- il y a 3 mois
Mercredi 29 octobre 2025, retrouvez Olivier de Royère (Gérant actions, Montpensier Finance), Alain Durré (Chef économiste Europe, Natixis CIB), François Cabau (Économiste Eurozone, Groupe AXA), Olivier de Royère (Gérant actions, Montpensier-Arbevel) et Joachim Jan (Directeur de la gestion Actions, Mansartis) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart4Change pour rester à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez à 17h en direct, à la télévision, via vos box, vous nous suivez en live également à 17h bien sûr,
00:21via nos réseaux sociaux et notamment via le compte LinkedIn de Bsmart4Change et vous nous retrouvez en rattrapage chaque soir en replay sur bsmart.fr
00:28ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées au sommaire de cette édition ce soir.
00:34Une affaire de deal, des deals dans tous les sens, à l'occasion notamment de la tournée asiatique de Donald Trump,
00:40des deals commerciaux, des deals industriels, des deals technologiques, hier avec le Japon, aujourd'hui avec la Corée du Sud
00:47et demain matin peut-être avec la Chine de Xi Jinping et cette rencontre confirmée au sommet entre Donald Trump et Xi Jinping
00:56qui doit se dérouler demain à l'occasion du sommet de l'APEC.
01:00Donald Trump a d'ores et déjà indiqué qu'ils discuteront des tarifs fentanyl qui avaient été appliqués spécifiquement à la Chine
01:07au début du mandat du président américain.
01:10Discussion ouverte également sur la possibilité de fournir à nouveau à la Chine des équipements technologiques
01:19et notamment les fameuses puces Blackwell produites par Nvidia
01:23même si on comprend que c'est une version dégradée des puces Blackwell qui pourraient être à nouveau offertes au marché chinois.
01:31Le marché chinois qui ne représente plus rien aujourd'hui dans l'activité de Nvidia.
01:36C'est en tout cas ainsi que Jensen Huang, le patron d'Nvidia, résume la situation.
01:41Nvidia au cœur de toutes les attentions, plus que jamais.
01:44Nvidia qui signe également des deals à tour de bras et qui offre une visibilité nouvelle aux investisseurs
01:51puisque jusqu'à présent Nvidia s'engageait en termes de guidance à horizon d'un trimestre.
01:57Là, l'entreprise guide jusqu'à fin 2026 désormais en affichant un objectif d'activité de 500 milliards de dollars.
02:06Nvidia propulsée comme étant la première entreprise au monde,
02:10le côté dépassant les 5000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
02:15N'oublions pas la dimension macroéconomique et monétaire en l'occurrence avec des décisions de Banque Centrale.
02:21La Banque du Canada s'est prononcée aujourd'hui.
02:22Pauline Grattel vous en apportera le détail dans quelques instants.
02:25En attendant la fête ce soir et la Banque Centrale Européenne.
02:30Demain pour une réunion qui se tiendra en Italie à Florence.
02:34Nous en parlerons avec nos invités de Planète Marché dans un instant et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
02:39Focus sur un secteur qui attire à nouveau pas mal d'intérêts et d'attention qui a été largement décrié ces dernières années.
02:48En tout cas un secteur qui n'a pas performé comme on pouvait l'attendre.
02:52Le secteur de la santé et de la pharma avec un soulagement là aussi autour d'un accord noué entre Pfizer et l'administration américaine ces dernières semaines.
03:00Nous en parlerons avec Olivier Deroyer, gérant actions chez Montpensier Arbevel qui sera avec nous en plateau dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
03:18Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse nous retrouvons Pauline Grattel qui vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:23Bonsoir Pauline.
03:24Bonsoir.
03:24Et nous commençons avec les grands rendez-vous de la journée qui seront à suivre ce soir.
03:29Oui, les investisseurs attendent la décision de la réserve fédérale américaine qui doit baisser ses taux directeurs de 25 points de base.
03:36Côté micro, ils arbitreront demain les résultats d'Alphabet, Meta et Microsoft publiés ce soir après la clôture des marchés américains.
03:43En attendant ces rendez-vous, les yeux restent rivés entre autres sur Nvidia dont le titre bondit de 5% aujourd'hui.
03:50Oui, Nvidia devient la première entreprise du monde à atteindre les 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
03:57En 3 ans, le titre s'est envolé de plus de 1000%.
04:01Hier soir, Jensen Huang a confirmé que ses commandes de puces les plus avancées s'établissaient à 500 milliards de dollars.
04:07Un chiffre supérieur aux PIB de l'Autriche ou de la Belgique par exemple.
04:12Nvidia a également annoncé un partenariat avec le département américain de l'énergie qui comprend la construction de 7 super ordinateurs.
04:19Tout cela apporte les indices américains toujours plus hauts.
04:23Oui, ils ouvrent sur des nouveaux records pour le Nasdaq justement et aussi pour le Dow Jones et le S&P 500.
04:29En Europe, la séance est rythmée par des records pour l'Eurostox 50 et le Stox 600.
04:34En France, le CAC 40 est dans l'attente des rendez-vous de ce soir et évolue en léger repli autour de 8 200 points.
04:41En Asie, les indices sont aussi au plus haut.
04:43Le COSPI, le Nikkei et le MSCI Asie-Pacifique ont inscrit des records absolus.
04:48Le CSI 300 est au plus haut depuis un an.
04:50L'optimisme des investisseurs se justifie également avec la perspective de cette rencontre demain entre Donald Trump et Xi Jinping.
04:58Oui, la rencontre aura lieu en Corée du Sud.
05:00A bord d'Air Force One, le président Trump a fait plusieurs déclarations à la presse
05:05et indique qu'il envisage notamment de réduire les droits de douane à l'encontre de la Chine
05:09parce que la Chine pourrait aider les Etats-Unis sur le sujet du fentanyl.
05:15On a pris connaissance par ailleurs des décisions, des premières décisions de politique monétaire de la semaine
05:20avec celles délivrées par la Banque du Canada.
05:22Oui, la Banque du Canada a comme prévu opté pour une baisse de 25 points de base de son principal taux directeur,
05:28le ramenant à 2,25%.
05:30C'est son niveau le plus bas depuis 2022.
05:33Cette décision intervient dans un contexte un peu flou de guerre commerciale avec les Etats-Unis.
05:37Donald Trump a menacé il y a quelques jours le Canada de 10% de tarifs additionnels.
05:42La semaine sera marquée également par les premières estimations de croissance et d'inflation
05:46pour les différents pays de la zone euro.
05:48Aujourd'hui, nous avons pris connaissance de la première estimation de croissance pour l'Espagne au troisième trimestre.
05:54Oui, en première lecture, la croissance est parfaitement conforme aux attentes en hausse de 0,6% sur le troisième trimestre.
06:01L'Ibex s'affiche en légère hausse, mais sa progression sur un an est de loin supérieure aux autres indices en Europe, plus 40%.
06:09Sur le marché obligataire, le rendement espagnol à 10 ans est inférieur à 3,15% aujourd'hui.
06:14Un mot justement des grands équilibres observés sur les marchés obligataires aujourd'hui, Pauline.
06:19Pour le reste de l'Europe, le rendement allemand à 10 ans est stable autour de 2,60%.
06:24Aux Etats-Unis, le rendement américain à 10 ans est également toujours très stable autour de 4%.
06:30Sur le marché d'échange, l'euro dollar se traite aujourd'hui autour de 1,1630.
06:34Enfin, l'or repasse le seuil des 4 000 dollars l'once en hausse de 1%.
06:38Un mot des publications d'entreprises avec des sorts toujours aussi divergents au sein des mid-cap françaises
06:44entre Emeis, Lex Orpea et Bic qui font le grand écart au sein du SBF 120.
06:50Oui, on commence avec Emeis dont le titre bondit de 10% en tête du SBF 120.
06:55Le chiffre d'affaires progresse de 5% au troisième trimestre.
06:59Cette publication rassure après l'avertissement de Clariane hier aux antipodes Bic donc
07:04qui plonge de 10% après avoir baissé ses objectifs annuels et indiquer que la faible demande
07:09devrait se poursuivre au dernier trimestre.
07:11Grosse journée, demain encore en perspective pour les investisseurs, Pauline.
07:14Oui, les investisseurs prendront connaissance demain de la décision monétaire de la Banque centrale européenne
07:19qui devrait opter pour le statu quo.
07:21On regardera aussi le taux de chômage de la zone euro pour le mois de septembre.
07:25Après l'Espagne dont on a parlé, on attend les premières estimations de croissance du troisième trimestre
07:29en zone euro et aux Etats-Unis.
07:31Demain soir, on attend les résultats d'Apple et Amazon publiés après la clôture.
07:36Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
07:38Pauline Grattel vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
07:413 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:55François Cabot est à nos côtés, économiste zone euro chez AXA.
07:59Bonsoir François.
08:00Bonsoir Gréloir.
08:00Joachim Mujan nous accompagne également, le directeur de la gestion action de Mansartis.
08:04Bonsoir Joachim.
08:05Bonsoir Gréloir.
08:06Et Alain Duré qui est avec nous à distance, le chef économiste Europe de NatXCIB.
08:10Bonsoir Alain.
08:11Merci beaucoup d'être avec nous également.
08:15Commençons peut-être par ce qui se passe à l'est de l'Europe, en Asie.
08:20J'entends Joachim, une zone que vous connaissez particulièrement bien.
08:23Vous étiez, vous êtes directeur de la gestion action,
08:25vous étiez spécifiquement gérant action asiatique chez Mansartis.
08:31Tout est une histoire de deal donc à l'occasion de cette tournée asiatique de Donald Trump.
08:36On a eu la Malaisie, le Japon bien sûr, la Corée du Sud.
08:40Des alliés historiques, Japon, Corée du Sud.
08:42Et demain, une rencontre avec l'ennemi suprême Xi Jinping
08:46pour nouer un certain nombre de compromis autour des terres rares contre soja,
08:53autour peut-être du fentanyl et des tarifs qui avaient été spécifiquement mis sur la Chine
08:58sur cette question des opiacés.
09:00Une détente possible également sur la livraison d'équipements technologiques
09:05et pourquoi pas de puces directement produites par Nvidia.
