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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:11Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:14On va parler évidemment du chômage, surtout l'inquiétant chômage des jeunes.
00:18Comment faire ? Est-ce que le CDI jeune proposé par Patrick Martin du MEDEF est la bonne solution ?
00:24A mon avis, il pense le contraire.
00:25C'est François Ombril, le président de la CFE-CGC, qui sera notre invité.
00:29Et avec lui, on évoquera sa succession qui aura lieu en juin.
00:32Et pour une fois, c'est un peu compliqué.
00:34Et puis ensuite, on parlera de ceux qui règnent sur nos têtes, les seigneurs de la tech.
00:39C'est Raphaël Baquet, Damien Leloup et Alexandre Piccard qui publient un livre absolument passionnant
00:45sur nos nouveaux maîtres qu'on a tous vu défiler dans le bureau ovale de Donald Trump.
00:51Mais tout de suite, place au journal, le journal de Stéphanie Collot.
00:56Le journal.
00:59Il est presque 18h. Bonsoir Stéphanie.
01:01Bonsoir Edouard.
01:02On commence par cette grosse séquence industrielle.
01:04Aujourd'hui, avec Emmanuel Macron, le président de la République, qui était à Dakerque, sur le site d'ArcelorMittal.
01:09L'acieriste va y construire le plus gros four électrique d'Europe.
01:13Ça représente un investissement d'un milliard 300 millions d'euros.
01:16La moitié sera financée par le mécanisme des certificats d'économie d'énergie.
01:22Le projet qui doit démarrer en 2029 doit remplacer un des deux hauts fourneaux du site pour produire de l'acier sans charbon.
01:29Autre annonce industrielle aujourd'hui à Dunkerque.
01:31Toujours, elle concerne Prologium.
01:33Le groupe taïwanais donne le coup d'envoi du chantier de sa giga-usine de batteries pour voitures électriques.
01:39L'investissement prévu est colossal.
01:415,2 milliards d'euros, dont une subvention d'un milliard et demi de l'État français.
01:46C'est la quatrième usine de la vallée de la batterie des Hauts-de-France, dont la production doit démarrer en 2028.
01:51Emmanuel Macron plaide pour un nouvel emprunt européen pour dynamiser l'investissement.
01:56Dans un entretien publié par plusieurs journaux européens, le chef de l'État relance l'idée des aérobonds.
02:031 200 milliards de dettes communes chaque année pour résister aux rouleaux copresseurs chinois et aux assauts de Donald Trump.
02:10Objectif, financer des investissements stratégiques et rattraper le retard du continent dans la défense, les technologies vertes et l'IA.
02:18D'ailleurs, Naval Group et Thalès s'associent pour accélérer dans l'IA de défense.
02:23Naval Group entre au capital de Cortex, l'accélérateur d'IA de Thalès à hauteur de 20% et rejoint aussi sa gouvernance.
02:31Pendant ce temps, Airbus prolonge son contrat avec l'américain Palantir pour 10 années supplémentaires.
02:37Mi-décembre, le spécialiste de l'analyse des données avait officialisé le renouvellement pour 3 ans de son contrat avec la DGSI.
02:45Le chômage poursuit sa hausse au quatrième trimestre pour atteindre 7,9% de la population active, selon l'INSEE.
02:53C'est son plus haut niveau depuis 2021 et c'est lié quasi exclusivement au chômage des jeunes.
02:58Plus d'un sur cinq sont concernés.
03:01François Omry, le président de la CFE-CGC, est votre invité Edwige, juste après ce journal.
03:06Et puis à deux jours de la publication des résultats trimestriels, les salariés d'Ubisoft sont en grève pour trois jours.
03:12Ils protestent contre la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d'économie.
03:17Le groupe en difficulté financière a annoncé le mois dernier une nouvelle cure d'austérité de 200 millions d'euros sur deux ans.
03:25À 18h01 sur BFM Business, les marchés.
03:27Les marchés avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine.
03:40Bonsoir Stéphanie, bonsoir Edwige.
03:42Bonsoir Antoine.
03:42Et le CAC termine quasi à l'équilibre ce soir.
03:45Oui, on a réduit les gains en fin de séance, plus 0,06% à 8 327 points.
03:49Mais enfin ça a été une séance particulièrement active.
03:514 milliards d'euros d'actions négociées sur les valeurs du CAC.
03:54Leuronext Tech Leaders un petit peu plus haut, plus 0,35%.
03:58Et puis on a surperformé l'Europe borsière vu que l'Eurostock 50 a perdu 0,2%.
04:03Francfort moins 0,11% qui nous a aidés.
04:05C'est véritablement un regain du secteur du luxe entraîné par Kering
04:09qui a signé la meilleure performance et du CAC 40 et du SBF 120 en gagnant quasiment 11%.
04:14288 euros. Il y avait beaucoup d'attentes sur ces résultats.
04:17Elles ont été comblées pour les analystes et les investisseurs.
04:21Du coup, on a l'ensemble du secteur du luxe qui était bien orienté.
04:24Hermès qui doit publier ses résultats jeudi gagne 2,5%.
04:272124 euros.
04:28Pernod Ricard plus 3,75%.
04:3083,06.
04:31Puis le secteur de l'auto qui était à l'honneur aussi.
04:33Plus 2 pour Renault.
04:3431,64.
04:35Stellantis rebondit plus 3,6% à 6,36 euros.
04:39Voilà pour le gros de ce qui a animé le CAC 40.
04:41En revanche, c'est le secteur de l'assurance qui n'était pas très bien orienté
04:45du fait de la sortie de nouveaux modèles d'IA qui pourraient disrupter à l'avenir le secteur.
04:50AXA perd 2,7%.
04:5138,46 euros.
04:53Enfin, rien de bien méchant pour le moment.
04:55Le secteur financier a fait l'objet de prise de profit.
04:57Société Générale, moins 2.
04:5873,42.
04:59BNP Paribas, moins 1,44.
05:0193,03.
05:02Mais le CAC 40 signe quand même une performance sérieuse.
05:05Plus 0,06%.
05:068,327 points.
05:08On n'est plus qu'à 70 points du dernier record absolu.
05:12Ah ben voilà, on vous attend demain, après-demain ?
05:14Merci Antoine.
05:17Stéphanie, on vous retrouve, ça sera à 19h.
05:19Tout de suite, François Omryl, président de la CFE CGC.
05:21Évidemment, on parle du taux de chômage, notamment du taux de chômage des jeunes.
05:24Très inquiétant.
05:25Et puis, on parle de cette réunion, dernière réunion sur l'assurance chômage.
05:28Il faut trouver une solution d'ici fin février.
05:31A tout de suite.
05:31Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité, François Omryl, qui est président de la CFE CGC.
05:45Bonsoir, François Omryl.
05:46Merci d'être là, parce que je sais que vous faites le tour de la France.
05:50Et donc, voilà, vous vous arrêtez ici au moins pendant une demi-heure pour être avec nous.
05:54Il faut dire qu'il y a beaucoup de questions.
05:55Il y a la question, bien sûr, du chômage, du chômage qui progresse lentement mais sûrement.
06:00Ce matin, on a appris, donc, pour le quatrième trimestre 2025, qu'il atteignait 7,9%.
06:06C'est le plus haut taux depuis 2021.
06:10Mais surtout, ce qui est inquiétant, et on va y revenir, bien sûr, c'est le niveau du taux de chômage des jeunes.
06:15Plus de 2,8%.
06:16Et avec des solutions qu'on a du mal à trouver, notamment sur le CDI Jeunes.
06:20On va parler des faillites, on va parler des familles d'entreprises qui explosent, un niveau record.
06:26Là aussi, triste record.
06:28Et avec quand même aussi derrière des dépenses sociaux.
06:30Et puis, on parlera de votre succession, tiens.
06:32Bonne question, n'est-ce pas, François Omryl.
06:34Sur le chômage, est-ce que vous êtes inquiet ?
06:37Est-ce que vous pensez que c'est un long retour vers les sommets qu'on a connus il y a quelques années ?
06:44Non, je suis assez pessimiste sur le sujet.
06:47On est habitué au cycle économique.
06:49C'est normal.
06:49Il y a des hauts, il y a des bas.
06:51Globalement, la mesure de fréquence, c'est deux ans.
06:56Moi, j'ai connu ça toute ma vie dans l'industrie.
06:59Je crois qu'on y est assez habitué.
07:01Il y a quand même deux phénomènes très préoccupants.
07:04S'agissant spécifiquement de la France, c'est qu'il y a quand même un taux de faillite,
07:08de défaillance d'entreprises, et notamment de petites et de moyennes entreprises,
07:12extrêmement élevées, pas du tout dans la logique et dans la normale de la fluctuation économique.
07:19Et par ailleurs, moi, je pense que la France n'est pas armée à pouvoir capter le rebond.
07:25La France a pris un retard technologique extrêmement important.
07:30Évidemment, vous allez encore dire que j'impute la responsabilité à la politique menée par Emmanuel Macron.
07:37Cette soi-disant politique de l'offre qui, en vérité, n'offre aucune perspective au développement économique,
07:42qui est une politique d'ouverture sans contrôle de la planche habillée vers le domaine économique,
07:49sans aucun contrôle de l'efficacité.
07:51Moi, je conteste ça. Je ne conteste pas le principe qu'on aide les entreprises.
07:55Il faut les aider, mais il faut les aider de façon sélective.
07:58Il faut investir dans les emplois de qualité, dans la recherche, dans le développement,
08:02pour créer les conditions du développement, ce qu'Emmanuel Macron n'a pas fait.
08:05Alors, François Amrille, on va rentrer un peu dans le détail, juste sur le taux de chômage.
08:12Est-ce que, pour vous, c'est une remontée ?
08:16Je repose ma question un peu différemment.
08:18Est-ce que vous pensez qu'on va réatteindre les 10% ?
08:20Comment est-ce que vous voyez les perspectives ?
08:22Parce que, pour vous contredire un petit peu, pardon,
08:24mais la croissance française, ce n'est pas formidable.
08:28Mais enfin, quand même, elle se maintient.
08:30On est à 0,7%.
08:31Vous voyez, là, avec des perspectives autour de 1%.
08:34Donc, on n'est pas le pire élève, pour une fois.
08:36Ok, d'accord, on n'est pas le pire élève, mais elle se maintient.
08:38Mais franchement, je pense qu'on peut avoir un peu plus d'ambition.
08:41Ce que, moi, je sais, c'est que quand les conditions ne sont pas réunies
08:44pour que les entreprises soient en confiance sur un plan de recrutement à 2 ans, à 5 ans,
08:49qu'est-ce qu'elles font ? Elles décalent, les recrutements.
08:52Donc ça, ça crée effectivement un tout d'air.
08:54C'est l'instabilité politique.
08:55On paye l'instabilité politique, ce qu'on a vu à l'Assemblée nationale.
09:00Je suis d'accord que ça joue un peu.
09:02Là-dessus, je suis d'accord.
