00:00Chaque jour, un expert de marché nous rejoint pour combattre les idées reçues.
00:03Aujourd'hui, c'est Emeric Guidé, directeur de la gestion de Pergam,
00:05qui nous retrouve en fil rouge d'ailleurs. Rebonjour, Emeric.
00:08Il n'y a qu'IA qui monte, le reste est complètement à tonne en bourse.
00:12C'est ce que beaucoup pensent, mais pas vous. Vous vous dites bullshit.
00:16Vous foudroyez, Emeric, cette idée qu'en dehors de l'IA,
00:19cette année, il était impossible de faire des performances.
00:22Exactement. Il y a plein d'autres secteurs qui montent,
00:25plein d'autres idées de valeur à avoir et à regarder.
00:28Parce que c'est vrai que quand on parle aujourd'hui des marchés,
00:31tout converge vers l'IA. Il n'y a plus que ça.
00:33Il y a assez le secteur à avoir. Et si on ne l'a pas, on ne fait pas de
00:35perf.
00:37Oui, mais en fait, non. Il y a plein d'autres choses.
00:40Il y a plein d'autres secteurs. On regardait, typiquement, là, vous parliez des biotech.
00:45Les biotech se réveillent en ce moment.
00:47Aux Etats-Unis, l'indice biotech a encore pris 8% la semaine dernière.
00:50C'est un vrai réveil.
00:52Là, on est sur un secteur qui, typiquement, profite un petit peu des effets de l'IA.
00:58Puisque ça va bénéficier assez fortement en termes de productivité, gains de productivité de l'IA.
01:02Les essais cliniques, ça facilite.
01:03Exactement. Donc, c'est vraiment un bon secteur qui est une conséquence de l'intelligence artificielle.
01:10Mais, à la fin de la journée, ce n'est pas de l'IA.
01:12On est encore sur un secteur avec de la recherche, des médicaments.
01:15Donc, un peu en dehors de cet univers-là et qui marche bien en bourse.
01:19Alors, Aymeric, vous dites que l'IA, hors l'IA, cette année, il n'y a pas grand-chose.
01:25Mais si, alors c'est quoi les secteurs qui sont en forme ?
01:28Mais vraiment pas lié à l'IA, quoi.
01:29Sans lien avec l'IA.
01:30Sans lien avec l'IA.
01:30C'est possible de performer sans lien avec l'IA.
01:32Parce que la santé, bon, il y a de l'espoir lié à l'IA.
01:34On en parlait un peu tout à l'heure, mais du pétrole.
01:3620% de hausse, quand même, depuis le début de l'année.
01:38Alors, aidé, évidemment, par une petite guerre.
01:41Donc, malheureusement, mais ça reste un secteur qui performe bien.
01:45On pourrait parler également du secteur des banques.
01:48Les banques sont en hausse de 15% depuis le début de l'année.
01:51Quand même, on a une structure de taux qui est meilleure.
01:55On a un peu de volatilité sur les marchés.
01:56Donc, c'est favorable aux valeurs financières.
02:00Donc, il y a d'autres secteurs, encore une fois, qui sont performants,
02:03qui surperforment même le marché américain, même le Nasdaq.
02:06Donc, oui, il n'y a pas que l'IA dans la vie.
02:08Oui, il n'y a pas que l'IA dans la vie.
02:10Il n'y a pas que les États-Unis, non plus.
02:11Il y a des indices qui se portent bien.
02:13Alors, c'est vrai que nous, bon, meilleur trimestre en deux ans.
02:17Voilà, ça va.
02:17Ce n'est pas une performance mirobolante, mais c'est quand même pas mal.
02:20Et puis, du côté d'autres places européennes.
02:22Et puis, du côté de l'Asie, il se passe des choses.
02:24Ben, exactement.
02:25Il y a plein de choses.
02:26Aussi bien le Japon.
02:26Le Japon fait une année encore exceptionnelle, largement à deux chiffres.
02:30On a la Chine, en dehors des grandes valeurs chinoises.
02:33Toutes les petites valeurs chinoises sont largement positives.
02:37On a l'Asie au sens large, qui fait 15% de hausse.
02:41On a beaucoup d'autres zones géographiques, même d'Italie.
