00:00On va continuer à parler d'immigration qui sera sans nul doute l'un des thèmes de la campagne présidentielle
00:04de 2027
00:05et évidemment les candidats commencent à proposer leurs pistes de solutions et faire aussi leurs diagnostics.
00:12On va regarder plutôt ce qui se passe du côté de Renaissance et des Alliés
00:16puisqu'on prône plutôt l'immigration légale et l'immigration de travail.
00:20Les détails avec Corentin Alonso.
00:23Dans les colonnes du Figaro, Edouard Philippe dit refuser l'impuissance migratoire
00:28en plaidant pour une immigration choisie.
00:31Nous avons le droit de choisir qui entre sur notre territoire pour travailler, étudier ou demander légitimement l'asile.
00:38Cela, j'assume de dire qu'il faudra les accueillir car notre pays aura besoin d'immigration de travail.
00:42En 2025, selon les chiffres provisoires du ministère de l'Intérieur,
00:47l'immigration économique ne représentait que 13,5% des premiers titres de séjour délivrés en France,
00:53soit plus de 50 000 immigrés de travail, bien loin derrière les motifs étudiants, familiaux ou humanitaires.
01:01Un classement que veut changer Gabriel Attal.
01:03Pour moi, la priorité, c'est ce que j'appelle la préférence travail.
01:06Je souhaite que l'immigration de travail devienne le premier motif d'immigration
01:11au détriment de l'immigration familiale, de l'immigration étudiante
01:15et que donc on priorise pour ceux qu'on choisit d'accepter en France la question du travail.
01:19On a des besoins économiques.
01:21Le candidat Renaissance milite également pour instaurer des quotas limitatifs en matière d'immigration
01:26selon les métiers et les origines géographiques.
01:30On vient de se projeter un petit peu vers l'avenir.
01:33On va faire aussi un bilan avec vous, Maxime Legay, bonsoir.
01:35Bonsoir Elodie.
01:36Du service politique de CNews.
01:38On va parler de ce bilan justement de l'immigration du président de la République
01:43avec là des chiffres qui sont en hausse.
01:44Oui, je me suis plongé sur la période 2017-2025 concernant l'immigration légale.
01:51Donc on parle bien de titres de séjour délivrés.
01:54Et je vous ai résumé tout cela sous forme de graphique que voici
01:57et que je vais commenter pour nos auditeurs d'Europe 1.
02:00En 2017, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur,
02:02un peu plus de 257 000 titres de séjour ont été délivrés
02:06à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir.
02:08Des chiffres qui ont augmenté d'année en année.
02:11Hormis en 2020 où on constate une baisse,
02:13mais comme chacun sait, c'était la période du Covid-2020
02:16où les frontières étaient fermées et donc mécaniquement l'immigration a réduit.
02:19Pour arriver donc en 2025 à 377 462 titres de séjour,
02:25pour vous donner un ordre d'idée, ça correspond peu au prou
02:28au nombre d'habitants de la ville de Nice
02:30qui est arrivée sur le territoire français en 2025.
02:33Et en 9 ans de pouvoir, ça correspond, vous allez le voir,
02:35à plus de 46,8% une hausse.
02:39Et donc, il faut ajouter à cela, Elodie,
02:42puisqu'on parle de titres de séjour délivrés,
02:44les demandeurs d'asile, les mineurs isolés
02:46qui ne sont pas pris en compte dans ce calcul.
02:49Dans justement les chiffres que vous venez de nous donner,
02:52Maxime, quelle est la part de l'immigration de travail ?
02:54Eh bien très peu.
02:55Et c'est là que le bas blesse,
02:57parce que si l'on prend l'année 2025 de référence,
03:00sur les 377 462 titres de séjour délivrés,
03:04vous le voyez, et pour nos auditeurs d'Europe 1,
03:06je le précise, seuls 50 000 l'ont été
03:08pour motif économique,
03:10c'est-à-dire que l'immigration de travail
03:11ne représente que 13,5% de l'immigration en France.
03:15C'est deux fois moins que l'immigration étudiante
03:17et c'est 31% et c'est nettement inférieur
03:19aux motifs familial et humanitaire
03:22qui pèsent respectivement 24 et 23% du total.
