- il y a 4 mois
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :
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00:00Générique
00:00Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Notre invitée aujourd'hui s'appelle Anne-Sophie Alsif, chef économiste de BDO et professeure à Paris 1, Panthéon, Sorbonne.
00:22BDO, cinquième réseau mondial d'audit et de conseil.
00:26Ensemble, on va revenir sur les thèmes abordés cette semaine dans votre magazine, à commencer par les ports de l'océan Indien.
00:32Zone de commerce et d'échange de plus en plus dense, mais aussi et surtout des lieux stratégiques convoités par les grandes puissances.
00:41Retour aussi sur cette question autour du tourisme en Nouvelle-Calédonie.
00:45Entre 2023 et 2024, les chiffres du secteur ont chuté comme jamais auparavant.
00:51Moins 53% de fréquentation, conséquence de la crise sociale.
00:54Le territoire peut-il se relever ? On y revient.
00:58Et puis le narcotrafic, une problématique sans frontières.
01:01Dans la Caraïbe, les États-Unis, à travers l'opération Southern Spear, se sont lancés dans une guerre sans merci contre les narcotrafiquants.
01:08En tout cas, officiellement, nous nous sommes interrogés sur les réelles ambitions du président américain Donald Trump dans cette région.
01:17Bonjour Anne-Sophie Alsif.
01:18Bonjour.
01:18Merci beaucoup de nous faire le plaisir d'être sur ce plateau.
01:21Alors, dans l'hexagone, l'inflation ralentit.
01:24Mais le sentiment de vie chère, et vous le savez, il demeure très fort outre-mer.
01:28Est-ce que ce décalage se vérifie dans la réalité économique de ces territoires ?
01:32Oui, complètement.
01:33Les territoires d'outre-mer sont des territoires insulaires pour la majorité.
01:37Et donc, en effet, vous avez des coûts d'import, d'export qui sont plus importants de ce que l'on a en France, en Europe,
01:43parce qu'on a un marché qui est beaucoup plus intégré.
01:44Donc, en effet, dans les chiffres, on a plus d'inflation en Outre-mer qu'en métropole.
01:49En métropole, on a une inflation très faible, quasiment 1%.
01:52Elle peut être trois, quatre fois plus importante en Outre-mer, notamment pour les produits alimentaires,
01:56dont un ressenti qui est vérifié.
01:58Qui se vérifie et dans tous les territoires ultramarins.
02:00Et dans tous les territoires ultramarins.
02:01Alors, les crises successives, en tout cas, elles mettent inlassablement en lumière les dépendances des Outre-mer aux importations.
02:08Vous en parliez.
02:08Le souci, c'est que parallèlement, produire localement, ça coûte souvent bien plus cher.
02:13Alors, comment concilier souveraineté économique et compétitivité ?
02:18Ce n'est pas facile.
02:19C'est aussi un débat qu'on a en Europe, pas que dans les Outre-mer.
02:22L'idée, c'est quoi ?
02:23C'est bien évidemment de garder la relation que l'on a avec la métropole et le marché européen,
02:27puisque c'est un marché très important, le premier marché commercial au monde.
02:31Mais aussi, peut-être davantage diversifier les sources d'approvisionnement.
02:35C'est vrai que les Outre-mer sont partout dans le monde.
02:36Donc, souvent, de grandes puissances commerciales, agricoles à côté.
02:39Et donc, peut-être de fluidifier, d'avoir plus de flux commerciaux avec les puissances régionales.
02:44Ça permettrait d'avoir un impact sur les coûts.
02:47La difficulté, c'est comment gérer ça avec l'appartenance au marché communautaire ?
02:53Effectivement, et là est toute la complication.
02:55En tout cas, cette dépendance, Anne-Sophie Alsif, elle s'illustre aussi dans les ports.
02:59Bien plus de flux entre Hexagones et territoires ultramarins qu'entre ces territoires,
03:04et vous le disiez, entre leurs voisins régionaux.
03:07Ports qui, dans l'océan Indien, sont de surcroît sur des routes maritimes extrêmement stratégiques.
03:13On va en parler, bien sûr, juste après cet extrait.
03:15Regardez.
03:17Dans cette région dominée par de grands ports, Port-Réunion est un outsider.
03:22Il est plus petit, mais plus moderne que ses concurrents,
03:24et peut faire circuler deux fois plus de conteneurs que Maputo.
03:29Il cherche lui aussi à tirer son épingle du jeu dans le bouleversement du trafic maritime.
03:35Cette disruption géopolitique qui a induit l'ensemble du flux à passer par le Cap de Bonne-Espérance,
03:42nous a permis d'être au milieu d'un des axes majeurs du transport maritime.
03:46Ce qui veut dire que pour des marchandises à forte valeur ajoutée,
03:50il est parfois plus intéressant pour des raisons d'assurance de transiter par nos ports,
03:55même si, quelque part, ils ont la réputation d'être un peu plus chers que certains autres ports de la zone,
04:01mais nous pouvons offrir un transit sécurisé.
04:09Des procédures plus rapides que ses concurrents, autant d'argent gagné pour l'armateur.
