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  • il y a 2 mois
Dans son édito du 12/11/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Allons, je crois, sur ce qui me semble l'essentiel.
00:03C'est ce que certains présentent comme une France irréformable,
00:08mais est-ce que c'est aussi clair que ça?
00:09Est-ce que c'est vraiment le signe d'une France irréformable
00:11ou pas d'autre chose que l'on voit aujourd'hui?
00:14Point de départ, il faut le redire,
00:15cette réforme des retraites, vue à l'échelle occidentale européenne,
00:19c'est une réforme mineure.
00:20Vue à l'échelle occidentale, c'est une réformette.
00:23C'est presque un ajustement technique.
00:25Et, pour peu qu'on tienne compte de l'allongement de la vie,
00:28de l'espérance de vie, que dis-je,
00:30pour peu qu'on tienne compte des finances publiques,
00:32l'état des finances publiques aujourd'hui,
00:33on pourrait se dire que cette réforme, ailleurs,
00:35dans une société plus apaisée,
00:37aurait fait l'objet d'une discussion secondaire,
00:39probablement dans la nuit du mercredi au jeudi,
00:41aurait été facilement adoptée.
00:43C'est tout autre chose qui s'est passée ici, évidemment.
00:47Cette réforme a été présentée comme une contre-révolution,
00:49une contre-révolution antisociale,
00:51une contre-révolution absolument illégitime,
00:54et dès lors, il fallait la bloquer à tout prix.
00:57Et on a vu, rappelez-vous, les débats autour de ça
01:00pendant des mois, et des mois, rappelez-vous,
01:01les gens dans la rue,
01:02l'ensemble des énergies mobilisées pour bloquer cette réforme.
01:07Donc, c'était en fait toute une partie de la société
01:09qui disait, nous en ferons une question de principe,
01:11elle ne passera pas,
01:12nous passera-la à la réforme des retraites.
01:15Aujourd'hui, elle est suspendue.
01:17Suspendue, bloquée, reportée, qu'est-ce qu'on...
01:18Elle est suspendue.
01:20Première chose à dire, du point de vue du pouvoir,
01:23il peut y avoir un sentiment d'une forme de lassitude totale.
01:26C'est-à-dire, on se dit, est-ce que ce pays est réformable ?
01:29On l'a entendu toute la journée.
01:30On se dit, est-ce que c'est possible,
01:32tant qu'on met autant d'énergie pour une réforme ?
01:34On se bat, on l'imposait.
01:36À terme, après l'avoir imposé,
01:37on peut la faire sauter, tout simplement.
01:39Est-ce que, finalement, la politique n'est que
01:41vaine agitation sans conséquences concrètes ?
01:44De l'autre côté, il y a une forme de sacralisation
01:48de la mystique de l'insurrection.
01:50Le peuple rassemblé dans la rue
01:51a été capable de faire reculer le pouvoir injuste.
01:55Il fallait le bloquer.
01:57Nous avons gagné, dit ceux qui prétendaient parler en son nom.
02:00Donc, d'un côté, un pouvoir désespéré
02:02qui se dit, rien n'est possible,
02:04on ne peut plus réformer.
02:05De l'autre côté, une partie de la population
02:07qui croit que son seul pouvoir aujourd'hui
02:10est de bloquer un pouvoir qu'elle croit injuste.
02:13Avec une crise de confiance immense derrière ça,
02:15c'est la certitude dans une partie de la population
02:17que toute réforme qui vient d'en haut
02:19est nécessairement mauvaise.
02:21Que toute réforme qui vient d'en haut
02:22est non seulement mauvaise, mais mal intentionnée.
02:25Que toute réforme qui vient d'en haut
02:26est fondamentalement illégitime
02:27et doit être bloquée.
02:29Donc, tout ce qui reste à travers ça,
02:31ce ne sont plus les arguments.
02:32Vous savez, en politique, de temps en temps,
02:33les arguments, ça compte.
02:34Donc, les arguments des uns,
02:35les arguments des autres ne sont plus entendus.
02:38On veut n'y voir que des ruses,
02:39ruses du puissant, ruses de l'opposant,
02:41il n'y a plus que des rapports de force.
02:44Alors, à travers cela,
02:45on y revient à ce diagnostic par plusieurs imposés,
02:48mais est-ce qu'il est vrai ?
02:49On y reviendra dans un instant.
02:50La France serait devenue tout simplement irréformable.
02:54Certains décident d'en désespérer.
02:56Alexandre Vecchio,
02:58dans sa plus récente chronique au Figaro,
03:00revient sur l'histoire de cette réforme
03:03et conteste justement l'idée d'une France irréformable.
03:06Et c'est probablement le texte le plus important
03:08que vous pouvez lire aujourd'hui ou cette semaine
03:11sur cette réforme.
03:12C'est un texte qui prend ce sujet
03:14à partir d'un autre angle
03:16et qui l'éclaire autrement.
03:18Vecchio nous dit dans son papier,
03:19est-ce que cette réforme pouvait se justifier
03:21rationnellement, intellectuellement ?
03:22Il dit oui, il y avait de bons arguments pour cette réforme.
03:24Mais il pose une question centrale.
03:27Il nous dit, est-ce qu'on peut véritablement
03:29réformer la France contre les Français ?
03:32Quand vous avez une très nette majorité de Français
03:34qui vous disent, on n'en veut pas.
03:36Comprenez le message, on n'en veut pas.
03:39Est-ce qu'on doit à tout prix
03:40enfoncer dans la gorge d'un peuple
03:41des réformes auxquelles ils s'opposent
03:43très majoritairement au-delà de la gauche et de la droite ?
03:45On l'a fait pour la peine de mort,
03:46mais je ferme la parenthèse tout de suite.
03:47Ah ben vous avez raison.
03:48Mais notez les réformes qu'on impose à la population
03:50malgré son désaccord, sont nombreuses.
03:52Mais là, il y avait des gens dans la rue en plus.
03:54Vous le noterez.
03:55Or, il y a, on pourrait dire,
03:56c'est peut-être la mythologie jupéiste.
03:58Dans la mythologie jupéiste,
03:59ça consiste à dire qu'une réforme
04:00est d'autant plus nécessaire
04:01qu'elle est refusée par le peuple.
04:03Les seules bonnes réformes
04:04sont les réformes impopulaires.
04:06Les seules bonnes réformes
04:07sont celles qui vous donnent l'impression
04:08d'être un homme ferme,
04:10droit dans ses bottes, presque rigide,
04:11qui est devant une populace,
04:13qui hurlerait et qui ne comprendrait rien.
04:15Ça, normalement, la tendance jupéiste,
04:17qui culmine peut-être en Édouard Philippe,
04:18selon certains,
04:19elle n'aime rien tant que tenir tête
04:22à un peuple qu'on décide de présenter
04:24comme une collection d'abrutis.
04:25Mais il se pourrait que ce soit faux.
04:28C'est-à-dire que le peuple
04:28ne soit pas contre toute réforme.
04:30Il se pourrait d'ailleurs
04:31que la France soit très réformable
04:32si on décidait de se pencher,
04:35de porter des réformes
04:36désirées par la population,
04:38des réformes nombreuses
04:39qui peuvent avoir des effets
04:40sur les finances publiques,
04:42qui pourraient être très avantageuses
04:43sur le plan des finances publiques,
04:45mais ce sont des réformes
04:46dont la caste ne veut pas.
04:47Devecchio nous dit, par exemple,
04:49on pourrait supprimer l'AME.
04:52Ça, c'est un symbole.
04:53C'est peu de choses, l'AME.
04:53Mais c'est un premier symbole.
04:55Les accords de 68,
04:56les prestations sociales
04:57non-contributives pour les étrangers,
04:59les agences d'État
05:00qui se multiplient,
05:01les contributions réduire
05:03la contribution à l'Union européenne,
05:05les dépenses liées
05:06à l'aide au développement,
05:07les subventions pour les associations.
05:08Il y en a quand même
05:09des milliards
05:10qui traînent ici et là.
05:11Mais on décide,
05:12on considère finalement
05:13que ces réformes
05:14qu'on pourrait mener,
05:15qui seraient soutenues
05:16par la population,
05:17des réformes structurelles,
05:19des réformes qui auraient
05:19des conséquences réelles
05:21sur la vie des Français,
05:21il y a une très nette majorité
05:23de la population.
05:24On pourrait même dire
05:24qu'il y a presque
05:25un consensus populaire.
05:27Mais voilà,
05:27les élites ne veulent pas
05:29de ces réformes.
05:30Pour mille et une raisons,
05:31ils se disent que
05:31s'ils destinaient
05:32de telles réformes,
05:32les intérêts catégoriels,
05:34les syndicats peut-être,
05:35si ce n'est pas les syndicats,
05:36c'est les différentes
05:36associations subventionnées.
05:38Si ce ne sont pas
05:39les associations subventionnées,
05:40ce seront les différentes
05:40institutions publiques
05:41comme le service public
05:42qui militera contre eux.
05:43Donc les politiques se disent,
05:46eh bien,
05:46on ne fera pas ces réformes
05:47souhaitées par les Français,
05:48ces réformes par plusieurs
05:50jugées nécessaires.
05:51On va faire les seules réformes
05:52qu'on se sent capable de faire.
05:55Eh bien,
05:55on va décider de taxer
05:57les actifs,
05:58d'imposer les actifs.
06:00La catégorie de la population
06:01qui, autrement dit,
06:02a l'impression d'être
06:03dans le rôle du cochon de payant.
06:04Vous savez,
06:05celui qui paye toujours,
06:06toujours.
06:07Et lui,
06:08on se dit,
06:08on peut encore le pressuriser.
06:10Ce crétin a une tête
06:11de citron
06:12pas parfaitement pressée.
06:13On peut encore
06:14en prendre un peu.
06:15Eh bien,
06:15on est dans la logique
06:16d'un État
06:16qui a identifié
06:17ceux qu'on peut tondre
06:19et tondre et tondre encore.
06:20Et il arrive un jour
06:21que les tondus
06:22en émarrent un peu.
06:23Et qu'est-ce qu'il y a
06:24derrière la réforme
06:25des retraites,
06:25nous dit Devecchio?
06:26Il y a peut-être
06:27le fait que les actifs
06:28se sont révoltés aussi.
06:29Il y a peut-être aussi
06:30une dimension générationnelle
06:31des gens qui se disent
06:32un instant,
06:32pour assurer la retraite
06:34pour certains des boomers
06:36qui ont une société
06:37qui les a avantagés,
06:39eh bien,
06:39le commune immortel,
06:40lui,
06:40va devoir payer,
06:41payer,
06:41payer longtemps,
06:42payer toute sa vie,
06:43tout en sachant
06:43qu'il n'en profitera jamais.
06:45Mais c'est sûr et certain
06:46que quand on vous explique
06:47que vous allez devoir
06:47payer toute votre vie,
06:48mais vous n'en profiterez pas,
06:49il est possible
06:50que ce ne soit pas
06:51enthousiasmant.
06:52Et de ce point de vue,
06:53on est dans un système
06:53aujourd'hui,
06:54nous dit Devecchio
06:55à sa manière,
06:55ce ne sont pas ces mots ici,
06:56ce sont les miens,
06:57d'une forme de socialisme étrange
06:58qui taxe toujours
06:59les plus vaillants
07:00pour soutenir plus largement
07:02une population
07:03qui vit de l'assistana.
07:04Et de l'assistana,
07:05il y en a des riches,
07:05des moyens,
07:06des pauvres.
07:06L'assistana,
07:07c'est bien généralisé.
07:08Mais finalement,
07:08les actifs payent
07:09pour tout le monde.
07:10Il se peut que ceux-là
07:11en aient assez diges
07:13de payer, en effet.
07:14Alors, je l'évoquais
07:15en première question,
07:16Mathieu,
07:16la réforme des retraites
07:17risque-t-elle
07:18de se retrouver
07:19au cœur de la présidentielle
07:20qui vient?
07:21Oui, et je le crains.
07:22Je le crains pourquoi?
07:23Parce que cette réforme,
07:24je le disais en point de départ,
07:26c'est quand même globalement
07:26une réforme.
