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Mardi 26 août 2025, retrouvez Fabien Bossy (Chef économiste France, Société générale CIB), Guillaume Arnaud (Président du directoire, SOFIDY), Pierre-Olivier Beffy (Gérant et chef économiste, Boussard et Gavaudan) et Sophie Chauvellier (Gérante allocation d'actifs, Dorval AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change pour rester à l'écoute des marchés.
00:14Vous nous retrouvez tous les jours en direct à 17h à la télévision via vos box.
00:18Vous nous retrouvez en direct également live sur les réseaux sociaux et notamment sur notre compte LinkedIn et en rattrapage.
00:25Bien sûr, chaque jour en replay sur Bsmart.fr ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées.
00:31Au sommaire de cette édition ce soir, la France qui s'invite à la une de l'actualité financière mondiale et pas forcément pour de bonnes raisons.
00:39Vous le savez aussi bien que nous autour de cette table, le stress est palpable sur les actifs français,
00:45à commencer par l'indice CAC 40 qui sous-performe aujourd'hui encore ses pairs européens sur le marché de la dette française.
00:53La situation reste canalisée avec effectivement cette remontée du risque politique et la perspective de la chute du gouvernement Bayrou dès le 8 septembre prochain.
01:04Avant cela, un bon test pour comprendre l'appétit des créanciers pour la dette française aura lieu le 4 septembre prochain
01:11avec une émission de dette à long terme qui sera orchestrée comme chaque fois par l'agence France Trésor.
01:18Voilà pour le calendrier français, ce sera évidemment le sujet de discussion à la une avec nos invités de Planète Marché dans un instant.
01:24Sujet qui nous permettra de glisser tranquillement vers la question de l'indépendance des banques centrales en général
01:29et de la réserve fédérale américaine en particulier avec un bras de fer qui se tend plus que jamais
01:34entre Donald Trump et cette gouverneure, membre du directoire de la réserve fédérale américaine, Lisa Cook.
01:41Donald Trump, par un executive orders, affirme qu'il limoge avec effet immédiat Lisa Cook qui résiste et qui répond par la voix de son avocat
01:51que Donald Trump n'a pas le pouvoir de la révoquer.
01:55Lisa Cook qui affirme qu'elle restera pour l'instant en poste et qu'elle continuera d'assumer sa mission au sein de la réserve fédérale américaine.
02:05Le sujet est surveillé de près évidemment par les investisseurs qui s'inquiètent d'une politisation grandissante de la réserve fédérale américaine.
02:14Peut-être un sujet qui doit être regardé aussi du point de vue d'autres banques centrales.
02:18Voilà pour les sujets dont nous discuterons avec nos invités dans un instant.
02:22Et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous ferons un point sur l'immobilier, les tendances de rentrée
02:26et des paramètres d'investissement plus favorables pour l'immobilier.
02:30Nous en discuterons avec le président du directoire de Sofidi, Guillaume Arnault, qui sera avec nous en plateau dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
02:48Tendance mon ami, comme chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
02:53Bonsoir Pauline.
02:54Les infos clés du jour sont des infos françaises.
02:57Tous les regards sont tournés vers la France, effectivement avec cette remontée d'un cran du risque politique.
03:02Oui, François Bayrou a annoncé la tenue d'un vote de confiance le 8 septembre prochain grâce à l'article 49.1 de la Constitution
03:09à l'occasion de sa conférence de presse consacrée au budget 2026.
03:13Un vote qu'il est presque sûr de ne pas obtenir et qui entraînerait alors la chute du gouvernement.
03:19Le RN, le PS, LFI et les écologistes ont immédiatement annoncé qu'ils ne voteraient pas la confiance.
03:23Le Premier ministre, François Bayrou, qui est confronté au rejet évidemment de son plan d'économie qui avait été détaillé en partie au début de l'été.
03:31Oui, un plan de 44 milliards d'euros d'économie.
03:34Le projet présenté par le gouvernement vise à faire passer le déficit public français sous 3% du PIB en 2029.
03:41Cette année, il est attendu à 5,4% du PIB.
03:44Si le gouvernement ne réduit pas le déficit, les agences de notation baisseront certainement la note de la dette française.
03:50La prochaine décision de Fitch, par exemple, est attendue le 12 septembre.
03:54Quelles ont été les réactions observées notamment sur les marchés obligataires ?
03:57Le rendement de l'obligation française à 10 ans s'établit au-delà de 3,50% au plus haut depuis le mois de mai,
04:03c'est-à-dire en hausse de plus de 10 points de base depuis vendredi.
04:06Le rendement allemand de même échéance évolue autour de 2,75%.
04:10Le spread entre ces deux obligations se tend au-delà de 75 points de base au plus haut depuis avril.
04:15On reste en territoire connu à ce stade du point de vue des écarts de primes de risque sur les marchés obligataires.
04:21Qu'en est-il par ailleurs des marchés actions et de notre indice parisien CAC 40 ?
04:25Le CAC 40 perd environ 1,5% après avoir clôturé hier en repli du même ordre.
04:31L'indice parisien s'établit aujourd'hui autour de 7 700 points, pénalisés par les valeurs les plus domestiques,
04:36à commencer par les banques, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale plongent de 7 à 8%.
04:42Globalement l'Europe est dans le rouge, l'euro stocks 57, 0,8% et la volatilité remonte.
04:48Côté américain, Donald Trump tente toujours de prendre le contrôle de la réserve fédérale américaine
04:53en tentant notamment de limoger une gouverneure, Lisa Cook.
04:57Oui, à quelques jours de la réunion de politique monétaire de la FED,
05:01Donald Trump affirme qu'il révoque la gouverneure Lisa Cook, qu'il accuse de fraude sur un prêt immobilier personnel.
05:07Trump a déterminé qu'il y avait assez de raisons pour la renvoyer avec effet immédiat.
05:12Lisa Cook assure de son côté que ce n'est pas le cas, que Donald Trump n'a pas le pouvoir de la renvoyer
05:16et indique qu'elle reste à son poste pour l'instant.
05:19Peu de doute sur le fait que cette action sera sans doute menée et contestée en justice, Pauline.
05:25Oui, mais si jamais elle aboutit, elle permettra à Donald Trump de remplacer Lisa Cook par un membre
05:29qu'il aura choisi lui-même dans un contexte où il ne cesse d'appeler à la baisse des taux
05:33et où Lisa Cook avait voté en faveur du statu quo lors de la dernière réunion de politique monétaire de la FED.
05:38Toute nouvelle nomination devrait être validée par le Sénat.
05:41Que dire des tendances observées sur les marchés américains dans ce contexte ?
05:45Les indices actions ont ouvert sans tendance marquée autour de l'équilibre pour le Dow Jones, le Nasdaq et le S&P 500.
05:51Sur le marché obligataire, le rendement américain à 10 ans est globalement stable sous 4,30% aujourd'hui.
05:56Sur le marché d'échange, l'euro a accusé le coût hier et se stabilise aujourd'hui autour de 1,1650$.
06:02Quel est le programme de demain attendu sur les marchés, Pauline ?
06:05L'agenda macro de demain sera particulièrement calme.
06:08Les investisseurs devront patienter jusqu'à la clôture des marchés américains
06:12pour prendre connaissance des résultats de Nvidia.
06:15Tendance, mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
06:17Pauline Grattel vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
06:20– Sous-titrage Société Radio-Canada
06:26Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
06:33Sophie Chevelier est avec nous, gérante allocataire chez Dorval Asset Management.
06:36Bonsoir Sophie.
06:37– Bonsoir Grégoire.
06:38– À vos côtés Pierre-Olivier Beffy, chef économiste et gérant chez Boussard et Gavodan.
06:42Bonsoir Pierre-Olivier.
06:43– Bonsoir Grégoire.
06:44– Et nous avons la chance d'accueillir également Fabien Bossy,
06:46chef économiste France chez Société Générale CIB.
06:49Bonsoir Fabien.
06:50– Bonsoir Grégoire.
06:50– Hasard du calendrier de la programmation,
06:53nous avons un économiste qui suit la France de près à nos côtés.
06:57Fabien, évidemment, commençons avec cette actualité française
07:00qui est devenue d'ailleurs un des titres majeurs de la presse financière mondiale aujourd'hui.
07:05On repart dans une séquence visiblement d'instabilité politique.
07:09À quel type de risque est-ce qu'il faut s'attacher
07:15quand on regarde effectivement cette situation politique ?
07:17Je parle de risques économiques et de risques financiers.
07:20Comment est-ce que vous évaluez les risques aujourd'hui
07:22auxquels la France pourrait peut-être faire face ?
07:26– Alors oui, c'est le retour de l'incertitude politique.
07:29Après, elle ne nous avait-elle jamais vraiment quitté ?
07:33Malheureusement, peu de monde osait espérer
07:36que la séquence budgétaire allait être un long fleuve tranquille.
07:40Alors le timing et peut-être, le point de rupture
07:43est peut-être arrivé un peu plus tôt que ce qu'on pensait.
07:46Mais sur le fond, il n'y a pas vraiment de surprise
07:49à voir le retour des tensions politiques en France.
07:53Alors avec, c'est un petit peu dommage
07:54parce que c'est l'un des points noirs de l'économie française
07:57depuis maintenant plus d'un an.
07:59C'est cette forte hausse de l'incertitude politique
08:00qui pèse sur le climat, sur le moral des entreprises,
08:04mais aussi le moral des ménages.
08:05Alors pour le voir, on peut faire un petit point
08:08sur comment était l'économie française durant cet été.
08:11On a eu des chiffres de croissance du PIB
08:14qui ont été publiés fin juillet, portant sur le deuxième trimestre,
08:17qui ont surpris positivement.
08:20Le consensus attendait à une hausse de 0,1% sur le trimestre du PIB.
08:24On a eu finalement une hausse de 0,3%,
08:27donc un rythme assez raisonnable, presque une bonne surprise.
08:32– Parce que soutenu, pour l'économie française.
08:34– Osons le dire.
08:36Par contre, quand on regarde un petit peu les détails,
08:39malheureusement, on voit que les facteurs un petit peu plus,
08:42un peu moins allants de l'économie française étaient toujours présents,
08:45à savoir une consommation encore assez timide
08:48et un investissement encore en baisse.
08:51Et on avait en somme une demande domestique,
08:55particulièrement une demande domestique privée,
08:57encore stagnante au deuxième trimestre.
08:59Alors, pourquoi on a eu une si forte hausse de la croissance ?
09:02Une hausse de la croissance, calmons-nous.
09:05C'est grâce à des facteurs un peu plus temporaires ou ponctuels.
09:09On a eu notamment une forte hausse de la production
09:11dans le secteur aéronautique ou aérospatial.
09:15C'est un secteur où il y a une forte demande étrangère,
09:18dans lequel les chaînes de production souffraient encore
09:21des problèmes qui sont nés durant la période Covid.
09:24Donc, on a un rattrapage qui se poursuit.
09:27Mais les problématiques de fond de l'économie française,
09:29à savoir une demande domestique encore peu allante,
09:32ont persisté au deuxième trimestre.
09:34Et ça se reflète dans des indices de confiance
09:36des entreprises et encore plus des ménages
09:39qui sont restés en dessous de la moyenne.
09:41Et on a vu, on a été publié ce matin,
09:44l'indice de confiance des ménages français pour le mois d'août.
09:48Et malheureusement, c'est encore une nouvelle baisse.
09:49On a un indice à 87 points.
09:52L'an dernier, on était plutôt autour de 94 à la même période.
09:57C'est à comparer à une moyenne historique autour de 100.
10:00On est retombé à des niveaux qu'on avait vus en 2023
10:04lorsque l'inflation était à de hauts niveaux.