03:25C'est ce qui fait dire,
03:26notamment à la droite et à David Lysnard,
03:29que l'immigration de travail en France
03:30n'est pas une immigration de travail,
03:33mais de peuplement.
03:35Et c'est ce qui fait dire,
03:36et c'est ce qu'on a vu dans le sujet dernièrement,
03:38que ça va être un sujet pour les héritiers
03:40d'Emmanuel Macron de vouloir se détacher
03:42et inverser cette courbe de l'immigration de travail.
03:45Merci Maxime pour tous ces chiffres.
03:47Vous restez avec nous pour un autre thème
03:48un peu plus, encore plus politique.
03:50Tout à l'heure, Laurent Capelletti,
03:52vous êtes avec nous.
03:52Bonsoir et merci d'être sur CNews
03:54et sur Europe 1, économiste et professeur au CNAM.
03:57Alors effectivement, tous les candidats
03:59à chaque élection présidentielle
04:01ont tenté de vanter l'immigration de travail
04:04et en général, quand ils sont élus,
04:07on se rend compte que ce n'est pas forcément
04:08l'immigration de travail qui est la plus importante
04:11dans la part des personnes que nous recevons
04:13sur notre territoire.
04:16Oui, et c'est bien dommage en effet
04:18parce qu'au plan économique,
04:20ce sera mon propos, vous l'avez compris,
04:22c'est une immigration de travail qu'il nous faut.
04:25quand on compare avec les pays
04:28qui l'ont mis en place,
04:28il y a des exemples,
04:30il y a bien sûr classiquement le Canada,
04:32l'Australie,
04:33mais en Europe aussi,
04:35l'Allemagne, la Grande-Bretagne
04:37et puis récemment, finalement,
04:39Georgia Meloni en Italie
04:41ont mis en place une immigration
04:43par le travail,
04:44c'est-à-dire essentiellement axée
04:45sur les métiers
04:48et le fait de pouvoir occuper
04:50les métiers en tension
04:51où on a des besoins.
04:53C'est ça notre problématique,
04:55c'est qu'on a tout un pan économique,
04:57sinon ce serait simple en fait,
04:59où dans le BTP,
05:01dans les travaux publics en général,
05:03l'hôtellerie, la restauration,
05:04les services à la personne,
05:0625% à 30%
05:08et dans certaines régions,
05:09comme l'Ile-de-France,
05:1060% des emplois de ces secteurs-là
05:12sont occupés par des immigrés légaux.
05:15Donc en effet,
05:17c'est vers ça
05:19sur lequel il faudrait s'orienter.
05:21Pourquoi ça n'a pas été mis en place
05:23en France ?
05:24En fait, il faut regarder
05:25les programmes,
05:26les élections présidentielles,
05:28c'était au programme de personnes
05:30jusque dernièrement.
05:32On est resté effectivement
05:33sur une immigration
05:34qu'on pourrait qualifier
05:36de subie,
05:38mais en tout cas,
05:39pas strictement orientée
05:40sur le travail.
05:43Laurent Capeletti,
05:44justement sur cette immigration
05:46de travail,
05:46on entend beaucoup de candidats
05:47ou de responsables économiques
05:49qui disent qu'on a besoin
05:50de cette immigration de travail.
05:52Est-ce qu'on n'arrive pas
05:52à trouver justement
05:53des postulants
05:54pour un certain nombre d'emplois
05:55parce que vraiment,
05:56il n'y a plus personne en France
05:58qui cherche du travail
05:58ou parce qu'embaucher
06:00des immigrants légaux,
06:01c'est aussi un moyen parfois
06:02de les payer moins cher
06:04qu'un salaire
06:07qu'accepterait par exemple
06:08un Français ?
06:10Alors, j'ai fait mes petits calculs,
06:13sachant que je passe
06:14à votre émission,
06:15fondée évidemment
06:16sur les données de...
06:17Alors, principalement
06:17INSEE et OCDE
06:18qui sont assez incontestables,
06:20en fait,
06:21pour des raisons démographiques
06:22et puis pour des raisons
06:24de secteur en tension,
06:26on ne pourrait...