09:09Qu'est-ce que ces compromis possibles, préannoncés d'une certaine manière par Donald Trump,
09:13nous disent du rapport de force aujourd'hui entre la Chine et les États-Unis dans ces différents domaines ?
09:17Alors, beaucoup de choses en Asie.
09:19Si je commence par ordre chronologique, un petit point quand même sur le Japon,
09:22je pense que c'est important de le rappeler.
09:25Rencontre idyllique un peu entre Takahashi Sanae, nouvelle première ministre japonaise, et Trump.
09:31Alors, il faut savoir que Madame Takahashi, c'est un peu « make Japan great again ».
09:36On est sur la même idéologie que Trump.
09:38On est sur une idéologie plutôt nationaliste, un discours conservateur, pas de filtre,
09:43et aussi plutôt pro-défense.
09:45Donc, on ne pouvait attendre que de bonnes nouvelles sur ce point-là.
09:49Donc, Trump qui salue les efforts sur les dépenses de défense du Japon.
09:53Ils achèteront des F-35, toujours plus.
09:55Voilà, c'est super pour Trump.
09:57Et puis, des promesses d'investissement.
09:59On est à l'étape de promesses pour le moment, 550 milliards de dollars,
10:02de promesses d'investissement de sociétés japonaises aux États-Unis.
10:05Du côté de Tokyo, on salue la victoire diplomatique.
10:09Il faut savoir que le Japon dépend énormément de la demande extérieure et celle des États-Unis.
10:14Donc, c'est le scénario parfait.
10:15À une exception près, vous l'avez sans doute pu le voir.
10:19Sur le côté de la scène, on a des commentaires de Bessent sur l'attentisme de la BOJ,
10:24le niveau de le Yen, les cicatrices un peu du passé entre les États-Unis et le Japon.
10:29Le Japon qui laissait déprécier sa devise, ça fait un peu peur.
10:33Et du coup, on se retrouve avec le gouverneur Ueda entre deux feux,
10:37puisqu'on a aussi la réunion de la BOJ, il faut le noter, demain.
10:41Donc, un statu quo qui est attendu.
10:42Il faut savoir que d'un côté, on a une inflation qui est maintenant,
10:46sur plus de trois ans, au-dessus de la cible de la BOJ.
10:50Scott Bessent qui explique que le Japon est derrière la courbe.
10:54Et de l'autre côté, on a la nomination de la nouvelle première ministre japonaise,
10:57pro-croissance, pro-relance budgétaire, qui met à mal un peu la politique monétaire du gouverneur actuel.
11:06Donc, il y a encore quelques semaines, on attendait une hausse de taux sur cette réunion-là.
11:11C'est statu quo, fortement probable.
11:13On verra en décembre, mais c'est vrai que ça complique un peu les choses.
11:17Ensuite, on a la Chine.
11:19Alors, la Chine, c'est très intéressant,
11:20puisque aujourd'hui, on a des prémices un peu de compromis fragiles.
11:25À mon sens, on est loin d'avoir enterré la hache de guerre.
11:28Déjà, on n'est pas à l'abri d'une volte-face de Trump.
11:31On se souvient, le 11 juin dernier, Trump nous disait qu'il y avait un deal avec la Chine.
11:36On a vécu une période de terreur au cours de l'été.
11:41À mon sens, en fait, la guerre commerciale, elle ne va pas se jouer sur ces petits compromis-là.
11:45Donc, voilà, on sait à quel point les deux pays sont interdépendants sur certains éléments.
11:52Pour les États-Unis, il y a bien sûr les achats de soja de la Chine.
11:59On a toutes les problématiques de terres rares, de fentanyl.
12:02Et du côté des États-Unis, de la Chine, excusez-moi,
12:04on a ces problématiques d'accès aux semi-conducteurs avancés.
12:08Donc, on voit que les deux pays sont interdépendants là-dessus.
12:11Donc, en fait, il n'y aura pas de guerre commerciale là-dessus.
12:15À mon sens, c'est un peu la peur qui se joue là-dessus.
12:19Pour moi, l'importance de la guerre commerciale, il va se jouer ailleurs.
12:22Je ne sais pas si vous avez vu les chiffres du commerce chinois en septembre.
12:27Donc, on était sur une vitesse de croisière de 55% de tarifs douaniers,
12:30moins 27% vers les États-Unis, ce qui est tout à fait logique.
12:34Somme totale des exportations, plus 8%.
12:36Qu'est-ce qu'a fait la Chine ?
12:37Elle est allée chercher l'Europe, l'Afrique, le reste de l'Asie, le LATAM.
12:42Et à mon sens, c'est là où va se jouer la guerre commerciale.
12:44Ces blocs-là vont devoir prendre parti, puisqu'en fait, pour le moment, qu'est-ce qui se passe ?
12:49En fait, on a la Chine qui réussit son pari de s'extriquer de la demande américaine,
12:53d'aller chercher la demande dans les autres pays.
12:55Et donc, c'est là, à mon sens, où on aura la vraie guerre commerciale.
12:58C'est ce que va demander les États-Unis à ces blocs-là de faire à l'égard de la Chine.
13:02Mais vous dites, pour l'instant, les États-Unis et la Chine sont allés au bout de ce qu'ils pouvaient envisager en termes de découplage,
13:11au moins pour un temps.
13:12Oui, je pense...
13:14Quand ?
13:15En fait, à mon sens...
13:17On a du temps à chacun de ces empires d'être autonome sur les sujets dont ils sont encore dépendants, l'un vis-à-vis de l'autre.
13:23Alors, moi, j'ai une vision des choses à l'égard de ce pragmatisme-là.
13:27C'est qu'on a d'un côté Trump avec une vision plutôt court-termiste,
13:31et de l'autre côté la Chine avec une vision long-terme.
13:34Donc, lequel va gagner dans les deux ?
13:36Moi, j'ai tendance à penser que la Chine a pas mal de pouvoir dans les négociations.
13:40On l'a vu avec les terres rares.
13:42De l'autre côté, on attaque au Trump.
13:44Donc, à voir dans quelle mesure, en fait, lequel va être grand gagnant à court terme, puis à long terme.
13:49Mais la Chine peut tirer son épingle du jeu.
13:52Aucun doute que le marketing politique nous apportera que des gagnants demain,
13:57à l'issue d'une rencontre potentielle entre Trump et Xi Jinping.
14:01Mais oui, donc, la question que j'allais vous poser, François,
14:03c'est est-ce que la guerre commerciale se termine là,
14:06avec cette tournée asiatique de Donald Trump,
14:08et cette rencontre demain avec Xi Jinping ?
14:10Elle se termine peut-être pour un certain nombre de pays,
14:13mais elle continue plus que jamais pour l'Europe.
14:15C'est ça, François ?
14:16Oui, oui, absolument.
14:17Je pense que pour reprendre avec un chiffre ce que disait Joachim,
14:21c'est que 16%, c'est la valeur ajoutée des exportations domestiques,
14:26des exportations américaines.
14:28Donc, il y a 16% des exportations américaines dont la valeur ajoutée est faite par les États-Unis.
14:32Donc, ça veut dire qu'il y a une énorme interdépendance.
14:34Effectivement, encore plus sur les terrains et sur les produits de technologie avancés,
14:38mais de manière générale, il y a quand même une imbrication
14:39qui va être très, très compliquée à désimbriquer.
14:42Et on voit mal comment est-ce qu'on peut avoir ce qu'on raconte déjà depuis 2017-2018,
14:46un phénomène de déglobalisation.
14:47Est-ce qu'il est vraiment à l'œuvre ?
14:48Je ne pense pas.
14:49Je pense qu'il y a vraiment une imbrication telle
14:51que c'est difficile de voir ce chemin se séparer complètement.
14:54Donc, là-dessus, il y a cette ligne de crède qui est délicate
14:56et qui va mettre des années à se mettre en place.
15:00Et puis, il y a également un sujet quand même pour apporter un autre éclairage
15:02de balance courante et de rééquilibrage de la croissance américaine
15:05via la dépréciation du dollar qui est effective depuis le début de l'année.
15:09Maintenant, on voit les déficits américains courants, j'entends,
15:13qui sont toujours au plus haut,
15:15avec quand même une situation à la fois sur un déficit double budgétaire et commercial
15:19qu'on ne voit pas se résorber, à la fois d'un point de vue budgétaire
15:23avec en plus des mid-terms qui arrivent en 2026
15:26et également d'un point de vue purement commercial.
15:28Et là-dessus, il y a quand même une ligne de crête à jouer
15:30avec quand même jusque-là un privilège exorbitant des États-Unis
15:35à être capable de recevoir,
15:37en tout cas de fournir des taux d'intérêt au reste du monde
15:39qui sont plus faibles que ceux qui perçoivent.
15:42Et là, on a un retournement de ce privilège-là
15:44qui rend du coup cette ligne de crête en termes d'équilibre d'échanges commerciaux
15:49mais également financiers qui n'est pas du tout si évident.
15:52Donc là, je pense que ça va être effectivement intéressant
15:53de voir à quel point ce qu'on peut avoir effectivement
15:54ces incissements promis de la part du monde asiatique
15:59où on en parle maintenant aujourd'hui.
16:00Sur l'Europe, c'était cet été.
16:02À quel point ce qu'on peut avoir ou pas
16:03ce rééquilibrage également du point de vue financier
16:06qui aujourd'hui est quand même mis à mal
16:07et qui ne rend pas si, de notre point de vue,
16:09pas si prééminent, pas si fort que ça
16:12la position d'équation de la part de Trump.
16:14Oui. Bon, on verra ce qui ressort de la réunion demain.
16:17Un mot sur cette dimension commerciale, Alain,
16:20à l'occasion de cette tournée asiatique de Donald Trump
16:23et ça nous amène aussi aux questions de Banque centrale derrière
16:25à commencer par la Fed.
16:27Le sujet de l'inflation, en tout cas de l'inflation tarifaire,
16:30est-ce que ce sujet reste contenu aujourd'hui ?
16:33Est-ce qu'un accord avec la Chine permettrait
16:36d'être encore un peu plus confortable
16:38avec l'idée qu'on ne verra pas une explosion de l'inflation
16:43liée à cette nouvelle donne commerciale
16:46et cette nouvelle donne douanière, Alain ?
