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  • il y a 7 mois
Une heure d'information, d'analyses et de débats en direct du lundi au vendredi, en codiffusion avec CNEWS.
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00:00Punchline, 18h-19h, Laurence Ferrari sur CNews et Europe 1
00:08Bonsoir à tous et bonsoir à toutes, on se retrouve en direct sur CNews et sur Europe 1 dans cette édition spéciale.
00:18Pour évoquer ce drame, une enseignante d'art plastique âgée de 60 ans a été poignardée dans sa classe d'un collège de Saint-Narré-sur-Mer dans le Var.
00:26Son pronostic vital est engagé, c'est ce qu'a indiqué le procureur de Toulon, on l'entendra dans un instant.
00:31Les fêtes sont déroulées vers 14h au collège, elle a reçu trois coups de couteau porté par un élève jeune de 3ème, il avait 14 ans, il a 14 ans.
00:40Il a été interpellé et placé en garde à vue pour tentative d'assassinat.
00:43On attend d'ici quelques instants aussi une première réaction du ministre de l'Éducation nationale qui est sur place.
00:49C'est une fois de plus l'ultra-violence des mineurs qui est un signal d'alarme de cette société qui est en train de basculer.
00:55On va tout de suite faire le point sur ce qui s'est passé avec Michael Dos Santos et on se rendra sur place à Saint-Narré-sur-Mer.
01:01Il est aux alentours de 14h dans ce collège de Saint-Narré-sur-Mer.
01:06Un élève agresse sa professeure d'art plastique en salle de classe.
01:09L'adolescent de 14 ans la poignard d'au moins à trois reprises au torse.
01:14Il n'y a aucune connotation ni religieuse ni politique qui apparaissent.
01:18On sait seulement qu'il y avait eu des tensions avec cette professeure ces derniers temps et qu'il lui en voulait, a priori, d'avoir fait des rapports à son encontre.
01:26Mais tout ça, c'est des a priori que nous devons vérifier.
01:28Après son passage à l'acte, le collégien s'enfuit.
01:31Il est rattrapé par un membre du personnel éducatif après avoir croisé la route de certains camarades.
01:37Il se tapait la tête sur les toilettes parce qu'il se disait « Ouais, pourquoi j'ai fait ça et tout ? »
01:43Il pleurait, il se tenait les mains, il avait une goutte de sang sur le front.
01:47Placé en garde à vue, il n'est pas connu pour des faits délictuels mais pour des problématiques familiales.
01:53Cette professeure d'EPS, qui a porté les premiers secours à sa collègue, décrit un élève parfois perturbateur.
01:59Avec moi, ça allait. En EPS, ça allait.
02:01Mais c'est un élève qui pouvait être perturbé ou perturbateur dans certaines disciplines.
02:06Est-ce que c'était prémédité ou pas, on ne sait pas.
02:09Jamais on n'aurait pu imaginer ça ici à Sanary.
02:13Non, non, pas un élève violent mais bon, c'était pas un élève tranquille non plus.
02:19L'enseignante de 60 ans a été transportée à l'hôpital pour y être opérée.
02:23Son pronostic vital est engagé.
02:25Sur X, Edouard Geffray a exprimé son soutien à l'enseignante.
02:29Le ministre de l'Éducation nationale est attendu sur place.
02:33Et on va rejoindre notre envoyée spécial CNews sur place, Stéphanie Rouquier.
02:36Bonsoir Stéphanie, vous êtes depuis le milieu de l'après-midi sur place.
02:40Vous avez pu rencontrer plusieurs jeunes collégiens qui étaient vraiment sous le choc.
02:44Sept professeurs aussi d'EPS.
02:46Il y a une ambiance très pesante évidemment ce soir.
02:48Effectivement, c'est une ambiance glaçante qui règne véritablement autour de ce collège.
02:56Alors à l'extérieur du collège là actuellement, il n'y a plus de parents, il n'y a plus d'élèves.
03:01Il reste de très nombreux journalistes comme vous pouvez imaginer.
03:04Et à l'intérieur du collège qui vient justement d'allumer les lumières car la nuit tombe sur Sanary,
03:09eh bien il reste une poignée d'élèves, les tout derniers élèves qui sont entendus actuellement par les forces de l'ordre.
03:16Mais ce qu'il faut comprendre véritablement, c'est que ce sont des dizaines d'élèves de ce collège qui ont vécu ce drame.
03:25Ils sont nombreux, donc ceux de la classe, avoir assisté à cet élève qui a poignardé leur professeur au début du cours, un peu après 14 heures.
03:32Mais il y a aussi des dizaines d'autres élèves qui sont passés dans le couloir et qui ont vu leur professeur recroquevillé qui perdait beaucoup de sang
03:41avec d'autres professeurs qui leur criaient dessus, il faut sortir, il faut sortir, il faut évacuer.
03:45Il y a aussi une poignée d'élèves, j'en ai rencontré certains qui m'ont expliqué qu'en sortant dans le couloir, ils sont passés par les toilettes.
03:53Et là, ils ont vu ce jeune homme de 14 ans qui était dans les toilettes en larmes, il se cognait la tête, il avait un peu de sang sur le visage.
04:01Et l'un d'eux m'a expliqué que cet élève lui a dit « je viens de poignarder ma professeure » avec un air, avec des larmes dans les yeux,
04:08avec un sentiment de regretter son acte, comme quoi il avait fait une énorme bêtise.
04:12Et donc, il faut comprendre que ce sont des dizaines et des dizaines de collégiens qui sont aujourd'hui traumatisés dans ce collège
04:18où habituellement, l'ambiance est extrêmement bonne, l'environnement est correct, c'est pavillonnaire et il ne se passe pas grand-chose.
04:25C'est vraiment un collège tranquille habituellement, si je peux dire.
04:28– Effectivement, Stéphanie, c'est dans un quartier tranquille, dans un collège réputé calme, comme le disait le préfet.
04:34Et c'est vrai que la surprise et l'horreur sont totales ce soir.
04:40– Tout à fait, en plus, c'est un collège tranquille avec un environnement, un cadre qui est particulièrement beau, si je peux dire.
04:47Il y a des arbres partout. Autour, il y a des grands parkings, il y a de l'herbe, il y a beaucoup d'arbres.
04:52Et juste en face, il y a un petit lotissement pavillonnaire avec des maisons de un ou deux étages,
04:59mais qui sont plutôt coquettes, si je peux dire.
05:02Donc, c'est vraiment un endroit où on est proche de la mer, proche de la Méditerranée.
05:06C'est une ville où il fait bon vivre.
05:07Donc, vous pouvez imaginer, justement, le drame de ces élèves et de ces parents, ce qu'ils ont vécu.
