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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00C'est La Tribune présente
00:01Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:06Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon premier invité, Arnaud Brun, le patron de l'entreprise d'intérim, entreprise lyonnaise.
00:16Adéquate, bonsoir Arnaud Brun.
00:18Bonsoir Edwige.
00:19Merci d'être avec nous. Si je dis, je précise entreprise lyonnaise, ETI lyonnaise, parce que vous faites même un gros milliard, même un peu plus, un milliard 3 de chiffre d'affaires.
00:28Un milliard 4 dans l'intérim. Si je dis ça, je crois que c'est la première fois que vous venez sur ce plateau.
00:33Il y a un côté vivons heureux, vivons cachés qu'on retrouve chez beaucoup de lyonnais.
00:37Donc merci d'être là.
00:38Un grand bon lyonnais, effectivement, mais j'espère avoir l'occasion d'expliquer un peu ce qu'on fait plus en détail.
00:42Eh bien très bien. C'est une entreprise familiale, donc ETI familiale. Vous avez pris la relève de votre père.
00:48Exactement.
00:48C'est une entreprise qui a été créée en 87.
00:50Il y a 40 ans à peu près, en 87.
00:52D'accord, vous fêtez vos 40 ans.
00:53L'année prochaine.
00:54Vous allez fêter l'année prochaine. Enfin, on vient de commencer en 2026.
00:56Beaucoup de questions à voir avec vous, parce que sur le marché de l'intérim, grosso modo, c'est votre activité principale.
01:03Vous êtes aussi très engagé dans l'intelligence artificielle.
01:05Vous nous direz en quoi ça change votre métier, parce que maintenant tout le monde est un peu à l'associé art.
01:10Donc j'essaierai de comprendre un peu plus en détail ce que vous faites.
01:13Comment vous analysez le marché de l'emploi qui résiste ?
01:15On a eu les chiffres. Alors évidemment, c'était que pour le troisième trimestre.
01:18On attend la fin de l'année.
01:21Ça résiste ? Ça résiste bien ?
01:24Oui, ça résiste mais ?
01:25J'ai envie de dire que ça résiste, mais ça dépend vraiment des secteurs.
01:29Aujourd'hui, on se rend compte, l'intérim étant très lié à l'économie, on se rend compte qu'aujourd'hui, il y a des secteurs qui se portent très bien.
01:36L'industrie notamment, et pas toute l'industrie.
01:38L'aéronautique, la défense, la pharma, voilà, toute cette partie-là qui contribue à tenir et à embaucher aujourd'hui.
01:47On a, au contrario, des secteurs comme tout ce qu'on appelle tertiaire dans notre environnement, tous les métiers logistiques, transports, commerces, qui s'ouvrent vraiment du recul de la consommation, clairement.
01:58Et c'est quel niveau qui, là vous avez dit un peu les secteurs, le BTP c'est plus difficile ?
02:05Le BTP se porte pas si mal que ça, nous en tout cas sur le deuxième semestre.
02:10On a de toute façon, depuis l'année 2025 qui a été particulière, un très mauvais premier semestre.
02:15Et une reprise, c'est peut-être le terme, mais peut-être un peu fort.
02:19Mais en tout cas, un peu plus d'embauches sur la deuxième partie, qui est liée à la croissance qu'on a retrouvée, de façon peut-être un peu surprenante.
02:26Au troisième trimestre, 0,5%, 0,2% dans le quatrième.
02:31Donc ça a quand même porté un peu les emplois, et ça donne des perspectives qui ne sont pas forcément encourageantes, mais au moins en hausse sur 2026.
02:39Est-ce que le climat actuel, l'instabilité, vous avez vu les discussions budgétaires, ça repart aujourd'hui.
02:48Il y a une réunion en ce moment même, pour essayer de trouver un consensus.
02:51On a entendu les déclarations les uns des autres.
02:54Il y a les agriculteurs qui sont sous l'arc de triomphe, avec leur tracteur, qui est quand même des images assez sidérantes.
02:59Est-ce que ça pèse selon vous, sur vos clients qui vous disent, attention ?
03:05On l'a vu, on l'a vu énormément sur le dernier trimestre.
03:08Depuis le départ du gouvernement de François Béroux, on se rend compte qu'on a eu vraiment une instabilité.
03:14On le voit surtout sur la partie recrutement.
