00:00Un expert de marché vient nous rejoindre et combattre le consensus.
00:03C'est aujourd'hui François Meunier, le directeur de la rédaction d'Investir.
00:07Bonjour François.
00:08Bonjour.
00:09Les bourses, les marchés financiers sont donc sur les plus hauts historiques.
00:12On en a vécu hier, les 4 indices américains étaient même au plus haut.
00:15Si bien que beaucoup pensent que les marchés financiers sont déconnectés de l'économie réelle.
00:19Vous, vous n'êtes pas d'accord, vous dites bullshit.
00:23Vous foudroyer cette idée que parce que les marchés montent, ils seraient déconnectés.
00:26Quand même, notre climat se dégrade, la dette des États s'envole, la guerre dure en Ukraine,
00:32la guerre commerciale n'en finit pas également.
00:34Ça fait bizarre d'entendre que les bourses sont au plus haut, François.
00:37Oui, c'est vrai, mais on observe quand même que dans les médias,
00:39on a quand même tendance à surréagir aux mauvaises nouvelles et à passer très vite sur les bonnes.
00:45Et là, il y a des vrais facteurs qui militent pour une bonne tenue de la bourse.
00:48D'abord, vous venez d'en parler, les publications des résultats des entreprises sont rassurantes,
00:53voire très rassurantes. On va avoir encore aux États-Unis, au sein du S&P 500,
00:58une croissance des bénéfices nets par action de près de 11% cette année.
01:02Il est prévu encore une croissance à deux chiffres l'an prochain.
01:06Donc Wall Street est en bonne santé pour des bonnes raisons.
01:09D'abord, concrètement, les bénéfices sont au rendez-vous.
01:12Ça, c'est capital.
01:13La deuxième bonne raison, c'est qu'on voit qu'il y a beaucoup d'investissements qui sont réalisés.
01:17Donc on prépare la croissance de demain.
01:18On ne sait pas si ça va rapporter.
01:20Mais en tout cas, il y a de l'argent qui est dépensé et qui fait fonctionner l'écosystème
01:23autour de l'intelligence artificielle.
01:25Vous venez encore d'en parler là.
01:27Et puis, on le voit aussi que finalement, on craignait les dégradations des notes,
01:33des dettes souveraines des États.
01:35Mais finalement, ce qu'ont fait les financiers, c'est qu'ils se sont adaptés.
01:39Ils ont quasiment tous, en tout cas, ils sont en train tous de changer les règles du jeu.
01:44Avant, lorsque vous étiez un gérant obligataire, on vous disait, vous ne pouvez avoir que des bonnes notes.
01:49Vous ne pouvez avoir que du triple A ou du double A.
01:52Mais en tout cas, attention, si vous achetez de la dette d'un État noté A+,
01:57vous ne devez pas la garder, vous devez la sortir.
02:02Et qu'est-ce qu'ont fait les grands acteurs ?
02:04Ils se sont dit, finalement, on va baisser le ratio.
02:07Donc, on n'est plus sur du A+, mais on est sur du triple B.
02:09Donc, quoi qu'il arrive, vous allez pouvoir garder encore de la dette française ou de la dette belge.
02:13Et notamment, la dette française, si notre note continue de baisser.
02:16Parce que sur le marché, on se dit beaucoup que ça vaut plutôt un double B ou un triple B.
02:21Donc, on a adapté le curseur pour que, finalement, il n'y ait pas de vente massive.
02:27Ou on a estimé aussi d'autres acteurs.
02:29On se dit, finalement, on peut garder des mauvais élèves.
02:32Ce qui compte, c'est la moyenne.
02:33Donc, en fait, on est en train de changer les indices pour ne pas qu'il y ait de déstabilisation.
02:37Donc, on voit qu'il y a une vraie capacité d'adaptation.
02:40Et puis, bien sûr, les banques centrales sont là.
02:43Demain, on va beaucoup parler de la banque centrale américaine qui va baisser ses taux.
02:48Et là, c'est aussi extrêmement rassurant parce qu'il y avait eu un débat en début d'année en disant,
02:53on a une banque centrale américaine qui préfère combattre l'inflation.
02:56Et là, on a vu depuis quelques semaines que, finalement, le véritable enjeu, ce n'est pas l'inflation, c'est la croissance, c'est l'emploi.
03:01Et ça, ça plaît, bien sûr, aux investisseurs d'avoir une banque centrale plutôt accommodante.
03:06Donc, on est sur un système où la banque centrale américaine va encore baisser ses taux.
03:09Donc, l'histoire peut continuer.