05:13Et à noter aussi que j'ai vu de nombreux parents qui sont arrivés totalement traumatisés.
05:18Ils sont très nombreux à être arrivés, à m'avoir dit, écoutez, j'ai appris ce qui s'est passé par la télé, par la radio,
05:24mais personne du collège ne m'a contacté.
05:27Et donc, forcément, ils étaient tous inquiets pour savoir si leur enfant allait bien.
05:31Et donc, ils étaient nombreux en larmes devant les grilles à attendre des nouvelles de leur enfant.
05:35Merci beaucoup. Stéphanie Rouquier, envoyée spéciale de CNews, vous restez évidemment avec nous.
05:40Peut-être que le ministre de l'Éducation prendra la parole.
05:42On imagine qu'il va dire, évidemment, que toutes ses pensées vont à la victime.
05:46Évidemment, et c'est le cas, parce que cette enseignante de 60 ans, je le rappelle,
05:50a reçu trois coups de couteau, deux à l'abdomen.
05:52Jean-Christophe Covip, vous êtes policier, bonsoir.
05:54Un, au bras.
05:56Elle a tenté, sans doute, de se défendre.
05:58C'est sans doute pour ça qu'elle a été touchée au bras.
05:59Mais ce sont des signaux, encore une fois, d'une violence des mineurs
06:04que vous rencontrez tous les jours sur le terrain, policier.
06:07Oui, on voit bien qu'il y a cette violence d'une partie de ces jeunes, de cette société,
06:11où on n'arrête pas de le dire, mais la violence est débridée.
06:14On passe plus facilement à l'acte.
06:16Et on le voit, ça touche, comme on disait, ce n'est pas un environnement très anxiogène.
06:23C'est plutôt tranquille, calme.
06:24Donc, les enfants ne sont pas sous pression, entre guillemets, dans un environnement dégradé.
06:29Mais, en même temps, il suffit d'un enfant, deux enfants, qui ont des problèmes familiaux,
06:35qui n'ont pas de suivi.
06:36Et puis, d'un seul coup, ils passent à l'acte.
06:37Et là, tout le monde découvre ça de l'extérieur.
06:40Mais si ça se trouve à l'intérieur, après, avec l'enquête,
06:42on va découvrir qu'il y avait déjà, effectivement, peut-être des petits aspects
06:46qu'on aurait pu identifier un peu en amont et prendre un peu plus au sérieux, peut-être, ces alertes.
06:53Notamment, le matin, si, effectivement, cet ado avait tenu des propos,
06:58comme on a pu entendre un peu plus tôt, à sa prof de sport,
07:01en disant qu'il avait envie de planter un de ses profs s'il était réprimandé.
07:04Donc, ça, c'est des choses qui doivent tout de suite alerter le corps enseignant et faire remonter.
07:08Maintenant, nous, on est confrontés à cette violence.
07:11de la jeunesse, et c'est un vrai problème sociétal.
07:14Et je pense qu'effectivement, ça doit être, on n'arrête pas de le dire,
07:17mais une cause nationale qui doit être très prégnante,
07:22y compris à l'Assemblée nationale et chez nos édiles.
07:25On a besoin de verticalité, à un moment donné, de prendre des décisions.
07:27On réécoutera dans un instant un des collégiens qui racontent, effectivement,
07:31que le matin même, cet adolescent de 14 ans avait menacé sa prof
07:34en lui disant, une autre prof, je vais être planté,
07:36et qu'il est passé à l'acte à 14h.
07:39Jean Dorido, vous êtes psychologue.
07:41C'est très difficile de déceler les signaux de passage à l'acte
07:44chez des adolescents.
07:45Alors, comme disait la professeure de sport,
07:47à la fois perturbateur et peut-être perturbé.
07:51Évidemment, c'est toujours facile de commenter a posteriori.
07:54Pour autant, enfin, c'est quand même, pardon de le rappeler,
07:57la base des menaces.
07:58D'ailleurs, c'est pénalisé, c'est grave.
08:01Des menaces de mort, c'est très, très grave.
08:03On peut être condamné quand on menace quelqu'un de mort.
08:07Et c'est un fait qu'un adolescent manifestement identifié,
08:13comme pouvant être parfois compliqué,
08:15qui tient des propos d'une telle gravité,
08:18oui, on ne peut que regretter que ça n'ait pas donné lieu
08:21à une intervention qui aurait pu, voilà,
08:25l'emmener être écouté chez un CPE,
08:27peut-être appeler les parents, dire, écoutez, apparemment,
08:29« il ne va pas bien », ça aurait peut-être pu éviter un drame.
08:34Bien sûr que le passage à l'acte, c'est certes un mystère,
08:37et en même temps, c'est quand même, pardon,
08:40les menaces, c'est quand même, c'est comme un tir de sommation.
08:44C'est quand même quelqu'un qui dit « attention, je vais faire un malheur »,
08:47bien sûr, parfois, c'est pour le cinéma,
08:50et en même temps, c'est quand même des propos graves
08:52qui peuvent être l'antichambre du passage à l'acte, précisément.
08:56Et là, ça a été le cas.
08:57Écoutons juste ce collégien qui raconte,
08:59ce qui s'est passé depuis le matin,
09:01et on sera avec, ensuite, un enseignant.
09:05En fait, au tout début, non, moi, je ne l'ai pas vu,
09:08mais c'est mon grand frère, il l'a vu,
09:09et en fait, il a fait tomber le couteau quand il a couru,
09:12et le CPE, il l'a attrapé,
09:14il s'est jeté avec par terre pour le rattraper.
09:18Et après, le matin même, il disait déjà à la prof de sport,
09:22il faut arrêter de m'embêter,
09:25sinon je vais vous planter, déjà, il disait.
09:26Mais on ne pensait pas, il ne pensait pas que c'était vrai.
09:30Eric Nolo, on a la chronique d'un désastre annoncé, en fait,
09:34avec ce qui s'est passé, comme le dit ce petit bout de chou,
09:36c'est des collégiens, vraiment, ils sont très jeunes.
09:40– Je serais au courant des procédures, mais si vraiment cet élève s'est adressé directement
09:43à son professeur en lui disant, je vais te planter.
09:46– Non, non, il n'est pas le même professeur.
09:47– Non, mais un professeur, c'était un signal d'alerte suffisamment fort
09:51pour qu'il y ait immédiatement quelque chose qui soit déclenché.
09:54Oui, j'ai bien compris que c'était un autre professeur,
09:56mais peu importe, il dit quelque chose qui est absolument intolérable.
10:00Et si en plus il était identifié comme un élève perturbateur, perturbé,
10:04moi je trouve, enfin l'enquête le dira,
10:06il y a sans doute eu des failles dans la sécurité interne de l'établissement.
