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  • il y a 5 mois
Pourquoi les Français ne savent plus aimer la France ?

Avec Claire Koç, journaliste, auteur de "Claire, le prénom de la honte" éd. Albin Michel et de "Le paradis français" éd. du Cerf


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##LE_FACE_A_FACE-2025-10-28##

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Transcription
00:00Chaque fois que j'entends cette chanson, je suis transcendé, parce que cette chanson, elle raconte quelque chose que l'on peut vivre tous les jours.
00:08Et vous, Claire Coz, vous l'avez écrit, vous avez fait un tableau écrit, des beautés, des bonheurs de la France, j'allais dire des gloires de la France.
00:17Votre livre s'appelle « Le paradis français ». Alors, on se demande, vous êtes sûr que vous habitez bien en France ?
00:22Oui, vous savez bien, vous n'avez pas pris de substance stupéfiante qui vous aurait fait voir les choses de façon différente.
00:28C'est bien la France que vous avez aimée, que vous aimez, que vous avez parcourue, que vous avez traversée, et vous nous livrez ce témoignage.
00:37Il y a un côté document historique, il y a peut-être un soupçon de traité politique aussi, parce que vous encouragez les français et ceux qui vivent en France à la regarder une deuxième fois,
00:47d'aller au coin de la rue, sous l'arbre, les paysages, dans les clairières, regarder tous les bienfaits qui sont accumulés,
00:54et vous en déduisez que, malgré tout, dans notre malheur, dans notre détresse, dans nos angoisses, mais qu'est-ce qui fait bon vivre en France ?
01:02Pourquoi, tout d'un coup, vous vous êtes décidée à faire cette proclamation « Vive la France à la gloire des beautés et des bontés françaises » ?
01:10Tout d'abord, je vous remercie pour cette invitation. Je suis très touchée qu'on parle de ce livre, que ce livre est un écho, voilà, à la radio, j'espère à la télévision, ensuite.
01:20Je vous remercie. Alors, moi, je tiens à préciser que je ne fais pas de politique. Lorsque j'écris sur mon amour de la France,
01:30c'est cette France que je regarde avec mes yeux d'immigrés, parce que selon l'INSEE, moi, je suis une immigrée, je suis née de parents étrangers, à l'étranger.
01:38D'où êtes-vous ?
01:39Je suis originaire de Turquie, je suis arrivée en France à l'âge d'un an.
01:42Où sort, Turquie ?
01:43De l'Est, complètement de l'Est, une ville qui s'appelle Tunjeli.
01:47Ah, c'est presque au Kurdistan.
01:48Alors, oui, c'est en Turquie, c'est une zone à forte population kurde.
01:54Tunjeli, je crois savoir qu'il y a un cimetière avec des pierres tombales sculptées, enfin, quelque chose.
01:58Oui, en forme de bélier, de tête des béliers.
02:00D'ailleurs, mon nom de famille veut dire bélier, si je traduis...
02:04La Turquie, qui est un merveilleux pays, avec des paysages de grande diversité, très différentes, voilà, grande nation, grand passé, grande culture.
02:11Et moi, j'ai voulu rendre hommage à la France où j'ai grandi.
02:14Oui, donc c'est une enfant turque, arrivée en France, qui proclame ça, française d'origine turque, bien sûr.
02:20Et en fait, je la raconte à travers, voilà, mes yeux quelque part d'étrangère.
02:25Parce que chaque fois que je sortais de chez mes parents, donc chez mes parents qui vivaient à l'heure turque, qui parlaient turque à la maison,
02:35tout en nous élevant, moi et mes frères, en France, en fait, quand je sortais, eh bien, j'étais émerveillée par tout ce que je voyais de la France.
02:43Je ne sais pas, des gravillons par terre aux façades des immeubles, à l'architecture française.
02:49Enfin, tout raconte quelque chose.
02:51Moi, j'ai été émerveillée, j'étais émerveillée par tout ça.
02:53Et j'ai voulu raconter une espèce de voyage initiatique à travers la France telle que je l'ai découverte.
03:00Et j'avais envie de la partager parce que j'ai envie, effectivement, on a une période où, je ne dis pas que tout est beau et tout est rose,
03:07mais j'ai envie de rappeler les belles choses de la France.
03:09Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les belles choses de la France et comment on fait pour aller de l'avant.
03:13Et je pense aussi, c'est une manière de voir la vie.
03:15C'est un peu, sans faire de philosophie de comptoir, mais c'est un petit peu, est-ce qu'on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein ?
03:21Voilà, moi, j'avais envie de rendre hommage à cet esprit français, ce qu'on appelle la douceur de vivre, une spécificité qui était française.
03:30Voilà, je vais rendre hommage à la France.
03:31Chez vous, le verre n'est pas à moitié plein, il est totalement plein, la bouteille est pleine.
03:34Pour autant vous dites, j'ai grandi en France avec l'obligation d'en être tenue à distance, comme si c'était mal de devenir pleinement français.
03:41Être française m'était interdit.
03:44Mes parents m'ont élevé sur l'idée que, malgré les années passées ici, je n'appartenais pas à ce pays, mais à celui de mes ancêtres, dont je ne connaissais pas grand-chose, pour ainsi dire, rien.
03:55Vous avez eu un problème d'intégration à cause de vos parents qui considéraient...
03:59Ils disaient quoi ?
04:00C'est pas possible, on ne peut pas devenir français, ou il ne faut pas devenir français.
04:03Alors, mes parents espéraient, comme beaucoup d'immigrés à l'époque, repartir dans leur pays d'origine.
04:09Donc ça ne s'est pas fait, puis nous on a grandi, on s'est installés, on a fait nos études, on, c'est mes frères et moi.
04:17Donc pas d'enracinement, si je comprends bien.
04:19Pas forcément d'enracinement.
04:20Dans leur esprit, il n'y avait pas d'enracinement.
04:21Et au départ, ils n'étaient pas vraiment hostiles à la France, mais...
04:23Bien sûr, ils sont venus librement en France, parce qu'ils ont choisi de venir en France.
04:27Alors, ils étaient réfugiés politiques, ils ont suivi...
04:29Oui, mais ils avaient choisi la France, on est bien d'accord.
04:30Alors, je vais vous dire, en vrai, ils rêvaient d'aller vivre en Allemagne.
04:35Et leur demande n'a pas été acceptée, donc c'était un peu un choix par défaut.
04:38Mais moi, je...
04:39Ou la communauté turque est très importante, c'est une ancienne tradition, voilà.
04:42Exactement.
04:42Et puis, parce qu'une partie de ma famille était déjà installée là.
04:45Mes oncles, mes oncles côté paternel et maternel étaient déjà installés en Allemagne,
04:50où ils travaillaient.
04:50Et puis, j'ai envie de dire, quel heureux hasard, parce que...
04:53Quel bonheur, surtout, qu'ils aient choisi de venir en France, parce que grâce à cela,
04:57vous avez pu, d'abord, pour vous, aimer la France et la comprendre.
05:02C'est vraiment le fil conducteur de votre livre.
05:04C'est aimer la France, c'est la comprendre.
05:06Et comprendre la France, c'est aussi savoir l'aimer.
05:09Et puis, vous avez fait...
05:10Voilà, vous avez pu produire ce recueil formidable,
05:13le Parallée français, aux éditions du CERF.
05:17Donc, aujourd'hui, vous êtes française, j'allais dire, de cœur.
05:20D'âme, d'esprit, de choix, de sens, de sentiments et d'émotions.
