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  • il y a 6 semaines

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Éducation
Transcription
00:00Merci beaucoup, merci pour ta présentation et puis le propos liminaire.
00:05Donc en fait j'ai choisi un titre qui est un peu provocateur, peut-être un petit peu pessimiste
00:10par rapport à ce que vous savez des travaux des uns et des autres utilisant Bertin d'une façon ou d'une autre.
00:19Bon, en fait c'est parce que le titre a été conçu avant que je fasse l'exposé.
00:22Après je me suis dit quand même j'exagère peut-être un peu, mais vous comprendrez à la fin pourquoi je parle de cette jachère.
00:30Donc je voudrais commencer par resserrer un petit peu le point de vue par rapport à celui qui était fourni ce matin avec Olivier, au Rhin.
00:41Je vais plutôt m'orienter d'abord vers le contexte de la cartographie et des recherches théoriques en cartographie.
00:47Avec cette idée que la cartographie pendant longtemps était apparue comme une discipline technique qui exigeait avant tout une méthodologie
01:00plutôt que de maîtriser des concepts abstraits, une sorte de savoir-faire plutôt qu'un savoir.
01:07Et donc de ce point de vue-là, l'idée qu'on puisse associer aux cartes une démarche réflexive et finalement une science, une discipline si vous préférez,
01:17disons le mot savoir pour ne pas utiliser le terme science, c'est une idée qui apparaîtrait dans la première moitié du XXe siècle,
01:28notamment avec les travaux de l'allemand Maximilian Eckert, puisque Eckert, vous le voyez, utilise d'ailleurs assez tôt ce terme de
01:38« Kartenwissenschaft » ou « Science des cartes », et bon, savoir des cartes, pour désigner un domaine d'études qui se distingue de la cartographie selon lui
01:48et qui lui semble nouveau. Et dans cet ouvrage, il distingue dans un premier temps ce qui serait appliqué de ce qui serait plus réflexif.
01:59Par la suite, il emploiera le mot « Kartenkunde », toujours pas « cartographie », mais « Kartenkunde », qui est davantage modelé, un peu comme « Erdkunde »
02:08et qui ressemble davantage à la cartographie comme discipline technique.
02:13Un peu plus tard, dans les pays anglo-saxons, on voit apparaître un terme qui est « cartology », qui s'est surtout diffusé entre 1960 et 1980.
02:26C'est un mot qui est emprunté au Polonais, au Polonais Lesz Ratajski, qui est parmi les auteurs qui abordent la carte comme système de communication
02:36et, vous voyez, je vous ai mis la définition de cartologie par Ratajski dans la traduction anglaise.
02:42« A system of theoretical cartography, and moreover, the theoretical superstructure of applied cartography, the practical activities involved in mapmaking. »
02:55Donc, d'une part, l'activité pratique, qu'on désigne comme la cartographie appliquée,
03:01et puis, une sorte de nouvelle science, la cartologie.
03:05Le terme ne va pas vraiment se diffuser au-delà, je vous l'ai dit, de la période 1960-80.
03:13Un tout petit peu avant, dans les années 1960, on avait vu apparaître le mot de « métacartographie »
03:20qui avait été créé dans le cadre de la Nouvelle Géographie par Hagerstrand, repris ensuite par Bunge.
03:32Bon, mais il s'agissait plutôt d'aller au-delà de la cartographie et de réfléchir sur son usage opérationnel.
03:39On ne pouvait pas vraiment parler d'un cadre théorique pour les cartes.
03:44Donc, je voulais un peu vous tracer ce contexte intellectuel,
03:46puisqu'on peut inscrire la sémiologie graphique de Bertin,
03:50qui est publiée, vous le savez, une première fois en 1967,
03:54puis en 1973, pour les deux premières éditions.
03:58On est, vous voyez, dans cette période où, finalement, c'est cristallisé,
04:03et nous se sont cristallisés des réflexions théoriques.
04:06Donc, on a un mouvement qui tente un peu à détacher, finalement, la cartographie du simple outil
04:15et des seules méthodes, des bonnes méthodes pour faire les cartes.
04:22Donc, la question que je pose dans cette intervention, c'est celle de l'héritage.
04:26Dans quelle mesure, ces développements théoriques,
04:31qu'on peut quand même, vous voyez, dater d'une période des années 60-70,
04:39dans quelle mesure cet héritage est toujours mobilisé aujourd'hui,
04:44autrement qu'à un titre historique ?
04:47Bertin a-t-il été prolongé, revisité, et en particulier en France ?