03:15Les entreprises, en tout cas nos clients, ont gelé énormément les recrutements depuis novembre-décembre.
03:20C'est très très dur de se projeter aujourd'hui.
03:22Je trouve qu'on a une classe politique qui n'est pas à la hauteur des attentes des entreprises.
03:27Nous, nous sommes début janvier, nous sommes une ETI, nous sommes incapables de faire un budget.
03:32Tellement que nous sommes dépendants des mesures sur les charges sociales, sur le taux d'impôt sur les sociétés.
03:37Et tout ça, ça a un impact très très fort sur la visibilité.
03:40On le voit en interne.
03:41Pour nous, on réfléchit un petit peu à des embauches, on est prudent.
03:45Mais demain, aujourd'hui, demain sur 2026, tant qu'on n'a pas un budget, c'est difficile de se projeter et d'avancer.
03:53Oui.
03:55Donc les clients sont un peu...
03:57On le voit au niveau de l'investissement, mais c'est vrai au niveau du recrutement.
04:00Bien sûr.
04:00Oui, on a l'accord sur ça.
04:02Encore plus.
04:03En deux mots adéquats, je vais vous présenter rapidement, mais vous pouvez nous donner...
04:08Parce que vous êtes aussi à l'international, je crois que vous êtes européen.
04:12En une quarantaine d'années, nous sommes passés d'une PME régionale, dont le siège est toujours à Lyon, à maintenant une ETI internationale.
04:18Donc nous sommes dans sept pays, globalement en Europe.
04:20On a aussi une partie au Canada, mais globalement l'activité reste en Europe.
04:23Et j'aime bien me définir comme les métiers du staffing.
04:26Alors le terme est anglo-saxon, désolé, mais c'est ce qui nous réunit le plus, c'est-à-dire que c'est tous les métiers du recrutement.
04:31On fait beaucoup de travail temporaire, mais aussi on fait du recrutement permanent et de la formation, énormément.
04:38Oui, vous avez un recrutement...
04:40Recrutement permanent, on fait plus de 5 000 recrutements en CDI.
04:43Donc vous vous embauchez des clients.
04:45On embauche pour nos clients.
04:45Mais alors, c'est vous qui embauchez, vous, adéquate ?
04:48Alors, vous trouvez des...
04:49On embauche pour nos clients, nous sommes...
04:50Vous embauchez pour vos clients.
04:52On embauche aussi, nous, mais pendant les 5 000 recrutements, c'est pour nos clients.
04:55Oui, d'accord.
04:56Combien de salariés ?
04:571 000 en France, 1 500 et 1 800 dans le monde.
05:02Et la situation, lorsque vous êtes présent dans 8 pays européens, vous le disiez,
05:06c'est à peu près le même côté un peu entre les deux, comme situation économique et sociale ?
05:15Alors, je trouve que...
05:16Alors, on est dans ce climat géopolitique instable qu'on constate.
05:20La seule différence en France, c'est qu'en plus de ce constat géopolitique, on a une problématique politique.
05:25Ça fait beaucoup.
05:27On a beaucoup plus d'instabilité.
05:28On se rend compte qu'il y a des pays proches de nous qui se portent beaucoup mieux.
05:32L'Italie, notamment, sur lequel on a fait nos plus grosses acquisitions l'année dernière.
05:36Les résultats sont très bons.
05:36La croissance est là.
05:38On est en Irlande aussi, où, pareil, la reprise est plutôt là.
05:41En France, on est clairement en retard aujourd'hui.
05:43Arnaud Brun, vous avez dit une phrase que je trouvais assez forte.
05:47Je suis incapable de faire un budget.
05:50Est-ce que, lorsque vous observez, vous entendez les discussions, les surtaxes,
05:55alors c'est plutôt sur les grandes entreprises, mais ça dépend où est-ce qu'ils vont mettre la barre.
05:59Je recevais Phil Dornano, que vous connaissez peut-être, qui est le co-président du Métis.
06:03Dont vous en faites partie aussi du Métis.
06:03Évidemment, vous en faites partie.
06:06Lui, il dit, mais attendez, on croule sous la fiscalité.
06:10On ne peut pas supporter une fiscalité supplémentaire.
06:13Je trouve que quand vous reprenez des débats après six mois,
06:16quand les débats ont commencé il y a plus de six mois,
06:18vous arrivez aujourd'hui, les seules solutions, c'est à suspendre la réforme des retraites
06:22et taxer les entreprises.