05:25Oui, parce que, pour revenir sur votre question précédente,
05:28j'ai été très souvent renvoyée à mes origines,
05:33à la fois par une partie de ma famille, par certains membres de ma famille,
05:36mais plus étonnant, par mon entourage amical,
05:40et au début de ma carrière de journaliste.
05:44Sans parler de racisme, il y a quand même eu un petit rejet, ou une distance ?
05:48C'est-à-dire que j'étais...
05:49Vous utilisez le mot...
05:50Allez, est-ce que la notion de race d'étranger a compté dans vos amitiés en France ?
05:56Alors, moi, c'est-à-dire que je ne m'étais jamais posé de la question
05:59de savoir si j'étais française ou pas, je l'étais.
06:01Et en fait, ça allait de soi, la question ne se posait même pas.
06:04Sauf que je me suis rendu compte que, en fait, je n'avais pas la nationalité française,
06:08donc j'avais fait la démarche dans ce sens-là,
06:11pour que ce soit écrit dans le marbre, si je puis dire, en quelque sorte.
06:15Mais, alors, pour mes parents, j'étais...
06:17Enfin, pour ma famille, certains membres de ma famille, j'étais trop française.
06:22Et pour mes amis, qui étaient mes amis à cette époque-là,
06:26j'étais pas assez turque.
06:28Vous l'étiez pas compétente, voilà.
06:29J'étais pas assez turque.
06:30Assez turque.
06:30Ça, c'était assez hallucinant, cette...
06:33Comment on appelle ça ?
06:34Ce renvoi aux origines, une assignation à résidence identitaire perpétuelle.
06:38Et en fait, je ne comprenais pas.
06:39Ces personnes à qui j'avais envie de ressembler,
06:41c'est-à-dire me fondre, en fait, dans une espèce de socle commun,
06:46de culture, de référence culturelle, en fait,
06:49je me rendais compte que, non, pour eux, ce qui était important...
06:51En fait, j'ai compris par la suite que, pour eux,
06:54être français, c'était pas très très bien.
06:55C'était pas bien vu, parce qu'ils me voyaient, moi, à l'étrangère,
06:59mes cheveux merveilleux, mon visage merveilleux.
07:02Oui, d'accord, mais enfin, moi, j'aime la France aussi.
07:04Est-ce que c'était mal aimé la France ?
07:04Mais est-ce que vous faites allusion à ces immigrés ou à ces Français
07:08qui sont pas intégrés ou pas assimilés,
07:11qui disent à d'autres, arrête de faire ton français ?
07:13Ah ben, ça, je l'ai entendu.
07:15Parce que, justement, on est intégré,
07:17on se fait reprocher d'être parfaitement intégré ou assimilé.
07:19Oui, ou d'être une traîtresse, bien sûr.
07:21Ah oui, carrément.
07:21Oui, oui, bien sûr.
07:23Vous savez, j'avais écrit un premier livre en 2021.
07:26Encore une fois, moi, mon propos n'est jamais politique.
07:28Le prénom, sur votre prénom clair.
07:30Sur mon prénom, sur mon changement de prénom.
07:31Oui.
07:31Où je raconte, voilà, tout ce que j'ai vécu, en fait,
07:35à partir d'un simple changement de prénom,
07:38qui, en plus, un prénom, ça définit ce qu'on aime.
07:41Ça ne veut pas dire ce qu'on n'aime pas.
07:42C'est dire ce qu'on aime.
07:43Moi, j'aspirais à devenir française.
07:46Et en fait, quand j'ai fait ma demande de naturalisation,
07:48j'ai...
07:49En fait, je me suis rendu compte que sur le dossier de naturalisation,
07:52il est possible de demander.
07:53Ce n'est pas une obligation.
07:54Vous avez un prénom turc d'origine, sans ça ?
07:56Oui, j'ai un prénom turc d'origine.
07:57Que vous pouvez donner ou non ?
07:58Bien sûr, mon prénom de naissance, c'est Tchidem,
08:01ça veut dire crocus.
08:02Crocus, c'est la fleur de crocs.
08:03Bien sûr, Tchidem, c'est la licence.
08:05La fleur des montagnes.
08:05En plus, ma famille est originaire des montagnes de l'Anatolie.
08:10Voilà, donc, j'avais du mal à comprendre
08:14qu'on puisse encenser...
08:16En fait, moi, voilà comment je le perçois aujourd'hui,
08:18avec le recul.
08:19C'est-à-dire que tout ce qui n'est pas français est encensé.
08:23Et dès que...
08:24Enfin, j'avais le sentiment qu'être français, c'était mal.
08:27J'ai ce sentiment-là.
08:28C'est pour cette raison que j'écris.
08:30J'ai envie de donner à aimer la France.
08:32Et il n'y a pas de passé colonial entre la France et la Turquie.
08:34Non.
08:35Je vous signale que Soliman le Magnifique,
08:36qui était le sultan de l'Empire Ottoman,
08:39a eu des accords amicaux et politiques avec François Ier au XVIe siècle.
08:43Donc, c'est une amitié ancienne.
08:45Oui, et puis vous savez, quand vous retournez,
08:47quand vous allez à Istanbul, notamment,
08:49il y a encore quelques commerçants avec cet accent oriental
08:55quand ils parlent français, en roulant les airs.
08:57Ils sont très francophiles.
08:59Ils adorent la France.
09:00Moi, quand je suis allée en Turquie,
09:02la dernière fois que je suis allée, c'était en 2018,
09:042016, puis 2018.
09:07Mais toutes les personnes que j'ai rencontrées adoraient la France.
09:10On me parlait de Napoléon, de Louis XIV,
09:12on les appelle le Levantin avec ce petit accent qui loule.
09:17C'est très beau, j'adore.
09:18Edouard Balladur, qui fut Premier ministre et qui vit toujours,
09:22était justement un ancien Levantin.
09:25Et puis, en plus, c'était aussi un marqueur social
09:26dans le sens où parler français, c'était chic.
09:29C'était la langue autrefois, bien sûr.
09:31Manger français, c'était chic.
09:32Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
09:34Mais il y a toujours eu des liens, je vous dis,
09:35pour parler de Topkapi, le divan, la sublime porte,
09:39qui sont les termes des institutions ottomanes à Istanbul.
09:42Il y a toujours eu des liens anciens avec la France.
09:44Mais enfin, vous, vous êtes venus ici,
09:46et je peux parler d'une renaissance.
09:48Vous gardez vos racines, vos origines,
09:51vous ne reniez rien de ce que vous êtes.
09:53Mais il y a une renaissance française
09:54à travers la beauté,
09:57et vous sublimez les vertus de ce pays.
09:59Vous avez un oeil, justement, c'est votre oeil
10:01qui vient de loin, parce que vous n'êtes plus étrangère,
10:03vous êtes française.
10:04C'est votre oeil extérieur qui vous permet de dire
10:06mais vous êtes fous, les Français,
10:09ceux qui ne comprenaient pas où vous habitez.
10:10mais vous vivez dans un trésor.
10:13C'est une féerie, voilà.
10:15C'est un festival,
10:16et tout simplement, c'est un paradis,
10:18tout le terme de votre livre,
10:19c'est un paradis français.
10:20Tout à fait.
10:20Le titre de mon livre
10:22est inspiré d'un illustrateur mondialement connu,
10:26mais très peu connu en France,
10:27un illustrateur français alsacien
10:29qui s'appelle l'oncle Antti.