10:07On a des ménages français qui restent relativement pessimistes,
10:11qui continuent de beaucoup épargner.
10:14Et ça se traduit en une demande assez peu allantée.
10:18Et la situation politique est la cause de ce pessimisme ambiant.
10:25Alors, cause ou conséquence, le débat peut durer pendant longtemps.
10:31Mais le fait est que la situation politique pèse sur l'économie.
10:36Et s'il y a une clarification,
10:39c'est peut-être pas plus mal qu'elle arrive plus tôt qu'attendue
10:42entre ça et une rentrée chargée, autant affronter les problèmes.
10:47Vous dites que c'était un point de rendez-vous inévitable de toute façon.
10:50Que ce soit là, le 8 septembre, ou que c'eût été plus tard,
10:54c'était un point de rendez-vous de toute façon
10:56que les économistes, en l'occurrence qui suivent la France, attendaient.
10:58Voilà.
10:59Les agences de notation elles-mêmes, dans leurs prévisions,
11:03intégraient ce risque politique.
11:05La plupart avaient pris note du plan budgétaire pour 2026,
11:10mais avec évidemment des doutes assez forts sur son implémentation.
11:16Et c'est ce qui est en train de se dérouler.
11:19On va voir exactement comment les choses finiront,
11:23mais il n'y a pas nécessairement de surprise sur le fait
11:26qu'un plan budgétaire va être difficile de se mettre d'accord dessus.
11:32Et l'ajustement fiscal va être probablement moindre
11:35que ce qui était espéré.
11:36Comment vous évaluez dans ce contexte,
11:38je vous passerai la parole,
11:39mais comment vous évaluez dans ce contexte, Fabien,
11:40le risque financier qui peut être attaché à ce risque politique
11:44pour la France ?
11:47C'est vrai que ce qui frappe les esprits
11:49et le constat que tout le monde reste,
11:50c'est que, contrairement à la crise des dettes souveraines,
11:53aujourd'hui, beaucoup de pays,
11:54à commencer par les pays de la périphérie,
11:56ont fait des efforts de consolidation fiscale et budgétaire
12:00qui les amènent aujourd'hui dans des situations,
12:02alors peut-être pas merveilleuses,
12:03mais en relatif, en comparaison avec la situation française,
12:07qui les amènent dans des situations bien meilleures.
12:09Et le marché, d'ailleurs, salue les efforts
12:12qui ont pu être faits par ces pays,
12:14le Portugal, la Grèce, l'Espagne, etc.
12:16Alors, c'est vrai qu'on est dans une situation un peu difficile,
12:20on commence à être un petit peu le vilain petit canard de la vie de l'euro.
12:24On a un déficit beaucoup plus élevé que la moyenne,
12:28pas beaucoup plus élevé,
12:30plus élevé que la moyenne,
12:32et il va falloir, un jour ou l'autre,
12:33faire des ajustements.
12:35Après, il faut savoir aussi relativiser les choses.
12:39C'est un ajustement,
12:40le plan que Bérou prévoyait,
12:41prévoyait un ajustement sur 4 ans
12:43à un rythme soutenu, mais modéré, finalement.
12:49La cible n'est pas hors d'atteinte,
12:51ça demande des efforts constants,
12:53mais...
12:55C'est une question de persistance dans l'effort,
12:56plus que d'intensité, vous dites, Fabien.
12:59C'est ça que ça demande plus,
13:01une certaine persistance.
13:02Et la bonne nouvelle,
13:03c'est que s'il n'y a pas vraiment de majorité
13:04pour faire un ajustement fiscal rapide,
13:07il n'y a pas non plus de majorité
13:08pour augmenter le déficit.
13:10Donc, nous avons les choses du bon côté.
13:13Les comparaisons avec l'East Trust
13:15sont peut-être un peu surfaites.
13:17L'East Trust, rappelons-le,
13:18avait adopté un budget très expansionniste.
13:20Oui.
13:21C'est pas le cas,
13:21on ne se discute pas aujourd'hui.
13:23Quand vous dites un jour ou l'autre,
13:25c'est à quel type d'horizon,
13:29et encore une fois,
13:30sous la surveillance des marchés.
13:32Donc, une partie de la dette française,
13:33évidemment, est détenue
13:34par un public domestique français.
13:36Une autre partie est détenue, quand même,
13:38par des créanciers étrangers
13:39qui n'ont peut-être pas forcément
13:40les mêmes contraintes
13:42ou les mêmes obligations.
13:43C'est le problème,
13:45mais le débat sur l'indépendance de la Fed
13:47est un petit peu similaire
13:50en ce sens qu'on peut laisser le problème
13:53grossir petit à petit
13:54pendant très longtemps
13:54avant que ça devienne un gros problème.
13:56Et c'est difficile de savoir
13:57à quel moment il y aura
13:58vraiment une discontinuité
14:00à quel moment les choses vont déraper.
14:04Pour l'instant,
14:06le spread a monté
14:07ces derniers jours.
14:08On reste plus bas
14:09que les pics qu'on a vus.
14:11Au moment de la dissolution,
14:12c'est ça.
14:13Effectivement,
14:14on était monté à 80 et plus,
14:15je crois,
14:16en juin 2024.
14:17on n'est pas revenu encore à 80.
14:19On se rapproche de 80 de spread
14:21entre la France et la lignée.
14:22Pierre-Olivier,
14:23Béfi,
14:23votre lecture de la situation française.
14:27Est-ce que c'est un sujet franco-français ?
14:29Est-ce que c'est un risque
14:29qui est cantonné aujourd'hui à la France ?
14:31Ou est-ce que ça peut être
14:32un risque de marché plus important aussi derrière ?
14:34Je pense qu'il y a différents points.
14:36Le premier,
14:37c'est d'abord,
14:37il y a un peu la séquence politique actuelle.
14:39Je pense déjà,
14:42il faut voir quand même le constat,
14:44c'est qu'en France,
14:45la discipline budgétaire,
14:46c'est un peu comme le retour des vacances.
14:48À l'automne,
14:49on se dit on va le faire
14:50et finalement,
14:50on repousse le lendemain.
14:52Mais ce n'est pas ce gouvernement-là,
14:53en l'occurrence.
14:54Ça fait des décennies
14:55qu'on raisonne comme ça
14:56et que la situation est dérivée.
14:58Donc, ce gouvernement,
14:59il doit gérer les choses
15:00avec aucune stabilité politique
15:03parce qu'il n'a pas de majorité.
15:04Et en plus,
15:05dans un contexte de crise
15:05du pouvoir d'achat,
15:06je crois que Fabien l'a bien dit,
15:07la faible confiance des ménages
15:09c'est aussi parce qu'il y a
15:09des vraies questions
15:10de pouvoir d'achat
15:11chez les actifs notamment.
15:13Donc, la situation est un peu compliquée.
15:15Après, d'un point de vue,
15:17comment dire,
15:20séquence de marché,
15:22moi je pense que d'abord,
15:23il faut,
15:25sans doute,
15:26il y a deux solutions
15:27à ce qui va se passer.
15:28C'est-à-dire que la première,
15:29si Bayrou ne survit pas
15:31son vote de confiance,
15:32qui est quand même,
15:33sans doute,
15:33le scénario principal
15:35qu'on peut donner aujourd'hui,
15:37soit on aura la prolongation
15:38d'un gouvernement technique,
15:39soit on va avoir
15:42des législatives.
15:44Donc moi,
15:45je pense que
15:45si on a des législatives
15:47annoncées,
15:48ça sera sans doute
15:48la deuxième quinzaine
15:49de septembre
15:50parce que Macron
15:51va essayer assez rapidement
15:52de trouver un remplaçant
15:53s'il veut chercher un remplaçant.
15:55On va le savoir.
15:55Pour moi,
15:56ça peut être le pic
15:56de l'incertitude
15:57à ce moment-là.
15:59Quand on s'amuse
16:00à parier sur
16:00qui sera le prochain Premier ministre,
16:02c'est le nom de,
16:02alors sur les plateformes
16:03de Paris en ligne,
16:04le nom de Sébastien Lecornu
16:05ressort assez vite.
16:07Oui.
16:07Bon, après,
16:08ça va ressembler aussi à un gouvernement technique,
16:11encore une fois,
16:12qui gère les affaires courantes.
16:13C'est ça qui va être.
16:14Mais après,
16:14moi,
16:14je pense que la séquence aussi
16:15en termes budgétaires
16:16ne va pas être si mauvaise
16:17par rapport à ce qui suit
16:18parce qu'on va avoir
16:19un gouvernement technique
16:20qui ne va,
16:20pour le coup,
16:21pas faire de pratique expansionniste.
16:22Et puis,
16:23il ne faut pas oublier
16:23le cycle électoral local
16:24parce que cette année,
16:26c'est beaucoup plus difficile
16:27de faire baisser le déficit public
16:28parce que toutes les municipalités
16:30sont en mode,
16:31on dépense,
16:32il faut faire des beaux projets
16:32avant les élections de l'année prochaine.
16:34Il y a des travaux un peu partout.
16:35Voilà.
16:35Et l'année prochaine,
16:36le déficit,
16:37il va spontanément
16:38pas mal se réduire en fait.
16:39Donc,
16:40il y a un élément technique
16:40qui font que...
16:41Par effet de base,
16:42on va avoir quand même
16:43des effets de base
16:45plus favorables à un moment.
16:46Exactement.
16:46Donc,
16:46je pense qu'il ne faut pas
16:47trop trop paniquer
16:48et qu'il y aura un moment où...
16:49Moi,
16:50je suis plutôt assez optimiste
16:51qu'il faudra sans doute
16:54et voilà.
16:55Après,
16:55bon,
16:56sur le constat de fond,
16:57franchement,
16:58moi,
16:58ça me fait penser,
16:58si on fait un peu d'histoire,
16:59ça me fait penser à l'époque
17:00de Louis XIV,
17:01quoi.
17:01On dépense comme Colbert
17:02et on taxe comme Fouquet.
17:04Bon,
17:04ça s'est fini
17:05avec la révolution française
17:06à peu près 25 ans plus tard.
17:07Enfin bon,
17:08je pense que c'est aussi
17:09le climat actuel.
17:12Donc oui,
17:12on n'est pas sorti de l'auberge.
17:13Pour moi,
17:14le point vraiment d'ancrage
17:15ça va être ce qui se passe
17:16en 2027.
17:17Mais je pense qu'encore une fois,
17:19d'un point de tactique
17:19où il y a le stress maintenant,
17:21il ne faut pas quand même
17:21sous-estimer que tous les actifs
17:23qui corrigent,
17:23notamment les banques européennes,
17:24c'était les actifs
17:25qui réellent les plus tétus,
17:27etc.
17:27Ah bah bien sûr,
17:28bien sûr.
17:29C'est normal.
17:29Le secteur des banques européennes
17:32fait mieux que le Nasdaq
17:33depuis la période Covid.
17:35Voilà,
17:35donc il peut y avoir aussi
17:36un peu de temps justement.
17:37Mais je pense que ça devrait
17:38être acheté à un moment.
17:39Bon,
17:40donc non,
17:40mais pour poser la question,
17:42puisqu'on voit des gros titres
17:44qui commencent à fleurir
17:45sur l'idée que le FMI
17:46est à nos portes,
17:48il y a celui de l'Angleterre
17:49aussi,
17:50à nous.
17:51Enfin,
17:51il n'y a pas que la France
17:52qui est dans une situation
17:53fiscale budgétaire compliquée.
17:55Même si certains ont fait des efforts,
17:56d'autres ont du mal à en faire
17:57encore aujourd'hui.
17:59Enfin,
17:59l'idée que le FMI puisse être
18:00à un moment concerné
18:02par la situation française,
18:04ça reste du domaine de la fiction.