04:51La première approche que je vous proposerai, elle est de nature bibliométrique,
04:56elle est très simple.
04:57J'avais déjà fait cette analyse en 2011,
05:00lors du Congrès international de cartographie,
05:03qui rendait hommage à Bertin,
05:06et j'avais étudié plusieurs auteurs dans Google Scholar,
05:13en regardant, en mettant leur nom,
05:14et puis, entre guillemets, le titre,
05:17ou un élément du titre de leur ouvrage principal.
05:20Bon, alors, ces auteurs,
05:22ils étaient à peu près de la même période que Bertin,
05:25on va dire entre les années 50 et les années 70,
05:28et, bon, la plupart étaient des grands textes théoriques,
05:33à l'exception du premier de Robinson,
05:36qui était en fait un manuel,
05:37plutôt qu'un texte théorique,
05:38mais c'est le manuel le plus célèbre, le plus réédité.
05:42Si je l'ai mis dans la liste,
05:43c'est parce qu'il témoignait quand même du passage
05:46d'une cartographie qui était une sorte d'art du dessin,
05:51à une cartographie académique,
05:53qui avait donc une dimension réflexive et théorique,
05:57qui était d'ailleurs très marquée chez Robinson,
05:59qui évoquait par exemple les questions de design graphique,
06:03ou les questions de traitement des données.
06:06Bon, du vivant de Robinson,
06:08il y aura six éditions des éléments de cartographie,
06:11et vous voyez que c'est, avec 566 citations,
06:14entre 2000 et 2010,
06:15dans Google Scholar,
06:17un des ouvrages qui arrive en tête.
06:19En revanche, bon, la plupart des autres
06:21ont des scores très bas,
06:23et on voit apparaître, vous voyez,
06:25sur une période d'une dizaine d'années,
06:27Bertin, très bien placé,
06:28avec notamment, d'ailleurs, l'édition anglaise,
06:31qui est de 1983,
06:36qui est la plus mentionnée.
06:38Donc, on peut noter, en dehors de ça,
06:42que la référence en allemand,
06:43la traduction allemande,
06:46qu'on peut atteindre avec la dernière citation,
06:49graphichessemiologie,
06:51apparaît très peu,
06:52mais bon, on sait aussi que,
06:55dans le domaine de la cartographie académique,
06:58l'anglais, c'est la langue de communication internationale
07:01de cette discipline,
07:03comme de bien d'autres sciences.
07:06Alors, j'ai voulu reconduire l'étude,
07:08pour la période récente,
07:10pour voir est-ce que ça a évolué.
07:12Alors, déjà, évidemment,
07:12la base de données de Google Scholar,
07:15c'est nettement étendu,
07:16mais on voit, donc,
07:17en allongeant la période de 10 ans,
07:21on voit toujours ces tendances
07:22s'affirmer et se confirmer,
07:25avec le manuel de Robinson,
07:27qui, pour le coup,
07:28est plutôt maintenant un peu dépassé,
07:29qui seraient plutôt en recul,
07:34on dirait,
07:34dans les années les plus récentes.
07:37Des textes anciens et théoriques,
07:38comme The Nature of Maps,
07:40The Look of Maps,
07:41ou bien Cartographic Information,
07:44de Kolachny,
07:45sont un peu aux oubliettes.
07:47On les cite toujours,
07:48mais de manière assez réduite.
07:51Et puis, vous voyez bien,
07:52donc, Bertin apparaît toujours
07:54au premier rang.
07:56Alors, le nombre de citations
07:57le plus élevé
07:58pour l'ouvrage en anglais,
08:01pour la version anglaise,
08:03et, bon, bien sûr,
08:05on sait que,
08:08pour ce qui est de la version française,
08:09elle a été rééditée
08:10pour la dernière fois en 2005,
08:13tandis que l'édition anglaise
08:14la plus récente,
08:15elle est de 2011,
08:17donc ça a pu aussi relancer,
08:18bien sûr,
08:19les citations de l'œuvre
08:21avec cette édition récente.
08:24D'un autre côté,
08:25il ne s'agit pas seulement
08:26de citations nouvelles
08:27entre 2010 et 2021,
08:30puisque la base de Google
08:31s'étant étendue,
08:33on a aussi un certain nombre
08:34de citations nouvelles
08:35de la période 2000-2010.
08:38Donc, voilà,
08:39quand on arrive à plus de 4000,
08:40ça représente bien
08:41l'ensemble de la période.
