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  • il y a 12 minutes
Serge De Senti, président de VB-Tech, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 14 septembre. Il s'est penché sur la création d'un jumeau numérique du cerveau sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, la start-up.
00:05J'accueille Serge de Santy. Bonsoir Serge.
00:07Bonsoir François.
00:08Vous êtes le président de VB Tech, vous êtes une start-up marseillaise.
00:13Et votre objectif, c'est de créer un jumeau numérique du cerveau.
00:19Et c'est vrai que les jumeaux numériques, on en parle souvent,
00:21et qui est en Tech & Co, dans l'industrie, notamment dans la santé,
00:25on se dit que fabriquer un jumeau numérique permet de simuler, en fait,
00:29les interactions que, par exemple, un organe ou une cellule
00:32ou le cerveau peut avoir avec un médicament ou une opération, etc.
00:38Et vous y êtes arrivé alors ?
00:39Parce que j'imagine que faire un jumeau numérique du cerveau,
00:42c'est un travail titanesque.
00:44Alors, déjà, c'est les travaux issus de la recherche française,
00:50c'est ce qui est très important, issus de la recherche académique
00:53chez Aix-Marseille Université.
00:55C'est un produit purement marseillais, c'est ce qu'il faut savoir.
00:58a emmené par le professeur Victor Girsa,
01:00qui a, il y a plus de 25 ans, mis au point les équations mathématiques
01:06qui permettent de résoudre l'activité cérébrale électrique du cerveau.
01:12C'est mystérieux, dit comme ça, mais en fait, c'est basé sur...
01:16interpréter, en fait, toutes les, on va dire, les stimuli électriques du cerveau,
01:22en tout cas les interactions neuronales, par des équations.
01:25C'est ça, tout à fait.
01:26Par des équations mathématiques, en utilisant la méthode des éléments finis.
01:32En fait, on vient reconstituer notre cerveau à partir d'images IRM classiques,
01:37classiques, on ne change rien au parcours du patient.
01:41On a des images IRM classiques, on va ensuite faire éventuellement un électroencéphalogramme,
01:47puis suivant la pathologie dont le patient est atteint,
01:51on va peut-être faire une stéréo-électroencéphalogramme,
01:53ce qui est-à-dire que l'on va mettre des électrodes à l'intérieur,
01:56c'est invasif, à l'intérieur du cerveau.
01:58Donc là, il faut ouvrir la boîte crânienne, c'est...
02:00Ça, c'est pour certaines pathologies, d'accord ?
02:02C'est pas un électroencéphalogramme normal, quoi, on va dire.
02:04Pas normal.
02:05Là, on est sur des patients qui sont pharmacorésistants,
02:08qui doivent être traités, par exemple, à l'épilepsie.
02:10Et donc, on va créer un modèle 3D, par la méthode des éléments finis, d'accord,
02:16qui va reproduire l'activité électrique.
02:19Et on est sur notre patient, on n'est pas sur un jumeau reconstitué de l'IA.
02:24Vous avez beaucoup parlé de l'IA en début d'émission.
02:27Vous savez quoi ? On en parle tous les soirs.
02:29Voilà.
02:30Donc, vous pouvez y aller.
02:31On a, bien sûr, de l'IA pour faire du machine learning,
02:36pour pouvoir améliorer notre diagnostic au niveau de l'interprétation,
02:41que l'on va apporter au niveau du médecin.
02:45Mais par contre, on vient vraiment résoudre des équations mathématiques.
02:51C'est là la grande force du projet.
02:53Donc, mais quand vous dites jumeau numérique, ça veut dire que ça sera le jumeau numérique
02:58d'une personne bien spécifique.
03:00À chaque personne, son jumeau.
03:01Qui aura donc subi des examens assez poussés, finalement.
03:06Et le résultat, c'est quoi, en fait ?
03:08C'est que vous allez avoir une vraie restitution de l'activité électrique du cerveau de la personne.
03:15Exactement.
03:16On va reconstituer également tout le connectome.
03:18C'est-à-dire tout ce qu'on peut, certaines personnes peuvent appeler ça le chevelu.
03:21Vous savez, tous les petits fils qui viennent donner toutes les terminaisons nerveuses.
03:25Donc, on va avoir l'intégralité du cerveau de la personne.
03:29Grâce aux images IRM, on arrive à reconstituer l'intégralité du cerveau de la personne.
03:35Et c'est ce qui est fort, c'est que même si le patient présente une image IRM saine, normale,
03:45on va, grâce à l'activité qu'on arrive à reproduire,
03:51on va pouvoir trouver la zone qui crée le problème sur le patient.
03:57On va pouvoir déterminer la zone épileptogénique que l'on va avoir au sein du cerveau du patient, par exemple.
04:04Donc, ça permet des diagnostics beaucoup plus précis qu'on ne voyait pas auparavant.
04:09C'est ça.
04:09En fait, aujourd'hui, le médecin dispose d'informations, mais qui ne sont pas suffisantes,
04:15puisque lorsqu'on est atteint d'une épilepsie pharmacorésistante,
04:22on a un risque d'échec d'une opération qui est de l'ordre de 40%.
04:27Et ce taux-là n'a pas bougé depuis 50 ans.
04:30Et donc, le médecin n'a pas suffisamment, aujourd'hui, d'informations.
