Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Dans son édito du 18/12/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Parce qu'il y a des tonnes de choses qu'on pourrait dire aujourd'hui à propos de cette séquence, en fait depuis hier, tout à fait passionnante de cette commission d'enquête sur l'audiovisuel public,
00:08j'aimerais d'abord dire, et simplement pour insister sur la chose, on est en ce moment dans un moment de dévoilement collectif, c'est-à-dire c'est un pouvoir, l'audiovisuel public, qui est immense et qui n'était jamais contesté frontalement.
00:22Il était contesté à la marge, mais rarement, on était devant ses dirigeants en les obligeant à se justifier.
00:28Non, pas rarement, grande première.
00:29Oui, en effet, c'est très juste. Mais première fois, or, qu'est-ce qu'on voit à travers cela?
00:33Charles Aloncle, qui est le rapporteur, est en ce moment, et sera encore plus demain et après-demain, la cible d'une campagne de diffamation, de dénigrement, de diabolisation, qui est déjà violente,
00:46donc on l'accuse en fait de dire n'importe quoi, on l'accuse d'être partial, et on comprend que le régime nomme déclaration partiale tout ce qui ne le célèbre pas.
00:54Donc je pense qu'on doit prendre cette commission pour ce qu'elle est, un moment inattendu de dévoilement d'un pouvoir qui ne tolère pas le moindre contre-pouvoir.
01:04Premier élément.
01:05Ensuite, on pourrait parler de Cohen-le-Grand qui était là aujourd'hui, mais qui n'était pas les plus intéressants, étrangement.
01:11Moi, je trouve les deux les plus intéressants, hier et aujourd'hui, c'est Sybille Veil, qui dirige Radio France, et Adèle Valery, qui dirige France Inter.
01:19Parce que les deux ont dû se justifier, justement devant Aloncle, par rapport à leur déclaration sur le progressisme.
01:25« Le progressisme qui va de soi, c'est un fait pour le service public. »
01:29Et Charles Aloncle leur pose la question très clairement.
01:32Il dit « Êtes-vous conscient qu'il s'agit d'une philosophie politique ? »
01:36Si quelqu'un disait « Il va de soi, par exemple, que France Inter est une radio conservatrice,
01:41est-ce que vous croyez qu'il y aurait la même unanimité ? »
01:44Est-ce que vous êtes conscient qu'en disant que vous êtes progressiste, vous avez une orientation idéologique ?
01:49Question toute simple.
01:50Et ce qui me fascine, à la fois chez Sybille Veil, mais aussi chez Adèle Valery,
01:55c'est soit, deux hypothèses, soit une inconscience totale de leur propre biais.
02:01Ils ne sont pas capables de comprendre que le progressisme, ce n'est pas le vrai V majuscule,
02:08que c'est une orientation philosophique et qu'il y en a d'autres en ce monde et qu'elles ont des conséquences différentes.
02:13Ou alors, ils nous mentent en plein visage, c'est-à-dire que c'est tout à fait possible que les deux savent très bien qu'elles sont biaisées,
02:18qu'elles sont très militantes, qu'elles sont orientées, mais décident de nous mentir au visage,
02:22parce que de toute façon, mentir n'est pas un problème.
02:25Alors, Mme Veil, par exemple, va nous dire pourquoi on dit que vous êtes progressiste.
02:31Elle nous répond, on comprend qu'elle s'attendait à la question.
02:34Elle nous demande où est le problème.
02:36Où est le problème, exactement ?
02:37Elle nous dit qu'il y a un livre, d'ailleurs, je n'ai pas trouvé le livre,
02:39je lui ai trouvé un article sur le Figaro Vox, mais elle dit qu'il y a un livre,
02:41« 50 nuances de progressisme ».
02:43Dans les faits, c'est un article du Figaro qui était consacré au dictionnaire du progressisme
02:49porté par Olivier Dard et quelques autres.
02:51Donc, j'invite les assistantes de Mme Sybille Veil à mieux travailler.
02:55Le titre d'un article de journal, « Ce n'est pas un livre ».
02:59Ensuite, il se peut que je ne l'ai pas trouvé, mais j'ai quand même cherché.
03:01Quoi qu'il en soit, donc, elle nous dit qu'il y a 50 nuances de progressisme.
03:05Et de progressisme, peut-être tant et tant de choses que vous trouverez nécessairement votre variété.