10:31Je vous ai apporté un exemplaire.
10:32Bien sûr.
10:32C'était en référence à cet album
10:34qui s'appelle
10:35Le Paradis Tricolore.
10:37Il n'y a pas une page
10:38où il n'y a pas le drapeau français.
10:40L'ancienne brasserie chez Génie
10:41à Paris, Place de la République,
10:43toutes les marqueteries sont de Ancy.
10:45C'est merveilleux.
10:47Moi, j'ai grandi.
10:47Un artiste qui racontait l'invasion,
10:49l'annexion de l'Alsace-Lorraine
10:50par les Allemands
10:52et à travers ses dessins,
10:53il faisait des actes de résistance
10:54à travers les...
10:55On va y revenir,
10:56parce que c'est un très bel exemple
10:57de sa similaire Ancy.
10:58Donc moi, j'espère,
10:59à travers ce livre,
11:01à travers mon témoignage personnel,
11:03réenchanter le mot patrie
11:06en rappelant la douceur des villages,
11:09des clochers,
11:10de la chaleur humaine
11:12et aussi des bistrots,
11:14de toutes ces choses du quotidien
11:16qui nous entourent.
11:18Comment la patrie et la nation,
11:20un terme très important,
11:21ne confondons pas nation
11:22et puis nationalisme.
11:23J'allais vous dire,
11:24votre livre,
11:25c'est un nationalisme
11:26à visage humain,
11:27c'est un patriotisme sympathique
11:29qui ouvre les portes.
11:31Claire Coche,
11:31on va faire une petite pause,
11:33on va reparler de ce paradis français
11:34que non seulement vous l'avez découvert,
11:38là, c'est pas que vous le réinventez,
11:40vous nous en révélez
11:41des aspects que nous soupçonnons pas
11:43et quand on a fini,
11:44même si on était déjà
11:45très heureux d'être français,
11:46eh bien, on est encore davantage
11:47à la lecture de votre ouvrage.
11:48A tout de suite, Claire Coche.
11:49A-t-on raison de dire
11:50que la France est le plus beau pays du monde,
11:52finalement ?
11:53Dites-nous 0826 300 300.
11:55A tout de suite sur Sud Radio.
11:57Midi 14h,
12:00Sud Radio,
12:01la France dans tous ses états.
12:03Nous sommes avec Claire Coche
12:04qui nous raconte son paradis français
12:06à travers un ouvrage merveilleux
12:08édité aux éditions du CR
12:09et Maude Koffler a une question
12:11à vous poser, Claire Coche.
12:11Alors, d'abord, Claire,
12:13merci pour ce livre,
12:14merci parce que vous en parlez,
12:15vous parlez de la France au présent
12:17et pas comme d'une vieille carte postale
12:18en noir et blanc,
12:19vous parlez de ses couleurs,
12:20de ses formes,
12:21de ses vallons,
12:22de tout,
12:23et ça, ça fait vraiment plaisir
12:24et c'est comme un hymne à la France,
12:26donc merci pour ça.
12:27Dans cette déclaration d'amour,
12:29en fait,
12:29vous écrivez aussi
12:30une véritable ode au musée,
12:32aux expositions,
12:33aux châteaux,
12:33aux fondements de l'histoire de France,
12:35de sa culture,
12:35de ses sciences.
12:36C'est un très bel hommage
12:38aux bâtisseurs,
12:39notamment.
12:39Vous avez sans doute été ému
12:40d'apprendre l'histoire de ce charpentier
12:42à Notre-Dame
12:43qui s'est marié
12:43à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
12:46Qu'est-ce que vous dites
12:46aux jeunes
12:47et aux adultes
12:48qui traînent des pieds
12:49pour aller visiter
12:50une exposition ?
12:51Claire Coche.
12:52Moi,
12:52je dis,
12:54vous avez tort,
12:54vous avez tort,
12:55il y a tellement,
12:56on apprend tellement de choses
12:57dans les musées,
12:58d'ailleurs,
12:59c'est aussi
13:00en partie
13:02comme ça
13:02que j'ai découvert
13:03l'histoire de France,
13:06le passé
13:06ou l'histoire contemporaine.
13:10Il y a des expositions
13:10qui foisonnent,
13:11vous dites bien,
13:12il y a des expositions partout.
13:13On ne sait même pas
13:14combien il y en a,
13:14il y en a énormément,
13:15je donne un chiffre
13:17mais c'est une fourchette
13:18du nombre d'expositions
13:20qui sont organisées en France.
13:22C'est vraiment,
13:22moi,
13:23ça n'engage que moi,
13:24évidemment,
13:24je ne suis pas une spécialiste
13:25de cette question-là
13:26mais je me demande même
13:28si ce n'est pas
13:28une spécificité française.
13:29En tout cas,
13:30quand je vais à l'étranger,
13:31dans les musées
13:32ou les expos,
13:33il y a énormément de Français.
13:35Je les remarque,
13:36je les entends.
13:37Donc je me dis,
13:37il y a une curiosité française
13:38qui est fantastique,
13:40on est curieux,
13:40ça fait partie
13:41de notre manière
13:43d'être en fait.
13:45Et oui,
13:45on apprend énormément de choses
13:46et en plus,
13:47les organisateurs
13:48de ces expositions
13:49font un travail fantastique
13:51de mise en valeur.
13:53Il y a une vraie chorégraphie
13:54aussi dans les expositions.
13:56On évolue comme ça
13:57tout au long.
13:58Je pense à une expo
14:00qui me vient comme ça en tête,
14:01c'était celle
14:02sur les grands magasins.
14:03J'ai redécouvert
14:04l'histoire des grands magasins.
14:05Les grands magasins
14:05qui étaient notamment,
14:07je cite par exemple
14:08Le Bon Marché,
14:09il y a d'autres grands magasins
14:10mais pourquoi
14:12ça s'appelait
14:12Le Bon Marché ?
14:13Parce que c'était
14:13Le Bon Marché justement,
14:14c'était des petits prix.
14:15C'était pas cher.
14:15Oui, c'était des grandes
14:17surfaces.
14:18Voilà.
14:19Il y a un printemps aussi,
14:20les Galeries Lafayette.
14:21On va citer les autres.
14:22Mais qui sont des institutions,
14:24qui sont presque des musées
14:25aussi en soi.
14:26Exactement.
14:26Le sac aussi génération.
14:28Exactement.
14:28Et puis,
14:29moi j'ai découvert
14:30qu'avant,
14:32en plus,
14:34ça c'est une invention française.
14:36Les grands magasins,
14:36c'est une invention française.
14:38Dans mon livre d'ailleurs,
14:38je répertorie aussi
14:39les inventions françaises.
14:40Je veux dire là,
14:41j'en ai découvert une autre
14:42après la publication,
14:43enfin une fois que j'avais rendu
14:44les épreuves du livre.
14:46Est-ce que vous savez
14:47que l'échelle monoyée
14:49de Ferdinand Monoyer,
14:50c'était français ?
14:51C'est mondialement répandu.
14:53Vous savez ce que c'est ?
14:54C'est quand vous allez
14:55chez l'Ophtalmo,
14:56il y a des lettres qui sont...
14:57On vous demande de les lire.
14:58Oui.
14:59Mais ça c'est français.
14:59La plus grosse et la plus petite.
15:01Voilà.
15:01Et en fait,
15:02quand vous lisez à gauche
15:04de la liste,
15:05sur le côté,
15:05les premières lettres,
15:07ça fait monoyer.
