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  • il y a 2 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Pour en parler, nous sommes toujours avec Laurent Valdigué. Merci d'être resté avec nous.
00:05Bonsoir, colonel Bruno Quezac, ancien commandant de la section de recherche de la gendarmerie de Nancy.
00:10On est aussi avec maître Ambroise Viennet-Leguet. Bonsoir, maître.
00:15Avocat au barreau de Paris, mais aussi avec Julien Pinelli. Bonsoir, maître.
00:20Merci d'être avec nous. Vous êtes l'avocat de la grand-mère d'Émile.
00:24Je vous donne la parole dans un tout petit instant.
00:26Mais d'abord, Laurent Valdigué, c'est un retour hautement symbolique, celui des grands-parents du petit garçon.
00:33On le rappelle, ils n'étaient pas revenus dans ce village depuis leur garde à vue.
00:38Oui, ils n'avaient surtout pas passé cet été 2025 dans leur maison de vacances,
00:43puisqu'on sait qu'ils ont cette maison du Haut-Vernay depuis le début des années 2020.
00:47Donc depuis le début des années 2000, depuis une vingtaine d'années.
00:51Et cet été, c'est une famille. Ils ont dix enfants, les grands-parents.
00:54C'est une famille d'enfants, petits-enfants. Ils y passent en général plus d'un mois par an.
01:00Là, cette année, ils n'étaient pas venus.
01:02Ils n'étaient pas venus depuis leur garde à vue de mars dernier,
01:06où les deux grands-parents et leurs enfants majeurs étaient soupçonnés d'homicide involontaire
01:13et de recel de cadavres. Rendez-vous compte, la pression qui a pesé sur ses épaules,
01:19sur cette famille, pendant cette garde à vue.
01:23Et puis à l'issue de la garde à vue, il y a eu cette conférence de presse du procureur Jean-Luc Blachon,
01:28qui a révélé que d'après l'enquête de police scientifique de la gendarmerie,
01:34les ossements du petit Émile qui avait été retrouvé l'année précédente
01:38avaient été déposés par quelqu'un.
01:42On avait cru, quand on avait retrouvé les ossements du petit garçon,
01:46qui s'était en fait perdu, que c'était la fin de l'histoire,
01:49qui s'était perdu dans la forêt tout seul et qu'on ne l'avait pas retrouvé,
01:52que malgré toutes les recherches, tout le monde était passé à côté.
01:55En réalité, non. Pour les enquêteurs, grâce à des études de pollen extrêmement précises,
02:01extrêmement détaillées, c'est peut-être une première dans l'histoire de la gendarmerie,
02:05cette enquête-là, les ossements ont été déposés.
02:09Et ça, c'est vrai que ça a été, après leur garde à vue, certainement pour les parents,
02:13pour les grands-parents, pour toute la famille, ça a dû être un choc,
02:16parce qu'il y a quelqu'un qui aurait donc recelé, gardé avec lui le corps de ce petit garçon
02:22qui s'est décomposé et puis qui est allé déposer les restes en forêt
02:31pour faire croire à tout le monde qu'il s'était perdu.
02:34Alors ça, c'est vrai que les parents doivent être dans un état de perplexité.
02:39Les grands-parents et deux de leurs enfants et leurs avocats,
02:42donc au moins huit personnes, ont passé une dizaine d'heures hier au Auvergne,
02:47pour la première fois, pour aller faire, l'avocat va nous le raconter, j'imagine,
02:51pour aller faire un peu une, on a l'impression, c'est l'impression que ça donne,
02:57une peu une contre-enquête sur ce qui a pu se passer.
03:01Justement, c'est là-dessus qu'on va pouvoir interroger Maître Pinelli.
03:05Merci beaucoup d'être avec nous.
03:07Est-ce que vous pourriez nous éclairer justement sur ce retour dans ce village
03:12des grands-parents d'Émile ?
03:13Pour quelles raisons est-ce qu'ils se sont rendus sur place ?
03:16Nous avons pu avoir accès enfin aux éléments de la procédure,
03:21à l'ensemble des investigations qui ont été conduites depuis le 8 juillet 2023,
03:25et notamment les investigations techniques.
03:28Il nous a paru nécessaire de les replacer, de les replacer dans leur contexte,
03:34de coller des images en quelque sorte et des lieux sur ces rapports d'expertise.
03:40Et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes rendus au Auvergne.
03:43Pour revenir sur ce qui vient d'être dit, il ne s'agit pas à trop en parler d'une contre-enquête.
03:49J'évoquais plus volontiers le terme de complément d'enquête.
03:52Simplement d'ajouter à ce qui a déjà été fait, les observations que nous avons pu nous-mêmes établir,
03:59l'étude que nous avons conduite, les observations que nous voulons ajouter nous-mêmes
04:04aux éléments d'une enquête déjà existante.
04:07Mais alors, depuis combien de temps avez-vous le dossier entre les mains, maître ?
04:12Alors, il faut comprendre une chose, c'est qu'en tant que partie civile,
04:15nous avons accès au dossier de la procédure, mais il ne s'agit pas d'un accès en temps réel.
04:19Les enquêteurs produisent des actes d'enquête, ils sont remis au magistrat instructeur
04:24par le biais de remises partielles, par bloc si vous voulez,
04:27c'est ce qu'on appelle des retours de commissions ordnatoires.
04:30Et à partir de là, dès lors qu'ils sont intégrés au dossier de la procédure,
04:33nous pouvons les consulter.
04:34Nous avons eu accès fin septembre à l'ensemble des pièces,
04:38du moins à l'état des investigations conduites jusqu'à la fin septembre.
04:41Et je l'indique d'ailleurs, je ne doute pas que parmi les carences, en quelque sorte,
04:46que nous avons pu mettre en évidence dans le cadre de notre travail sur le site,
04:50peut-être que certaines d'entre elles ont déjà été palliées entre le mois de septembre
04:54et notre visite d'hier au Auvergne.
04:58Et alors, qu'avez-vous constaté dans ce dossier ?
05:01Qu'il y avait des pièces manquantes, ou peut-être des endroits
05:05où les enquêteurs avaient bâclé le travail, en quelque sorte ?
05:11Qu'avez-vous constaté dans ce dossier ?
05:12Certainement pas.
05:14Certainement pas, mais absolument pas.
05:16Notre position dans ce dossier, nous l'avons dit, je le répète encore,
05:20nous sommes tout à fait conscients du travail admirable
05:22qui a été opéré par les hommes et les femmes de la section de recherche de Marseille
05:25dans le cadre de cette procédure.