16:48Non, je pense que c'est justement probablement le risque inverse
16:54dans le sens où, si c'est d'ailleurs perceptible
16:58dans le compte-rendu de la réunion de septembre
17:00de la Banque centrale européenne,
17:02le risque est plutôt désinflationniste
17:03avec une réorientation des produits chinois
17:07qui seraient déviés du marché américain
17:10pour venir vers l'Europe
17:11et qui seraient à bas prix
17:14et donc c'est un risque assez perceptible de ce point de vue-là.
17:19Bon, allons-y sur l'Europe.
17:21Alors si c'est un risque désinflationniste pour l'Europe,
17:25comment comprendre ou anticiper la communication de la BCE demain,
17:31Alain, qui ne sera pas très différente de la précédente, j'imagine ?
17:35Et puis je retrouvais un sondage récent
17:38réalisé par Bloomberg auprès d'un certain nombre d'économistes
17:41qui nous dit qu'une majorité d'économistes
17:44voit une BCE ne rien faire pendant deux ans.
17:47Ça me paraît très très long
17:48et donc j'ai du mal à imaginer que la BCE ne fasse rien
17:50pendant deux ans.
17:52Comment vont s'équilibrer les forces
17:54entre l'activité et l'inflation pour la BCE
18:00et quel est pour vous le prochain mouvement de la BCE ?
18:04Alors, si on reprend le modèle de la BCE,
18:10tout d'abord, comme l'a rappelé Pauline,
18:13la réunion de demain ne sera pas intéressante
18:16et ça sera un statu quo.
18:17Dans la communication, ça serait intéressant de voir
18:21si on a une communication un petit peu plus assouplie
18:23que ce qui a été fait en septembre
18:26pendant la conférence de presse
18:28et qui d'ailleurs ne correspond pas
18:29à l'état de la discussion qu'on a eue dans le compte-rendu.
18:33Ceci étant dit,
18:35le problème de la BCE aujourd'hui,
18:37c'est qu'on a un équilibre qui est quand même assez fragile
18:41sur le plan de l'inflation.
18:43On a beaucoup d'incertitudes sur l'impact,
18:46l'ordre de grandeur et l'ampleur de l'impact négatif
18:49qu'on attend des tarifs américains
18:51sur le dynamisme des exploitations.
18:54Et puis, on a un euro qui s'apprécie pour de mauvaises raisons,
18:58c'est-à-dire qu'il s'apprécie parce que les investisseurs
19:01sont plus inquiets de la volatilité qu'on pourrait avoir
19:04de l'inflation, notamment aux États-Unis.
19:06Et ce n'est pas parce que l'euro ne s'apprécie pas,
19:09parce que les investisseurs sont super optimistes
19:12sur les perspectives de croissance en zone euro.
19:15Et ça, c'est évidemment un problème
19:17pour la Banque centrale européenne.
19:20Et donc, si on part,
19:22si vous prenez le modèle de la BCE comme on l'a fait
19:25et que vous rentrez des prix du Brent
19:29proches des 61 dollars le baril,
19:32des prix du gaz proches de 30 euros,
19:36qu'est-ce qu'on obtient ?
19:38Si on obtient une inflation globale en 2026 de 1,4
19:43et 1,7 en 2027.
19:50J'ai oublié de dire aussi que,
19:52c'était peut-être sur les prix de l'énergie,
19:55mais aussi si on a un euro à 1,19 dollars par euro.
20:00Donc, on est dans un équilibre assez fragile.
20:03Donc, moi, je ne pense pas…
20:04Je pense que la BCE va agir.
20:07Elle pourrait agir de manière préventive
20:10si mes trois hypothèses se réalisent dès décembre.
20:14Mais c'est illusoire de penser
20:16qu'on aura une Banque centrale européenne totalement passive.
20:22Et quand vous dites agir,
20:24ça peut aller jusqu'où, Alain ?
20:27Est-ce que c'est une baisse de taux supplémentaire
20:29ou est-ce que c'est une fonction de réaction plus agile encore ?
20:35Nous, notre prévision,
20:39c'est que l'impact sur les exportations européennes,
20:44l'impact des tarifs américains
20:45sur les exportations européennes l'année prochaine
20:47aura un impact négatif de 0,8 point de pourcentage.
20:53Dans ce phénomène, si c'est le cas,
20:57on aura encore une baisse de taux
21:00et on sera avec un taux terminal de 1,75.
21:04Si l'impact est beaucoup plus important,
21:06évidemment, on pourrait avoir une autre…
21:08Et ça, c'est plutôt le scénario.
21:10Maintenant, ce qui est commun à toutes les banques centrales,
21:12et on va peut-être en parler,
21:13c'est qu'on va rester dans un environnement
21:15de liquidités excédentaires par différents mécanismes.
21:18Effectivement, on parle de la gestion du bilan aussi.
21:22Il y a la politique de taux dans la politique monétaire,
21:24mais il y a la politique quantitative
21:25et la gestion du bilan
21:27qui retrouvent une forme d'importance aujourd'hui, peut-être.
21:31François, sur la BCE, c'est aussi votre domaine.
21:34Vous êtes aligné sur le scénario d'Alain,
21:37parce que c'est vrai que des projections même
21:40faites par la Banque centrale européenne,
21:41elles seront mises à jour en décembre.
21:43On voit qu'il n'y a pas beaucoup de marge de confort
21:45par rapport à ce qu'elle projette
21:46en termes d'inflation l'an prochain.
21:47Oui, c'est sûr.
21:49Je pense que clairement, dans l'enquête
21:51que vous mentionniez, Alain et nous-mêmes,
21:52avons été omis.
21:54Parce que nous-mêmes avons également
21:55une baisse de taux pour la prochaine en mars.
21:59Donc effectivement, pas du tout rassuré
22:00sur les dynamiques d'inflation.
22:02Je partage largement ce que vient de raconter Alain.
22:05Je compléterais peut-être le côté croissance.
22:08On a avec le PIB notamment qui sort demain.
22:10Alors certes, la BCE a une prévision
22:12qui tourne qui est à zéro.
22:13Nous, on a 0,1 avec des risques à la baisse,
22:15donc pas de risques imminents à matérialiser,
22:17donc de baisser les taux de manière imminente.
22:19Par contre, quand on regarde le tableau
22:21à la fois sur la mise en musique
22:25et ce qu'on peut attendre du plan allemand,
22:27qui est quand même, je pense, l'éléphant dans la pièce
22:28et qui probablement retient la BCE d'ores et déjà d'agir.
22:32Vous regardez les enquêtes sur l'IFO,
22:34vous regardez les commandes manufacturières,
22:36il n'y a quand même pas grand-chose qui se passe d'ores et déjà.
22:38Donc, il y a quand même un conservatisme de notre part
22:44vis-à-vis de ce surcroît de croissance
22:47qui pourrait venir adoucir la pilule des tarifs douaniers
22:53et finalement renverser les orientations de croissance.
22:57Et donc, du coup, avec l'inflation,
22:58nous, là-dessus, on voit fixer un plan à 10 ans.
23:01Donc, il y a une mise en route, effectivement,
23:03mais qui va prendre du retard à l'allumage,
23:05notamment vis-à-vis des indicateurs qu'on a,
23:06qui sont déjà dans le quatrième trimestre,
23:08c'est que le plan allemand est de franc-clauder,
23:11donc de dépenser plus vite, enfin, dès la fin de 25
23:14et on ne le voit pas vraiment dans les chiffres encore.
23:16Donc, on peut avoir tous les doutes du monde
23:18pour avoir un réclif d'arge de croissance à court terme.
23:20Et puis, plus récemment, au niveau de la zone euro,
23:22quand vous regardez les conditions de crédit,
23:24à la fois sur les crédits distribués aux entreprises et aux ménages,
23:27donc au niveau des entreprises,
23:28il ne se passe pas grand-chose en termes de crédit distribué à l'économie,
23:32avec une croissance du crédit, notamment,
23:34qui tourne entre 0 et 0,5,
23:36sur les ménages, avec les prix immobiliers,
23:39ça s'est beaucoup mieux porté depuis deux ans,
23:42mais on a passé un point haut.
23:44Donc, très clairement, la tendance est à la baisse,
23:46et c'est ce qu'indiquait ce mardi l'enquête du Banklanding Survey
23:49de la part de la BCE,
23:50qui indique effectivement, de ce côté-là également,
23:52les prêts à l'économie vont plutôt être en ralentissement.
23:54Et donc, là-dessus, on se dit,
23:55il y a un vrai argument,
23:59qui est l'argument typiquement que les gouverneurs
24:01typiques comme Philippe Leynes ou François-Ville-Lauret de Gallo
24:04abondent, qui est de dire qu'on a un peu un trou cyclique,
24:07on a un peu un trou d'air,
24:08on a besoin d'avoir effectivement un regain,
24:11un abaissement des prix,
24:12en tout cas du dos d'intérêt pour relancer l'activité.
24:14Et donc, la question, c'est de savoir comment on gère ce trou d'air cyclique,
24:17est-ce qu'il faut se mettre en action,
24:19quitte à peut-être remonter les taux à un moment,
24:22fin 2026 ou début 2027,
24:24ou est-ce qu'on laisse ce trou d'air se dérouler en regardant à travers ?
24:28Et voilà, exactement.
24:29Pour l'instant, ce que devrait faire la BCE, très clairement,
24:31elle pourrait agir dès maintenant.
24:33Alors, octobre ou décembre, pour nous, on est en mars,
24:35parce qu'on sent bien qu'il y a ces deux camps qui sont posés
24:38et qu'il y a une volonté d'attendre
24:40quel est l'impact de cette guerre commerciale
24:41versus la mise en musique du plan allemand.
24:43Mais par contre, et donc du coup, ce qu'elle va faire,
24:45c'est effectivement attendre mars,
24:46avec peut-être le risque d'attendre trop tard,
24:48et du coup, peut-être de devoir peut-être baisser les taux
24:50plus que de simplement 25 points de base,
24:52comme nous le prévoyons.
24:52Bon.
24:53Qu'est-ce qu'il y a d'intéressant sur le plan de l'investissement,
24:55actions dans cette zone Europe ?
