00:00Permettez-moi de vous parler d'une France dont on parle peu,
00:02celle des travailleurs qui prennent leur voiture chaque matin parce qu'ils n'ont pas d'autre choix,
00:06celle de nos concitoyens ruraux et périurbains pour qui le plein coûtait déjà trop cher
00:10et qui aujourd'hui payent 50 centimes de plus le litre de gazoil.
00:13La puissance publique n'a plus les moyens d'agir en faveur de ceux pour qui ce choc pétrolier devient
00:18insupportable.
00:19Alors, le gouvernement répond dans la confusion.
00:23Madame Bréjion déclare que les prix doivent baisser,
00:25M. Lescure brandit un décret de plafonnement des marches sur les distributeurs, puis recule.
00:30Alors même que les chiffres sont là, ils sont implacables.
00:32Depuis le début de la crise, les marges brutes des géants du pétrole se sont envolées de manière indécente.
00:38Quand certains se privent, d'autres engrangent, prospèrent tranquillement.
00:43La question, elle est posée. Qui profite de tout ce qui se passe ?
00:47La première des choses, déjà, c'est l'État.
00:51Et vous le voyez bien, l'extrême droite introduit de plus en plus l'idée, au fond,
00:54que le grand gagnant de cette crise serait l'État.
00:56La suspicion, au fond, s'installe en se disant, à chaque fois qu'on va à la pompe,
00:59lentement mais sûrement, on remplirait les caisses de l'État.
01:02Des chiffres surréalistes circulent ici ou là.
01:05Le fameux surplus, que d'aucuns qualifieraient de « cagnotte », je mets des guillemets sur cette affaire,
01:11du début de cette guerre, fin février, début mars, au 20 avril,
01:16il y a quelques jours, le surplus est de 170 millions d'euros de fiscalité.
01:21Ce que je vais faire, c'est que chaque euro de fiscalité, de surplus de fiscalité prélevé sur les Français
01:27à la pompe
01:28vont être affectés au mécanisme d'aide directe que nous mettons en place.
01:33Comme ça, on met derrière nous l'idée délétère pour la République que l'État serait en train de profiter
01:40de la crise.
01:40C'est une très mauvaise chose pour le pacte social.
01:43Le deuxième public, ce sont évidemment les raffineurs.
01:46Je n'aime pas beaucoup non plus dans le débat public ou sur les réseaux sociaux le « total bashing
01:49»
01:49parce que c'est une entreprise française qui emploie des Français.
01:54Elle marque aussi une part des intérêts stratégiques du pays et donc ne nous tirons pas une balle dans le
01:59pied.
01:59Pour autant, il y a un débat qu'il faut objectiver.
02:02S'il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d'une redistribution qui pourrait être à due proportion
02:09ou pas exceptionnelle.
02:10Ça, c'est un débat politique qui est, me semble-t-il, assez noble.
02:13Il y a deux manières de le prendre.
02:16Réflexe français un peu pavlovien, fiscalité.
02:18Après, si on est pragmatique, quand on voit ce que Total Energy a fait sur le plafonnement des prix à
02:23la pompe pendant quelques jours,
02:24on le voit bien que ça, pour le coup, c'est immédiat pour les Françaises et les Français.
02:28Donc, il faut bien que Total Energy se positionne d'une manière ou d'une autre sur une manière de
02:32redistribuer
02:33et potentiellement de la manière la plus efficace qui soit et de la manière la plus rapide, en tout cas
02:38dans sa politique commerciale.
02:39Je mets ça là, mais la porte-parole du gouvernement, ministre délégué à l'énergie, l'a dit tout à
02:42l'heure, nous ne fermons aucune porte.
02:45Je refuse le Total Bashing.
02:47Pour autant, tout débat sur la redistribution est un débat, de toute façon, que je préfère avoir de manière franche
02:51avec vous
02:52plutôt que de le subir plus tard à l'automne dans un mouvement fiscal qui ne serait pas complètement maîtrisé.
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