00:00que nous sommes exactement au cœur d'une nouvelle stratégie qu'il faut documenter parce qu'elle était annoncée depuis quelques temps.
00:06Alors, lorsque Jean-Luc Mélenchon dit « grand remplacement », c'est ce qu'il fait.
00:11Il est suffisamment intelligent, on comprend le signal qu'il envoie, il s'approprie un concept prêté à l'adversaire et il se l'approprie positivement.
00:20Donc, globalement, le grand remplacement, quand la droite, entre guillemets, en parlait, c'était faux et c'était odieux.
00:25Mais quand Jean-Luc Mélenchon s'en réclame, ça devient vrai et légitime et heureux.
00:32Alors, évidemment, il en propose la traduction suivante.
00:34Il nous dit « le grand remplacement, c'est le mouvement naturel des générations ».
00:37Donc, chaque génération remplace l'autre.
00:40Donc, rien ne serait plus naturel que le grand remplacement à l'échelle de l'histoire, nous dit-il.
00:45Mais ensuite, quand on sait la vision qu'il a de la France, donc sa capacité qu'il a de chanter la créolisation de la France,
00:51son hostilité déclarée aux Français de souche, n'oubliez pas qu'il avait dit « les Français de souche commencent à poser problème ».
00:58Son appel à une nouvelle France qui se définirait par la démographie des banlieues.
01:03Rappelez-vous lorsqu'il avait dit il y a quelques années déjà que lui, lorsqu'il était dans un environnement où il y avait trop, globalement,
01:08de blonds aux yeux bleus, il se sentait mal, il n'était pas très bien, même physiquement, lorsqu'il était entouré par ces gens.
01:15Eh bien, sans le moindre doute, il nous dit « le grand remplacement est une réalité et c'est une réalité heureuse et nous en sommes le véhicule politique désormais ».
01:24Donc, apparemment, le grand remplacement…
01:27Et là, petite parenthèse là-dedans.
01:28On nous dit souvent dans la presse « le grand remplacement », concept que je ne revendique pas pour moi-même, je prends la peine de le dire.
01:34On nous dit dans la presse « le concept de grand remplacement, c'est une théorie conspirationniste et raciste d'extrême droite avec des traits d'union ».
01:40Voilà comment on nous explique ça normalement.
01:41Premièrement, on nous dit « c'est statistiquement faux, il n'y aurait pas autant d'immigration qu'on le dit en France aujourd'hui,
01:48il n'y aurait pas d'immigration massive, dès lors il n'y aurait pas de grand remplacement, parce que les populations immigrées seraient minoritaires ».
01:55Ou alors, on nous dit « la proportion d'étrangers en France est stable depuis le début du XXe siècle globalement ».
02:01Évidemment, derrière ça, on cache la question, on fait une forme de neutralisation administrative et juridique des origines de la population,
02:07du fait qu'une partie croissante des populations arrivées en France peuvent obtenir la nationalité sans être acculturées, sans être assimilées.
02:15Donc, c'est la fameuse distinction française de papier, française de culture qui existe aujourd'hui.
02:20De même, quand ça devient vraiment trop visible, c'est-à-dire qu'on constate que ce qu'ils appellent le grand remplacement,
02:25ce que l'autre appelle la submersion démographique, ce que l'autre appelle le changement de peuple, qu'importe,
02:29mais quand c'est trop avancé, on dit « c'est inévitable, donc aussi bien s'y faire, on ne reviendra pas sur ça ».
02:35Et là, il y a une étape supplémentaire dans l'argumentaire.
02:37On nous dit quelquefois « de toute façon, le peuple dit de souche n'a jamais existé ».
02:41Parce que l'histoire du monde, c'est l'histoire des mouvements migratoires permanents,
02:45donc si le peuple de souche n'a jamais existé, comment pourrait-il être remplacé ?
02:49Si vous n'existez pas, Elliot, comment puis-je vous liquider ?
02:53Et la dernière étape, on nous dit « eh bien oui, il y a un grand emplacement, mais ceux qui s'accrochent au peuple de souche,
02:59parce qu'il existe, mais qui s'accrochent au peuple de souche, et qui voudraient que les fameux Français de souche
03:03demeurent la majorité pour être capables d'assimiler les personnes issues de l'étranger,
03:08bien cela cause problème, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon.
03:11D'ailleurs, vous noterez l'espèce de bannissement, de censure autour du fameux site F de souche dont on parle souvent,
03:16c'est justement parce qu'il se réclame de la légitimité du Français de souche dans la vie publique.
03:20Donc, qu'est-ce qu'on nous dit ? La France, finalement, ce n'est qu'un territoire sans culture, sans identité propre, sans langue même.
03:26Jean-Luc Mélenchon souhaite remplacer le français par la langue créole, nous disons, la langue commune.
