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Les informés de franceinfo du mercredi 15 octobre 2025
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00:00Générique
00:00Bonjour, bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:15Bonjour Renaud Deligne.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Deux sujets à la une ce matin.
00:19Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu s'offrent un peu de répit en s'en prenant à la grande réforme du président,
00:25la réforme des retraites, pour combien de temps ?
00:28Et puis la France peut-elle se convertir au parlementarisme ?
00:31Ou cela n'existe-t-il que dans l'esprit du Premier ministre ?
00:35Tout de suite, l'analyse de nos informés autour de la table.
00:38Carole Barjon, éditorialiste à la revue Politique et Parlementaire.
00:41Bonjour Carole.
00:42Bonjour Agathe.
00:43Bonjour à tous.
00:43Gilles Bornstein, présentateur des 4 vérités tous les matins sur France 2.
00:47Bonjour Gilles.
00:48Bonjour à tous.
00:49Et donc on commence Renaud par notre premier débat, la suspension de la réforme des retraites.
00:54Quelles conséquences ?
00:54Annonce faite par le Premier ministre Sébastien Lecornu hier lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale.
01:00La suspension de la réforme des retraites signifie qu'il n'y a plus de report de l'âge du départ en retraite,
01:05ni d'allongement de la durée de cotisation jusqu'en janvier 2028, soit après la prochaine élection présidentielle.
01:11L'horloge s'arrête donc aujourd'hui à 62,9 mois, 62 ans, 9 mois justement pour les départs en retraite.
01:19Donc il y a un certain nombre de conséquences économiques qu'on va évoquer aussi et financières dans un instant.
01:24Mais il y a d'abord une satisfaction puisqu'on se souvient qu'en 2023,
01:28cette réforme de retraite a mis des centaines de milliers de Français dans la rue,
01:31une douzaine de manifestations de masse et en pointe, lors de ce mouvement,
01:36la CFDT, le premier syndicat français, qui se réjouit par la voix de sa secrétaire générale,
01:42Marie-Lise Déon, ce matin sur France Inter, de ce recul du gouvernement.
01:47C'est une victoire, c'est une victoire.
01:49Il faut savoir la savourer.
01:51Et moi, rien ne me gâchera ce plaisir aujourd'hui.
01:53J'ai en tête tous ces visages pendant les manifestations de 2023 qui nous disaient
01:58il faut qu'on puisse obtenir un bouger, il faut qu'on puisse continuer de porter notre combat.
02:03Et là, ça va se concrétiser.
02:05Alors une revendication portée depuis plus de deux ans et demi par les syndicats
02:08et en particulier par la CFDT, d'autres syndicats comme la CGT réclament l'abrogation de cette réforme.
02:14Et puis donc, comment ça va se concrétiser, dit Marie-Lise Déon ?
02:16Eh bien, dès maintenant, au Parlement, par le fait que le groupe socialiste,
02:21qui joue un rôle décisif quant à la survie du gouvernement,
02:24a donc décidé, au vu de ce succès qu'il revendut lui aussi, de ne pas voter la censure.
02:30Est-ce que tous les socialistes refuseront de voter la censure ?
02:33Voici ce qu'on disait ce matin sur l'antenne de France Info.
02:35Boris Vallaud, le président du groupe PS à l'Assemblée Nationale.
02:39Je crois à l'unité de mon groupe.
02:42Et j'appelle chacune et chacun d'entre eux au respect du collectif,
02:44au respect de décisions qui ont été débattues.
02:47Vous savez, ma méthode, c'est de débattre de tout, de ne rien cacher, d'écouter tout le monde.
02:51Avec la même intention pour construire une décision collective.
02:54La question que tout le monde se pose, c'est pourquoi Sébastien Lecornu,
02:57et surtout, pourquoi Emmanuel Macron a accepté de céder sur ce point,
03:01la réforme des retraites auquel il était si attaché, Gilles Brandstein ?
03:04Et Sébastien Lecornu, parce qu'il n'avait pas envie d'être obligé de démissionner deux fois en 15 jours,
03:09et Emmanuel Macron, parce qu'il n'avait pas envie que son gouvernement soit censuré,
03:12ce qui l'aurait conduit à dissoudre à l'Assemblée Nationale, il l'avait dit,
03:16et ce qui aurait certainement amené un an de cacophonie et de désordre encore plus prononcé.
