00:00La French Tech ce matin avec Guillaume Sarkozy, administrateur et vice-président de Rizlom.
00:05Bonjour, merci d'être sur notre plateau ce matin.
00:08Rizlom, startup fondée à Station F, en 2024, une InsurTech spécialiste de l'IA appliquée à l'assurance.
00:17Automatiser l'assurance, comment ça marche concrètement Guillaume Sarkozy ?
00:21Eh bien contrairement à ce qui se passe sur le reste du marché, nous sommes en même temps des spécialistes de l'IA
00:26et des spécialistes de l'assurance. Et nous avons un système extrêmement frugal, c'est ce qu'on appelle le SLM,
00:32Small Language Model, des systèmes très spécialisés que nous avons travaillé, que nos ingénieurs et nos chercheurs ont travaillé
00:39pour l'adapter aux spécificités de l'assurance et des tâches répétitives qu'il y a à faire dans l'assurance.
00:47Quel type de tâches par exemple ?
00:48Eh bien parler avec un client, gérer un dégât des eaux, gérer, rembourser une dépense de santé.
00:56Ce sont des tâches répétitives que l'IA peut gérer parce que nous sommes multicanal,
01:02nous sommes des spécialistes de la voix, du mail, du texte.
01:05Et donc ça se concrétise comment du point de vue de l'assurer ?
01:08C'est-à-dire est-ce que j'ai un chatbot avec lequel je discute, je peux lui envoyer mes documents,
01:12une déclaration de sinistre, je vais pouvoir la faire simplement en discutant en langage naturel avec une IA
01:16ou c'est vraiment juste du côté assureur ou ça va être des gains de productivité ?
01:20Non, non, on dit gains de productivité mais aussi amélioration du service client.
01:24Vous allez pouvoir parler tous les jours et à toutes les heures du jour et de la nuit
01:28avec une intelligence artificielle qui gère les émotions,
01:33qui vous parle comme nous parlons ensemble,
01:36qui va vous aider à régler votre dossier,
01:39qui va analyser les documents que vous allez envoyer,
01:42regarder que les dix pièces que vous devez envoyer,
01:44elles sont bien conformes, elles correspondent l'une avec l'autre,
01:48il n'en manque pas, elle va analyser des photos,
01:51elle va faire une préconisation de remboursement par exemple,
01:54qui peut être contrôlée par un humain après.
01:56Et est-ce qu'il y a une détection des fraudes possibles par exemple ?
01:58Vous parliez de l'analyse des photos,
02:00si j'en vois un sinistre, un dégât des eaux par exemple,
02:03est-ce qu'elle peut dire, oh là là, il y a un truc qui est bizarre,
02:05c'est une image qui a été photoshopée, il y a un trucage,
02:07ça l'IA est capable de le faire aujourd'hui ?
02:09Nous avons chez Rizlem un agent spécialiste de la fraude
02:12qui va donner un pourcentage de validité aux documents,
02:17parce que la fraude explose,
02:18et moi j'ai très peur que les nouvelles technologies
02:21remettent en cause notre système social,
02:24de protection sociale,
02:26car les niveaux de fraude sont considérables.
02:29C'est là-dessus qu'on lutte effectivement en ce moment.
02:32Sur une opération, le traitement d'une opération,
02:34on gagne combien de temps en réalité en moyenne ?
02:37Eh bien ça peut se faire quasiment en temps réel,
02:39si l'ensemble de l'opération, si le client a donné par exemple
02:43l'ensemble des documents qu'il doit donner.
02:46Ça se fait en temps réel, on gagne, on va gagner en temps,
02:49on va gagner en efficacité, productivité,
02:52et surtout aussi en qualité du service client.
02:56Par exemple, lorsqu'il y a de graves intempéries,
03:00aucun système téléphonique des assureurs n'est capable,
03:04du jour au lendemain, de multiplier par 10-50
03:06de nombre d'appels avec l'IA,
03:08parce qu'on manque d'opérateurs sur le moment.
03:10Avec l'IA, ce problème est réglé par exemple.