02:44L'Italie, on en parlait tout à l'heure aussi.
02:45C'est une zone qui marche très, très bien sur les marchés depuis plusieurs années.
02:49Donc, encore une fois, on a un tropisme français,
02:52puisque le CAC est quand même en hausse,
02:54mais une hausse assez faible, finalement, depuis le début de l'année.
02:58Alors que le reste, le reste du monde, marche quand même relativement bien.
03:02Et il n'y a pas que les US.
03:03Il y a vraiment d'autres zones géographiques qui marchent bien
03:06et qui sont autant de diversification possible pour l'investisseur
03:10que de rester franco-français ou aux États-Unis.
03:14Milan depuis le début de l'année, la bourse de Milan, c'est plus 16%.
03:17Oui, c'est ça, 16 ou 17%.
03:18Alors, il y a pas mal d'histoires qui se passent en Italie,
03:22notamment tous les rapprochements bancaires qui ont mené la cote assez haute.
03:27Mario Draghi le poussait également aux investissements dans les valeurs italiennes.
03:31Ça marche.
03:32Et au final, l'investisseur qui sort de sa zone de confort,
03:36qui est son marché domestique et la TQS,
03:40pour être très pragmatique,
03:41parce que c'est souvent ça qu'on met dans les portefeuilles par réflexe,
03:44parce qu'on investit ce dans quoi on a la meilleure connaissance,
03:48où on arrive à mieux appréhender le marché.
03:51Mais en fait, il y a plein d'autres zones
03:53qui peuvent permettre à l'investisseur
03:56de réaliser de la performance.
03:58Et on le voit même aux Etats-Unis,
03:59tout n'est pas uniforme.
04:01Les Mac 7 sont négatives,
04:03le S&P 500 fait 8% de hausse,
04:05mais les petites valeurs aux Etats-Unis,
04:07c'est 20% de hausse cette année.
04:08Donc, il y a vraiment des pans de la cote
04:11qui méritent aujourd'hui d'être regardés
04:13et qui sont en dehors de toutes ces histoires
04:15d'intelligence artificielle,
04:16qui ne sont pas uniquement liées à l'intelligence artificielle.
04:18C'est parce que, justement,
04:21vous avez évoqué les petites et moyennes capitalisations
04:24en filigrane,
04:25mais c'est justement parce que ces valeurs,
04:27elles avaient été délaissées
04:28et la valorisation, elles ont été vraiment au tapis.
04:30Donc, pour le coup,
04:31je pense qu'il y a un effet de rattrapage
04:32sur ce point de la cote.
04:33Très important, ça fait des années
04:34que les petites valeurs sont délaissées
04:36et que les investisseurs ne reviennent pas.
04:37C'est une histoire de flux.
04:39Les sociétés, c'est plus risqué.
04:41Il faut être très clair avec ça.
04:43Mais ça fait 3-4 ans
04:44qu'on a une sous-performance permanente
04:46quasiment de ces secteurs-là.
04:48Et depuis 6 mois, 1 an,
04:50on voit que ça se réveille enfin
04:51que des flux reviennent sur la classe d'actifs.
04:54Et donc, oui, ça y est, ça repart.
04:56Et là, le potentiel, pour le coup, est important
04:58parce que les multiples de valorisation moyens
05:00sur les petites valeurs,
05:01ils restent quand même inférieurs au marché.
05:03Donc, évidemment, il faut toujours
05:04les prendre dans leur ensemble.
05:06Mais que ce soit en France ou en Europe,
05:08on a plutôt des sous-valorisations
05:11et donc du potentiel de revalorisation à la hausse.
05:13D'accord.
05:14Donc, vous voyez encore un deuxième semestre fantastique
05:16à venir ou pas ?
05:17Après, c'est ce qu'on a vécu depuis le 1er janvier
05:19qui est déjà dingue.
05:20Il y a quand même des forces de rappel
05:21qui peuvent militer pour avoir
05:22un deuxième semestre plutôt positif.
05:24La première, c'est que les élections de l'immandat,
05:27ça va normalement obliger Donald Trump
05:31à être favorable à la consommation
05:32et à pousser la consommation des Américains.