09:03Mais si l'instabilité politique, c'était quelque chose qui faisait la place,
09:07une fois que la stabilité revient, à une vraie stratégie,
09:10une stratégie d'investissement dans le moyen et dans le long terme,
09:13il me semble que les entreprises, et y compris en premier lieu les entreprises industrielles,
09:18pourraient s'inscrire dans ce schéma-là.
09:20Or, en l'occurrence, moi, je ne vois rien venir.
09:22Je vois des déclarations, je vois des politiques, finalement,
09:27qui vont, pour une part, dispendieuses.
09:29Mais si on met en relation l'argent dépensé avec les emplois créés,
09:33je suis désolé, la France n'est pas au niveau.
09:35Il faut, j'y reviens, je le répète, investir dans la recherche,
09:38dans le développement, dans les emplois de qualité.
09:41Moi, j'ai mes trois chiffres magiques.
09:42En recherche publique, la France, c'est 2,2%.
09:45L'Allemagne, c'est 3,5%.
09:46La Corée du Sud, c'est 4,5%.
09:48Cherchez l'erreur.
09:50Cherchez l'erreur.
09:50Vous avez vu l'État, les finances publiques de la France,
09:53par rapport à celle qui est de mal.
09:54Mais c'est normal, on n'a pas investi,
09:56on ne produit plus en France.
09:59Donc, c'est logique, aujourd'hui,
10:00parce qu'on parle toujours de la dette,
10:02mais il faut parler aussi du déséquilibre du commerce extérieur.
10:04On ne produit plus en France.
10:05Vous avez raison, on sait que l'industrie,
10:07ça a toujours été votre fer de lance, François Omryl.
10:11Mais en même temps, vous voyez bien
10:12les taxes qu'il paie sur les entreprises.
10:14On en parlait hier avec le patron de Renault,
10:16Jean-Dominique Sénard.
10:17Vous voyez bien quand même qu'il y a des taxes,
10:20elles ont des boulets aux pieds
10:21beaucoup plus lourds que ceux des Allemandes.
10:24Moi, je suis en total désaccord avec ce raisonnement.
10:26C'est un raisonnement minimaliste.
10:28Cette histoire de réduire la compétitivité
10:30des entreprises françaises
10:32uniquement à leur niveau de salaire,
10:33puisqu'en fait, quand vous parlez des taxes,
10:35vous parlez de ce qu'on appelle
10:36les charges sur les salaires, etc.
10:38Mais c'est un raisonnement à courte vue.
10:39De la CVAE, des taxes sur les entreprises ?
10:41Je ne suis pas d'accord du tout.
10:43Ça ne tient pas du tout la route.
10:45Si vous comparez la France à due proportion
10:47avec d'autres pays,
10:49parlons de la recherche par exemple.
10:51Un chercheur français, aujourd'hui,
10:52il coûte 4 à 5 fois moins cher
10:54qu'un chercheur aux États-Unis, que je sache.
10:57Ce sont des pays qui savent générer de l'attractivité.
11:02Dans un pays qui veut se développer,
11:03qui a de l'ambition,
11:04il faut être créatif,
11:05il faut travailler sur les emplois de qualité.
11:07Il faut créer les conditions nécessaires
11:10à ce que l'économie se développe.
11:11François Aubry, là, je reviens sur le taux de chômage.
11:15Pour vous, c'est quoi ?
11:18On va vers une lente ou longue dégradation du taux de chômage ?
11:23Moi, écoutez, je le redis tout à l'heure,
11:26pourtant je suis vraiment d'une nature optimiste,
11:28mais je ne vois rien dans la politique
11:30qui est suivie actuellement
11:31qui nous incite à l'optimisme.
11:34Parce qu'ils sont où ?
11:35Les investissements, les voies stratégiques
11:38qui vont ramener la France
11:40dans une perspective de progrès.
11:42Vous avez parlé du budget tout à l'heure.
11:44On a passé quatre mois.
11:45Oui, mais attendez, juste pour vous dire,
11:47quel chef d'entreprise qui, aujourd'hui,
11:49va se dire, je vais recruter beaucoup,
11:51si il y a Thalès, là,
11:52je vais recruter,
11:53je vais investir en France ?
11:55Honnêtement, il faudrait quand même
11:57qu'il soit encore plus optimiste que vous,
11:58François Aubry.
11:59Mais qu'est-ce que ça veut dire,
12:00le chef d'entreprise qui va dire,
12:02je vais investir en France ?
12:03Pour moi, le chef d'entreprise,
12:05il est en France,
12:06il a besoin d'investir,
12:07il a besoin pour cela
12:08d'avoir à côté de lui
12:09un État qui va mettre à sa disposition
12:11des moyens logistiques,
12:14des moyens financiers
12:15qui créent un contexte sécurisant pour lui.
12:18Et dans ces conditions-là,
12:19la question du salaire,
12:21des charges sur les salaires,
12:22des cotisations, etc.,
12:23ce ne sera pas le problème numéro un.
12:24Nous aussi, on y est dans les entreprises
12:26et on sait très bien
12:27quels sont les réflexes qui font ça.
12:29Effectivement, il y a des entreprises
12:30qui sont à très, très forte pression capitalistique.
12:33Celles-là, elles vont avoir tendance
12:35à délocaliser.
12:36Parce que toujours, les actionnaires,
12:37ils en demandent plus.
12:38Le scandale Nestlé,
12:39d'après vous, c'est quoi ça ?
12:40C'est la pression des actionnaires.
12:41Sur le lait.
12:42Le scandale Boeing.
12:45Boeing pourrait disparaître demain.
12:47C'est la pression des actionnaires.
12:48Donc je crois qu'il faut faire attention.
12:50Il y a tout un tas d'entreprises,
12:51on dit l'entreprise au singulier,
12:53mais il y a les très grandes entreprises
12:54multinationales sous la pression des actionnaires.
12:56C'est un secteur de l'économie.
12:58Mais il y a un autre secteur de l'économie
13:00qui est beaucoup plus pourvoyeur en emploi.
13:01C'est les entreprises de Tannemoyenne,
13:03les entreprises françaises,
13:05qui ont leur capital en France,
13:06pour beaucoup,
13:07qui sont des entreprises familiales,
13:08pour lesquelles les dirigeants
13:09ont vraiment pris des risques.
13:10Mais ce sont elles qui trinquent.
13:12Parce que, excusez-moi,
13:13Edwige Chevriot,
13:15tous les dirigeants du CAC 40,
13:16où est-ce qu'ils ont pris des risques
13:18sur leur propre fortune à eux
13:20pour travailler dans leurs entreprises ?
13:22Ils ont été nommés là,
13:24ils en ont plein la bouche
13:25de leur théorie sur la compétitivité, etc.
13:28Moi, je préfère parler
13:29avec des gens qui ont créé leur entreprise.
13:31On ne va pas passer trois heures là-dessus,
13:32mais François-Mauré,
13:33le juste, vous voyez bien que...
13:34Ah, vous me censurez.
13:34Non, mais pas du tout.
13:36Je fais attention, surtout avec vous.
13:37Mais vous voyez bien
13:38que quand il y a des erreurs de management,
13:41regardez le prix à payer,
13:42le prix à payer pour ces lentilles,
13:43vous voyez.
13:44Donc, il y a quand même
13:45des patrons en France du CAC 40
13:46qui ont développé leur groupe
13:48avec succès.
13:49Donc, peut-être un jour ou l'autre...
13:50Moi, je ne mets pas tout le monde
13:51dans le même panier.
13:52Bah si, c'est un peu ce que vous venez de faire.
13:54Simplement, je dis,
13:54ce ne sont pas les mêmes problématiques.
13:56Quand on dit l'entreprise,
13:57personne n'a dit le contraire.
13:58C'est une réalité
13:59beaucoup plus diverse que ça.
14:01Alors, revenons sur...
14:02Il y a une chaîne de valeur.
14:03Aujourd'hui, ce que je vous dis,
14:04c'est que les entreprises
14:06qui sont les plus pourvoyeuses
14:07de progrès économique et d'emploi,
14:09ce sont les entreprises
14:10qui sont au bas
14:11de la chaîne de sous-traitance.
14:12Elles sont liées, finalement,
14:14à la chaîne économique
14:15de partage de la valeur.
14:16Et aujourd'hui,
14:17elles sont trop mal considérées
14:18parce qu'elles ne peuvent pas
14:19se développer.
14:20Et je pense que l'État
14:21aurait beaucoup à gagner
14:22à investir beaucoup plus
14:23sur les petites
14:24et les moyennes entreprises.
14:25Il faut mettre une TVA sociale,
14:26comme ça, on pourra peser moins
14:28sur le coût du travail
14:29et on aura des salaires
14:30plus élevés.
14:31Mais le coût du travail ne fait pas tout.
14:32L'investissement dans la recherche
14:33et les emplois de qualité...
14:35Oui, l'investissement,
14:36il faut de l'argent.
14:37Mais de l'argent,
14:38visiblement, il y en a.
14:39Je vois qu'il y a des indicateurs
14:42qui se portent bien.
14:42Dans les PME,
14:43dans les entreprises familiales.
14:43Attendez,
14:44le nombre de milliardaires expose.
14:45Chaque jour,
14:46un milliardaire de plus
14:47sur la planète, etc.
14:48C'est une réponse facile.
14:49Pas vous, François Amoury,
14:50c'est une réponse facile.
14:50Un peu démago ?
14:51Pourquoi pas être un peu démago ?
14:52Parce que je pense
14:54que la situation est suffisamment...
14:55Non, la situation,
14:56elle est grave.
14:56Vous avez raison.
14:57Il faut être sérieux.
14:57Revenons sur le travail.
14:58Justement, sur le chômage des jeunes.
15:01Il y a une proposition sur la table.
15:03Le président du MEDEF
15:04qui est revenu,
15:04alors c'est un peu
15:05retour vers le futur,
15:06comme vous disiez à l'instant,
15:09avec son CDI jeune.
15:10Il y a une branquage généralisée
15:11de tout le monde.
15:12Là, il a dit dans une interview
15:14au Parisien,
15:14il a dit,
15:17la CFE, CGC,
15:18qu'est-ce que vous proposez
15:19pour qu'il n'y ait pas
15:20autant de jeunes ?
15:22Vraiment, c'est incroyable.
15:24C'est le chômage des jeunes.
15:25On devrait tous être absolument
15:26sur le pont
15:28pour essayer de trouver une solution.
15:30Moi, une proposition,
15:30je vous en fais.
15:31Oui, alors allez-y.
15:32Le problème qu'on a,
15:33c'est que,
15:34vu du côté du patronat,
15:35et ce n'est pas Patrick Martin,
15:36je vois qu'il s'affiche en grand
15:37devant moi,
15:37c'est très impressionnant,
15:39mais avec Patrick Martin,
15:40je n'ai pas de problème.
15:41On en discute très franchement.
15:42J'ai plus de problèmes
15:43avec le MEDEF
15:44en tant qu'organisation.
15:45Le problème qu'on a
15:46avec le MEDEF,
15:47c'est que le taux d'emploi
15:48des jeunes est très mauvais.
15:50Donc, que nous dit le patronat ?
15:51Soit ils sont mal formés,
15:52soit ils coûtent trop cher.
15:53Ce n'est jamais de leur faute.