15:08Et à droite,
15:09c'est Ferdinand.
15:10Ah bah j'y ferai attention.
15:11Docteur, médecin, docteur.
15:12Quand vous regardez,
15:13vous ferez attention.
15:14Mais ça c'est français.
15:15C'est extraordinaire.
15:16Le BCG,
15:16c'est une invention française.
15:18On a inventé,
15:19on était le pays...
15:20Moi c'est ça qui me touche
15:21quand je découvre
15:22l'histoire de France.
15:23Tous les jours,
15:24je découvre des choses.
15:25C'est un peuple d'inventeurs,
15:27de génies.
15:28C'est extraordinaire.
15:29Il y a des choses qui ont...
15:29Enfin,
15:30il y a eu plein d'inventions
15:32pour plein de choses.
15:32L'essoreuse à salade.
15:33C'est génial.
15:35Franchement,
15:36c'est des choses du quotidien
15:37qui sont utiles.
15:38Moi je suis fascinée.
15:39Quand je vais dans les brocantes,
15:40ce que je veux dire,
15:41le paradis français,
15:41il est partout dans le quotidien,
15:43dans les choses simples aussi de la vie.
15:44Quand je vais dans une brocante,
15:45quand je vois ces outils,
15:47ces machines...
15:48Il y a le concours d'épines
15:49qui a très longtemps
15:49permis aux génies français
15:51de s'exprimer
15:52à travers des ustensiles,
15:53souvent de...
15:53J'allais dire du quotidien
15:55ou des choses
15:56beaucoup plus sophistiquées.
15:57Moi,
15:57tout ça m'émerveille.
15:59Je ne dis pas que j'ai un regard
16:00extraordinaire sur les choses.
16:01J'ai un regard
16:02peut-être neuf,
16:04comme j'ai été élevée
16:06comme une étrangère.
16:08Si vous voulez,
16:08parfois,
16:10soit certains de mauvaise foi
16:11ne veulent pas reconnaître
16:12ces beautés françaises,
16:13ce génie français,
16:14et d'autres,
16:15en fait,
16:16ne les voient plus.
16:17Parce qu'on a tendance
16:19plutôt à noircir le tableau.
16:21Encore une fois,
16:21je ne dis pas que tout est beau
16:22et tout est rose,
16:23mais on pourrait aussi
16:24raconter les pages lumineuses
16:25de l'histoire.
16:27Voilà,
16:27ce livre,
16:27c'est un hommage à tout ça.
16:28Claire Coche,
16:29où avez-vous fait votre scolarité ?
16:31Dans quel type d'enseignement ?
16:32Moi,
16:32j'ai fait un BEP,
16:34vente.
16:34Mais avant,
16:35avant,
16:35votre scolarité première,
16:36quand vous arrivez...
16:37À l'école primaire française,
16:38à Rennes.
16:40À Rennes,
16:40avec,
16:41on disait encore instituteur
16:42à l'époque,
16:43professeur des écoles.
16:45Professeur des écoles,
16:46il me semble.
16:46Je ne peux pas dire
16:47de l'étude,
16:47c'était dans les années 80.
16:48Je suis vieux,
16:49c'est pour ça.
16:49Mais j'aime le mot instituteur
16:51parce que ça donne institution.
16:53J'allais vous dire
16:54de façon très sincère,
16:57vous parlez un français,
16:58et vous avez appris très vite
16:59et vous avez intégré
17:01parce que votre français est beau.
17:02Je dis ça
17:02parce que votre texte est beau.
17:04Votre façon d'écrire est sublime.
17:05Je suis très touchée, merci.
17:06Voilà,
17:06et c'est vrai.
17:07Et vous l'abordez d'ailleurs,
17:08ce chapitre sur la langue française.
17:10Voilà.
17:11Vous,
17:11on sent bien que vous,
17:12quand vous parlez le français,
17:13on l'entend,
17:14vous aimez la France
17:15à travers la façon
17:16dont vous en parlez,
17:17dont vous exprimez les mots,
17:18vous choisissez,
17:19la formulation de vos phrases,
17:20la construction de votre sémantique
17:22et celle de quelqu'un
17:23qui aime la France.
17:24Je vois tout de suite,
17:25moi,
17:25quand les gens n'aiment pas la France,
17:26la façon dont ils en parlent
17:27ou la façon dont ils parlent
17:29des notes,
17:29quelquefois,
17:29il y a une distance.
17:30Vous,
17:30on sent qu'il y a un amour de la France
17:31à travers vos façons
17:32que vous exprimez.
17:33Je suis très touchée
17:34par ce que vous dites,
17:34vraiment,
17:35ça me touche tout particulièrement.
17:37Pour plusieurs raisons,
17:39en plus,
17:40d'abord,
17:40avoir,
17:41enfin,
17:41la langue,
17:42c'est un marqueur social.
17:43Moi,
17:44j'ai toujours appris,
17:45j'ai toujours,
17:45en tout cas,
17:45essayé de transmettre
17:46à mon petit frère.
17:48Sans la langue française,
17:49il n'y a pas de nation française,
17:51écrivez-vous dans ce bouquin.
17:52Ça,
17:52c'est une déclaration politique,
17:53elle est vraie,
17:54elle est forte.
17:55Non,
17:55mais elle n'est pas politicienne.
17:56Mais c'est un message politique formidable
17:58qu'on a besoin d'entendre,
17:59surtout dans votre bouche.
18:00C'est-à-dire que,
18:02si,
18:03parce qu'il y a des associations,
18:04des élus,
18:05qui disent,
18:06voilà,
18:07qu'on n'est pas obligé de,
18:08par exemple,
18:09on n'est pas obligé
18:11de parler français
18:12quand on passe les tests
18:14pour avoir la nationalité française.
18:17Moi,
18:18j'avais suivi ça.
18:18C'est un sujet,
18:19c'est un débat,
18:19justement,
18:20quel est le niveau
18:20de connaissance de la langue
18:22quand on arrive en France ?
18:24En fait,
18:24on ne vous demande pas
18:25d'avoir 20 sur 20.
18:28Ce sont des motivations,
18:29ce sont des...
18:30Vous exprimez qu'on vous comprenne.
18:31Et puis,
18:31c'est vrai,
18:32c'est un marqueur social.
18:33Vous citez Jules Michelet,
18:34le grand historien du 19ème siècle,
18:37la langue et la représentation fidèle
18:39du génie des peuples,
18:40l'expression de leur caractère,
18:42la révélation de leur existence intime,
18:45leur verbe,
18:46pour ainsi dire.
18:47Jules Michelet,
18:48qui est un des plus grands
18:49historiens français.
18:50On sent que vous êtes habité
18:51par cette phrase.
18:52Écoutez,
18:53elle me parle
18:54parce qu'effectivement,
18:55la langue française,
18:56elle dit quelque chose
18:57de l'histoire de France.
18:59Cette langue française,
19:00elle n'est pas née hier.
19:02En fait,
19:04c'est en réaction aussi.
19:05Encore une fois,
19:05je ne fais pas de politique,
19:06mais je suis une citoyenne
19:07et moi,
19:07je sais ce que ça veut dire.
19:10Mériter de...
19:12Enfin,
19:12tous les efforts que j'ai fait
19:13pour apprendre
19:15cette langue française,
19:16enfin,
19:16ce sont...
19:17Je veux témoigner
19:18de tout ça
19:19et la langue française,
19:21voilà,
19:23quand je vois
19:24des personnes
19:25qui veulent...