18:07Non,
18:07mais après,
18:07moi je pense qu'il y a deux...
18:09Encore une fois,
18:09comme Eric Lombard,
18:10vous n'excluez pas le fait
18:11que le FMI puisse un jour
18:13être appelé à la rescousse.
18:14Il y a un point de situation
18:15et deux scénarios pour moi.
18:16Le point de situation,
18:17c'est quand même qu'on est
18:18dans une zone
18:19où la banque centrale
18:19avait déjà pas mal baissé les taux.
18:21Donc,
18:21même si le spread français
18:22s'est écarté,
18:23les taux français,
18:24dans l'absolu,
18:25n'ont pas beaucoup monté.
18:25Non ?
18:26Donc,
18:27il n'y a pas vraiment de stress,
18:28je dirais,
18:28de solvabilité.
18:30C'est juste qu'on est moins bon
18:30que les autres.
18:31Et on devient même peut-être
18:32le franc de l'Europe.
18:33surtout 10 ans,
18:34c'est un taux marginal
18:36pour la nouvelle dette
18:36qui arrive,
18:37mais ça reste encore...
18:38On peut vivre un temps,
18:39en tout cas,
18:40avec ce niveau de taux-là aujourd'hui.
18:41Il y a de l'augmentation structurelle
18:42des charges d'intérêt
18:43qui se fait
18:43parce qu'on a emprunté
18:44beaucoup moins cher
18:45après le Covid,
18:46etc.
18:47Oui, bien sûr.
18:47Mais on n'a pas
18:48une poussée brutale
18:49de solvabilité là-dessus.
18:50Je comprends.
18:51Donc,
18:52il me semble
18:53qu'il y a des différences
18:54en termes structurelles.
18:55La deuxième chose,
18:57c'est,
18:57en effet,
18:58sur les scénarios,
18:59il y a le scénario
19:00de la lente glissade
19:01où on va attendre
19:02à chaque fois
19:03qu'il se passe quelque chose,
19:04mais en fait,
19:05on glisse petit à petit
19:06et ça,
19:06ça va durer très très longtemps.
19:08Et puis oui,
19:08il y a des moments
19:09où la liquidité,
19:10elle n'est plus là
19:10et là,
19:11ça pose un gros problème.
19:13Après,
19:14les garde-fous
19:15sur cette liquidité,
19:16ça reste la BCE,
19:16ça reste le fait que...
19:18Pour l'instant,
19:18on n'a pas un gouvernement
19:19qui veut partir
19:21dans le décor
19:22sur le budget.
19:23Non.
19:23C'est quand même ça
19:23qui est important.
19:24Si par contre,
19:25on a un gouvernement
19:26qui, par exemple,
19:27en 2027
19:27ou après une élection législative...
19:29Qui veut s'affranchir
19:30de toutes les règles...
19:30Alors là,
19:31ça va devenir très dangereux
19:32d'un seul coup.
19:32Mais je pense qu'on n'est pas
19:33dans ce contexte-là
19:34aujourd'hui.
19:35Sophie,
19:36la situation française
19:37sur les marchés,
19:39est-ce que c'est une situation
19:40très franco-française ?
19:41Est-ce que ça se regarde
19:42quand même
19:42d'un point de vue européen ?
19:44Et qu'est-ce que ça implique
19:46pour l'investisseur ?
19:47Alors, est-ce qu'il y a un moment
19:48où il faudra...
19:49Oui, il y a toujours un moment
19:49où il faudra racheter,
19:50j'imagine,
19:51mais quel va être un peu
19:52le scénario,
19:53la séquence
19:54à laquelle vous allez vous attacher
19:55pour vous dire
19:56tiens, c'est peut-être le moment
19:57de remettre un peu
19:58d'action française,
19:59pourquoi pas ?
20:00Oui, alors déjà,
20:02il faut bien considérer
20:03que les actifs français
20:05portaient déjà
20:05une prime de risque importante.
20:07C'est-à-dire qu'on a eu
20:07la dissolution...
20:08On sous-performe
20:09depuis juin 24.
20:10Voilà, exactement.
20:11Les taux,
20:12l'écartement du spray de taux,
20:14si on prend
20:14un indice pontéré
20:16par le PIB européen,
20:19on a aujourd'hui
20:20une prime
20:21de 30 points de base.
20:23On avait une décode
20:24de 20 points de base
20:24au moment de la dissolution.
20:25Donc, effectivement,
20:26le coût de la dette,
20:27c'est...
20:28a augmenté
20:29de 50 points de base.
20:30Mais ça ne bouge plus.
20:31C'est-à-dire que ça ne bouge
20:31pas particulièrement.
20:33Là, on a repris
20:335 points de base.
20:34Oui, oui.
20:35Il n'y a rien de très violent,
20:36je suis d'accord.
20:37En fait, il n'y a rien
20:37de très violent en réalité.
20:38On parle donc
20:39du secteur bancaire.
20:40Effectivement,
20:41il y a une consolidation
20:41importante.
20:42Enfin, ce n'est pas
20:43que le secteur bancaire,
20:43d'ailleurs.
20:44C'est tout ce qui peut
20:44être assimilé
20:45des victimes nationales.
20:46On a vu les concessions
20:47hier, le BTP, bien sûr.
20:49Où est-ce que le gouvernement
20:50pourrait aller prendre
20:51de l'argent
20:51via une taxe supplémentaire,
20:53etc.
20:56Bon, c'est...
20:57Il y a déjà...
20:58Quand on regarde,
20:58par exemple,
20:59je prends l'exemple
20:59de la BNP.
21:01La BNP,
21:01c'est une banque
21:02qui s'est revalorisée
21:03avec l'ensemble
21:04du secteur bancaire européen,
21:05mais qui, aujourd'hui,
21:06se paye sur un PE,
21:09donc le prix rapporté
21:10au résultat,
21:11de 7 fois.
21:12Alors que la moyenne
21:13du secteur européen
21:14est à 10.
21:15Donc, le re-rating,
21:16en fait,
21:16la revalorisation,
21:17elle a été stoppée
21:18depuis le printemps.
21:20Donc, le cours de bourse
21:21a continué à monter
21:22parce que les résultats
21:22étaient très bons,
21:24mais il n'y a plus
21:25de revalorisation
21:26du secteur européen
21:27puisque, effectivement,
21:28le principal risque,
21:29aujourd'hui,
21:29du point de vue
21:30de l'investissement
21:31en action
21:32sur des sociétés français,
21:33c'est le risque fiscal.
21:34Est-ce que le gouvernement,
21:36qui a protégé
21:38quand même un peu
21:38les entreprises,
21:40est obligé
21:40d'offrir une concession,
21:42par exemple,
21:42au Parti Socialiste
21:43pour faire passer
21:44son budget
21:45et dit,
21:45bon, d'accord,
21:46OK,
21:47alors on va taxer,
21:48tac, tac, tac,
21:48on va mettre
21:48une super taxe
21:50sur les profits
21:50des grandes entreprises.
21:52Ce n'est pas complètement
21:53impossible à imaginer.
21:55Et là, du coup,
21:56le gouvernement tient
21:57et on est reparti.
21:59Donc, c'est ça.
21:59Mais ça,
21:59c'est déjà payé.
22:00sur deux jours,
22:02sur deux jours,
22:04la BNP,
22:04la Soxgène,
22:05AXA,
22:06des sociétés
22:07qui sont au monde,
22:09ont perdu
22:10pratiquement 10%.
22:11Le marché est capable
22:13de mettre un prix
22:13très rapidement
22:14sur cette situation
22:15politique.
22:17Extrêmement rapidement.
22:17Donc, ce choc-là,
22:18il est absorbé
22:19d'ores et déjà.
22:21Sur les financières
22:22au sens large
22:23européennes,
22:24c'est aussi une opportunité
22:25de prendre des bénéfices.
22:26Oui.
22:26Parce qu'on a effectivement
22:28un secteur
22:29qui, aujourd'hui,
22:29n'est pas cher,
22:31en tout cas,
22:32mais qui s'est revalorisé
22:33de façon extrêmement rapide
22:35depuis le début de l'année.
22:36C'est-à-dire que
22:36c'est un secteur
22:37qui, c'était un rallye silencieux
22:40depuis 2-3 ans.
22:41Et puis, cette année,
22:42il y a eu une accélération.
22:43Ça fait 4,5 ans que ça dure.
22:44Ah oui, bien sûr.
22:44Mais cette année,
22:45il y a eu une accélération,
22:46une augmentation
22:47du positionnement.
22:48Les investisseurs
22:49ont redécouvert les banques,
22:50y compris les investisseurs
22:51internationaux, d'ailleurs.
22:52Se sont engouffrés
22:53sur à peu près
22:54le seul secteur
22:54qu'on pouvait acheter,
22:55il faut être honnête.
22:56Et donc, tout le monde
22:57a revalorisé ce secteur-là.
22:58Aujourd'hui,
22:58on paye les banquaires européennes,
23:00on l'a dit,
23:0010 fois,
23:021,3 fois les comptes propres,
23:04etc.
23:04On n'est pas du tout
23:05pour un heureux,
23:06donc pour un retour
23:07sur le capital
23:08aux alentours de 12%.
23:09Donc, on n'est pas très cher.
23:10Par contre,
23:11on peut vraiment respirer.
23:12Le secteur,
23:13il a pris 60%
23:14depuis le début de l'année.
23:15Non, il n'y a rien de douloureux
23:15pour les investisseurs
23:16à avoir des cours de bourse,
23:18effectivement,
23:18mais c'est d'un peu plus de 100%.
23:19Par contre, on peut avoir
23:19des prises de bénéfices,
23:20du repositionnement, etc.
23:22Donc, ça, c'est,
23:23je dirais qu'entre guillemets,
23:24c'est un peu légitime.
23:25Pour autant,
23:27je ne pense pas
23:28qu'il faille se sauver
23:28du secteur.
23:29Je pense que le secteur
23:30reste attractif,
23:31que la configuration européenne
23:36avec les plans de relance
23:37en Allemagne,
23:38avec plus de cohésion,
23:40avec les plans
23:41mis en place
23:42de titrisation
23:43pour financer
23:44des grands projets,
23:45avec une normalisation
23:47des taux d'intérêt, etc.,
23:48reste très favorable
23:49pour le secteur bancaire.
23:51Et on a quand même
23:51des dividendes
23:52en agrégés
23:53qui sont supérieurs
23:53à 5%,
23:54plus de rachat de titres.
23:55Donc, on n'est pas non plus,
23:57par contre,
23:57une respiration.
23:58Je pense que c'était
23:59l'opportunité
23:59d'une respiration,
24:01effectivement.
24:01Oui, secteur bancaire,
24:02en première ligne,
24:03évidemment,
24:03dès que ces sujets politiques
24:05reviennent
24:05sur le devant de la scène.
24:08Oui,
24:09la question de la fiscalité
24:10pour ces entreprises,
24:12le fait qu'elles prêtent
24:13à l'économie réelle
24:14et puis le fait
24:14qu'elles portent aussi
24:15de la dette française,
24:16voilà,
24:17perdu un peu
24:17de sa splendeur
24:18ou de sa superbe
24:19ces derniers temps.
24:21Mais donc,
24:22je vous rejoindrai,
24:23pas de panique.
24:23Pas de panique,
24:24très bien,
24:25mais restons sur cette idée
24:26de pas de panique.
24:27Ça veut dire,
24:28pour reprendre la discussion
24:29avec vous, Fabien,
24:31le marché,
24:32les créaciers,
24:33attendent un effort
24:34de consolisation budgétaire,
24:35mais comme vous dites,
24:36il faut aussi garder
24:36la tête froide.
24:38Comment est-ce qu'on fait
24:38les choses bien ?