03:21Donc je ne suis pas convaincu que ça amuse Emmanuel Macron, ni Sébastien Lecornu.
03:25Mais enfin, pour une fois...
03:27C'est quand il tenait bon au début, Emmanuel Macron, peut-être que c'est parce que le gouvernement Lecornu 1 est tombé,
03:32qu'Emmanuel Macron a été un peu mis au pied du mur, il n'avait plus le choix ?
03:35Ben voilà, il n'avait plus le choix. On a vu, de toute façon, rarement un discours de politique générale
03:39a été prononcé dans un tel degré de transparence.
03:43On a appelé ça les mots magiques, on savait, c'était assez simple.
03:46Pour une fois, c'était binaire. La pensée complexe était devenue binaire.
03:49C'est-à-dire qu'on savait très exactement les mots que devait prononcer Sébastien Lecornu
03:53pour échapper à la censure. Et on savait qu'il n'y avait pas lieu de tergiverser.
03:58Le PS est allé assez loin dans les... J'imagine qu'ils sont allés assez loin dans les discussions.
04:03Ils sont parvenus à un accord. On saura si l'accord était scellé avant.
04:06Moi, il me semble que oui. Mais enfin, c'était clair.
04:10Les uns avaient dit ce qu'ils voulaient pour ne pas censurer.
04:12Les autres savaient ce qu'il fallait dire pour ne pas être censurés.
04:16Alors, pour chacun, c'est un pari. C'est surtout un pari pour le Parti Socialiste.
04:19On en parlera, j'imagine, de faire ce choix de la responsabilité
04:23et non pas ce choix de la radicalité.
04:24Et on en parle dans un instant. Mais depuis des jours,
04:26Sébastien Lecornu, Matignon, nous répétait que les marchés nous observaient,
04:31que les agences de notation risquaient de dégrader encore plus la note de la France
04:34et que l'abandon de la seule réforme structurelle serait une hérésie, Carole Barjon.
04:39Et aujourd'hui, on peut se permettre de suspendre la réforme des retraites.
04:42Quelles conséquences cela va avoir ?
04:43Les taux ont baissé.
04:44Oui, juste pour compléter ce que disait Gilles,
04:49pourquoi Emmanuel Macron ne souhaitait pas de dissolution,
04:53même s'il en agitait la menace régulièrement,
04:56pour faire peur aux groupes politiques qui n'en voulaient absolument pas,
05:00comme les Républicains et comme le fameux bloc central, notamment Renaissance.
05:06Ce n'est pas seulement parce qu'on aurait été dans une situation de cacophonie,
05:11mais c'est aussi parce qu'il y avait un vrai risque, selon lui,
05:15que le Rassemblement national obtienne sinon une majorité absolue,
05:20mais soit en mesure, peut-être, avec des ralliements à droite, de gouverner.
05:26Et là, c'est son bilan.
05:29Alors, on peut dire que son bilan est par terre,
05:31déjà avec la suspension de la réforme de retraite,
05:34qui était un totem pour lui.
05:35Mais, comment dire, un Rassemblement national qui pouvait gouverner,
05:42ça aussi, c'était une quasi-autodissolution,
05:45puisque on sait très bien qu'Emmanuel Macron a souvent fait campagne sur le thème
05:49« Je suis le seul rempart contre ce parti d'extrême-noire ».
05:54Il y a cela, et il y a aussi les conséquences de la suspension de la réforme de retraite.
05:57Renaud Delis, qu'est-ce que ça signifie ?
05:59Est-ce que la note de la France va encore être dégradée ?
06:01Est-ce que les taux d'intérêt vont augmenter ?
06:02Sauf que les conséquences d'une dissolution auraient été encore pires,
06:05y compris sur le plan économique et financier.
06:07Sur le plan politique, Carole Barjon a raison,
06:08c'était une autoroute pour l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national.
06:11Et sur le plan économique et financier,
06:12ça signifiait, là, s'il y avait une dissolution,
06:14une campagne de plusieurs semaines,
06:16un budget qui n'aurait pas été adopté avant le 31 décembre.
06:18On est encore le moins, ce n'est pas encore le cas,
06:20il n'est pas loin d'être adopté, bien sûr.