15:55Moi, je vais leur dire,
15:56OK, il n'y a pas de problème.
15:57Donc, dites-nous
15:58quel est le besoin
15:59qu'il faut satisfaire.
15:59Mais ils ne sont pas responsables
16:00de la formation, forcément.
16:01Vous voyez.
16:02Ah.
16:03Du coup, ils disent,
16:03il faudrait qu'on s'insère
16:05beaucoup plus loin
16:05et de façon beaucoup plus précoce
16:08dans le contenu des formations.
16:10Moi, je dis qu'ils ont
16:11Il y a déjà eu de réformes.
16:12Moi, ce que je dis,
16:13c'est que quand on a
16:13le permis de conduire,
16:14on ne sait pas conduire.
16:15Tout le monde sait ça.
16:17Moi, ce que je pense
16:18qui serait très positif,
16:19c'est de restaurer
16:20ce qui existait, au passage,
16:21dans les entreprises
16:22à une certaine époque,
16:23de restaurer un dispositif
16:25par lequel les entreprises
16:26qui embauchent des jeunes
16:27auraient les moyens
16:29de les mettre en formation.
16:30C'est un peu la réforme
16:31de l'apprentissage.
16:32Non, l'apprentissage
16:33était pendant les études.
16:35Moi, je vous parle
16:35d'embaucher quelqu'un
16:36qui a terminé ses études,
16:38que l'entreprise embauche
16:39et dont elle sait,
16:40a priori,
16:41qu'il va lui falloir
16:42deux, trois ans,
16:43cinq ans peut-être
16:44pour monter en compétence.
16:45C'est le CDI jeune ?
16:46C'est pas du tout
16:47le CDI jeune.
16:47C'est pendant trois ans
16:48la possibilité
16:50de renvoyer le jeune.
16:52Non, c'est un contrat précaire.
16:54Moi, ce que je dis,
16:55c'est qu'on pourrait proposer
16:56un dispositif
16:57qui fait que les entreprises
16:58qui embauchent des jeunes
16:59seraient aidées
17:00pour mettre en place
17:01des moyens de formation
17:02pour que, justement,
17:03ce ne soit pas
17:04à la charge de l'entreprise,
17:05en tout cas,
17:05qu'elle soit en grande partie aidée
17:07pour pouvoir faire monter
17:08en compétence ces jeunes,
17:09quel que soit leur référentiel
17:10de compétence et de diplôme,
17:12à l'intérieur de l'entreprise.
17:13Nous, ce qu'on dit
17:14à la CFE-CGC,
17:15ce qu'on dit depuis des années,
17:16depuis toujours, en vérité,
17:17c'est que le meilleur endroit
17:19pour former les gens,
17:20c'est dans l'entreprise.
17:21Cette espèce de fantasme
17:22qui est de dire
17:23que quand les gens
17:24sont privés d'emploi,
17:25qu'ils sont à la recherche d'emploi,
17:26il faut former
17:27le mouton à cinq pattes
17:28pour qu'il puisse correspondre
17:30comme une pièce de puzzle
17:31exactement à la demande,
17:32ça ne marche pas.
17:33Ce qui compte,
17:34c'est le désir de travailler,
17:36le désir d'aller vers
17:37telle ou telle entreprise
17:38et quand on rentre
17:39dans l'entreprise,
17:40on n'est pas forcément au top
17:41et à ce moment-là,
17:42il faut prendre en charge des gens
17:43et il faut pouvoir
17:44les faire monter en compétence.
17:45Vous êtes d'accord
17:45que le désir de travailler,
17:46aujourd'hui,
17:47chez certains jeunes,
17:48il est moindre,
17:49on voit bien les nids
17:50qui sont loin absolument de tout.
17:52Ok, alors on en parle aussi de ça,
17:54pourquoi pas ?
17:54Pourquoi, effectivement,
17:56il y a, c'est possible,
17:57moi je ne vais pas vous l'affirmer ici,
17:59mais je suis assez d'accord
18:00pour constater
18:01qu'on a une problématique
18:03d'attachement à l'entreprise
18:04qu'on pourrait appeler
18:05le désir de travailler.
18:06Moi, je peux vous dire,
18:07pour en connaître beaucoup,
18:08qu'entre 25 et 30 ans,
18:10le désir de travailler,
18:11de faire des choses,
18:11il est bien là.
18:12Il n'y a pas de problème
18:13de motivation.
18:14Par contre,
18:15il y a visiblement
18:16un problème d'attachement
18:17à l'entreprise.
18:17Est-ce qu'on ne pourrait pas
18:18en parler de façon sereine
18:19avec le patronat
18:20sans s'envoyer des anathèmes ?
18:22Est-ce que moi,
18:23je ne pourrais pas poser des questions
18:24à Patrick Martin,
18:25à Mireza Tofighi,
18:26à Michel Picon ?
18:29Leur dire,
18:29attendez,
18:29peut-être que votre discours
18:30depuis des années,
18:32ça a finalement déshabitué
18:34les gens à venir chez vous.
18:35C'est exactement les propos
18:36du reste que tenait
18:37le président de Renaud hier.
18:39Vous avez une réunion,
18:41là, demain, je crois,
18:44sur la réforme
18:44de l'assurance chômage,
18:45justement,
18:45avec un deadline
18:46que je crois
18:47qui est le 25 février.
18:48Donc, vous avez grosso modo
18:4915 jours pour trouver
18:50une solution.
18:51Un, où est-ce que vous en êtes ?
18:52Et dans ces réunions,
18:53pourquoi vous ne parlez pas,
18:54justement,
18:55des CDI jeunes,
18:57comment faire, etc.
18:58Pourquoi vous n'en parlez pas
18:59entre vous ?
19:00Le problème de la négociation actuelle,
19:02c'est une négociation
19:03qui est quand même
19:04relativement codifiée
19:06puisqu'elle est à l'intérieur même
19:07de la convention inédite
19:09dite assurance chômage.
19:10Avec un cadrage,
19:11c'est vrai,
19:12on l'a demandé,
19:12relativement large de l'État,
19:14pour des raisons
19:15assez inexplicables,
19:16je dois vous le dire,
19:16le patronat unanime
19:17a demandé
19:18à ce que les contraintes
19:19de l'État
19:19soient multipliées
19:20par 2,5,
19:21passer de 400 millions
19:22d'économies à faire
19:23à 1,2...
19:24Parce qu'ils sont responsables ?
19:25Moi, je vous montre un graphique,
19:27on le voit de loin,
19:28mais je vais vous montrer
19:29ce graphique qui existe.
19:29Montrez à la caméra, oui.
19:30Et je vous demande,
19:31tous les gens qui regardent,
19:32y compris les journalistes,
19:34allez chercher dans l'UNEDIC,
19:35c'est un document UNEDIC.
19:36Ce document,
19:37c'est tout simplement
19:38le solde de l'assurance chômage
19:39par type de dépense
19:40entre 2008 et 2027.
19:42Et on y apprend
19:43qu'en fait,
19:43le solde de l'assurance chômage,
19:45il a toujours été positif,
19:47et y compris les dernières années,
19:48de l'ordre de 10 milliards d'euros.
19:50Ça, c'est le solde
19:51des cotisations
19:52versus les allocations versées.
19:55Tout le reste,
19:56ce qui crée le déficit,
19:57ce sont des charges
19:57que l'État fait peser
19:59sur le régime
19:59et qui ne font qu'augmenter.
20:01Le financement
20:02de France Travail,
20:04le financement
20:06d'assurance chômage
20:06pour les frontaliers,
20:08l'État qui a prélevé
20:0912 milliards !
20:1112 milliards !
20:12Il a prélevé en 4 ans,
20:13quand même,
20:13l'État sur l'assurance chômage.
20:15Il y a le financement
20:16du chômage partiel,
20:1718 milliards.
20:18C'est l'assurance chômage
20:19qui a payé.
20:20Donc, il faut tout dire.
20:21Moi, je veux bien négocier
20:22pour économiser 400 millions
20:23et taper sur la tête
20:24à ces pauvres chômeurs
20:25dont, par ailleurs,
20:26vous l'avez remarqué tout à l'heure,
20:27le nombre augmente.
20:28Mais il faut se poser
20:29les bonnes questions.
20:30On négocie entre nous.
20:31Il serait bon qu'entre nous,
20:33on pointe du doigt
20:34le vrai responsable
20:35de la problématique financière
20:36de l'assurance chômage.
20:37Est-ce qu'il y aura,
20:37François Omrile,
20:38est-ce qu'il y aura
20:39vous allez accoucher
20:40de quelque chose
20:41avant le 25 février ?
20:42Sinon, c'est l'État
20:43qui reprend la main
20:43comme d'habitude.
20:45Vous connaissez mieux
20:45que moi le système.
20:46Oui, l'État,
20:47il reprend la main
20:47et puis après,
20:48il file des baffes.
20:49Ça, il sait bien faire.
20:50Par contre,
20:50avoir des idées intelligentes...
20:52Bon, moi, je ne désespère pas
20:53qu'on arrive à trouver un accord.
20:55Je ne désespère pas
20:56qu'on arrive à en trouver un.
20:57Il est peu probable
20:58que la CFE-CGC
20:59le signera
21:00dès l'instant
21:01qu'il y aura toujours dedans
21:02les dispositions discriminatoires
21:03anti-cadres
21:04qui concernent
21:05la dégressivité
21:06des allocations
21:06pour les cadres.
21:07Parce que je veux rappeler ici
21:09qu'il y a bien
21:10une population
21:10qui solvabilise
21:12l'assurance chômage
21:12par ses cotisations.
21:14Ce sont bien les cadres
21:14et les membres
21:15de l'encadrement.
21:16Il n'y a pas de raison
21:16de les désigner
21:17et de les discriminer
21:18à la sortie.
21:19Je trouve ça absolument
21:20révoltant et scandaleux.
21:21Et depuis six ans
21:22que ça a été imposé
21:23par l'État,
21:24je veux que ça sorte.
21:25Mais indépendamment
21:26de cette question-là,
21:27moi, je pense que
21:28si on regarde
21:29la question des contrats courts,
21:30qui est quand même
21:31la question sur laquelle
21:31on peut intervenir
21:32de la façon la plus facile,
21:34moi, je proposerais effectivement
21:36que le contrat court
21:37cotise à l'assurance chômage
21:38ce qu'il coûte
21:39à l'assurance chômage,
21:40il coûte plus de 4 milliards
21:41d'euros par an,
21:42les contrats de un jour
21:43à une semaine.
21:44Et ce ne serait pas compliqué,
21:46à mon avis,
21:46de mettre en place
21:47un dispositif
21:48qui serait autorégulateur
21:49et qui pourrait faire
21:50faire des économies
21:51allant jusqu'à 2 milliards
21:53d'euros
21:53à l'assurance chômage.
21:54Ok, rupture conventionnelle.
21:56Ah, rupture conventionnelle,
21:58on a un problème.
21:59On a un problème
21:59parce que finalement,
22:00que nous dit le patronat ?
22:01Et bon, honnêtement,
22:03je ne l'écrois pas.