05:27Et il ne s'agit surtout pas d'une démarche critique.
05:30Je ne pourrais pas dire que ces investigations ont été bâclées,
05:34au contraire, elles ont été accomplies d'une façon très performante.
05:37Néanmoins, lorsque l'on se présente sur les lieux, avec le dossier en main,
05:41en quelque sorte, avec les éléments qui ont déjà été mis en œuvre,
05:45on observe, du moins c'est notre point de vue,
05:47que certains sites notamment, soit n'ont pas été investigués
05:52comme ils l'auraient dû, soit n'ont pas été investigués du tout.
05:55Je ne peux pas rentrer dans ce détail, évidemment,
05:57puisque cela nous conduira à dévoiler le fond du dossier de l'instruction,
06:01ce qui est rigoureusement interdit et c'est parfaitement normal.
06:04Néanmoins, notre travail a consisté d'une part à reprendre
06:07la chronologie des événements de cette journée du 8 juillet 2023
06:11qui a conduit à la disparition du petit Émile,
06:14ensuite à nous rendre sur les lieux qui ont donné lieu aux investigations
06:17et ensuite à repérer d'autres lieux que nous avions relevés à l'avance
06:20sur lesquels nous estimons que des investigations devraient être mises en œuvre.
06:25Voilà encore une fois la logique dans laquelle nous sommes placés.
06:30Mais alors, que cherchez-vous, Maître Pinelli ?
06:33En tout cas, que cherche la famille en revenant sur les lieux ?
06:37Je pourrais vous répondre assez facilement en vous disant qu'elle recherche la vérité
06:40et que la première, évidemment, attente de cette famille enveillée
06:44est de faire la lumière sur les circonstances de ce drame.
06:47Mais plus précisément, nous avons une série de logiques
06:50qui ont été conduites par les enquêteurs.
06:53Différentes pistes ont été ouvertes au cours de l'enquête
06:56et vous évoquiez tout à l'heure notamment celle qui avait conduit à la mise en examen
06:59et notamment de ma cliente et de son mari.
07:02Il y en a d'autres, bien évidemment.
07:04Et nous voulions les confronter, les éprouver à la situation simplement physique du Auvergne.
07:10Restez avec nous, Maître Pinelli.
07:12Je voudrais juste vous faire réagir Bruno Quezac.
07:16C'est vrai que Maître Pinelli dit bien qu'il ne s'agit pas d'une démarche critique,
07:20d'un complément d'enquête.
07:23Mais donc, est-ce que pour vous, ça remet quand même en cause le travail des enquêteurs ?
07:26Est-ce que ça arrive souvent, ce type de démarche ?
07:28Ça arrive de plus en plus.
07:31Et à titre personnel, je considère que c'est tout à fait logique
07:35de la part de la famille et de leur conseil
07:40que de rechercher la vérité et de participer à cet effort.
07:43Mais n'est-ce pas censé être le travail des enquêteurs ?
07:46D'autant plus que ça se fait dans un excellent état d'esprit
07:48de la part des avocats des partis civils.
07:51Donc on n'a a priori aucune raison de douter de la bonne foi,
07:56du travail fait par les avocats et les familles dans cette situation.
08:02Donc vous trouvez que c'est une démarche saine ?
08:03D'accord.
08:04Effectivement, pour l'instant, l'affaire n'a pas de conclusion.
08:07Donc on peut comprendre légitimement que les grands-parents et les parents
08:09cherchent à contribuer ou à porter un autre regard
08:12sur la façon dont les investigations peuvent être conduites.
08:16Surtout si eux-mêmes sont suspectés.
08:18Donc ils ont aussi besoin d'apporter une vérité.
08:22Laurent Valdigui ?
08:24Surtout qu'on sait qu'ils étaient 17 au Vernet ce jour-là,
08:27puisque quand les enquêteurs avaient fait une remise en situation
08:31pour essayer de voir où se trouvait qui exactement
08:35autour de 17h, 17h15, pendant la disparition du petit Émile.
08:41Donc c'est vrai que c'est un peu un vase-clos.
08:44C'est vrai que j'imagine que les avocats et la famille,
08:47en découvrant dans le dossier judiciaire,
08:50les dépositions de chacun, les déclarations de chacun,
08:54surtout de ces 17, j'imagine qu'ils ont pu se dire
08:57qu'il pouvait y avoir des contradictions,
08:59des choses qu'ils ne savaient pas.
09:02Ils ont pu situer à tel endroit précisément.
09:05Donc c'est vrai que c'est un peu la première fois
09:07qu'ils peuvent revisiter le hameau
09:09à la lumière de ce que les uns et les autres ont dit.
09:14Donc ça, ça nécessite, pour se rendre compte,
09:18pour mesurer les distances,
09:20pour mesurer le temps qui s'est passé,
09:22ça nécessite d'être sur place.
09:24D'ailleurs, c'est ce que font les enquêteurs
09:25quand ils se rendent sur place,
09:27c'est de confronter les déclarations des uns et des autres
09:29au lieu.
09:31Alors ça, c'est vrai que l'avocat peut nous le dire.
09:34C'est dans cette confrontation
09:36que des fois, on voit qu'il y a des choses
09:38qui sont un peu incohérentes.
09:40On se dit, tiens, un tel à tel endroit,
09:42il dit qu'il a vu ça,
09:43on a l'impression que ce n'est pas possible comme ça.
09:47Et puis, on mesure bien la distance,
09:49parce qu'en fait, c'est tout petit, le Auvergne.
09:51Il faut bien se rendre compte
09:52que ce petit garçon de deux ans et demi,
09:54il s'est volatilisé dans un temps très court
09:56et dans un périmètre très réduit.
09:58Alors ça, c'est vrai que les parents,
10:00j'imagine, peut-être que l'avocat peut nous le dire,
10:02les parents ont dû confronter les déclarations
10:05des uns et des autres au lieu.
10:06Oui, est-ce qu'il y a eu des incohérences,
10:08Maître Pinelli ?
10:11Des incohérences, je dirais qu'il y en a toujours
10:13dans un dossier d'une telle ampleur, encore une fois,
10:16et sans me lancer dans une critique un petit peu facile,
10:18comme le ferait une sorte d'inspecteur des travaux finis.