06:24C'est à peu près ça le résumé, ce qu'on entend en tout cas.
06:27Je trouve que c'est assez pauvre comme débat.
06:29Les entreprises sont déjà énormément taxées.
06:31Je pense qu'on est capable de s'organiser et de s'adapter à tout.
06:35La problématique, c'est qu'il faut de la stabilité.
06:38C'est-à-dire arrêter de changer tous les trois mois.
06:40Ce qui nous concerne énormément, c'est les charges sociales.
06:42Les allégements sur les charges sociales est un vrai sujet
06:45quand nous avons plus de 200 000 personnes à l'emploi chaque année.
06:49Aujourd'hui, quand ça a bougé il y a trois mois,
06:51on rediscute encore aujourd'hui, c'est difficile de prévoir la suite.
06:55Justement, ça a un impact direct sur votre business ?
06:58Où on met le curseur sur les allégements
07:01de cotisations sociales et patronales ?
07:03Nous, on fait 1,4 milliard de chiffre d'affaires.
07:04Le 1,4 milliard, ce sont les salaires de nos intérimaires.
07:08Mais qui sont à ce niveau-là ?
07:11À ce niveau-là.
07:11C'est-à-dire que SMIC, ou trois fois le SMIC, justement,
07:15parce que c'est là un peu les fonchettes.
07:16Aujourd'hui, on a 40% de nos intérimaires qui sont au niveau du SMIC.
07:23Ça monte après sur des profils plus techniques.
07:25Mais la globalité, c'est des profils quand même peu qualifiés
07:28et qui sont sur ces niveaux.
07:30Et le niveau de charges sociales est important, c'est sûr.
07:33Je voudrais qu'on dise un mot sur les NIT.
07:35NIT, c'est rentré presque dans le langage commun,
07:41qui n'ont pas de formation, pas d'éducation,
07:43qui sont exclus.
07:45Est-ce que vous, ils sont de plus en plus exclus ?
07:47Vous essayez de leur trouver des jobs ?
07:50Est-ce que vous travaillez ?
07:51Je sais que vous êtes assez préoccupés par ce sujet.
07:53Mais qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ?
07:54La jeunesse, c'est vraiment un sujet qui me tient à cœur
07:57à titre personnel et au niveau de l'entreprise.
07:58Nous, déjà, quand on constate ce qui est adéquate,
08:01la moitié de nos intérimaires ont moins de 30 ans.
08:03Donc, c'est un vrai sujet et souvent des personnes peu qualifiées.
08:07Le problème de ces NIT, déjà, il faut faire une différence.
08:09Il y en a à peu près 100 000 de plus chaque année
08:11en fonction des classes d'âge.
08:13La moitié, à peu près, dans les études,
08:15ce sont des personnes qui ont été diplômées,
08:19sont en attente de trouver un emploi.
08:20Je veux dire, ce ne sont pas les personnes
08:22sur lesquelles il faut s'occuper.
08:23Par contre, on a la moitié,
08:25donc à peu près 50 000 par an,
08:27qui sont extrêmement décrochés,
08:28donc sans formation, sans accès à l'emploi.
08:31Parfois, maintenant, c'est le cas,
08:33mais avant, qui n'étaient même pas répertorés
08:34chez France Travail.
08:36Donc, nous, aujourd'hui, l'intérêt,
08:37c'est comment on fait pour les recruter ?
08:39C'est plus par le CV.
08:40Il faut qu'on arrive à recruter par le savoir-être.
08:42Comment on arrive à faire par le sport,
08:45par la culture, en lien avec les associations,
08:47en lien avec France Travail,
08:49avec les épines notamment ?
08:50Comment on arrive à faire venir ces personnes-là
08:52pour qu'elles puissent accéder à l'emploi ?
08:54L'intérim...
08:54Leur donner une formation ?
08:55Une formation, mais l'intérim
08:56est un très bon vecteur d'inclusion.
08:58On a 80% de nos intérimaires
09:01dont l'intérim est le premier accès
09:03au monde du travail.
09:04Donc, jamais le CDI, jamais le CDD.
09:06L'intérim, c'est la première mission.
09:07Donc, on a ce vrai rôle d'intégration.