04:13La stratégie de croissance du grand port maritime n'est pas directement liée aux échanges avec le territoire réunionnais.
04:20Elle repose sur le transbordement, le transfert de conteneurs de très gros navires
04:24sur des bateaux plus petits qui rayonnent dans la région.
04:28Alors quand on parle de ces ports dans l'océan Indien,
04:30on parle bien sûr de flux, de rotation, mais on parle aussi de géopolitique, de stratégie.
04:35Et ces cinq dernières années, la Chine, qui a racheté des centaines de ports dans le monde,
04:39en a aussi beaucoup acheté dans l'océan Indien.
04:41Pour quelle ambition ?
04:42Alors pour détenir les infrastructures portuaires.
04:45En effet, vous l'avez très bien dit, par exemple en Afrique, elle en a acheté plus de 200.
04:48Elle en a acheté également en Europe.
04:50On se souvient le débat sur le port du Pyrée en Grèce.
04:52Donc on a vraiment une stratégie qu'on appelle vraiment une stratégie d'expansion de la Chine.
04:57Elle veut avoir les infrastructures portuaires
04:58parce que s'il y a des conflits géopolitiques,
05:00eh bien ça permet à la Chine d'être propriétaire et de dire au bateau
05:04« tu passes ou tu ne passes pas ».
05:05Quel rôle pour la France dans tout ça ?
05:08Alors un rôle compliqué, puisque c'est vrai que c'est un de nos atouts avec les Outre-mer,
05:11ça nous permet d'avoir des ports partout dans le monde.
05:13Donc c'est un atout qui est absolument colossal.
05:15Ce qui se passe, on l'a vu dans le reportage,
05:16la majorité des marchandises viennes, on voit par exemple pour la Réunion,
05:19c'est à 60% de la métropole.
05:21Donc là aussi, le but c'est quoi ?
05:22C'est de se diversifier et avoir aussi des coûts.
05:25On parle d'augmenter les volumes, mais qu'ils soient attractifs.
05:28Or on voit en face, on a la concurrence chinoise et des autres pays
05:30qui s'offrent les mêmes services à des coûts qui sont moins importants.
05:34Donc là, c'est ça un petit peu la difficulté,
05:36ce serait d'avoir en fait une stratégie française-européenne
05:39sur les ports et sur le trafic maritime.
05:42Malheureusement, aujourd'hui, ce n'est pas vraiment le cas,
05:44notamment par rapport à la Chine.
05:45Et on en revient à cette nécessaire coopération régionale.
05:48Exactement.
05:49Et comment est-ce qu'on fait justement pour être compétitif,
05:51pour exister et peser face à la Chine,
05:53lorsqu'il y a une dépendance à l'hexagone,
05:56même compte tenu de la distance qui est quand même considérable
05:58entre la Réunion et Paris ?
06:00On le peut grâce au marché.
06:01On l'a dit, le marché européen, c'est le premier marché au monde.
06:04C'est la première puissance commerciale.
06:06Et c'est vraiment un atout qu'on n'utilise pas assez,
06:08notamment les ultramarins.
06:09C'est vrai qu'ils sont considérés comme tout petits
06:11dans des zones à côté de poids lourds.
06:13Et justement, des pays comme par exemple,
06:15des îles comme la Réunion,
06:16appartiennent au marché unique européen
06:18et devraient dire,
06:19eh bien, si vous voulez avoir accès au marché,
06:22vous venez chez nous,
06:23ou en tout cas, on vous fixe des conditions.
06:25C'est tout à fait possible de le faire.
06:26Il faut rentrer dans un rapport de force
06:27puisqu'on voit que c'est exactement ce que la Chine met en œuvre.
06:30Et aujourd'hui, que ce soit ces îles,
06:31mais surtout la métropole ou l'Europe,
06:33ne le fait pas assez, à mon sens.
06:35Ils arrivent à raisonner en tant qu'Européens,
06:36à se dire qu'ils sont Européens, les ultramarins ?
06:38Voilà, ça, c'est un autre problème.
06:39Ils le sont économiquement.
06:40Oui, de fait.
06:41Voilà, de fait.
06:42Donc, il faut utiliser ses atouts.
06:44Vous l'avez justement dit,
06:45c'est vrai que très souvent,
06:46il n'y a pas cette vision de se dire,
06:48ben voilà, on utilise tous les apports
06:50qu'on a de ce marché européen.
06:51Mais au niveau de la Chine, ça joue beaucoup.
06:53Comme on le dit,
06:54la Chine est vraiment en surcapacité de production.
06:56Elle doit écouler des millions et des millions de marchandises.
06:59Ça augmente de plus en plus
07:00quand on sait les mesures protectionnistes
07:01qui existent mis en place par marché américain.
07:04Donc, elle aura de plus en plus besoin
07:05des infrastructures portuaires,
07:07d'autres pays, d'autres puissances.
07:09Et pour ça, pour les ultramarins,
07:10ça peut être un véritable atout.
07:12Alors nous, on parle des Chinois,
07:13on a vu de Xi Jinping à l'instant.