10:10Il me semble que c'est un signal d'alerte suffisamment fort.
10:12– On est avec Maxime Réperte en ligne, vice-président du SNAC, le syndicat enseignant.
10:17Est-ce que vous allez peut-être dire votre ras-le-bol
10:19du fait que les enseignants sont des cibles aujourd'hui ?
10:22Ils sont en première ligne, je le disais tout à l'heure, face à la violence des mineurs.
10:26– Oui, vous avez tout à fait raison.
10:29Effectivement, nous sommes devenus des cibles parce que l'école est une cible.
10:34Et aujourd'hui, nous sommes impuissants pour gérer cette situation
10:40de banalisation de la violence en milieu scolaire.
10:44Nous avons des politiques qui passent leur temps à être consternés,
10:50à faire des discours, à annoncer des choses
10:52qui, in fine, ne verront jamais le jour.
10:56Il faut arrêter avec ces discours, il faut passer aux actes.
11:01Nous, nous sommes épuisés par cette violence,
11:05mais nous sommes aussi épuisés par le discours de politique
11:09qui, en fait, n'agissent pas pour nous, n'agissent pas pour notre sécurité.
11:14Au niveau du SNALC, c'est très clair pour nous.
11:17Il y a trois leviers à actionner pour arrêter avec ça.
11:21Et ces leviers, ce ne sont pas les portiques, ce ne sont pas les fouilles,
11:25ce ne sont pas les mesures, comment dire, pour créer un tout sécuritaire,
11:30parce que c'est totalement inefficace, en plus de s'aigner à blanc les collectivités.
11:35Ces trois leviers, je vais les dire sur votre antenne, ils sont très simples.
11:38Premier levier, il faut restaurer l'autorité des personnels,
11:44l'autorité des professeurs, et pas simplement eux,
11:47mais de l'ensemble des personnels de l'éducation nationale.
11:51Ça, c'est le premier point.
11:52Et avec cette autorité, il faut asseoir un message de fermeté.
11:58Fermeté de l'éducation nationale, fermeté de la justice, fermeté de la police.
12:03Parce qu'aujourd'hui, il y a ce que j'appelle moi des mises en scène,
12:07avec des conseils de discipline, par exemple,
12:10où on va demander des exclusions, mais avec sursis.
12:14Ça n'a aucun sens.
12:15Le deuxième levier, bien sûr aussi dans ce premier,
12:20effectivement, avoir davantage d'enseignants et de personnel encadrant,
12:24parce qu'on ne peut pas dire, on va sécuriser les établissements d'un côté,
12:27on va améliorer le climat, et de l'autre, supprimer 4000 postes.
12:30Ça, c'est totalement ubuesque.
12:31Deuxième levier, ce sont les parents.
12:36C'est l'éducation.
12:37Il faut responsabiliser les parents.
12:40Il faut pénaliser les parents qui ne remplissent pas leur mission de parent.
12:46Il faut aider les parents qui sont, par contre, en difficulté.
12:51Et à un moment donné, il faut arrêter, avec l'excuse de minorité,
12:55il faut arrêter de déresponsabiliser l'élève,
13:01parce qu'en fait, on ne rend pas service à la société
13:04en empêchant un élève d'assumer la responsabilité de ses actes.
13:09Et enfin, troisième point, c'est la question de la santé mentale.
13:13La santé mentale qui est totalement, à ce jour, inexistante au sein de l'éducation nationale,
13:18que ce soit pour les élèves ou les personnels.
13:21Et sur cette santé mentale, il faut quoi ?
13:23Il faut des moyens.
13:24Il faut des personnels de santé.
13:26Il faut des infirmières, des médecins scolaires, des psy-EN, des médecins de prévention.
13:31Voilà.
13:31Si on arrive à actionner ces trois leviers-là,
13:35je peux vous garantir que nous n'aurons plus ce genre d'événement.
13:41Parce que j'entends beaucoup dire,
13:43attendons de voir leur quête, prenons du recul,
13:46mais à force de prendre du recul, on ne voit plus rien.
13:49Et moi, je ne veux pas prendre du recul, je veux que l'on avance.
13:52Voilà.
13:53Ça, ça me semble l'idéal.
13:55Bien.
13:55En tout cas, c'est vraiment clair ce que vous dites, Maxime Réperte.
13:59Merci beaucoup de ce témoignage en direct.
14:02Donc, autorité, réassurer l'autorité des personnels de l'éducation nationale,
14:07responsabilité des parents et la santé mentale.
14:10Jean Dorédo, vous êtes psychologue,
14:11qui est totalement absente de nos collèges et lycées.
14:13On en parlait tout à l'heure.
14:15Avant, quand on était collégien, il y avait une infirmière,
14:18il y avait quelqu'un qui était là et qui pouvait entendre les élèves,
14:22pour les petits bobos, mais pour les gros bobos aussi.
14:24Et peut-être que ça évitait des passages à l'acte.
14:26C'est plus le cas aujourd'hui.
14:26Tout ce tissu médico-psycho-social se délite depuis très longtemps.
14:32Pour autant, pardon, vos confrères du Parisien aujourd'hui en France
14:35viennent de dire, d'après eux, que l'élève en question qui est en garde à vue,
14:40il est suivi par l'AZE, l'aide sociale à l'enfance,
14:42manifestement, de par un signalement de son établissement
14:45pour des faits de maltraitance intrafamiliale.
14:49Donc là, l'enquête va quand même déterminer les rôles
14:51et les responsabilités des uns et des autres.
14:53Ça veut dire que c'est un enfant qui a été suivi par au moins un éducateur,
14:58par un travailleur social.
14:59Peut-être les parents aussi étaient sous le coup de, je ne sais pas,
15:03d'une aide éducative.
15:06Et ça questionne, hélas, pour le moment,
15:11le fait que les signes avant-coureurs n'aient pas été mieux identifiés.
15:14Parce que, peut-être, hélas, cette enseignante,
15:18vraiment, à qui vont toutes mes pensées,
15:20qui est entre la vie et la mort,
15:21peut-être a-t-elle servi de mauvais objet, comme on dit en psychologie.
15:24Si c'est un enfant qui est maltraité,
15:27eh bien, il a pu basculer dans quelque chose de complètement effrayant,
15:31de cette violence comme ça qu'il subit.
15:33Peut-être découvrir un parcours de violence.
15:35Ça vient de tomber, en tout cas, il est suivi par l'AZE, manifestement.
15:38Il est suivi par l'AZE, l'AZE, l'Enfance.
15:40Donc, c'est vrai, il fallait être encore un profil.
15:42Naïman Fadel ?