09:10Donc, l'intérim permet de faire des missions
09:11et ensuite, bien sûr, de les former
09:12et les faire évoluer vers les métiers
09:14qui nécessitent des besoins aujourd'hui.
09:16Question comme ça, qui me vient à déco
09:19avec Floriel Philippe, Floriel et Sousaise,
09:21c'était Lyonnais aussi.
09:22Vous êtes dans le même secteur.
09:24Lui, c'est devenu un géant.
09:25Enfin, en tout cas, ça a été racheté.
09:27C'est maintenant une autre histoire, bien sûr.
09:29Il y a vous aussi.
09:31Pourquoi il y a une fibre lyonnaise
09:32du avis de l'intérim ou quoi ?
09:34Comment vous expliquez ça ?
09:35Pardonnez-moi cet écart.
09:37Non, mais vous faites bien.
09:38Il y a un gros terreau lyonnais
09:40pour l'intérim.
09:41C'est un peu historique.
09:42Non, je ne crois pas qu'il y ait
09:43d'explication en plus.
09:45D'accord, rationnelle.
09:46D'accord, c'est juste le hasard.
09:48Le hasard, pardon, de l'histoire.
09:52Là, on parlait des nids.
09:53Il faut les former.
09:54Il faut les faire revenir dans le système.
09:57Il y a aussi les seniors
09:58les plus de 55 ans.
10:00Est-ce qu'il y en a beaucoup
10:01en intérim chez vous ?
10:02A peu près 15% de nos intérimaires
10:03sont dans la catégorie senior.
10:05C'est un des sujets
10:07sur lesquels on travaille aussi.
10:08La chance que l'on a
10:09quand on est dans le travail temporaire,
10:11nous sommes au cœur, nous,
10:12de toutes les politiques de la ville.
10:14On s'occupe des jeunes,
10:16des seniors,
10:17des personnes en situation de handicap,
10:18des quartiers prioritaires de la ville,
10:19des zones rurales.
10:20Donc, tous ces sujets-là,
10:21les seniors en font partie.
10:23Nous, aujourd'hui,
10:24ça me permet de rester
10:25sur le monde du travail
10:26en ayant des missions d'intérim
10:28plus ou moins longues
10:29et de continuer à travailler
10:30à la fin de votre carrière.
10:32Oui.
10:35Lorsqu'on écoute
10:36les chefs d'entreprise
10:37qui nous disent
10:37« Mais attendez,
10:38on ne peut plus recruter.
10:39Moi, je cherche. »
10:40Certains vous disent
10:41« Dans la restauration,
10:42on cherche des chefs,
10:43il n'y en a pas. »
10:43Mais il y a d'autres secteurs.
10:44On voit qu'il y a,
10:45on en parle tout le temps,
10:46une espèce d'inadéquation
10:48entre ceux qui cherchent du travail
10:50et ceux qui voudraient recruter.
10:53Est-ce que vous,
10:53vous le ressentez ?
10:54Et quels sont les secteurs
10:55à part l'hôtellerie-restauration
10:57qui est toujours un cas
10:57un peu particulier ?
10:58Est-ce qu'il y a d'autres secteurs
10:59où ça se passe ?
11:00Nous, on se rend compte
11:02effectivement de cette problématique.
11:03Déjà, quand vous avez
11:047,7% de chômage
11:06et qu'il reste des postes non pourvus,
11:07c'est qu'il y a un problème
11:08dans le système.
11:10Et donc,
11:11le métier du travail temporaire
11:13globalement,
11:13c'est de former beaucoup.
11:14Nous, sur nos 200 000 intérimaires
11:15chaque année,
11:16on en forme plus de 16 000.
11:18Surtout des formations.
11:19Donc, les formations,
11:20c'est des formations
11:20qui sont soit légales,
11:22soit diplômantes.
11:24Et ce qui permet
11:24de les remettre
11:25sur le marché du travail.
11:26Donc, on fait beaucoup
11:28d'électricité,
11:29on fait beaucoup de caristes.
11:30Donc, on permet
11:31de donner accès
11:32à un emploi
11:33et de se former
11:33pour évoluer
11:34au sein d'une même entreprise.
11:36Oui.
11:36Donc, ça, c'est un point
11:37important.