07:15Mais eux, ils nous voient comment ?
07:17Ils nous voient tout petits,
07:19comme des miettes,
07:19comme de la concurrence ou pas du tout ?
07:21Oui, ils nous voient tout petits,
07:22mais quand même pas comme des miettes.
07:23C'est ça, encore une fois, qui est important.
07:25Les ultramarins se sentent toujours petits,
07:27l'Europe se sent toujours petite.
07:28On a toujours cette appropriation
07:30et cette idée qu'on est plus faible que les autres.
07:32C'est faux quand vous regardez les chiffres
07:33et l'économie si on est unis.
07:35Donc, en effet, il faut que les ultramarins
07:36se sentent européens.
07:37Il faut que les Français, les Espagnols,
07:39les Allemands se sentent européens.
07:40Et quand on est tous unis,
07:41on peut concurrencer la Chine et les États-Unis.
07:43Mais ce n'est pas toujours le cas.
07:44Alors là, on est dans l'océan Indien.
07:46C'est un quid des autres ultramarins,
07:48des autres ports ultramarins Guadeloupe et Martinique
07:50qui sont aussi des hubs intéressants, a priori ?
07:52Complètement.
07:53Il y a beaucoup de partenariats
07:54qui se sont mis en place
07:55pour justement augmenter le volume des échanges.
07:58On parle aussi de la Guyane
07:59avec tout le commerce en Amérique latine,
08:02avec les droits de douane
08:03et l'augmentation des frais
08:06et de la politique commerciale de Trump.
08:08En effet, ces ports-là auront, à mon sens,
08:11un rôle à jouer qui sera de plus en plus stratégique.
08:13Bien sûr, ça ne va pas être des multiplications par 3 ou 4.
08:15Mais en tout cas, ça peut être une carte à jouer pour l'Europe.
08:17Ça veut dire qu'il faut vite s'en rendre compte
08:19et vite agir.
08:20Il faut vite agir.
08:21Il faut vraiment augmenter en volume
08:22les marchandises qui transitent vers ces ports
08:25pour aller notamment sur la zone Amérique latine,
08:27aussi Afrique.
08:28En effet.
08:28Alors en tout cas, c'est aussi en mer que tout se joue.
08:32Les États-Unis, je vous en parlais en début d'émission,
08:34ont lancé une campagne militaire sans précédent
08:36dans la Caraïbe ainsi que dans le Pacifique,
08:38dans la ligne de mire de Washington.
08:39Toutes les embarcations potentiellement liées
08:42à des organisations de trafic de drogue.
08:45Regardez.
08:48Parallèlement aux frappes sur les bateaux,
08:51un impressionnant déploiement militaire américain
08:53est mis en place depuis la fin août.
08:55L'armada est sans comparaison depuis la première guerre du Golfe
09:00en 1990 en termes de mobilisation militaire américaine
09:04sur, disons, un front.
09:06On parle aujourd'hui environ de 15 000 hommes
09:09qui sont dans la zone.
09:10On parle de dizaines et de dizaines de bateaux,
09:13de frégates.
09:14Bref, on a une mobilisation très forte.
09:15Point d'appui terrestre de ce gigantesque déploiement,
09:24Trinité et Tobago.
09:26Sa première ministre s'est ralliée sans réserve
09:28au plan des États-Unis.
09:30Un atout majeur dans une région globalement hostile aux Américains.
09:35Trinité et Tobago est particulièrement reconnaissante
09:38de la présence des États-Unis dans le sud des Caraïbes.
09:41Celle-ci s'est révélée très efficace pour entraver
09:44les activités des cartels de la drogue dans notre pays.
09:47Il faut combattre le feu par le feu.
09:51Anne-Sophie Alsif, de quelle façon le narcotrafic
09:53influencit l'économie des pays de la Caraïbe ?
09:56Est-ce que l'impact est quantifiable ?
09:58L'impact est difficilement quantifiable
09:59puisque c'est l'économie informelle.
10:01Comme son nom l'indique, c'est difficile d'avoir des chiffres.
10:03On a des chiffres de saisie, des dizaines de tonnes de cocaïne
10:06par exemple qui sont saisies à chaque fois dans les ports.
10:08Donc on voit qu'on a vraiment une explosion de ce transport de drogue.
10:12Pas seulement de la cocaïne, mais on va dire toutes les drogues
10:14y compris les médicaments.
10:16Et c'est pour ça que les États-Unis ont ces politiques
10:18qui sont très très ambitieuses pour justement lutter.
10:21La grande difficulté, c'est qu'en effet, encore une fois,
10:22ce sont des petits territoires face, derrière et à côté des géants.
10:26Bien sûr à l'Amérique du Sud, la Colombie, le Brésil
10:30où là on a vraiment des pays qui ont des forces de preuve colossales.
10:34Et donc pour ces pays, c'est vraiment souvent des points de transit.
10:36Mais c'est énorme en termes de volume de flux
10:39et aussi en termes de criminalité.
10:41Donc c'est vraiment ça la difficulté.