10:21Ce n'est pas du tout notre démarche,
10:23je viens de vous le dire,
10:24mais il est évident que lorsqu'on reprend le nombre
10:26des témoignages qui ont été recueillis,
10:28lorsqu'on les éprouve à la situation des lieux,
10:31il y a forcément, si ce n'est des incohérences,
10:33en tout cas d'autres questions qui s'ajoutent
10:36à celles qui ont été posées ou non au cours de l'enquête.
10:39Rien ne remplace en réalité une appréciation in situ
10:42sur ce type de dossier,
10:44cela vient d'être dit et c'est parfaitement juste.
10:46En réalité, vous avez deux types de périmètres,
10:49vous avez un périmètre extrêmement réduit,
10:51qui est celui dans lequel a pris place
10:53la disparition du petit Émile,
10:55et ensuite vous avez une immensité,
10:57celle qui l'entoure et qui conduit jusqu'au lieu
11:00dans lequel son corps a finalement été déposé
11:03et retrouvé.
11:05Et finalement, on en vient à travailler
11:06sur un tout petit secteur au début,
11:08lorsqu'il s'agit d'apprécier cette rue,
11:12les maisons qui l'entourent,
11:14où vivaient d'ailleurs à l'époque,
11:15et où vivent encore d'ailleurs certains des témoins,
11:18et puis ensuite vous voilà plongé dans un ensemble
11:20dans lequel, là, évidemment,
11:22les espaces n'ont plus rien à voir,
11:23les distances sont beaucoup plus lointaines,
11:26les coins et recoins sont extrêmement nombreux,
11:28et ont déjà donné lieu, bien évidemment,
11:30à des investigations très poussées,
11:32mais de notre point de vue,
11:33doivent être désormais complétées.
11:35C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs,
11:36à l'issue de notre travail,
11:39et de la synthèse que nous allons en faire désormais,
11:41nous saisirons la juge d'instruction
11:43qui est en charge de ce dossier,
11:44de ce que l'on appelle en procédure pénale
11:46des demandes d'actes,
11:47c'est-à-dire des demandes d'investigation complémentaires.
11:49– Maître, d'après votre constatation ?
11:52– Quel est l'intervalle de temps ?
11:55Vous le situez dans quel intervalle,
11:57la disparition du petit garçon,
11:59et donc dans quel périmètre ?
12:00Autour de 17h15 ?
12:02Ça prend combien de temps ?
12:05Et ça l'amène à peu près à quel endroit ?
12:07– Je ne peux pas rentrer, encore une fois,
12:10dans ce type d'appréciation.
12:12Nous avons fait ce choix, dans le cadre de cette affaire,
12:16de nous limiter très strictement,
12:18très strictement, encore une fois,
12:19à ce qui peut être révélé sur un dossier d'instruction.
12:22Je suis très attaché à ce principe,
12:23chacun doit l'être, encore une fois,
12:25l'enquête doit être conduite,
12:26avec le secret nécessaire,
12:28qui scie à ce type d'affaire,
12:29de par sa sensibilité,
12:31et ce n'est certainement pas à l'avocat de la partie civile,
12:33de révéler les éléments qui sont le fond d'un dossier.
12:37– Il me semble que vous avez utilisé un drone hier.
12:42Quel était l'intérêt de cette utilisation ?
12:45– Tout simplement,
12:46compte tenu de la configuration des lieux,
12:49prendre la hauteur qu'offre ce type de matériel
12:51nous paraissait nécessaire,
12:53de façon à compléter nos albums photographiques
12:57par des vues aériennes.
12:58– Et alors, que se passe-t-il
13:03si jamais il trouve de nouveaux éléments ?
13:06Qu'arrivera-t-il ?
13:07Quelle est la prochaine étape ?
13:08Comment ça se passe ?
13:10Peut-être, Maître, vous voulez répondre ?
13:11– Écoutez, l'instruction est manifestement toujours en cours,
13:15et comme l'a dit précisément mon confrère,
13:18on ne peut pas vraiment dire que le fait qu'il soit rendu sur place
13:21viendrait rendre illégitime les investigations qui ont déjà été faites.
13:24en réalité, les parties civiles, elles ont un droit,
13:27qui a été cité par mon confrère,
13:29qui est le droit de faire des demandes d'actes.
13:31C'est-à-dire que le juge d'instruction, en principe,
13:34il va enquêter à charge, à décharge,
13:36avec évidemment l'appui des enquêteurs,
13:39mais les parties civiles, dès lors qu'elles sont constituées dans un dossier,
13:42elles peuvent tout à fait dire, écoutez,
13:44on a, nous, une hypothèse qui est peut-être un peu différente,
13:46on considère qu'il y a des éléments
13:48qui mériteraient d'autres investigations, d'autres analyses.
13:53Et en réalité, les parties civiles peuvent totalement,
13:55en faisant une demande formelle au juge d'instruction,
13:58en disant, voilà, de manière motivée,
14:00pour quelles raisons nous voulons que telle investigation soit faite,
14:04et le juge va répondre positivement ou négativement à cette demande.
14:07Donc effectivement, le fait qu'ils se rendent sur les lieux
14:10et que peut-être qu'ils fassent des constatations eux-mêmes,
14:14prennent des photos, etc.,
14:15va permettre, je pense, aussi de peut-être asseoir
14:18ces demandes d'actes qu'ils envisagent de faire à l'heure actuelle.
14:21Est-ce que ça arrive souvent, Laurent Valdiguet ?
14:24On en parlait tout à l'heure.
14:25En réalité, tout le temps.
14:27Cette famille, ils habitent là, ils connaissent tout le monde.
14:30Encore une fois, à la fois, c'est un tout petit périmètre,
14:33ils ne sont que 17 au Vernais, autour de 17h15,
14:37quand le petit se volatilise.
14:38C'est un mystère de chambre jaune.
14:40Ils ne sont pas nombreux.
14:42Donc c'est vrai que pendant longtemps,
14:43la famille, elle n'a pas eu accès aux dossiers d'instruction,
14:46elle a été dans cette espèce de grande lessiveuse
14:49médiatique,
14:52des gendarmes, d'abord des recherches.
14:54Il y avait 500 personnes qui recherchaient le petit garçon.
14:57Il s'est volatilisé, ils étaient sans explication.
15:00Tout était mis sur le...
15:01On a pensé à un aigle,
15:03un loup, rendez-vous compte,
15:04un prédateur de passage.
15:06Enfin, ça a été...
15:07Ils étaient face à une espèce de grande inconnue.
15:10Et puis là, comme le dit l'avocat,
15:12depuis fin septembre, ils ont le dossier.