03:10Elle nous dit que le progressisme, d'ailleurs, c'est Victor Hugo.
03:13Vous n'êtes quand même pas contre Victor Hugo, vous n'êtes pas Victor-Hugophobe.
03:16Donc, vous n'êtes pas contre Victor Hugo, qui est lui-même progressiste.
03:20Dès lors, il y a une polysémie dans ce monde, il y a plusieurs sens.
03:23Donc, trouvez la définition qui vous convient.
03:25Progressiste de gauche, progressiste de droite, progressiste, progressiste, progressiste libéral,
03:28progressiste centriste, pourquoi pas ?
03:30Mais c'est un terme à ce point consensuel qu'il n'est pas possible de le remettre en question.
03:36Ça, c'était hier.
03:37On comprend, c'est toujours la logique de la gauche.
03:39La gauche, c'est la norme.
03:40Et si on est en désaccord avec elle, on est à droite.
03:43Et à droite, c'est déjà un problème.
03:45Si on est à droite, on est toujours trop à droite.
03:47D'ailleurs, vous noterez qu'à droite, c'est encore plus grave quand on est à droite de manière décomplexée.
03:51Parce que la droite complexée, c'est mieux.
03:53Si elle est décomplexée, c'est comme des gens qui sont fiers d'afficher leur perversion en public.
03:57On en connaît.
03:57Mais franchement, il n'y en a pas des tonnes.
04:01Réponse d'aujourd'hui, ensuite d'Adèle Van Riet, qui est encore plus drôle, involontairement.
04:05Elle nous dit qu'il n'y a pas de problème avec le progressisme.
04:08Ça va de soi.
04:09Et là, j'ai noté tout ce qu'elle dit.
04:11Je ne prends la peine d'y aller de point par point.
04:13Elle dit d'abord qu'il y a un malentendu.
04:15Parce qu'on ne met pas la même chose dans ce mot « vous » et « moi ».
04:18Elle dit ce mot à une histoire.
04:20Très juste, madame.
04:21Les significations varient.
04:23Bon, c'est le même argument des 50 nuances de progressisme.
04:25Donc, il y a plusieurs définitions concurrentes de la chose.
04:27Donc, trouvez la bonne.
04:28Mais néanmoins, inscrivez-vous sous ce terme obligatoire.
04:32Elle nous dit que le terme a aussi une signification libérale.
04:34Donc, on peut le progressisme libéral.
04:35Si vous êtes de droite, il y a de la place pour vous là-dedans.
04:37Elle a un peu là où ça devient plus précis.
04:39Qu'est-ce que le progressisme ?
04:41C'est sortir de la barbarie pour aller vers la civilisation.
04:45OK.
04:45Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ?
04:47Que veut dire aujourd'hui sortir de la barbarie pour aller vers la civilisation ?
04:50Parce qu'elle nous dit que c'est un concept pertinent aujourd'hui.
04:53Elle ajoute qu'il y a du progressisme culturel néanmoins.
04:55qui est attentif aux évolutions de la société.
04:57Alors, je précise qu'on est tous attentifs aux évolutions de la société.
05:00Reste à savoir si on les approuve ou non.
05:02Charlotte est attentive aux évolutions de la société.
05:04Madame Van Riet aussi.
05:05Je ne suis pas certain que les deux, qui sont très attentifs,
05:08font la même lecture des phénomènes sociaux.
05:11Ensuite, elle nous dit que ce n'est pas une ligne idéologique.
05:13C'est une ligne éditoriale.
05:15Ah !
05:16Qui est par ailleurs fidèle à ce que nous devons être aujourd'hui.
05:19Elle dit ça.
05:20Ensuite, elle nous dit que c'est une méthode plus qu'une idéologie.
05:23Elle rappelle que nous accompagnons la société.
05:25Ils ne la devancent jamais.
05:26Donc, quand le service public cherche à tout près à nous faire croire
05:28qu'un homme peut accoucher d'une manière ou de l'autre,
05:31ils accompagnent la société.
05:32Ils ne cherchent pas à nous rentrer dans le crâne d'une idée.
05:34Ensuite, elle nous dit, par ailleurs, c'est le progrès des savoirs.
05:36Vous n'êtes pas contre le progrès des savoirs.
05:38Elle nous dit que ça permet d'éclairer les débats par les faits.