10:42Comment on fait pour lutter contre un trafic mondial ?
10:45Et c'est vrai que ces petites îles sont vraiment souvent
10:46un point de passage pour aller sur les continents.
10:49C'est vrai que vous avez parlé de drogue, mais aussi de médicaments
10:51puisque c'est le fentanyl qui aux États-Unis notamment fait des ravages.
10:55À ce stade en tout cas, les effets de cette politique de Trump
10:57contre l'expansion du narcotrafic sont très peu visibles.
11:01Vous êtes de ceux qui pensent éducation plutôt que répression ?
11:06Oui, alors l'éducation c'est vrai que c'est la réponse.
11:07Le grand problème c'est que c'est des politiques de très long terme.
11:10Donc ce n'est pas en quelques mois, c'est politiquement souvent peu juteux,
11:13en tout cas moins tweetable si on peut dire.
11:16Ce qu'il faut c'est vraiment avoir une politique d'éducation.
11:18Et le problème des Outre-mer c'est que très souvent pour beaucoup d'étudiants
11:21pour aller faire ses études, on le sait, en licence ou après il faut aller en métropole
11:25ou aux États-Unis.
11:26Donc c'est vrai que ça a un coût que tous les étudiants n'ont pas accès
11:29et donc souvent peuvent rester sur les îles, pour certains d'entre eux,
11:32ne pas avoir d'emploi et ensuite aller vers ce type d'économie.
11:36Donc c'est un problème beaucoup plus général de savoir comment on gère cette éducation
11:39dans les territoires ultramarins où toutes les formations ne sont pas accessibles.
11:43En tout cas on parle de narcotrafic là, compte tenu de la guerre que mène Donald Trump
11:46dans la Caraïbe en ce moment, aussi dans le Pacifique.
11:49Lorsque l'on est économiste, quelle grille de lecture de Donald Trump et de sa politique ?
11:53Alors j'en ai aucune puisque je pense que c'est un président
11:57qui n'a pas une grille de lecture économique cohérente.
12:00J'ai beaucoup étudié sa politique de droit de douane, il n'y en a pas.
12:03Bien sûr que son objectif c'est d'avoir des mesures comme ça coup de poing
12:07et de dire voilà, le problème du fentanyl, vous l'avez très justement dit,
12:10ou des drogues, c'est un vrai problème aux États-Unis, ça tue des millions de gens
12:13donc là ce n'est pas du tout quelque chose qui n'existe pas, c'est un vrai problème.
12:16Et donc bien évidemment l'idée avec ces mesures coup de poing
12:18c'est de regarder comme sa politique migratoire, je vais gérer le problème.
12:22Le problème c'est que c'est souvent des images et beaucoup moins des politiques de fond
12:25puisqu'on voit aux États-Unis, vous avez ces derniers mois,
12:28autant de morts malheureusement toujours avec ces médicaments ou ces drogues.
12:32Allez on va partir à Mayotte si vous le voulez bien Sophie Alsif.
12:35Une année s'est écoulée depuis le passage du cyclone Shido.
12:38Comment se relève la population depuis ?
12:41Quel regard de la jeunesse notamment ?
12:43Je vous propose de retrouver trois jeunes que nous avons suivis en drone
12:47et donc vu du ciel dans leur quartier de Bandrelay.
12:50Regardez cet extrait.
12:51Je pense que la vie a un peu repris son cours et assez vite.
12:57A partir du moment où les gens, pas forcément que les jeunes,
13:01mais les gens se sont rendus compte que l'aide ne viendra pas forcément de l'extérieur,
13:05que ça va commencer déjà de chez nous.
13:07On s'est très vite résigné de toute façon au fait que c'était déjà,
13:11excuse-moi du terme, mais c'était déjà la merde avant.
13:12Ça allait être encore plus à mettre la merde là,
13:16donc à nous de gérer les choses de nous-mêmes sur place.
13:19Je n'ai pas l'impression qu'ils soient résignés ou qu'ils soient plus défaitistes qu'avant.
13:25Non, bien au contraire.
13:27Je pense que ce n'est même plus un sujet, honnêtement, pour les jeunes.
13:31En fait on dit juste, ah oui, avant Shido, avant Shido.
13:34En fait c'est un repère temporel,
13:35mais finalement je n'ai pas l'impression que Shido c'était quelque chose qui a significativement
13:42influencé en tout cas le quotidien des jeunes à l'heure actuelle,
13:46mais ce n'est pas pour autant que ça ne les a pas traumatisés.
13:48Moi je pense que c'est un traumatisme et qu'ils ont juste mis ça de côté.
13:53Un traumatisme de plus, j'ai envie de dire.
13:54Parce que le fait de ne pas avoir d'eau déjà, de ne pas avoir d'électricité parfois,
13:57on vit des traumatismes, des mini traumatismes limite tous les jours,
14:02donc c'était juste un de plus.
14:03Mais j'ai envie de dire, beaucoup de gens utilisent Shido comme une excuse.
14:08C'est une raison, c'est vrai pour beaucoup de choses,
14:10mais je pense qu'il a bon dos Shido.