03:13Qu'est-ce que l'IA, si on se projette un petit peu,
03:15peut transformer dans le monde de l'assurance
03:17au-delà des gains de productivité et d'efficacité ?
03:20Moi je pensais au fait que la force de l'IA,
03:22c'est l'hyper-personnalisation.
03:24On commence à le voir dans l'assurance auto
03:25avec les systèmes de pay as you drive
03:27ou pay how you drive,
03:28c'est-à-dire qu'on va analyser la façon
03:30dont vous conduisez quasiment en temps réel
03:31et adapter la prime d'assurance en fonction de ça.
03:34Est-ce que ça c'est une tendance de fond ?
03:35Et est-ce que ça pourrait, par exemple,
03:37s'inviter dans le monde de la santé
03:38où on voit bien les dérives qu'il pourrait y avoir aussi
03:40en adaptant les tarifs au comportement des assurés ?
03:44Ça c'est absolument hors de question,
03:46pour l'instant en tout cas.
03:47La loi interdit ce genre de positionnement
03:50et je ne suis pas sûr même que ce soit quelque chose
03:52de très éthique.
03:53Il faudrait faire très attention avec ce type de système.
03:57Pour revenir sur l'entreprise,
03:59qui sont concrètement les clients de RISOM ?
04:01Les clients aujourd'hui sont des compagnies d'assurance.
04:05Il faut savoir qu'aujourd'hui,
04:0790% des projets lancés en intelligence artificielle
04:10n'aboutissent pas.
04:12Nous, nous avons cette spécificité
04:14d'avoir développé des systèmes beaucoup plus simples.
04:17Ils ne sont pas généralistes,
04:19ils sont adaptés à l'assurance
04:20et nos chercheurs travaillent sur les cas d'usage précis
04:23de l'assurance.
04:25Donc ils vont consommer beaucoup moins d'énergie,
04:28ils vont coûter beaucoup moins cher
04:29et ils vont être beaucoup plus efficaces.
04:31Pour vous donner un exemple,
04:33les grands systèmes généralistes
04:35ont entre 500 milliards et 1000 milliards
04:38de paramètres dans leurs algorithmes.
04:40Nous en avons entre 2 et 5 milliards.
04:42Ça montre bien la différence de consommation
04:45en CO2, en énergie, en électricité
04:48que nous pouvons faire.
04:49Nous sommes spécialisés
04:50et étant spécialisés,
04:52nous sommes plus efficaces
04:53sur des tâches beaucoup plus restreintes,
04:55évidemment,
04:56des tâches spécialisées.
04:57Et c'est pour ça que ça avance et que ça marche
04:59et que ça séduit les compagnies d'assurance.
05:01Ça, vous pensez que c'est la clé, justement,
05:03pour que la France joue sa carte
05:04dans le monde de l'intelligence artificielle,
05:06le fait d'aller vers de l'ultra spécialisation.
05:08C'est vrai qu'on a des modèles généralistes
05:10américains, principalement.
05:12Alors, on a Mistral et Yai, évidemment,
05:13mais on a Tchad GPT, Gemini,
05:15et les autres,
05:16et puis les modèles chinois.
05:17La France, la carte qu'elle a à jouer,
05:18c'est d'aller sur des modèles ultra spécialisés
05:20dans l'assurance ou ailleurs ?
05:21Ce n'est pas forcément la France.
05:23Là, en l'occurrence,
05:24c'est la société avec laquelle je travaille,
05:25RISLUM,
05:26qui a cette stratégie qui est très efficace
05:28sur un certain nombre de cas d'usage.
05:31J'ai investi dans d'autres sociétés
05:32qui vont se servir des systèmes
05:35beaucoup plus généralistes,
05:36dans d'autres applications,
05:38notamment avec de l'IA générative.
05:40Donc, tout dépend de ce que vous voulez faire.
05:42Il faut tailler son IA
05:43par rapport au système que l'on veut régler.
05:46Ce n'est que le commencement.
05:47Merci beaucoup, Guillaume Sarkozy,
05:49d'être venu sur notre plateau,
05:50administrateur et vice-président de RISLUM.
05:52Vous dites RISLUM ?
05:53RISLUM, exactement.
05:54Merci beaucoup.
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