24:39Est-ce qu'on peut
24:40coupler une rectification
24:42de la trajectoire
24:43des finances publiques
24:44en préservant
24:46de la croissance,
24:48voire de la compétitivité,
24:49de la productivité
24:50pour une économie
24:52comme la nôtre
24:53aujourd'hui ?
24:54Est-ce qu'il y a
24:54un chemin pour ça ?
24:55On verra ce que
24:56le politique décide,
24:56mais est-ce que c'est déjà
24:58économiquement possible ?
25:00Ça paraît tout à fait faisable
25:03et le plan de Beyrouth
25:05donnait un chemin.
25:07L'année d'avant,
25:08Barnier montrait aussi
25:09un chemin pour redresser
25:11les dépenses,
25:12pour redresser le déficit.
25:13On est dans une phase
25:15où, lorsque les taux d'intérêt
25:17sont plus élevés,
25:17c'est censé aller
25:18avec une inflation plus élevée.
25:20Alors, ce n'est pas le cas
25:21en France en ce moment
25:21et c'est vrai que ça complique
25:23un petit peu la tâche
25:23du gouvernement
25:24parce qu'une inflation
25:25plus faible,
25:25ça veut dire plus difficile
25:28de renier sur les dépenses
25:30en jouant sur la hausse des prix.
25:33Mais la France n'est pas censée
25:35être une exception
25:37ad vitam aeternam
25:38dans ce contexte-là.
25:40L'inflation est censée
25:40revenir vers les 2%
25:42vers la cible de la BCE
25:44et les taux plus élevés
25:46en zone euro aujourd'hui
25:48comparés à ce qu'ils étaient
25:49avant la pandémie,
25:50c'est parce que les anticipations
25:51d'inflation sont plus élevées.
25:53Et plus d'inflation,
25:54ça veut dire plus de possibilités
25:55pour renier sur les dépenses
25:57de façon un peu moins douloureuse.
25:59Un douloureux, oui.
26:00Voilà.
26:02Donc, il y aura de la marge.
26:05Encore une fois,
26:05l'ajustement budgétaire
26:07qui, en l'étalant sur 4-5 ans,
26:10on est sur des rythmes
26:11assez tout à fait faisables.
26:14Comment le faire dans les détails ?
26:16C'est là où le monde politique
26:17s'écharpe.
26:20Mais on peut noter
26:21qu'on se bat souvent
26:23sur des mesures valant
26:24un ou deux dixièmes
26:26de points de PIB.
26:28Le montant de l'effort
26:29en lui-même
26:30n'est pas quelque chose
26:31qui est très largement combattu.
26:33On n'a personne
26:34qui appelle à une relance
26:35budgétaire massive
26:36en France.
26:38Donc, de ce point de vue-là,
26:39on peut être plutôt rassuré
26:42sur la direction prise.
26:43Bon, malheureusement,
26:43pour l'instant,
26:44il n'y a pas de capitaine
26:45à bord du bateau.
26:46C'est un statu quo forcé.
26:48Voilà, c'est ça
26:49qu'attend,
26:49c'est ça qu'espère
26:50d'avoir,
26:52c'est le rêve des marchés,
26:53c'est d'avoir enfin
26:54quelqu'un qui serait capable
26:55de prendre des décisions.
26:57Bon, malheureusement,
26:58en ce moment,
26:59ce n'est pas le cas.
26:59À partir de quel moment
27:01ça deviendrait un problème
27:02pour la Banque Centrale Européenne,
27:04par exemple ?
27:04Alors, je vous amène
27:05peut-être dans un scénario
27:06fiction, Fabien,
27:08mais c'est des questions
27:08qu'on se pose à chaque fois.
27:10À partir de quel moment
27:11ça nécessiterait
27:13plus qu'une attention
27:13de la Banque Centrale Européenne
27:15et avec quel type d'instrument
27:17la Banque Centrale Européenne
27:18peut-elle,
27:19aujourd'hui,
27:21avec les enseignements
27:22de la crise financière,
27:23contenir ce genre de dérapage,
27:27si le dérapage réel
27:29se mettait en place ?
27:30Alors, tout d'abord,
27:31la cible de la BCE,
27:32c'est l'inflation.
27:33Donc, la principale préoccupation
27:35de la BCE,
27:36ce sera est-ce que tout cela
27:37a un impact sur l'inflation ?
27:41Pour ça, il faudrait
27:41un impact économique majeur.
27:45Bon, pour l'instant,
27:45l'incertitude politique,
27:47on le vit en France
27:48depuis plus d'un an.
27:49Comme on l'a dit,
27:50ça pèse sur le climat des affaires.
27:53Ça nourrit une croissance
27:54sous-jacente très molle en France,
27:56mais qui reste positive.
27:58Donc, pour l'instant,
27:59il n'y a pas de raison
28:00de paniquer.
28:02Encore une fois,
28:02il n'y a aucune raison
28:03de paniquer pour la BCE.
28:04Là, ce n'est pas
28:05un impact majeur
28:06sur la cible d'inflation.
28:08Après, est-ce que,
28:10et pour l'instant,
28:11et sur le plan
28:12des marchés financiers,
28:13là aussi,
28:13on n'est pas du tout
28:14dans une configuration
28:15qui appellerait
28:15une réaction spécifique.
28:18Pour l'instant,
28:19on en est très loin.
28:19Oui, oui.
28:20Bon, pas de panique.
28:21Donc, je retiens
28:22le message, effectivement.
28:24C'est-à-dire,
28:24ce qu'on peut retenir
28:24de la journée sur les marchés,
28:25même si le CAC
28:26a baissé encore
28:27d'un, demi pour cent aujourd'hui,
28:29sous-performe
28:29les autres indices européens.
28:32On est à peu près
28:32sur les niveaux d'il y a un an,
28:33au moment de la dissolution
28:34autour de 7800 points
28:35pour le CAC,
28:36avec, voilà,
28:36on le disait
28:36sur des marchés obligataires.
28:38Bon, des investisseurs
28:39qui mettent un prix,
28:40mais encore une fois,
28:41sans rupture,
28:42sans discontinuité
28:43par rapport aux tendances
28:44qu'on pouvait observer
28:45jusqu'à présent.
28:47On n'a peut-être pas
28:47totalement bouclé le sujet,
28:49si vous avez encore
28:49quelques remarques,
28:50Pierre-Olivier,
28:50et puis je veux bien
28:51qu'on en revienne
28:51à la question
28:52de l'indépendance
28:52des banques centrales.
28:54Encore une fois,
28:55dans un contexte
28:55où les niveaux d'endettement
28:56accroissent peut-être
28:58un peu la pression
28:59et la responsabilité
29:00pour certains banquiers centraux
29:02également.
29:03Comment vous regardez
29:04ce qui se passe aux Etats-Unis ?
29:05Ça va vite.
29:06Oui, après,
29:08moi, je pense qu'il y a deux...
29:10Enfin, on le voit
29:10à travers ce qui est pricé
29:12pour l'année prochaine
29:12en termes de baisse de taux.
29:14Chez qui ?
29:14Aux Etats-Unis.
29:15Non, on est passé aux Etats-Unis.
29:16Oui, oui, on est passé.
29:17Moi, je vais continuer
29:18un peu sur la France
29:18à le chercher.
29:19Non, non, on passe aux Etats-Unis.
29:20Les Etats-Unis
29:21méraient bien quand même
29:21quelques minutes de discussion.
29:23Je vous l'accorde.
29:24Mais sur les Etats-Unis,
29:25je pense que la Fed...
29:28Enfin, c'est assez clair
29:29que moi, je pense
29:29qu'il va quand même couper.
29:30Il y a souvent encore des gens...
29:31Sept ans, c'est un done deal ?
29:33Pour moi, c'est un done deal.
29:34Pour deux raisons.
29:34La première, c'est que...
29:36Déjà, quand on regarde historiquement,
29:38quand on a deux membres de la Fed
29:39qui sont en désaccord
29:44dans tous les cas...
29:45Le meeting suivant ?
29:46Non, dans les trois meetings
29:47qui viennent, il y a des cotes.
29:48D'accord.
29:49Ce n'est pas toujours
29:49le tout premier meeting.
29:50Mais en gros, il y a des cotes
29:51qui arrivent.
29:52D'autant plus que, bon,
29:53on commence à avoir
29:54des remplacements de...
29:55Enfin, le board
29:56ne devient plus d'ovie.
29:57On va dire ça comme ça.
29:58Deuxième chose,
30:00les révisions d'emploi.
30:02Donc, les révisions d'emploi,
30:04quand elles sont aussi fortes,
30:06généralement,
30:07et qu'en plus,
30:07il y a un chiffre qui est moyen,
30:09généralement,
30:10les deux, trois surveys
30:12qui sortent après,
30:13deux, trois...
30:14Oui, qui est un peu zuné, quoi.
30:15Ce sont plutôt pas très bons.
30:16D'accord.
30:16Voilà.
30:16Donc, je pense que le 8 septembre
30:17va être moyen.
30:18Et en plus,
30:19on a la révision trimestrielle
30:20qui arrive deux jours plus tard.
30:21Vous savez, j'en oublie.
30:22De l'emploi ?
30:22De l'emploi.
30:23Et celle-là,
30:24elle va être drastique.
30:24Parce que quand on regarde
30:26les chiffres
30:26de l'enquête ménage
30:30aux États-Unis
30:30par rapport au NFP,
30:31il y a peut-être
30:32un million d'emplois.
30:33Des cartes ?
30:33Oui, on ne sait pas trop
30:34d'où ils viennent.
30:35D'accord.
30:35Donc, bon,
30:36il y a un potentiel
30:37de révision à la baisse
30:38très fort aussi
30:39sur l'annuel.
30:40Voilà.
30:40Bon, je pense qu'il y aura
30:42assez d'arguments,
30:43je dirais,
30:44assez de viches
30:44pour que Powell,
30:45il coupe en septembre.
30:48Et quel sens
30:49il va donner
30:50à cette baisse de taux ?
30:51C'est un ajustement
30:52assurantiel ?
30:53Oui, c'est assurantiel.
30:53Ce n'est pas le début
30:54d'un cycle de baisse ?
30:55Alors, je ne sais pas.
30:56On va voir.
30:56Parce que là,
30:57il est quand même surpris
30:57d'un point de vue très de viches.
30:58Je trouve que,
30:59enfin, moi,
30:59je trouve que c'est assez clair
31:00ce qu'il veut faire.
31:01Il veut couper les taux
31:01de toute façon.
31:02Donc, on y va.
31:04Après, le problème de Powell,
31:05c'est un peu comme Keynes
31:06qui disait que
31:07quand les faits changent,
31:07je change d'avis.
31:08Bon, lui,
31:08il change d'avis
31:09quand les faits changent,
31:09mais bon,
31:10les faits changent plus que lui.
31:11Donc, à la fin,
31:12il se retourne en permanence.
31:13Le marché change, oui.
31:14Voilà.
31:14Tu connais bien mon avis
31:16sur Powell.
31:17Je ne peux pas en rajouter
31:17aujourd'hui.
31:18Non, le risque que je vois,
31:19c'est qu'aujourd'hui,
31:20il est en train
31:21de couper les taux.
31:22Il va sans doute couper les taux
31:23dans un moment
31:24où l'économie américaine
31:25est fragilisée.
31:26Elle est fragilisée.
31:27Pourquoi ?
31:27Parce que, notamment,
31:28on a un resserrement budgétaire.
31:30C'est ce qui se passe par-dessous.
31:32C'est-à-dire que Trump,
31:32il a commencé par les tarifs.
31:33Et pour l'instant,
31:34il ne fait pas
31:34de stimulus budgétaire.