22:03Le patronat,
22:04il dit que ça coûte trop cher,
22:04mais en même temps,
22:05il reconnaît que ça quand même,
22:06parce qu'il y a quelque chose
22:07qui fonctionne
22:08au sein d'entreprise.
22:09Non, non, le patronat,
22:09il ne dit pas que ça coûte trop cher,
22:11ce n'est pas ça.
22:12Le patronat, il dit
22:12j'en ai marre
22:13des gens qui veulent démissionner
22:15et qui veulent s'en aller
22:17et qui nous demandent
22:17une rupture conventionnelle
22:18et quand on leur refuse,
22:20ils se mettent en arrêt
22:20de maladie.
22:21C'est de ça qu'ils en ont marre.
22:22Il faut dire les choses franchement.
22:24Peut-être qu'on peut regarder ça
22:25entre nous, posément.
22:26Pourquoi est-ce que ce dispositif arrive ?
22:28Pourquoi est-ce que,
22:29à l'envers,
22:30quand un employeur veut
22:32se séparer d'un salarié,
22:33il lui propose
22:33des ruptures conventionnelles
22:34parce que c'est moins risqué
22:35pour lui.
22:36Pour quelqu'un
22:37qui s'apprête à démissionner,
22:39c'est moins risqué
22:40d'avoir une rupture conventionnelle
22:41parce que la zone
22:43dans laquelle il va s'engager
22:45est une zone risquée.
22:46Moi, je suis d'accord
22:47pour qu'on parle de tout ça.
22:48Il y a eu une époque
22:49où ça n'existait pas
22:50la rupture conventionnelle.
22:50Donc, probabilité
22:51qu'on arrive ou pas
22:52que vous arriviez
22:53à un accord le 25 février.
22:55Je dirais que c'est du 50-50.
22:57Vous voyez comme je suis.
22:58On va mettre un peu
22:59de pression dans le système.
23:00C'est votre côté normand, là.
23:00C'est un côté peut-être
23:01bien que oui, peut-être bien
23:02que non, non ?
23:03Non, non, non, non.
23:04Je pense que...
23:05Moi, je vais vous dire
23:05que je suis un peu mal à l'aise
23:07parce que je considère
23:09qu'on n'a pas sur ce sujet-là
23:11des échanges correspondants
23:13à la réalité du dispositif.
23:15Je vous annonce
23:16qu'à la CFE-CGC,
23:17on va produire un document
23:19qui va faire une soixantaine
23:20de pages
23:20qu'on a fait en collaboration
23:22avec Bruno Coquet,
23:23spécialiste mondial
23:24des régimes d'assurance chômage
23:25qui vient souvent sur ce plateau
23:27et qui vraiment
23:28met à bas
23:29tout un tas d'idées reçues
23:30sur le sujet.
23:31Moi, j'espère que tous les politiques
23:33vont le lire.
23:34Ça va les rendre plus intelligents.
23:35Vous me direz,
23:35il y a du travail,
23:36mais en tout cas,
23:37ça va élever le niveau du débat
23:38sur la question
23:39de l'assurance chômage.
23:40D'accord.
23:41Juste,
23:41c'est la grande conférence
23:42à laquelle ne participe pas
23:44justement le MEDEF
23:45sur les retraites
23:46et le travail.
23:48Ça sert à quelque chose
23:49ou c'est juste
23:49à une sorte de think tank
23:50pour préparer
23:52la présidentielle, justement ?
23:54Non, c'est pas du tout...
23:56Non, je ne le vois pas
23:56du tout comme ça.
23:57Moi, je n'ai pas du tout
23:58l'intention de participer
23:59à quoi que ce soit
23:59qui se ressemblerait
24:02à une écurie
24:02pour préparer
24:04la présidentielle.
24:05Ça sert à quoi,
24:05cette conférence ?
24:06Cette conférence,
24:07elle sert sur des sujets
24:08qui sont quand même
24:09un peu tendus aujourd'hui.
24:10Le travail,
24:11l'emploi,
24:11la retraite
24:12a convoqué
24:14toutes les personnes
24:16qui peuvent avoir
24:16un avis sur le sujet,
24:18qui sont des acteurs,
24:18en fait.
24:19Bon, c'est vrai
24:20qu'au niveau
24:21de la mise en œuvre,
24:22on a parfois
24:23l'impression
24:24qu'on pourrait aller plus vite,
24:25être un peu plus dense
24:26et avoir une expression
24:27qui a le mieux
24:28à l'extérieur.
24:29Mais moi,
24:29je ne fais de procès
24:30d'intention à personne.
24:31J'ai rencontré
24:31le ministre du Travail
24:32la semaine dernière.
24:33Je le sais,
24:34très engagé
24:34sur le sujet.
24:36C'est quelqu'un
24:36qui n'a pas
24:37d'agenda politique.
24:38Il prend son risque
24:39en mettant en place
24:40cette conférence.
24:40Moi, j'ai envie
24:41de la soutenir
24:42et j'ai envie
24:42que ça produise
24:43un résultat partagé.
24:44D'accord.
24:44OK.
24:45On peut dire un mot
24:46de votre succession
24:48parce que pour une fois,
24:50c'est quand même
24:51un peu tendu.
24:51C'est une succession,
24:53on dit que certains
24:55sont trop proches
24:56du Rassemblement national,
24:58trop à droite.
25:00Qu'est-ce que vous allez faire ?
25:01Vous allez faire jouer
25:01le juge de paix ?
25:02Vous allez vous représenter ?
25:03Qu'est-ce que vous allez faire ?
25:04Non, je ne vais pas
25:05me représenter.
25:06Donc, effectivement...
25:07Il y a deux candidats,
25:08vous vous rappelez.
25:08Il n'y a que deux candidats.
25:09À l'élection présidentielle,
25:10je crois qu'il y en a déjà 57.
25:12Oui, mais restons
25:13sur l'élection
25:13de la CFE-CGC.
25:14Il y a Christelle Chéphine
25:16et puis il y a Frédéric Guyonnet.
25:18Au moment où je vous parle,
25:19il y a deux candidats
25:19qui représentent chacun
25:22un syndicalisme
25:22tout à fait honorable
25:24et qui sont...
25:26Il y en a un ou une
25:26qui est trop proche
25:28de l'extrême droite ?
25:30Moi, j'ai envie de dire,
25:31chacun se fait son avis
25:32sur le sujet.
25:33Je veux réaffirmer,
25:34comme je l'ai fait d'ailleurs
25:35vis-à-vis de mes fédérations
25:36la semaine dernière,
25:37mardi,
25:38la CFE-CGC
25:39est une organisation
25:40totalement indépendante
25:41de tous les partis politiques
25:43et quiconque voudrait
25:44demain exercer
25:46des responsabilités
25:47dans mon organisation
25:48la CFE-CGC
25:49et à ce titre
25:50afficherait des préférences
25:52vers tel ou tel bord
25:54ferait fausse route
25:55et serait définitivement
25:56disqualifiée
25:57à mes yeux
25:58et je le pense
25:59aux yeux de l'organisation.
26:00Et donc,
26:01qu'est-ce qui va se passer là ?
26:03Vous essayez de...
26:04En fait,
26:05il y a deux choses.
26:05Soit les deux équipes
26:06vont au congrès
26:07et puis on aura un congrès
26:09avec une élection souveraine.
26:09La date est exacte
26:10c'est en juin ?
26:10C'est juin, c'est ça ?
26:11C'est mi-juin ?
26:11C'est le 10 juin exactement.
26:13Peut-être d'ailleurs
26:13serez-vous présents.
26:14À ce moment-là,
26:15je vous passerai
26:15ma dernière interview.
26:17Vous dédicacerez mon discours.
26:18Le rendez-vous est pris.
26:19Vous m'avez si bien reçu
26:19sur votre plateau.
26:21Non.
26:21Soit les équipes fusionnent
26:22d'une certaine façon
26:23ce que je pense
26:24on peut souhaiter.
26:26Soit les équipes
26:27vont au congrès
26:28en l'occurrence
26:28Frédéric Buillonnet
26:30et Christelle Thieffine
26:31et le congrès souverain
26:32tranchera.
26:33Ça m'est déjà arrivé
26:34moi-même de me présenter
26:35vous le savez en 2013.
26:36À l'époque,
26:37je n'ai pas gagné.
26:38J'ai gagné en 2016.
26:39Est-ce qu'il y a
26:39entre 3 minutes et 3 secondes
26:41et est-ce qu'il y a
26:41vraiment une tentation
26:43notamment au niveau
26:44des cadres,
26:44des agents de maîtrise
26:45une tentation
26:46vers l'extrême droite
26:48vers le Rassemblement National ?
26:49Est-ce que vous l'observez vous ?
26:51Alors non,
26:51les statistiques
26:52sont à ce titre
26:53assez claires.
26:54Il y a des sondages
26:55qui sont faits en permanence.
26:56Oui mais vous,
26:56c'est à la CFE-CGC ?
26:57Les catégories
26:58qu'on représente nous
26:59à la CFE-CGC
27:00ne sont pas plus
27:00ni moins touchées
27:01que les autres
27:01plutôt inférieures
27:03à la moyenne.
27:03Là encore,
27:04je n'ai pas de jugement
27:05de valeur à faire
27:06sur ce sujet-là
27:07parce que si je faisais
27:08un jugement de valeur,
27:10j'afficherais quoi que ce soit
27:11d'une forme d'attachement
27:13à tel ou tel courant politique.
27:15La société est ainsi faite
27:16que chacun peut choisir
27:19en toute liberté
27:20à quel mouvement politique
27:21elle adhère
27:22mais dès l'instant
27:23qu'elle est à la CFE-CGC,
27:25elle affiche son attachement
27:26aux valeurs de la CFE-CGC
27:28et moi je ne défends
27:29que celle-ci.
27:29Voilà,
27:30on a compris
27:30qu'il y a déjà
27:31quelques petites lignes
27:32de conduite
27:33qui sont affichées.
27:34Merci François Ambré.
27:35Merci beaucoup
27:35de cette invitation.
27:36François Ambré,
27:38le président de la CFE-CGC
27:39était donc notre invité
27:40dans un instant.
27:41C'est la journaliste
27:42Raphaël Baquet,
27:43le journaliste
27:43Damien Leloup
27:44qui publie un livre
27:45passionnant
27:45de nouveaux maîtres
27:46Albain Michel.
27:47Vous allez voir,
27:48ça fait un peu froid
27:49dans le dos,
27:49c'est ceux qui nous gouvernent
27:50avec nos smartphones,
27:53c'est vraiment
27:53les seigneurs de la tech.
27:54A tout de suite.
27:55Business et la tribune
27:56présente
27:57Le 18-19
28:00d'Edwin Chevrillon
28:02Retour dans le 18-19
28:07avec mes invités
28:08avec qui on va parler
28:09de ces seigneurs
28:10de la tech,
28:11ceux qui sont dans nos têtes,
28:13qui sont sur notre bureau,
28:14bref,
28:14qui sont un peu partout.