11:38Sur les augmentations
11:40de salaire,
11:41les rémunérations,
11:42on parlera peut-être
11:43si on a le temps
11:43de comment rémunérer plus,
11:45mais est-ce qu'il y a
11:48des augmentations de salaire
11:50par exemple dans l'intérim ?
11:51Parce qu'on se pose la question,
11:53là, il y a une enquête
11:54qui démontrait
11:54qu'il y a des augmentations
11:56de salaire,
11:56il y a les NAO,
11:57comme on dit,
11:57les discussions
11:58qui vont commencer,
12:00mais qui montrent
12:01que c'est de moins en moins
12:02une augmentation généralisée,
12:04de plus en plus
12:05une augmentation individualisée.
12:07Ça a forcément
12:08un impact
12:09pour vous
12:10et pour les intérims
12:11que vous placez
12:12dans les entreprises.
12:13Parce qu'il y a
12:13question de niveau de salaire.
12:14Nous, il y a deux réponses
12:16à cela.
12:16Il y a déjà
12:17sur la partie secteur.
12:18Nous, il y a bien sûr
12:19la branche à une discussion
12:20des NAO
12:21de la branche
12:21de travail temporaire au global.
12:23Ça, c'est une première partie.
12:24Après, chez nos clients,
12:25nous, on est plutôt
12:26dépendants de nos clients.
12:28Ils vous disent quoi ?
12:29Est-ce qu'au contraire,
12:30ils vous disent
12:30qu'il faut baisser les salaires
12:31parce que je dois les augmenter
12:32chez moi ?
12:33C'est quoi la finalité ?
12:34L'intérêt, vous savez
12:35qu'ils ont le même traitement
12:36que les permanents.
12:37C'est la loi qui impose cela
12:39et c'est très bien.
12:40Ce qu'on observe aujourd'hui,
12:42c'est qu'il y a
12:42de moins en moins
12:43d'augmentation générale
12:45et globale,
12:46mais plus isolée
12:49pour des personnes
12:50sur des métiers pénuriques,
12:52pour revenir sur l'égalité
12:53homme-femme aussi,
12:54pour faire une hausse
12:55des plus petits salaires.
12:57C'est plus général,
12:58c'est plus ciblé.
12:59On arrive à peu près
13:00toujours sur le même montant.
13:01On entend des études
13:02entre 2,5 et 3 %
13:03d'augmentation.
13:04Chez vous,
13:05ça sera combien, Arnaud Brun ?
13:06Nous, 2,5 %.
13:07Mais exactement
13:08comme je viens de vous le raconter,
13:09c'est-à-dire
13:09ciblé sur des profils
13:11pour faire évoluer
13:12des rattrapages de salaires
13:13et pas d'augmentation générale.
13:15Donc, il y aura des gens
13:16qui ne seront pas
13:17augmentés chez vous ?
13:19Non.
13:20Non quoi ?
13:21Non, ils ne seront pas
13:21augmentés.
13:22Ah oui, c'est ça.
13:22Non, non, c'est...
13:23Non, c'est...
13:24Non, pardon.
13:27Est-ce que, justement,
13:28sur la question
13:29de la transparence salariale,
13:30parce qu'il y a
13:30une directive européenne
13:31qui doit être transposée
13:33d'ici, je crois,
13:34le mois de juin
13:35en France,
13:36et donc maintenant,
13:37on saura combien
13:38gagne votre voisin ?
13:39Ça, c'est une bonne question.
13:40Et donc, ça aura,
13:41enfin, du moins,
13:42on l'espère,
13:42surtout moi,
13:43en tant que femme,
13:44ça aura un impact
13:45parce qu'on sait
13:45que les femmes
13:46sont toujours
13:46moins bien payées
13:46lors de moins 20%
13:48que les hommes.
13:49Vous, là qui êtes dedans,
13:51est-ce que c'est une bonne chose ?
13:53Est-ce que vous trouvez
13:53que c'est dangereux ?
13:55Plus de transparence,
13:55je pense que c'est
13:56toujours une bonne chose.
13:57Ah, mais faites pas
13:57une réponse officielle.
13:58Non, non, mais c'est intéressant.
13:59Nous, on a 80% de femmes
14:00dans le secteur du travail temporaire,
14:02donc en interne.
14:03Je vous parle, là,
14:04nos permanents.
14:05On a 80% de femmes,
14:06donc l'égalité homme-femme
14:07est un vrai sujet pour moi.