15:43Enfin, tout ça, il était suivi pour des faits de maltraitance.
15:46Après un signalement de son établissement,
15:48il a fait le travail.
15:50Ça me rappelle que le jeune de Nantes,
15:53c'était Nantes, je crois, qui a tué une de ses camarades,
15:56il était suivi aussi,
15:57et il attendait, en fait, un rendez-vous à la maison des adolescents,
16:02donc avec un pédopsychiatre.
16:04Malheureusement, les délais étant très longs,
16:06malheureusement, il n'avait pas été pris en charge.
16:08Mais il n'y avait pas, il y avait ce problème-là.
16:09Vous avez raison.
16:10Louis Dragnel, rapidement.
16:11Non, simplement, un mot, évidemment,
16:13s'il est suivi, s'il a été battu,
16:15j'en sais rien, je ne connais pas son histoire.
16:17Donc, s'il a été victime de tout ça,
16:19c'est terrifiant et on peut avoir des éléments de réponse.
16:22Mais pour autant, il y a aussi plein d'enfants
16:24qui vivent dans des conditions épouvantables,
16:26dans la pauvreté, qui sont battues,
16:28et qui se comportent bien et qui ont, si vous voulez,
16:30un niveau de conscience suffisamment développé
16:32pour savoir qu'il y a des choses qu'on n'est pas obligé de reproduire,
16:35qu'on n'est pas obligé de...
16:35Et je trouve qu'il ne faut pas...
16:37On a aussi tendance, très souvent,
16:39à tomber dans une forme de fatalité.
16:41Ah, il était...
16:42Vous avez plein d'autres cas où on dit
16:44qu'il était déséquilibré.
16:45Ah bien, il y a toujours des raisons
16:47qui peuvent expliquer son acte.
16:48Moi, je pense qu'il faut en rester à l'acte qu'il a commis
16:50et dire que c'est grave.
16:54Parce qu'à force, sinon, vous savez,
16:56non, mais les enfants finissent par se...
16:57Même entre eux disent, bon, il était suivi,
16:59ce n'est pas de sa faute, c'est machin.
17:00Non, ce qu'il a fait est extrêmement grave.
17:03Et je ne sais pas ce que va devenir ce professeur.
17:05Si ce professeur meurt,
17:08eh bien, il faudra dire les mots,
17:09il a tué son professeur.
17:11Il n'y a pas d'autre mot.
17:11Oui, mais justement, le docteur Maurice Varger,
17:13il a suivi un centre d'éducation renforcé
17:15des enfants qui étaient hyper violents,
17:18dont un gamin de 11 ans qui avait tué un camarade
17:20et qui n'avait aucune empathie
17:22puisque quand il lui dit,
17:23mais tu te rends compte,
17:24tu as rendu malheureux sa maman,
17:27il lui répond, ce n'est pas grave,
17:28elle finira par oublier.
17:30Mais il raconte aussi dans ses livres
17:32que ces gamins hyper violents,
17:34c'est des gamins qui subissent des violences extrêmes
17:37au niveau de la famille.
17:38Donc effectivement, et puis n'oublions pas
17:40que s'il a été placé,
17:41on ne sait pas encore une fois,
17:42on va être prudent,
17:42mais je travaille dans un département,
17:46un conseil départemental,
17:47vous savez que l'aide sociale à l'enfance
17:49est portée par le département.
17:51Il y a vraiment des problèmes aussi
17:53d'accompagnement dans le cadre
17:54de l'aide sociale à l'enfance.
17:55Il y a des drames terribles,
17:57des gamins qui sont placés
17:58et qui dans les foyers où ils sont placés
18:00sont aussi maltraités.
18:02Alors, Éric Revelle,
18:03et ensuite Éric Nouveau.
18:04Évidemment, on va continuer à être prudent,
18:05mais quand même,
18:06vous avez lâché un mot
18:06qui me semble essentiel,
18:07c'est l'effondrement de l'empathie
18:09dans cette génération.
18:11Pourquoi je vous dis ça ?
18:12Parce qu'on déplore évidemment
18:14le fait qu'il n'y ait plus
18:15d'assistantes sociales,
18:16de psychologues scolaires,
18:17d'infirmières,
18:18dans la plupart des collèges.
18:20Et la maltraitance de l'enfance,
18:22ce n'est pas quelque chose
18:23qui est apparu au XXIe siècle.
18:25Ce que je veux dire par là,
18:26c'est qu'il y a toute une époque
18:27où les enfants étaient extrêmement maltraités
18:29et où il n'y avait aucun amortisseur social.
18:32Aucun amortisseur social, non.
18:34Avant que l'aide sociale à l'enfance existe,
18:37avant qu'on ait même des psys dans des collèges,
18:39il y a eu toute une période d'après-guerre.
18:41Mais Laurence a dit quelque chose,
18:42je pense qu'il y avait un maillage quand même.
18:44La famille élargie.
18:45La famille était plus présente,
18:46je suis d'accord.
18:47Oui, élargie.
18:47Mais en fait, la vraie question,
18:49c'est pourquoi il y a une explosion de violence ?
18:51Pourquoi cette génération ne semble plus
18:53avoir de surmoi
18:54et a vu sa propre empathie s'effondrer ?
18:56Pour moi, c'est la question centrale.
18:58Parce qu'on manque de moyens,
19:00parce que comme l'a très bien écrit Bavresse
19:01dans le Figaro,
19:02on est en voie de tiers-mondisation.
19:04Mais avant d'avoir des moyens,
19:05il n'y en avait pas du tout.
19:06Et je n'ai pas le sentiment
19:08que l'école était devenue le réceptacle
19:11de plus en plus courant
19:13de ce genre d'agression.
19:14Éric Nolot.
19:15C'est vrai.
19:15Mais vous disiez tout à l'heure
19:16avec justesse
19:17qu'on pouvait plus ou moins prévoir
19:18ce qu'allait dire
19:19le ministre de l'Éducation nationale.
19:21Moi, ce que j'observe
19:22face à ce genre de drame,
19:24ce genre de tragédie,
19:25c'est soit des mots
19:26complètement démonétisés,
19:27plus personne n'y croit,
19:28des déclarations de circonstances,
19:29soit des réactions
19:31encore plus scandaleuses.
19:32On a parlé tout à l'heure
19:33de Samuel Paty.
19:34Moi, j'ai quand même souvenir
19:35de M. Alexis Corbière
19:36nous expliquant que Samuel Paty
19:38avait mal fait son travail,
19:39donc c'était de sa faute.
19:40J'entends son avocat
19:41qui dit qu'au fond,
19:41c'était lui le coupable,
19:43puisqu'il faisait de la discrimination.