24:58Parce qu'on va peut-être parler de l'Asie,
25:00on va parler de Nvidia et de l'IA,
25:02de ce que l'IA apporte à la fois à Wall Street,
25:06mais à la macroéconomie américaine également.
25:09Mais je regarde les perfs, encore une fois,
25:11des grands indices boursiers européens.
25:13Non seulement on ne démérite pas,
25:15mais on a des super perfs sur certains marchés,
25:18avec en plus un dollar qui a perdu 10% contre euros cette année.
25:22Oui, tout à fait.
25:23Il y a deux éléments importants sur ces publications de résultats-là,
25:27que ce soit en Europe ou au niveau global.
25:29Je pense que c'est unanime,
25:30c'est tout ce qui est lié à l'IA, évidemment,
25:32et également l'impact que peuvent avoir les tarifs douaniers
25:35sur les entreprises.
25:37Ce qui est assez intéressant de noter pour le moment,
25:40sur ce qu'on a sur les publications de résultats européens,
25:43on a vu des très bonnes choses sur certains segments,
25:45justement liés à l'IA.
25:46Je ne reviendrai pas sur ASML,
25:48puisqu'on le voit, c'est un très bon résultat,
25:51et d'ailleurs qui a été relayé un peu partout dans le monde
25:53sur les mêmes segments,
25:54donc sur tout ce qui est équipement pour la production de producteurs.
25:57Ça, ça fonctionne bien.
25:58C'est un peu notre leader européen.
26:00Donc ça, c'est un élément intéressant sur lequel on peut investir.
26:04On a vu le luxe.
26:06On voit les prémices, parfois,
26:08plutôt de quelque chose,
26:10d'une inflexion plutôt positive,
26:12après quand même plusieurs trimestres assez compliqués.
26:14Alors, pour revenir sur les tarifs douaniers,
26:16on l'a vu, l'auto, c'est compliqué quand même.
26:18On voit des discours plutôt prudents
26:22chez les grands constructeurs européens,
26:24Stellantis, Volkswagen.
26:26Et puis, les banques européennes, c'est plutôt bon.
26:28On voit des profits assez stables en progression,
26:30une maîtrise des coûts assez intéressants,
26:33et puis un risque plutôt faible,
26:35pour le moment, encore au niveau du bilan des banques.
26:39Je ne dirais pas que c'est le terrain de jeu favori au niveau global.
26:43Il y a des choses intéressantes,
26:43mais c'est vrai que ça a tendance à prendre un peu l'ombre
26:48des États-Unis et de l'Asie aujourd'hui
26:50sur les publications résultats-là, sur ce trimestre-là.
26:53Aux États-Unis, on le voit,
26:54on a 25% du S&P sur 5 valeurs entre aujourd'hui et demain.
26:58En Asie, il se passe des choses...
26:59Ça, c'est systémique, là.
27:01Là, ça peut aller dans un sens comme dans un autre.
27:03Et pas juste à Wall Street.
27:04C'est l'ensemble de la planète marché, pour le coup,
27:06qui est concerné par ces publications-là.
27:08On est tous pendus à ce que vont annoncer les grands hyperscalers américains.
27:14Sur le début de la chaîne de valeur,
27:16il y a tout ce qui est hardware,
27:17ça a été très bon au niveau global.
27:19J'ai évoqué ASML.
27:20Au Japon, ça a été très bon aussi sur les SPE.
27:23On le voit sur tout ce qui est fonderie, mémoire en Asie,
27:26Taïwan, Corée, excellent.
27:28Aux États-Unis, Intel, Micron, Teredyne, tout ça, c'est excellent.
27:32Là, on va avancer sur le bloc du milieu de chaînes de valeur,
27:35hyperscalers.
27:37Et puis, on verra, et c'est peut-être là où il y a le software applicatif à l'IA.
27:41C'est peut-être là où il y a le plus de risques.
27:44C'est toute la question de la monétisation, de l'adoption.
27:47Il y a beaucoup d'attentes.
27:48Ça reste un pari risqué encore à ce stade
27:50de se déplacer justement dans cette chaîne de valeur
27:52pour aujourd'hui mettre plus d'investissements sur du software
27:55que ce qu'on a pu faire dans le passé récent.
27:58À mon sens, c'est peut-être l'endroit le plus à risque.
28:00Tout ce qui est hardware fonctionne très bien.
28:02Les hyperscalers, on va attendre, je pense,
28:04des choses intéressantes sur Microsoft et sur Alphabet,
28:07sur une dynamique toujours très bonne sur Azure et Google Cloud.
28:11Amazon, ça risque d'être un peu plus compliqué.
28:14On a quand même quelques éléments.
28:16On a vu sur les licenciements, la panne d'AWS.
28:19Et puis, un petit ralentissement sur les trimestres précédents
28:22par rapport à Google et Microsoft sur la partie justement cloud.
28:26Et puis, il y a toujours deux participants qui doivent faire leur preuve sur l'IA.
28:30C'est Meta et Apple.
28:32En tout cas, ceux qui sont dedans offrent une visibilité.
28:36Je citais Nvidia qui, d'habitude, guide au trimestre.
28:38Et là, il est capable de nous dire, fin 2026,
28:41on peut s'appuyer sur 500 milliards de dollars de revenus,
28:45notamment avec les nouvelles puces.
28:47Dans les partenariats qui se nouent autour d'OpenAI,
28:53il y a évidemment le refaçonnage de l'actionnariat avec Microsoft et OpenAI
28:59qui pourraient engager jusqu'à 250 milliards de dollars d'achats
29:04auprès des services Azure de Microsoft.
29:06C'est une division qui fait seulement 100 milliards de dollars,
29:09j'ai envie de dire, de chiffre d'affaires aujourd'hui.
29:11Donc, ils pourraient acheter 2,5 fois le chiffre d'affaires de Azure
29:15dans les prochaines années.
29:16Ça donne une visibilité, j'imagine, sans équivalent.
29:19Tout ce problème de circularité est très compliqué aujourd'hui à percevoir.
29:24Je ne pense pas que ce soit un risque sur ces publications-là,
29:27peut-être dans les prochains trimestres.
29:30Mais c'est vrai que toute cette consanguinité,
29:33comme on le dit, circularité entre les partenariats,
29:36peut-être que l'année prochaine sera un sujet plus important pour les investisseurs.
29:40IA et productivité, Alain, je me tourne vers vous à nouveau.
29:43C'est vrai que Reuters a fait un petit peu le compte en octobre,
29:47puisqu'on n'a pas de données emploi aux États-Unis, notamment.
29:50Il y a des données privées qu'on peut traiter, bien sûr,
29:52mais justement, Reuters a fait le compte.
29:5425 000 suppressions d'emploi aux États-Unis,
29:57chez Amazon, Target, Procter & Gamble, UPS, bien sûr.
30:01Ça fait à nouveau les gros titres.
30:03Les groupes ne se privent plus d'annoncer des coupes dans leurs postes assez massivement.
30:11Et puis, c'est aussi 20 000 en Europe, avec Nestlé notamment,
30:14qui porte 16 000 suppressions de postes rien que sur le mois d'octobre.
30:19Si on regarde quand même la partie américaine de près, Alain,
30:22est-ce qu'il y a derrière ces suppressions d'emplois,
30:24avec une économie américaine dont les indicateurs de no casting nous disent
30:29qu'elles tournent encore à 3, 3,5, peut-être 4 % au moment où on se parle ?
30:34Est-ce qu'on a des soupçons quand même de gains de productivité liés à l'IA ?
30:39Alors, pour le moment, on n'a pas de recul en termes de données.
30:44Des estimations que l'on a faites sur les années 2000 à 2024,
30:50on voit que la digitalisation,
30:53donc la numérisation de l'économie américaine,
30:56qui, sur cet échantillon-là, évidemment,
31:00ne tient pas compte de l'IA telle qu'on la connaît aujourd'hui,
31:04a apporté 0,4 point de croissance potentielle supplémentaire par an,
31:11ce qui n'est quand même pas négligeable.
31:13Je pense que ce qu'on voit aujourd'hui en termes de marché du travail aux États-Unis,
31:18c'est plutôt l'essoufflement du cycle économique.
31:21On voit que tous les indicateurs de tension du marché du travail
31:25sont en train de s'alléger, de baisser.
31:32Et ce qui est intéressant, c'est qu'on voit que finalement,
31:35beaucoup d'entreprises ne licencient pas, mais elles n'embauchent pas non plus.
31:39Donc, je pense que ce qu'on voit là depuis le mois de septembre,
31:42c'est plutôt le cycle conjoncturel normal.
31:44On n'a pas encore vu les gains de productivité émanant de l'IA.
31:53François, quelle analyse vous en faites chez AXA de ce marché du travail américain ?
31:57Et est-ce qu'on est en train de sortir du « no hiring, no firing »,
32:00effectivement, de cet état un peu gelé du marché américain,
32:03avec les annonces, encore une fois, des groupes qui ne se prévent plus
32:06d'annoncer des cohortes de départ et des suppressions de postes assez massives ?
32:10C'est l'économie américaine, on est l'habitude,
32:12c'est assez cyclique de ce point de vue-là.
32:14Ça revient régulièrement sur le devant de la scène,
32:17mais c'est vrai que quand Amazon nous dit qu'on supprime 14 000 postes
32:22dans des fonctions de bureaux, supports, et que c'est grâce à l'IA,
32:26ça interroge quand même.
32:28Oui, je pense qu'il faut quand même se raccrocher aux chiffres macro,
32:32qui nous manquent cruellement aujourd'hui, malheureusement.
32:34Donc, effectivement, là-dessus, on a quand même un manque de visibilité,
32:39à la fois historique, comme le rappelait Alain,
32:41et puis également sur le now-casting de ce qui se passe en temps et en heure.
32:45Et là-dessus, on est quand même plutôt d'accord avec ce que raconte Alain
32:48sur un peu un trou d'air cyclique du marché du travail,
32:51avec les indicateurs quand on regarde le beige book,
32:52quand on regarde des indicateurs alternatifs également,
32:55on se rend compte qu'il y a quand même une cohérence
32:58de ce qui est en train de se passer.