14:12Exactement, exactement.
14:14Et il porte bien son nom d'ailleurs.
14:15Ça a été vraiment le miroir qui a reflété tous les dysfonctionnements,
14:19on le savait déjà,
14:20mais il a vraiment mis en linéaire tous les dysfonctionnements qu'il y a à Mayotte.
14:24Donc pour moi, à l'instant T, il n'y a pas à reparler de reconstruction,
14:27il y a tout à refaire sur cette île.
14:29Il y a tout à faire.
14:30Pour moi, il n'y a rien qui a changé, bien au contraire.
14:31J'ai l'impression qu'on va juste remettre un peu de placo
14:35dans tout ce qui n'allait déjà pas, juste pour finir.
14:37C'est limite du bricolage.
14:39Du bricolage dans nos constructions,
14:41du bricolage dans nos institutions politiques,
14:43du bricolage dans...
14:45Il n'y a rien pour moi qui change.
14:48Ils sont forts les mots que l'on entend de la bouche de ces jeunes.
14:51Je reprends certains termes,
14:52un repère temporel lorsqu'ils parlent de Shido,
14:55un traumatisme de plus,
14:56mais c'était déjà, et là aussi je reprends leurs termes,
14:59c'était déjà la merde avant, disent ces jeunes.
15:02Ce n'est que vu d'ailleurs que tout a basculé le 14 décembre 2024.
15:06Pas du point de vue des Mahorais ?
15:08Non, pas du tout.
15:09C'est vrai que c'est une île qui a énormément de difficultés.
15:12Alors par rapport aux autres outre-mer plus,
15:14notamment sur les questions migratoires,
15:15des questions de pauvreté également.
15:17Donc comme ça a été très bien dit,
15:18c'est vrai que cette catastrophe,
15:20c'est un élément encore en plus à gérer.
15:22Mais malheureusement, les fondamentaux,
15:24encore une fois, ne sont pas gérés.
15:26On voit ce territoire par rapport toujours à ses voisins,
15:28un problème économique.
15:29Et on voit que pour cette jeunesse,
15:31comme on l'a dit pour d'autres étudiants en Outre-mer,
15:33c'est très difficile de se projeter
15:35et de se dire où je vais pouvoir faire mon éducation,
15:38où est-ce que je vais pouvoir faire ma vie.
15:39Je suis sur un de ces territoires qui,
15:41en apparence, a énormément,
15:42et c'est le cas, a beaucoup de richesses,
15:43mais je suis un petit peu condamnée à rester,
15:46condamnée chez moi.
15:47Et donc pour revenir au sujet précédent,
15:49c'est vraiment ce type de vision
15:50qui fait que beaucoup de jeunes vont,
15:52par exemple, vers le narcotrafic.
15:54Un élément de plus qui est venu aggraver une situation
15:57sur un territoire où tout est compliqué,
15:58malgré tout avec Chido, l'agriculture, la pêche, le BTP,
16:02tant de secteurs ont payé le prix fort.
16:04Combien de temps faut-il à une économie
16:06pour se relever de pareilles catastrophes ?
16:08Alors bien sûr, ça dépend de l'économie,
16:10et surtout de l'investissement.
16:11C'est le maître mot.
16:12Alors là, c'est vrai que l'idée,
16:13c'est vraiment de reconstruire.
16:14Donc il va y avoir des flux d'investissement
16:15les prochaines années.
16:16On va avoir un effet un petit peu rebond.
16:18Mais c'est vrai que vu la catastrophe,
16:19on est sur une temporalité qui va de 5 à 10 ans.
16:22Donc ça va prendre beaucoup de temps.
16:23Pour voir les premiers effets ?
16:24Pour voir les premiers effets
16:25et pour voir aussi si l'investissement
16:27va, on va dire, avoir des conséquences.
16:30Une politique publique d'investissement,
16:31les résultats, c'est si ça s'étend.
16:33Donc c'est vraiment du long terme.
16:35Investissement dans quoi ?
16:36Parce que quand on parle de Mayotte,
16:37c'est qu'on ne connaît pas ce territoire,
16:38mais qu'on ne voit que la partie émergée,
16:40la pauvreté extrême ?
16:42Il en a beaucoup parlé.
16:43Donc bien sûr, il y a l'éducation.
16:44Alors ça, c'est la politique nationale
16:45qui doit mettre en œuvre.
16:46On a parlé, bien sûr, du BTP, de l'agriculture.
16:49Là, il y a énormément de personnes
16:51qui travaillent dans ces secteurs-là.
16:52Et notamment pour l'agriculture,
16:53il y a plein de mécanismes,
16:55de mécanisation de développer des machines.
16:58Ce n'est pas toujours le cas dans ce type d'île.
17:00Donc en tout cas, il y a un effet
17:02progrès technique important.
17:04Et ça peut être l'occasion,
17:05cette catastrophe peut-être,
17:06on va dire, de passer des étapes,
17:08passer des étapes technologiques.
17:10On se souvient beaucoup en Afrique,
17:12de pays agricoles
17:13qui partaient directement au téléphone portable.
