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  • il y a 9 mois
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Transcription
00:00Eric Nolot est avec nous, bonsoir.
00:01Bonsoir Laurence.
00:01Rachel Kahn.
00:02Bonsoir Laurence.
00:02Gauthier Lebrette, donc on se la forme.
00:04Nous sommes avec Alexandre Devecchio, qui est resté.
00:06Bonsoir.
00:07François Delaborde et Jean-Pierre.
00:08Bonsoir Laurence.
00:09J'évoquais tout à l'heure, dans mon édito, Gauthier,
00:12le choc de ces deux mondes, les déclassés, les paysans, les ouvriers,
00:16et puis les grands de ce monde, qui sont en ce moment à Davos,
00:19qui sont aussi au Parlement de Bruxelles.
00:21Il y a des craquements entre ces deux mondes-là.
00:24Et c'est vrai qu'entendre les paysans crier de joie
00:26devant le Parlement européen de Strasbourg, ça nous a fait plaisir.
00:30Et entendre aussi ce qu'il dit à Davos, c'est important.
00:32Donc voilà, on va essayer de concilier ces deux mondes, si vous voulez bien.
00:34Moi je vous suis Laurence.
00:36Vous vous sentez prêt pour ça, pour cet équilibrisme ?
00:38Je m'inscris dans vos pas, vous savez, depuis très longtemps.
00:42Vous avez vu comme il est, Eric Nolot ?
00:44Ah, il est formidable.
00:44J'apprends beaucoup côté de côté.
00:46J'en fous le jeune.
00:47Si je puis me permettre, la fracture entre ces deux mondes
00:49est peut-être moins importante qu'elle a été par le passé.
00:52Avant Davos, c'était vraiment les grands de ce monde,
00:54ceux qui nous gouvernent de loin, qui se coupent des peuples, etc.
00:56et les paysans qui crevaient dans l'indifférence générale.
00:59Aujourd'hui, vous avez à Davos, notamment Trump,
01:02parce que c'est lui qui a parlé aujourd'hui,
01:03mais des gens qui revendiquent de défendre leur classe moyenne,
01:08leurs oubliés, ceux qui n'ont pas été entendus pendant très longtemps.
01:11Ça fait une petite différence par rapport à...
01:12Alors, à part Trump, qui est-ce qui fait ça ?
01:14Dans les leaders...
01:15Dans les leaders du monde aujourd'hui,
01:17il y a une émergence quand même de leaders
01:18qui revendiquent de parler au nom des petits, des oubliés.
01:21En Europe, il y a Mélanie, il y a Orban,
01:23en Argentine, il y a Millet.
01:24Avant, il y avait Bolsonaro.
01:27Vous me direz, ces gens-là ont tous peut-être beaucoup de défauts,
01:29mais ils représentent quand même l'émergence de l'apparition.
01:32On appelle ça populisme.
01:33Mais la vérité, c'est que c'est le peuple qui s'exprime
01:35maintenant un peu plus dans les grandes institutions.
01:37Alors, on va écouter.
01:38Donald Trump, qui s'est exprimé longuement cet après-midi,
01:41qui est arrivé très calme,
01:42il faut noter par rapport à l'agitation
01:44qui avait un peu prévalu les derniers jours,
01:47il a évidemment évoqué le président français, Emmanuel Macron,
01:50parce qu'il y a une espèce de petite joute, on va dire,
01:53verbale entre les deux hommes qui se connaissent bien,
01:55je pense au fond qu'ils s'apprécient,
01:57mais qui, évidemment, sont en concurrence.
02:00Pardon ?
02:00S'ils s'apprécient, ils ont une drôle manière de se le dire.
02:03Écoutez, l'amour parfois est proche de l'agence.
02:07Écoutons Donald Trump à propos d'Emmanuel Macron.
02:09J'ai écouté Emmanuel Macron hier avec ses magnifiques lunettes
02:14prendre la parole ici.
02:16Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
02:19Je l'ai regardé, essayé de faire son dur.
02:26Voilà.
02:28Tu peux te comprendre la traduction ?
02:30C'est tough, c'est ça ?
02:33Quelle est la grande phrase d'Emmanuel Macron depuis cet été ?
02:35Vous jouez au dur, voilà, il joue au dur.
02:37Il faut être respecté pour être respecté.
02:40Il faut être craint, et pour être craint, il faut être puissant.
02:43Bon, Trump nous prouve désormais chaque heure,
02:46puisque ça fait trois fois qu'il attaque Emmanuel Macron
02:48en l'espace d'un peu plus de 24 heures,
02:50qu'Emmanuel Macron n'est ni craint ni puissant.