28:15On en parle avec
28:16Raphaël Baquet,
28:17Damien Leloup
28:18et puis il y a aussi
28:19Alexandre Picard
28:20qui n'est pas là
28:20mais qui a aussi signé
28:21le livre,
28:22nos nouveaux maîtres
28:22et c'est donc
28:23chez Albain Michel.
28:24Bonsoir Raphaël,
28:25bonsoir Damien.
28:26Bonsoir.
28:26Merci d'être là,
28:27vous êtes évidemment
28:28journaliste au Monde.
28:30Raphaël Baquet,
28:30on sait qu'on vous avait
28:31vu plusieurs fois ici
28:33dans nos locaux,
28:34vous avez écrit
28:34beaucoup de livres
28:35justement sur les successions,
28:37sur les familles
28:38et là vous vous attachez
28:40avec Damien Leloup
28:41qui est le spécialiste
28:42de la tech au Monde,
28:44vous vous attachez
28:45sur les Elon Musk,
28:47les Jeff Bezos
28:48qu'on n'arrive pas
28:49de voir aujourd'hui
28:51parce que maintenant
28:51ça devient des icônes
28:52de mode.
28:54Ma question c'est
28:55quand vous regardez
28:57ce qui se passe là
28:58avec l'affaire Epstein,
29:00est-ce que pour vous
29:01il fait partie
29:02de ces nouveaux maîtres
29:03que vous décrivez
29:04si bien dans votre livre,
29:06est-ce que c'est
29:07une espèce d'aristocratie
29:08de l'argent,
29:09de la tech,
29:10de Wall Street
29:11qui s'est créée ?
29:12Epstein était le roi
29:14pour repérer
29:14ceux qui avaient du pouvoir
29:16et les mettre
29:17dans son carnet d'adresses.
29:18Oui, Bill Gates
29:19qu'on voit partout,
29:20Elon Musk.
29:20Il a effectivement repéré
29:21parmi ses patrons de la tech
29:23ceux qui arrivaient
29:24justement au pouvoir.
29:25Donc, Bill Gates,
29:26Elon Musk,
29:27Peter Thiel
29:28qu'il a effectivement
29:29sollicité
29:30de façon plus ou moins
29:31poussée
29:32pour les uns
29:33et les autres.
29:34Mais ça montre
29:34à quel point
29:35ces hommes
29:36qu'on avait encore gardés
29:38à l'esprit
29:38comme les garçons cools
29:40qui bidouillaient
29:41leurs ordinateurs
29:42dans leur garage,
29:42en fait,
29:43ils sont devenus
29:43évidemment
29:44les nouveaux seigneurs
29:46d'aujourd'hui.
29:46Oui, c'est clair.
29:48Mais en plus,
29:48ce que vous dites,
29:49c'est que,
29:50là, je vous cite,
29:51chacun accepte désormais
29:52volontiers
29:53de voir se rétrécir
29:55en espace personnel
29:57sa souveraineté
29:58au profit
29:59justement
30:00de ces nouveaux maîtres
30:01que vous décrivez.
30:03Alors, d'abord,
30:03la photographie de famille,
30:04elle part d'où, en fait ?
30:05C'est l'investiture
30:06de Donald Trump.
30:07C'est ça qui a déclenché
30:08l'idée de ce livre
30:10ou pas ?
30:10On les voyait tous
30:11comme les petits garçons
30:12à côté.
30:13En grande partie,
30:14effectivement,
30:14parce que c'est vrai
30:15que le rapprochement
30:17avec Donald Trump
30:18d'une grande partie
30:18de ses patrons,
30:19il ne date pas
30:19de l'investiture,
30:20bien sûr.
30:21Certains ont participé
30:22financièrement à sa campagne.
30:24C'est vrai que, là,
30:24la photo semble
30:25des photos à l'investiture.
30:27C'est absolument fascinant
30:28parce qu'on a quand même
30:28un ensemble de personnes
30:30qui sont là,
30:31qui, un an ou deux ans
30:32auparavant,
30:33étaient des soutiens
30:34des démocrates,
30:34finançaient les campagnes
30:35de candidats démocrates,
30:37se définissaient comme
30:38progressistes,
30:39au moins au niveau social,
30:40et qui, là,
30:41font acte d'allégeance
30:43envers le nouveau
30:44pouvoir conservateur américain.
30:45Donc, il y a un revirement, là,
30:47qui est politique,
30:48symbolique, économique,
30:50important à peu près
30:50de tous les niveaux,
30:51qui, effectivement,
30:52a été le principal point
30:53de départ de cette histoire
30:54qu'on avait envie de raconter.
30:56Et, il faut dire,
30:56c'était 20 janvier 2025,
30:58donc, c'est quasiment
30:59depuis il y a un an,
30:59enfin, un an et une semaine
31:01ou 15 jours.
31:03Après, on va rentrer
31:04dans le détail,
31:05mais, Raphaël Baquet,
31:05qu'est-ce que vous avez retenu ?
31:07Qu'est-ce qui vous a frappé ?
31:08C'est qu'ils essaient
31:09de nous imposer leurs valeurs ?
31:11C'est une idéologie ?
31:13Est-ce que vous iriez jusque-là ?
31:14Vous employez du reste
31:14le mot dans votre livre.
31:15Est-ce que c'est une idéologie ?
31:17Il y a même,
31:18même physiquement,
31:19ils se sont transformés.
31:20Aujourd'hui, il faut être refait
31:21pour faire partie
31:22de ce club très riche.
31:24Qu'est-ce que vous avez retenu ?
31:26Ce qui nous a frappés,
31:28c'est que, d'abord,
31:28ils sont parmi
31:29les plus riches du monde.
31:31Elon Musk
31:32est la première fortune mondiale.
31:34Donc, ensuite,
31:36ils ont un pouvoir,
31:37effectivement,
31:37c'est bien pour ça
31:38que nous l'avons appelé
31:39nos nouveaux maîtres.
31:40Ça nous agace
31:41qu'ils soient nos maîtres.
31:42Mais, de fait,
31:43ils le sont.
31:45Ils sont dans des industries
31:47qui maîtrisent nos données
31:49et une partie de nos vies.
31:51Les réseaux sociaux,
31:52bien sûr,
31:52ils produisent de l'information.
31:54Le commerce.
31:55Amazon
31:56est en position de monopole
31:57dans bien des secteurs.
31:59Les satellites,
32:00les réseaux de communication
32:02et de liaison
32:02entre les pays.
32:04Le militaire,
32:05qui, jusque-là,
32:06était l'apanage des États.
32:08aujourd'hui,
32:09effectivement,
32:10plusieurs d'entre eux
32:11ont des contrats
32:13avec les États.
32:14Ils possèdent
32:15une partie des données,
32:16en tout cas,
32:17de chacun d'entre nous.
32:19Et, de ce fait,
32:20ils ont un pouvoir
32:21tout à fait inédit.
32:22Oui.
32:23Mais c'est parce que nous,
32:24on n'a pas...
32:25Eux,
32:26ils ont anticipé ça.
32:27C'est ça,
32:27Damien Lelou.
32:28Ils ont vraiment anticipé
32:29ce que serait le monde de demain
32:31sans même que nous,
32:32on s'en rende compte
32:33et que personne d'autre
32:33s'en rende compte.
32:34C'est là.
32:35Ou quand même...
32:35Est-ce que ce sont des génies ?
32:38Aucune de ces personnes
32:40n'est devenue riche
32:41par hasard ou par accident.
32:42Alors,
32:43il y a un côté
32:43extrêmement visionnaire
32:45qui est très clair
32:46chez les fondateurs
32:47de Google,
32:47chez Mark Zuckerberg,
32:48le patron et créateur
32:49de Facebook,
32:50chez Elon Musk.
32:51Il y a aussi
32:52une certaine volonté
32:54ou capacité
32:55à prendre des risques
32:56parfois vraiment inconsidérés
32:58et à prendre des paris
32:59sur l'avenir
33:00qui, de temps en temps,
33:01réussissent.
33:02Ça a été le cas
33:02pour Elon Musk.
33:04Plusieurs de ces entreprises
33:05ont manqué
33:05de capoter dès le début,
33:07mais il a persisté
33:08jusqu'à atteindre
33:09un niveau de succès
33:09assez enviable,
33:10effectivement.
33:11Ce qui manque
33:12sur cette photo,
33:12ce sont aussi
33:13tous les entrepreneurs
33:14qui ont tenté
33:15des paris similaires
33:15et qui n'ont pas réussi.
33:16Il faut quand même être riche.
33:18Quand on voit
33:18Elon Musk,
33:19il a quand même donné
33:19270 millions de dollars
33:21pour la campagne.
33:23C'est petit bras
33:24quand on voit sa fortune,
33:25mais c'est quand même
33:26pas mal.
33:26C'est pas du tout.
33:27On refaisait le calcul
33:28au moment de clôturer le livre.
33:30Dans le top 10
33:31des 10 plus grandes fortunes mondiales,
33:33il y a 7 patrons
33:33de la tech américains.
33:35On est à un niveau
33:36de richesse
33:37et de concentration
33:38des richesses
33:39chez ces patrons
33:40de la Silicon Valley
33:40qui est rarement atteint
33:42dans l'histoire de la République.
33:42Est-ce que ce sont des gens
33:43qui sont corrompus ?
33:45Vous qui avez
33:46beaucoup enquêté
33:47Raphaël Baquet
33:48sur notamment
33:49notre capitalisme français
33:50ou sur d'autres.
33:51Est-ce que ce sont des gens
33:52corrompus,
33:53corrompus sexuellement
33:55ou avec l'affaire Epstein ?
33:58Est-ce qu'ils sont
33:59un peu corrompus ?
34:00Parce que s'ils font
34:01allégeance à Trump,
34:02c'est pas pour les beaux yeux
34:03de Trump, évidemment.
34:04Non, c'est pour leurs affaires.
34:06Ils utilisent leur argent
34:07et leur entregenre
34:09pour leurs entreprises,
34:11pour faire prospérer
34:11leurs entreprises,
34:12donc pour aussi
34:13améliorer encore
34:15leurs fortunes.
34:16Mais c'est d'abord
34:17pour ça,
34:18par esprit d'innovation.
34:20Ce qui est intéressant,
34:20c'est que ce ne sont pas
34:21des héritiers,
34:22tous ces hommes,
34:23ce sont des ingénieurs.
34:24Donc, ils ont créé
34:26quelque chose
34:26pour la plupart d'entre eux,
34:28enfin d'ailleurs
34:28pratiquement tous.
34:29Ils sont des innovateurs,
34:32ils ont parfois
34:32une idée,
34:34là, on voit
34:35ceux qui ont réussi,
34:36donc une idée
34:36quand même assez géniale,
34:38c'est vrai.
34:38et ils ont une vision
34:40du futur.
34:42C'est ce qui manque
34:43d'ailleurs probablement
34:44à l'Europe,
34:45nous n'avons pas assez
34:45innové en ce domaine.
34:47Mais eux,
34:48ils l'ont fait.
34:49Et donc,
34:50ils ont un pouvoir
34:51très important,
34:52ils ont une aura
34:53aussi dans la société
34:55et Donald Trump
34:57l'a compris
34:57peut-être mieux que personne,
35:00ils ont un pouvoir
35:01qui fait que
35:01l'alliance avec eux
35:03est une force supplémentaire.