08:45Quelque part,
08:46il y a peut-être un paradoxe,
08:49parce que l'ouvrage de Bertin
08:51a aussi été évoqué
08:53en cartographie
08:54comme étant dépassé,
08:56obsolète.
08:57Il a pu faire l'objet
08:58d'un analyse très critique.
09:01Je voudrais vous en donner
09:02un exemple que j'avais déjà utilisé.
09:04Bon, c'était les éditions,
09:05excusez-moi,
09:06c'est une diapo
09:06auxquelles je ne vais pas passer
09:08tout à l'heure.
09:10Au moment de la sortie
09:11de l'édition anglaise,
09:13peu après,
09:16il y a une review
09:17de Marc Montmonnier,
09:18qui est un grand ponte
09:19de la cartographie,
09:21professeur au Texas,
09:23qui nous dit
09:24« But although his ideas
09:26can be of great value
09:27to persons working
09:29with computer graphics,
09:31même si ces idées
09:31peuvent être de bonne valeur,
09:32de grande valeur,
09:34Bertin's media,
09:35le media de Bertin,
09:37clearly are of the pen and ink
09:39and zip-tone variety. »
09:41Alors, ça veut dire,
09:43son texte relève
09:44du pen and ink,
09:45c'est-à-dire la plume et l'encre
09:47et une zip-tone.
09:48Alors, zip-tone,
09:49c'est des sortes
09:50de trames transferts,
09:51vous savez,
09:51comme le tracet,
09:52je ne sais pas si
09:53certains d'entre vous
09:54ont connu ça,
09:55sans doute,
09:56c'est-à-dire on faisait
09:57des cartes
09:57comme avec des décalcomanies
10:00de trames
10:01qui se transféraient
10:03sur le fond de cartes.
10:04« And his mid-sixties perspective
10:07is blissfully ignorant
10:09of color monitors,
10:11symbols with velocity
10:12and videotext systems
10:14with sequenced image elements. »
10:17Donc, en fait,
10:17une vue, Bertin,
10:19une vue des milieux
10:20des années 60
10:21totalement dépassée
10:22pour Montmounier.
10:24C'est une critique
10:27qui va aussi prendre en compte
10:30ce qu'il appelle
10:31le dogmatisme de l'ouvrage.
10:34Bertin affirme
10:36de nombreuses choses
10:37sans jamais amener
10:38un seul élément
10:40de démonstration
10:41en se fondant souvent
10:43sur sa seule intuition
10:45et sans aucune expérience
10:48sur le processus
10:51de la perception,
10:52par exemple.
10:54Dans le même ordre d'idées,
10:56la géographe
10:57et cartographe Sylvie Rimbert,
10:59qui s'exprime
11:00beaucoup plus tard ici,
11:02a rendu un hommage
11:04à Bertin
11:05dans la revue
11:06du Comité français
11:07de cartographie.
11:08Un hommage,
11:09mais ces mots
11:09entre guillemets,
11:10parce qu'en fait,
11:11on se rend compte
11:12que derrière cet hommage,
11:14elle souligne plusieurs choses
11:15et notamment
11:16le fait que Bertin
11:17serait d'abord
11:19un artisan.
11:20Il a porté
11:21à l'un de ses sommets
11:22la cartographie artisanale,
11:24mais que,
11:25vous voyez,
11:26tout ça
11:26est dépassé
11:28puisqu'elle ajoute
11:29juste au moment
11:29où les ordinateurs
11:30et la pratique
11:31de la statistique
11:32multidimensionnelle
11:33allaient rejeter
11:35les bons dessinateurs
11:36au rang des copistes
11:37du Moyen-Âge
11:38évincés par l'imprimerie.
11:41Mais surtout,
11:41faute de géographes
11:42avertis,
11:43il n'a pas vu venir
11:45le développement
11:45de l'analyse spatiale
11:47à la fin des années 60,
11:48Le célèbre
11:49Locational Analysis
11:51of Inhuman Geography
11:53de Peter Haggett
11:54date pourtant de 1965.
11:56Au fait,
11:57lisait-il l'anglais ?
11:59C'est peut-être là
12:00que se trouvait une barrière.
12:02Bon,
12:02l'hommage,
12:02vous voyez,
12:03est mitigé.
12:05En tout cas,
12:06on a l'impression
12:07que Sylvie Rimbers
12:11s'exprimait en 2012
12:12avec le recul,
12:13considère que,
12:14bon,
12:15dans les années 60-70,
12:17l'ouvrage est dépassé,
12:19il a été dépassé,
12:20non seulement
12:21parce qu'il n'a pas
12:22pris en compte
12:22l'analyse spatiale,
12:23ce qui est quand même
12:23un truc très géographique,
12:25mais aussi parce qu'il a
12:27largement ignoré
12:28les développements
12:30de la statistique.