19:45Et puis là,
19:45on va entendre
19:46toute une batterie
19:47de discours un peu lénifiants
19:49pour ne pas dire
19:50qu'il faut aborder
19:51ce genre de problème
19:51sous un angle différent,
19:53avec des mots différents,
19:54trouver les mots
19:55et surtout avec des actions différentes.
19:57J'ai l'impression que,
19:59voilà,
19:59l'émotion va durer 48 heures
20:00et qu'on va attendre
20:01le prochain drame.
20:02Vous avez raison.
20:02Jean Dorido,
20:03vous êtes psychologue.
20:04C'est un fait,
20:04je ne veux surtout pas
20:06ni faire de prosélytisme
20:08pour quoi que ce soit,
20:09ni apporter des réponses simples
20:10à des questions compliquées.
20:11Pour autant,
20:12j'entends beaucoup
20:14l'invocation
20:14à des temps passés
20:16qui auraient été
20:18absolument sensationnels.
20:20C'est quand même un fait
20:20qu'il y avait un poids
20:21de la religion en France
20:23qui était absolument énorme.
20:24Les églises se vident
20:25et pardon,
20:26je ne l'invente pas,
20:26tu ne tueras point.
20:27C'est quand même
20:28dans l'étape de la loi.
20:29Déjà,
20:29à l'époque de Moïse,
20:30ça ne nous rajeunit pas.
20:31C'est il y a 4000 ans au moins
20:32et c'est quand même la base
20:34et c'est un fait
20:34qu'il y a,
20:35me semble-t-il,
20:36les fameuses valeurs
20:37de la République
20:38dont chacun se gargarise,
20:39il y a, me semble-t-il,
20:40un échec républicain
20:42sur la question
20:43des valeurs essentielles
20:45de respect de l'autre,
20:47justement d'empathie,
20:48de respect même pour la vie.
20:50On est en train...
20:51Pardon,
20:51on est en train
20:53de théoriser quand même
20:54le droit de tuer.
20:56Alors bien sûr,
20:57parce que la personne
20:58le demande,
20:59parce qu'elle serait
20:59en fin de vie.
21:00Maintenant,
21:01c'est quand même
21:01assez fou
21:02que le pays
21:03qui a aboli
21:04la peine de mort
21:05il y a plus de 40 ans,
21:07M. Banater est rentré
21:08au Panthéon,
21:09soit en train
21:09de préparer
21:10une autorisation
21:11de tuer quelqu'un
21:12dès lors qu'elle est d'accord.
21:14Donc,
21:14il y a quand même,
21:15si vous voulez,
21:18comment dire,
21:19ni Dieu ni Maître,
21:20c'est bien,
21:20mais enfin,
21:21c'est vrai que d'avoir
21:21quelque chose
21:22d'un plus transcendant,
21:23ça peut quand même aider
21:24à se souvenir de l'essentiel.
21:26On manque de transcendance
21:26dans ce pays,
21:26vous avez raison.
21:27Il est 18h20,
21:28on est en édition spéciale
21:29sur CNews et Europe 1
21:29après ce drame à Sanary-sur-Mer,
21:31cette enseignante d'art plastique
21:33âgée de 60 ans
21:34poignardée à trois reprises
21:35par un jeune de 14 ans,
21:36visiblement,
21:37un jeune qui avait rencontré
21:38des difficultés.
21:39On va écouter
21:40quelques collégiens
21:41dont les réactions ont été recueillies
21:42par notre envoyée spéciale,
21:43Stéphanie Rouquier.
21:44Je suis sortie de maths et tout,
21:47et là,
21:47il y avait toute la classe,
21:48je crois,
21:48et je l'ai vu,
21:49je crois,
21:49il s'est mouillé le visage,
21:50et je l'ai vu,
21:51il avait vraiment
21:51les yeux grands ouverts,
21:52il ne réalisait pas,
21:54je crois,
21:54mais je ne savais pas
21:54à ce moment-là.
21:55Il s'est frappé la tête,
21:56il s'était arraché des cheveux,
21:59il avait du sang
22:00sur les mains et tout,
22:01il avait des yeux énormes,
22:02il avait les...
22:03les pupilles de la tête.
22:04Oui, vraiment.
22:05Et après,
22:06il est parti,
22:07et le CP,
22:07il a attrapé,
22:08et après,
22:08il a commencé à pleurer,
22:09il y avait la foule et tout.
22:10Il était comme ça,
22:11enfin,
22:12il était en pleurs et tout.
22:14En sortant de cours de maths,
22:15j'ai vu,
22:16du coup,
22:16la personne en question
22:17qui a agressé la prof,
22:20il se tapait la tête
22:21sur les toilettes
22:22parce qu'il se disait,
22:24ouais,
22:25pourquoi j'ai fait ça et tout.
22:27Enfin,
22:27ça se voyait qu'il regrettait vraiment.
22:29Tu l'as croisé aux toilettes ?
22:30Oui,
22:30en sortant de cours de maths.
22:32Et après,
22:33je n'ai pas vu la prof
22:33puisque,
22:35du coup,
22:35j'étais dans l'autre bâtiment,
22:36elle est dans le bâtiment A,
22:38et du coup,
22:39je me suis dit que,
22:41en fait,
22:42au début,
22:42je ne croyais pas du tout.
22:43Je me suis dit,
22:44ce n'est pas vrai et tout,
22:45ce n'est pas la réalité.
22:46Et après,
22:47seulement quand j'ai vu
22:48les pompiers,
22:48les policiers et tout,
22:49que je me suis dit
22:50que ça y est,
22:51c'était vraiment vrai.
22:52Ça va,
22:53je n'ai presque rien vu,
22:53mais c'est mon grand frère,
22:54il a vu.
22:55Il a vu la prof par terre
22:56remplie de sang.
22:57Oui.
22:58Oui.
22:59Et ils ont été stressés.
23:01Au début,
23:01ils ont dit
23:02de fermer les portes,
23:03tout ça.
23:04Et après,
23:05ils nous ont fait évacuer
23:06parce que c'était un peu dangereux
23:07avec son couteau.
23:08Et après,
23:09on a tous été évacués.
23:11Il y a la police,
23:11tout ça.
23:11Ils sont arrivés.
23:13Les pompiers,
23:13ils l'ont embarqué.
23:14Et il avait une grosse lame
23:16comme ça, presque.
23:17Voilà,
23:18un opinel.
23:18On a une confirmation
23:19que cette lame
23:20était bien un opinel,
23:21Jean-Christophe Couviste.
23:22Oui,
23:22c'est très important
23:23d'écouter les adolescents
23:24parce que dans ce que
23:25disait un adolescent,
23:26il a dit,
23:26c'est vraiment vrai.