02:52Puisque pour être craint et puissant...
02:54Ni respecté, malheureusement.
02:56Il faut déjà que ça soit l'ordre chez soi,
02:59avant de faire la leçon à l'extérieur.
03:01Or, quand vous n'êtes pas fichu de faire adopter un budget 149.3,
03:04quand vous avez fait une dissolution complètement inconséquente,
03:08qui a provoqué la plus grave crise de l'histoire de la Vème République,
03:12puisque cette dissolution s'en est même prise à nos institutions.
03:15Et tous les jours, François Hollande se regarde dans le miroir
03:17en se disant, je ne suis plus le pire président de l'histoire de la Vème,
03:20puisque moi, j'avais laissé les institutions en ordre.
03:23Bon, j'ajoute à cela,
03:24quand vous n'êtes pas capable de faire exécuter les OQTF à hauteur de 100%,
03:27alors que vous l'aviez promis dans les colonnes de Valeurs Actuelles,
03:29c'est très compliqué, ensuite, d'engager un bras de fer,
03:33évidemment, à l'extérieur de son pays,
03:34et de faire la leçon à Trump ou à Poutine.
03:37C'est même impossible.
03:38Je renvoie d'ailleurs le livre de l'ancien chef des majeurs,
03:42Pierre Dabillier,
03:43qui disait justement cela,
03:45qu'avant de faire la leçon à l'extérieur,
03:48il faut être sûr qu'intérieurement, on est fort.
03:51Intérieurement, les choses sont tendantes.
03:52Ce n'est pas le cas du président Macron.
03:54Et puis, sur ses lunettes de soleil...
03:56Ah, j'étais sûre que...
03:56Ah bah oui, parce qu'hier, j'en ai parlé,
03:58mais excusez-moi, c'est l'image qui est restée.
04:00C'est l'image qui est restée.
04:01Je veux bien qu'il ait un problème à l'œil.
04:03Un problème médical.
04:04Évidemment, visiblement, ce problème ne passe pas.
04:07Et il n'empêche qu'il a choisi une certaine paire de lunettes
04:09et que oui, j'y ai vu,
04:11manière de se mettre en avant,
04:13une espèce de virilisme,
04:15on bombe le torse et on hausse les épaules.
04:18Et j'ai vu l'excellente consoeur d'Alexandre Devecchio,
04:22Eugénie Bastier, dire,
04:23à mon avis, il ne va pas les enlever avant 2027.
04:25Et bien, je me pose la même question.
04:26Je pense qu'il est en train de tomber amoureux de ses lunettes
04:29ou de l'image qu'il voit dans les verres de ses lunettes.
04:31Écoutez, peut-être pas, Alexandre,
04:33sur ce rapport de force qui est là, évidemment.
04:35Non, mais bon, dans l'analyse,
04:37je partage tout ce que dit Gauthier.
04:39J'ai du mal à m'en réjouir.
04:41Je ne suis pas du tout de ceux qui diabolisent Donald Trump,
04:44mais le voir taper sur mon pays et sur l'Europe,
04:49ce n'est jamais très agréable,
04:51même si ça révèle effectivement notre immense faiblesse.
04:54Oui, qu'est-ce que ça va nous appeler au réveil ?
04:57Pour la question du Groenland,
04:59certes, Donald Trump essaie de violer la souveraineté d'un pays,
05:05mais on regrette que l'Europe,
05:08sur la question des métaux rares,
05:10n'ait pas essayé de se protéger mieux de la Chine
05:13a été vendre ses métaux rares à la Chine.
05:17Donc, il y a un vrai enjeu stratégique,
05:19en plus, au milieu de tout ça,
05:22mais voilà, il y a un réveil...
05:23Au milieu de la testocérone, disons-le.
05:25Comment ?
05:25Au milieu de la testocérone.
05:26Oui, oui, mais c'est aussi un réveil pour l'Europe
05:30qui dormait depuis des années.
05:33Oui, elle dormait depuis un bon moment.
05:35C'était la belle endormie.
05:35Rachel Françoise.
05:37Rachel Kahn.
05:38Qui a des très belles lunettes.
05:39Oui, pas fumées et pas miroirs.
05:41Non, parce que j'aime bien
05:42qu'on puisse voir mes yeux.
05:46Après, c'est vrai que sur les lunettes,
05:48c'est marrant parce qu'on parlait beaucoup
05:50des clauses miroirs
05:51et que c'est des lunettes sur lesquelles
05:53on se voit aussi.
05:54Bon, bref, je ferme la parenthèse.
05:56Non, mais moi, je suis un peu désespérée
05:58parce qu'il y a cette question iranienne
06:01avec des gens qui sont en train de crever.