15:15Alors le dossier, ça change tout,
15:16parce que le dossier, vous savez très précisément
15:19qui a dit quoi.
15:21Vous savez très précisément
15:22à quel endroit se situe tel voisin.
15:24Vous savez très précisément
15:26les expertises judiciaires
15:30sur les ossements du petit garçon.
15:32C'est très cru, un dossier judiciaire.
15:35Mais c'est très concret.
15:36Et donc la famille, avec son regard,
15:39avec sa connaissance du terrain, des lieux,
15:42forcément, elle se fait une idée.
15:45Alors c'est normal que l'avocat
15:46ne veuille pas nous la détailler
15:47et nous en parler.
15:49Mais elle se fait une idée
15:50de ce qui a pu se passer,
15:54de qui dit la vérité
15:56et de qui a l'air, d'après eux,
15:58de masquer quelque chose.
16:00La famille, face à un dossier d'instruction...
16:02Est-ce qu'il peut arriver que la vérité saute aux yeux
16:03au moment où on découvre le dossier ?
16:05Vous vous faites une idée.
16:07Vous vous faites...
16:07Alors, une conviction,
16:08c'est un trop gros mot judiciaire,
16:11puisque ça, c'est le travail des assises.
16:13Mais vous vous faites une idée.
16:15Une idée très différente
16:16de la lecture des journaux.
16:18Ça n'a rien à voir
16:18avec la lecture des journaux,
16:19un dossier d'instruction.
16:20Donc c'est normal que cette famille,
16:22qui est dans la grande lessiveuse
16:23depuis deux ans,
16:25depuis 2020...
16:282023.
16:292023.
16:30Depuis plus de deux ans, voilà.
16:31C'est normal que cette famille,
16:33maintenant, elle a une idée
16:35beaucoup plus précise
16:36des pistes de l'enquête.
16:38Et ça, ils vont le confronter.
16:40Et d'ailleurs, ils vont faire
16:41des demandes d'actes.
16:42Il l'a dit, l'avocat.
16:43Ils vont faire des demandes d'actes.
16:44C'est-à-dire, ils vont demander
16:44à l'instruction
16:45de pousser dans telle et telle direction.
16:48Et ensuite,
16:50au juge d'instruction,
16:51de tenir compte,
16:53comme vous le savez, maître,
16:54de l'opinion
16:57de chaque parti civil.
16:59Alors des fois,
17:00dans l'opinion des partis civils,
17:01il y a des bonnes intuitions.
17:02Des fois, non.
17:03Des fois, non.
17:03Mais des fois,
17:04il y a des bonnes intuitions.
17:05Après, c'est aux enquêteurs
17:07de creuser,
17:07sachant que c'est un dossier
17:08qui est pour l'instant
17:09dans une espèce d'impasse.
17:10Bien sûr.
17:11Bruno, que peut-on espérer trouver
17:13deux ans et demi après
17:15la disparition de l'enfant ?
17:17Là, il me semble que...
17:18Qu'est-ce qu'on cherche précisément ?
17:19Quand la famille retourne sur place,
17:22à quoi est-ce qu'on fait attention ?
17:25Qu'est-ce qu'on cherche
17:25à ce moment-là ?
17:26Là, je ne sais pas aujourd'hui
17:28ce que la famille précisément
17:30est allée chercher
17:32avec ses avocats sur le terrain.
17:34En tout cas,
17:34elle a certainement essayé
17:36de comprendre
17:37la façon dont les enquêteurs
17:39avaient élaboré leur enquête
17:42et travaillé sur certaines pistes.
17:45Toute la difficulté
17:46dans ce type d'affaires,
17:48lorsqu'on se fie
17:48à l'ensemble des investigations
17:49qui ont été faites,
17:50donc les auditions
17:51des témoins divers et variés,
17:52les investigations techniques,
17:55les investigations scientifiques,
17:56le travail sur les traces
17:57et les indices,
17:59il faut qu'on arrive
17:59à trouver un scénario
18:00qui permette de comprendre
18:02ce qui s'est passé.
18:03Or, j'ai le sentiment,
18:05à titre personnel,
18:06et je vais être très très prudent
18:08dans ce que je vais dire,
18:09que la grande difficulté
18:10aujourd'hui dans cette affaire,
18:12c'est d'avoir un scénario
18:13qui soit parfaitement conforme
18:16à l'ensemble des données
18:17que détiennent aujourd'hui
18:19les enquêteurs
18:20de la section de recherche de Marseille
18:21et les magistrats instructeurs.
18:23Donc, c'est là, si vous voulez,
18:24que, à mon avis,
18:25réside la difficulté.
18:29Je crois, d'ailleurs,
18:30je vais peut-être apporter
18:30une correction,
18:31je ne vais pas parler
18:32sous le contrôle
18:32de Maître Pinelli,
18:33mais il me semble
18:34que les investigations
18:36qui ont été faites
18:37sur la dépouille
18:37du jeune garçon
18:38n'ont pas été faites
18:39par la gendarmerie,
18:40mais par un laboratoire privé.
18:41Et donc, il faut aussi
18:44qu'on arrive à combiner
18:45des méthodes de travail
18:46qui sont peut-être parfois
18:47un peu différentes
18:48selon les laboratoires,
18:50les rapprocher du travail
18:51fait en recoupement
18:52des informations,
18:53notamment à l'aide
18:54de notre logiciel Anacrim,
18:55qui est un outil
18:56aujourd'hui extrêmement éprouvé
18:58dans la gendarmerie.
18:59Et il faut qu'on arrive
18:59à définir un scénario
19:00qui tienne la route
19:01et qui corresponde
19:02à tout ce qu'on a trouvé.
19:03Vous confirmez,
19:04Maître Pinelli ?
19:05Le fait d'avoir accès
19:08à la procédure
19:10nous met dans une démarche
19:11désormais active
19:12dans le cadre
19:13de cette procédure.
19:14Et vous imaginez bien
19:15que ma cliente
19:16qui a dix enfants,
19:18qu'elle a non seulement élevés,
19:20mais dont elle a assuré
19:20la solarité,
19:22est quelqu'un qui n'est pas
19:23d'une personnalité passive
19:24face à l'adversité
19:25et qui entend bien
19:26dans le cadre
19:27de cette procédure
19:28justement faire acte
19:30non seulement de présence,
19:31mais également faire acte
19:33si ce n'est d'enquête,
19:34en tout cas d'une participation
19:35active à cette démarche.