03:32Alors, vous l'avez dit, c'est une nouvelle stratégie.
03:34LFI, depuis un temps, surtout depuis le 7 octobre, mais auparavant aussi,
03:37misait sur l'islamo-gauchisme à bien les égards.
03:40Ça ne se réduisait pas à ça, mais c'était le cœur de sa stratégie.
03:43Gaza s'éloigne dans l'actualité.
03:44Il faut une nouvelle stratégie pour être capable de mobiliser la population dite des banlieues,
03:49des banlieues sensibles, des banlieues populaires.
03:51Étrange chance du mot populaire aujourd'hui.
03:53Eh bien, qu'est-ce qu'il faut faire ?
03:55Il faut désormais miser sur une stratégie, plusieurs diraient racialiste.
03:58Une stratégie racialiste qui vise explicitement à mobiliser la conscience raciale
04:03chez les populations issues de l'immigration,
04:05en laissant croire qu'elle serait victime d'une forme de racisme systémique et structurel en France.
04:11Alors, comment fait-on cela ?
04:12Eh bien, on préfère presque une liste de déclarations ces derniers temps,
04:15mais elle sera encore plus nombreuse.
04:16Rappelez-vous, la plus ancienne en la matière, c'est Mme Rima Hassan,
04:19qui avait dit devant Mathilde Panot,
04:21« Le temps du porte-parole à l'antiracisme est terminé.
04:24Il faut désormais des racisés pour représenter les racisés. »
04:27C'est leur vocabulaire.
04:28Pensez à Mme Obono, dans sa déclaration qui est sortie au mois de janvier,
04:32où elle dit de l'Huma que c'est la fête de la gauche blanche,
04:35le mode du reproche.
04:36M. Delogu, qui dans un meeting pour les municipales en 2026,
04:39dit la nécessité de candidats racisés.
04:41Cette idée qu'il faut des gens de la même couleur de peau pour vous représenter.
04:46De la même manière, M. Ali Di Iwara, j'espère ne pas massacrer son nom,
04:50qui nous dit, de la même manière,
04:52que le profil des députés de LFI ne ressemble pas à la population locale dans le 93.
04:56Il nous dit, dès lors, qu'il faut finalement des Noirs pour représenter les Noirs,
05:00des Arabes pour représenter les Arabes, faites la liste, et ainsi de suite.
05:03Donc, c'est une réduction raciale de l'appartenance.
05:05Où, tout récemment, Mme Alima Menesseur, qui est binombre de la tête de liste de...
05:10Oui, c'est à Strasbourg, je ne me trompe pas.
05:13Elle nous dit que les personnes racisées seraient sous-représentées par la France,
05:18par le socialisme traditionnel qui serait raciste.
05:21Donc, globalement, on nous dit, c'est le principe de base,
05:23les racisés, les populations sous l'immigration,
05:25ne devraient plus accepter d'être représentées par d'autres personnes qu'elles-mêmes.
05:29Donc, à la manière d'un nouveau peuple, elles devraient générer leurs propres élites.
05:32Donc, qu'est-ce qu'on voit là-dedans ?
05:34Un, le primat de la conscience raciale,
05:36qui se présente comme une conscience civilisationnelle.
05:38La conscience nationale est déclassée.
05:39La conscience raciale devient première pour ces gens-là.
05:43C'est vrai, partout en Occident, on voit ça arriver.
05:44Mais il y a même, et notons-le, soyons honnêtes,
05:46devant ce mouvement de dénationalisation des appartenances,
05:49il y a presque une promotion même aux États-Unis,
05:51on le voit, une forme de conscience blanche, quelquefois.
05:53Donc, ça vient, c'est un mouvement d'éclatement généralisé.
05:56De même, le revanchisme décolonial,
05:58avec le choc des civilisations,
05:59donc cette idée que l'Europe a dominé le monde autrefois,
06:03eh bien, aujourd'hui, le monde est en droit de s'installer en Europe
06:05et d'y faire sa loi.
06:06De même, les municipalités sont des lieux de conquête du pouvoir
06:10par cette sociologie racialiste.
06:11Pourquoi ?
06:12Parce que le changement de population est acté.
06:14Donc, quelquefois, la majorité est issue de l'immigration,
06:17ce qui permettrait, avec une stratégie racialiste croit-on,
06:19de conquérir le pouvoir pour la gauche radicale.
06:22Et, je le répète, je ne parle pas ici de chaque individu,
06:25je dis que c'est une stratégie portée par un mouvement,
06:27ou à tout le monde, la tendance dominante dans un mouvement,
06:29qui veut politiser la conscience raciale,
06:31en misant, par ailleurs, sur un choc des masses,
06:34comme si, d'une certaine manière,
06:35nous étions autant de la grande revanche contre l'Europe.