06:03Et qu'on a un sentiment que tout le monde
06:05est focalisé sur le Groenland
06:07et ces joutes verbales entre deux présidents.
06:09Et quand on a eu hier soir
06:12une mobilisation extrêmement forte
06:14sur ce qui s'y passe,
06:15il s'agit d'un crime contre l'humanité.
06:17Pardon, je ne réponds pas à votre question.
06:18Mais effectivement, cette joute verbale
06:20entre deux hommes testéronnés,
06:23jouer au dur, la puissance,
06:25il y a tout le champ lexical
06:26justement de cette virilité.
06:28Moi, je suis juste effondrée
06:30par ce crime qui est en train de se dérouler
06:33et que nos dirigeants n'en parlent pas assez.
06:35Françoise, Geoffroy, Françoise ?
06:36Oui, il se trouve qu'on était en effet
06:39à la même soirée, Rachel et moi,
06:41hier soir avec la communauté,
06:43une bonne partie de la communauté iranienne
06:45qui vient en France.
06:46Et c'est vrai que c'est des gens formidables
06:48et c'était une soirée formidable.
06:50Et j'espère qu'ils auront tout le soutien
06:54qu'ils méritent et qu'ils pourront
06:55continuer le combat
06:57en dépit des milliers de morts,
07:00pas des millions, des milliers.
07:02L'autre chose que je voudrais dire,
07:03c'est que Trump, pour le Groenland,
07:07il dit, je ne vais pas utiliser la force,
07:10dans un moment d'égarement,
07:11mes prédécesseurs ont rendu
07:12le Groenland au Danemark,
07:14mais en fait, le Groenland a toujours été américain
07:16et finalement, il est à nous.
07:17Moi, ce que je voudrais dire,
07:18c'est que, et je rejoins aussi
07:20ce que tu venais de dire sur l'Europe,
07:22c'est que pendant très longtemps,
07:23le Groenland n'a intéressé personne.
07:25Les Inuits, il y en a 57 000,
07:27les femmes Inuites ont été stérilisées de force
07:29par les Danemark,
07:30qui ont conduit de façon absolument immonde
07:32avec les femmes,
07:34les terres rares,
07:35on ne s'en est jamais occupées.
07:36Et là, subitement, on se dit,
07:37ah si, si, ça nous intéresse.
07:39Bon, voilà.
07:39Et Trump, il dit,
07:40moi, je demande juste un petit bout de banquise,
07:43je ne vois pas pourquoi,
07:44et je veux être propriétaire,
07:45parce que si je ne suis pas propriétaire,
07:47je ne pourrais pas...
07:47C'est le bon sens qu'il doit l'emporter.
07:50Bon, on a évoqué le duel
07:51Trump-Macron,
07:53il y a d'autres enjeux,
07:54évidemment,
07:55aujourd'hui,
07:55pour le président américain.
07:57Son vrai sujet, c'est la Chine.
07:58C'est l'affrontement avec la Chine.
07:59Mais le Groenland en fait partie.
08:01Et donc,
08:02il l'avait d'ailleurs dit
08:03de manière assez claire,
08:04il dit,
08:04si ce n'est pas nous,
08:05ce sera les Russes ou les Chinois,
08:06et je n'ai pas envie.
08:07Donc, pour toutes ces raisons-là,
08:08je peux comprendre.
08:09Moi, si vous voulez,
08:09dans l'affrontement
08:10entre Trump et Macron,
08:11je prendrais au sérieux
08:12les Européens le jour,
08:17c'est leur carburant aujourd'hui
08:18de dire,
08:19nous nous opposons
08:20à Donald Trump,
08:20je parle de Jean-Noël Barraud,
08:21je parle d'Emmanuel Macron,
08:22etc.
08:23Je les prendrais au sérieux
08:23quand ils seront capables
08:25de répondre à Olivier Faure,
08:29pour commencer.
08:29Non, mais surtout...
08:30Non, mais à Téboune, par exemple.
08:32Ou surtout,
08:32pour comparer quelque chose
08:33qui est vraiment comparable
08:34à ceux qui veulent
08:36la sécession de la Nouvelle-Calédonie,
08:37par exemple.
08:37Parce que nous,
08:38on a exactement les mêmes enjeux,
08:39sauf que c'est la France.
08:40On va dire,
08:42si on abandonne la population,
08:43ça, c'est une certitude.
08:44Mais aussi,
08:45il est loyaliste.
08:45On s'enlise dans des discussions
08:47impossibles, invraisemblables.
08:49On fait du...
08:49C'est d'ailleurs,
08:50c'est du Emmanuel Macron,
08:51la résolution de ce conflit.
