00:00Les réseaux sociaux, c'est des machines à produire des émotions.
00:03Et la violence, évidemment, c'est une émotion.
00:05Par exemple, j'ai beaucoup travaillé sur les engagements des jeunes djihadistes qui partaient en Syrie.
00:10On se rend compte que plus de 70% d'entre eux avouent être partis suite à la fréquentation des
00:16réseaux sociaux.
00:16Soit parce qu'ils ont vu des images horrifiques et qu'il y a eu une sorte de fascination,
00:20mais le plus souvent, ils ont vu des images horrifiques, par exemple, de leur communauté,
00:23les musulmans syriens sunnites se faisant bombarder par les chiites du Hezbollah ou d'Assad.
00:30Et là, ils se disent, je ne peux pas ne pas y aller.
00:33Et donc, je m'engage.
00:34On voit comment les réseaux sociaux produisent des dispositifs émotionnels très, très puissants, souvent,
00:40qui vont être des moteurs dans l'engagement et dans l'action.
00:43Soit parce que la violence fascine, soit parce que la violence faite à des proches répulse.
00:48Ce qui m'effraie, c'est sur la cybercriminalité.
00:51Je crois qu'on est juste au début de l'histoire sur de nouvelles formes de violences que je vous
00:57disais tout à l'heure,
00:58puisqu'en fait, les organisations criminelles sont allées sur ces territoires numériques avec beaucoup de brio.
01:06Ils recrutent des hackers, ils utilisent des technologies qu'ils ne maîtrisent pas nécessairement,
01:11mais dont ils ont compris tout l'intérêt pour des nouvelles violences,
01:15qui sont à la fois, évidemment, des recherches de gains financiers très importantes,
01:22mais parfois aussi des violences physiques in fine, très, très graves.
01:25Donc oui, on est sans doute au début de l'histoire de ce côté-là.
01:29Merci.
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