14:09Donc, bien sûr,
14:10moi, d'être transparent,
14:11de toute façon,
14:11on n'a pas le choix
14:12et deuxièmement,
14:13je pense que c'est bien.
14:15Aujourd'hui, en France,
14:16vous savez,
14:16tout se sait déjà.
14:18Donc, vous devez...
14:19Mais pas sûr,
14:19parce qu'un matin,
14:20en France,
14:20on sait bien
14:21qu'on ne parle jamais d'argent
14:22et qu'on ne dit jamais
14:23combien on gagne
14:24à son meilleur ami
14:25dans son entreprise.
14:27Moi, je trouve
14:27qu'ils sont régulièrement
14:28très au courant,
14:29mais peut-être
14:30qu'on est particuliers.
14:31Non, je pense que
14:31plus de transparence
14:32dans les métiers
14:33va permettre justement
14:35de restreindre un peu
14:37tous ces différences de salaire
14:38sur les mêmes profils,
14:40de vraiment
14:41cette égalité
14:41homme-femme.
14:42Et comment vous allez gérer ça ?
14:43Il y a un grand tableau,
14:44un grand tableau Excel
14:45en disant,
14:46et vous,
14:48votre salaire,
14:48il sera connu ?
14:49Moi, je n'ai aucun souci
14:50pour donner mon salaire.
14:52Nous, on n'est pas coté.
14:53C'est plutôt
14:53une déclaration
14:54de personnel.
14:58Mais aujourd'hui,
14:59ce n'est pas un salaire,
15:00c'est des grilles de salaire.
15:01Nous, ça fait longtemps
15:01qu'on a ces grilles de salaire
15:02en interne.
15:03Pour justement,
15:04on embauche
15:05beaucoup de personnes
15:06chaque année.
15:07Il est important
15:07d'avoir
15:08un niveau
15:09pour lequel se référer.
15:12Et si vous voulez,
15:13ça fait longtemps
15:13qu'on essaye
15:14de se caler
15:14dans ces niveaux
15:15de grilles.
15:16Si vous n'avez pas
15:16cette grille
15:17à proposer
15:18à vos permanents,
15:20c'est difficile
15:20d'avoir cette égalité,
15:21très clairement.
15:23Maintenant,
15:23est-ce que ça se resserre
15:24quand même
15:24les salaires
15:25entre les hommes
15:25et les femmes ?
15:26Nous, on y travaille
15:27et chaque année,
15:27ça se réduit.
15:28J'ai bon espoir.
15:29On n'est pas encore
15:30à la parfaite égalité,
15:31mais j'ai bon espoir
15:32d'y arriver rapidement.
15:33Comment ça se passe ?
15:34Vous êtes présent aussi
15:36au Canada, je crois.
15:37Vous pouvez nous dire
15:38un peu les différences
15:40avec la France ?
15:43On se rend compte
15:43au Canada,
15:44et je mettrai aussi
15:44l'Irlande
15:45dans le même panier,
15:47c'est vraiment
15:48des pays
15:49qui sont plus
15:49anglo-saxons que nous.
15:51C'est vrai
15:51que c'est intéressant
15:51à regarder.
15:52Quand je décide
15:53d'aller à l'étranger
15:54pour mon entreprise,
15:55c'est pour plusieurs raisons.
15:57Ça permet de suivre
15:58des clients,
15:58souvent.
16:00C'est aussi
16:00pour protéger
16:01l'entreprise,
16:01comme vous disiez
16:02tout à l'heure,
16:02par rapport à la France
16:03qui parfois,
16:04on a une instabilité
16:05qu'on ne connaît pas ailleurs.
16:06Mais ce qui est surtout
16:07aussi très intéressant
16:08pour nous,
16:08entreprise,
16:09c'est de voir
16:09des façons
16:10de travailler différentes.
16:11Au Canada
16:12et en Irlande notamment,
16:14on se rend compte
16:14par exemple
16:14que l'intérim
16:15pour les cadres
16:15est en forte baisse
16:17au profit
16:18d'auto-entrepreneurs.
16:20Des auto-entrepreneurs
16:21qui préfèrent
16:22créer leur société,
16:23travailler pour eux-mêmes,
16:25et c'est le même principe,
16:25on les place
16:26sur des gros profils.