19:38Alors, effectivement,
19:39on peut s'interroger
19:40sur les différentes pistes
19:41et celles que pourrait
19:42retenir aujourd'hui
19:43la partie civile,
19:44notamment celles
19:45que je représente.
19:46Malheureusement,
19:47à ce stade,
19:47je rejoins ce qui vient
19:48d'être dit,
19:49nous en sommes nous aussi
19:50à ce point,
19:51nous ne distrosons pas
19:52d'une piste privilégiée
19:54par rapport à une autre.
19:56Ni notre intuition,
19:57ni notre travail
19:57ne peut aujourd'hui
19:58nous autoriser,
19:59encore une fois,
20:00à affirmer
20:01que nous détenons une vérité.
20:02Ce serait extrêmement encourageant,
20:04mais ce serait
20:04très présomptueux
20:05et à ce stade,
20:06nous ne pouvons pas
20:07nous permettre.
20:09Après,
20:09conformément à ce qui vient
20:10de vous être indiqué,
20:11chacun a sa mission,
20:13chacun a son travail.
20:14L'investigation criminelle
20:16en l'État,
20:16elle est confiée
20:17à la section de recherche.
20:18Personne ne pense
20:19un seul instant
20:20à s'y substituer.
20:22Néanmoins,
20:22je pense que personne
20:23ne peut également écarter
20:24l'idée selon laquelle
20:25des partis civils
20:27aussi gravement blessés
20:29par cette affaire
20:32ont une part importante
20:34à jouer,
20:34d'une part déjà
20:35par leur connaissance
20:36des lieux
20:37et d'autre part
20:38par le sentiment
20:40qu'ils peuvent avoir
20:41au regard de ce qui a déjà été
20:43à contenir.
20:44Oui,
20:45Maître Vianney-Leguet,
20:45vous avez une question ?
20:46Oui,
20:47confrère,
20:47en fait,
20:48une question qui me vient
20:49à l'esprit,
20:50c'est que j'imagine
20:50que vos clients
20:51sont partis civils
20:51depuis un petit moment,
20:54depuis plusieurs mois,
20:55voire plusieurs années,
20:56et vous dites qu'effectivement
20:57vous avez accès au dossier
20:58que depuis quelques semaines.
21:00Donc j'imagine
21:00que le juge d'instruction
21:01n'a pas accepté tout de suite,
21:03c'est ça,
21:03de vous donner accès au dossier ?
21:05En tout cas,
21:05et qu'il a attendu,
21:07alors effectivement,
21:08ils ont été suspects à un moment,
21:09donc j'imagine qu'effectivement,
21:10il ne fallait peut-être pas
21:11leur donner tout de suite
21:11accès au dossier
21:12comme c'est le droit
21:13pour les partis civils,
21:14et du coup là,
21:15aujourd'hui,
21:15depuis quelques semaines,
21:16c'est ça,
21:16vous avez officiellement
21:18accès à toute la procédure ?
21:20En réalité,
21:21le versement de pièces,
21:22la communication de pièces
21:24au parti civil,
21:24s'est faite en deux temps.
21:26Il y a eu un premier jet
21:27qui précédait la mise en cause
21:29notamment de ma cliente
21:29dans le cadre de sa garde à vue
21:31avec les premiers éléments
21:32et qui étaient d'ailleurs
21:33parcellaires,
21:34et il n'y a à l'issue
21:36de sa garde à vue
21:36de l'année dernière
21:38que finalement,
21:40à compter
21:40du mois de septembre,
21:41que nous avons pu
21:42cette fois-ci accéder
21:43au deuxième jet,
21:44c'est-à-dire l'ensemble
21:45des éléments
21:46qui précédaient
21:47le placement en garde à vue
21:48de ma cliente
21:49et qui lui succédaient.
21:51Bien sûr,
21:51dans le cadre de la commission
21:53rogatoire.
21:53Maître Pinelli,
21:54est-ce que ça a été
21:55une décision compliquée
21:57à prendre pour la famille
21:58de se lancer finalement
21:59dans ce complément d'enquête ?
22:03Je dirais qu'elle est venue
22:04tout à fait naturellement
22:05puisque l'étude
22:07que nous avons conduite
22:08ensemble des éléments
22:09du dossier
22:10nous ont amené
22:12forcément à nous interroger
22:13et donc par nécessité
22:16à replacer,
22:17à contextualiser
22:18l'ensemble
22:19de ces éléments.
22:20Maintenant,
22:20vous avez eu une difficulté,
22:22sans doute,
22:22faites-vous référence
22:23au poids moral
22:26qu'il y avait
22:26à revenir sur ces lieux.
22:28Je ne peux pas rentrer
22:29évidemment dans ce détail,
22:30ce serait violer cette fois-ci,
22:32non pas le secret
22:33de l'enquête,
22:33mais elle est encore
22:34plus précieuse pour moi,
22:35l'intimité de ma cliente.
22:38Néanmoins,
22:39je l'évoquais également
22:40tout à l'heure,
22:41face à l'adversité,
22:43ma cliente a une conduite
22:45particulièrement courageuse
22:46et a su surpasser
22:47en quelque sorte
22:48cette barrière
22:50pour se plonger
22:50cette fois-ci
22:51d'une façon très pragmatique
22:52dans l'appréciation
22:53des éléments du dossier
22:55pour les replacer
22:56en situation.
22:57Oui, merci beaucoup
22:58Maître Pinelli
22:59d'avoir accepté
23:00de répondre à nos questions
23:01sur BFM TV.
23:03Je voudrais saluer
23:03Valentin Doyen
23:05qui nous rejoint également.
23:06Bonsoir,
23:07vous êtes journaliste
23:08spécialiste
23:08de l'affaire Émile.
23:10Vous avez suivi
23:11cette affaire
23:11depuis le début.
23:14Comment est-ce que
23:15vous réagissez
23:15justement à cette
23:16contre-enquête
23:17des grands-parents,
23:18en tout cas
23:18ce complément d'enquête
23:20qu'ils cherchent
23:21à faire ?
23:23Il n'y a rien
23:23d'étonnant
23:24là-dedans
23:25pour deux raisons.
23:27La première raison,
23:29selon moi,
23:29c'est que
23:30effectivement
23:31en ayant accès
23:33à la grande majorité
23:35du rapport
23:36d'expertise,
23:37Anne et Philippe
23:38Védovigny
23:38ainsi que leurs enfants
23:40qui sont constitués
23:41partie civile
23:41parce que maintenant
23:42c'est l'ensemble
23:42de la famille
23:43qui est constituée
23:43partie civile
23:44depuis la fin
23:45des gardes à vue
23:46ont des intimes convictions
23:49et des convictions
23:50qui se sont forgées
23:50naturellement.