31:36Il y a un tout petit peu
31:37de stimulus
31:37parce que, par exemple,
31:39les mesures de dépréciation,
31:40d'accélérer du capital
31:41sont déjà en place
31:42et donc rétroactives
31:43au début de l'année.
31:44Mais pour l'instant,
31:45c'est un effet de mède.
31:45Il n'y a aucune entreprise
31:46qui s'est mise
31:47à monter l'investissement.
31:48Donc, ce n'est pas
31:49un effet économique.
31:50Seul le marché a anticipé
31:51les baisses d'impôts à venir.
31:52Voilà.
31:53Et donc, du coup,
31:54on est dans la phase
31:55de resserrement budgétaire.
31:57On est dans la phase
31:57où, par exemple,
31:58typiquement, le ménage,
31:59s'il s'assoit dans l'inflation,
32:01on est un peu
32:01dans un mêli-mêlo.
32:02On a les taux immobiliers
32:04qui restent quand même
32:05très, très élevés.
32:05Donc, on a un peu
32:06de décélération
32:07des prix immobiliers, etc.
32:08Donc, l'inflation immobilière
32:09est plutôt légèrement baisse.
32:11Et puis, pour tout le reste,
32:11on a une augmentation
32:12du prix des biens
32:13parce qu'en fait,
32:13on commence à avoir
32:14de la contagion
32:14même si elle est graduelle
32:16parce qu'il y a eu
32:17des anticipations d'importation
32:18qui ont été faites
32:19en début d'année, etc.
32:20Mais, par contre,
32:21on voit que dans les services,
32:22c'est un peu moins bien
32:23parce qu'on voit
32:23que les ménages sont contraints
32:24justement par ces hausses
32:26de tarifs et de contraintes
32:27de pouvoir d'achat.
32:28Mais moi, je pense
32:28que l'année prochaine,
32:29l'économie américaine,
32:30elle va être très forte
32:31parce que là,
32:31on va frontloder,
32:33avancer toutes les mesures
32:34de politique budgétaire
32:35sur 10 ans en amont
32:36des élections
32:38de demi-mandat.
32:40En plus, Trump,
32:41il va nous sortir quelque chose.
32:43Il va nous sortir
32:431000 dollars
32:44pour tous les Américains
32:45comme ça
32:46pour essayer de dire
32:47voilà, moi je suis le mec sympa,
32:48je comprends, etc.
32:49Donc, il y a encore
32:50les moyens de ressortir
32:51quelque chose néo-budgétaire.
32:52Donc, je pense qu'on aura...
32:52Là, c'est quelques baisses de taux
32:54pour enlever un peu de pression
32:55mais c'est tout.
32:56Le problème, c'est qu'il n'y a pas besoin
32:57de soutenir l'économie américaine.
32:59Il y a besoin d'être accommodant.
33:00Si on a des baisses de taux
33:00et du stimulus budgétaire
33:01dans un contexte
33:02où les conditions financières
33:03sont déjà plus,
33:03la baisse du dehors, etc.
33:05Donc, ça veut dire quoi
33:06sur le plan des marchés ?
33:07Donc, très positif action,
33:08actif risqué
33:09et un peu plus compliqué
33:10peut-être pour la partie
33:11bonds obligataire ?
33:13Oui, je pense que c'est
33:14ce qui va se passer
33:14pour l'année prochaine.
33:15Après, je pense que c'est
33:16plutôt quelque chose
33:17qui va être joué en fin d'année.
33:18Je pense qu'on peut avoir
33:19un très bon rallye
33:20de fin d'année grâce à ça.
33:22Mais pour en revenir
33:22à la question du départ
33:24qui a posé,
33:25c'est que le problème,
33:27c'est que le marché,
33:27il a du mal à presser ça.
33:28On voit que l'année prochaine,
33:29il presse encore plus
33:30de baisses de taux.
33:31Parce qu'il y a la politisation
33:33de la Fed.
33:34Donc, on a même le risque
33:35que la Fed,
33:36l'année prochaine,
33:37continue à baisser
33:38alors que l'inflation
33:39réaccélère.
33:40Et ça, c'est quand même
33:41assez baissier de l'art.
33:43Et donc, ça va être assez bon
33:44pour les actifs frais.
33:45Les actions font partie,
33:46mais je pense qu'il n'y a pas
33:46que les actions.
33:47Les matières premières, etc.
33:48On va rentrer dans un schéma
33:50qui peut tourner très, très vite
33:51par rapport à l'atmosphère
33:52qu'on a aujourd'hui.
33:53Ça vous inquiète,
33:54la question de l'indépendance
33:55des banques centrales ?
33:56En tant que gérante,
33:57investisseur, Sophie ?
33:58C'est un vrai sujet ?
34:00Oui, oui, c'est un vrai sujet.
34:01Heureusement,
34:02en tout cas,
34:03le système américain
34:04a énormément
34:04de check and balance.
34:06Ça existe encore ?
34:07Oui, ça existe encore.
34:09Effectivement,
34:10la Fed va être probablement
34:11un petit peu plus doviche,
34:12mais pour autant,
34:13il ne peut pas complètement
34:14renverser l'ensemble
34:15du collège électorat,
34:16enfin, l'ensemble
34:16du collège de la Fed.
34:17Donc, la question
34:18ne se pose pas en ces termes.
34:22Là encore,
34:23c'est du bruit politique
34:24très, très désagréable.
34:26Ça fragilise,
34:28effectivement,
34:28un petit peu la confiance,
34:31mais ça ne remet pas
34:32complètement en question
34:33dans, effectivement,
34:34la problématique
34:35d'indépendance
34:36de la réserve fédérale.
34:37Mais on comprend
34:38la tentation
34:38pour Donald Trump,
34:39effectivement,
34:41à sa place.
34:42Oui.
34:43Vu qu'il ose tout
34:44et que rien ne l'arrête,
34:46pourquoi il n'essayerait pas
34:47ça aussi ?
34:47Ça se retrouve,
34:49oui,
34:49dans la baisse du dollar,
34:50dans les primes de risque,
34:51les primes de termes,
34:52c'est ça ?
34:53Dans les primes de risque
34:54sur les actifs américains,
34:55pas tant que ça,
34:56mais sur le dollar,
34:56principalement.
34:57Sur le dollar,
34:58principalement.
35:00Le dollar qui baisse
35:01plus trop,
35:01quand même,
35:01depuis quelques semaines.
35:03Oui.
35:04Après la grande dégringolade
35:06des six premiers mois
35:06de l'année,
35:07ça s'est un peu calmé.
35:08On a quand même fait
35:09moins de 1,020
35:11qu'à presque 1,20.
35:12On a fait 1,19 au plus haut,
35:13je crois.
35:14Donc, même le limogé
35:16supposé d'une gouverneure
35:18de la Fed,
35:19aujourd'hui,
35:19ça semble être déjà intégré
35:20peut-être dans le prix du dollar.
35:21Oui, probablement.
35:23Et puis bon,
35:23entre-temps,
35:24on a le risque politique européen
35:26qui se réveille.
35:26Donc, bon,
35:27voilà,
35:27c'est aussi un jeu
35:28de vase communiquant
35:28qui sera le plus moche
35:31dans l'ensemble.
35:31Donc, voilà.
35:32Bon,
35:33question...
35:33J'ai un petit avis,
35:36un point différent de Sophie,
35:37mais je pense que la Fed,
35:41d'abord,
35:41elle est sous dominance budgétaire
35:43depuis 2009.
35:44D'accord.
35:45Avec les...
35:46Donc, elle n'est plus
35:46totalement indépendante.
35:47Donc, elle a déjà perdu
35:48une partie de son indépendance
35:49opérationnelle,
35:50on va dire ça comme ça.
35:51Quand on est en déflation
35:52par la dette,
35:53en fait,
35:53le gros problème qu'on a,
35:54c'est que si, par exemple,
35:55il y a trop de resserrement budgétaire,
35:56on est obligé de faire du QI,
35:58enfin, essayer d'aller
35:59beaucoup plus loin
36:00pour relancer l'économie.
36:01Et je pense que,
36:02quand même,
36:02depuis Biden,
36:03ça veut dire que ça remonte
36:04avant Trump,
36:05je pense qu'il y a quand même
36:06un comportement
36:08du gouvernement américain
36:10qui a cassé un peu
36:11une partie de l'indépendance
36:13de la Fed.
36:13Ça se voit à travers
36:14plusieurs éléments.
36:16Le premier,
36:17c'est, par exemple,
36:17la gestion des émissions
36:18obligataires américaines.
36:20Enfin,
36:21déjà,
36:22avec Yelen,
36:23on avait déjà énormément
36:24de T-bills
36:25qui étaient mis en place.
36:26L'idée,
36:26c'est de contraindre
36:27encore plus l'offre
36:29sur la partie longue.
36:31Bon,
36:31le ministre actuel des Finances,
36:33s'il a critiqué,
36:33mais il fait exactement
36:34la même chose.
36:35Et puis,
36:35ils se vendent avec
36:35les cryptos,
36:36etc.
36:36Ils font tout
36:37pour essayer de monétiser
36:39une partie de la dette publique
36:40et de le faire
36:41en accélérant les émissions
36:42de la partie courte,
36:43etc.
36:43Une banque centrale
36:45qui est dans ces conditions-là,
36:46c'est très compliqué pour elle
36:47parce que ça veut dire
36:48que c'est taux.
36:49En fait,
36:50ça devient les taux
36:51du gouvernement
36:51essentiellement pour la dette.
36:53Donc,
36:53c'est pour ça que le gouvernement
36:54se plaint de plus en plus
36:55de se dire,
36:55regardez,
36:56c'est à cause d'eux
36:56qu'on paye des charges
36:57d'intérêt démentes.
36:58Et puis,
36:59sur la partie longue,
37:00ça empêche une partie
37:00de la transmission
37:01de la politique monétaire.
37:03Donc,
37:03moi,
37:03je pense qu'elle est déjà
37:05bien écornée.
37:06Et l'autre point,
37:07c'est que,
37:08historiquement,
37:09on l'a vu après
37:10à la Seconde Guerre mondiale,
37:10quand on arrive
37:11à des taux d'endettement
37:12aussi élevés,
37:13c'est difficile de s'en sortir
37:14sans des taux réels négatifs,
37:15sans laisser un peu filer
37:16l'inflation,
37:17etc.
37:17Parce que sinon,
37:17c'est le régime à la grecque
37:19où on commence à faire
37:20des coupes budgétaires démentes,
37:21etc.
37:22Ils ont supprimé
37:23les références
37:24à l'effectif lower bonds,
37:27etc.
37:27Il y a quand même
37:27des choses...
37:28En fait,
37:28c'est tout le paradoxe de la réforme.
37:29On sent quand même
37:30qu'ils n'ont pas envie
37:30de revenir à ça, quoi.
37:32Oui,
37:32mais bon,
37:33à la fin...
37:33Pareil pour la bestieuse,
37:34j'imagine.
37:35À la fin,
37:35quand ça coûte tellement cher...
37:36Et puis,
37:37on va inventer des trucs.
37:38On va expliquer
37:38que c'est parce qu'on est
37:40en compétition avec la Chine
37:42qu'aujourd'hui,
37:42on ne va quand même
37:43pas s'amuser
37:43à payer 5,
37:456 points de PIB
37:46de taux de charge d'intérêt
37:47alors qu'on pourrait
37:48utiliser ça
37:48pour la vie des gens.
37:49De la répression financière
37:50devant nous encore
37:51et des taux réels
37:53les plus accommodants possibles,
37:55positifs,
37:55mais toujours...
37:56Il y a quand même
37:56un souci de garder
37:57cette idée d'indépendance.