12:32En fait,
12:33Sylvie Rimbers
12:34va plus loin
12:34et elle ajoute
12:35quelque chose
12:36qui est intéressant
12:37pour nous,
12:38puisqu'on doit étudier
12:38un laboratoire
12:39et elle évoque
12:40également
12:41l'organisation
12:42du laboratoire
12:43en précisant,
12:45vous voyez,
12:45juste un petit peu plus loin,
12:47à la fin de son hommage,
12:49mais on a aussi voulu montrer
12:51que,
12:51de nos jours,
12:52un chercheur cartographe
12:53qui n'est pas intégré
12:54dans une équipe
12:55de spécialistes
12:56en design,
12:57statistique,
12:58informatique,
12:59analyse spatiale,
13:00connaissance des processus
13:02et des systèmes,
13:03support de diffusion,
13:04langues étrangères,
13:06systèmes experts,
13:07risque de manquer
13:08une voie d'innovation
13:09et de développement.
13:11Donc,
13:12on peut penser
13:12que,
13:14indirectement,
13:14si vous voulez,
13:14un laboratoire
13:15qui est d'abord
13:16organisé
13:18au sein
13:19d'une structure
13:20globale
13:21orientée
13:22vers les SHS,
13:24aurait,
13:25quelque part,
13:26souffert
13:27d'un certain
13:28nombre de manques.
13:30Donc,
13:31on a,
13:31vous le voyez,
13:32des positions
13:33récurrentes
13:34qui pointent
13:35les manques
13:36ou les retards
13:37chez Bertin,
13:38des positions critiques
13:39qui sont,
13:41la plupart du temps,
13:41clairement associées
13:42à des évolutions
13:43techniques
13:43qui ont réorienté
13:45les recherches,
13:47celles des cartographes
13:48et celles des géographes,
13:50à partir des années 80.
13:52En particulier,
13:53bien entendu,
13:54on songe aux recherches
13:55en géomatique
13:56qui,
13:57à partir des années 80,
13:59vont dominer
14:00les travaux
14:00en cartographie.
14:02Bon,
14:03mais on pourrait aussi,
14:05comme vous l'avez compris,
14:07penser à la révolution
14:08quantitative
14:08qui va diffuser
14:10les analyses multivariées
14:12et déclasser,
14:15en quelque sorte,
14:16le traitement visuel
14:17des données
14:18qui étaient faits,
14:19en particulier,
14:20avec les matrices
14:22ordonnables.
14:25Alors,
14:25lorsque j'avais un peu
14:28travaillé
14:28sur la question
14:29de Bertin
14:30de la CEMIO,
14:31j'avais mené
14:32des entretiens
14:32avec plusieurs collègues
14:33américains
14:34et j'avais parlé
14:37avec Dennis Wood,
14:38qui est un prof
14:40ou auteur
14:41d'ouvrages fondamentaux
14:42sur la cartographie
14:43et l'approche sociale
14:45et sémiotique
14:46des cartes,
14:47l'auteur de
14:48The Power of Maps
14:49en particulier,
14:50et Dennis Wood,
14:51je lui avais parlé
14:52de cette analyse
14:54par mon monnier
14:55et ce qu'il m'avait répondu
14:57m'avait paru
14:57très intéressant
14:58parce qu'il disait
15:00that is,
15:07Bertin came too late.
15:08Il a été traduit
15:09en 1983,
15:10c'est un peu tard
15:11pour les américains
15:13alors qu'on est
15:13dans le cadre
15:14de la révolution
15:15informe,
15:16enfin,
15:16oui,
15:16de la géomatique
15:17et des développements
15:18de la géomatique.
15:19If all you were
15:21into
15:22was production
15:24like Montmonnier
15:25and most other
15:27American mapmakers,
15:28it was all about
15:30using computers
15:31to make maps.
15:33There was
15:33and is
15:34limited interest
15:35in how maps
15:36mean
15:37and what they do.
15:39Je crois que c'est
15:39très important,
15:40dit les américains.
15:42Bon, effectivement,
15:43à ce moment-là,
15:43ils ne sont pas du tout
15:44là-dedans
15:44et ils sont
15:45dans l'utilisation
15:48des ordinateurs
15:49pour faire des cartes.