08:52On promet des référendums,
08:54on fait des discussions,
08:55on conclut des accords
08:55qui sont caduques
08:56dans la demi-heure.
08:57Enfin, on a géré...
08:58Il est en train de gérer
08:59cette histoire
09:00de manière complètement anarchique.
09:02Et à la fin,
09:03ça va se terminer
09:03comme ça se terminera
09:05pour le Groenland
09:05si Trump ne fait pas
09:06ce qu'il fait en ce moment.
09:07Donc, si vous voulez,
09:07la leçon à Donald Trump,
09:09alors qu'on est en train
09:10de subir exactement
09:10ce que lui redoute
09:11et qu'on est incapable
09:12de se respecter chez nous
09:13parce que c'est la France,
09:14je trouve qu'elle est
09:15un peu forte de café.
09:16Dans la guerre commerciale,
09:18si effectivement
09:19nos viticulteurs
09:21se prennent 200%
09:22de taxes douanières
09:23sur la figure,
09:24on verra,
09:25on n'en est pas là,
09:25mais on peut penser à eux
09:26puisque évidemment
09:27ce sont aussi des paysans
09:29et on pense aussi
09:30à ceux qui sont actuellement
09:32à Strasbourg.
09:33Et quand Emmanuel Macron
09:34dit mesure de rétorsion,
09:35on va fermer une partie
09:36du marché européen
09:37aux entreprises américaines,
09:38il n'est pas suivi
09:39par les autres européens,
09:41mais surtout,
09:41j'ai découvert à cette occasion
09:42que les mesures de rétorsion
09:43pouvaient exister.
09:45Je pensais que les mesures
09:46de rétorsion
09:47étaient impossibles,
09:48c'est ce que nous disait
09:49le Quédor Cet,
09:50qu'il ne fallait pas fâcher
09:52les gouvernements
09:53du monde entier,
09:54y compris quand ils avaient
09:54deux otages
09:55comme Christophe Gleize
09:56et Boilem Sansal.
09:58Vous voyez à quoi
09:58je fais référence évidemment.
09:59Jean-Noël Barraud,
10:00hier, il était tout content
10:01à l'Assemblée nationale
10:01pour annoncer les mesures
10:02de rétorsion
10:03à l'endroit des États-Unis.
10:05Je ne l'ai pas entendu
10:05parler de mesures de rétorsion
10:06quand il allait voir
10:07M. Tebboune en Algérie
10:08pour essayer de récupérer
10:09Boilem Sansal.
10:10Là, il ne fallait pas couper
10:11les transferts de fonds,
10:12il ne fallait pas baisser
10:13les visas,
10:14il ne fallait pas geler
10:15les hauts dignitaires algériens.
10:17Je l'ai les avoir
10:17des hauts dignitaires russes,
10:18oui, mais pas
10:19des hauts dignitaires algériens.
10:20Donc je vois que la mesure
10:21de rétorsion,
10:21on l'a à géométrie variable
10:23au Quai d'Orsay.
10:23Bon, Eric Nouleau.
10:25Non mais moi,
10:25je veux bien qu'en politique
10:27tout fasse signe,
10:28même des lunettes,
10:29mais il y a quelque chose
10:30qui me préoccupe,
10:31c'est que je n'ai pas été
10:37et dans le Macron bashing,
10:38je trouve qu'il y a
10:39presque une forme
10:40de masochisme
10:41et de haine de soi
10:42qui commence à...
10:42Ce que vous n'aimez pas.
10:44Ça va trop loin.
10:45C'est quand même notre pays,
10:46c'est quand même l'homme
10:47qui représente notre pays,
10:48donc à force de s'acharner
10:49sur lui,
10:50à un moment,
10:51je trouve ça contre-productif.
10:52Voilà.
10:52Je vois cette petite musique
10:53montée, d'ailleurs,
10:54elle est tout à fait
10:54une musique d'époque.
10:55Nous pensons que nous sommes
10:56un pays déclassé,
10:57non sans raison.
10:58Vous dites tout est foutu
10:59tous les jours, Eric.
11:00Oui, oui, mais moi,
11:00je suis d'accord.
11:01Donc la haine de soi,
11:02on peut en parler si vous voulez.
11:02Oui, simplement,
11:03quand on franchit
11:04certaines limites,
11:05j'ai l'impression
11:05qu'on bascule
11:06dans une forme de masochisme
11:07et en effet,
11:09de quelque chose
11:10qui dépasse
11:10la personne du président
11:12pour atteindre la France.
11:13Voilà.
11:14Moi, je vous donne...
11:14J'entends complètement
11:15votre point de vue.

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