37:59Voilà,
37:59que dans les faits,
37:59elles restent quand même indépendantes.
38:02Enfin,
38:02je veux dire,
38:02dans l'idée,
38:03elles restent indépendantes,
38:03mais il y a quand même
38:04déjà des craquements
38:05qui sont quand même
38:05assez forts,
38:06je pense,
38:06et qui risquent de s'amplifier
38:07avec les contraintes budgétaires.
38:08Ah bien,
38:09sur l'indépendance
38:09des banques centrales,
38:10beau sujet.
38:11Beau sujet,
38:12je vais faire
38:13un petit plaidoyer quand même
38:15en faveur de l'indépendance
38:16des banques centrales.
38:17Ça sert à quelque chose.
38:18Alors,
38:19on espère que ça sert
38:20à quelque chose,
38:20ce serait dommage autrement,
38:22mais c'est vrai que,
38:24bon,
38:24on peut se rappeler
38:25que l'indépendance
38:27des banques centrales
38:27est devenue une norme
38:29après les fortes hausses
38:31d'inflation
38:31dans les années 70-80.
38:33C'est devenu
38:34le grand remède
38:36que les économistes
38:37ont prescrit.
38:38Et ce qu'il faut se rappeler,
38:39c'est que dans les années 70-80,
38:40on ne faisait pas
38:41des politiques monétaires.
38:44Sur le moment,
38:45on n'avait pas forcément
38:45l'impression
38:46de faire des politiques monétaires
38:47très accommodantes.
38:48Les taux étaient
38:49un peu plus bas
38:50que ce qu'ils auraient dû être
38:51sous la pression des politiques
38:52en essayant
38:53de faire baisser
38:54un taux de chômage
38:55qui était toujours
38:55trop élevé
38:56et qui continuait d'augmenter
38:57parce que l'inflation
38:58n'était pas contrôlée.
39:01Alors,
39:01on a l'impression
39:02que moins d'indépendance
39:03des banques centrales,
39:04ce n'est pas grave
39:05tant que les taux
39:06restent à peu près
39:06proches du niveau neutre.
39:09Mais des taux
39:10qui sont constamment
39:11en dessous
39:12de là où ils devraient être,
39:13même si ce n'est
39:14pas forcément beaucoup,
39:16ça peut suffire
39:16à nourrir
39:18un décrochage
39:18des anticipations
39:19d'inflation à long terme.
39:20C'est pour ça
39:21qu'on avait fait
39:22l'indépendance
39:23des banques centrales.
39:24Alors,
39:24il y a un grand débat
39:25à voir si
39:25est-ce que c'était
39:26vraiment utile ?
39:27Est-ce que c'est vraiment ça
39:28qui a créé l'inflation ?
39:30Est-ce que c'est vraiment ça
39:30qui l'a fait baisser ?
39:32Le débat est tout à fait ouvert.
39:33Mais c'est quand même
39:34quelque chose
39:35à avoir en tête
39:35lorsqu'on parle de ça.
39:38Et voir effectivement
39:38le président Trump
39:40plaider pour un très fort
39:41assouplissement monétaire
39:43alors que le taux de chômage
39:44est à 4 %,
39:45c'est quand même
39:47quelque chose
39:47d'un peu en prenant.
39:49C'est vrai,
39:49mais on n'est pas non plus,
39:51enfin,
39:52on est quand même
39:53au-dessus du taux neutre,
39:54en l'occurrence,
39:54aux États-Unis.
39:55Modérément restrictif,
39:56c'est l'évaluation de fait.
39:56La politique monétaire
39:57est modérément restrictive.
39:58Il n'est pas impossible
39:59que le taux de chômage augmente
40:01et quand le taux de chômage
40:02commence à monter,
40:04c'est plus difficile.
40:05C'est déjà trop tard.
40:06Voilà, c'est plus difficile
40:07effectivement.
40:08Donc, il y a quand même
40:09cette situation
40:10qui est un petit peu délicate.
40:12Après, c'est vrai
40:12que le mix politique monétaire
40:13politique budgétaire
40:14va être particulièrement
40:15accommodant.
40:18Puis, il va falloir
40:18bien distinguer
40:19un banquier centraux
40:20qui baisse les taux
40:21pour de bonnes raisons
40:22sans être politisé
40:24ou arsenalisé
40:25par l'administration
40:27par rapport
40:27à un banquier centraux
40:28qui lui aussi
40:29baisserait les taux
40:30et le ferait
40:31pour des considérations
40:32peut-être de flatterie.
40:33une forme de défiance
40:35vis-à-vis de la dette américaine,
40:36vis-à-vis du dollar américain
40:37qu'on a entendu
40:38de plus en plus
40:38dans la sphère
40:39notamment des hedge funds
40:40de, voilà,
40:41c'est la fin du dollar.
40:43Bon, la monnaie de réserve,
40:44c'est quand même,
40:45on en est quand même
40:46assez loin.
40:46La fin du dollar,
40:47le temps de trouver
40:48une alternative.
40:48Voilà, on va avoir
40:49du mal à le remplacer
40:50par l'euro,
40:50c'est un petit peu le problème.
40:51Bon, qu'est-ce qu'on fait
40:52sur les marchés
40:52en cette rentrée ?
40:53Sophie, gardez la parole.
40:54Déjà, juste un mot de l'été.
40:56Moi, je mettais hier en titre
40:57un été Goldilocks
40:58sur les marchés.
40:59Alors, on m'a fait remarquer,
40:59oui, mais bon,
41:00Goldilocks,
41:01c'est quand les taux
41:02sont plus bas, etc.
41:03Mais quand même,
41:04c'est un été
41:04où les choses
41:05se sont bien passées
41:06à commencer
41:07pour les actifs risqués.
41:08Même sur le front
41:09des taux et du dollar,
41:10la vol est un peu retombée.
41:12Absolument,
41:13la vol est retombée,
41:14c'est vrai facialement.
41:16Dans la pratique,
41:16il y a quand même pas mal.
41:17Vraiment, le marché,
41:18il est porté
41:19par deux grandes tendances.
41:21La croissance aux Etats-Unis
41:23avec la chaîne
41:24d'approvisionnement
41:26de l'intelligence artificielle
41:27et toute la chaîne de valeur.
41:30Et puis, en Europe,
41:31grosso modo,
41:31les financières
41:32et le plan allemand.
41:33Donc, demandes internes
41:34européennes,
41:35pas françaises,
41:35c'est clair,
41:36mais enfin bon,
41:36pour le reste.
41:37Et puis, aux Etats-Unis,
41:39c'est marrant
41:39parce qu'on a d'un côté
41:40la value,
41:40de l'autre côté la croissance.
41:41C'est sympa.
41:42Donc, on a vraiment
41:42deux grands...
41:43Chacun est dans son domaine.
41:44Voilà, chacun est dans son domaine.
41:46Aux Etats-Unis,
41:47il y a pas mal de cracks
41:48qui commencent à apparaître
41:49et on l'a vu
41:49notamment cet été
41:50dans le domaine
41:52de l'intelligence artificielle.
41:53Les questionnements
41:54qu'on peut avoir
41:56autour du retour
41:57sur investissement
41:57se font de plus en plus prégnants.
42:00On commence à avoir aussi
42:01des gagnants et des perdants,
42:02notamment dans le monde
42:03des softwares.
42:04Et donc, il y a quand même
42:05pas mal d'interrogations,
42:06pas mal de rotations.
42:08Il y a une remontée spéculative
42:10quand même assez forte
42:11qu'on a vue aussi.
42:13Donc, en fait, il y a...
42:14Un niveau d'alerte
42:14qui remonte quand même
42:15vis-à-vis du marché américain.
42:16Voilà.
42:17En tout cas,
42:18vis-à-vis de ce segment.
42:20Oui, oui.
42:20Alors, moi,
42:20ce que j'aime bien
42:21dans l'évolution actuelle,
42:22c'est qu'effectivement,
42:23ce segment-là
42:24valorise une forme
42:27de perfection,
42:28pratiquement,
42:29avec des investissements
42:30séculaires extrêmement fortes
42:32pour construire du data center,
42:33des chips.
42:34Donc, ça, c'est super.
42:36Ça a apporté le marché
42:37sur tout le premier semestre.
42:38Est-ce que c'est ça
42:39qui va durer ?
42:40Moi, je trouve que quand même,
42:40on voit apparaître
42:41certaines interrogations.
42:42Donc, on a parlé des softwares,
42:44on a parlé des industriels
42:45sur l'électrification,
42:46etc.
42:46aussi.
42:47Donc, il y a...
42:47C'est peut-être déjà le moment
42:48de mettre un point
42:49un peu moins important,
42:50peut-être,
42:51sur ce thème-là ?
42:52En tout cas,
42:53il y a des interrogations.
42:54Même si c'est un thème
42:54qui va durer quand même
42:55un certain nombre d'années,
42:57il y a pas mal d'interrogations.
42:58Donc, ça va être intéressant
42:59de voir la communication
43:00d'NVIDIA demain soir,
43:02qui, avec une valeur
43:03qui fait quand même
43:034 000 milliards
43:04de capitalisation boursière,
43:06ça peut avoir un impact,
43:07en tout cas.
43:07Donc, ça va être intéressant.
43:09Ça, c'est un des premiers sujets.
43:11Alors, ce que je trouve intéressant,
43:12quand même,
43:12c'est que,
43:13dans cette phase
43:14de conditions financières
43:16qui s'assouplissent
43:17et de conditions budgétaires
43:18qui restent suppositives,
43:20ce qu'on peut imaginer
43:21sur le marché américain,
43:22c'est quand même
43:22une diffusion
43:22à d'autres secteurs
43:23de l'économie.
43:24Et ça, c'est plutôt sympa,
43:25parce qu'il y a quand même
43:25pas mal de choses
43:26à aller ramasser aux États-Unis.
43:27J'ai l'impression que j'entends ça
43:28tous les jours,
43:29toutes les semaines,
43:29tous les mois,
43:30l'élargissement,
43:31le retening.
43:32Mais c'est une réalité ?
43:34C'est parce que,
43:35finalement,
43:36pendant 3 ans,
43:38il ne fallait faire
43:38que de la tech.
43:39Donc, il y a eu
43:40d'ipsy,
43:42il y a eu un moment
43:42de désaffection,
43:43mais grosso modo,
43:44il ne fallait faire que ça.
43:45Là, effectivement,
43:46des conditions de financement
43:47qui s'assouplissent.
43:50Ça se voit,
43:50déjà, dans le Russell,
43:51il y a une journée,
43:52c'est quand,
43:52vendredi,
43:53le Russell fait 80% de haut.
43:56On parlait,
43:57là,
43:57il y a un moment
43:58de la construction,
44:00de l'immobilier.
44:00Il y a vraiment
44:01des pans du marché américain
44:03qui sont très mal aimés
44:05et qui commencent peut-être
44:06à redevenir
44:07un petit peu plus intéressants.
44:08La partie consommateur
44:09a été très difficile,
44:10finalement,
44:11partout.
44:12Or,
44:12les indications qu'on voit,
44:14là,
44:14sont à suivre,
44:15mais ne sont pas forcément
44:17si mauvaises
44:17sur l'activité
44:19au mois de juillet.
44:20Il y a d'autres choses
44:20qui peuvent se dessiner,
44:21aussi,
44:22qui pourraient être intéressantes.
44:22Il y a du relais,
44:23peut-être,
44:24dans ce marché américain.
44:25Voilà,
44:25sur d'autres domaines.
44:27Et puis,
44:27la grande question en Europe,
44:28c'est bien entendu,
44:30est-ce qu'on passe finalement
44:31d'un moteur de demande interne
44:32vers un retour
44:33vers les multinationales ?
44:35Et là,
44:35tout à fait honnêtement,
44:36ça reste compliqué.