19:26qui parlent
19:28d'écriture inclusive,
19:29par exemple,
19:30pour moi,
19:30c'est donner un coup de canif
19:32au visage
19:32de cette langue française.
19:35Qui est malmenée.
19:36Qui est malmenée.
19:37Qui est malmenée.
19:37Y compris par les journalistes,
19:39je vous rassure.
19:40Vous savez,
19:41moi,
19:41qui suis donc
19:42d'origine étrangère,
19:44je me dis...
19:45Alors,
19:45on va dire à l'étranger
19:46qu'il va apprendre
19:47la langue française.
19:49Mais nous,
19:50on est passé à autre chose,
19:50au point,
19:51point E,
19:52point S,
19:52machin.
19:53Donc,
19:53lui,
19:53déjà,
19:54c'est difficile
19:55de comprendre cette langue,
19:56enfin,
19:56de l'apprendre.
19:57Elle n'est pas évidente,
19:58la langue française,
19:58mais elle s'apprend,
19:59elle est complexe.
20:00C'est ça qui fait sa beauté,
20:01sa richesse,
20:01elle raconte plein de choses.
20:03Donc,
20:03quand vous avez ces militants
20:04qui disent que c'est pour inclure...
20:07Mais en fait,
20:08normalement,
20:08l'évolution des choses,
20:09c'est censé améliorer
20:11la compréhension,
20:13la vie,
20:14le quotidien,
20:15là,
20:15ça complexifie.
20:17C'est en réaction à ça.
20:18Et puis,
20:19effectivement,
20:19pour moi,
20:21la langue française,
20:22c'est la langue
20:22qui tutoie les anges.
20:24Je pense à Paul Claudel
20:27quand il dit cette phrase
20:28magnifique
20:30pour le simple envol
20:31d'un papillon,
20:32le ciel tout entier
20:33est nécessaire.
20:34Qu'est-ce que...
20:35C'est beau !
20:36Enfin,
20:36moi,
20:36j'aime cette langue.
20:37je n'ai pas de mots
20:39assez fort
20:40et je ne suis pas
20:40une spécialiste
20:41de la langue française.
20:43Mais,
20:43effectivement,
20:44on me fait souvent
20:45la remarque
20:45du fait que je n'ai pas
20:46d'accent
20:48quand je parle.
20:50Je sais,
20:51c'est une chance...
20:51Vous avez grandi où ?
20:52En région parisienne ?
20:53J'ai grandi.
20:53Vous avez dit à Rennes ?
20:54À Rennes d'abord
20:55et puis à Strasbourg.
20:56Non,
20:56j'ai grandi dans les cités HLM.
20:57Bien sûr.
20:58J'ai fait un BEP vente,
20:59j'ai fait un bac pro.
21:00Et pourtant,
21:01en Alsace,
21:01il y a une identité régionale
21:02assez forte.
21:03Bien sûr.
21:04Bien sûr,
21:04mais un patriotisme
21:05est très fort également.
21:06Oui,
21:06bien sûr.
21:07Et vous avez voyagé,
21:08je suppose,
21:09pour pouvoir écrire ça.
21:09On voit bien
21:10que vous avez voyagé.
21:11Mais vous n'avez pas fait
21:11que voyager.
21:12Vous avez compris
21:13les endroits
21:13où vous étiez passés.
21:15Vous avez entendu
21:16ce que vous avez disait
21:17et vous avez vu
21:18des merveilles
21:18que peut-être
21:19tout le monde
21:19ne voit pas
21:20au premier abord.
21:22Oui,
21:22j'ai une phrase
21:23pour vraiment...
21:26pour expliquer cela.
21:28Je dis,
21:28pour aimer la France,
21:29il faut la comprendre
21:30et pour la comprendre,
21:31il faut la regarder.
21:32J'ai cette chance
21:33d'être journaliste
21:34et effectivement,
21:34j'ai sillonné la France
21:36en loin,
21:37en large
21:37et en travers.
21:37Je ne peux pas aller partout.
21:39Mais à chaque fois,
21:40j'ai été émerveillée
21:43par, je ne sais pas,
21:44un calvaire,
21:45un village,
21:47les paysages
21:49qu'on voit
21:49quand on traverse
21:50en voiture
21:52ou en train
21:52la France.
21:54Et d'ailleurs,
21:54j'ai fait...
21:55Moi,
21:55je pensais
21:56comme Haussmann,
21:58l'architecte,
21:59grand architecte...
22:01qui a transformé Paris.
22:01Il n'a pas fait
22:02que des jolies choses
22:03parce qu'il a détruit
22:04aussi des quartiers
22:05très anciens
22:05qui étaient monumentaux,
22:06historiques.
22:07Et moi,
22:07je pensais qu'il y avait un...
22:09D'abord,
22:09je vais raconter une anecdote
22:11autour d'Haussmann.
22:11La première fois
22:12que j'ai entendu son nom
22:12et j'en parle dans le livre,
22:14alors que j'ai grandi
22:15en Alsace,
22:16j'aurais dû me dire
22:17Haussmann comme Alsacien
22:18parce que c'est un nom
22:19de famille...
22:20Il est Alsacien d'origine.
22:20En plus.
22:21Et moi,
22:22j'ai pensé
22:22Haussmann le Turc.
22:24Ah mais,
22:24Haussmann,
22:24bien sûr.
22:25En fait,
22:26j'avais un peu honte
22:27parce que je ne savais
22:28même pas ça.
22:29Et pour la suite
22:31de l'anecdote,
22:32un jour,
22:32j'étais en voiture
22:33avec mon époux.
22:35On reprend l'anecdote
22:36avec vous
22:36dans quelques instants.
22:38On fait une petite pause
22:38et vous allez nous la raconter.
22:40Vous qui nous écoutez
22:41et qui vivez en France,
22:42avez-vous le sentiment
22:42de vivre dans un paradis
22:43ou dans un enfer ?
22:44Claire Cochet est avec nous.
22:45Elle nous parle
22:45du paradis français
22:46paru aux éditions du CERN.
22:48N'hésitez pas à témoigner
22:490826 300 300.
22:51A tout de suite.
22:52Sud Radio.
22:53Sud Radio.
22:54Parlons vrai.
22:54Parlons vrai.
22:55Sud Radio.
22:56Parlons vrai.
22:56C'est un paysage en soi.
22:59Yves Duteil,
23:00la langue de chez nous.
23:03Chanteur merveilleux.
23:05Et quand on lit votre livre,
23:07on voit bien que
23:07le paysage est un récit.
23:11Jean Giono,
23:12Gustave Flaubert,
23:14Honoré de Balzac,
23:15leur langue,
23:16c'est celle des paysages.
23:17La Provence,
23:18la Touraine,
23:19la Normandie qu'ils traversent.
23:21Vous alliez nous raconter
23:21une anecdote justement
23:22sur ces paysages
23:23qui vous ont inspiré.
23:24Oui.
23:25D'ailleurs,
23:26en parlant de Jean Giono,
23:27vous me faites...
23:28Enfin,
23:28j'ai tellement de choses
23:29à raccourcer.
23:30Vous viendrez,
23:31pour le tome 2,
23:32le tome 3.
23:33Mais rien que celui-là
23:34mériterait plusieurs émissions.
23:35Voilà.
23:36Une heure,
23:36c'est déjà très bien.
23:37Jean Giono faisait des retraites,
23:39vous savez,
23:39avec les amoureux de la nature.
23:41Bien sûr.
23:41Il partait plusieurs jours de marche.