15:51Ils ne s'intéressent pas
15:51à la façon
15:52dont les cartes
15:54prennent du sens
15:56ou communiquent
15:56et ce qu'elles font
15:58ce que fait la carte.
16:00What they do.
16:03If you were interested
16:04in understanding data,
16:05si vous étiez intéressé
16:06dans la compréhension
16:07des données,
16:08well,
16:09that's another story.
16:11There,
16:12Bertin's contributions
16:13are vital
16:14in 2010
16:15where false
16:16concerned with data
16:18treat him
16:19with immense respect.
16:21Weiner,
16:22of course,
16:23but also Tufty,
16:24who of course
16:25was a statistician
16:26too.
16:26So,
16:27on voit
16:28que
16:28l'intérêt
16:30pour Bertin
16:30dépend,
16:31bien entendu,
16:32de l'intérêt
16:33que l'on avait
16:35envers
16:35tel ou tel,
16:36enfin,
16:36ou la manière
16:37dont on était
16:38immergé
16:38dans telle ou telle
16:39discipline.
16:40Il est clair
16:40que pour les cartographes
16:42et les géographes,
16:44bien entendu,
16:45la figure de Bertin
16:46s'efface
16:47alors qu'elle est
16:49encore très vivace
16:50et il reste
16:52un peu
16:53un personnage
16:53tutélaire
16:54et une autorité
16:55importante
16:56dans le domaine
16:57de la donnée
16:58et chez les statisticiens.
17:00Et là,
17:00vous voyez,
17:01Wood s'exprime
17:02vers 2010.
17:05Alors,
17:06Wood n'est pas
17:07le seul
17:07à le souligner.
17:09Beaucoup de collègues
17:10me l'ont indiqué.
17:11En fait,
17:12moins que le détail
17:13des règles
17:14de la sémiologie,
17:16c'est l'ensemble
17:16du système
17:17qui était en lui-même
17:20révolutionnaire
17:21en tant que
17:23structure générale
17:25et complète
17:26qui n'avait
17:27aucun équivalent
17:28jusque-là.
17:29Ce n'était pas
17:29du tout
17:30semblable
17:31à tout ce
17:31qu'avaient pu être
17:32les manuels
17:32de cartographie
17:33jusqu'à présent.
17:35Un collègue américain,
17:38Ronald Eastman,
17:40professeur
17:41à la Clark University,
17:43écrit
17:43un compte-rendu
17:45lui aussi
17:46de la
17:46Semiology of Graphics,
17:491985,
17:50je crois,
17:51et il nous dit
17:51qu'il s'agit
17:53de bien davantage
17:54que d'un manuel
17:55pour construire
17:58des présentations
17:59visuelles
18:00nettes
18:00et de qualité,
18:02il s'agit
18:02de l'explication
18:03d'un système
18:04d'analyse
18:05et de découverte
18:07qui doit être
18:08considéré
18:09comme l'un des outils
18:10essentiels
18:10de la connaissance humaine.
18:13Donc finalement,
18:14vous voyez
18:14cette espèce
18:15de vision
18:16de l'ouvrage
18:17comme une grande
18:17superstructure théorique
18:18est souvent
18:20mise en avant.
18:21On retrouve
18:22dans les comptes-rendus
18:23et il y a
18:24des raies
18:24volontiers
18:25ces termes
18:26d'un ouvrage
18:27qui est complet,
18:28qui est systématique,
18:29qui est étendu,
18:30qui fournit
18:31une syntaxe logique,
18:33qui est méthodique,
18:35etc.
18:35Voilà quelques mots-clés
18:37qui reviennent
18:37régulièrement
18:39dans les commentaires
18:40relativement
18:41au traité.
18:43L'une des clés
18:44de l'ouvrage,
18:46on le sait,
18:47je l'ai déjà souligné
18:48par ailleurs,
18:49c'est que Bertin
18:50n'arrête pas
18:51sa réflexion
18:52au niveau des signes
18:53ou des symboles
18:55eux-mêmes,
18:56mais qui s'est donc
18:56élevé au niveau
18:58des relations
18:58entre les signes
18:59et en ce sens,
19:02son système
19:02pouvait être comparé
19:03à la linguistique
19:05et se rattacher,
19:08ça a été dit aussi,
19:10au structuralisme.
19:13Plus récemment,
19:15Mackie Schren,
19:16qui est professeur
19:17de géographie
19:18à Penn State,
19:19qui est directeur
19:20d'un laboratoire
19:21de géovisualisation,
19:23Geovista,
19:26a étudié en 2017
19:28les références
19:30récentes à Bertin
19:31en essayant
19:31de faire ressortir
19:33à la fois
19:34les disciplines
19:35qui mobilisaient Bertin,
19:36mais je n'ai pas le temps
19:37de m'attarder là-dessus,
19:39mais surtout
19:39ce qu'il appelle
19:40les sujets essentiels.