44:37Oui.
44:38Voilà.
44:3830 secondes pour conclure
44:39sur la logique d'investissement,
44:40Pierre-Olivier.
44:41Oui,
44:41non,
44:41mais je partage
44:42beaucoup de choses
44:42qui ont été dites par Sophie.
44:45Je ne sais pas
44:45si on ne peut parler d'élargissement.
44:46Je pense qu'un des points,
44:47comme il y a beaucoup de questions
44:48sur est-ce qu'on va soutenir
44:49à long terme
44:50le momentum sur la tech,
44:52voilà.
44:52Sachant qu'il y a à peu près
44:5310 ans,
44:54on connaît ce qu'on appelait
44:56les valeurs de croissance.
44:57Ça représentait 10%
44:58de l'investissement du S&P.
44:59Aujourd'hui,
44:59c'est 50%.
45:00Donc,
45:01ce ne sont plus vraiment
45:01des valeurs de croissance.
45:02Ce sont des boîtes
45:03qui investissent énormément
45:04et on ne sait pas exactement
45:05si ça va marcher
45:06aussi bien qu'avant.
45:07Donc,
45:07il y a quand même
45:07des interrogations là-dessus.
45:09Après,
45:09si justement,
45:10moi,
45:11ça fait deux semaines
45:11quand même
45:12que le Russell surperforme.
45:13Oui,
45:13oui.
45:14Donc,
45:14moi,
45:14je pense qu'il y a quand même
45:15l'idée
45:15que s'il y a une correction,
45:17ça se passe un peu
45:18plus violemment
45:19peut-être sur les valeurs
45:19de croissance.
45:21Et du coup,
45:22on peut aller un peu ailleurs.
45:24Et puis,
45:24s'il y a vraiment
45:26le marché repart,
45:27etc.,
45:28je pense que oui,
45:29en effet,
45:30on peut se dire aussi
45:30que ces valeurs
45:31un peu en retard
45:31peuvent peut-être
45:32un peu rattraper.
45:33Après,
45:33moi,
45:33à titre personnel,
45:34comme je reviens
45:35juste de vacances,
45:35j'aime bien les anecdotes
45:36sur les vacances,
45:37mais je pense que le marché
45:38comme nous,
45:38il a bien bronzé
45:39pendant les vacances.
45:40Je vais en mettre
45:40un peu de crème solaire
45:41avant l'hiver
45:41et puis après,
45:42on verra.
45:43je pense qu'à court terme,
45:46ça fait sens
45:46qu'il y ait des prises de profit,
45:47qu'elles soient parfois
45:48provoquées comme en France
45:48par des événements
45:49un peu exogènes,
45:50mais je pense que ça fait
45:51un peu partie
45:52de la logique du marché
45:52à court terme.
45:53C'est moi,
45:53vous avez déjà perdu
45:54un peu de votre bronzage ?
45:55Moi, je ne bronze pas.
45:56Ah, vous bronzez,
45:56d'accord.
45:58Merci beaucoup,
45:59merci à tous les trois
45:59d'avoir été les invités
46:00de Planète Marché ce soir.
46:01Pierre-Olivier Béfi,
46:02Boussard et Gavodan,
46:03Sophie Chevelier,
46:04Dorval,
46:05Asset Management
46:05et Fabien Bossy,
46:06Société Générale CIB.
46:13Et nous parlons d'immobilier
46:19dans ce dernier quart d'heure,
46:21ce quart d'heure thématique
46:22de Smart Bourse,
46:23oui, pour prendre un petit peu
46:24le pouls de l'ambiance
46:25de rentrée
46:26quand on évoque le sujet
46:27de l'investissement
46:28en immobilier
46:29à travers des SCPI
46:30en l'occurrence,
46:31puisque c'est le cœur de métier
46:32de Sophie Di
46:33et son président du directoire
46:35Guillaume Arnault
46:35qui est à mes côtés en plateau.
46:36Bonsoir Guillaume.
46:37Merci beaucoup d'être là.
46:39Oui, l'idée c'était
46:40de prendre un petit peu
46:41le pouls de la rentrée
46:42pour des investisseurs
46:43professionnels
46:44en immobilier.
46:47Le premier point,
46:47c'est celui des paramètres
46:48de marché.
46:49C'est vrai que vous l'écriviez
46:50déjà au cœur de l'été,
46:51Guillaume,
46:52les paramètres de marché,
46:53on parle notamment des taux
46:54et de la courbe des taux,
46:55se sont enfin normalisés
46:56pour un investisseur immobilier.
46:59Oui, en effet.
47:00Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui,
47:01l'actualité est riche
47:02et quand on est
47:03sur des placements
47:05de long terme,
47:06c'est toujours un peu compliqué
47:08d'avoir des nouvelles
47:09qui changent
47:10tous les 24 heures.
47:11Mais l'immobilier
47:12se raccroche
47:14vraiment surtout
47:14à la courbe des taux.
47:16Et la vraie bonne nouvelle,
47:17en fait,
47:17c'est qu'on est sorti
47:18d'une période
47:19qui était inédite
47:20de plus de 18 mois
47:21de courbe des taux inversée.
47:22Donc, la courbe des taux
47:23est inversée,
47:24c'est que vous rémunérez
47:24mieux votre argent
47:25à court terme
47:26qu'à long terme.
47:26Donc, vous dire
47:27que c'est une bonne nouvelle
47:27pour l'immobilier,
47:28ce serait vous mentir.
47:29Et donc là,
47:30la bonne nouvelle,
47:30c'est que ça s'est normalisé.
47:32On a à nouveau
47:33des taux courts normaux
47:34autour de 2%
47:35et des taux longs,
47:37alors, depuis quelques jours
47:38qui ont l'air
47:38de monter un peu plus.
47:40Donc, ça pontifie
47:40un petit peu la courbe.
47:42Mais on est dans une configuration
47:42où vous avez des taux longs
47:43autour de 3,50,
47:45des taux courts
47:45autour de 2%.
47:46Donc, c'est vraiment,
47:46pour moi,
47:47une configuration idéale
47:49pour investir dans l'immobilier.
47:51Mettons de côté
47:51le sujet politique français,
47:52on pourra en dire un mot,
47:53mais oui,
47:54si on regarde froidement
47:55la courbe des taux
47:56aujourd'hui en France
47:56et les courbes de taux en Europe,
47:58on est revenu
47:59à quelque chose
47:59d'assez normal.
48:00Il y a des écarts de taux
48:01entre les parties longues,
48:02les parties courtes
48:04et on retrouve
48:05un prix au futur.
48:07Exactement.
48:08C'est-à-dire que
48:08vous avez ce prix au futur,
48:11c'est-à-dire que
48:11le placement long terme
48:12est mieux rémunéré
48:13que le placement court terme.
48:15Donc, avec les risques
48:16évidemment inhérents
48:17à ce type de placement.
48:19Et puis, j'ai envie de dire,
48:20en fait,
48:20toute cette incertitude
48:21qu'on connaît
48:22depuis l'avènement de Trump
48:24avec la situation politique française
48:26que je ne commenterai pas,
48:28si vous voulez,
48:29quelque part en creux,
48:30ça redonne de la valeur
48:32à cet actif
48:33qui est l'immobilier
48:34et qui,
48:35quoi qu'il se passe
48:36dans les 10 prochains jours
48:37au Parlement en France,
48:40a priori,
48:40ne va pas s'échapper.
48:41Voilà.
48:42Donc, c'est une façon aussi
48:44de voir
48:44ces phases d'incertitude.
48:45que la presse d'actifs immobiliers
48:47a de la valeur
48:48pour le long terme.
48:48L'incertitude
48:49n'est pas forcément
48:50un vent contraire
48:51en relatif,
48:52en tout cas,
48:52pour l'investissement immobilier.
48:53C'est ce que vous dites.
48:54Exactement.
48:55Alors, avec un petit bémol près,
48:57si on retourne
48:58dans une récession importante,
49:01ça n'est pas une bonne nouvelle
49:02pour le bureau
49:02puisqu'effectivement,
49:04on a besoin
49:05de personnes dans les bureaux.
49:06Il y a des segments
49:07dans le marché immobilier
49:08qui pourraient souffrir
49:09plus que...
49:10Et je reviens encore
49:11aux paramètres de marché.
49:12Donc, normalisation
49:12de la courbe des taux,
49:14qu'est-ce que ça engendre
49:15et qu'est-ce que ça va engendrer
49:16comme phénomène de flux ?
49:17Là aussi,
49:18vous regardez beaucoup
49:18les déterminants,
49:20les composants
49:20du marché de l'épargne,
49:21Guillaume,
49:22c'est important.
49:22Oui, parce qu'effectivement,
49:23on est un des gros collecteurs
49:24d'épargne en France
49:26et si vous voulez,
49:26l'épargne des Français,
49:27elle est finie
49:28et en fonction
49:29des configurations de marché,
49:31les gens vont plutôt aller
49:32sur des comptes à terme,
49:35sur des actifs généraux,
49:36des fonds en euros.
49:38Et là,
49:38cette configuration de marché,
49:40ce qui est intéressant,
49:41c'est que vous avez un livret A
49:42qui est retombé à 1,7%.
49:44Donc, vous voyez bien
49:44que c'était mieux
49:45quand c'était à 3,5%.
49:47Donc là,
49:48votre rémunération
49:49a été plus que divisée par deux.
49:51Vos comptes à terme
49:52ne vous rapportent plus rien.
49:53Les fonds euroboostés
49:54arrivent aussi un peu
49:56en fin de cycle.
49:58Il y a aussi
49:59toute une classe d'actifs
49:59qui s'est énormément développée
50:01ces derniers temps
50:01qui sont les produits structurés.
50:03Il y a près de 50 milliards d'euros
50:04l'année dernière
50:05de produits structurés
50:06qui ont été émis,
50:06ce qui est phénoménal.
50:09Ça aussi,
50:10le fait que la courbe des taux
50:11courte soit plus basse
50:13fait qu'il y a moins
50:14de jus de rendement
50:15pour ces produits
50:16et donc ça va les rendre
50:17moins attractifs
50:19ou avec un couple
50:20rendement risque
50:21moins intéressant.
50:22Et au milieu de tout ça,
50:23vous avez l'immobilier
50:24qui,
50:25grâce à l'indexation
50:26des loyers,
50:27quand je parle
50:28du bon immobilier,
50:29dans les bons commerces,
50:31même dans le bureau
50:32de centre-ville
50:33qui a continué
50:34à s'indexer.
50:35Et donc,
50:35vous avez aujourd'hui
50:35des SCPI,
50:36notamment chez Sofidi,
50:38qui vous donnent
50:38des rendements
50:38autour de 5%,
50:39voire jusqu'à 8%
50:40pour celles
50:41les plus dynamiques.
50:41Donc,
50:42ça redevient,
50:44la SCPI,
50:45redevient un concurrent
50:47plus que sérieux
50:48face à des produits
50:49d'épargne
50:50qui ont eu
50:50effectivement le vent
50:51en poube
50:51de manière spectaculaire
50:52au cours des dernières années.
50:53Exactement.
50:53Donc,
50:53je pense que c'est
50:54un bon moment
50:55pour effectivement
50:55se renforcer.
50:56Alors,
50:56évidemment,
50:57on n'est pas tout
50:57dans l'immobilier,
50:58mais quand vous êtes
51:00bien diversifié,
51:01vous pouvez renforcer
51:02ou pas certaines poches.
51:03En ce moment,
51:03je pense que renforcer
51:04un peu son immobilier
51:05n'est pas une mauvaise chose.
51:06En tout cas,
51:06dans le monde incertain,
51:08le marché d'action
51:09a perdu 3% en deux jours.