23:51Ils voulaient retourner
23:52sur le terrain
23:53pour explorer
23:53ces endroits
23:55qui n'avaient pas été approchés
23:56du temps de la mise
23:56en situation.
23:57C'était en mars 2024.
23:59Et puis,
24:00il y a aussi
24:00une forme de réponse
24:03de la part de Philippe
24:04et d'Anne Védovigny.
24:05C'est,
24:06voilà,
24:06nous avons été accusés.
24:08Pour certains,
24:08nous sommes encore
24:09des coupables idéales.
24:11On vient vous prouver,
24:12nous,
24:12le contraire.
24:13On vient vous prouver
24:14qu'on s'intéresse
24:16à cette affaire
24:17et on vous prouve
24:18que nous sommes étrangers
24:19à ce qui est arrivé
24:20à notre petit-fils.
24:22Il y a aussi,
24:23voilà,
24:23derrière cette démarche d'hier,
24:25une volonté
24:25de communiquer,
24:27de se présenter
24:28à quatre membres
24:29d'une même famille.
24:30En plus d'avocats,
24:31ça fait huit personnes
24:32plus une autre personne
24:33qui accompagnait l'ensemble
24:35et qui télépilotait
24:36le drone.
24:37Ça fait neuf personnes
24:38qui déambulent
24:39dans un hameau,
24:40neuf personnes
24:41qui n'avaient pas été vues
24:42pour la plupart
24:43et aperçues
24:43depuis plusieurs mois
24:44au Auvergne.
24:45Donc,
24:46il y a cette volonté,
24:47je dirais,
24:48je vais forcer le mot,
24:49mais de provoquer aussi
24:50quelque chose,
24:51de provoquer des réactions
24:52au sein du village,
24:53au sein du hameau,
24:54puisque ça,
24:55les Védovigny
24:56en sont convaincus,
24:57si réponse
24:58il doit y avoir,
24:59elles viendront
25:00très certainement
25:01du hameau du Auvergne.
25:02Oui.
25:03Et Laurent Valdigui,
25:04qu'en pensez-vous ?
25:05Est-ce que vous pensez
25:06qu'il peut y avoir
25:07un rebondissement
25:08quand vous voyez
25:08que la famille
25:09se rend sur place ?
25:10Vous parliez
25:11d'intime conviction
25:12tout à l'heure.
25:13Est-ce que vous,
25:14quand vous voyez tout ça,
25:15vous vous dites
25:16que la famille
25:16a peut-être
25:17un élément en tête ?
25:19Je suis sûr
25:20que la famille
25:20a un élément en tête
25:21parce que la famille,
25:23rendez-vous compte
25:23quand même
25:24pour ses grands-parents,
25:25ils ont la garde
25:25de leur petit-fils.
25:28Il leur a été remis
25:29par la maman le matin
25:30et puis pouf,
25:31ils se volatilisent
25:31à l'après-midi
25:32et puis il y a
25:33toutes ces recherches
25:34et puis ils sont quand même
25:35soupçonnés,
25:36les grands-parents.
25:36Ils sont en garde à vue
25:38pour recèler le cadavre.
25:40Ce n'est pas rien.
25:42La piste familiale
25:43n'est pas égantée ?
25:45Comme ça vient d'être dit,
25:48eux,
25:49ils ne sont pas allés
25:51dans leur maison
25:51cet été.
25:52C'est le premier été
25:54depuis 20 ans
25:54qu'ils ne vont pas
25:55le passer à Auverdé.
25:58C'est aussi
25:58que le regard des autres,
26:00le regard de ces lieux,
26:01le regard de cette montagne
26:02est insupportable pour eux
26:04puisque le petit
26:06a disparu
26:07à cet endroit-là.
26:09Revenir aujourd'hui là,
26:10c'est aussi montrer
26:11aux gens du village,
26:13aux autres,
26:13il y a encore une fois,
26:15il y a 17
26:16moins une petite dizaine
26:17de membres
26:19de la famille
26:19Védovini.
26:20en réalité,
26:22des gens du hameau
26:23étrangers à la famille
26:24dans les 17,
26:25ça doit se compter
26:26sur les doigts
26:27de demain.
26:29C'est un tout petit
26:32échantillon de gens.
26:34C'est vrai qu'être là
26:35avec un drone,
26:36avec les avocats
26:37au milieu du hameau,
26:39ça dit aussi
26:40que ce n'est pas nous.
26:43Mais il y a quelqu'un
26:44parmi vous
26:45qui sait quelque chose.
26:46C'est ça
26:49le message
26:50que ça envoie aussi
26:52aux gens du hameau
26:52puisque les gens du hameau,
26:53évidemment,
26:54tout le monde l'a vu
26:55tout de suite
26:55que la famille
26:57était de retour
26:58avec des avocats,
27:00avec un drone,
27:01un samedi après-midi.
27:03C'est vrai que tout ça
27:04ne s'est pas fait
27:04discrètement
27:06et les avocats
27:07ont voulu aussi
27:08le faire savoir
27:08à la presse.
27:10Valentin Doyen,
27:11est-ce que vous êtes d'accord
27:13avec ce qui vient d'être dit ?
27:14Oui, je suis effectivement d'accord
27:16et puis pour reprendre
27:18le tempérament
27:19de Philippe Vedovini,
27:20c'est quelqu'un
27:21qui ne se laisse pas faire.
27:22Il est à un moment
27:22abattu à la sortie
27:23de sa garde à vue
27:24mais là,
27:24il a envie de prouver
27:25qu'il n'y est pour rien
27:27et vous disiez
27:28qu'ils ont été vus.
27:29C'est vrai qu'ils ont été vus.
27:30Moi, je peux vous dire
27:31aussi comment ça s'est passé.
27:33Il y a des habitants
27:34du Vernet,
27:34du Haut-Vernet
27:35qui ont croisé
27:36Anne-Philippe Vedovini,
27:37qui ont croisé
27:38leurs avocats respectifs.
27:41Ils les ont regardés
27:42et ils ont tracé leur route.
27:44Je peux vous dire
27:44qu'hier,
27:45hormis lorsqu'ils se sont arrêtés
27:47en milieu d'après-midi
27:47au Café du Moulin
27:49qui est le café
27:49où tous les habitants
27:50s'y réunissent,
27:51personne, absolument personne
27:53n'est venu dire bonjour
27:54ou avoir une pensée,
27:55un mot
27:56pour Anne et Philippe Vedovini.