19:42C'est-à-dire,
19:42quand on écrit
19:43et qu'on évoque Bertin,
19:44on parle de quoi ?
19:45On évoque quoi ?
19:47Qu'est-ce qui est toujours
19:47mobilisé dans la littérature
19:49académique contemporaine ?
19:52Alors,
19:52voilà les core subjects
19:55relevés par Mackie Schren.
19:57dans la littérature récente,
20:00donc lui,
20:00il est sur la période
20:012004-2017
20:02pour un article
20:04publié en 2018.
20:07Alors,
20:07bon,
20:08on voit en 1
20:10l'approche sémiotique,
20:12les variables,
20:13leur implantation,
20:14leur propriété.
20:15En 2,
20:16la question des niveaux
20:17de lecture de l'image.
20:19Vous vous rappelez
20:20ce que nous disait
20:20Jean-Daniel ce matin,
20:23comme lire une matrice
20:25à l'échelon
20:27d'une petite case
20:28ou bien
20:28à l'échelle globale,
20:30c'est aussi
20:30les niveaux de lecture
20:31qu'on retrouve
20:32pour la cartographie.
20:34Troisième point,
20:35le principe d'efficacité.
20:37Pour courant
20:38dans beaucoup de travaux
20:38des années 50
20:41aux années 80,
20:42l'efficacité
20:43est devenue
20:44le paradigme
20:45de la cartographie
20:46dans cette période-là.
20:48Et puis ensuite,
20:50on va voir,
20:51ces deux aspects,
20:52ces trois aspects,
20:53pardon,
20:53vous voyez,
20:54sont un petit peu,
20:57on pourrait le dire,
20:58du point de vue
20:59de ces sujets-coeurs,
21:00on voit bien
21:01que c'est cette approche
21:02sémiotique
21:02et compréhensive
21:03qui se retrouve
21:04dans ces trois premiers thèmes.
21:06Mais on voit également,
21:08avec les deux thèmes suivants,
21:10que les autres mobilisations
21:13de Bertin
21:14sont donc liées
21:16à ce qui a été disqualifié
21:18dans les années 80
21:19par les géographes,
21:21notamment,
21:21et qui occupe donc
21:23une bonne place
21:24le traitement
21:26par série d'images
21:27et le traitement
21:27par matrice.
21:29C'est-à-dire
21:29cette idée
21:30que la graphique
21:31permet non seulement
21:34de présenter
21:35des résultats,
21:37mais aussi
21:37de traiter les données.
21:39Et ceci
21:40est donc présent,
21:42même si c'est qu'au
21:42quatrième et cinquième rang,
21:44dans l'héritage,
21:46on l'a vu ce matin
21:48avec ce que nous a présenté
21:49Jean-Daniel,
21:51par exemple.
21:52Donc,
21:54on aurait
21:56des thèmes
21:59qui sont toujours
22:01utiles
22:02en lien
22:02avec des domaines
22:03en expansion
22:04de la
22:05Visual Data Analysis
22:07ou bien même
22:08de ce qui est lié
22:10à l'analyse
22:11du Big Data,
22:12de ces données
22:16innombrables
22:17dans lesquelles
22:17on envisagerait
22:18l'utilisation
22:19d'outils visuels.
22:21Dans une approche
22:22un peu plus personnelle,
22:24mais qui n'a rien
22:24de nouveau ici,
22:25je soulignerai peut-être
22:26autre chose
22:27d'important
22:28et d'inspirant.
22:29Ça a été mentionné
22:30aussi au détour
22:31des débats
22:33de ce matin.
22:34Cette idée
22:34que Bertin
22:35nous propose
22:36une approche globale
22:37des moyens graphiques.
22:38Ça aussi,
22:39c'est nouveau
22:39parce que lui-même
22:40avait été formé
22:41en cartographie,
22:42mais il propose
22:43en fait
22:44une approche générale
22:45et ça,
22:47clairement,
22:48ce propos transdisciplinaire
22:49est très nouveau.
22:51Il anticipe
22:52la visualisation
22:53et pour nous,
22:55c'est aussi
22:55ce qui fait
22:56que sa pensée
22:57est recueillie
22:58dans des disciplines
22:59très différentes
23:00quand on retrouve
23:01des designers,
23:03des géographes,
23:04des statisticiens,
23:06etc.