06:21Alors, on voit bien que quand on soupèse les deux,
06:24et d'ailleurs Sébastien Lecornu a évoqué hier le coup de ce recul,
06:27et il a évoqué la nécessité de trouver des financements
06:29qui correspondent, enfin, qui compensent ce recul.
06:33Mais d'abord, je pense qu'il faut commencer par faire une forme d'autocritique
06:35ou, je ne sais pas, une forme d'aveu d'humilité,
06:37c'est qu'en fait, il y a une idée reçue qui dit
06:38qu'Emmanuel Macron n'est totalement sourd,
06:42est incapable de bouger, et d'abord sur cette réforme des retraites,
06:45à laquelle il serait attaché comme à la prunelle de ses yeux,
06:48et qu'il n'écouterait jamais, en fait, il n'a jamais arrêté de bouger
06:51sur cette réforme, on peut se souvenir qu'il avait fait campagne
06:53sur 65 ans, le report de la retraite à 65 ans,
06:55qu'il avait déjà reculé à 64 ans entre les deux tours
06:58de l'élection présidentielle, et là, ce recul-là,
07:00il est spectaculaire, alors que ses opposants,
07:04on le comprend, ils s'opposent, disaient qu'ils ne le feraient jamais,
07:06la plupart des commentateurs disaient qu'Emmanuel Macron
07:09avait un égotel qu'il n'accepterait pas, justement, ce recul.
07:12Depuis l'adoption au forceps, au 49-3,
07:15il n'était pas question de bouger, Renaud.
07:16Oui, oui, mais là, c'est un recul spectaculaire,
07:19et qui, quand même, peut remettre en cause aussi un certain nombre d'analyses.
07:21Ensuite, le deuxième point, je pense que, paradoxalement,
07:24le premier responsable, c'est Bruno Retailleau.
07:25Bruno Retailleau, qui dit aujourd'hui que Sébastien Lecornu
07:27est l'otage des socialistes, je cite le communiqué du patron de LR.
07:31Effectivement, s'il n'avait pas, la semaine dernière,
07:33fait sauter le gouvernement Lecornu 1,
07:35sur une crise de nerfs assez incompréhensible,
07:37à cause du retour éphémère de Bruno Le Maire
07:39au ministère de la Défense...
07:40Ça, c'était la version officielle ?
07:42En tout cas, c'est la version qu'il a mise en avant.
07:44En fait, c'est effectivement, vous avez raison,
07:46parce qu'il n'a pas réussi à placer un certain nombre de ses amis au gouvernement à ce moment-là,
07:49mais ce n'est pas sur les sujets qu'il entendait porter devant les Français,
07:51l'immigration, l'insécurité ou d'autres.
07:53S'il n'avait pas fait sauter ce gouvernement Lecornu 1,
07:56peut-être que Sébastien Lecornu n'aurait pas été contraint aussi vite,
07:59en tout cas, à ce recul sur la réforme des retraites
08:02pour sauver le gouvernement Lecornu 2, justement.
08:04C'est-à-dire que c'est parce que le socle commun
08:06a d'abord explosé, de fait,
08:09et qu'il est devenu de moins en moins commun,
08:11comme le disait Boris Vallaud, le président du groupe PS, ce socle,
08:14que Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron acceptent ce recul, justement.
08:19Se tournent vers les socialistes, en fait.
08:20Se tournent vers les socialistes et acceptent de donner le point aux socialistes
08:23et quels points, justement, pour essayer de durer et pour essayer de doter la France.
08:26On en vient à ce que vous esquissiez, Gilles Bernstein, tout à l'heure,
08:29cette question, pourquoi le PS a fait le choix de responsabilité,
08:34disent certains, de se rapprocher du macronisme un peu trop dangereusement, disent d'autres.
08:38Eh bien, c'est toujours les débats qui traversent la gauche de Paris,
08:41l'ambition ou le remords.
08:43Il y a un certain nombre de gens à la gauche de la gauche qui considèrent que la radicalité paie,
08:47qui voient que les Français sont ulcérés d'un certain nombre de choses,
08:50qui voient que les Français en ont, comment dirais-je les choses,
08:54ne peuvent plus supporter le président de la République
08:56et que donc, il faut, pour aller vers eux, censurer tout ce qui peut être censuré,
09:00accélérer la chute des gouvernements, accélérer la fin du macronisme
09:03et que c'est comme ça qu'ils seront récompensés.