17:15Eh bien, c'est vraiment ce qu'il faut souhaiter
17:16à ce type d'île,
17:18d'avoir un investissement productif
17:20et qui permette de mécaniser,
17:22d'automatiser,
17:23d'avoir accès à l'intelligence artificielle.
17:24Pourquoi ?
17:25Si on ne reste pas.
17:26Donc ce n'est même pas d'enclencher la seconde,
17:27c'est d'enclencher la quatrième.
17:29Exactement.
17:29De profiter, sans puis dire,
17:31de ce qui s'est passé,
17:31cette catastrophe,
17:32pour essayer d'avoir des investissements
17:34qui soient plus captés
17:35vers les secteurs d'avenir
17:36et de la reconstruction.
17:37C'est en tout cas ce qu'il faut espérer.
17:38Une fois dans notre magazine,
17:39on s'est posé la question
17:40du tourisme à Mayotte.
17:42Parce qu'il y a des écoles hôtelières,
17:44c'est un territoire qui en soi
17:45est absolument magnifique,
17:46a beaucoup à offrir.
17:48Est-ce que cela peut être un levier ?
17:49Ça peut être un levier.
17:50Le problème, c'est le coût.
17:52Le problème, c'est la concurrence
17:53dans la région.
17:54Donc c'est vrai que ça peut
17:55tout à fait être un levier.
17:56C'est le cas dans beaucoup d'outre-mer,
17:57mais qui sont souvent
17:58des destinations beaucoup plus chères
17:59que les îles voisines.
18:01Donc c'est vrai qu'en termes
18:01de compétitivité, coût,
18:03on est souvent mal placé.
18:04Donc ce qu'il faut,
18:05et c'est le cas par exemple de Mayotte,
18:06c'est faire plutôt un tourisme
18:07vert haut de gamme.
18:08Ça se développe beaucoup.
18:09Par exemple, Costa Rica
18:10a beaucoup fait ça
18:11et ça fonctionne très bien.
18:12C'est un des pays aussi
18:13qui est en pointe
18:13sur la transition écologique.
18:16Donc c'est vraiment, à mon sens,
18:17ce type d'axe qu'il faut mettre en œuvre.
18:19Or souvent, on voit
18:20qu'on a des politiques touristiques
18:21assez classiques
18:22qui sont mises en œuvre
18:23dans ces îles.
18:24On essaie justement
18:25de renier sur les coups.
18:26Ce n'est pas en faisant ça
18:28qu'on attire.
18:29En plus, vu que ce sont
18:30des écosystèmes
18:30qui sont assez fragiles,
18:31on n'est pas sur des économies
18:33ou sur du tourisme de masse.
18:34Le but, c'est d'avoir pas trop de monde
18:36et peut-être une clientèle
18:37moyenne haut de gamme
18:38qui soit très tournée
18:39vers la nature
18:40et qui permette vraiment
18:41d'avoir des revenus importants
18:43mais pas faire sur le volume
18:45mais plutôt sur la qualité.
18:47En tout cas, tout peut basculer
18:47très vite dans ce secteur du tourisme.
18:49Imaginez une chute du tourisme
18:51de plus de 50% en à peine un an.
18:54C'est ce qu'a vécu
18:55la Nouvelle-Calédonie
18:56entre 2023 et 2024.
18:58Une chute de fréquentation historique
19:01et une question,
19:02ce territoire a-t-il
19:03les moyens de se relever?
19:04Extrait.
19:08Classée zone à risque
19:09pendant plus d'un an
19:10par les gouvernements australiens,
19:12néo-zélandais
19:13ou encore japonais,
19:14la Nouvelle-Calédonie
19:15a vu sa fréquentation touristique
19:17divisée par deux
19:18après les émeutes de 2024.
19:21Depuis quelques semaines seulement,
19:23le territoire du Pacifique
19:24redevient fréquentable
19:25aux yeux de ses voisins
19:27avec un niveau d'alerte abaissé.
19:29Une reprise progressive
19:30encouragée par l'agence publique
19:32Nouvelle-Calédonie Tourisme.
19:34En fait, ce que j'aimerais,
19:35c'est une plaquette un peu sympa
19:37avec des photos
19:38pour type dossier de presse
19:39qu'on pourrait donner à la presse.
19:41L'impact pour le tourisme,
19:42il a été particulièrement négatif
19:44puisqu'on a eu l'aéroport
19:45qui a été fermé
19:46pendant de nombreuses semaines
19:47avec des retours
19:48qui ont été priorisés.
19:50Mais on a souhaité avoir
19:51une nouvelle dynamique
19:52qui s'enclenche
19:52extrêmement rapidement
19:54avec un travail
19:54avec les consulats
19:55pour rétablir
19:56des niveaux de sécurité
19:57qui permettaient
19:59notamment aux Australiens,
20:00aux Néo-Zélandais,
20:00aux Japonais,
20:01aux métropolitains
20:02de revenir rapidement
20:03sur le territoire.
20:05Alors, le secteur du nickel
20:06était déjà à la peine.
