00:00Merci, M. le Président, M. le rapporteur général, Mesdames et Messieurs les sénateurs.
00:06Vous m'auditionnez aujourd'hui dans le cadre du projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant
00:11approbation des comptes de l'année 2025,
00:14qui permet de rendre compte en toute transparence de l'usage de l'argent public et de l'exécution des
00:21lois de finances précédentes.
00:22Évidemment, on se pose aussi des questions sur le début de l'exécution en 2026. Et vous-même, M. le
00:28Président, y avez fait référence dans votre propos préliminaire.
00:33En ce qui concerne le début de l'année 2026, évidemment, qu'il est marqué par le déclenchement de la
00:40guerre en Iran.
00:41C'est revu les débats que nous avions eus ici, au Sénat, à l'Assemblée nationale. Par définition, au moment
00:50où nous avons débattu des lois de finances,
00:53nous n'anticipions pas le déclenchement de la guerre dans le golfe persique, avec évidemment des conséquences économiques importantes.
01:02Et si nous n'avions pas révisé nos prévisions de croissance et d'inflation depuis,
01:07que n'aurions-nous entendu dans cette commission des finances et à juste titre, M. le Président ?
01:13Et si nous avions maintenu les prévisions... Nous avions révisé, pardon, les prévisions de croissance et d'inflation,
01:18mais que nous n'avions pas tiré des conséquences sur le plan des finances publiques,
01:22là aussi, que n'aurions-nous entendu dans cette commission et en séance, que ce soit ici ou à l
01:28'Assemblée nationale,
01:29et de nouveau à juste titre ?
01:30Donc depuis le début de la crise, nous avons cette méthode de transparence complète à chaque étape.
01:36Dès le mois de mars, nous avons eu des remontées concernant la fiscalité sur le carburant.
01:42Je les ai rendus publics. Ce n'est pas habituel, si en commission des finances,
01:47n'est pas habituel d'avoir une communication mensuelle sur des recettes fiscales.
01:51Mais ça me paraissait extrêmement important, vu l'ampleur que ça avait pris à juste titre dans le débat public.
01:56Et j'ai eu l'occasion de faire toute la transparence sur le sujet.
02:00Et je remarque d'ailleurs que ceux qui pensaient qu'il y avait une cagnotte, un surplus à plusieurs milliards
02:07d'euros,
02:07ont pu constater à cette occasion une évidence, c'est-à-dire que la hausse du prix du pétrole
02:11n'est jamais une bonne nouvelle pour les finances publiques françaises.
02:15Et puis nous avons eu ensuite une révision des perspectives macroéconomiques.
02:19Là aussi, M. le Président, nous avons saisi sur le rapport annuel d'avancement au Conseil aux finances publiques.
02:24Ce n'était pas une obligation qui nous était faite.
02:28Et nous l'avons fait précisément pour pouvoir éclairer les débats publics, débats que nous avons dans cette Assemblée.
02:34Nous avons par ailleurs calé nos prévisions sur celles des organismes indépendants
02:39pour qu'il n'y ait pas le moindre doute sur la volonté du gouvernement
02:43de pouvoir prévoir au plus juste, effectivement, dans une situation de forte incertitude.
02:51Et partant du constat que le coût à date était de 6 milliards d'euros pour les finances publiques,
02:584,4 milliards au titre de l'impact économique de la crise, celui qui est détaillé dans le rapport annuel
03:04d'avancement,
03:051,5 milliard, environ au titre des opérations extérieures et de leur intensification,
03:11470 millions d'euros au titre des mesures sectorielles prises à date.
03:16L'ensemble fait 6 milliards d'euros. Et nous avons effectivement, et j'y reviendrai, tiré la conséquence
03:21qu'il fallait pouvoir stopper un certain nombre de dépenses à proportion.
03:25Et désormais, les arbitrages sont en cours parce qu'il ne s'agit évidemment pas de faire n'importe quoi.
03:30Donc il y a un travail qui est en cours. Et donc évidemment, cette transparence à chaque étape
03:35fait que nous disons ce que nous savons, ce que nous ne savons pas, les travaux qui sont achevés
03:40et ceux qui sont en cours. Mais on ne peut pas à la fois demander la transparence sur les finances
03:44publiques
03:44et en déplorer les conséquences. En tout cas, vous le savez, dans cette situation économique, macroéconomique particulière,
03:53nous avançons depuis le début avec 3 principes. Le premier, c'est que l'argent public est rare
03:58et que l'argent public est cher, puisque les taux d'intérêt sont 5 fois plus élevés que ce qu
04:03'ils étaient en 2022.
04:06Dans le même moment, les besoins publics augmentent. Il s'agit de la défense, de la transition énergétique.
04:14J'ai évoqué la question de la charge de la dette. Et dans ce contexte, tenir nos objectifs de dépense
04:20n'est pas une option.
04:20C'est la condition même de notre souveraineté budgétaire. Deuxième principe, les aides doivent être ciblées, temporaires
04:27et elles doivent être financées. Et face à des crises qui tendent à se répéter,
04:33nous ne pouvons pas avoir recours chaque année au quoi qu'il en coûte.
04:37Cela nous mettrait dans une trajectoire explosive du point de vue des finances publiques
04:41et nous priverait à l'avenir de marge de manœuvre. Et c'est la raison pour laquelle chaque euro dépensé
04:45en réponse à une crise doit être compensé par des économies à proportion
04:50et que les soutiens doivent aller à ceux qui en ont réellement besoin,
04:54les ménages les plus précaires, les travailleurs des classes populaires
04:57et les entreprises les plus exposées. Je crois que c'est à la fois une exigence d'efficacité
05:02et une exigence de justice.
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