23:07Dans le même temps,
23:08pour le replacer
23:11à nouveau
23:11dans le contexte
23:12dont je parlais
23:12tout à l'heure,
23:13l'expression graphique
23:15se pose
23:17comme une sorte
23:17de discipline
23:18indépendante
23:18avec
23:20comme un annoblissement
23:22ses développements
23:23théoriques
23:24alors qu'auparavant
23:26la seule carto
23:28était plutôt
23:28dans une position
23:29qu'on pourrait appeler
23:30ancillaire.
23:31La cartographie
23:32existait
23:33à l'ombre
23:34de la géographie
23:35et on peut penser
23:38que quelque part
23:40elle en souffrait
23:41au niveau
23:42des recherches
23:43et ça lui interdisait
23:46un développement
23:47justement réflexif
23:49faute de chercheurs
23:51suffisamment nombreux
23:53et faute
23:53d'une structure adaptée.
23:56Donc à ce stade,
23:57comme vous le voyez,
23:58la question posée en titre
23:59n'est pas vraiment
23:59justifiée pour le moment.
24:01L'idée de Jacher
24:02semblerait même
24:03contredite
24:04puisqu'on peut constater
24:05que de nombreux travaux
24:07se réclament de Bertin
24:08et cherchent à le prolonger
24:09de façon plus ou moins critique
24:11dans différentes disciplines.
24:14Il reste que
24:15sans cesse
24:16au cours des années
24:17j'ai entendu
24:18les géographes
24:19et d'autres spécialistes
24:20se lamenter
24:21sur le fait
24:22que les leçons
24:23de la sémiologie
24:24avaient été oubliées.
24:26Donc ça
24:27c'est un point
24:28bien entendu
24:29et notamment
24:30à l'époque
24:30pionnière des SIG
24:31on se plaignait
24:35de ce que
24:35les cartes
24:36résultant
24:37du travail
24:38par ordinateur
24:39ou des logiciels
24:39existants
24:40à l'époque
24:40étaient graphiquement
24:42nulles
24:43visuellement
24:44très mauvaises.
24:47Mais
24:47quand j'ai proposé
24:48mon titre
24:49je ne songeais pas
24:50vraiment aux mauvaises cartes.
24:52En fait
24:53il y en a toujours eu
24:54il y en aura toujours
24:56il y a même
24:57des sites
24:57qui leur sont consacrés
24:59vous pourrez vous amuser
25:00en visiter quelques-uns
25:02en fait
25:03je voulais surtout
25:04faire le constat
25:05que Bertin
25:06était largement cité
25:07et utilisé
25:08pour des recherches
25:09complémentaires
25:10mais qu'on n'avait jamais eu
25:11un travail
25:12ambitieux
25:13qui nous fournirait
25:14une nouvelle structure
25:15conceptuelle
25:16d'ensemble
25:17pour les formes nouvelles
25:19de la cartographie
25:20ou des visualisations
25:22interactives
25:24et dynamiques.
25:26Alors
25:26c'est un constat
25:27qui a été fait
25:28à plusieurs reprises
25:28donc c'est
25:29un petit peu
25:30là-dessus
25:30que je voudrais
25:30m'arrêter
25:31pour finir
25:34en arriver ensuite
25:35à conclure
25:36donc on a vu
25:39déjà
25:40peut-être avant
25:41cette citation
25:42je vous la remets
25:42tout à l'heure
25:42on a vu
25:44dès la fin
25:46des années 90
25:48dans un article
25:50sur la cartographie
25:51de l'an 2000
25:51dans la revue
25:54de géomatique
25:55Robert Laurini
25:56et Muller
25:57Jean-Claude Muller
25:57qui conclut
25:58leur article
25:59en évoquant
26:00la nécessité
26:01de mettre au point
26:02ce qu'ils appellent
26:03une sémiologie
26:04infographique
26:05c'est-à-dire
26:07une nouvelle sémiologie
26:09graphique
26:10qui serait basée
26:10sur les nouveaux
26:11paradigmes
26:12de la cartographie
26:14notamment
26:14l'interactivité
26:15ou les visualisations
26:17dynamiques
26:18et c'est un constat
26:20qui rejoint
26:22celui très récent
26:23de Mackie Schrein
26:24qui se pose la question
26:26à la fin de son article
26:28dont je parlais tout à l'heure
26:30qui nous donnait
26:31les sujets
26:31cœur
26:32Do we need
26:34a second generation
26:35Do we need
26:40a second generation
26:41sémiologie graphique
26:42focused on displays
26:43making up
26:44the interactive
26:45visual interfaces
26:46of visual analytics
26:49applications
26:51donc en fait
26:52on a
26:53une question qui est posée
26:54y a-t-il besoin
26:55d'une nouvelle sémiologie
26:56graphique
26:56adaptée finalement
26:58à l'interactivité
26:59aux nouvelles visualisations
27:00et la réponse
27:02de Mackie Schrein
27:02c'est oui
27:03en fait
27:03donc
27:05the answer
27:06is also contingent
27:08on whether
27:09one believes
27:10that broad
27:10conceptual models
27:12are likely
27:13to generate
27:13positive results
27:14for both
27:16research and practice
27:17donc la réponse
27:18dépend
27:18si on croit
27:19que ces grands modèles
27:20sont susceptibles
27:22de fournir
27:22des résultats
27:23aussi bien
27:23pour la pratique
27:24que pour
27:26la recherche
27:28etc.