09:05C'est un pari, c'est le pari que fait la France insoumise
09:09et ce qu'il faut noter, on le savait, ce qui est important dans la période,
09:12c'est que très massivement, les communistes et les écologistes alliés du PS
09:16ont fait le même pari et vont voter la censure avec les insoumises.
09:20Donc le PS se retrouve isolé à gauche ?
09:22Le PS se retrouve isolé à faire un pari, le pari inverse,
09:25à faire le pari qu'on peut se retourner vers les électeurs en disant
09:28qu'on a obtenu des choses.
09:29D'ailleurs, tous les socialistes disent que c'est 3,5 millions de personnes
09:33qui pourront partir alors qu'ils n'auraient pas pu partir à la retraite.
09:36Donc ils mettent, Olivier Faure a dit hier au 20h de TF1,
09:38ma seule boussole, c'est l'intérêt des gens.
09:40Donc essayer de remettre le fruit de, comment dire,
09:43de traduire le fruit de leurs négociations
09:47en avantages sonnants et trébuchants
09:49ou en mois de travail en moins pour les gens,
09:53ils font le pari aussi que tout le monde est schizophrène,
09:55c'est-à-dire que les mêmes Français qui n'en peuvent plus du gouvernement
09:57n'en peuvent plus aussi de l'instabilité.
10:00Ils font le pari qu'ils seront crédités du fait
10:03qu'ils permettent au pays d'avoir une certaine stabilité.
10:07Lequel des deux paris à gauche sera gagnant ?
10:09On le saura dans les prochains mois,
10:10mais là, c'est vraiment des paris très différents
10:13de la part des Insoumis et du PS.
10:15Une gauche coupée en deux, Carole Barjon ?
10:16Moi, je pense, vous posiez la question de savoir
10:19pourquoi le PS se rapproche du macronisme.
10:22Moi, je ne pense pas du tout qu'il se rapproche du macronisme.
10:25Non, je disais que certains disaient ça.
10:26C'est plutôt le macronisme qui se rapproche du PS ?
10:28Oui, c'est ça.
10:30C'est-à-dire que, d'abord, ils sont quand même trop contents
10:33d'assister à une rupture,
10:36parce que ce à quoi on a assisté hier,
10:39c'est vraiment une rupture,
10:41précisément avec le macronisme,
10:43qui renonce à tous ses fondamentaux,
10:45tous ses totems.
10:46Il y a une forme d'auto-dissolution
10:49du macronisme,
10:52avec cette suspension de la réforme des retraites.
10:54Par ailleurs, le Parti Socialiste,
10:57par la voix de Boris Vallaud, précisément,
11:00a bien expliqué que la copie
11:03que Lecornu va présenter,
11:06la copie budgétaire,
11:09comptait sur nous, a-t-il dit,
11:10pour l'amender.
11:12Donc, ça veut dire que
11:14Sébastien Lecornu
11:16va avoir fort à faire
11:19sur les discussions,
11:20sur les économies qui sont présentées,
11:22les hausses d'impôts,
11:24comment dire,
11:26toutes les franchises...
11:27Vous voulez dire que la partie
11:27n'est pas totalement gagnée ?
11:29Bien sûr, bien sûr.
11:30Pas du tout.
11:31C'est le début de la partie,
11:32mais elle va se jouer.
11:33Renaud Delis ?
11:34Non, mais elle va se jouer.
11:35La partie va commencer...
11:35Mais la question est de savoir...
11:36Non, ce que je veux dire,
11:37c'est que si jamais il y avait eu la censure
11:38et si le gouvernement tombe demain...
11:39Il n'y aurait pas eu de jeu.
11:40Il n'y a pas de jeu,
11:41il n'y a plus de partie.
11:42Il y a un autre jeu
11:43qui, en l'occurrence,
11:43c'est la dissolution.
11:44Il n'y a plus de discussion.
11:45Donc là, la partie va se jouer,
11:46mais elle est loin d'être gagnée
11:47pour le gouvernement, bien sûr.