06:38Alors, cette vision, Mathieu Bocoté,
06:40est-elle fondamentalement celle de l'extrême-centre ?
06:44Ah ben, vous avez raison de nous conduire à l'extrême-centre,
06:46parce qu'on parlait de la gauche radicale.
06:48Mais pourquoi l'extrême-centre ?
06:49Vous avez raison de nous y conduire.
06:50Pour la raison suivante,
06:51est-ce que, finalement, l'extrême-centre,
06:53avec un autre vocabulaire,
06:54ne voit pas les choses de la même manière ?
06:56Quand l'extrême-centre nous dit qu'il faut toujours plus d'immigration
06:59pour soutenir certaines entreprises,
07:01pour soutenir certains secteurs de l'économie,
07:04pour soutenir l'État-providence,
07:05on l'entend aussi à travers un calcul tout à fait improbable,
07:08eh bien, elle nous dit, finalement,
07:09le système social ou la vision de l'économie
07:11au service de l'oligarchie,
07:12ou de certains petits patrons,
07:14eh bien, on a besoin d'une immigration,
07:16et on ne tient pas compte du peuple historique français.
07:18Et comment on réussit à évacuer le peuple historique français
07:21dans tout cela ?
07:22En nous expliquant que la France,
07:24ce n'est pas son peuple historique.
07:25La France, ce n'est pas un peuple.
07:26La France, c'est une idée.
07:27La France, c'est soit la République,
07:29les valeurs de la République,
07:30les droits de l'homme,
07:31c'est l'État social,
07:32c'est le socialisme,
07:33c'est la révolution.
07:34Ce que dit aussi M. Mélenchon
07:35lorsqu'il dit de la France
07:36que c'est une idée révolutionnaire
07:37qui se déploie dans le temps,
07:38mais qui n'a pas d'ancrage dans un peuple particulier.
07:41Donc, qu'est-ce qu'on voit à travers tout cela ?
07:43L'extrême-centre dit à peu près la même chose.
07:45L'extrême-centre, à la rigueur,
07:47je dirais qu'il y a une différence de catégorie sociale.
07:48Dans l'extrême-centre, on a une bourgeoisie
07:50dont le seul souci est de se maintenir
07:52au sommet de l'édifice social,
07:54qui accepte la submersion migratoire
07:55comme une fatalité et peut-être une chance,
07:57et qui, à la rigueur,
07:58je me permettrais de le raconter
07:59à la manière d'une anecdote,
08:00combien de fois j'ai entendu la grande bourgeoisie
08:02dire dans des conversations privées
08:03« Vous savez, mes enfants ne vivront pas en France.
08:05Je les ai préparés pour vivre ailleurs qu'en France.
08:07Ce pays est perdu. »
08:09Donc, ils actent ça mentalement.
08:11Ils abandonnent le pays en disant
08:12« Nous, la France est une nostalgie.
08:14Pour mes enfants, ça sera une terre d'origine.
08:16Mais le pays est perdu. »
08:17Ça, je l'ai souvent entendu dans la grande bourgeoisie.
08:19Le clivage politique à venir,
08:21ne risque-t-il pas de mettre en scène
08:23ces deux Frances, Mathieu Bocotet ?
08:25Je pense que nous y sommes.
08:26C'est-à-dire, dans le discours de M. Mélenchon,
08:28dans les discours lénifiants
08:29sur « Il n'y a qu'une seule France,
08:31il n'y a qu'une seule France,
08:31je le souhaiterais, comme tout le monde. »
08:32Mais je constate qu'aujourd'hui,
08:34la définition de la France proposée
08:35par les acteurs politiques
08:39est-ce qu'il y a un peuple historique
08:40ou est-ce que c'est une idée ?
08:41Que cette idée soit ensuite
08:42sous le signe de la diversité
08:43ou de la République,
08:44c'est presque secondaire.
08:46Et dès lors qu'on congédie
08:48l'idée même du peuple,
08:50eh bien, dès lors,
08:50on congédie la réalité de la France
08:51autrement qu'à la manière
08:52de souvenir ou de nostalgie.
08:54Et de ce point de vue,
08:55on le voit partout en Europe.
08:56Il y a la mise en place
08:57d'un dispositif,
08:57parce que c'est pas qu'en France,
08:59un dispositif répressif
09:00pour mater ceux
09:01qui voudraient continuer
09:02à définir nos pays
09:03par leurs peuples historiques.
09:04Ceux qui pensent cela
09:05sont assimilés à l'extrême-droite.
09:07Et l'extrême-droite,
09:07on cherche encore une fois
09:08à la mater et la bannir.
09:09Comme on le voit en Allemagne,
09:10on cherche à interdire
09:11le principal parti d'opposition
09:13qui s'oppose
09:14à la submersion migratoire.
09:15Comme quoi,
09:15ce phénomène est européen.
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