35:05En plus,
35:07ils se connaissent tous,
35:08il y a une espèce
35:09de réseau
35:09que vous décrivez
35:10dans votre livre.
35:11Comment est-ce que
35:11vous avez enquêté ?
35:13Parce qu'à la limite,
35:13ce qu'on vient de dire là,
35:15on le dit,
35:16si on écoute
35:17BFM Business,
35:18Tech & Co,
35:19on le connaît.
35:20Comment vous avez fait
35:20pour enquêter ?
35:21Parce qu'il y a un peu,
35:22ce sont des gens
35:23avec qui il faut faire
35:24quand même très attention.
35:26Ils ont l'air tous
35:27très cools,
35:27mais en fait,
35:28pas du tout.
35:29Comment vous avez enquêté ?
35:30Vous avez été sur place
35:32pendant combien de temps ?
35:33Oui,
35:33Alors oui,
35:35moi je suis allée sur place
35:36et Damien et Alexandre
35:38suivent la Tech
35:38depuis longtemps.
35:40Moi je les ai suivis
35:41et je suis allée
35:41dans la Silicon Valley,
35:43mais c'est un milieu
35:43très verrouillé,
35:45évidemment.
35:45Ils font office
35:48de transparence,
35:50évidemment,
35:50tout le monde
35:51s'expose dans tous les coins,
35:53mais eux sont très verrouillés
35:54et leur cadre
35:55signe des contrats
35:56de confidentialité
35:57à la rallonge.
35:58Donc c'est difficile
35:59d'enquêter sur eux,
36:00mais on l'a fait
36:00et c'est pour ça aussi
36:01qu'on s'est mis à trois.
36:02Et puis par ailleurs,
36:03c'est vrai qu'on peut travailler
36:04sur ces personnages
36:05sans les voir eux-mêmes
36:07directement.
36:09Ils sont présents
36:09depuis très longtemps
36:10dans la Silicon Valley,
36:11donc il y a beaucoup de gens
36:11qui les connaissent bien,
36:13qui les ont rencontrés,
36:13qui les ont suivis,
36:14qui ont fait un bout de chemin
36:16parfois avec eux
36:16avant de se brouiller
36:17ou de s'éloigner.
36:18Il y a quand même
36:19un certain nombre de gens
36:19qui sont prêts
36:20à vous raconter
36:21des choses intéressantes
36:22sur ces grands patrons.
36:23Depuis combien de temps
36:24ont-ils pris conscience
36:27qu'ils sont nos nouveaux maîtres
36:30ou les nouveaux maîtres
36:31du monde ?
36:32Parce qu'on voit quand même
36:33une bascule avant,
36:33ils étaient sympathiques,
36:34ils étaient dans le petit garage,
36:35machin,
36:36il y avait des histoires,
36:37il y avait un récit,
36:38comme on dit aujourd'hui,
36:40très sympathique,
36:41assez fascinant.
36:42Aujourd'hui,
36:43on voit quand même
36:44qu'on est,
36:45on voit Jeff Bezos
36:46avec Laurence Sanchez
36:48dans tous les défilés de mode,
36:50totalement refaites
36:51dans tous les sens,
36:52etc.
36:53On sent qu'aujourd'hui,
36:55ils basculent vers autre chose.
36:56Ils basculent vers quoi ?
36:58Alors, eux,
36:59ils ont probablement
37:00pris conscience
37:00de leur pouvoir
37:01depuis longtemps.
37:02C'est nous
37:02qui n'avons pas pris conscience
37:04de ce pouvoir.
37:05Vous pensez qu'ils ont pris conscience
37:06de leur pouvoir
37:07du fait qu'ils étaient
37:07les maîtres du monde ?
37:09Mais de fait,
37:10de fait,
37:10il l'était.
37:11La prise de conscience,
37:12il y a une petite différence.
37:13Oui, d'abord,
37:14ils ne sont pas tous
37:15à la même enseigne,
37:16mais certains d'entre eux
37:17ont une vision politique
37:19de la société
37:20ou des États.
37:20Qui ?
37:21Par exemple,
37:22Peter Thiel,
37:23qui est le plus idéologue
37:24d'entre eux.
37:25Il est libertarien.
37:26Un libertarien,
37:27comme on dit,
37:28un concept
37:28qu'on ne comprend pas
37:29très bien en France,
37:30mais qui est celui
37:32qui a la vision idéologique
37:34la plus structurée,
37:36aboutie,
37:36la plus radicale aussi.
37:38Donc,
37:38lui,
37:39effectivement,
37:39ça fait longtemps
37:40qu'il existe
37:40dans le cercle trumpiste.
37:42Dès 2016,
37:43il était aux côtés de Trump.
37:44G.D. Vance,
37:45lui doit beaucoup
37:46de sa nomination
37:48comme vice-président.
37:49Donc,
37:50lui,
37:50il a une vision
37:50vraiment proprement politique.
37:53Mark Zuckerberg
37:54ou Jeff Bezos,
37:56c'est moins affirmé.
37:57Ils ont toujours été
37:58plus progressistes,
37:59mais de par leur entreprise,
38:02ils l'ont.
38:03L'un,
38:03structure,
38:04le commerce mondial
38:05et les satellites,
38:06Jeff Bezos.
38:06et Mark Zuckerberg,
38:09les systèmes
38:10de communication
38:11et d'information
38:12par les réseaux sociaux.
38:13Et puis,
38:13Amazon,
38:14c'est aussi les clouds.
38:15On parle sous le contrôle
38:16de Damien Leloup.
38:18On voit bien
38:18que les entreprises françaises,
38:20quand on parle
38:20de souveraineté numérique,
38:21ils disent,
38:21OK,
38:22excuse-moi,
38:22il y a AWS,
38:23le cloud d'Amazon.
38:24On en dépend beaucoup.
38:26Exactement,
38:26c'est un des problèmes
38:27qui fait qu'on parle
38:28beaucoup de souveraineté
38:29depuis un an,
38:30on va dire,
38:31dans le domaine numérique.
38:32Mais c'est vrai
38:32que se défaire
38:33de tout un tas
38:34de produits et de services
38:35qui ont été conçus
38:36par ces entreprises,
38:37c'est extrêmement compliqué.
38:39A fortiori,
38:39quand vous êtes
38:40une grande entreprise
38:41qui doit gérer
38:41des services en ligne importants
38:43ou même de manière
38:44très basique,
38:45si vous avez 500 postes
38:47de travail dans votre entreprise
38:48et que vous voulez
38:49vous débarrasser de Windows,
38:51bon courage,
38:51il va vous falloir
38:52un plan sur plusieurs années
38:53pour installer
38:54un autre système
38:55d'exploitation,
38:56former vos salariés.
38:57Donc voilà,
38:57c'est des choses
38:58qui ne peuvent pas
38:58se décréter
38:59d'un claquement de doigts
38:59comme ça.
39:00Il y a juste un petit point,
39:02mais parce que c'est intéressant,
39:03vous dites,
39:03parce qu'ils sont quand même,
39:05en fait,
39:05il y a une espèce
39:06de porosité
39:07entre l'univers
39:08de Donald Trump
39:09et l'univers
39:10de ces nouveaux maîtres
39:11de la tech
39:12et de la Silicon Valley
39:13parce que,
39:14vous le racontez bien,
39:15puis on les voit aussi
39:16d'aller à Mar-et-Lago
39:17où là,
39:18le critère
39:20pour être invité
39:20à Mar-et-Lago,
39:22il faut être refait,
39:23surtout pour les femmes
39:24mais aussi un peu
39:24pour les hommes
39:25et ça,
39:26c'est un critère nouveau
39:26parce que jusqu'à présent,
39:27c'était plutôt à Hollywood
39:28qu'on voyait ça,
39:29c'était pas tellement
39:30dans la politique
39:31et encore moins
39:32dans la tech.
39:33Et là,
39:33même eux,
39:34ils commencent à être
39:35pris au piège.
39:37Oui,
39:37alors c'est d'ailleurs
39:38un petit groupe
39:39assez particulier,
39:40très homogène
39:41dans le sens où
39:41ce sont tous des hommes,
39:43ils ont tous fait
39:46les grandes universités
39:47américaines,
39:48ils sont tous aussi
39:49des vrais geeks
39:50et Damien ne sait mieux
39:52que personne,
39:53ils adorent les jeux vidéo,
39:54la science-fiction,
39:55tout ce qui est
39:55la culture geek,
39:57ils se ressemblent
39:58d'une certaine façon,
39:59ils sont tous aussi
40:00bonan-malan
40:01de la même génération,
40:02enfin,
40:02quadra qu'un cas,
40:03disons.
40:04Donc,
40:05c'est intéressant
40:06et ils ont fait l'analyse
40:07qu'effectivement,
40:08désormais,
40:09le pouvoir avait basculé
40:10et ils se sont ralliés
40:11à Donald Trump.
40:12Ça en fait une catégorie
40:13et en même temps,
40:14ils sont en compétition
40:15entre eux,
40:16il n'y a pas d'amitié
40:17entre eux,
40:17ils se détestent.
40:18Il suffit de voir
40:18Google et Facebook,
40:19enfin,
40:20je parle sur le contrôle
40:21de Damien encore une fois,
40:22mais oui.
40:24Et donc alors,
40:25pour vous,
40:25il n'y a pas une espèce
40:27de,
40:29je ne sais pas,
40:29ça devient presque
40:30une secte,
40:30on a le sentiment.
40:32Secte,
40:33je pense que le mot
40:33est peut-être un peu fort,
40:34mais c'est vrai
40:35que pour une partie
40:37d'entre eux,
40:37il y a eu un rapprochement
40:39avec Donald Trump,
40:40en tout cas avec les idées
40:41de Donald Trump,
40:41qui a été rapide,
40:43particulièrement fort
40:44et particulièrement visible.
40:46C'est évidemment
40:46le cas d'Elon Musk
40:47qui était quand même
40:48jusqu'en 2018
40:49et encore même
40:50un peu après,
40:51étiqueté plutôt
40:51patron de gauche,
40:52progressiste en tout cas
40:53sur un certain nombre
40:54de sujets,
40:56très attentif
40:57à l'environnement,
40:58à tout un tas
40:58de problématiques.
40:59sans aller jusqu'à favoriser
41:02la création de syndicats
41:03dans ses usines Tesla,
41:04parce que ça,
41:04c'est un autre sujet.
41:05On en est encore
41:06un peu loin.
41:07Et voilà,
41:08il a fait en quelques années
41:09à peine un virage
41:10quand même assez impressionnant
41:12à la droite de la droite
41:13où il dit même parfois
41:14des choses qui sont
41:14à la droite
41:15de ce que défend Donald Trump.
41:16Donc, il y a quand même
41:17eu quelque chose
41:18d'assez marqué et de fort,
41:19mais qui lui est un peu
41:20particulier,
41:21parce que comme le disait
41:21Raphaël,
41:22il y a aussi une partie
41:23du revirement
41:24qu'on observe
41:25qui est plutôt
41:26de l'ordre de la défense
41:27des intérêts personnels,
41:28voire d'une forme
41:30d'inquiétude
41:30ou de peur.