04:34Et nous, on vient éclairer le médecin, on vient apporter une solution supérieure
04:40pour qu'il puisse avoir un jugement meilleur dans sa prise de décision.
04:43On vient conforter le médecin dans sa prise de décision.
04:47Et c'est une révolution, au même titre que l'IRM a été une révolution,
04:50son arrivée dans la médecine.
04:51Et on est les seuls au niveau mondial.
04:54Incroyable.
04:55Alors, j'ai bien compris que ce jumeau, aujourd'hui,
04:57servait avant tout pour ce traitement de l'épilepsie pharmacorésistante.
05:00pharmacorésistante.
05:01Mais est-ce que ça ouvre des perspectives formidables pour d'autres pathologies ?
05:05Oui.
05:05Je pense à Parkinson, je pense à Alzheimer, je pense à toutes ces maladies
05:10qui, aujourd'hui, sont de plus en plus présentes, en fait, dans notre société.
05:13Oui.
05:14Alors, je dirais que l'épilepsie est très présente.
05:17Oui, bien sûr.
05:17On en parle moins, parce que tout un chacun a plutôt un sentiment
05:23de pouvoir être atteint, à un moment donné, d'Alzheimer ou de Parkinson.
05:27Alors qu'on se sent bien, on peut penser que, dans le futur,
05:30on peut avoir ce type de pathologie, alors que l'épilepsie atteint des personnes...
05:33Oui, je pense que ça fait plus peur, en fait, parce que l'épilepsie,
05:36souvent, on a des crises, et puis après, enfin, voilà,
05:39on se remet très bien d'une crise d'épilepsie,
05:42puis il y a certains traitements qui font qu'on arrive à calmer, en fait, les crises.
05:46Mais c'est vrai que, voilà, je pense, effectivement, à ces maladies très graves aussi.
05:52Alors, on avance bien, actuellement, sur la schizophrénie.
05:54Ah oui, d'accord.
05:55Parce qu'on a la capacité à intéresser aussi les pharmas,
05:59parce qu'on va pouvoir donner des informations sur les biomarqueurs,
06:03et donc, on va pouvoir aider l'industrie pharmaceutique
06:06à mettre au point des médicaments.
06:08Donc ça, c'est très intéressant.
06:10On en a parlé récemment à UCB Pharma,
06:12et on va en parler prochainement à Sanofi.
06:14D'accord.
06:15Donc, on a une solution pour aider la pharma dans leur phase de recherche
06:19et réduire les cycles de mise sur le marché des médicaments, bien entendu.
06:23Donc, la schizophrénie, on avance bien.
06:25Je pense que, d'ici l'année prochaine,
06:26il y aura des publications intéressantes sur le sujet,
06:29faites par l'équipe du professeur Gersa.
06:33Et ensuite, on avance également sur Parkinson, pour l'instant.
06:37Voilà les trois pathologies sur lesquelles on avance le plus vite pour le moment.
06:41Épilepsie, schizophrénie, Parkinson.
06:43Et c'est le début ? C'est tout le début ?
06:45C'est le début, voilà.
06:46C'est le début, mais la route n'est pas si longue.
06:49On voit le bout du tunnel pour pouvoir amener sur le marché,
06:53certifier notre première version,
06:57le Virtual Epileptic Patient.
06:59Donc ça, on a déjà placé la solution en RUO,
07:03en Research Use Only, dans des centres aux Etats-Unis et au Canada.
07:08Aujourd'hui, il faut qu'on finisse notre financement,
07:11parce que c'est...
07:12Profitez-en.
07:13La course du financement, c'est quelque chose...
07:15Vous êtes sur BFM Business.
07:16La course du financement, c'est quelque chose de très compliqué pour une start-up.
07:21On a ouvert le capital à toute personne physique,
07:23depuis le début de l'année,
07:24et on a plus d'une centaine de personnes qui nous ont rejoints déjà,
07:27puisqu'on a dépassé le million d'euros collectés,
07:29parce qu'on peut rentrer aujourd'hui avec 5 000 euros seulement au capital de VBtech,
07:36avec une économie en plus d'impôts.
07:38Donc on est en pleine phase de recherche de fonds.
07:41On essaye de trouver aussi des family office,
07:43qui nous permettraient d'accélérer un peu plus aussi,
07:46un peu plus l'accès à des tickets un petit peu plus gros,
07:50pour accélérer notre mise sur le marché.
07:51Notre objectif est d'arriver à certifier notre solution pour début 2028.
07:56Donc c'est demain.
07:58Après 25 ans de recherche, nous on considère que c'est demain.
08:01C'est demain, oui.
08:02On y est.
08:03C'est la toute dernière ligne droite.
08:04Et c'est pour ça qu'on a besoin d'aide.
08:06Eh bien voilà, écoutez, le message est passé.
08:07En tous les cas, si on veut vous joindre,
08:09écoutez, pourquoi pas sur LinkedIn, entre autres.
08:12Tout à fait.
08:12Serge Desanti, vous êtes le président de VBtech.
08:15Merci d'être passé par le plateau de Tech & Co.
08:17Merci à vous.
08:17Envoyez aussi ce message d'espoir à tous ceux qui souffrent aujourd'hui de crise d'épilepsie.
08:21qui est un vrai problème.
08:23Et demain, peut-être soigner d'autres pathologies graves.
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