05:40Donc, je comprends que si on est conservateur,
05:41on n'éclaire pas les débats par les faits.
05:43Mais si on est progressiste, on le fait.
05:44Elle nous dit que c'est des progrès techniques.
05:46Ah ! Ben, d'accord.
05:46Ça, on est tous...
05:47C'est le four au micro-ondes, finalement.
05:49C'est le succès des formats numériques.
05:50Ah bon, OK ?
05:51C'est le progrès social au sens républicain.
05:53Ah ben là, je me suis dit, d'accord.
05:54C'est au sens républicain, il fallait le dire tout de suite.
05:56C'est au sens républicain, on est tous d'accord.
05:58Et c'est aussi donner aux gens leur chance de se former une opinion.
06:01Mais si j'ai bien compris,
06:02l'information pour se former une opinion,
06:04c'est l'orientation de signaux.
06:06On dit, venez avec vos convictions.
06:09Je n'ai pas la formule exacte en tête.
06:10Mais globalement, vous arrivez,
06:11vous entendrez plusieurs points de vue
06:12et vous ferez votre propre opinion.
06:13Bon, c'est intéressant, ça.
06:14Donc, elle nous dit la même chose pour France Inter.
06:16C'est intéressant.
06:17On a la même ligne éditoriale, finalement.
06:18Puis, à la fin, ça veut dire qu'il faut oeuvrer
06:20pour la cohésion sociale.
06:22Franchement, j'ai regardé tout ça,
06:23je me dis, mais que de pirouettes,
06:25que de gesticulations,
06:27que de simagré,
06:29que de danses bizarres
06:30qu'on verrait dans un spectacle de danses
06:31genre chénioune ou quelque chose comme ça,
06:33sur le mode, les danses les plus abracadabrantes
06:35pour nous dire qu'elles n'ont pas de position politique.
06:37Je tiens quand même à rappeler
06:38que si, par exemple, on est conservateur,
06:41est-ce qu'on a moins de chances
06:42de bien se faire accueillir sur France Inter
06:44que si on est progressiste?
06:45C'est une question qu'on pourrait lui poser.
06:47Mais elle nous a expliqué que ce mot,
06:48qu'elle définit de 3000 manières différentes,
06:50n'a aucune conséquence
06:52dans les orientations politiques
06:54ou idéologiques de la chaîne.
06:55Je ne suis pas certain qu'on l'a cru.
06:58Autrement dit, Mathieu,
06:59à vous entendre,
06:59les dirigeantes de la radio publique
07:01ne comprennent tout simplement pas
07:03ce qu'on peut leur reprocher, en fait.
07:05Je pense que c'est ça.
07:06C'est pour ça que je ne pense pas qu'ils mentent.
07:08Très honnêtement, je me suis demandé aujourd'hui
07:09est-ce qu'ils mentent.
07:09C'est possible, hein?
07:10Franchement, je pense qu'ils sont simplement aveuglés
07:12par quelque chose qui relève
07:14de la révélation religieuse.
07:16C'est leur révélation.
07:16Le progressisme,
07:17dans l'échelle de la modernité,
07:19c'est une religion politique
07:20qui propose une nouvelle révélation.
07:22L'homme, en ce monde,
07:24est dominé par des structures,
07:25des différentes structures sociales.
07:27Si on fait tomber des structures
07:28qui aliénent l'homme,
07:29il sera possible d'avoir un monde
07:31où l'homme sera désaliéné
07:32et absolument libre.
07:33Et pour qu'il y ait cette désaliénation,
07:35il faut qu'il y ait des institutions
07:36qui pilotent la libération de l'homme.
07:38Donc, c'est l'État technocratique
07:40avec ses experts.
07:42Ce sont les médias
07:42qui éduquent le peuple.
07:43Autrefois, c'était le Parti communiste
07:45qui était l'avant-garde éclairée
07:46du prolétariat.
07:47Mais il y a toujours cette idée
07:48qu'ils pilotent notre émancipation.
07:50Mais si vous êtes en désaccord
07:51avec leur vision de l'émancipation,
07:53ça commence à causer problème.
07:55Ensuite, il y a une chose un peu drôle.
07:56Je me permets de le dire
07:57parce que j'ai été mentionné.
07:59Parce que lorsqu'ils nous disent
07:59« Mais vous êtes progressistes. »
08:01Non, non, non, non.