41:31Mark Zuckerberg,
41:32le créateur de Facebook,
41:34Donald Trump,
41:34dans son dernier livre,
41:35disait qu'il menaçait
41:36de le mettre en prison.
41:37Donc, il y avait quand même
41:38aussi des menaces
41:38assez directes
41:39qui comprennent les personnels.
41:40Justement,
41:41c'est ce que vous racontez,
41:42parce que c'est
41:42les premiers chapitres
41:43de votre livre,
41:44c'est sur cette...
41:46Sur...
41:47Sur Aliment.
41:48L'investiture,
41:49non, c'était
41:49sur Aliment.
41:51Alors, vous,
41:51vous ne parlez pas
41:52de Aliment,
41:52si je peux me permettre,
41:53c'est presque
41:53une démonstration
41:54de la soumission
41:55des rois de la tech
41:56à Donald Trump.
41:57Enfin, en tous les cas,
41:57c'est comme ça
41:58que c'est vrai
41:58qu'on l'a un peu interprété.
42:00Et ça ne les a pas gênés.
42:02C'est ça qui est quand même...
42:03Alors, ils étaient,
42:03comme vous venez de le dire,
42:04Damien,
42:04ils étaient dans des situations
42:05quand même,
42:07pour certains,
42:07très délicates,
42:08que ce soit
42:09Elon Musk,
42:10Mark Zuckerberg.
42:11Oui, c'est sûr.
42:12Ils sont pragmatiques.
42:13C'est un ralliement
42:14pour beaucoup d'entre eux
42:15tout à fait opportuniste.
42:16C'est pour ça, d'ailleurs,
42:17que cette photo,
42:18c'est aussi une photo de cour.
42:20On a l'impression,
42:21ça pourrait être une cour
42:22d'ancien régime,
42:23mais version moderne.
42:26Est-ce que,
42:26pour vous,
42:27le plus dangereux,
42:28c'est lequel, là-dedans ?
42:30Quel est celui qui a...
42:31Vous disiez,
42:32alors, Peter Thiel,
42:32il a un vrai projet politique,
42:34mais les autres,
42:35moins.
42:38En même temps,
42:38il y a quand même
42:39le rôle de Jeff Bezos,
42:40puisqu'on en parle beaucoup
42:41en ce moment
42:42avec le Washington Post,
42:43mais évidemment...
42:43C'est vrai que Peter Thiel,
42:44il a un vrai projet politique,
42:45mais il ne s'intéresse peu
42:46à l'Europe.
42:46Il était présent en France
42:48il y a peu,
42:48il vient régulièrement,
42:49mais ce n'est pas le cœur
42:50de ce qui l'intéresse.
42:51Elon Musk,
42:52il s'intéresse beaucoup
42:53à l'Europe
42:53et il est déjà intervenu
42:55à de multiples reprises
42:56directement dans la vie politique
42:58du Royaume-Uni,
42:59de la France,
43:00de la guerre...
43:00Il est introduit à l'Élysée,
43:02reçu...
43:04Et Musk est dans trois secteurs
43:06où il peut être puissant.
43:08À la fois les réseaux sociaux
43:09avec X,
43:10l'industrie automobile
43:11avec les voitures,
43:13bien sûr,
43:13et puis les satellites
43:14avec Starlink.
43:16Est-ce qu'ils ont des modes
43:17de fonctionnement
43:17qui sont très très différents ?
43:19On le voit,
43:20c'est la photo
43:20de la fameuse investissure,
43:21ils ont tous des têtes un peu...
43:22Mais du reste,
43:23c'était quoi ?
43:23C'était Peter Thiel ?
43:24Non, c'était le...
43:25Sam Altman
43:26de Open Array
43:28qui était dans la petite pièce
43:29derrière.
43:29Lui, il n'a pas eu le droit,
43:30il n'a pas dû sans doute
43:31payer assez
43:32pour la campagne
43:33de Donald Trump,
43:33il était dans une petite pièce
43:34derrière.
43:35Est-ce qu'ils sont très différents
43:37des grands capitalistes
43:40européens ou français ?
43:43C'est plutôt pour Raphaël
43:44qui a beaucoup...
43:45Oui, non mais...
43:46Oui, indéniablement.
43:47En quoi ?
43:48Bon, d'abord,
43:49leur industrie est différente.
43:50Non, ok.
43:50D'accord.
43:51Ça, c'est très important.
43:51Sur les comportements,
43:52sur le management,
43:53sur les hommes...
43:53Je vous l'ai dit tout à l'heure,
43:54ce ne sont pas des héritiers.
43:56Nous, nos grands patrons français
43:57sont en partie,
43:59pas seulement...
43:59Oui, en partie,
44:00pas tous.
44:01Non, bien sûr,
44:02mais en partie,
44:02plus souvent des héritiers
44:04avec une culture plus classique.
44:06Je n'établis pas
44:07hiérarchie entre les deux,
44:08bien sûr,
44:09mais ça,
44:11ça change quand même
44:12assez les choses.
44:15Eux-mêmes,
44:16dans leur mentalité,
44:17ils sont différents.
44:18Ils sont vraiment
44:19pour l'innovation
44:20à tout craint.
44:20Parfois, même,
44:22dans la vision de l'homme,
44:22ils sont transhumanistes,
44:24par exemple.
44:24Ils veulent l'homme augmenter.
44:26Ils veulent lutter,
44:27y compris contre la mort.
44:29Donc, ça,
44:30vous n'entendez pas
44:30ce genre de discours
44:31chez nos patrons français ?
44:32Non, c'est sûr,
44:33ils sont classiques peut-être,
44:34de ce point de vue-là.
44:34C'est peut-être une chance,
44:36parce qu'ils ont peut-être
44:37loupé des innovations.
44:39Mais sur le côté réseau,
44:41parce que vous racontez bien
44:43tout ça dans votre livre,
44:44encore une fois,
44:45chez nous,
44:46il y a des réseaux,
44:47mais ils ne sont pas aussi puissants
44:49que ceux que vous avez observés
44:51dans la Silicon Valley,
44:52non ?
44:53Non, parce que la Silicon Valley,
44:54c'est vrai que les réseaux
44:55sont très réduits.
44:57En fait,
44:57il y a un petit nombre
44:58d'acteurs clés
44:59qui sont pour la plupart
45:00totalement inconnus
45:00du grand public,
45:01puisqu'au-delà de ces patrons,
45:02il y a aussi un rôle majeur
45:03qui est joué
45:04par les fonds d'investissement,
45:05notamment André Sennorowicz,
45:07qui est un des fonds
45:07les plus puissants
45:08de la Silicon Valley,
45:09et dont les patrons
45:10ont eux aussi
45:11fait un rapprochement
45:12avec Donald Trump
45:13et soutiennent maintenant
45:14très largement
45:15la politique de Donald Trump.
45:16Donc, il y a tout un tas
45:18de micro-réseaux
45:19au sein de la Silicon Valley
45:20qui sont souvent
45:20des tout petits groupes.
45:22En fait,
45:23on ne se doute pas forcément
45:24vu d'Europe,
45:25mais la Silicon Valley
45:26est un village.
45:27Palo Alto,
45:28qui est l'endroit
45:28où vivent la plupart
45:29de ses patrons
45:31ou une résidence,
45:32c'est tout petit.
45:32C'est vraiment un endroit
45:34où vous pouvez croiser,
45:36si vous avez un peu de chance,
45:38ces grands patrons
45:39dans la rue.
45:40Oui,
45:41en même temps,
45:42en termes de management,
45:43c'est intéressant aussi.
45:44vous racontez,
45:45on le connaît,
45:46notamment pour Google,
45:47Facebook,
45:48vous avez accès,
45:49il y a un réseau interne,
45:50vous avez accès,
45:51je veux dire,
45:51le Big Boss,
45:52il répond,
45:52Sgeberg ou Eric Schmidt,
45:54il répondait à l'époque
45:55assez facilement,
45:57mais en même temps,
45:59il faut quand même,
46:00il ne faut pas sortir
46:01un peu des clous.
46:02On peut se permettre
46:02d'attaquer,
46:03mais c'est très codifié,
46:05bizarrement, non ?
46:05Oui,
46:06c'est un management
46:06faussement cool.
46:07Voilà, exactement.
46:08Tout le monde est en t-shirt
46:09et tout le monde est,
46:10effectivement,
46:11surtout chez Meta,
46:13donc Facebook,
46:14tout le monde est sur
46:14les groupes Facebook.
46:16Sans sur mesure,
46:16quand même,
46:17les t-shirts de Mark Zuckerberg.
46:18Oui, bien sûr,
46:19mais personne,
46:21effectivement,
46:22ne dit un mot
46:22plus haut que l'autre.
46:24Il y a,
46:24par exemple,
46:25à Facebook,
46:26un groupe interne
46:29où tout le monde
46:30a l'habitude
46:30de blaguer
46:31Mark Zuckerberg,
46:32mais les blagues
46:33sont très,
46:34très,
46:34très bien encadrées.
46:36Le jour de l'investiture,
46:38personne n'a dit
46:39un mot sur politique.
46:40Or, pourtant,
46:41le gros des troupes
46:42de Meta
46:43est plutôt démocrate.
46:44La seule chose subversive
46:46qui a été postée,
46:47c'est Zuckerberg
46:48louchant
46:48dans le décolleté
46:50de la femme
46:50de Jeff Bezos.
46:51Donc, vous voyez,
46:52ça reste très encadré.
46:54En vérité,
46:56il n'y a surtout pas
46:57de subversion
46:58et surtout pas
46:58de remise en cause
46:59du management
47:00et du patron.
47:01Il n'y a pas de syndicat,
47:02d'ailleurs,
47:03pour la plupart du temps.
47:04Oui, c'est ce que vous disiez
47:05tout à l'heure.
47:05Mais est-ce que
47:06vous avez le sentiment
47:08quand même
47:08qu'ils suivent
47:09cette conversion
47:12au trumpisme
47:13ou pas ?
47:14Ou au contraire,
47:15comme vous avez enquêté
47:17sur place,
47:17les dents grincent
47:18quand même
47:19très fortement ?
47:21Ça grince
47:21assez moyennement.
47:23Ah oui,
47:24non, non,
47:24mais ils peuvent être
47:25séduits aussi
47:25par le cas
47:26par Trump.
47:27Il n'y a pas vraiment
47:28de mystère là-dessus.
47:30La Silicon Valley,
47:31les employés votent
47:32à 85% démocrate,
47:34à peu de choses près.
47:35dans la plupart
47:35des élections locales.
47:37Et le seul résistant,
47:39si on peut dire,
47:40à Donald Trump,
47:41c'est le gouverneur
47:42de Californie.
47:42C'est une des grandes
47:44figures politiques
47:45nationales,
47:45effectivement,
47:46qui ose
47:46l'étendre tête aussi
47:47parce qu'il sait
47:48qu'il aura le soutien
47:49d'une partie
47:49de ses électeurs.