51:11Enfin,
51:11vous voyez ce que je veux dire,
51:11c'est ça qui est difficile.
51:13Donc,
51:14vous dormirez mieux,
51:15je pense,
51:16avec un peu plus d'immobilier
51:17dans vos portefeuilles.
51:18Comment on mesure
51:18ce regain ou ce retour
51:20de l'attractivité
51:21de l'immobilier ?
51:22Donc,
51:22il y a les flux
51:22qu'on peut suivre,
51:23évidemment.
51:24Il y a aussi tout ce qui se passe
51:25sur le marché de l'immobilier
51:26en tant que tel,
51:27physique.
51:28Et est-ce que là,
51:28il y a des transactions
51:30un peu benchmark,
51:31références,
51:32qui appuient cette idée-là,
51:35Guillaume ?
51:35Alors,
51:36effectivement,
51:37le marché de l'immobilier,
51:39c'est un marché de transactions
51:40et vous apercevez
51:42que quand les transactions,
51:43le nombre de transactions
51:44baisse,
51:44mais en fait,
51:45c'est un signe
51:45assez baissier sur le marché
51:46parce que ça veut dire
51:47que l'offre et la demande
51:48ne se retrouvent pas
51:49et que le jour
51:50où celui qui craque
51:52décide de dire
51:54« ok,
51:54je vends mon actif »,
51:55c'est un prix en général
51:56plus bas.
51:56Donc,
51:57la vraie bonne nouvelle,
51:58c'est que là,
51:58la tendance est inversée.
52:01Selon l'IMOSAT,
52:02on avait à peu près
52:034 milliards d'euros
52:04dans l'immobilier tertiaire
52:06en France,
52:07investi en premier semestre 2024,
52:10on est passé
52:11à 5,5 milliards.
52:12Donc,
52:13on est loin
52:13des rythmes
52:14à 10 milliards,
52:15mais j'ai envie de dire,
52:15on voit enfin
52:17un retour
52:18de ce nombre de transactions.
52:19Et puis surtout,
52:20on revoit
52:20quelques grosses transactions,
52:22notamment une emblématique
52:23à Paris,
52:24dans cette patette d'immeubles
52:25qui s'appelle
52:26Paris Trocadéro.
52:29Exactement.
52:30Et donc,
52:31un investisseur américain,
52:32Blackstone,
52:33qui pour l'instant
52:33est en exclusivité,
52:34on parle d'un montant
52:34de l'ordre de 700 millions.
52:36Voilà,
52:36c'est des transactions
52:37qui,
52:39hormis certains actifs
52:40très spécifiques
52:41dans le luxe,
52:42n'existaient plus en fait.
52:43Là,
52:43c'est quoi,
52:43du bureau là ?
52:44Là,
52:45effectivement,
52:45c'est un ensemble mixte,
52:47mais qui est principalement bureau.
52:48D'accord.
52:48Principalement bureau.
52:49Donc ça,
52:49si vous voulez,
52:50c'est des signes positifs.
52:51Un autre signe positif,
52:52factuel,
52:53c'est que nos SCPI
52:55sont expertisés
52:56par des experts indépendants
52:57tous les six mois aujourd'hui.
52:59Et donc là,
53:00on peut annoncer
53:00qu'au 30 juin,
53:02les expertises chez Sofidi
53:03sont plutôt bien comportées.
53:04Alors,
53:05vous avez évidemment
53:05à l'intérieur des classes d'actifs
53:07des mouvements
53:08toujours un petit peu différents.
53:10Comme la tendance
53:11est toujours la même,
53:12si vous apercevez
53:12que dans la centralité,
53:14quand vous êtes dans
53:14les centres-villes,
53:15que ce soit bureau ou commerce,
53:17eh bien,
53:17les valorisations
53:19sont plutôt montées.
53:20Il y a encore
53:21en périphérie
53:22des bureaux
53:24qui doivent encore
53:24s'ajuster en valeur.
53:26En Allemagne aussi,
53:27on s'aperçoit
53:27que le bureau
53:28perd un peu de valeur.
53:30Mais globalement,
53:31la bonne nouvelle,
53:32notamment chez nous,
53:32c'est que sur nos 6-7 SCPI,
53:35les valeurs de reconstitution,
53:37c'est-à-dire,
53:37quelque part,
53:39la valeur des actifs
53:40qu'on a,
53:41moins la dette,
53:43des portefeuilles,
53:46évoluent entre plus zéro
53:47et plus de 1,5.
53:49D'accord.
53:49Donc,
53:50on a une progression globale
53:51de l'ensemble des valeurs
53:53des portefeuilles
53:53sur le premier semestre,
53:55ce qui est un signe
53:56très encourageant.
53:56D'accord.
53:57Donc,
53:57quand on a bien
53:57sélectionné ses actifs,
53:58vous dites que l'ajustement
54:00des prix est derrière nous.
54:01Il est fait.
54:01Oui,
54:02alors évidemment,
54:03si j'en étais sûr,
54:04ce que je veux dire,
54:05c'est que tout ça,
54:06ce sont des signaux positifs
54:07qui s'accumulent
54:09et qui,
54:09quelque part,
54:10nous rendent un peu plus optimistes
54:11en ce moment sur la classe d'actifs.
54:12Alors,
54:13je vous ai entendu optimiste,
54:14mais déjà depuis quelques mois
54:15sur le commerce,
54:17le retail,
54:18je veux bien qu'on en dise un mot,
54:19mais le bureau,
54:19ça m'intéresse
54:20parce que le bureau,
54:21il y a toujours une analyse
54:22encore assez mitigée.
54:24Alors,
54:24c'est peut-être un segment de marché
54:25qui s'est beaucoup polarisé aussi,
54:27peut-être depuis le Covid,
54:29mais comment vous réfléchissez
54:31à l'avenir du bureau ?
54:33Alors,
54:33vous évoquez Paris-Trocadéro,
54:34un ensemble mixte,
54:35c'est ça l'avenir,
54:37effectivement,
54:37du bureau,
54:38trouver d'autres usages
54:39à côté du bureau traditionnel
54:41et puis,
54:41cinq ans après le Covid,
54:42encore une fois,
54:43est-ce que les tendances
54:44qu'on a vues naître
54:45sont imprimées
54:46pour de bon définitivement ?
54:48Le Covid a amené
54:50deux chocs majeurs
54:51dans le secteur immobilier.
54:53On en a parlé,
54:54il y a eu l'inversion
54:54de la courbe des taux,
54:55ça s'est réglé.
54:57La deuxième partie
54:58qui est en cours de règlement,
54:59mais qui ne l'est pas,
55:00ça a été l'effet massif
55:03du télétravail
55:04que personne n'a vu venir.
55:05Avant la crise de Covid,
55:08dans les discussions,
55:10dans les comités d'entreprise,
55:11c'était plutôt
55:11on ne veut pas revenir
55:13à la maison
55:14avec notre ordinateur
55:15et on veut travailler au bureau
55:16et surtout pas à la maison.
55:17Et après le Covid,
55:19ça a été
55:20on veut tous travailler à la maison,
55:21on ne veut plus aller au bureau.
55:22Donc ça a été quand même
55:23un choc majeur
55:24puisque les Français
55:24se sont aperçus
55:25pendant quatre mois
55:25qu'ils pouvaient à peu près
55:26travailler à distance.
55:28Donc ça, le choc,
55:29il est majeur.
55:30Donc maintenant,
55:30on est dans l'après-choc
55:33et dans les signes après-choc,
55:35les bonnes nouvelles,
55:35c'est quoi ?
55:36C'est un,
55:37on s'aperçoit
55:37que le télétravail,
55:38ça peut être une solution
55:40un jour par semaine
55:40et ça dépend des business,
55:42etc.
55:43Mais que globalement,
55:44vous perdez
55:45l'affectieux sociétatisme
55:46de votre entreprise,
55:47vous la désorganisez
55:48si vous êtes
55:49full télétravail
55:50ou si vous avez
55:51quatre jours
55:51ou trois jours
55:52de télétravail.
55:54On voit aujourd'hui
55:55des grandes boîtes
55:56du CAC 40
55:56revenir massivement
55:58contre le télétravail.
55:59Je prends l'exemple
56:00de la Société Générale
56:01qui veut maintenant
56:02l'interdire.
56:04Et donc ça,
56:04c'est une bonne nouvelle.
56:05En tout cas,
56:06la petite musique
56:07est une bonne nouvelle.
56:08Ça va prendre du temps
56:09mais ça veut dire
56:10que les gens vont avoir
56:11plus besoin de bureaux.
56:12Donc ça,
56:13c'est un premier point positif
56:14sur le bureau.
56:15Après,
56:16ce qu'on n'aime pas
56:16dans les crises,
56:17c'est les chocs.
56:18Mais maintenant
56:19que le choc est passé,
56:20on voit ce qu'on a à faire.
56:22Il y a certains bureaux
56:23qui devront être
56:24transformés radicalement
56:26mais dans des zones
56:27de qualité,
56:28je pense notamment
56:29à la Défense,
56:29par exemple,
56:30qui est quand même,
56:30on sait bien que la Défense...
56:31Ça reste une zone de qualité.
56:32Ça reste une zone de qualité
56:33parce que c'est un hub
56:34de transport très important.
56:36Vous êtes à une station
56:37de RER de Charles-de-Gaulle-Étoile,
56:38vous avez des tramways,
56:41vous avez des bus,
56:42vous avez...
56:43Toute la banlieue ouest
56:44est très bien connectée,
56:45notamment à Saint-Lazare,
56:46etc.
56:47à la Défense.
56:47Et donc,
56:48quand vous avez un bureau
56:49qui peut être changé
56:50de manière assez simple
56:51et qui peut recevoir du public,
56:53eh bien,
56:53vous avez des écoles.
56:54Aujourd'hui,
56:54vous avez pas mal d'écoles
56:55qui arrivent à la Défense.
56:56Quand vous dites des écoles,
56:58c'est quoi des écoles ?
56:58Des écoles de commerce,
56:59des écoles...
57:00Ah oui, du secondaire.
57:01Oui, c'est que des écoles.
57:02D'accord.
57:03Ces écoles ont bien compris
57:04que pour attirer leurs étudiants
57:06et qui aujourd'hui
57:07n'ont pas forcément
57:08les moyens d'habiter dans Paris,
57:10eh bien,
57:11ils peuvent habiter
57:11dans l'Ouest parisien
57:12et arriver à la Défense.
57:14Et donc,
57:14aujourd'hui,
57:15c'était le Paul,
57:16je crois que c'était
57:16Léonard de Vinci
57:17qui avait été très précurseur
57:18à l'époque
57:18qui est arrivé à la Défense
57:20il y a une vingtaine d'années.
57:21Et aujourd'hui...
57:23Donc,
57:26c'est aussi le campus cyber.
57:29Enfin,
57:29vous avez de plus en plus
57:30d'écoles à la Défense
57:30et c'est assez malin
57:31parce que vous avez
57:32un cluster
57:32entre des entreprises,
57:33des écoles.
57:35C'est plus facile
57:35pour aller trouver
57:36un stage,
57:37un apprentissage
57:38de l'autre côté de la rue.
57:41Comme on le disait à l'époque.
57:42Bon.
57:42La réinvention du bureau.
57:44Merci beaucoup, Guillaume.
57:45Merci d'être venu évoquer
57:46ces tendances
57:47qui façonnent
57:48l'investissement immobilier
57:49en cette rentrée.
57:50Guillaume Arnault,
57:51le président du directeur
57:51de Sophie Di,
57:52était l'invité
57:52de ce quart d'heure thématique
57:53de Smart Bourse ce soir
57:54sur Be Smart for Change.
57:56Merci, Grégoire.
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