11:48Mais quand vous dites
11:48ce divorce entre les deux gauches
11:50qui exposait brillamment
11:52Gilles Borchstein à l'instant,
11:54c'est effectivement
11:54un divorce historique et permanent.
11:56Et c'est vrai qu'on voit
11:56d'un côté une gauche réformiste
11:58qui obtient un gain qui est réel.
11:59La suspension de la réforme des retraites,
12:01ce n'est pas rien.
12:02Face à une gauche qui, elle,
12:03rêve de grand soir,
12:04sauf que là, aujourd'hui,
12:05voter la censure du gouvernement,
12:06c'est donc refuser la suspension
12:07de la réforme des retraites.
12:08C'est donc maintenir
12:08la réforme des retraites en l'État.
12:10Donc c'est évidemment un problème.
12:12Oui, et ces derniers jours,
12:12pardon, mais le PS
12:13n'arrêtait pas de se réunir
12:14avec les écologistes
12:15et les communistes.
12:17Il y avait une nouvelle,
12:17un nouveau front populaire
12:18qui était en train
12:19de se renouer à Troyes.
12:20Et aujourd'hui, ce NFP
12:22sur une question quand même
12:23assez essentielle
12:23de la censure se divise.
12:25En fait, on voit déjà
12:26chez les communistes
12:26que Fabien Roussel
12:28a été lâché par son groupe.
12:29En quelque sorte,
12:29il y a un divorce
12:30entre la direction du Parti communiste
12:31incarné par Fabien Roussel
12:33et le groupe qui, lui,
12:34est sous l'influence
12:34des Insoumis à l'Assemblée.
12:35Ça fait des mois que ça dure.
12:36Et Marine Tondelier
12:37a fait des écologistes
12:38une succursale des Insoumis
12:39depuis un moment déjà
12:41pour des raisons
12:42qui sont aussi liées d'ailleurs
12:42aux enjeux des élections municipales
12:44qui arrivent.
12:44C'est-à-dire que les écologistes
12:45aussi comptent sur la mensuétude
12:46voire sur le soutien des Insoumis
12:47pour sauver un certain nombre de mairies
12:48et puis pour des tas de raisons.
12:49Donc ce n'est pas tellement inattendu
12:51en fait que ça se recompose de la sorte.
12:52Après, quant aux aspirations des Français,
12:54ce qui est très intéressant,
12:55c'est qu'elles peuvent sembler contradictoires
12:56au premier abord.
12:58Alors quand on entend les politiques
12:58dire que les Français veulent que,
13:00les Français veulent ceci,
13:01il faut toujours se méfier.
13:02Mais quand on regarde
13:03les sondages d'opinion,
13:03c'est vrai qu'on a d'un côté
13:04un rejet massif d'Emmanuel Macron
13:06et la volonté en clair
13:08d'abréger le mandat présidentiel.
13:10Ça, ça ressort des sondages.
13:11Mais aussi la volonté
13:13d'une forme de stabilité.
13:15Entendez-vous, etc.
13:15Et on l'a vu avec ce sondage,
13:17par exemple, du week-end dernier
13:18publié par nos confrères de la Tribune
13:19qui montre que les fauteurs d'instabilité,
13:22ceux qui sont jugés comme tels,
13:23Nourotayot, par exemple,
13:25ou Édouard Philippe
13:25qui réclame une présidentielle anticipée,
13:27chute dans les sondages
13:28quand Olivier Faure, lui, remonte
13:30et Sébastien Réformel encore plus.
13:31D'ailleurs, ça avait été le cas
13:32pour les électeurs socialistes.
13:34Il y avait eu un sondage
13:35après la censure du gouvernement Barnier
13:37que le Parti socialiste l'avait censuré.
13:40Et les sondages étaient très mauvais
13:42pour les socialistes.
13:43Leur électorat n'avait pas admis
13:46qu'ils soient précisément fauteurs de troubles.
13:48Donc là, autour de la table,
13:49j'ai l'impression que vous considérez
13:50plutôt tous les trois
13:51que le pari du PS aujourd'hui
13:52sera plutôt gagnant.
13:54Non, je dis qu'il y a
13:57une certaine schizophrénie
13:58chez un certain nombre de sites.
14:00Les mêmes gens répondent
14:02que oui, ils n'en peuvent plus
14:03de ce gouvernement,
14:03mais qu'ils veulent la stabilité.
