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  • il y a 8 mois
Ce mercredi 14 janvier, les raisons qui ont provoqué le record pour les marchés obligataires en ce début d'année ont été abordées par Charlotte Davan, gérante Obligataire chez Montpensier Arbevel, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le focus du jour, c'est donc sur les marchés obligataires qu'il va se dérouler.
00:06Pour cela, nous avons le plaisir d'accueillir Charlotte Davin.
00:08Bonjour Charlotte Davin.
00:09Bonjour Nicolas.
00:10Merci d'être avec nous, gérante obligataire chez Montpensier Arbevel.
00:14On va essayer de comprendre ce qui se joue sur ce marché obligataire.
00:17On a suivi ces dernières semaines des annonces d'émissions records de dette française,
00:23de dette japonaise, de dette allemande.
00:25On s'attend aussi à ce que la dette américaine dépasse des nouveaux records.
00:29Et vous constatez que dès les premiers jours de janvier,
00:32on a une réouverture très dynamique sur le marché primaire obligataire.
00:36Oui, effectivement, beaucoup de records qui ont été battus ces derniers jours.
00:39Donc la semaine dernière, 138 milliards d'émissions, ce qui est un record historique.
00:43On a eu la plus grosse journée de primaire aussi mercredi dernier avec 61 milliards émis.
00:49Et puis même cette semaine, lundi, journée record en termes de nombre d'émissions.
00:54Historiquement, les lundis sont déjà assez calmes avec peut-être des annonces,
00:57mais assez peu de vraies émissions.
00:59Et là, on a eu 22 émetteurs pour 32 milliards d'émissions.
01:02Donc une nouvelle journée record.
01:03Et puis sûrement cette semaine, encore des très beaux chiffres en attente.
01:07Comment est-ce qu'on explique ça ?
01:09Qui sont les principaux émetteurs ?
01:11Comment est-ce qu'on analyse ce début d'année qui commence en trombe sur le marché obligataire ?
01:15Comme vous l'avez dit, beaucoup de souverains.
01:17Les souverains sont sûrement les premiers contributeurs à ce flux d'émissions.
01:20On a eu l'Italie, par exemple, qui a émis 20 milliards la semaine dernière
01:23et qui a attiré une demande record pour ces deux tranches.
01:25Donc il y avait une tranche 7 ans de 15 milliards qui a attiré 150 milliards de demandes,
01:30donc 10 fois la taille de la souche.
01:32D'accord.
01:32Et ils ont aussi étendu une souche qu'ils avaient émise précédemment,
01:35une souche 2046, enfin qu'ils ont réémis 5 milliards sur cette souche.
01:39Et il y a eu 25 fois plus de demandes que la taille d'émission,
01:43donc une demande record.
01:45Et puis les corporate aussi, les corporate ne sont pas en reste,
01:48avec des très beaux noms, des très belles signatures sur ces premiers jours.
01:51Par exemple, L'Oréal, Veolia, AP2R, Eden Red, Compass,
01:57vraiment des très belles signatures.
01:59Et puis des primaires qui se placent plutôt bien.
02:02Il y a des demandes entre 2 et 6 fois les tailles proposées.
02:05Et puis des primes d'émission qui du coup sont très fortement resserrées par les émetteurs.
02:09D'accord.
02:09Historiquement, on est autour de 30 BP de resserrement
02:12entre le pricing proposé au tout début de l'émission
02:16et le pricing réalisé en fin d'émission.
02:18Et là, sur ces 10 derniers jours,
02:20on est plutôt autour de resserrement d'autour de 40 points de base.
02:24Et c'est ce qu'on a vu la semaine dernière.
02:26Et puis ce qui est intéressant aussi à noter,
02:27c'est que non seulement il y a du volume,
02:29mais il y a aussi beaucoup de diversité de types de produits.
02:32On a eu des émissions corporelles classiques,
02:34mais il y a aussi des hybrides qui sont les subordonnées émises par les entreprises.
02:38Et puis du high yield aussi.
02:40On a eu 6 émissions high yield qui ont été annoncées cette semaine
02:43pour à peu près 3 milliards d'euros.
02:45Et puis le marché convertible aussi,
02:46qui a fait une très très bonne année l'année dernière
02:48et qui là semble commencer en 2026 sur les chapeaux de roue aussi,
02:51puisqu'il y a 6 opérations qui ont été réalisées sur ces derniers jours
02:54pour à peu près 2,5 milliards d'euros.
02:57Et puis là aussi plutôt des très beaux noms,
02:59du Sanofi, du Rheinmetall, du MTU Aerospace.
03:03Donc beaucoup de dynamisme sur le marché corporate.
03:05Vous constatez que ce soit sur le corporate
03:08ou sur les obligations d'État qu'il y a donc beaucoup de dynamisme,
03:12mais une demande aussi qui est toujours présente.
03:14C'est-à-dire qu'il y a de l'offre et il y a de la demande.
03:16Parce qu'une des questions qu'on peut se poser sur cette année,
03:18c'est avec des pays qui augmentent tous leurs émissions obligataires,
03:21ou en tout cas ceux que j'ai cités tout à l'heure,
03:23mais aussi des entreprises qui vont avoir besoin de se financer,
03:26je pense notamment au tech,
03:27vis-à-vis de la nécessité d'investir dans l'intelligence artificielle.
03:31On aurait pu imaginer, on pourrait imaginer que cette année,
03:33il y a un peu plus de concurrence entre les émissions obligataires
03:35vis-à-vis de la demande.
03:36Là, aujourd'hui, vous constatez qu'il y a toujours plus de demandes
03:38que d'offres à l'heure actuelle.
03:40Pour l'instant, oui.