03:12En tout cas, ça ne monte pas sur du vide.
03:13On a des bonnes nouvelles du côté monétaire, du côté obligataire et puis du côté action avec des résultats des entreprises qui sont vraiment au rendez-vous.
03:22Moi, j'avais une question, mais on a toujours cette peur de la bulle et on se dit, mais quand elle va arriver et quand elle va éclater ?
03:29Ce qu'on observe, c'est que quand on parle bulle, on est plutôt sur les valeurs technologiques.
03:34On a vu qu'il y avait jusqu'à fin août un comportement tout à fait normal et rationnel des marchés.
03:41À partir de septembre, il y a eu un début de constitution de bulle parce qu'on s'est mis à moins regarder la croissance bénéficiaire des entreprises.
03:50Mais l'histoire tout autour d'OpenAI qui fait des partenariats, qui est prêt à échanger des titres contre des commandes de semi-conducteurs, etc.
03:57Donc, OpenAI, c'est une boîte noire.
03:59On ne sait pas ce que ça va donner.
04:01Ce qui est sûr, c'est que CHGPT, ça marche bien, qu'il y ait une vraie adoption.
04:04Mais ça, ça ne suffit pas pour rassurer les investisseurs.
04:07Donc, on est rentré dans une nouvelle phase en septembre où on regarde, et ça fait référence notamment à 2000,
04:13à 2000, on regardait beaucoup les carnets de commandes.
04:15Quand Alcatel sortait, Alcatel annonçait toutes les semaines un nouveau carnet de commandes et ça faisait monter le titre.
04:21Là, on est sur OpenAI, fait une déclaration et ça permet de raconter une nouvelle histoire et de pousser les titres.
04:27Mais attention, on a dérapé en septembre.
04:31On dérape encore en octobre.
04:32Et là, on voit commencer à avoir une multiplication d'acquisitions.
04:37Une bulle, ça se finit toujours au moment où il y a plein de deals, plein d'opérations de fusion-acquisition
04:41parce que les managers commencent à avoir extrêmement confiance, ils ont une grosse capitalisation.
04:45Et donc, ils disent, on est tout puissant, on va pouvoir acheter des participations à droite, à gauche.
04:49Et ça, on l'a vécu aussi en 2000.
04:51En 2000, il ne faut pas se rappeler que la première capitalisation qui a été en tête au niveau mondial, c'était Cisco.
04:59Cisco était passé devant Microsoft et Cisco, c'était un équipementier, comme NVIDIA aujourd'hui.
05:05Alors, Cisco, à l'époque, c'était 550 milliards.
05:08NVIDIA, c'est deux fois plus gros, mais un équipementier ne gagne jamais un combat technologique.
05:12Donc oui, il y aura de l'IA, mais là, on commence à quitter le chemin progressif de la croissance des bénéficiaires
05:17pour voir d'autres idées, acquisitions, partenariats, etc.
05:23Et Cisco, à un moment donné, ça a fait pchit, alors qu'il a enchaîné des trimestres et des trimestres
05:28où ils ont dépassé, il y a eu près de 12 trimestres consécutifs, où ils ont dépassé les attentes des investisseurs, comme NVIDIA.
05:34Donc, mais attention, on est en train de rentrer dans un écosystème, mais ça peut encore durer quelques semaines ou quelques mois.
05:40Pour vous, vous dites que l'histoire se répète, en fait.
05:42L'histoire est en train de se répéter, pas sur Internet.
05:44L'Internet a vécu, mais la valorisation et les bénéfices sont parfois un peu plus tardifs que prévus.
05:49Il nous reste une minute, Aude.
05:51Mais comment on anticipe ça ? Parce que là, vous dites qu'on a un peu changé les règles, on regarde autre chose,
05:55mais finalement, une fois qu'on voit approcher, qu'est-ce qu'on fait ?
05:58Là, ce qu'on sait, c'est que la fête n'est pas finie.
05:59Donc, généralement, une fête, notamment sur l'IA, ça termine par une accélération de la hausse.
06:05Donc là, on guette cette accélération de la hausse.
06:07Mais il faut se dire qu'acheter aujourd'hui de la tech, on peut garder ses titres,
06:13mais se dire qu'on va se surexposer, c'est probablement trop tard.
06:17François Meunier, le directeur de la rédaction d'Investir.
06:18On vous retrouvera tout à l'heure, François, pour la dernière ligne droite de cette séance.
06:21C'est la première ligne droite de la rédaction d'Investir, c'est la première ligne droite de la rédaction d'Investir.
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