20:07Le tourisme,
20:08on l'a bien compris,
20:09est durement touché.
20:10Quel état des lieux
20:11faites-vous de l'économie
20:12de Nouvelle-Calédonie aujourd'hui ?
20:13C'est un état des lieux
20:14qui est très compliqué.
20:15On l'a dit,
20:15une économie basée sur nickel
20:16avec des productions
20:17qui sont totalement arrêtées,
20:19un produit intérieur brut,
20:20on va dire la croissance
20:21qui a chuté de près de 14 %.
20:23Une production réduite,
20:24on l'a dit,
20:25de plus de 50 %.
20:26Donc, vraiment,
20:27une chute des revenus
20:28excessivement importante
20:29avec, là aussi,
20:31les émeutes.
20:31Ça a un impact très négatif
20:32sur les investissements
20:33en se disant,
20:34il peut y avoir des troubles.
20:36Sur certaines,
20:37on parle de l'énergie,
20:39on va peut-être moins investir.
20:40Donc, on a vraiment
20:41la situation factuelle
20:42sur le nickel,
20:43la situation des ménages,
20:44des entreprises,
20:45des défaillances d'entreprises
20:46qui ont complètement explosé.
20:48Des ménages,
20:49c'est une croissance
20:49qui est faite à deux tiers
20:50par la consommation des ménages.
20:52En Berne,
20:53comme vous avez une baisse
20:53des revenus,
20:54les gens consomment moins,
20:55donc ça fait moins de croissance.
20:57Donc, c'est vraiment
20:58un cercle vicieux.
20:59Donc, on est vraiment
20:59dans une situation
21:00qui est très préoccupante.
21:01L'autre élément
21:02qui est assez intéressant,
21:03c'est en effet,
21:03on parle du nickel
21:04en se disant,
21:04voilà, c'est vraiment catastrophique.
21:06J'attire sur ce point
21:07parce qu'on se dit beaucoup
21:08qu'on a, par exemple,
21:08ce débat pour la Guyane
21:09avec l'or.
21:10On se dit, regardez,
21:11on a plein de matières premières
21:12et donc, on pourrait être
21:13très, très, très, très, très riche.
21:14Il y a un maître moins
21:15en économie
21:16qui s'appelle la diversification.
21:18Et il y a un autre théorème
21:19qu'on appelle
21:20la maladie hollandaise
21:21et tous ces pays
21:21qu'on a aussi en Afrique,
21:22par exemple,
21:23ont plein, plein, plein
21:24de trésors dans leurs matières premières
21:25et qui, malheureusement,
21:27sont très pauvres
21:27ou très peu développés.
21:29Donc, vraiment,
21:29la question,
21:30même quand on a une richesse
21:31comme là, le nickel,
21:32il faut continuer,
21:32il faut reprendre la production,
21:34il faut vraiment utiliser
21:35la diversification.
21:36Et souvent,
21:37ce qui se passe,
21:38c'est quand on a,
21:38voilà, de l'or, du nickel
21:40ou quelque chose
21:40dans son territoire,
21:41on a tendance
21:42à rester sur ses 30,
21:43à faire que de l'extraction
21:45et pas investir.
21:46Et donc,
21:46on reste complètement dépendant
21:48de cette matière première
21:49et donc,
21:50on reste un petit peu
21:51sous-développé.
21:51Donc, c'est très bien
21:52d'avoir ça,
21:53mais il faut aussi
21:53en profiter
21:54avec ce qui s'est passé
21:54pour 2024,
21:55comme on l'a dit précédemment,
21:56pour investir
21:57et surtout diversifier.
21:59Et le tourisme,
22:00en effet,
22:01c'est une des pistes.
22:02Alors, malgré tout,
22:02vous avez parlé
22:03de ces émeutes
22:04de mai 2024
22:04en Nouvelle-Calédonie.
22:05La situation,
22:06elle n'est pas réglée
22:06en Nouvelle-Calédonie.
22:07Socialement instable,
22:08politiquement très instable.
22:10Comment réellement
22:11penser au redémarrage
22:12d'une économie
22:13dans ce contexte ?
22:14Alors, c'est ça,
22:14très compliqué.
22:15Ça va être compliqué
22:16pour les grands investissements
22:17énergétiques,
22:18d'avenir,
22:19d'industrie lourde.
22:19C'est pour ça qu'en effet,
22:20la piste du tourisme,
22:22c'est des investissements
22:23qui existent
22:24mais qui peuvent être
22:24moins lourds
22:25et surtout,
22:25vous avez une rentabilité
22:26qui est beaucoup plus
22:26directe et immédiate.
22:28Donc, c'est vrai que
22:29quand vous avez ce genre
22:30de crise sociale,
22:31politique,
22:32eh bien, on a souvent,
22:33on l'avait vu aussi
22:34pour Tahiti, par exemple,
22:35on se dit,
22:36on va tout mettre
22:36sur le tourisme
22:37et ça permettra
22:37d'avoir des capitaux.