08:02On a aussi invité des gens
08:03qui ne le sont pas.
08:04Et là, ils ont sorti
08:04trois cartes, trois Joker.
08:06Donc, Joker 1, Bibi.
08:08En fait, on a montré
08:10la photo de vous hier.
08:11On vous a invité
08:11juste parce qu'ils allaient
08:12passer en commission.
08:13Jusque-là, je suis persuadé
08:13qu'ils m'ont invité
08:15parce qu'ils trouvaient
08:15mon livre passionnant.
08:16Mais ils ont aussi invité,
08:18je note, Alexandre Devecchio
08:19et Guillaume Roquette.
08:20Juste avant la commission.
08:22Je vous vois tout le moins récemment.
08:23Et ce qui est intéressant là-dedans,
08:24c'est qu'ils nous disent
08:25« On n'est pas progressistes
08:26ou on n'est pas seulement orientés. »
08:28Regardez, on a invité
08:29Boc-Côté, Devecchio et Roquette.
08:30Moi, je vous pose la question
08:31si on peut étiqueter
08:32les invités comme ça,
08:33est-ce qu'on peut voir
08:34quelle est l'étiquette
08:35de tous les autres invités
08:36qu'ils ont chaque jour,
08:37chaque semaine ?
08:38Il se peut que les trois étiquetés
08:40soient assez peu nombreux
08:40avec cette étiquette.
08:42Je soumets cette hypothèse
08:43à nos amis du service public.
08:45Ça, c'était Mme Sibyl Veil.
08:46Donc, ce qu'on comprend,
08:47c'est que de temps en temps,
08:48ils ont des invités,
08:49on pourrait dire des invités
08:50cautions.
08:51Regardez, on a invité notre réac.
08:52On a le réac.
08:54On a le réac.
08:54C'est permis.
08:55Et ensuite, on peut recommencer
08:56être progressistes,
08:57c'est-à-dire neutres,
08:58sans orientation,
08:58mais qui pensent tous
08:59la même chose.
09:00Peut-on imaginer,
09:01à la lumière de ce que vous dites,
09:02un service public
09:03vraiment pluraliste ?
09:05Non.
09:06Je ne crois pas.
09:06Je pense qu'on peut
09:07les forcer à faire un effort.
09:09On l'a vu aujourd'hui
09:10avec Cohen,
09:11notamment, c'est intéressant,
09:12Cohen et Legrand.
09:13Patrick Cohen nous dit
09:15je suis honnête,
09:17je devine qu'il prétende l'être,
09:20mais il prétend
09:21ne pas être militant.
09:22Mais il assume néanmoins
09:23une forme de subjectivité
09:24en disant
09:24j'ai des convictions républicaines.
09:25Ah ben ça, ça veut,
09:27encore une fois,
09:27si le mot républicain est sorti,
09:28clac, c'est la formule magique.
09:30Peut-être faudrait-il,
09:31moi je regarde
09:32cette commission d'enquête,
09:34peut-être faudrait-il
09:34en fait diversifier
09:36les Patrick Cohen à l'écran.
09:38Donc des éditorialistes,
09:39pas des gens
09:40qui sont invités
09:40de temps en temps
09:41des cautions conservatrices
09:43du moment.
09:44Peut-être faudrait-il
09:45pour véritablement
09:45avoir un service public
09:46pluraliste,
09:47diversifier les éditorialistes
09:49de référence de la chaîne
09:51qui portent des étiquettes
09:52et des convictions
09:53vraiment différentes
09:54parce que Patrick Cohen
09:55qui est un homme honorable
09:56est assurément
09:57un progressiste militant
09:58très orienté.
09:59Dernier mot,
10:00tous ces gens-là
10:00prétendent être objectifs,
10:01mais est-ce qu'ils se rendent compte
10:02que lorsqu'ils utilisent
10:03le mot extrême droite
10:04de manière convulsive,
10:06ils ne sont pas...
10:06C'est un terme
10:07qui sert à diffamer,
10:09à disqualifier,
10:10à maudire,
10:11à diaboliser.
10:12Sont-ils conscients
10:12que leur propre vocabulaire
10:14témoigne
10:14de leurs orientations idéologiques?
10:16Sous-titrage Société Radio-Canada
10:19Sous-titrage Société Radio-Canada
10:19Sous-titrage Société Radio-Canada
10:21Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations