00:00De moins en moins, cette tragédie historique à l'échelle de l'histoire, en fait, ce crime absolu, aujourd'hui, est relativisé dans les mémoires. Pourquoi? Comment sommes-nous arrivés là?
00:09Premier élément, j'avance cinq arguments. Premier élément, depuis une quarantaine d'années, la mémoire de la Shoah a été instrumentalisée de manière cynique par ceux qui voulaient assimiler à la Shoah toute volonté de réduire l'immigration dans les pays européens.
00:23On a trouvé le moyen de faire ce calcul odieux. Vous voulez réduire l'immigration, défendre votre identité, vous êtes peut-être un peu hitlérien. Premier élément.
00:30Deuxième élément, on a réduit l'histoire de l'Europe à la question de la Shoah. Ce qui fait en sorte que, réduisant l'histoire à cela, ça créait un mouvement de rejet, même, quelquefois, dans les jeunes générations.
00:39Troisième élément, le changement de peuple, quoi qu'on en dise. Des populations nouvelles qui s'installent en Europe considèrent souvent, pas tous, évidemment, que la Shoah est un élément qui appartient à l'Europe et que le vrai crime, c'est la colonisation.
00:51De ce point de vue, la Shoah n'est qu'un crime parmi d'autres et on devrait le relativiser pour parler davantage de la colonisation, nous dit-on.
00:58Ce qui fait d'ailleurs que l'enseignement de la Shoah, depuis 20 ans déjà, est difficile en plusieurs écoles. On l'avait appris dans le rapport Aubin en 2007-2008, si je ne me trompe pas. Ça fait un moment.
01:07Ensuite, l'émergence, aujourd'hui, il faut bien le dire, en Europe, d'une force politique, plus largement en Europe, qui retourne la Shoah contre le peuple juif en l'accusant aujourd'hui de pratiquer un génocide.
01:17C'est le point culminant de cette instrumentalisation toxique de la Shoah, si on disait finalement que le peuple juif s'en rendrait coupable aujourd'hui.
01:24Et dernier point, Gabriel l'a évoqué, de toute façon, un parti peut aujourd'hui se rendre coupable, selon plusieurs, d'antisémitisme.
01:29Il est possible de faire alliance avec lui néanmoins, parce que l'antisémitisme ne dérange pas s'il est utilisé pour combattre ce qu'on appelle l'extrême droite.
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