23:27Et c'est là,
23:27on a vu que c'était vraiment vrai
23:28et que c'était réel.
23:29Et en fait,
23:30ces ados,
23:31tous,
23:31les millions y compris,
23:32vivent dans un monde
23:33un peu virtuels
23:34où on voit des choses
23:35effectivement toute la journée.
23:36On consomme des images brutes,
23:38sans explication,
23:39sans...
23:40Etc.
23:40Et d'un seul coup,
23:41ils sont confrontés vraiment
23:42à la réalité de leurs actes aussi
23:44puisque le gamin,
23:45je pense qu'il a dû faire
23:46une crise de démence,
23:47effectivement,
23:48contre le plus rien.
23:49Et d'un seul coup,
23:49il revient à la réalité,
23:50il voit ce qu'il a fait,
23:52il a ses conséquences
23:53et c'est pareil,
23:53si on apprend à ses enfants
23:55à savoir que tout acte
23:56a une conséquence
23:57et que derrière,
23:59il y a la vraie réalité
24:00qu'on arrête de surprotéger
24:01aussi nos gamins
24:02et qu'à un moment donné,
24:03on leur dise,
24:03voilà,
24:04tu as fait ça,
24:04tu es puni,
24:05mais la punition,
24:06on en reviendra,
24:06enfin,
24:07ça glissera à un moment donné,
24:08on ne punit pas dans six mois
24:09comme on voit aujourd'hui,
24:10par exemple,
24:10avec la justice des mineurs,
24:12avec où il y a la césure,
24:13la fameuse césure,
24:14c'est qu'à un moment donné,
24:14il faut être...
24:15Encore une fois,
24:15je parle de discipline,
24:16mais je pense que
24:17ce qu'on avait dans les sociétés d'avant,
24:19je ne dis pas que c'était mieux avant,
24:20mais il y avait quand même
24:21une certaine discipline,
24:22une certaine verticalité
24:23et de respect.
24:24Or, aujourd'hui,
24:25on a cassé
24:25toutes ces barrières-là,
24:26il n'y a plus de discipline,
24:27il n'y a plus de respect,
24:28on voit des gamins
24:29qui insultent,
24:30des adultes
24:30qui viennent au contact,
24:31qui ont des gueules brochées
24:33ouvertes comme ça
24:33et en fait,
24:34on ne peut rien faire
24:35parce que si on commence ça,
24:36à un moment donné,
24:37c'est un rapport de force en fait
24:38et dès lors que vous avez
24:39ce rapport de force même physique,
24:41tout de suite,
24:41on vous monte du doigt,
24:42vous perdez votre boulot,
24:43vous êtes convoqué,
24:44etc.
24:45Donc,
24:45il faut reprendre un peu
24:46cette offensive
24:47et se dire,
24:47voilà,
24:48je suis un adulte,
24:48tu ne me parles pas comme ça
24:49et derrière,
24:50il faut tout de suite
24:55il y a beaucoup de,
24:57désolé de le dire,
24:58mais beaucoup de pédopsychiatres
24:59et psychologues
24:59qui ont cassé un petit peu
25:01les règles de société
25:03qu'on avait,
25:04nous on le voit dans la police,
25:06on a des sociopathes
25:06aujourd'hui
25:07qui vivent en dehors
25:08des règles de la société
25:09et je le vois
25:10dans les refus d'obtempérer,
25:11etc.
25:12qui vont augmenter,
25:13je pense que certains
25:14ont fait une sécession,
25:15c'est comme une guerre de sécession
25:16pour moi,
25:17mais une sécession
25:18avec la société
25:19dans laquelle ils évoluent.
25:20Ils ne se sentent plus
25:21dans cette société,
25:22ils ont leurs propres règles,
25:23leurs propres sociétés,
25:24personne ne leur a dit stop
25:25et aujourd'hui,
25:25c'est la roue libre.
25:26Là, il faut remettre
25:27dans le contexte
25:28de cet enfant
25:28qui, à mon avis,
25:29a un parcours
25:30vraiment très particulier
25:32de violence
25:32intrafamiliale,
25:34etc.
25:34Donc, il s'est construit
25:35autour de ça
25:35et le langage,
25:38souvent,
25:38c'est la violence
25:39parce qu'on ne s'est pas exprimé
25:40avec ces mots,
25:42on manque de vocabulaire,
25:44c'est un vide intérieur
25:44la violence.
25:45Eh bien, vous l'exprimez,
25:46c'est celui qui est le plus fort.
25:47On le voit dans des quartiers
25:48bien particuliers aussi
25:49où la violence
25:50est un moyen d'expression
25:51de dire
25:52je suis supérieur à toi
25:53et donc je prends les commandes.
25:55Et ça, c'est...
25:56Cette société aujourd'hui,
25:57malheureusement,
25:58elle est ultra violente
25:59par rapport à ça
25:59parce qu'elle est complètement désignée.
26:00Jean Dorédo veut vous répondre.
26:02Non, non, c'est un fait...
26:03Sur le rôle présumé
26:05des psychologues,
26:06des psychiatres
26:07et autres,
26:08c'est un fait
26:08que la psychologie moderne,
26:10elle a attiré l'attention
26:11et c'est heureux
26:12sur les besoins de l'enfant.
26:13Maintenant,
26:13le grand public
26:14n'a pas compris,
26:16a tendance à confondre
26:17les besoins de l'enfant
26:18et les désirs de l'enfant.
26:19C'est essentiel
26:20d'être attentif
26:21aux besoins de l'enfant
26:22et un enfant,
26:22il a besoin de cadre,
26:24il a besoin d'autorité.
26:25C'est très rassurant
26:26pour un enfant.
26:27En revanche,
26:27les désirs de l'enfant,
26:29eux,
26:30ils méritent
26:31d'être précisément encadrés,
26:32d'être limités.
26:33Il y a une grosse confusion
26:34que ce soit
26:35chez les professionnels,
26:37les forces de l'ordre,
26:37même les journalistes,
26:38quand on aborde
26:39ces questions
26:39de parentalité
26:41dites modernes.
26:43C'est un fait,
26:44pardon de le rappeler,
26:44si vous cognez sur un gamin,
26:46vous en faites un délinquant.
26:47Ça, il faut quand même
26:48bien le rappeler.
26:49D'ailleurs,
26:49la fessée est interdite en France,
26:50c'est heureux
26:51parce que le châtiment corporel,
26:53si vous voulez,
26:54ça ne marche pas.
26:55Pour faire une bonne éducation,
26:56si vous voulez faire
26:56un bon citoyen,
26:57ce n'est pas de lui cogner dessus
26:58qu'il fera un bon citoyen,
26:59vous en faites de la graine de bandit.