07:28Le sujet des retraites
07:29est important lui-même, certes,
07:31mais il y a des questions
07:31un peu plus fondamentales,
07:32je me permets de les évoquer
07:33en racontant l'histoire
07:34récente des présidentielles.
07:362017,
07:36deux ans après
07:38les attentats.
07:40Qu'est-ce qui est au cœur
07:41de la présidentielle?
07:41Dans un pays agressé,
07:42dans un pays assiégé,
07:43dans un pays mutilé,
07:44dans un pays blessé,
07:46qu'est-ce qui est au cœur
07:46de la présidentielle?
07:48Les costumes de François Fillon.
07:50La réputation,
07:51la sale réputation
07:52qu'on fait un homme
07:52en disant
07:52on va le dégager
07:53de quelle manière?
07:54En attaquant son intégrité personnelle.
07:56Et alors,
07:56surgit de nulle part,
07:58soutenu évidemment
07:58par aucun milieu
07:59et aucun intérêt puissant,
08:01un candidat inattendu,
08:02Emmanuel Macron,
08:02qui remporte la présidentielle
08:04à la surprise de tous
08:05car il n'était soutenu
08:06par personne, je le dis.
08:07À tout le moins,
08:07c'est ce qu'on nous a dit.
08:08Quoi qu'il en soit,
08:09présidentielle, confisquée.
08:112022,
08:13enjeu central.
08:13Rappelez-vous,
08:14la question de l'immigration massive
08:15se pose,
08:15la question de l'avenir
08:16de la France se pose.
08:17Il y a une invasion en Ukraine,
08:18absolument condamnable,
08:19sans le moindre doute,
08:20mais on profite de cela
08:21pour balayer complètement
08:22les enjeux spécifiquement français
08:25de la présidentielle
08:25et cette élection
08:27devient en quelque sorte
08:28une reconduction du pouvoir
08:29en temps de guerre.
08:30Ne débattez pas du reste,
08:32le reste n'est pas important.
08:34Eh bien, je crains qu'en 2027,
08:35je le crains sincèrement,
08:37dans un pays ruiné,
08:38je parle des comptes publics,
08:39dans un pays submergé,
08:40on parle d'immigration massive,
08:41dans un pays où l'insécurité
08:43est partout et s'étend
08:44et n'est pas à la veille
08:45de se renverser,
08:46dans un pays qui s'islamise,
08:48eh bien, on va encore une fois
08:49trouver le moyen
08:49de faire une élection présidentielle
08:50sur le sujet préféré
08:51de la caste,
08:52les retraites.
08:53Une belle élection,
08:54on va nous dire,
08:54la question sociale
08:55et tout ce qui compte,
08:56la question économique
08:57et tout ce qui compte,
08:58elles sont importantes,
08:59évidemment,
08:59mais on va les détacher
09:00complètement de la question migratoire,
09:01on va la détacher
09:02complètement de la seule question
09:03qui vaille.
09:04On en a une forme
09:05de hold-up générationnelle,
09:06soit dit en passant,
09:07la seule question qui vaille,
09:08c'est est-ce que dans 5 ans,
09:09dans 10 ans,
09:10dans 15 ans,
09:10dans 20 ans,
09:10la France sera encore française?
09:12Je ne dis même pas
09:12la France souveraine,
09:13ça c'est déjà oublié,
09:14mais est-ce que la France
09:15sera encore culturellement,
09:16est-ce qu'elle sera encore,
09:17sur le plan de son identité,
09:18sera-t-elle encore française?
09:20Sera-t-elle encore
09:21une terre de douceur de vivre?
09:22Ou est-ce que l'islamisation
09:23de la France ira jusqu'au bout?
09:25Est-ce que cette question
09:26fondamentale, existentielle,
09:32coup de marteau,
09:33avec le tournevis,
09:34est-ce qu'on va chercher
09:34à réparer un système de retraite
09:35qui ne fonctionne déjà plus,
09:37enfermé dans un modèle social périmé,
09:39auquel nous devrions tous
09:40vouer l'écrit d'admiration,
09:42je crains que de la 2027
09:44ne soit une élection confisquée.
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