27:57Il faut savoir
27:58que cet endroit,
27:59ils le fréquentent
27:59comme a dit Laurent Valbiguier
28:00depuis plusieurs dizaines d'années
28:02puisque Philippe Vedovini,
28:05à l'âge,
28:06quand il était enfant,
28:07il était petit,
28:08il avait l'âge d'Émile
28:09qu'il venait déjà
28:10dans la vallée du Baisse,
28:12c'est-à-dire en Haute-Provence,
28:13dans un petit village
28:14juste à côté du Vernet
28:15ces beaux jeux
28:16ou à mots de boulard.
28:17C'est-à-dire que ça a été
28:18vraiment un crève-cœur
28:19pour lui cet été
28:20de ne pas pouvoir venir
28:21en Haute-Provence.
28:22Il y vient depuis
28:23qu'il est enfant
28:24et là, en revenant
28:26sur les terres
28:27qu'il apprécie tant,
28:28il s'est senti
28:29de nouveau mis de côté.
28:31Il se sent vraiment
28:33mis à part
28:34et il y a une vraie défiance,
28:36quelque chose de très fort,
28:38un fort ressentiment
28:40envers eux
28:40de la part des habitants
28:41et ça,
28:42ils ont encore pu
28:43le constater hier
28:44et ça ne fait que
28:44renforcer leur volonté
28:46de percer un secret,
28:48si secret il y a
28:49au cœur de ce village.
28:51Oui, Laurent Valdiguet,
28:52c'est vrai que ça n'a pas
28:52dû être simple.
28:54Non, mais c'est ce que
28:54décrit Valentin,
28:55ça a dû être terrible aussi
28:58de ne pas se sentir
28:59étranger au village.
29:01C'est vrai qu'il y a
29:02ces clans,
29:04il y a cette mauvaise presse
29:06du grand-père
29:07depuis le début,
29:09il y a eu ce pic
29:10avec la garde à vue
29:11du grand-père
29:11et puis le grand-père
29:12il est sorti de garde à vue
29:13sans charge,
29:14absolument sans charge.
29:16Toute la famille y était,
29:18c'était l'hypothèse
29:19des gendarmes
29:20selon laquelle
29:21il y aurait eu
29:21un accident domestique
29:22entre le grand-père
29:24et le petit-fils
29:25et puis ça,
29:26ça a fait long feu,
29:28à ce jour,
29:28ça a fait long feu.
29:29Mais ce qui rend la chose,
29:31ce qui rend cette affaire
29:32extraordinaire,
29:34c'est l'hypothèse
29:35des enquêteurs
29:36selon laquelle
29:37le petit garçon,
29:38l'expertise scientifique,
29:41démontre que le petit garçon,
29:42c'est un peu cru comme terme,
29:43mais ne s'est pas décomposé
29:45dans ses vêtements,
29:46dans les vêtements
29:47qui ont été retrouvés
29:48dans la forêt.
29:49Autrement dit,
29:49que quelqu'un l'a entreposé
29:51pendant des mois
29:52et ensuite,
29:53dans une espèce
29:54de petite boîte à chaussures
29:55qui contenait
29:56ses ossements,
29:58est allé les disperser
30:00en forêt
30:00pour faire croire
30:01à une disparition,
30:05au fait qu'il soit mort
30:06en forêt tout seul.
30:07Rendez-vous compte
30:08de ce que ça suppose.
30:11Après,
30:12on comprend que
30:13dans ce petit village,
30:14tout le monde
30:14se regarde en chien de faïence
30:16puisque non seulement
30:17quelqu'un sait quelque chose
30:18sur la mort du petit garçon,
30:20mais quelqu'un,
30:21pendant six mois,
30:22a entreposé son corps
30:25alors que les recherches
30:26étaient toutes azimuts
30:27pour ensuite aller
30:28faire croire
30:30en organisant
30:30une mise en scène
30:31en forêt.
30:32Donc c'est vrai que là,
30:33ça fait de cette affaire,
30:35depuis la conférence de presse
30:36de Jean-Luc Blachon,
30:37ça fait de cette affaire
30:38Émile
30:39une affaire extraordinaire.
30:42Bruno Cézac,
30:43on sait évidemment
30:44que la cellule d'enquête
30:45est toujours active.
30:47Selon nos informations,
30:48la cellule nationale d'enquête
30:49se déplace très régulièrement
30:51au Vernet.
30:52Pour quelles raisons ?
30:54Je rappelle que le commandant
30:56de la section de recherche
30:56de Marseille,
30:57lors des mesures de garde
30:59à vue qui avaient été prises,
31:01avait évoqué
31:02plus de 50 000 traces numériques
31:04à traiter.
31:06Donc il y a encore un travail
31:07certainement très méticuleux
31:09qui est effectué
31:10par les enquêteurs
31:11pour résorber,
31:13si j'ose dire,
31:13le traitement
31:15de l'ensemble
31:16de ces traces,
31:17pour essayer
31:17d'en dégager
31:18d'autres pistes,
31:20essayer encore une fois
31:21de construire
31:22des scénarios
31:22qui prennent en compte
31:24et qui réussissent
31:24à mettre en forme,
31:28si vous voulez,
31:28l'ensemble de ces données.
31:29Donc le travail continue
31:31sur ces traces
31:33et sur ces données.
31:36Après, moi,
31:37je vous avoue
31:37que je reste extrêmement prudent
31:41et sceptique
31:42compte tenu de la complexité
31:44de cette affaire
31:45liée à la fois
31:46à son environnement,
31:47à son contexte,
31:49à la durée
31:49de latence
31:52entre la disparition
31:53de ce gamin
31:54et la découverte
31:55de sa dépouille.
31:56Tout ça pose effectivement
31:57un certain nombre
31:58de questions.
31:59Et tant qu'on n'aura pas...
32:00Il manque une clé, quoi.
32:01Et tant qu'on n'aura pas
32:02la clé qui permette
32:03d'avoir un scénario
32:06qui tienne la...
32:08Enfin, c'est mon sentiment.
32:09Je ne mets pas
32:10à la place d'enquêteur,
32:11mais je pense que la clé,
32:12c'est que pour l'instant,
32:13on n'a pas définitivement
32:15réussi à construire
32:18un scénario
32:18qui soit pleinement satisfaisant.