27:01Ça, c'est très bien documenté
27:02par la science.
27:03Donc, c'est très important
27:04de prendre soin de l'enfant,
27:05il en a besoin,
27:06d'être attentif à ses besoins,
27:08d'avoir un cadre,
27:09d'avoir des parents aimants,
27:11des parents bienveillants,
27:12qui mettent des limites
27:13pour son bien,
27:14quand est-ce qu'il faut aller se coucher,
27:15quand est-ce qu'il faut
27:16arrêter le téléphone portable,
27:17arrêter l'écran.
27:18En revanche,
27:19les désirs de l'enfant,
27:20ce ne sont pas ses besoins.
27:21– Docteur,
27:21pardon,
27:22tous les enfants battus
27:23ne deviennent pas des délinquants ?
27:24– Non,
27:25ce qui est sûr,
27:25c'est que si vous voulez faire
27:26un criminel,
27:27vous lui connaissez depuis le plus jeune âge.
27:28– Parce que j'ai travaillé beaucoup
27:29avec des professionnels dans l'enfance,
27:30que je peux vous le dire,
27:31et Dieu merci,
27:32il n'y a pas de déterminisme absolu.
27:33Et qu'il y a des gens
27:34qui ont été maltraités
27:35de toute leur enfance
27:35qui sont des parents merveilleux.
27:37– Ce qui est très bien documenté,
27:38c'est que si vous voulez
27:39mettre toutes les chances
27:40de votre côté
27:41pour faire un criminel,
27:42vous le prenez dès le plus jeune âge
27:43et vous lui cognez dessus,
27:44vous le traitez comme un sous-produit
27:46et vous allez en faire un sous-produit.
27:48– Les contre-exemples,
27:49ça marche bien.
27:49– Parce que vous prenez le contre-exemple,
27:50vous prenez un enfant
27:51dès le plus jeune âge,
27:52vous ne le sanctionnez jamais,
27:53je pense que vous en faites aussi
27:55un criminel.
27:56– Mais ça n'est pas…
27:58– Ce n'est pas contradictoire.
27:59– Bien sûr,
28:00mais ce qu'il faut,
28:01c'est un juste milieu.
28:03Je pense que,
28:04d'ailleurs,
28:04moi ce qui me frappe,
28:07je pense qu'au même âge,
28:09il me serait arrivé la même chose,
28:10je pense que j'aurais été effondré
28:11et d'autres personnes auraient été effondré.
28:12– Ils sont effondrés,
28:13les enfants du collège, là, bien sûr.
28:14– J'ai l'impression
28:16qu'ils parlent comme ça
28:16assez facilement.
28:17Ce n'est pas un jugement,
28:18c'est juste…
28:19– Oui, mais après,
28:19ils ont besoin.
28:20– Et par ailleurs,
28:21je pense que c'est réellement
28:22l'absence de sanctions,
28:23c'est un peu ce que disait
28:23Jean-Christophe Couvi tout à l'heure,
28:25qui fait qu'aujourd'hui,
28:26tout le monde se pose trop de questions.
28:27La sanction,
28:28elle doit être simple,
28:28elle doit être extrêmement rapide.
28:30– Et certaine.
28:31– Et certaine.
28:32– Et je suis désolé,
28:33mais parfois une fessée…
28:34– Je vais pousser le raisonnement
28:39de Jean-Doridau un peu plus loin.
28:40– Non, mais si un adulte refuse,
28:43alors un enfant a fortiori,
28:45ça se refuse.
28:46– Vous avez raison.
28:47– Est-ce que j'accepterais
28:48que votre patronne m'a fessée ?
28:49– Vous êtes à côté du sujet.
28:50– Éric Revelle, Éric Revelle.
28:51– Je voudrais juste pousser
28:52un peu plus loin le raisonnement
28:53de Jean-Doridau.
28:54– Vous pouvez être dans un placard.
28:54– Ça marche aussi,
28:55c'est l'équilibre du coin.
28:56– Allons-y,
28:56M. Revelle, vous avez la parole
28:58et après on fait un point
28:58sur l'enquête.
28:59– Le raisonnement de Jean-Doridau
28:59un peu plus loin
29:00et puis attendre avec Gourmandis
29:01sa réaction,
29:02c'est que évidemment
29:03les châtiments corporels,
29:04le martinet,
29:05tout ça appartient au passé
29:05et c'est tant mieux.
29:06OK.
29:07Mais à contre-courant de ça,
29:09on aboutit à quoi aujourd'hui ?
29:11Et d'ailleurs,
29:11c'est une des raisons
29:11pour lesquelles la SNCF
29:12veut créer des wagons spécialistes
29:14pour les enfants.
29:15– Ça a été abandonné.
29:16– On n'arrête pas le progrès.
29:17– Mais pourquoi ?
29:17Mais parce qu'aujourd'hui
29:18l'enfant est roi.
29:19Moi, j'ai assisté
29:20à des scènes
29:22où ce n'est pas les parents
29:23qui contredisent l'enfant
29:25dans ces agissements
29:25qui sont complètement délirants.
29:28Et là, on ne parle pas de criminel.
29:29On parle d'un comportement.
29:31Et si vous dites quelque chose
29:32à l'enfant,
29:33c'est les parents qui vous engueulent.
29:35Donc, je veux bien,
29:35si vous voulez,
29:36il faut un cadre pour les enfants,
29:38mais si on pousse
29:39votre raisonnement jusqu'au bout,
29:40on aboutit, à mon sens,
29:41à la situation d'aujourd'hui.
29:42C'est-à-dire que l'enfant
29:43est tellement au centre de tout
29:45qu'en réalité,
29:46on ne peut plus rien lui dire
29:48et on se fait engueuler
29:49par les parents
29:49si on dit quelque chose.
29:51Et là, je ne parle pas
29:52de l'enfant qui m'encorporait,
29:53évidemment.
29:54– Les besoins de l'enfant
29:56ne sont pas ses désirs.
29:57– On peut poser un cadre
30:00extrêmement structurant
30:01sans leur foutre.
30:03– De respect des autorités,
30:04de respect des adultes.
30:05– Personne n'a dit
30:06qu'il fallait battre les enfants.
30:06– Non, mais laissez juste
30:07que tu avais m'a terminé une phrase.
30:08Non, non, oui.
30:09– Non, mais personne n'a pas.
30:10– Et je soustrais
30:12à ce qu'a dit aussi Laurence,
30:14c'est des enfants qui ont été battus.
30:16– Pas de déterminisme là-dedans.
30:17– Exactement.
30:18– C'est très inspirant.
30:19– C'est important
30:20de dire au contraire.
