
05:06Devant Trump qui, maintenant, écrase tout, d'une certaine manière.
05:09Il y a 30% d'inflation en Russie.
05:12Il y a 16% les taux d'intérêt.
05:14Il y a une croissance nulle.
05:14Donc, c'est un pays qui va mal.
05:16Donc, est-ce qu'à un moment, est-ce que la Russie ne va pas...
05:19Je veux dire, mais est-ce qu'on peut être raisonnable
05:21quand on s'appelle Poutine et qu'on va absolument récupérer l'Ukraine ?
05:25Mottier Lorette.
05:25Évidemment que le retour de Donald Trump au sein du bureau Oval a accéléré les choses.
05:32Et on ne parlait pas autant de paix, y compris en Europe, avant son retour dans le bureau Oval.
05:38Il y a eu cette scène avec Woldimir Zelensky aussi.
05:41Puis, il y a eu les Européens qui partent à Kiev, l'anglais, l'allemand, etc.
05:47Et qui rencontrent le président Zelensky.
05:49Puis, ils appellent Trump et ils disent
05:51« Banco, on est d'accord pour ton cessez-le-feu, tes conditions, etc. »
05:56Et Trump appelle Poutine et Poutine lui dit non.
06:00Et depuis, on n'a pas vraiment avancé, en fait.
06:02C'est-à-dire que les Européens se sont mis d'accord sur des conditions de cessez-le-feu.
06:06Trump a écrit les conditions de cessez-le-feu dans le bureau Oval avec ses conseillers
06:11et a tordu le bras des Européens et il a obtenu gain de cause.
06:15Il n'a pas obtenu gain de cause de Vladimir Poutine qui l'a dit ouvertement.
06:19Il ne veut pas cessez-le-feu. Il ne veut pas cessez-le-feu.
06:21Et quand il y a eu des cessez-le-feu, y compris pendant des fêtes chrétiennes,
06:24il ne les a jamais respectés.
06:26Et ce qu'il veut, c'est une paix totale, mais enfin c'est la reddition de l'Ukraine
06:31qui lui cède l'entièreté des territoires conquis.
06:34Et donc, tant qu'on ne sort pas de là, la guerre continuera.
06:38C'est-à-dire, soit l'Ukraine donne l'entièreté de ses territoires.
06:40Avec la perspective d'envoyer des milliers de soldats français sur le terrain,
06:43comme l'a dit Emmanuel Macron.
06:44Alors ça, c'est une autre histoire.
06:45Si il y avait un cessez-le-feu.
06:46Parce que là, justement, on vient à l'histoire de cessez-le-feu, que Poutine ne veut pas.
06:50Et Emmanuel Macron nous a dit, je vais envoyer plusieurs milliers d'hommes,
06:54en cas de cessez-le-feu, qui n'existent pas, puisque Poutine n'en veut pas.
06:59Mais mettons qu'il existe.
07:01Ça, ce n'est pas du tout la même limonade, si vous me permettez l'expression.
07:04C'est-à-dire que vous allez mettre des soldats français
07:06entre des soldats russes et des soldats ukrainiens
07:08comme instance qui ferait régner l'ordre
07:12et qui ferait respecter le cessez-le-feu comme force d'interposition.
07:16Il se passe quoi si les fusils russes ou ukrainiens se remettent à parler, comme on dit ?
07:20Il se passe quoi pour les soldats français qui se retrouvent là en force d'interposition ?
07:23Ils tirent sur les soldats russes ?
07:25Et si des russes tuent des français ?
07:26Ou si des français tuent des russes ?
07:28Que M. Zelensky soit satisfait des conditions de sécurité, des garanties de sécurité,
07:33c'est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant.
07:35En fait, rien n'intéresse M. Poutine là-dedans.
07:38Il ne tolérera jamais des soldats étrangers sur le sol ukrainien comme garantie.
07:42Il l'a dit, répété, et en fait, Gauthier a résumé l'affaire, c'est tout ou rien.
07:47C'est-à-dire qu'il veut conquérir l'Ukraine en entièreté.
07:51D'ailleurs, on nous dit, plus ça va, plus on risque d'arriver à une solution par épuisement.
07:56Moi, je ferais presque le raisonnement inverse.
07:58C'est tant du côté ukrainien que du côté russe.
08:00Comment vous voulez que ces deux dirigeants arrivent devant leur peuple en disant
08:03il y a eu un million de morts, ben tant pis.
08:06On en reste là du côté russe et puis du côté ukrainien, ben tant pis, on donne le pays aux russes.
08:11Moi, j'ai l'impression que plus la guerre dure et moins la solution devient évidente.
08:15Catherine, dernier mot.
08:15Parce qu'il m'a fait très peur hier en écoutant M. Trump, qui a un long discours.
08:20À un moment, il se vantait d'avoir fait la paix partout, qu'il était un grand faiseur de paix.
08:24Il a cité tous ses succès.
08:26Et il reconnaissait que c'était beaucoup plus compliqué avec la Russie et l'Ukraine.
08:30Mais à un moment, il a dit cette phrase, il a dit aux Européens qui étaient là,
08:34mais vous savez, l'Ukraine, c'est votre voisinage, c'est pas le mien.
08:37D'ailleurs, de dire, écoutez, si ça marche pas, après vous vous débrouillerez.
08:40Et c'est ça, c'est-à-dire que tout peut se passer ces jours-ci.
08:44C'est-à-dire que si c'est toujours net du côté russe, il y aura une lassitude du côté américain.
08:52Et moi, j'ai trouvé ce matin que M. Zelensky était très sombre et déprimé.
09:00Gauthier, dernier mot.
09:01C'est vrai qu'il a réussi plusieurs tours de force.
09:03Réunir les représentants arméniens et de l'Azerbaïdjan dans le bureau Oval pour faire signer un accord de paix.
09:10Intervenir entre l'Inde et le Pakistan qui pouvaient devenir un conflit nucléaire.
09:14Intervenir entre le Rwanda et le Congo.
09:16Donc, il y a eu plusieurs succès diplomatiques de Trump.
09:19Et c'est pourquoi il réclamait le prix Nobel de la paix qui a fini par lui être remis par celle qui l'a eue.
09:25C'est-à-dire l'opposante à Maduro qui est venue dans le bureau Oval pour amadouer Trump et qu'il la soutienne pour pourquoi pas être l'alternative à la vice-présidente de Maduro
09:37qui a pris le pouvoir depuis qu'il a été capturé par les Etats-Unis.
09:41Donc, il y a eu des succès très clairs.
09:43Le succès sur l'Iran, le bombardement sur l'Iran chirurgical où vous empêchez l'Iran de développer une bombe atomique.
09:50Alors même que la France a condamné ces bombardements, je le rappelle quand même.
09:52On a condamné les bombardements qui ont permis de reculer le développement d'une bombe atomique iranienne.
09:58Donc, il y a eu des vrais succès de Trump.
10:00Il lui reste évidemment la Russie et l'Ukraine et on voit bien que c'est le plus compliqué.
10:03Autant de sujets que nous allons aborder dans un instant avec notre invité Jordan Bardella,
10:07président du Rassemblement national qui sera dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
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