03:40Pas d'inquiétude sur la capacité à lever de la dette sur le marché.
03:44Pour l'instant, tout à l'heure de bien se passer,
03:45effectivement, je l'ai dit, les primes de risque se resserrent énormément
03:47parce qu'on a des bouts qui sont toujours très très remplis lors des émissions.
03:52Je l'ai dit, on est entre deux et six fois en moyenne sur le corporate,
03:55sur l'Italie ou sur les souverains.
03:56On en a parlé rapidement, mais on a atteint des niveaux records.
03:59Sur les financières, on n'en a pas encore parlé, mais c'est le cas également.
04:0368 opérations, c'est ça, sur les financières ?
04:05Exactement, 68 opérations pour à peu près 90 milliards d'euros émis
04:08sur la semaine dernière.
04:11Et puis, des placements records, comme par exemple BPCE,
04:13qui a émis une tire-deux.
04:14C'est une dette subordonnée émise par la banque,
04:17qui s'est très très bien placée.
04:19Il y a eu, je crois, 12 fois la demande sur le prix de l'émission.
04:24Donc, 12 fois plus de demandes que ce que la banque était prête à émettre.
04:27Et puis, on retrouve encore une fois une prime de risque
04:29qui se resserre assez significativement.
04:32On est autour de 35 BP.
04:33Et puis, sur le marché secondaire, ce qui est intéressant ici,
04:35c'est que ces opérations se placent bien.
04:37Pour revenir sur la BPCE, on a eu un nouveau resserrement
04:40d'une dizaine de BP sur le marché secondaire.
04:43Et puis, sur les deals corporate, des statistiques qu'on voit pour l'instant,
04:46on est autour de 80% des opérations qui continuent à se resserrer
04:49sur le marché secondaire.
04:50Donc, vraiment, des émissions qui se passent bien,
04:53un marché obligataire qui réagit bien pour l'instant.
04:55Et puis, beaucoup de demandes, effectivement.
04:58Rapidement, est-ce que du coup, c'est toujours intéressant
05:00d'investir sur le crédit, par exemple, sur la dette corporate ?
05:04Alors, sur le crédit, c'est vrai qu'aujourd'hui,
05:06on est sur des niveaux de primes de risque extrêmement faibles.
05:08On a un crossover qui évolue autour de 240 points de base
05:11contre un historique 5 ans, plutôt autour de 350.
05:14Donc, des primes de risque qui sont quand même assez compressées,
05:16assez sous pression en ce moment.
05:18Mais par contre, on voit encore beaucoup de valeurs
05:20sur les marchés obligataires, en particulier sur tout ce qui est
05:22courbe souveraine ou courbe allemande, par exemple.
05:25Puisqu'aujourd'hui, si on regarde la valorisation du marché
05:28des taux allemands, on a quand même des fondamentaux
05:31qui sont assez solides.
05:31On a un déficit qui est quand même, au niveau européen,
05:34assez bien maîtrisé.
05:35On est autour de moins 3,1 et puis moins 3,4 attendus
05:37pour l'année prochaine.
05:39On a une inflation qui commence à être bien
05:41dans les attentes de la BCE.
05:44Bien sûr.
05:45On a eu les chiffres de l'inflation en France et en Allemagne
05:48la semaine dernière.
05:49On était à 0,8 pour la France et autour de 1,6 pour l'Allemagne,
05:53il me semble.
05:54Et en agrégé sur la zone euro, on est autour de 2 %,
05:56donc parfaitement en ligne avec les attentes de la Banque centrale.
05:59Et cette inflation qui devrait continuer à rester
06:01sur des niveaux maîtrisés, puisqu'on a des matières premières
06:04au plus bas, je pense au pétrole, au gaz, mais aussi au blé,
06:08au maïs, etc.
06:09On a une dynamique sur les salaires aussi qui devient
06:12beaucoup plus limitée.
06:13On était à plus 4 % l'année dernière, on est autour de 2,6
06:16attendus cette année par la BCE.
06:18Donc beaucoup de facteurs qui militent pour cette poursuite
06:20de l'inflation assez limitée, en tout cas sous les attentes
06:23de la BCE en Europe.
06:24Et sur la croissance, une croissance qui est quand même
06:27assez limitée, on a communiqué sur 1,4 de croissance
06:31l'année dernière, mais si on retraite de l'Irlande,
06:34parce que vous le savez, sur l'Irlande, il y a beaucoup
06:35de volatilité du fait des entreprises multinationales
06:38qui viennent s'inscrire en Irlande.
06:43Si on retraite de cet effet irlandais, en fait, la croissance
06:46européenne ressort autour de 1 % l'année dernière.
06:48Donc on se dit que finalement, si la BCE voulait soutenir
06:51un peu plus l'économie, elle aurait largement la place
06:53d'aller faire une ou deux baisses de taux en plus cette année.
06:56Et ce n'est pas du tout ce qui est attendu par les marchés
06:58aujourd'hui. Aujourd'hui, on n'attend absolument rien
07:00sur 2026, voire des hausses de taux à partir de 2027.
07:04Donc nous, ce qui nous semble intéressant, c'est qu'il y a
07:05une certaine convexité sur ces taux européens,
07:09sur cette courbe allemande par exemple, puisqu'on est très bien
07:11payés aujourd'hui pour porter.
07:14Et en même temps, il y a cette optionnalité sur les baisses
07:17de taux éventuelles.
07:18Merci Charlotte Davin de nous avoir accompagnés pour ce focus
07:22concernant les marchés obligataires.
07:23Je rappelle que vous êtes gérante obligataire
07:25chez Montpensier Arbevel.
07:25Merci beaucoup.
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