30:22– Comme les familles
30:22ne nous parlent pas.
30:23– On a fait la théorie
30:23de la résilience
30:24qui est une plus belle théorie
30:25que l'on puisse
30:27évidemment développer.
30:28On va repartir,
30:29évidemment,
30:30il est 18h30,
30:31on est en direct
30:31sur CNews et sur Europe 1
30:33pour comprendre
30:34ce qui s'est passé
30:35dans ce collège
30:35de Saint-Narré-sur-Mer
30:36cet après-midi à 14h.
30:37Juliette Sadat
30:38du service police-justice
30:39de CNews est avec nous.
30:41Juliette, rappelez-nous
30:41les faits, s'il vous plaît.
30:43– Selon nos informations,
30:45les faits se seraient déroulés
30:46en tout début d'après-midi
30:48aux alentours de 14h30
30:49dans l'enceinte du collège
30:50de la Guichard
30:51à Saint-Narré-sur-Mer.
30:53Ça s'est passé
30:53en plein cours
30:54d'art plastique
30:55avec une professeure
30:58et un élève
30:59qui ont apparemment
31:00des différents,
31:01des tensions
31:02existeraient entre les deux
31:04et en effet,
31:06après des avertissements
31:07passés par la professeure
31:08envers cet élève,
31:10l'élève s'est emparé
31:11d'un opinel,
31:13d'une arme blanche
31:14et aurait porté
31:15plusieurs coups
31:16à sa professeure,
31:18deux coups à l'abdomen,
31:19un au bras.
31:21C'est pour ces coups
31:21à l'abdomen
31:22qu'elle a été prise en charge
31:23en urgence absolue.
31:25Son pronostic vital
31:26reste engagé.
31:27Elle a été
31:28en intervention chirurgicale
31:31durant cet après-midi.
31:33On attend évidemment
31:34des nouvelles
31:35de son état de santé.
31:37L'élève a été interpellé
31:39dans l'enceinte
31:40de son collège
31:41par les policiers.
31:42Il a été emmené
31:42au commissariat
31:43de Sanary-sur-Mer
31:44où il est entendu
31:46par les enquêteurs,
31:47par des experts psychiatres.
31:49Le procureur
31:50de la République
31:51de Toulon
31:51s'est rendu
31:53sur les lieux.
31:54Il a indiqué
31:54qu'une enquête
31:55pour tentative
31:56d'assassinat
31:57était ouverte.
31:58Je vous rappelle
31:58la différence
31:59entre assassinat
32:00et homicide.
32:01L'assassinat,
32:02il y a cette dimension
32:03de préméditation.
32:04Ça, ça s'explique
32:05par justement
32:05la présence
32:06de ce couteau
32:07dans le sac
32:08de cet élève.
32:09Que faisait cet élève
32:10en possession
32:12d'une arme blanche ?
32:13Il va falloir
32:13le déterminer
32:15si oui ou non
32:16il y a eu
32:16préméditation
32:17et ce qui explique
32:18ce geste.
32:19Merci beaucoup
32:20Juliette Sadat
32:20pour ces précisions.
32:21Frédéric Michel,
32:22vous êtes l'envoyé spécial
32:23d'Europe 1
32:23à Sanary-sur-Mer.
32:25Bonsoir à vous.
32:26J'imagine que l'ambiance
32:27est extrêmement pesante
32:28aux alentours
32:29de ce collège
32:30qui a vécu
32:30un véritable drame
32:31cet après-midi.
32:32Je rappelle que l'enseignante
32:32est toujours
32:33entre la vie et la mort.
32:34On parle beaucoup
32:35de son jeune agresseur
32:36qui a 14 ans
32:36qui en garde à vue.
32:37Il faut aussi avoir
32:38évidemment une pensée
32:39pour elle
32:39qui est en train
32:40de se battre
32:40pour sa vie.
32:42Oui, Laurence,
32:44ici, vous l'avez dit,
32:45les parents sont sous le choc.
32:46Ils sont venus
32:47toute l'après-midi
32:48chercher leurs enfants,
32:50des enfants qui,
32:52pour certains,
32:52sont sortis
32:53avec les yeux rougis.
32:55Certains de ses élèves
32:56m'expliquaient
32:57avoir vécu la scène
32:59plus ou moins de loin.
33:01Ça s'est passé
33:02à l'entrée
33:03de la salle de cours
33:04de cette troisième 3
33:06dans le couloir.
33:08Et certains élèves
33:09me disaient
33:09qu'ensuite,
33:11après le geste,
33:12l'élève a couru
33:13et c'est un CPE,
33:15un surveillant,
33:16qui l'a rattrapé,
33:17plaqué au sol.
33:19Ces élèves disent
33:20que beaucoup de gens
33:21étaient en pleurs.
33:22Ils ont entendu
33:22crier la professeure
33:24qui, vous l'avez dit,
33:25est actuellement
33:26entre la vie et la mort.
33:27Elle a été transférée
33:28à l'hôpital de Toulon.
33:29C'est un hôpital militaire,
33:30un hôpital spécialisé
33:31notamment dans les blessures
33:33par arme,
33:34arme à feu,
33:34mais là,
33:35c'est une arme blanche.
33:37Donc,
33:37elle est actuellement
33:38soignée dans cet hôpital
33:40et c'est vrai
33:41qu'ici,
33:41les parents me l'ont dit
33:42en venant chercher
33:43leurs enfants,
33:44ils sont sous choc
33:45parce qu'on est à Sanary.
33:46C'est une petite cité
33:48balnéaire tranquille.
33:49Ce collège,
33:49c'est un tout petit collège,
33:51500 élèves
33:52et c'est vrai
33:53que personne ne s'attendait
33:54à ça ici.
33:56Cet élève
33:57était connu
33:58une professeure de PS
34:00qui a d'ailleurs porté
34:01les premiers soins
34:02à l'enseignante
34:03nous dit
34:04qu'elle l'avait
34:05dans son cours,
34:06que c'était
34:06un garçon de 14 ans
34:07pénible
34:08mais pas violent,
34:10qu'elle n'imaginait pas
34:11ce geste.
34:13Voilà,
34:13ici,
34:14sur place,
34:15c'est vraiment
34:15le choc
34:16et la stupéfaction.
34:17Merci beaucoup Frédéric Michel,
34:18envoyé spécial d'Europe 1.
34:20Voilà ce que l'on pouvait dire
34:20à l'heure
34:20où on se parle
34:21de ce qui s'est passé,
34:22de ce drame
34:23qui s'est déroulé
34:24à Sanary-sur-Mer.
34:25Évidemment,
34:25on va suivre
34:26cette information
34:26tout au long de la soirée
34:28qui s'est déroulé.
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