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  • il y a 3 mois
Au moment des attentats du 13 novembre 2015, les agents de la Ville de Paris étaient au plus près des Parisiens et Parisiennes, pour les soutenir, pour les accompagner. Dans ces moments douloureux, le service public n'a jamais aussi bien porté son nom.
10 ans après, ces agents témoignent.

Crédits images d'archives :
© Ville de Paris


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News
Transcription
00:00Il faut vraiment savoir que tout peut arriver à tout moment.
00:03On en est la preuve visante.
00:05On était en patrouille juste pour assurer une soirée tranquille
00:09et on s'est retrouvés dans l'enfer.
00:12Les souvenirs sont toujours là, comme aujourd'hui, dix ans après.
00:14Pour moi, c'est comme si c'était hier.
00:16On a des réflexes, même dix ans après, des réflexes.
00:20On passe devant une terrasse où il y a eu un attentat.
00:23La première chose qu'on fait, on garde la terrasse.
00:25On n'y pense toujours.
00:27Je me dis, ça fait quand même déjà dix ans,
00:28mais malgré ça, c'est comme au premier jour.
00:31On ressent encore la souffrance, la douleur, la justice.
00:43Le 13 novembre 2015, nous étions en patrouille LCI,
00:48à savoir contrôle des terrasses.
00:50Il était 22 heures à peu près.
00:52Il faisait beau, il y avait du monde et puis c'était joyeux.
00:55Nous sommes donc passés devant la terrasse, la belle équipe.
01:00Nous avons vu qu'elle était très bien tenue.
01:03Les personnes étaient installées en terrasse, détendues.
01:07On leur a souhaité une bonne soirée.
01:09Je dis à mon équipage, tout va bien, tout est bien.
01:11On s'en va.
01:12Donc, nous sommes remontés en voiture.
01:14Une personne avec son scooter est venue nous rejoindre.
01:18Il était paniqué.
01:20Il nous a dit, mais en criant, en jetant son scooter au sol,
01:23on a dû presque le tenir dans nos bras tellement qu'il était en panique.
01:27Et il nous a fait, mais pourquoi vous êtes partis ?
01:30Il fallait rester, revenez, revenez.
01:32Je crois qu'ils sont tous morts.
01:42Donc, on est partis en voiture, arriver, rouler doucement
01:46parce qu'on ne savait pas trop où était cette terrasse,
01:48de quelle terrasse il parlait.
01:50Et sur la droite, j'ai tourné la tête et j'ai vu la terrasse.
01:52Ça a été un choc.
01:54Ça a été un choc énorme.
02:03Je suis responsable territorial au SMASH,
02:06au service municipal d'action de salubrité et d'hygiène.
02:09Nous, nous sommes à un service de désinfection.
02:11Nous sommes appelés, sur réquisition de la police, pour les décès.
02:15On n'est pas intervenus le soir des attentats.
02:17C'est le lendemain.
02:17Il fallait à tout prix faire la désinfection au plus vite
02:22pour désinfecter, leur nettoyer tout ce qui est sang,
02:25tout ce qui était terrasse, café, bar,
02:29qui ont été touchés, malheureusement.
02:30Alors, Bataclan, ça a été un peu particulier.
02:33On était encore sous choc.
02:35On était entre 30 et 40 personnes.
02:37On a divisé les équipes le matin et l'après-midi
02:40pour que ça soit moins dur psychologiquement.
02:43On a fait ça sur le volontariat, déjà.
02:46Et on a vu que beaucoup de personnes voulaient être présentes.
02:52Je m'appelle Marc Meurand.
02:57Je suis éboueur à la ville depuis 28 ans.
03:00Je cherchais des volontaires pour gérer les fleurs.
03:03Parce que les gens commençaient à ramener des fleurs.
03:05Il fallait faire quelque chose.
03:06Donc, ils ont demandé 5, 6 volontaires.
03:09On allait tous les jours dans les différents sites,
03:11le Bataclan, la Belle Équipe et la Bonne Bière,
03:13pour essayer d'entretenir ce qui était déposé par les familles.
03:19Et on avait avec nous les archives de Paris.
03:21Donc, on leur remettait après les dessins,
03:23les petits nounours, les choses comme ça.
03:25Et pendant ces deux mois, faire le travail que j'ai fait,
03:28pour moi, c'était très important.
03:31C'est ancré en nous.
03:32Les victimes, je ne vais pas dire que je les ressens,
03:37mais pour moi, ils sont là.
03:38Ils sont là avec nous.
03:39Je prie pour elles, je prie pour leur famille.
03:43Qu'est-ce qu'il me reste ?
03:45Le sourire et le remerciement de tous les parents,
03:48des familles, surtout.
03:50Ce qu'on a fait, c'est vraiment quelque chose,
03:53je pense, qui était bien accepté par les Parisiens,
03:57les Parisiennes et les familles des proches.
04:01À la fois, c'est dur.
04:02Et je me dis quand même, dans ma tête,
04:04on a fait quand même des choses qui ont permis
04:06d'aider et de sauver des gens.
04:08Même sur des mourants, on était là quand même.
04:12On était là, on n'hésitait pas tout seuls.
04:14C'est notre humanité, en fait, qui nous a dicté
04:16les gestes et les mots qu'il fallait dire
04:19pour soutenir les personnes qui venaient à nous.
04:22Moi, je dis que là, on a fait un service
04:23pour les Parisiens et on l'est fait pour ça.
04:26Un service public, au sens du terme,
04:29le plus humain du terme.
04:30Et c'est ça qui fait la force de la ville de Paris.
04:32Je suis pas joué 49.
04:35Oui, c'est ça qui fait la force de la ville d'avoir
04:41aussi beaucoup, c'est un service public.
04:42Sous-titrage Société Radio-Canada

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