14:05Il y a une certaine schizophrénie
14:06à l'intérieur de chaque Français
14:09et que chacun a choisi,
14:11chaque partie de la gauche,
14:12a choisi d'écouter
14:13une partie de chaque Français,
14:18si je puis dire.
14:18c'est très compliqué
14:19de savoir ce qu'il emportera.
14:21Mais enfin,
14:22ce qu'on peut constater,
14:22c'est que,
14:23je ne sais pas si les gauches
14:24sont irréconciliables,
14:24mais que chacun est revenu
14:25dans sa rivière naturelle,
14:26le réformisme pour les socialistes,
14:28la radicalité...
14:29Une forme de clarification.
14:30Les socialistes ont intérêt
14:31à assumer leur identité.
14:32C'est ce que dit Gilbert Chien.
14:33L'alternative, c'est quoi ?
14:34C'était de se ranger de nouveau
14:35derrière les insoumis
14:36et en cas de censure
14:38de chute du gouvernement,
14:39qui en tire les marrons du feu ?
14:40Ce n'est pas les socialistes.
14:41Ce sont les insoumis.
14:42On verra si cette stratégie
14:44et bien, on en reparlera
14:45dans un instant.
14:45Nos politiques peuvent-ils
14:46changer de culture
14:47ou le mot compromis
14:48est-il définitivement tabou ?
14:50Mais tout de suite,
14:51il est 9h21
14:52et c'est l'Info en une minute
14:53avec Manon Lombard-Brunel.
14:56Cette nouvelle alerte ce matin
14:57sur l'état de nos prisons
14:58épouvantables
14:59selon Dominique Simonot,
15:01la contrôleuse générale
15:02des lieux de privation de liberté
15:03qui adresse une lettre
15:04au ministre de la Justice.
15:06Gérald Darmanin lui a répondu.
15:08Il rappelle que
15:08plusieurs projets de construction
15:10de nouvelles prisons
15:10sont en cours
15:11mais que le budget
15:12ne permet pas de répondre
15:13à tous les besoins
15:13de rénovation.
15:15La direction du PS
15:16tente de tenir ses rangs
15:17alors que certains députés
15:18socialistes menacent déjà
15:19de voter la ceinture
15:20contrairement à la décision
15:22hier du parti.
15:23Le Premier ministre
15:24qui a annoncé
15:25comme réclamé par le PS
15:26la suspension
15:27de la réforme des retraites
15:28jusqu'à la prochaine présidentielle.
15:30Un geste de responsabilité
15:32pour la stabilité du pays.
15:33C'est ce que dit ce matin
15:34Laurent Nouniès,
15:35le ministre de l'Intérieur
15:36a été l'invité
15:37du 8.30 France Info.
15:39A Gaza,
15:39trois des quatre corps
15:40d'otages israéliens
15:41rendus hier par le Hamas
15:42ont été identifiés.
15:43Cela intervient
15:44alors que la radio-télévision
15:46israélienne
15:46annonce la réouverture
15:48aujourd'hui
15:48du point de passage
15:49de Rafa.
15:50Réouverture qui va permettre
15:51de faire entrer
15:52plus de 600 camions
15:53dans l'enclave palestinienne.
15:55Et puis Airbus
15:56est loin d'avoir
15:56du plomb dans l'aile.
15:57l'A320 devient
15:58l'avion le plus vendu
16:00dans le monde
16:00avec plus de 12 000
16:01vols livrés.
16:03L'avionneur français
16:04dépasse désormais
16:04l'américain Boeing.
16:08France Info
16:10Les informés
16:13Renaud Delis
16:14Agathe Lambret
16:15Les informés
16:18avec Carole Barjon
16:19éditorialiste
16:19à la revue
16:20Politique et Parlementaire
16:21Gilles Bornstein
16:22présentateur
16:23des 4 vérités
16:24tous les matins
16:24sur France 2
16:25Renaud
16:26on passe à notre
16:26deuxième débat
16:27la France va-t-elle
16:28se convertir
16:29au parlementarisme ?