16:27C'est un phénomène
16:28qu'on observe aussi
16:29beaucoup en France,
16:30c'est sans doute aussi
16:31parce que les entreprises
16:32incitent leurs ex-salariés
16:35à devenir auto-entrepreneurs,
16:37pour leurs futurs salariés.
16:39Ce qu'on reçoit
16:39en France,
16:40c'est aussi un souhait
16:41pour pas mal d'entreprises
16:42sur le fait
16:44pour pas mal de collaborateurs
16:46qui souhaitent eux-mêmes
16:47être indépendants,
16:48gérer leur retraite,
16:49travailler différemment.
16:51Aujourd'hui,
16:52je trouve que le CDI
16:53est encore en France
16:54un passage obligatoire
16:56si vous voulez acheter
16:57un appartement.
16:58Et la problématique,
17:00c'est que les jeunes
17:00n'ont pas forcément envie de ça,
17:02envie de travailler
17:02sur des missions,
17:03envie de changer d'entreprise,
17:04et le CDI
17:05n'y répond pas forcément.
17:06Donc on se rend compte
17:07au Canada,
17:08pour répondre à votre question,
17:09là-bas,
17:10on a un chômage
17:10qui est autour de 4%,
17:11un marché du travail
17:12qui est beaucoup plus fluide,
17:13donc c'est très facile
17:14d'embaucher,
17:15c'est très facile
17:15de se séparer
17:16d'un collaborateur,
17:17mais ça permet une dynamique
17:18qu'on n'a pas forcément
17:19en France aujourd'hui.
17:20On parle beaucoup,
17:22lorsqu'on regarde
17:23les priorités
17:23des chefs d'entreprise,
17:25c'est la gestion des talents,
17:26des compétences.
17:28Vous, en intérim,
17:29vous êtes aussi confrontés
17:31à ça,
17:31parce que vous voyez bien,
17:33c'est ce que doivent
17:34sans doute vous demander
17:35vos clients,
17:36alors même en interne,
17:38mais même vous,
17:38vous devez avoir un peu
17:39les meilleurs
17:40dans les secteurs
17:41les plus demandés.
17:42Bien sûr.
17:42Aujourd'hui,
17:43le métier du travail temporaire
17:44a changé,
17:45on ne vous demande plus,
17:46aujourd'hui,
17:46nos clients ne nous demandent plus
17:46de trouver juste un profil.
17:48Il faut trouver le bon profil,
17:50idéalement qu'il soit
17:51directement opérationnel.
17:52Si ce n'est pas le cas,
17:53il faut qu'on le forme,
17:54qu'on l'accompagne.
17:55C'est vraiment une mission
17:56de coach ou de suivi.
17:58Aujourd'hui,
17:59chaque agence a à peu près
17:59une centaine d'intérimaires,
18:01donc il faut les connaître,
18:02les suivre.
18:03Et le but,
18:03ce n'est pas de multiplier
18:04le nombre d'intérimaires,
18:06c'est qu'ils soient moins nombreux,
18:07mais qu'on les maîtrise mieux,
18:09qu'on les forme
18:09et qu'on les accompagne
18:10tout au long de leur carrière.
18:12Alors, Arnaud Brin,
18:12je sais que vous êtes très intéressé
18:16par le développement
18:16de l'intelligence artificielle,
18:18un peu comme beaucoup d'entreprises,
18:19dans tous les cas,
18:19l'affichage.
18:20Et là, souvent,
18:21la réalité,
18:23parfois, on va dire,
18:24est quand même
18:25parfois moins constructive.
18:29Comment ça peut s'appliquer chez vous ?
18:31Comment ça modifie le travail ?
18:33Je crois que vous avez créé
18:34même un chat GPT en interne.
18:36Tout à fait.
18:37Ça fait longtemps,
18:38nous, ça fait 4-5 ans
18:38qu'on s'y est mis
18:39sur l'intelligence artificielle
18:41et ensuite sur l'intelligence artificielle
18:42générative.
18:43Donc, on a mis effectivement
18:44un chat GPT interne.
18:46Moi, quand je parle
18:46d'intelligence artificielle,
18:47il y a une partie en interne
18:48et une partie avec nos clients.
18:49En interne,
18:50ce qui est vraiment intéressant,
18:52c'est qu'on a mis un chat GPT
18:53et le but,
18:54c'est d'enlever
18:54toutes les tâches
18:55qui sont très chronophages.