33:00Avec ça, tu as un PIB du troisième trimestre
33:01qui va très bien performer autour de 3%, ça c'est sûr.
33:04Par contre, à la fois, le trou d'air en contrebalancier du T4,
33:09qui sera moins bon après le T3, plus le shutdown qui court plus longtemps,
33:13et plus l'aspect structurel du shutdown.
33:14On ne se rend pas bien compte à quel point est-ce que les gens
33:16qui sont sur le mis de côté aujourd'hui...
33:20En chômage partiel ou en mise à pied, comme on dit, furlough.
33:23Oui, en chômage partiel.
33:25En chômage partiel.
33:26En chômage partiel, est-ce qu'ils vont revenir ou pas ?
33:28Donc, est-ce qu'on a un trou d'air qui pourrait continuer ?
33:29Parce qu'au même titre qu'on cherchait à faire des économies
33:32avec le ministère d'Elon Musk,
33:35est-ce que ça pourrait être la continuité là-dedans ?
33:37Donc là-dessus, il y a quand même un trou d'air
33:38qui pourrait être un peu plus persistant,
33:40qui nous fait dire qu'on va quand même avec une inflation qui accélère,
33:44des revenus de travail qui diminuent,
33:46effectivement une volonté et une nécessité de la part de la Fed
33:48de baisser les taux en octobre, en décembre
33:51et au début de l'année prochaine
33:52pour effectivement assurer cet éterrissage en douceur.
33:55Et donc là-dessus, c'est clair que sur votre question,
33:57les gains de productivité,
33:58on a quand même du mal à être vraiment incisif
34:01et conclusif sur cette question-là
34:03avec plutôt un thème autour du ralentissement de l'économie américaine
34:07après trois ans d'exceptionnalisme.
34:09Il faut quand même se le rappeler.
34:10Oui, bien sûr.
34:10Donc il y a la place pour deux, trois baisses de taux assez faciles
34:13de la part de la Réserve fédérale américaine
34:15sans prendre le risque d'alimenter ou de réalimenter
34:18une inflation qui n'est encore jamais revenue vraiment à l'objectif, François.
34:22Exactement.
34:23On a quand même une inflation sur les biens
34:24qui était autour de zéro au début de l'année.
34:26On est maintenant à 0,5.
34:28Alors on annonçait quand même beaucoup plus que ça
34:30et nous-mêmes, on pensait que l'inflation
34:31allait monter plutôt proche de 4% l'année.
34:33On est plutôt autour de 3 là.
34:35Donc ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas avoir une vague à la suite.
34:37Mais il y a quand même une marge de manœuvre
34:38de la part de la Fed sur un taux neutre qui tourne autour de 3%.
34:41On est à 4 avec la baisse de ce soir.
34:45Donc il y a quand même encore effectivement la marge
34:46sur laquelle la Fed peut agir en amont
34:49et pas, comme on le disait tout à l'heure, la BCE,
34:51plutôt agir en aval et donc plutôt agir ce cycle en amont
34:54comme ils le font relativement bien.
34:56C'est Goldilop pour le marché américain, cette situation, Joachim ?
35:00C'est une situation, oui, totalement idyllique pour le marché américain.
35:05On est sur les plus hauts historiques.
35:09On est sur des niveaux de valorisation qui peuvent faire assez peur.
35:13D'où la crainte que peuvent avoir tous les investisseurs à l'égard
35:17des publications de résultats qui vont venir.
35:19C'est le petit grain de sable qui peut faire un peu chambouler tout.
35:24Donc voilà, quand même prudence.
35:26Pour moi, à mon sens, il y a des zones,
35:29ce n'est pas parce que c'est ma zone de prédilection,
35:31mais on sent d'ailleurs des investisseurs en quête.
35:33L'Asie est une bonne diversification.
35:35Exactement.
35:35Par rapport à un marché américain, peut-être un peu chaud, un peu trop chaud.
35:38Exactement, totalement.
35:39Une quête de diversification sur les émergents asiatiques,
35:42des niveaux de valorisation beaucoup plus raisonnables.
35:45Et puis une histoire tout à fait intéressante.
35:47Dans tous les pays de la zone asiatique,
35:49il se passe quelque chose de très intéressant.
35:51Et puis on le sait, dans des cycles d'assouplissement monétaire américain,
35:55de dollars faibles, c'est des pays qui fonctionnent plutôt bien.
35:59On a l'émergence en plus d'un bloc asiatique
36:02qui est en train de se consolider avec des échanges,
36:05notamment au sein de la même zone.
36:08Et puis après, c'est quelque chose aussi,
36:11je reviens sur tout ce qui est lié à la technologie.
36:13Si on veut investir dans l'IA aujourd'hui,
36:16il y a également des acteurs vraiment leaders en Asie
36:19sur des niveaux de valorisation totalement attractifs
36:22sur lesquels on a des performances incroyables.
36:24Et ça nous protégerait si jamais les Mac 7 ou les GAFAM,
36:29demain, se prenaient un retour de bâton boursier,
36:33j'entends, important.
36:35Quand on est en Corée du Sud,
36:37ça veut dire qu'on a du Samsung et du SKNX.
36:40Et ça veut dire que si Nvidia se prend un pain de 20, 30% ou 50%,
36:44comme ça arrive tous les trois ans pour une valeur qu'elle a Nvidia,
36:47qu'est-ce qui se passe pour ces valeurs-là ?
36:48C'est vrai qu'on connaît l'interdépendance de ces marchés-là au marché américain,
36:53le marché américain et le marché driver.
36:54Ils sont tous partenaires maintenant en plus.
36:56Totalement.
36:57Alors, on va se réconforter un peu sur le coussin valorisation,
37:00même si ça ne justifie pas tout.
37:02Et puis, on va voir que ces valeurs-là ont une diversification importante,
37:06aussi en dehors de l'IA.
37:07Quand on regarde, par exemple, les performances de TSMC,
37:10elles sont exceptionnelles.
37:12Mais aujourd'hui, le driver IA est encore une partie assez faible
37:15des revenus de TSMC.
37:17Donc, il y a des choses en dehors de l'IA sur ces leaders technologiques.
37:22Donc, on joue un peu le meilleur des deux mondes.
37:24Je comprends.
37:25Alors, aujourd'hui, une boîte comme Caterpillar, je crois,
37:27voit son cours de bourse s'envoler.
37:29Et l'IA bénéficie aussi aux activités de Caterpillar.
37:32C'est vraiment...
37:34L'IA est à toutes les frontières.
37:35Même pour des industries très traditionnelles.
37:38Mais bon, Caterpillar, c'est évidemment des véhicules pour les mines.
37:43C'est des solutions énergétiques aussi, visiblement,
37:46qui sont boostées par ce thème de l'IA.
37:48On est à la frontière entre le buzzword IA,
37:51toutes les sociétés parlent d'IA,
37:53et puis on progresse de 10-15%.
37:57Aux effets réels de l'IA, c'est anecdotique.
38:00Mais par exemple, je disais tout à l'heure que McDo utilise aussi l'IA
38:02pour peser, pour voir s'il n'y a pas d'oubli dans les paquets.
38:07Donc voilà, on est à la limite entre la vraie manifestation sur l'économie réelle
38:12et puis peut-être le phénomène à un peu de bulles qui inquiète.
38:15Bon, on verra.
38:17On est censé parler d'une innovation de rupture.
38:19Donc, ce n'est pas juste une amélioration,
38:22une optimisation des process et des technologies existantes.
38:26Donc, il y a le thème de l'IA, il y a également le facteur de liquidité,
38:29j'imagine, qui pousse tous ces marchés.
38:31On parlait des banques centrales avec vous, messieurs.
38:34Alain, vous évoquiez tout à l'heure l'idée que la liquidité
38:37allait rester excédentaire dans le système.
38:40Qu'est-ce que ça veut dire ?
38:41Et qu'est-ce que ça veut dire du point de vue des banques centrales
38:44avec des investisseurs très attentifs aux questions bilancielles,
38:47désormais, pour les banques centrales majeures ?
38:50Alors, vous parliez justement avant de Goldilocks.
38:55Par rapport au Goldilocks qu'on a connu il y a quelques années,
38:58ici, je pense qu'on va avoir un Goldilocks
39:00qui est justement motivé par une dominance budgétaire.
39:04Je pense que pour des raisons de stabilité financière,
39:07toutes les banques centrales réfléchissent à comment ajuster
39:12la composition et la taille de leur bilan
39:14pour garantir une stabilité financière.
39:17La BCE l'a déjà annoncé qu'elle aurait,
39:19un portefeuille de politique monétaire structurelle.
39:23Il faut entendre, évidemment, qu'ils vont garder une partie
39:26des obligations qu'ils ont accumulées pendant les différentes crises.
39:31On a également cette réflexion à la Federal Reserve américaine.
39:37Et donc, on va rester dans un phénomène
39:39qui ne sera plus dans un environnement de déficit de liquidité.
39:45On aura de la liquidité excédentaire
39:48qui fait qu'on va continuer à travailler
39:50ce que, dans le jargon des banquiers centraux,
39:53on parle des taux bas, des taux planchers.
40:01Et donc, parce que cette liquidité va rester assez ample
40:05et finalement, la porte ouverte sur pouvoir intervenir
40:11sur n'importe quel segment des marchés financiers
40:14pour calmer toute tension.
40:16Ça veut dire qu'on est proche d'un point de renversement,
40:19justement, de la gestion du bilan,
40:22à commencer par la gestion du bilan de la Fed.
40:25Et ça a été préannoncé par Jérôme Poil.
40:27On verra ce qu'il nous dit ce soir.
40:29Et derrière, on peut imaginer des virages identiques
40:33pour la Banque centrale européenne,
40:35la Banque d'Angleterre peut-être, Alain ?
40:37Oui, tout à fait.
40:40Ce soir, je m'attends à ce que la Federal Reserve
40:44annonce la fin de sa restriction quantitative,
40:48le quantitatif tightening.
40:50On voit que la Banque d'Angleterre,
40:52pour des raisons de stabilité financière,
40:54a également réduit son rythme de vente nette d'obligations.