16:30En tout cas c'est l'espoir
16:30du Premier ministre
16:31Sébastien Lecornu
16:32puisque lors de ce discours
16:33de politique générale hier
16:34le Premier ministre
16:35le plus faible
16:35de la Ve République
16:36c'est ainsi
16:37qu'il se définit lui-même
16:38a donc proposé
16:39à l'Assemblée
16:40la plus déchirée
16:41de ces 60 dernières années
16:42de prendre le pouvoir
16:43en quelque sorte
16:44Sébastien Lecornu
16:44s'est engagé
16:45à ne pas recourir
16:46à l'article 49.3
16:47ni sur le budget
16:48ni sur les autres textes
16:50le gouvernement proposera
16:52nous débattrons
16:53vous voterez
16:54c'est le leitmotiv
16:55qu'il a répété
16:56tout au long
16:56de son discours
16:57En renonçant en 49.3
17:00il n'y a plus de prétexte
17:02pour une censure préalable
17:04j'avais promis une rupture
17:05seule en est une
17:06le Parlement aura
17:07le dernier mot
17:08c'est sa responsabilité
17:10et nous devons lui faire confiance
17:12nous ne devons pas
17:13en avoir peur
17:14à vous de saisir
17:15ce pouvoir
17:15qui est une chance
17:16la démocratie représentative
17:18n'est pas morte
17:18Les députés vont-ils
17:20saisir ce pouvoir
17:22en tout cas
17:22avec cet engagement
17:23Sébastien Lecornu
17:24non pas avec les textes
17:25mais avec une pratique
17:26celle d'une 5e
17:27république extrêmement verticale
17:29où les députés
17:29de la majorité
17:29votaient au canon
17:30et ceux de l'opposition
17:31vociféraient
17:32en règle générale
17:33sans peser vraiment
17:35sur les textes
17:36est-ce que là
17:36ça va changer
17:37est-ce que ça peut marcher
17:38ou est-ce que par exemple
17:39le débat budgétaire
17:39risque de s'enliser
17:40ça va être la foire d'empoigne
17:42le débat budgétaire
17:43Gilles Wanshain
17:44oui ça va être
17:45la foire d'empoigne
17:46mais à la question que vous posez
17:47est-ce que les députés
17:48est-ce qu'on va se convertir
17:49au parlementarisme
17:50j'ai l'impression
17:50que les signes de conversion
17:51je ne sais pas si la conversion
17:52sera complète
17:53mais que les signes
17:54de conversion avancent
17:55ah
17:56fort d'empoigne
17:57mais avec quand même
17:58une tentative
17:58de décontrer
17:59il y a quelque chose
18:00qui a vraiment changé
18:01c'est l'abandon du 49-3
18:02que se passait-il
18:03les autres années
18:03vous pouviez défendre
18:04tous les amendements
18:04de la terre
18:05de toute façon
18:06vous saviez qu'à la fin
18:07le gouvernement revenait
18:08à son texte initial
18:09en présentant le 49-3
18:11donc aller au bout
18:12de la discussion
18:12n'avait aucun intérêt
18:13là un parlementaire
18:14qui aura fait voter
18:15un amendement
18:15il a tant intérêt
18:17à ce que la discussion
18:18aille au bout
18:18pour que son amendement
18:20soit réellement
18:21dans le budget
18:22les amendements
18:23l'année dernière
18:24il y avait 7000 amendements
18:25ça n'a pas permis
18:26d'aller au bout
18:26de la discussion budgétaire
18:27on est allé au-delà
18:28des 50 jours
18:29là j'ai entendu dire
18:30que Philippe Brun
18:31le chef budgétaire du PS
18:33et un certain nombre
18:34de députés du bloc central
18:35avait prévu
18:37de se mettre d'accord
18:38pour ne pas présenter
18:39les mêmes amendements
18:40pour gagner du temps
18:41pour qu'il y ait réellement
18:42du temps parlementaire
18:43utile
18:43pour faire avancer
18:45la discussion budgétaire
18:46tout le monde
18:47a intérêt à montrer
18:48à l'opinion
18:48qu'il obtient des victoires
18:50par des amendements
18:50et que ces victoires
18:52ensuite sont convertis
18:54dans le budget
18:55et puis chacun aura des
18:56revendications
18:58je recevais ce matin
18:59Yael Broun-Pivet
18:59la présidente
19:00de l'Assemblée nationale
19:01qui a encouragé
19:02cet accord
19:03sur les amendements
19:03et qui elle-même dit
19:05dans le projet de budget
19:05moi ça ne va pas
19:06je veux plus de justice fiscale
19:07je veux plus d'un milliard
19:09sur la taxe sur les holdings
19:10je veux davantage
19:11de fiscalité
19:12sur les hauts patrimoines
19:13et je souhaite
19:13un relèvement
19:14du prélèvement
19:15forfaitaire unique
19:16donc chacun aura des arguments
19:18et j'espère que chacun
19:19se mettra d'accord
19:20pour qu'il soit réellement discuté
19:21Est-ce que c'est possible
19:23Carole Barjon
19:23que les parlementaires
19:24discutent ensemble
19:25essayent vraiment
19:26de nouer des compromis
19:27comme Sébastien Lecornu
19:28l'appelle de ses voeux ?