18:57Rédiger une annonce,
18:58chercher un CV dans notre base,
19:00faire une restitution d'entretien.
19:01Toutes ces tâches
19:02qui prennent un certain
19:02en même temps,
19:03qui ont très peu
19:04de valeur ajoutée.
19:05Et moi, je répète souvent
19:06aux équipes,
19:06ne vous inquiétez pas,
19:08l'intelligence artificielle
19:09est là pour vous pousser
19:11encore plus
19:11dans les relations humaines.
19:12On a plus de temps.
19:13La gestion, vous dites,
19:15c'est des candidatures.
19:16Ça, je sais que c'est un problème
19:17souvent,
19:18c'est qu'il faut répondre
19:20d'une manière très présente.
19:22Il y a vraiment
19:23des trucs à savoir
19:24quand on répond
19:25à une annonce
19:26si elle est traitée
19:27par l'intelligence artificielle.
19:29Oui, c'est vrai
19:29qu'on a eu pas mal d'études
19:30aux Etats-Unis
19:31où vous avez
19:31une intelligence artificielle
19:32qui parle à une autre
19:33intelligence artificielle.
19:34Nous, quand je dis
19:35traiter des CV,
19:37c'est plutôt chercher
19:37dans notre base,
19:38nous aider à trouver
19:38les bons profils dans la base.
19:40Ça permet d'ailleurs
19:41d'éviter les biais.
19:43Si on veut l'égalité
19:43homme-femme,
19:44c'est un poste équivalent
19:45à proposer d'abord une femme
19:46par rapport à compétences équivalentes,
19:48d'abord une femme
19:49par rapport à un homme.
19:50C'est vraiment important.
19:52Le but, pour moi,
19:53c'est notre métier,
19:54nous, aujourd'hui
19:55et encore plus demain,
19:56c'est l'humain.
19:57C'est d'aller prendre du temps
19:58pour aller voir des candidats,
19:59les accompagner,
20:00les suivre,
20:00aller voir nos clients.
20:02Ça, c'est essentiel.
20:03Si vous pouvez enlever
20:04toutes les tâches chronophages
20:05de l'entreprise,
20:06ça vous donne du temps
20:06pour faire tout ça.
20:08Et l'intelligence artificielle,
20:08qui est vraiment aujourd'hui
20:09très utile pour nous,
20:11c'est de co-construire
20:12avec nos clients
20:12des solutions
20:14pour répondre
20:16à leurs problématiques.
20:17J'ai deux exemples.
20:18Une partie,
20:19sur les accidents du travail,
20:20qui sont un vrai sujet pour nous,
20:21sur lequel on travaille fortement.
20:23C'est comment, aujourd'hui,
20:25arriver à prévoir,
20:27peut-être le mot est un peu fort,
20:28mais avec toutes les datas
20:29qu'on a,
20:30c'est de trouver les signaux faibles
20:31qui nous permettent
20:32d'être présents
20:32sur les accidents du travail.
20:34On va voir nos intérimaires
20:35en disant,
20:35là, il y a un risque.
20:36Attention, une formation.
20:37Allons voir nos clients
20:38pour accompagner.
20:39Le but, c'est de réduire
20:40à terme les accidents du travail
20:41dans les entreprises.
20:43Merci beaucoup.
20:44Merci, Arnaud Brun,
20:45d'être venu ici
20:46dans les cieux de BFM Business
20:48et dans les 8-19.
20:49Merci beaucoup.
20:50Le patron, donc,
20:50l'Adéquate,
20:51était notre invité.
20:54J'ai beaucoup réfléchi
20:57sur cette phrase.
20:58Je suis incapable
20:58de faire un budget.
20:59C'est quand même ça.
21:00Bon, quand même,
21:00dans une situation compliquée.
21:02J'ai beaucoup de travail.
21:03L'Adéquate,
21:04c'était très cher.
21:05Ça va être tout.
21:06Je vous remercie.
21:06J'ai beaucoup plus de choses
21:07que je vous ai baguettent.
21:08Je vous remercie.
21:08J'ai beaucoup plus de choses
21:10et je vous remercie.
21:10Je vous remercie.
21:10Je vous remercie.
21:11Je vous remercie.
21:11C'est quand même.
21:11Je me remercie.
21:12Je vous remercie.
21:13Je vous remercie.
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