27:29je ne veux pas
27:30aller trop
27:31traduire tout
27:32mais vous voyez
27:33qu'à la fin
27:34Mackie Schrein
27:35dit
27:35my personal view
27:37is that
27:38such conceptual models
27:40have value
27:41and that one
27:42is possible
27:43for this domain
27:44c'est-à-dire
27:44qu'on sent
27:45cette espèce
27:46d'idée
27:46que bien sûr
27:47Bertin est prolongé
27:48mais enfin
27:48quelque part
27:49son modèle général
27:50adapté à la cartographie
27:52statique
27:53et sur papier
27:53avant tout
27:54aurait besoin
27:55d'être renouvelé
27:56dans une vision
27:57un schéma
27:58conceptuel global
27:59qui serait adapté
28:01aux visualisations
28:02nouvelles
28:02bien
28:03quelques mots
28:05pour conclure
28:05donc peut-être
28:07d'abord pour dire
28:08qu'en réalité
28:08cette sémiologie
28:09infographique
28:10elle a progressé
28:12ces 30 dernières années
28:13on ne peut pas dire
28:14que rien n'a été fait
28:15puisque beaucoup
28:16d'auteurs ont testé
28:17la validité
28:18des principes
28:19de Bertin
28:19ou ont tenté
28:21de les étendre
28:21à de nouvelles
28:23formes de visualisation
28:24comme les variables
28:26dynamiques
28:27alors il reste
28:28que ces contributions
28:29sont assez dispersées
28:30et n'ont pas donné lieu
28:32à de fortes
28:33synthèses
28:34est-ce que
28:35cette synthèse
28:36est illusoire
28:37utopique
28:39est-ce qu'il existe
28:42aujourd'hui
28:42le laboratoire
28:43qui serait capable
28:44peut-être de la produire
28:45ou la personne
28:45qui serait capable
28:46de la produire
28:47produire une oeuvre
28:48compréhensive
28:49comme celle de Bertin
28:50ça c'est une question
28:52qui est posée
28:52mais ce qui semble
28:54c'est que si
28:54nouvelle grammaire
28:56il doit y avoir
28:57il est assez peu probable
29:00qu'elle soit élaborée
29:01en France
29:01cette fois-ci
29:02parce que
29:03de toute évidence
29:04avec la disparition
29:06du laboratoire
29:06de Bertin
29:07aucune structure
29:08semblable
29:09consacrée
29:10à l'expression graphique
29:11n'a jamais
29:12été mise en place
29:13il y a quelques
29:15laboratoires
29:15bien sûr
29:16qui touchent
29:16à la visualisation
29:17je ne vais pas être
29:18voilà
29:18mais aucun laboratoire
29:22par exemple
29:22n'a adopté
29:23la structure
29:24qu'avait envisagée
29:25Sylvie Rimbère
29:25et les disciplines
29:29un peu séparées
29:30aujourd'hui
29:31mais la cartographie
29:32en particulier
29:33n'a pas
29:34de laboratoire
29:35qui soit dédié
29:36qui soit orienté
29:37vers la recherche
29:38par exemple
29:38voilà
29:39donc d'où
29:40le propos
29:42peut-être
29:42ou le titre pessimiste
29:43de mon
29:45exagérément pessimiste
29:47j'ajouterais
29:47de mon intervention
29:49d'aujourd'hui
29:49voilà
29:50je vous remercie
29:50je vous remercie
29:51d'aujourd'hui
29:52je vous remercie
29:52d'aujourd'hui
29:53je vous remercie
29:55d'aujourd'hui

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