23:45Excusez-moi,
23:45le nom m'échappe
23:46parce que j'étais encore cet été
23:47sur les traces de Giono
23:49avec cette association merveilleuse
23:51qui lui rend hommage.
23:54À côté de Manosque.
23:55Oui, exactement.
23:57Alors, pardon,
23:57je ne me souviens plus du nom.
23:59En Haute-Provence.
23:59De quoi, de l'association ?
24:00Oui, même du lieu
24:01où il allait...
24:03Ce coin...
24:05L'Aimé ?
24:05Du côté de Cisteron,
24:07oui, mais il n'y a rien.
24:09Mais il y a un tas particulier.
24:11En tout cas, voilà.
24:12Oui, c'est pour ça aussi...
24:13C'est en Haute-Provence, en tout cas.
24:14Voilà, exactement.
24:16Et effectivement,
24:16en parlant des paysages,
24:17un jour,
24:18on était en voiture
24:19et puis je demande à mon époux
24:21qui est un grand amoureux
24:22de la France
24:23et j'ai...
24:24Enfin, moi,
24:25j'ai l'impression
24:25d'avoir touché le gros lot
24:26de l'Euro-Mille.
24:26Vous nous raconterez
24:27comment vous l'avez rencontré
24:28parce que vous avez fait une prière
24:29qui a été exaucée.
24:29Mais on en vient juste après.
24:31Allez-y.
24:31Voilà, j'ai l'impression
24:32de...
24:32Voilà, j'ai le sentiment
24:33d'avoir touché le gros lot.
24:34Il est tellement...
24:34Enfin, il est...
24:36C'est un amoureux
24:38de la France
24:39et il m'apprend plein de choses.
24:41Il me fait découvrir
24:41plein de choses.
24:42Il est généreux.
24:43Voilà, il me partage
24:46énormément de choses.
24:47Et un jour,
24:47on était sur la route
24:48et je lui dis
24:49que c'est beau
24:50les paysages français
24:50mais comme il y a eu
24:52pour les villes
24:53Haussmann,
24:55est-ce que pour les villages
24:56il y a eu quelqu'un,
24:56un architecte ?
24:57Il la sourit gentiment.
24:59Et en fait,
25:00j'ai eu le souvenir
25:02à ce moment-là
25:02d'une exposition
25:03qui avait lieu
25:04il me semble
25:04à Cité des Sciences
25:05sur le Moyen-Âge,
25:08etc.
25:09Donc je suis allée
25:09vite dans une librairie
25:10pour me rafraîchir
25:12un peu la mémoire.
25:12J'ai trouvé effectivement
25:13un livre
25:13qui raconte
25:14comment les paysans
25:16ont façonné,
25:17ont dompté la nature
25:18et ont façonné
25:19les paysages
25:21et que...
25:22Oui, les campagnes
25:23et qu'en fait,
25:25ils ont une esthétique
25:26extraordinaire
25:27à la campagne.
25:27C'est magnifique.
25:29Je crois que c'est
25:30les plus beaux paysages
25:31qui existent au monde.
25:32Les paysans
25:33sont les jardiniers
25:34du paysage.
25:35C'est beau,
25:35j'adore.
25:36Ils préservent,
25:36ils transmettent.
25:37C'est tellement beau,
25:38toutes ces couleurs,
25:39toute cette manière
25:39de dompter la terre aussi,
25:41de travailler la terre.
25:43Et l'âme française
25:44réside évidemment
25:45dans sa langue,
25:45bien sûr,
25:46dans son passé,
25:46son histoire,
25:47sa culture,
25:47dans ses paysages
25:48et dans sa terre.
25:50Maud,
25:50vous avez envie
25:51de poser une question ?
25:52Juste une parenthèse,
25:53quand vous parlez
25:54de ces balades
25:54à travers la France,
25:55ça me fait penser
25:55à une phrase
25:56de Denis Tignac.
25:57Je ne sais pas
25:57si c'était comme ça
25:58qu'il le disait,
25:58mais lui parcourait
26:00énormément la France
26:01à moto,
26:01à mobilette.
26:02Et il parlait
26:03des voies de chemin de fer
26:03comme d'une dentelle
26:04qui couvre le territoire français.
26:07Je trouve ça absolument merveilleux.
26:08Vous faites aussi
26:09l'éloge, Claire,
26:10de la courtoisie
26:11dans votre livre.
26:11Vous énumérez
26:12des échanges et des rencontres
26:13qui vous ont touchés.
26:14Et ça me fait penser
26:15à un échange
26:15que j'avais eu
26:16avec Pierre Cornette
26:17de Saint-Cyr,
26:18éminent commissaire priseur
26:19que tout le monde ici connaît
26:20naturellement,
26:21qui avait l'habitude
26:22de s'installer
26:22à l'angle des Deux Magos
26:23à Paris,
26:24au cœur de Saint-Germain-des-Prés.
26:25Il était très élégant
26:26et il observait
26:27l'attitude des hommes,
26:28notamment.
26:28Et je me souviens
26:28de cette réflexion,
26:30c'est si triste
26:30un homme en basket,
26:31c'est irrespectueux
26:32pour la femme
26:33qui l'accompagne.
26:34Et après ce commentaire
26:34qui dit déjà tout,
26:35je vous raconte rapidement
26:36juste la scène.
26:37Il se lève,
26:38il me prend la main,
26:39se courbe un peu,
26:40il me dit
26:40« Mademoiselle,
26:41jamais devant vous
26:42je ne porterai
26:42ni jogging,
26:43ni basket,
26:44coureur ou serviteur,
26:45il faut choisir. »
26:52Je vais avoir consacré
26:52un chapitre
26:52parce qu'à l'heure
26:53où le néo-féminisme,
26:54vous ne vouliez pas
26:54de faire politique
26:55mais c'est politique,
26:56désintègre toute forme
26:57de courtoisie masculine,
26:59ça fait du bien
27:00de lire et de vivre
27:01ce genre de passage.
27:02Merci.
27:03Oui, en fait,
27:03ce livre,
27:04c'est comme un fil
27:06qu'on déroule
27:07et je voulais
27:08que tout s'imbrique,
27:09qu'on passe d'une idée
27:10à l'autre
27:10mais de manière
27:11assez naturelle.
27:12Mais on sent
27:12que ça vient tout seul
27:13à un moment donné.
27:14Oui, en fait,
27:15quand j'ai pensé
27:16courtoisie,
27:17j'ai pensé
27:17tout s'imbrique.
27:22C'est ce qu'on appelle
27:22cette douceur de vivre.
27:24C'est très français
27:26et ce n'est pas
27:27un gros mot
27:27de dire que c'est français.
27:29Et pour cette anecdote
27:30dont vous parlez là,
27:32je me dis
27:32est-ce que
27:33si ce jeune homme
27:34il a voulu faire
27:36s'il a fait un effort
27:37en pensant que
27:38ce qu'il a fait est bien
27:39je trouve que ce n'est pas grave,
27:42c'est touchant,
27:42c'est même touchant.
27:43En revanche,
27:44s'il s'est dit
27:45qu'il n'en avait rien à faire
27:46de la jeune femme
27:47qu'il courtisait,
27:48je dirais que c'est raté
27:49et je dirais
27:51qu'il n'a peut-être pas lu
27:52l'encyclopédie
27:54de la vie pratique
27:55de la comtesse de Jean-Claude.
27:55C'est mon exemplaire,
27:58j'y tiens vraiment
27:59comme à la prunelle de mes yeux.