41:02Et l'annonce de la Banque centrale européenne
41:06de fournir des chiffres sur la taille
41:09de son portefeuille de politique monétaire structurelle,
41:13mais aussi va adopter des opérations
41:17de refinancement structurelles.
41:19Tout ça concourt, évidemment, à avoir de la liquidité ample
41:25qui, dans un premier état, va faire aplatir,
41:31voire faire disparaître la volatilité du taux
41:33au jour le jour, Esther, pour la BCE,
41:38et va rester, le vrai taux de politique monétaire,
41:42va rester celui, le taux plancher du corridor des taux d'intérêt,
41:48en l'occurrence, le taux d'intérêt sur la flexibilité de dépôt.
41:51Oui, pour la Banque centrale européenne.
41:53À quoi servent ces outils bilancieux ?
41:55Quels sont les objectifs poursuivis ?
41:58Et pourquoi est-ce qu'effectivement,
41:59la Fed commence déjà à nous dire
42:05qu'elle va redevenir nette acheteuse dans le marché
42:07à partir d'un certain stade ?
42:09Alors, nette acheteuse, ce n'est peut-être pas pour demain,
42:11mais en tout cas, certainement pas pour ce soir.
42:13Mais l'idée, c'est quand même,
42:14d'une part, il y a quand même des petites tensions
42:15côté marché américain sur l'overnight
42:18qui sont apparues depuis quelques semaines.
42:21Donc, là-dessus, il y a quand même des tensions effectives
42:24qu'on ne voit pas du tout en Europe.
42:25Donc, là-dessus, il y a un timing qui est assez évident,
42:28aussi vis-à-vis de la baisse des taux,
42:31également des taux longs.
42:32Donc, on se dit que le timing est plutôt à propos
42:34pour la Fed, peut-être aller plus vite
42:37que ce qu'elle a anticipé,
42:38mais parce que pour éviter justement
42:40tous ces points de retournement de fin de trimestre,
42:42de fin d'année,
42:43dans un contexte de taux qui baissent,
42:45ça aide et ça évitera effectivement
42:47d'une volatilité excessive
42:49qu'elle cherche justement à limiter
42:51en maintenant des réserves,
42:53non pas abondantes, mais amples,
42:54qui est effectivement un nouveau régime
42:56qui n'est plus un régime de réserve limitée
42:59comme elle l'avait par avant.
43:00Et c'est également tout à fait l'idée
43:01qu'on avait sur...
43:03Enfin, en tout cas, qu'on a sur la BCE.
43:04Là, pour le coup,
43:04on a encore, de notre point de vue,
43:06un accès de liquidité
43:06qui va encore durer au-delà de la fin 2026
43:08avec le rythme de vente passive
43:12que fait la BCE.
43:14Qu'est-ce que c'est plus ?
43:15Par rapport au rythme adopté par la Fed,
43:17qui a déjà un rythme beaucoup plus réduit,
43:20beaucoup plus lent
43:20depuis plusieurs mois et trimestres.
43:22Absolument.
43:22Et après, c'est justement...
43:24En fait, on est en chair.
43:25Il ne faut pas perdre de vue
43:27qu'on a eu 15 ans
43:28d'un changement de régime complet
43:30en ce qui concerne la BCE,
43:32d'un régime où on passait
43:33de régime de liquidité très limitée,
43:36même rare.
43:37Le strict minimum.
43:38Le strict minimum exactement
43:39à l'injeuquer ce qu'il fallait,
43:40à des montagnes.
43:42Et là, entre-temps,
43:43évidemment, la régulation a changé
43:44et on cherche en fait ce moment-là.
43:46Et ce moment-là,
43:47on l'a peut-être trouvé aux Etats-Unis
43:49effectivement des mouvements de marché
43:50qui indiquent qu'on a effectivement
43:51des pressions qui suggèrent
43:53qu'il faut maintenir comme ça l'est.
43:56Et en tout cas, sur les euros,
43:57nous, jusqu'à la fin 2026,
43:58on n'y est pas encore.
43:59Mais en tout cas,
44:00la BCE anticipe cette affaire-là
44:01en opérant une nouvelle revue stratégique
44:04de son mode d'opératoire
44:05justement bilancier
44:07à partir de la début de cet automne
44:09et qu'elle doit conclure au printemps prochain
44:10en disant,
44:11elle a dit qu'elle allait le faire,
44:12mais elle n'a pas dit
44:13à quel horizon,
44:14pour quelle duration
44:15de portefeuille,
44:17à la fois sur des LTRO,
44:18sur des LTRO,
44:19pour les banques.
44:20Exactement.
44:21Et donc là-dessus,
44:21effectivement,
44:22on est sur un environnement...
44:23La composition,
44:23effectivement,
44:24de ce...
44:24Un environnement d'équité
44:25qui va rester ample
44:26et qui est là,
44:27effectivement,
44:27pour pallier à des défaillances
44:29éventuelles de marché
44:30et pour maintenir justement
44:31un financement de l'économie
44:31qui, pour le cas européen,
44:33comme je l'évoquais tout à l'heure,
44:34est extrêmement faible.
44:36Bon,
44:37il y en aura pour tout le monde
44:38ce soir,
44:38messieurs,
44:39réunion de la Réserve fédérale américaine,
44:41la BCE demain,
44:43les premières grandes techs
44:45et les grands hyperscalers américains,
44:46c'est Microsoft,
44:47Alphabet et Amazon ce soir,
44:49je crois,
44:50si je ne dis pas de bêtises.
44:51Et Meta, pardon.
44:52Et Amazon,
44:52c'est demain soir avec Apple,
44:54bien sûr.
44:55Merci beaucoup, messieurs.
44:56Merci d'avoir été les invités
44:57de Planète Marché ce soir.
44:58François Cabot,
44:59économiste zone euro
45:00du groupe AXA,
45:01Joachim Jean,
45:02le directeur de la gestion
45:02et action de Mansartis
45:03et Alain Duré,
45:04chef économiste Europe
45:05de Natixis.
45:15Le dernier quart d'heure
45:18de Smart Bourse,
45:18chaque soir,
45:19c'est le quart d'heure thématique.
45:20Le thème ce soir,
45:22c'est celui du secteur
45:23de la santé,
45:24pharma,
45:25en bourse,
45:26aux Etats-Unis,
45:26entre autres,
45:27en Europe également.
45:28Et nous en parlons
45:29avec Olivier Droyer
45:30qui est gérant action
45:30chez Montpensier Arbevel.
45:31Bonsoir Olivier.
45:32Bonsoir Grégoire.
45:33C'est un secteur
45:33que vous connaissez
45:34particulièrement bien.
45:36Alors, j'allais dire,
45:37au cours des dernières années,
45:38qui n'a peut-être pas
45:38délivré la performance
45:40qu'on aurait espéré
45:41ou qu'on pouvait attendre
45:42globalement,
45:44mais il y a quand même
45:45des choses qui changent
45:46et un des points importants
45:49qui a marqué l'attention
45:50ces dernières semaines,
45:52c'est ce deal.
45:52On parle beaucoup de deal
45:53en ce moment.
45:54Trump est en Asie,
45:55signe des deals,
45:56Nvidia signe des deals
45:57tous les jours,
45:58mais Pfizer a signé aussi
45:59un deal il y a quelques semaines
46:00d'importance
46:01avec l'administration américaine
46:02qui visiblement
46:03a été regardée
46:04par tout le secteur,
46:05toute l'industrie,
46:06les investisseurs également
46:07et qui a soulagé
46:09ce secteur Olivier.
46:10Exactement.
46:11C'est-à-dire qu'après,
46:11en plus,
46:12il y a eu un autre deal
46:12avec AstraZeneca,
46:13donc on attend plein de deals,
46:14effectivement,
46:15Trump adore ça.
46:16Mais non,
46:17c'est sûr que,
46:17en fait,
46:17c'était un secteur
46:18qui était en situation
46:19un peu paradoxale,
46:19c'est-à-dire que c'était
46:20le deuxième pire secteur
46:21en termes de performance boursière
46:22à year to date
46:23avant cet accord du 28 septembre.
46:24Et en même temps,
46:25quand on regarde
46:25le deuxième trimestre,
46:26c'était le deuxième secteur positif
46:28en termes de dépassement
46:29des attentes.
46:29Donc,
46:30c'était vraiment un problème
46:31de crainte sur les résultats,
46:32crainte liée à la géopolitique
46:34essentiellement.
46:35Il y avait un macro.
46:36Alors,
46:36pourquoi ?
46:36Il y avait plusieurs problèmes.
46:37Il y avait les droits de douane
46:38comme partout,
46:39mais finalement,
46:3980% de marge brite
46:40dans l'industrie,
46:41les industriels ne sont quand même
46:42pas idiots,
46:43ils savent transférer
46:44leur production.
46:45Donc,
46:45le gros sujet,
46:46c'est ce qu'on appelle
46:46le MFN,
46:48la clause de la nation
46:49la plus favorisée.
46:50Donc,
46:50Trump se baladait à Londres,
46:51disait les produits
46:52sont beaucoup moins chers.
46:53Bon,
46:53en tout cas,
46:54il y avait deux fois et demi
46:55d'écart entre les prix moyens
46:56aux Etats-Unis
46:57et les prix moyens en Europe.
46:58Bon,
46:58les salaires aussi,
46:59le PIB par habitant aussi.
47:00Mais enfin,
47:00bon,
47:01donc c'était quand même
47:02une vraie crainte du marché
47:03parce que là,
47:05évidemment,
47:05ça pouvait faire...
47:05On va s'avis sur
47:06la most-favorization,
47:08c'est ça ?
47:08Et donc,
47:09sur les prix des nations
47:09les plus favorisées
47:11par les big pharma.
47:12Donc,
47:12ça pouvait effectivement
47:13faire extrêmement mal.
47:14Bon,
47:15mais en fait,
47:15il s'est avéré
47:15qu'il y a eu un accord
47:16d'IMFN,
47:17mais uniquement sur Medicaid.
47:19Alors,
47:19Medicaid,
47:20c'est quoi ?
47:20C'est l'assurance santé,
47:21elle est défavorisée
47:22aux Etats-Unis.
47:23Ça représente à peu près
47:236% du marché pharma
47:25aux Etats-Unis
47:26parce que déjà,
47:26les prix sont beaucoup plus bas
47:27que sur le marché commercial,
47:29le marché assurantiel.