47:51Après,
47:51ça ne veut pas dire
47:52qu'il n'y a pas
47:54des gens
47:54qui sont très pro-Trump
47:56ou très pro-Elon Musk,
47:58par exemple,
47:59au moment du rachat
47:59de Twitter.
47:59Il y a une partie
48:00des employés
48:01qui accueillent
48:02le rachat
48:02avec beaucoup
48:02d'enthousiasme
48:03en se disant
48:03qu'il va donner
48:04un coup de pied
48:04dans la fourmilière,
48:05il va réformer,
48:06etc.
48:073-4 ans après,
48:08il tire un bilan
48:10qui est souvent
48:10un peu plus contrasté
48:12de son action.
48:12Mais voilà,
48:12ça existe aussi
48:13dans la Silicon Valley.
48:14Ça reste minoritaire.
48:15Mais par contre,
48:16s'opposer publiquement
48:17au sein de l'entreprise,
48:18encore une fois,
48:18dans les entreprises
48:19où la culture
48:19n'est pas d'être
48:20dans la confrontation
48:21par rapport à ses managers,
48:22en tout cas pas
48:23de manière publique,
48:24c'est assez compliqué
48:25à faire.
48:25C'est l'assurance
48:26d'être licencié.
48:27Les salaires sont énormes
48:28dans ces entreprises
48:29quand même,
48:30pour les cadres.
48:33plus vivent dans la Silicon Valley
48:34d'ailleurs,
48:35parce que la vie
48:35est quand même
48:36extrêmement chère.
48:36C'est déjà un peu le cas,
48:37c'est pour ça que certains
48:38vont au Texas,
48:39parce que c'est la côte
48:40pas très chère.
48:41Quand vous êtes revenus
48:43de là,
48:44Raphaël et Damien,
48:45vous vous êtes dit
48:46c'est quoi nos moyens
48:47de défense ?
48:47Est-ce que vous vous êtes dit
48:48on est cuit,
48:49on est mort,
48:50on n'a pas...
48:51C'est des gens
48:52qui sont complètement
48:52en rupture,
48:53vous voyez ?
48:54C'est peut-être ça
48:54qui nous manque.
48:55Nous, on est peut-être
48:56trop formatés,
48:57trop bien élevés,
48:58trop policés.
49:00Vous vous êtes dit quoi
49:01en rentrant en France,
49:02vous vous êtes dit
49:02oups, ça va être difficile ?
49:04On s'est dit
49:04on est en retard.
49:06Ça je vous remercie.
49:07Ça je pense que...
49:07On n'est pas mort,
49:09mais l'Europe a encore
49:11heureusement
49:11une forme de vitalité
49:14et puis de spécificité
49:15et de culture très forte,
49:17mais on est très en retard,
49:18ça c'est clair,
49:19et on dépend
49:20beaucoup trop d'eux,
49:21c'est ce que Damien disait,
49:22on manque d'autonomie.
49:25La souveraineté numérique,
49:26c'est difficile à atteindre.
49:29À court terme,
49:30c'est pas possible en fait.
49:31Il faut aussi...
49:32Et ils vous disent quoi
49:33de l'autre côté,
49:34les gens,
49:34enfin les salariés
49:35que vous avez rencontrés
49:36dans des studios
49:37ou dans les chambres d'hôtels
49:38planqués là,
49:39ils vous disent quoi
49:40par rapport à la France,
49:41quel regard ils portent
49:42sur la France,
49:43sur l'Europe,
49:43qui veut réguler,
49:44parce que nous on est
49:45les seuls à vouloir réguler,
49:46aux grandes dames notamment
49:47du président de la République,
49:49président de la République
49:49du président américain,
49:50pardon,
49:51ils disent quoi,
49:53ça les intéresse
49:54ou pas du tout ?
49:55Les débats sont assez étouffés,
49:57à la fois les débats
49:58sur la régulation,
50:00les réseaux sociaux
50:02et les enfants par exemple,
50:03la prégnance du numérique
50:05sur toute la santé mentale
50:07même de chacun,
50:08qui est le débat
50:08que nous,
50:09nous avons.
50:10Les débats sont là-bas,
50:12mais pas vraiment
50:12à ciel ouvert,
50:13les débats sur l'intelligence
50:14artificielle
50:15sont quand même
50:15assez importants,
50:18mais pas non plus
50:19incroyablement vifs,
50:21alors que nous sommes
50:21au cœur là-bas
50:22de la fabrication
50:24de l'intelligence artificielle,
50:26y compris
50:26d'une intelligence artificielle
50:29qui peut dépasser l'homme,
50:31voire éventuellement
50:32le menacer.
50:33Le maître
50:33de ces nouveaux maîtres,
50:35c'est l'argent
50:35ou c'est la tech,
50:36c'est l'innovation
50:37parce qu'ils sont drogués à ça ?
50:38C'est le pouvoir.
50:39Oui.
50:40C'est le pouvoir.
50:41C'est le pouvoir ?
50:41C'est les formes, oui.
50:43Oui ?
50:43Non, mais je n'aurais pas
50:44dit le pouvoir tout de suite.
50:45Aujourd'hui,
50:46ils ont le pouvoir,
50:46évidemment,
50:47mais je n'aurais pas dit
50:48que c'était la quête
50:50du pouvoir.
50:51Après le dixième milliard
50:52de dollars,
50:53globalement,
50:53votre vie ne change plus.
50:54De toute façon,
50:55qu'est-ce que vous allez faire
50:55de plus avec 30 milliards
50:56de dollars de plus ?
50:58Par contre,
50:59le pouvoir...
50:59La question se pose,
51:00ils vous diront, oui.
51:01Qu'il soit à l'échelle nationale
51:03ou qu'il soit même
51:03dans les rapports de force
51:04entre eux,
51:05où effectivement,
51:05l'argent sert aussi
51:06de marqueur
51:07pour regarder
51:08qui gagne la compétition,
51:10qui est féroce entre eux.
51:11Oui, là, c'est important.
51:12Il peut y avoir même
51:13une dimension un peu messianique
51:15avec l'idée que...
51:17C'est le cas pour Elon Musk.
51:18Qu'on va pouvoir
51:19éventuellement sauver l'humanité.
51:22La transférer ailleurs,
51:23sur une autre planète.
51:25Ce n'est pas juste burlesque
51:27pour nous, Français.
51:28Non, c'est une vraie réflexion.
51:31Oui, importante.
51:32Alors, juste pour terminer,
51:33parce que vous avez dit
51:34qu'ils sont des quadraques
51:36quinca, voire un peu sexa
51:38pour certains,
51:40vous qui avez écrit
51:41sur les successions,
51:42est-ce que la succession
51:43est une notion
51:45qui existe chez eux
51:45ou absolument pas ?
51:47Non.
51:47Non, c'est ça.
51:48Il n'y a pas question
51:49que ce soit un enfant...
51:50Peut-être que dans quelques années...
51:51Il y en a qui va vous contredire,
51:52Raphaël, mais bon.
51:53Mais en tout cas,
51:54pour l'instant,
51:55jamais ce n'est quelque chose
51:57qui est dit
51:58avec l'idée de
51:59je donnerai à mes enfants.
52:01Non.
52:02Il y a même l'idée,
52:02au contraire,
52:03il y avait tout un discours,
52:05bon, qui a un peu disparu,
52:06mais tout un discours
52:07sur je déshériterai mes enfants
52:08pour continuer l'entreprise
52:10en tant que telle
52:11et donner l'argent.
52:11Oui, c'est ce qu'a fait Béguer.
52:12Enfin, il n'a pas...
52:13Je lui remercie bien
52:13qu'il me déshérite
52:14comme ça,
52:16c'est-à-dire qu'il y a
52:16quand même quelques millions de dollars.
52:17Chacun d'entre nous
52:18devrait être déshérité de cette façon.
52:19Mais en même temps,
52:20c'est vrai que c'est une culture...
52:21Et eux, ils restent dans cette culture-là ?
52:24Pour l'instant, oui.
52:25Mais encore une fois,
52:26c'est une richesse
52:27qui s'est bâtie tout récemment.
52:29Il faut bien voir
52:31que cette culture
52:32de l'Internet,
52:34si on dit grossièrement les choses,
52:36elle a 40 ans,
52:36il a 45 ans,
52:37maximum.
52:38Et eux,
52:38ils ont fait leur fortune
52:39en 20 ans.
52:40Dernière question,
52:42je vois,
52:42parce que c'est la fameuse photo,
52:44donc le jour de l'investiture,
52:45on voit toujours à Elon Musk.
52:46Elon Musk,
52:46lui,
52:47il a franchi une étape.
52:48C'est-à-dire qu'il a...
52:50Bon, c'est Elon Musk,
52:51évidemment,
52:52mais lui,
52:53il a essayé de devenir politique
52:55avec un succès relatif.
52:57C'est un peu le seul.
52:58Très rare,
52:59effectivement,
52:59dans ce milieu
53:00où la politique
53:01n'est pas un sujet d'envie
53:03ou rarement.
53:05Il y a quand même
53:05un peu des contre-exemples.
53:07Mark Zuckerberg,
53:07même s'il s'en défendait
53:08à l'époque,
53:09il a vraisemblablement
53:10envisagé
53:11de se présenter
53:12pour une investiture
53:13à la présidentielle
53:14aux Etats-Unis.
53:15C'est une question
53:15qui lui est passée
53:16par la tête.
53:18Musk, lui,
53:18il a vraiment franchi
53:19un pas gigantesque
53:20en rejoignant directement
53:21les équipes
53:22du gouvernement Trump.
53:25Visiblement,
53:25il dit qu'il l'a beaucoup
53:26recrété par la suite
53:27parce qu'il s'est rendu compte
53:28que ce n'était pas
53:29il a payé cher.
53:31Sur le point industriel.
53:33Vous savez aussi bien
53:34que moi
53:34qu'Elon Musk
53:35dit vers le lundi,
53:37il peut dire orange
53:38le mercredi
53:38et rouge le vendredi
53:39donc moi,
53:40je n'exclue pas du tout
53:41le fait qu'il revienne
53:42fortement
53:43dans l'arène politique.
53:45Merci beaucoup
53:46de nous avoir fait partager
53:48ces nouveaux maîtres,
53:49de mieux connaître
53:49nos nouveaux maîtres
53:50même si ça donne
53:51un petit peu
53:52froid dans le dos
53:52parce qu'en plus,
53:53ce qui est bizarre,
53:53c'est qu'ils n'ont pas
53:53beaucoup de charisme.
53:54Vous voyez,
53:55on parle de politique,
53:56c'est pas des gens
53:56qui se disent
53:57ils vont nous emporter
53:58et puis en même temps
53:59c'est incroyable
53:59ce qu'ils ont réussi,
54:00il faut quand même
54:01le reconnaître.
54:02Merci beaucoup,
54:02merci Raphaël Bacquier,
54:03merci Damien Leloup
54:04dont vous publiez
54:05nos nouveaux maîtres,
54:07c'est chez Alba Michel
54:07et avec Alexandre Picard.
54:09Merci.
54:10Voilà,
54:10c'est la fin de ce 18-19,
54:11évidemment nous
54:12on se retrouve demain
54:13et là vous retournez
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