32:20Et quand on n'a pas
32:20de scénario satisfaisant,
32:22pour définir une hypothèse
32:23qui tienne la route,
32:24c'est quand même
32:25un petit peu compliqué.
32:26Donc, vous savez,
32:27soit on a une hypothèse
32:28évidente d'entrer
32:29de jeu et derrière,
32:30on met en musique
32:31le mobile
32:31et puis on arrive
32:32à définir ce qui s'est passé,
32:34soit on part de rien
32:35et on essaye de construire
32:36ou de définir le scénario
32:38tel que les faits
32:39ont pu se passer
32:39pour le mettre en musique
32:41avec des hypothèses
32:42qui elles-mêmes sont cohérentes.
32:43– Donc là, il se volatilise.
32:45– Là, on est sûr…
32:46– Il n'y a absolument rien
32:47comme indice,
32:48lieu de disparition
32:51ni rien.
32:51– Donc, ce dossier
32:53est très complexe
32:53et je crois qu'il faut
32:55donner du temps
32:56aux enquêteurs.
32:57C'est difficile
32:58pour la famille
32:58à entendre,
32:59je le comprends parfaitement,
33:01mais ce sont des dossiers
33:01qui sont quand même atypiques,
33:02il n'y en a pas beaucoup
33:03dans la carrière
33:04d'un gendarme
33:05et il faut les traiter
33:07avec beaucoup
33:08de prudence
33:09et de circonspection
33:10parce que là,
33:11les événements de contexte
33:13qui viennent d'être apportés
33:14par votre confrère
33:15montrent que pour la famille,
33:17c'est quand même
33:17extrêmement difficile
33:18à vivre et à assumer.
33:20– Valentin Doyen,
33:21est-ce que vous avez le sentiment
33:22qu'on arrivera
33:23à trouver cette clé un jour,
33:25la clé dont parlait
33:26le colonel ?
33:27– Je ne sais pas,
33:28je ne peux pas me prononcer
33:30sur un dossier aussi difficile.
33:32Ce qui est certain,
33:33c'est que la section de recherche
33:34de Marseille
33:35travaille toujours
33:35sur le dossier,
33:37toujours une dizaine
33:38de personnes
33:38qui sont mobilisées
33:39quotidiennement
33:40dans la cellule nationale
33:42d'enquête.
33:43Il faut savoir que
33:44depuis plus de deux ans,
33:46près de deux ans et demi,
33:47certains gendarmes
33:49se lèvent le matin,
33:51travaillent le midi
33:52et se couchent le soir
33:53avec Émile en tête.
33:55Ils ne font que ça.
33:56Ils sont toujours
33:56une dizaine,
33:57essentiellement de Marseille,
33:58mais on n'oublie pas également
33:59les gendarmes locaux,
34:01c'est-à-dire
34:01qui sont rattachés
34:02aux compagnies locales.
34:04Je pense à celle
34:04de Fort-Calquier,
34:05celle de Digny-les-Bains
34:05ou encore de Barcelonette
34:06pour citer qu'elles,
34:07mais ce sont des gendarmes
34:09du cru qui connaissent
34:09le territoire par cœur.
34:11Petite indiscrétion
34:12que je peux vous donner,
34:14jusqu'à il n'y a encore
34:15pas longtemps,
34:15cette cellule nationale
34:16d'enquête
34:17était hébergée
34:17à Digny-les-Bains.
34:18Depuis peu,
34:19elle a déménagé,
34:19elle s'est rapprochée
34:20encore du Vernet.
34:21Elle est dans la petite
34:22gendarmerie de la Javie.
34:24Ça veut dire quoi ?
34:24Ça veut dire
34:25qu'ils ne s'éloignent pas
34:26du terrain,
34:27au contraire,
34:27ils s'en rapprochent,
34:28ils se rapprochent du Vernet.
34:30Il y a une semaine,
34:31lundi dernier pour être précis,
34:32il y a encore
34:33cinq à six gendarmes
34:34qui sont montés
34:35au Vernet
34:35pour faire des constatations.
34:37Qui était sur place ?
34:38Le colonel Olivier Leblanc,
34:39c'est le tout nouveau patron
34:40de la section de recherche
34:41de Marseille.
34:42Il a pris ses fonctions
34:43au 1er septembre
34:43en remplacement
34:44du général Bertelin
34:45qui dirige maintenant
34:48la gendarmerie de l'Oise.
34:49Donc il continue
34:50à être sur place.
34:51J'ai essayé d'échanger
34:52avec Olivier Leblanc,
34:53le colonel.
34:54Il m'a dit
34:54qu'il y avait encore
34:55des choses à faire,
34:55qu'il n'était pas encore
34:56arrivé au bout,
34:57qu'il y aura probablement
34:58encore des investigations
34:59de mener.
35:00Est-ce qu'elles seront visibles ?
35:01Est-ce qu'elles seront ronflantes ?
35:03Je ne sais pas.
35:04Mais parfois,
35:05les journalistes voient des choses.
35:06Il s'est passé
35:07énormément de choses avant.
35:09Au mois de septembre,
35:09il y a par exemple
35:10un habitant du Vernet
35:11qui a été entendu
35:11pendant près de six heures
35:12en gendarmerie de Dignes-les-Bains.
35:14Ce n'est pas rien.
35:14Cet habitant avait déjà
35:15été entendu
35:16quelques semaines
35:17après la disparition
35:18d'Émile.
35:19Donc il continue,
35:20il continue à travailler.
35:22Et je terminerai juste
35:23avec une citation,
35:24elle n'est pas de moi,
35:25elle l'est,
35:25du général Bertelin
35:27à l'époque où il était
35:28à la tête de la section
35:29de recherche de Marseille.
35:30C'était au tout début de l'affaire.
35:31On est en juillet 2023.
35:32Il avait indiqué
35:33que cette affaire
35:35était laborieuse.
35:37Au moment de son départ,
35:38je lui ai demandé
35:38s'il pensait toujours
35:39la même chose.
35:39Il m'a dit
35:40« Cette affaire est laborieuse
35:41et elle le restera. »
35:43Comprenez dans un langage
35:44d'officier de gendarmerie
35:45qu'elle est extrêmement difficile,
35:48extrêmement complexe.
35:49Merci beaucoup,
35:50Valentin Doyen,
35:50d'avoir été avec nous.
35:51Merci à tous
35:52d'être venus
35:53pour évoquer l'affaire Émile.
35:55Et évidemment,
35:55on continuera d'en parler
35:56sur BFM TV.
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