06:26Si on convertissait,
06:28j'allais dire,
06:28nos chômeurs
06:29qui ne sont pas d'origine émigrée
06:31pour occuper les emplois
06:32qui ne seraient pas occupés
06:34par des immigrés,
06:34il n'y a pas assez en fait.
06:35Il n'y a pas assez.
06:36Alors, il y a la démographie
06:37qui explique ça.
06:38Vous savez que cette année,
06:40pour la première fois
06:40depuis la Seconde Guerre mondiale,
06:42on a un solde naturel négatif,
06:44on a un taux de fécondité
06:46de 1,5 par femme,
06:48donc on ne renouvelle pas.
06:49Et puis, on a des secteurs
06:50tout simplement, en fait,
06:51où depuis longtemps maintenant,
06:53les emplois sont occupés
06:55par des immigrés légaux.
06:57Je parle d'immigrés légaux
06:58qui représentent 12%
07:01de la population active.
07:04Je le répète,
07:04la construction,
07:05le bâtiment,
07:06le service à la personne,
07:07la sécurité privée,
07:08le transport logistique.
07:10Et dernièrement, figurez-vous,
07:11on a aussi des besoins
07:12d'immigrés qualifiés
07:15dans le secteur informatique,
07:17en médecine.
07:19Et donc, selon moi,
07:22selon les chiffres disponibles,
07:25on a des besoins,
07:26et c'est ça notre problématique,
07:28mais on a des besoins
07:28d'une immigration qui travaille.
07:30Voilà.
07:31Oui, évidemment.
07:31Merci beaucoup,
07:32Laurent Capelletti,
07:33économiste et professeur au CNAM,
07:35d'avoir été avec nous.
07:35Fabrice Acount,
07:36je voyais réagir
07:37quand effectivement,
07:38il disait qu'on a aussi besoin
07:40d'immigration,
07:41de travail également qualifié.
07:42Mais qualifié, bien entendu,
07:43prenez dans l'informatique,
07:44par exemple,
07:45qui est mon métier,
07:45on a énormément
07:47de jeunes ingénieurs
07:48très compétents
07:49qui viennent de Tunisie,
07:50qui viennent du Maroc.
07:51Vous savez que les écoles,
07:52les prépas marocaines
07:53sont celles qui fournissent
07:54aujourd'hui
07:54le plus gros quota polytechnique.
07:57Donc, voilà,
07:58il y a des prépas,
07:58je parle des prépas marocaines
07:59qui ont atteint le niveau
08:00des Henri IV,
08:01Louis de Grand, etc.
08:02Donc, bien entendu
08:03qu'il y a aussi cela,
08:04et ça c'est important,
08:04et puis ça apporte
08:05un autre regard aussi.
08:07Et vous avez,
08:07en fait, c'est multifactoriel,
08:09on ne peut pas regarder
08:09une seule chose.
08:11Vous avez des métiers,
08:12effectivement,
08:12qu'un certain nombre
08:13de personnes ne veulent pas faire,
08:14mais depuis maintenant
08:15des décennies,
08:15vous avez aussi un problème,
08:16c'est que le droit social,
08:17le droit du travail
08:17étant très protecteur en France,
08:19et que le niveau de chômage,
08:20d'indemnisation du chômage
08:21étant très élevé,
08:22même si c'est assurantiel,
08:23il y a des gens qui préfèrent
08:23ne pas travailler que travailler.
08:25Il y en a, pas tous,
08:25bien entendu, loin s'en faut,
08:27mais ça existe aussi.
08:28C'est pour ça que je dis
08:28que c'est multifactoriel.
08:30Par contre, il y a un élément
08:31sur lequel je souhaite insister,
08:32il n'y a pas de dumping en France,
08:34vous n'avez pas de dumping salarial
08:35par l'immigration,
08:37parce que dès lors
08:38que vous déclarez un salarié,
08:39vous êtes obligé
08:40de le déclarer à un minimum,
08:41qui est le minimum légal
08:42autorisé, effectivement,
08:43par la Convention collective.
08:44Donc ça, par contre,
08:45je m'asquerai en faux
08:46sur cet argument-là.
08:46Il ne peut pas y avoir,
08:47en tout cas, ça peut arriver,
08:49mais il n'y a pas
08:49ou très peu de dumping salarial
08:51lié à l'immigration.
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