28:00Document historique,
28:00une bible.
28:02Qui date des années 20
28:03et qui aide
28:07au savoir-vivre,
28:09à toutes ces choses
28:10qu'on a oubliées.
28:12Mais vraiment,
28:13il y a de tout là-dedans.
28:14Il y a ce qu'il faut avoir
28:15dans sa cuisine,
28:16comment faire une demande
28:16en mariage,
28:17comment rafistoler ses vêtements.
28:18On en parle beaucoup
28:19de la réparation
28:22des objets,
28:23des vêtements.
28:23Il y a tout là-dedans,
28:24en fait.
28:25C'est fantastique.
28:26Vous en inspirez
28:27dans votre vie ?
28:28Des fois,
28:28je regarde,
28:29oui.
28:29Par exemple,
28:29quand je reçois
28:30à la maison,
28:32je regarde
28:33ce que préconise
28:34la comtesse de Jean-Claude.
28:35Pour dresser sa table,
28:37comment recevoir ses convivres.
28:38Le savoir-vivre
28:38à la française.
28:39L'art de vivre
28:40et le savoir-vivre.
28:40Vraiment.
28:41C'est un code d'existence.
28:43Moi,
28:44j'ai trois tomes.
28:44Ça,
28:45c'est le tome 1.
28:45C'est très rare.
28:46Il est très difficile
28:48à trouver.
28:49Voilà.
28:50Donc,
28:50ça,
28:50c'était dans la bibliothèque
28:51de mon mari.
28:51En fait,
28:52votre ouvrage,
28:53le paradis français
28:55aux éditions du CERF,
28:56c'est un mode d'emploi.
28:58L'idée vient de me surgir
29:00à l'instant.
29:01C'est un mode d'emploi,
29:02du bon emploi
29:03de la France.
29:04Alors,
29:05évidemment,
29:06il y a tout ce qui est gustatif,
29:07sensoriel,
29:08alimentaire.
29:09C'est tout un chapitre.
29:12Bon,
29:12vous assimilez bien
29:14le goût de la France
29:15et il corbore
29:16cette émotion française.
29:18Le goût,
29:19c'est du paysage
29:19dans l'assiette.
29:20Que ce soit
29:21les vins,
29:21les fromages
29:22et tous nos produits agricoles,
29:24c'est l'émanation
29:24de ce que le paysage,
29:26la configuration,
29:27cette alliance
29:28des sols,
29:28des climats
29:29a donné.
29:30Et puis,
29:30vous parlez à un moment donné,
29:31vous avez cet appareil
29:32chez vous,
29:32peu de moyens,
29:33une fringale de choucroute
29:35et vous descendez,
29:36vous ramenez une boîte
29:37de choucroute,
29:37je dis mon dieu.
29:38Et puis finalement,
29:39c'est de la choucroute
29:40et vous qui êtes passé
29:42par l'Alsace,
29:43ça vous évoque
29:44avec une bouchée.
29:45Ce n'est pas la madeleine
29:46de Proust,
29:46c'est la choucroute
29:47de la boîte de conserve
29:48qui vous ramène
29:49dans l'Alsace.
29:50C'est merveilleux
29:50comme témoignage.
29:51C'est vrai,
29:51ce jour-là,
29:52j'ai compris que
29:53j'étais alsacienne
29:54parce que le chemin
29:56qui mène au cœur
29:59passe aussi par le ventre,
30:00c'est vrai.
30:00Et j'étais une pauvre pigiste,
30:04vraiment,
30:04je vivais dans un tout petit appartement,
30:075 mètres carrés
30:09sous les combles,
30:10près du Marais,
30:11dans le quartier du Marais.
30:15Effectivement,
30:16ça m'a pris d'un coup,
30:17j'avais envie d'une choucroute
30:18et il était,
30:20tous les commerces
30:20étaient fermés
30:21et je suis descendue,
30:23j'ai remonté la rue
30:24vers le métro
30:26Fille du Calvaire
30:27et il y avait
30:28au chemin vert,
30:28pardon,
30:29chemin vert,
30:29chemin vert
30:30et il y avait
30:31un petit épicier de quartier
30:34qui était ouvert,
30:34je me suis jetée
30:35sur la première boîte
30:36de conserve que j'ai trouvée,
30:37je suis à quelques euros,
30:392-3 euros
30:40et voilà,
30:41je suis rentrée chez moi.
30:41Peut-être un œuf,
30:43ce qu'on appelle
30:43un épicier arabe maghrébin
30:44qui est fermé tard,
30:46qui a rendu tant de servies.
30:47Aujourd'hui,
30:47ils disparaissent
30:47parce qu'ils sont remplacés
30:48par les grandes surfaces
30:50qui prennent leur place,
30:51on les pleure.
30:52Eh bien,
30:52je suis repassé dans le quartier
30:53il n'y a pas longtemps
30:53dans le cadre
30:55pour un reportage
30:56et il n'était plus là.
30:57Eh bien oui,
30:58ils sont élevés.
30:59Quand ils sont arrivés,
31:00on s'est dit
31:00ah mais qu'est-ce que c'est,
31:01ils nous envahissent ?
31:02On s'est rendu compte
31:03que pas du tout,
31:04ils étaient là,
31:04ils rendent des services,
31:05ils ont fait partie du paysage
31:06en créant des sociales formidables
31:08et aujourd'hui,
31:09c'est le consumérisme néolibéral
31:10qui les dégage
31:11pour remplacer
31:11par des enseignants.
31:13Votre boîte,
31:13c'était du William Sorin
31:14probablement,
31:15je ne sais pas si...
31:15Je ne sais plus vraiment,
31:16je ne sais plus,
31:16et vous vous êtes régalé
31:17avec une boîte de conserve
31:18de choucroute.
31:20J'étais heureuse.
31:22Vous aviez introduit
31:23un petit peu d'Alsace
31:24dans la monotonie parisienne.
31:27Vous dites,
31:28alors il y a un chapitre
31:29qui est délicieux,
31:30le Mistral souffle
31:32contre l'uniformisation parisienne.
31:34Donc le Mistral,
31:35vous faites bien entendu
31:36allusion à ce vent,
31:37le Mistral,
31:38qui est le vent
31:39qui vient du nord,
31:39qui arrive de la Suisse,
31:41qui descend à la vallée du Rhône,
31:42qui est un vent froid,
31:43qui est un vent du nord,
31:44dont j'ai appris l'autre jour
31:45que le dernier souffle
31:46finit presque aux Indes.
31:47Vous vous rendez compte
31:47de ce qu'il va ?
31:48C'est extraordinaire.
31:49C'est le nom de famille
31:49du grand poète provençal
31:51Frédéric Mistral,
31:52qui a créé
31:53le prix Nobel de littérature,
31:55qui a créé le Félibri,
31:56j'ai une identité provençale.
31:58Et vous dites,
31:58le Mistral souffle
31:59contre l'uniformisation parisienne.
32:02Mistral,
32:03le dieu Mistral
32:04puisse vous entendre
32:05parce qu'elle supporte bien
32:07l'uniformisation parisienne
32:08pour le moment.
32:09Là, en l'occurrence,
32:10c'était un chapitre
32:10sur la mode
32:12et c'est une de mes passions.
32:16J'adore l'artisanat d'art.
32:18C'est vrai que la mode,
32:19c'est Paris,
32:19on est d'accord.
32:20Eh bien, Mistral,
32:21c'était déjà posé la question
32:22et c'est ça qui m'a intéressée
32:23parce que je me suis dit,
32:25est-ce que...