22:39Encore une fois,
22:39c'est bien
22:40mais il ne faut pas
22:41rester que là-dessus
22:42et encore une fois,
22:43c'est pour ça que je réitère
22:44la diversification.
22:45C'est bien le nickel
22:46mais pas que le nickel.
22:47C'est aussi une île
22:47qui est très concurrencée
22:48par l'Indonésie
22:49et par la Chine.
22:50On revient toujours
22:51à des problématiques chinoises.
22:53Donc là aussi,
22:53on a des coûts de production
22:54qui sont plus élevés
22:55donc le salut ne viendra pas
22:57qu'avec une matière première.
22:59C'est vraiment
22:59un investissement global
23:00et en effet,
23:01le tourisme,
23:01c'est une bonne piste
23:02à court terme
23:06d'investir en Nouvelle-Calédonie
23:08aujourd'hui.
23:08Vous l'avez montré,
23:09c'est vrai que les images
23:10sont magnifiques
23:11et d'ailleurs,
23:12vous l'avez très bien dit,
23:13les touristes
23:13commencent à revenir
23:14donc voilà,
23:15il y a juste
23:15à regarder le paysage
23:16et puis au quotidien,
23:18vous allez en vacances,
23:20vous n'allez pas être prise
23:20dans une crise politique
23:22ou gouvernementale lourde
23:24donc là aussi,
23:24il faut faire toujours attention
23:25entre les problèmes
23:27et il n'y en a pas que là.
23:28En France,
23:29on n'a pas de budget
23:30et nous avons pourtant
23:32beaucoup de touristes
23:32donc comme quoi,
23:34tout est possible.
23:35Vu comme ça.
23:36On va terminer
23:37avec votre photo du jour,
23:39Anne-Sophie Alsif,
23:39elle va s'afficher,
23:41on la découvre ensemble.
23:43Que voit-on
23:44sur ce cliché ?
23:45Alors,
23:45très intéressant,
23:46j'ai trouvé des éoliennes,
23:48c'est vrai que
23:48quand on parle
23:49de l'outre-mer,
23:50on ne pense pas forcément
23:51aux énergies éoliennes
23:53et solaires
23:53alors que,
23:54je suis originaire
23:55de la Martinique,
23:56qu'est-ce qu'il y a là-bas ?
23:57Du vent et du soleil.
23:58Alors,
23:59on se dit quand même,
24:00en ayant une telle dotation naturelle,
24:02comment ça se fait
24:03qu'on n'a pas
24:03un mix énergétique
24:04qui s'appuie
24:05beaucoup plus dessus ?
24:06Martinique,
24:07une centrale nucléaire,
24:08mais elle n'existe
24:09que grâce à l'énergie fossile.
24:11Donc là,
24:12je pense qu'il y a vraiment
24:13énormément de réflexions
24:14au niveau des autorités,
24:15même des industriels locaux
24:17pour essayer
24:18d'avoir un mix énergétique
24:19qui soit beaucoup plus
24:20en lien avec l'environnement.
24:21Encore une fois,
24:22le vent,
24:22le solaire,
24:23la mer,
24:24il y a absolument tout.
24:25C'est une petite île,
24:26c'est une petite île,
24:26donc il n'y a pas besoin
24:27d'avoir des tonnes d'énergie.
24:28Et puis aussi,
24:29en termes de coûts,
24:30on se souvient,
24:30dès qu'il y a des cyclones
24:31et autres,
24:32tous les piliers électriques
24:36des mois et des mois,
24:37souvent pour que ça revienne
24:37à la normale
24:38avec les impacts économiques.
24:40Donc je pense que nous,
24:40on parle beaucoup
24:41de transition écologique.
24:42Aujourd'hui en Europe,
24:43avec les reculs
24:44qu'on a pu avoir
24:44sur l'industrie automobile,
24:46je pense qu'en Outre-mer,
24:47il faut aussi avoir
24:48cette question,
24:48surtout quand on a
24:49absolument tout
24:50à portée de main,
24:51du soleil et du vent.
24:53Et c'est valable
24:53pour la Martinique,
24:54la Guadeloupe,
24:55Saint-Martin,
24:55Saint-Martin-les-Milles
24:56et bien d'autres
24:57territoires extramarins
24:58en potentiel sous-exploité.
25:00Tout à fait.
25:01C'est ce que vous nous dites.
25:01Merci infiniment,
25:02Anne-Sophie Alcif,
25:03d'être venue sur notre plateau.
25:05Échange très, très intéressant.
25:06Je vous remercie
25:06d'être venue nous rendre visite.
25:08Merci à vous
25:09d'être fidèle
25:10à votre rendez-vous
25:11C'est pas si loin,
25:12émission qu'évidemment,
25:13vous pouvez retrouver
25:14sur la plateforme
25:15france.tv.
25:16Également aussi,
25:16je vous rappelle,
25:17en podcast
25:18sur toutes les plateformes audio.
25:20Je vous souhaite
25:20une très belle fin de journée
25:21sur France Télévisions,
25:22un très bon week-end
25:23et surtout de très,
25:24très belles fêtes
25:25de fin d'année.
25:26À bientôt.
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