19:30C'est toujours possible
19:32sur le papier
19:32mais moi j'ai un gros doute
19:33dans la pratique
19:34parce que
19:35vous avez
19:37le groupe LR
19:39par exemple
19:39qui hier
19:41n'était pas très fier
19:43puisqu'ils ont
19:44très longtemps
19:45défendu
19:46la réforme de retraite
19:47qu'il ne fallait pas
19:48capituler
19:49comme l'a dit
19:50Valérie Pécresse
19:50l'autre jour
19:51etc
19:52et hier
19:53Laurent Wauquiez
19:54a dit
19:55qu'il ne voterait pas
19:56la censure
19:57au nom de la stabilité
19:58Mais c'est de la discussion
19:59en reniant
20:00en reniant
20:01tout ce à quoi
20:02il croyait
20:03comme Macron
20:04du reste
20:05Bon
20:05Maintenant
20:06ils vont vouloir
20:07se rattraper
20:08forcément
20:09sur justement
20:11pas de hausse d'impôts
20:13alors que Sébastien Lecornu
20:14a annoncé
20:15qu'il fallait trouver
20:1514 milliards
20:16de recettes supplémentaires
20:19qu'on annonce
20:20un gel
20:21des prestations sociales
20:22Mais les LR
20:23ils ne sont pas très nombreux
20:24Ils ne sont pas très nombreux
20:26les LR
20:26Non non
20:27mais il n'y aura
20:27un parlementaire
20:28de gauche
20:29j'ai dit qu'il y aura
20:30des discussions
20:31Mais ça mais moi aussi
20:32je dis qu'il y aura
20:33des discussions
20:33Ce que je veux dire
20:35c'est que les amendements
20:36que présenteront
20:36les uns et les autres
20:37seront peut-être
20:39tellement contradictoires
20:40qu'il sera très compliqué
20:41pour le gouvernement
20:42de faire une synthèse
20:45Et qu'en pense
20:45Renaud Delis ?
20:46Avec un ultime risque
20:47pour les socialistes
20:48c'est qu'ils réclamaient
20:49eux-mêmes
20:49l'abandon du 49-3
20:50de longue date
20:51donc là aussi
20:52ils ont obtenu
20:52une satisfaction
20:53de la part Sébastien Lecornu
20:53sauf que
20:54149-3
20:55si la discussion
20:56va au bout
20:56sur tous les sujets
20:57et sur chaque vote
20:58ils risquent parfois
21:00même souvent
21:00d'être mis en minorité
21:01c'est-à-dire de s'apercevoir
21:02que de fait
21:03la gauche
21:03elle est minoritaire
21:04au Parlement
21:05s'il y a évidemment
21:06une alliance
21:06entre les autres blocs
21:07sur un certain nombre
21:08d'amendements budgétaires
21:09Merci beaucoup les informiers
21:10Le jeu ne fait que commencer
21:11disiez-vous Renaud
21:12tout à l'heure
21:13Merci Gilles Brandstein
21:14présentateur des 4V
21:15sur France 2 tous les matins
21:16Merci Carole Barjon
21:18éditorialiste à la revue
21:19politique et parlementaire
21:20Renaud on se retrouve demain
21:21A demain Agathe
21:22et vous retrouvez les informés
21:23ce soir à 20h
21:24avec Victor Mathais
21:25Sous-titrage Société Radio-Canada
21:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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