47:30Il y a déjà des discurses de prix
47:31parce qu'on sait bien
47:32qu'on ne peut pas payer
47:32les mêmes prix.
47:34Donc,
47:34en fait,
47:34ça représente 6%
47:35les chiffres d'affaires.
47:36Mais bon,
47:37là,
47:37on a des annonces spectaculaires.
47:38On nous dit 85%
47:39de baisse de prix.
47:40Alors,
47:4185% de baisse de prix,
47:42ça,
47:42c'est une annonce
47:42par rapport au prix
47:43de l'assurance privée
47:45commerciale officielle.
47:46Je comprends.
47:46Pas le prix pratiqué
47:48dans Medicaid.
47:48Toujours le prix pratiqué
47:49dans Medicaid.
47:50En fait,
47:51l'impact estimé,
47:52c'est de l'ordre
47:52de 1,5% à peu près
47:54du chiffre d'affaires,
47:55des résultats
47:55des pharma aux Etats-Unis.
47:55Ça devient une fraction
47:56d'une fraction d'une fraction.
47:57Donc,
47:58c'est vraiment un truc
47:58qui est quand même
47:59tout petit
47:59et qui,
48:00par rapport aux craintes
48:01qui avaient été
48:01en partie intégrées
48:03et personne ne s'attendait
48:04à ce que ce soit
48:04une catastrophe totale nucléaire
48:06mais quand même,
48:07c'est quand même
48:07très, très léger.
48:08Évidemment,
48:08avec Trump,
48:09alors,
48:09tout ça est distribué
48:10par une plateforme
48:11qui va s'appeler
48:12Trump Rx.
48:12Donc,
48:13c'est Trump,
48:14cher américain malade
48:15qui n'a pas les moyens,
48:16c'est Trump qui vous fait
48:17un cadeau,
48:17qui vous fait des prescriptions
48:19moins chères.
48:20Mais bon,
48:20il y a beaucoup de cinéma
48:21au final,
48:21c'est-à-dire pas quand même
48:22pas beaucoup d'impact
48:24sur les résultats
48:25des entreprises.
48:26Mais ça a quand même
48:27soulagé
48:27parce que le jour
48:28où Pfizer-Cine se dit,
48:29suivi par Astra derrière,
48:31le secteur tout de suite
48:32retrouve du poil
48:34de la bête en bourse
48:35si je ne dis pas de bêtises.
48:36Voilà,
48:36exactement.
48:36Le secteur a gagné
48:37plutôt le lendemain,
48:39même si ça a plus régime.
48:40Sur la semaine,
48:41ça a gagné 7%.
48:42Donc,
48:43ça a été quand même
48:43une très belle hausse du secteur.
48:44Parce que le deal de Pfizer,
48:45on sait qu'on va pouvoir
48:46le reproduire.
48:47Tous ceux qui vont vouloir
48:48reproduire un deal
48:48avec l'administration américaine
48:49pourront le faire
48:50sur la base du deal
48:51qui a été signé par Pfizer
48:52puis Astra derrière ?
48:53Tous ceux,
48:54c'est toujours pareil,
48:54on n'a pas de certitude absolue.
48:56Est-ce qu'il n'y a pas
48:56un Européen ou deux
48:57qui là-dedans
48:57ne va pas réussir
48:58à se passer très bien ?
48:59Peut-être un nouveau
49:00parce qu'il est un peu
49:01dans le viseur.
49:02Mais globalement,
49:03il y a 17 compagnies pharmaceutiques
49:05les plus grosses
49:06qui ont été convoquées.
49:07Pour les plus petites,
49:07on ne s'est pas encore très bien.
49:08Je pense que ce n'est pas
49:09un peu passé encore
49:10sous le radar.
49:11Mais en fait,
49:11Pfizer,
49:11c'était déjà le leader
49:13de l'association professionnelle.
49:14Donc,
49:14il menait un peu la négo
49:15pour tout le monde.
49:16Donc,
49:16le marché s'est dit,
49:17il peut toujours y avoir
49:18un ou deux acteurs
49:19qui n'arrivent pas
49:19comme les autres.
49:20Mais globalement,
49:21c'est quand même un peu
49:21ce qui va se passer
49:22pour tout le monde.
49:23Bon,
49:23alors,
49:23ce sujet est en passe
49:25d'être réglé.
49:26La question purement
49:27des tarifs douaniers
49:29n'est pas un vrai sujet
49:30pour cette industrie
49:31qui produit déjà
49:32très localement,
49:32en tout cas pour le plus gros
49:33marché du monde.
49:34qui produit pas tout,
49:34mais tout le monde
49:35a ses usines aux Etats-Unis.
49:36Il y en a qui n'ont pas
49:37forcément exactement
49:38le chiffre d'affaires aux Etats-Unis.
49:39Donc,
49:39ils se sont engagés également
49:40dans les accords avec Trump.
49:42Alors,
49:42on parle de 350 milliards
49:43d'investissements.
49:44Alors,
49:44350 milliards d'investissements,
49:45bon,
49:46il faut quand même
49:46prendre ça avec du recul.
49:47C'est investissement plus R&D,
49:49y compris les investissements
49:50qui étaient déjà prévus.
49:51Donc,
49:55ça,
49:56ça va quand même profiter
49:57notamment aux sociétés d'équipement,
49:58aux sociétés de life science
49:59qui sont quand même
49:59assez en retard.
50:01On voit que ces sociétés
50:02aujourd'hui,
50:02on prend typiquement
50:04une société comme
50:05Sartorius Stedim
50:05qui était un peu
50:06une des darlings du marché.
50:07Aujourd'hui,
50:08ça s'est normalisé
50:08sur le plan des consommables.
50:09Ce n'est pas encore le cas
50:10sur le plan des équipements
50:12qui sont encore en baisse
50:13cette année.
50:14Effectivement,
50:14ce type de engagement
50:16en investissement,
50:18même si évidemment,
50:18il ne faut pas du tout
50:19prendre les 350 milliards
50:20en pédalettes,
50:21c'est quand même quelque chose
50:22qui devrait permettre
50:22une recovery
50:23de toute la partie équipement
50:24des life science
50:25qui était quand même
50:26un peu le parent pauvre
50:27depuis 2-3 ans.
50:28Une dimension
50:29qui vient apporter
50:30du soutien également
50:31à ce secteur,
50:32c'est la dimension M&A,
50:34fusion-acquisition.
50:36On peut dire
50:36que 2025 sera
50:37une année conforme
50:39pour l'industrie pharmaceutique
50:41en termes de deal.
50:42Une très belle année.
50:43Une très belle année.
50:43Plus que conforme.
50:44Plus que conforme.
50:45Plus que conforme.
50:46Parce que c'est vrai
50:46que nous,
50:47on essaye de traquer ça
50:48un peu,
50:48si on pense à Arbevel,
50:49un peu au trimestre,
50:50les fusions-acquisitions.
50:51On garde ça
50:52de manière très claire.
50:53Et dans notre dernière conférence,
50:54on avait dit
50:55cette année,
50:55au mois de juin,
50:56on avait dit
50:56qu'il y aura 52 deals
50:58à peu près.
50:58C'était à peu près
50:59l'estimation.
51:01Et on est à 56.
51:02On est à 56.
51:04C'est vrai qu'il y a eu
51:05pas mal de deals.
51:05Nous, on avait une société
51:06qu'on aimait bien
51:07qui était Avidity Bioscience
51:09qui a été rachetée
51:09par Novartis
51:10cette semaine
51:12dans une modalité
51:13assez intéressante.
51:14C'est la modalité
51:15de l'ARN interférent.
51:17On ne parle plus
51:18beaucoup de l'ARN messager
51:19aujourd'hui.
51:19Ce n'est plus à la mode
51:20parce que ça ne marche pas
51:21dans les maladies infectieuses.
51:22Donc, on verra
51:23si en cancérologie,
51:24en vaccin personnalisé,
51:26on arrive à avoir
51:26des choses intéressantes.
51:28Mais tout ce qu'on appelle
51:29SIRNA,
51:30c'est intéressant
51:30parce que ça permet
51:31de moduler l'expression
51:32des gènes
51:33et donc le niveau
51:35de production
51:35des protéines
51:36par les gènes.
51:37Et c'est vraiment
51:37une modalité
51:38qui permet de faire
51:38plein de choses,
51:39notamment dans les maladies
51:40muscosquelétiques.
51:42Et donc là,
51:42il y a eu des idées
51:43intéressantes.
51:43Mais c'est vrai que
51:44cette année,
51:44globalement,
51:45si on projette un peu
51:46les derniers mois
51:47qui restent,
51:47on devrait dépasser
51:48les 60,
51:49on avait 40 l'année dernière.
51:50Alors, pourquoi ça se passe ?
51:51Ça se passe parce que
51:52d'abord,
51:53il y a quand même
51:53une vague d'expiration
51:54brevetaire
51:54qui n'est pas complètement nulle.
51:56C'est le même chiffre
51:57pas fait exprès,
51:57c'est 350 milliards
51:58entre 2025 et 2030.
52:02De valeur d'expiration
52:03brevet.
52:03De valeur d'expiration
52:04brevet arrivant à expiration.
52:05Après,
52:05ce n'est pas non plus
52:06en pourcentage du chiffre
52:07d'affaires,
52:07en valeur absolue,
52:08c'est le record,
52:09mais en pourcentage
52:10du chiffre d'affaires,
52:11c'est à peu près
52:11ce qu'on a pu connaître
52:12dans des vagues
52:13aussi similaires.
52:14Mais c'est vrai
52:14qu'avec en même temps
52:16des cours des biothèques
52:16qui avaient beaucoup baissé.
52:18Maintenant,
52:18le XBI est repassé positif,
52:19je crois qu'en autobus 15.
52:20L'indice sectoriel
52:21des biothèques américains.
52:22Voilà, exactement.
52:23Mais c'est vrai
52:24qu'à un moment,
52:24on était négatif
52:25et qu'entre 2021
52:27et un peu le point bas
52:28de cette année,
52:29en fait,
52:29les valorisations des biothèques
52:30avaient 10 par 2.