05:35Donc, qui dit pousser la consommation des Américains,
05:38dit hausse du PIB, hausse des marchés financiers.
05:40Donc, ça, c'est vraiment quelque chose
05:42qui est un soutien fort à la potentielle à la hausse.
05:46Deux, peut-être nos bandes centrales
05:47vont être un peu plus accommodantes.
05:49Il y a un peu moins de risque d'inflation.
05:51Donc, qui dit banque centrale,
05:52là aussi plus accommodante.
05:54Normalement, un peu plus de flux, là aussi,
05:57vers les marchés actions
05:57ou même vers les marchés,
05:58ça sera même favorable pour les marchés de taux.
06:00Donc, encore une fois...
06:01Pour l'inflation en France et en Allemagne,
06:02ralentir au mois de juin.
06:03On a le chiffre aujourd'hui assez impressionnant.
06:05Exactement.
06:05Donc, ça, c'est tout normalement
06:06pour des bonnes nouvelles pour l'investisseur.
06:10Et puis, quand on regarde les entreprises,
06:11on va voir les chiffres du deuxième trimestre.
06:15On va voir l'impact qu'aura eu
06:18le conflit entre les États-Unis et l'Iran.
06:21potentiellement, les premières indications
06:23qu'on semble avoir,
06:24c'est que ça a tenu,
06:26que les chiffres,
06:27notamment de la consommation aux US,
06:28ne sont pas si mauvais que ça.
06:30En Europe, il n'y a pas eu de grosses problématiques
06:32dans les chaînes d'approvisionnement
06:34pour la production.
06:36Donc, normalement, ça tient.
06:37Le conflit n'a pas été suffisamment long
06:39pour que ça ait un impact très fort
06:41sur les entreprises.
06:42Les entreprises sont de mieux en mieux gérées aussi.
06:44Donc, c'est là où, aujourd'hui,
06:45on a un potentiel plutôt...
06:47On est plutôt positif
06:48sur la deuxième partie de l'année.
06:49Trop positif ou pas ?
06:50Il y a quand même aussi des interrogations.
06:52Les niveaux d'endettement des États,
06:54les niveaux obligataires qui restent élevés,
06:56les taux obligataires,
06:57tout ça reste une réalité,
06:59malgré tout, Amérique.
07:00La dette est infinie,
07:01elle ne sera jamais remboursée.
07:02Les Américains l'ont bien compris il y a 20 ans.
07:04Mais le service de la dette aussi,
07:05un peu infini, le coût de la dette ?
07:06Le service de la dette,
07:07ça devient problématique aux États-Unis,
07:08surtout quand on se fâche
07:09avec tous ces banquiers.
07:10Donc, ça, c'est une histoire
07:12un peu compliquée aux États-Unis,
07:14mais ils ont la capacité
07:15à lever de l'argent
07:18un peu à la japonaise,
07:19qui avait finalement la dette des Japonais
07:21à 200% de dette sur le PIB
07:22et détenue par les Japonais.
07:24Donc, il y a encore des capacités
07:26à pouvoir finalement être présent
07:29et répondre présent
07:30sur les émissions de dette américaines
07:31et payer le service de la dette.
07:32Donc, c'est pour ça que c'est un problème.
07:34C'est un problème si vous avez plus de croissance
07:36et si vous avez une inflation qui est trop forte,
07:38donc des taux beaucoup plus hauts.
07:40Aujourd'hui, on voit que l'inflation
07:41a plutôt tendance à ralentir,
07:42y compris aux États-Unis,
07:44que les taux ne montent plus
07:45et restent quand même sur des niveaux élevés,
07:48mais ne montent plus.
07:49Donc, là aussi, c'est plutôt bon.
07:52Et là, pour le moment,
07:53la croissance tient aux États-Unis.
07:54Donc, encore une fois,
07:56c'est des sujets qu'il faut regarder
07:57parce que ce n'est pas dénué de risques,
07:58en effet,
07:59mais pour le moment, c'est maîtrisé.
08:00Et les banquiers centraux
08:02et notamment aux États-Unis,
08:04ils maîtrisent bien leurs sujets.
08:05Donc, c'est plutôt, encore une fois,
08:07une bonne nouvelle pour l'investisseur.
08:08Et là,
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