52:31Donc, on avait des pharma
52:32qui avaient beaucoup de cash,
52:33capacité en gros
52:34à racheter l'ensemble
52:35des biothèques cotées
52:36à peu près.
52:37Et en même temps,
52:39on avait des valorisations
52:40qui avaient baissé
52:40et des pharma
52:41qui avaient besoin de faire.
52:42Donc, des deals
52:43un peu gagnants
52:43pour tout le monde.
52:45La Chine devient
52:46un terrain
52:48de sourcing indispensable
52:50en termes de nouvelles molécules
52:51pour les pharma mondiales
52:53et occidentales aujourd'hui.
52:53Oui, c'est un phénomène
52:54structurant.
52:56C'est vrai qu'aujourd'hui,
52:57on estime qu'un peu plus
52:58de 30% des nouvelles études cliniques
53:00qui sont lancées aux Etats-Unis
53:01sont faites sur la base
53:02d'actifs qui sont développés en Chine.
53:04C'est fluide ?
53:05Dans le contexte commercial
53:07qu'on connaît
53:07et de la relation
53:09Trump-Xi Jinping,
53:11cette partie-là
53:12du business
53:12reste fluide ?
53:13Oui, en fait.
53:15Mais ça se passe
53:15d'une manière
53:15quand même un peu particulière.
53:16C'est-à-dire qu'en réalité,
53:18c'est souvent finalement
53:19des sociétés américaines
53:20qui se montrent,
53:21qui vont signer des deals
53:22avec des biothèques chinoises
53:23et qui finalement derrière
53:25font les essais cliniques
53:26aux Etats-Unis
53:26parce que l'AFDA
53:27ne va pas accepter
53:28quand même exactement
53:29les essais chinois.
53:30D'accord.
53:31D'abord, il y a quand même...
53:32Déjà avec l'Europe,
53:33ce n'est pas toujours simple,
53:34mais en plus,
53:34là, il y a quand même
53:35des variabilités génétiques
53:36dans la population
53:36qui parfois font
53:38que ce n'est pas exactement
53:38les mêmes chiffres.
53:39Pas toujours,
53:39mais ça peut arriver.
53:40Donc, il y a pas mal
53:41de deals qui se font comme ça.
53:43Tout ça, c'est fait
53:43parce qu'il y a pas mal
53:44de Chinois qui ont été
53:45en Californie,
53:46qui ont été en les biothèques
53:46américaines,
53:47qui ont appris le système,
53:48qui sont rentrés en Chine
53:48avec une organisation chinoise
53:50très militaire,
53:51très organisée,
53:52très disciplinée,
53:53avec une vraie force aussi
53:54dans tout ce qui est
53:55IA, algorithme,
53:58pour mettre au point
53:58des molécules
54:00de plus en plus rapidement.
54:01C'est vrai que ça aide
54:01beaucoup dans la mise au point
54:02de candidats médicaments.
54:04Ce n'est pas ça
54:04qui fait les essais cliniques,
54:06mais ça aide la mise au point.
54:08Et donc,
54:08ils ont une capacité
54:09à générer énormément
54:10de nouvelles idées,
54:11de nouveaux concepts.
54:12Et c'est vrai que du coup,
54:13c'est un phénomène
54:14très important.
54:15Et autant,
54:16l'année dernière,
54:17nous, on avait
54:18une ou deux boîtes chinoises
54:19qui marchaient
54:20beaucoup moins bien
54:21que leurs partenaires américains
54:22qui développaient la molécule.
54:23Mais cette année,
54:24on a vraiment vu
54:24une inversion complète
54:25de momentum là-dessus,
54:28puisque c'est vraiment
54:28là, les boîtes chinoises
54:30qui ont à la fois
54:31un business local,
54:31qui est intéressant
54:32où les Occidentaux
54:33ont un peu de mal à aller
54:34et qui ont en même temps
54:34cette capacité
54:35à faire des deals
54:35avec les Occidentaux.
54:37Et donc là,
54:37il y a eu quand même
54:38des très beaux parcours
54:39cette année
54:39sur les côtés Hong Kong.
54:41Est-ce que vous parliez
54:41de vitesse,
54:42effectivement,
54:43pour passer de la plateforme
54:45de la molécule
54:46aux médicaments ?
54:48Est-ce que le marché
54:49applique déjà
54:50dans une certaine mesure
54:51une prime IA
54:53à certaines Big Pharma ?
54:55Puisqu'on nous dit
54:56que c'est un des secteurs
54:57qui va être
54:57un des réceptacles
54:59peut-être
54:59les plus spectaculaires
55:00de l'IA,
55:02des nouvelles technologies
55:03d'IA
55:04et de leurs conséquences
55:05notamment sur la capacité
55:06à aller vite
55:07dans la génération
55:07d'un médicament ?
55:08Oui, et après,
55:10il n'y a pas de prime
55:11sur un labo
55:12parce que personne
55:13n'est capable d'identifier.
55:14Il y a eu quand même
55:14un deal énorme annoncé
55:15entre NVIDIA
55:16et Lilili quand même hier.
55:18Je ne l'ai pas vu, celui-là.
55:19On n'a pas tous les détails
55:20mais enfin,
55:21ils ont vraiment envie
55:22d'intervenir partout
55:23parce que c'est peut-être
55:24une des raisons aussi
55:24du record d'NVIDIA
55:25aussi aujourd'hui
55:27parce qu'ils sont
55:27effectivement partout.
55:28Tentaculaire.
55:30Donc, on ne peut pas
55:31vraiment identifier
55:31un labo
55:32qui est spécialement en avance.
55:33On sait que ça fait gagner
55:34du temps
55:34dans le développement
55:36et l'origination
55:37des nouvelles molécules.
55:38du temps dans le réglementaire
55:39parce que dans tout le réglementaire,
55:41on est capable de...
55:41Enfin, les rapports réglementaires,
55:42c'est 300 pages.
55:43Donc, avec l'IA,
55:44on peut...
55:45Non, mais Stéphane Bancel,
55:46le PDG de Moderna français
55:47bien connu,
55:48il dit souvent
55:49qu'effectivement,
55:50en un quart d'heure,
55:50il peut avoir le truc.
55:51Alors, après,
55:52il faut le relire.
55:52C'est quand même très technique.
55:55Mais enfin,
55:55on gagne un temps.
55:56Donc, sur ces étapes
55:57de début et de fin,
55:58on gagne beaucoup de temps.
55:59Entre les deux,
56:00l'essai clinique
56:00reste quand même incompressible.
56:02Là, sur les aspects...
56:04Mais après,
56:05il y a des impacts
56:06sur la sélection des...
56:07Ça ne change pas structurellement
56:09la valeur de ces boîtes encore ?
56:10Non, mais ce que ça change,
56:11par exemple,
56:11c'est la productivité de la RAD.
56:13C'est une industrie
56:13qui, malheureusement,
56:14a une très mauvaise productivité
56:15dans le sens où, finalement,
56:1690% des molécules...
56:17Des molécules tombent...
56:19Oui, c'est ça.
56:19Mais ce qu'on sait quand même,
56:20c'est qu'en phase 1,
56:21on est capable,
56:21donc sur les premières phases
56:22d'études cliniques,
56:23les molécules sont générées par IA.
56:25On arrive quand même
56:25à réduire le taux d'échec.
56:26À gagner d'ordre de 40 points.
56:29Sur l'ensemble du process,
56:30on pourrait passer
56:30de 90 à 80% de taux d'échec.
56:32Donc, ça reste un gros taux d'échec.
56:34Heureusement, quand même,
56:34quand on se plante au début,
56:36on ne continue pas les essais.
56:37On ne dépense pas tout l'argent
56:38pour un essai clinique.
56:40Mais en tout cas,
56:40c'est vrai que rien que ça,
56:41si on passe de 90 à 80%
56:43de taux d'échec,
56:44ça double quand même
56:45la productivité de la RAD.
56:46Donc, c'est quelque chose
56:47qui peut avoir des conséquences
56:48assez significatives.
56:49Et donc, c'est vrai
56:50que c'est quand même
56:50un des secteurs
56:51qui était un peu un paradoxe.
56:53On avait toutes les valeurs IA
56:54qui étaient au plus haut.
56:55Et en même temps,
56:55c'est un des secteurs
56:56qui en est carrément
56:56le plus grand bénéficiaire.
56:57Il y a des sociétés
56:58plus spécialisées.
56:59Il y a des boîtes
56:59comme Tempus AI, par exemple,
57:01qui est vraiment le spécialiste
57:03AI dans le domaine de la santé.
57:04Pour la santé ?
57:05D'accord.
57:06Eux, en fait,
57:07pour l'instant,
57:07ils brassent énormément de choses.
57:08Ils font beaucoup de choses.
57:09Mais c'est des gens qui,
57:11grâce à tout ce qui est
57:12tests génétiques,
57:12récupèrent énormément
57:13de données, en fait,
57:14de patients.
57:15Et qui, finalement,
57:16développent des business models
57:17qui sont assez émergents
57:18à ce stade,
57:18mais qui permettent
57:20aux pharmas
57:20d'optimiser leurs essais cliniques,
57:22d'optimiser la sélection
57:22de patients.
57:23Donc, c'est quelque chose
57:24qui en est à ses débuts,
57:25mais qui a beaucoup de potentiel.
57:26Bon, dans un marché
57:27où tout paraît cher,
57:29la santé est peut-être
57:30un secteur à regarder aujourd'hui.
57:31Voilà, où tout paraît cher,
57:32c'est quand même moins cher
57:33parce qu'on est un peu
57:34en dessous de la valorisation
57:35de long terme du secteur,
57:37mais dans un marché
57:37qui lui-même
57:38est nettement plus cher.
57:39Et par rapport
57:39à d'autres secteurs défensifs
57:41comme la conso
57:41où la visibilité
57:42n'est pas quand même
57:43très bonne aujourd'hui,
57:44ça devient une alternative
57:45assez incontournable.
57:46Merci beaucoup, Olivier.
57:47Merci, Olivier Droyer,
57:48gérant Action
57:48chez Montpensier-Arbevel
57:49pour ce cadre thématique
57:50autour de la santé pharma.
58:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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