32:26Alors, la tenue des Arlésiennes
32:27n'était pas faite à Paris.
32:28Non, elle n'était pas faite à Paris.
32:29C'est grâce à Mistral
32:30qu'elle a repris
32:31ses belles lettres.
32:32Alors, c'est du folklore,
32:33on va dire que c'est du folklore.
32:34Non, c'est de la tradition locale
32:36avec un patrimoine culturel ancien
32:38à transmettre et à préserver.
32:39Vous êtes très sensible
32:40au fait de transmettre
32:41les patrimoines.
32:42Oui, vous savez,
32:42j'ai un petit garçon
32:43qui a 7 ans aujourd'hui.
32:45Je suis très, très sensible
32:49à lui transmettre
32:52toute cette culture
32:53que moi-même je découvre.
32:55Il est bien accompagné,
32:56vous en convenez.
32:56Il est bien accompagné.
32:57Quel âge il a ?
32:57Il a 7 ans.
32:587 ans.
32:58Je suis très heureuse
32:59parce qu'il sait...
33:00Il pourra bientôt lire le livre.
33:01Donnez-lui, c'est un...
33:02Ah oui, il m'a demandé d'ailleurs
33:04si c'était le sien.
33:05J'ai dit oui, il est à toi.
33:06Je dis, c'est très accessible.
33:09Merci.
33:09Voilà, vous êtes très clair,
33:10c'est du beau français,
33:12mais c'est pas intellectuel tordu,
33:15confisqué uniquement
33:16à Bac plus 14.
33:17Tout le monde peut le lire
33:18et on se régale en le lisant.
33:19C'est vrai que je l'ai écrit
33:20à la fois pour ceux
33:21qui connaissent la France,
33:22ceux qui la découvrent,
33:23aux étrangers qui veulent
33:25la découvrir.
33:26En fait, il est pour tout le monde
33:27et pour les enfants
33:28parce qu'il y a des dessins.
33:29Quand j'étais étudiante
33:30à l'université,
33:31je prenais aussi des cours
33:33aux arts déco,
33:34des cours d'illustration
33:35et j'ai arrêté de dessiner
33:37pendant 20 ans
33:38et je me suis dit...
33:39On n'a pas parlé
33:40de vos dessins.
33:40C'est là l'autre moitié du livre.
33:43Rien que les dessins
33:44racontent une histoire,
33:45on croit.
33:45On n'a presque pas besoin
33:46de livres,
33:46je ne devrais pas dire ça,
33:47tellement ils sont parlants.
33:48C'est gentil.
33:49Voilà, j'ai voulu écrire
33:50à la plume et au pinceau.
33:53Effectivement,
33:53mon fils a participé
33:55dans le sens
33:56où il m'a fait des propositions.
33:57Donc, c'est vraiment
33:58un livre...
33:59Comment il s'appelle
34:00votre fils ?
34:00Raphaël.
34:01Raphaël, voilà.
34:02Et alors,
34:04donc,
34:04ces paysages
34:07que vous dépeignez,
34:09je voudrais que vous parliez
34:10de votre talent de dessinatrice.
34:13C'est de la gouache,
34:14c'est de l'aquarelle.
34:17C'est très simple
34:18comme dessin,
34:19ils sont très parlants.
34:20Ce sont des coups de cœur
34:21à chaque fois ou non ?
34:22Ce sont des coups de cœur
34:24soit...
34:26Alors, on a fait un tri,
34:27bien sûr,
34:27avec l'éditrice
34:28parce que j'avais énormément
34:29de dessin,
34:30donc on n'a pas pu tout mettre.
34:31Vous ferez une expo un jour
34:32avec vos dessins.
34:32Ah, peut-être, oui.
34:34Par exemple,
34:34j'en ai apporté une,
34:36mais voilà,
34:37il faut faire des choix
34:38à un moment.
34:39Alors, on est à la radio,
34:40tout le monde ne la verra pas.
34:41Oui,
34:41c'est pas filmé,
34:42effectivement,
34:42mais voilà,
34:43ce que j'aimais,
34:44c'était la poésie aussi
34:45dans les menus
34:46des restaurants,
34:47notamment ce restaurant
34:48où j'avais été
34:49dans le Périgord,
34:52entrée,
34:52plat,
34:53dessert,
34:53velouté d'épinards,
34:55oeufs,
34:56mollets et asperges,
34:56médaillons de volaille
34:58tomés à la noix.
35:00La poésie.
35:01Saumon mariné au citron.
35:02La poésie de certains menus.
35:04Alors, attention,
35:04il ne faut pas tomber
35:05non plus dans la sophistication
35:06artificielle,
35:07mais le terme des plats
35:08de terroir
35:09rend une poésie très forte.
35:10Claire Coss,
35:11on se retrouve dans quelques instants
35:12pour continuer
35:13cet échange passionnant.
35:14Et vous aussi,
35:15parlez-nous de votre
35:15coin de paradis
35:17où que vous viviez en France.
35:18Parlez-nous
35:19de ce que vous avez
35:19en face de vous.
35:20Tiens,
35:200826 300 300.
35:22A tout de suite.
35:24Sud Radio,
35:25la France dans tous ses états.
35:28Je préfère mille fois
35:29être moqué
35:30pour mon amour
35:31de la France
35:31que de ressembler
35:32à ceux qui passent
35:33leur temps
35:33à cracher
35:34dans la soupe tricolore.
35:36Je choisis
35:37le roman national
35:38au cauchemar national,
35:40celui que certains
35:40s'acharnent
35:41à écrire en noir
35:42comme si rien
35:43ne valait la peine
35:44d'être célébré.
35:45Claire Coss,
35:46c'est une déclaration politique.
35:47Tout à l'heure,
35:47vous me disiez
35:48je ne fais pas de politique.
35:49C'est une très très forte phrase.
35:51Qu'est-ce qui vous a poussé
35:52à l'écrire ?
35:53Et connaissez-vous
35:54des Français
35:55qui n'aiment pas la France ?
35:56Oui.
35:57Alors vraiment,
35:58je tiens vraiment
35:58à préciser
35:58que ce n'est pas
35:59une déclaration politique
36:00parce que
36:01moi,
36:02moi,
36:04si aimer la France
36:05c'est une position politique,
36:07c'est terrible.
36:08Ça doit être
36:08le seul pays au monde
36:09où on est dans...
36:10C'est devenu une réalité.
36:11Dire qu'on aime la France
36:12aujourd'hui,
36:13c'est jugé par certains
36:14comme réactionnaire,
36:15voire xénophobe,
36:16voire fasciste.
36:17Donc, voyez.
36:17C'est complètement stupide.
36:19Moi, je dirais que c'est même...
36:19Enfin, c'est plus que ça.
36:21C'est moi,
36:21la fille d'origine étrangère
36:22qui le dit.
36:23C'est anti-français
36:24au possible.
36:25Comment on peut
36:25condamner quelqu'un
36:27qui aime son pays ?
36:28C'est de l'ordre...
36:30Excusez-moi,
36:31c'est de l'ordre
36:31de la psychiatrie,
36:32j'ai envie de dire.
36:33Psychoanalyse.
36:33Psychoanalyse.
36:35Au choix.
36:36Au choix.
36:37Oui.
36:38En fait,
36:38aussi,
36:39j'avais envie
36:39d'apporter un souffle
36:40de légèreté
36:41et de bonheur
36:42sans prétention,
36:43évidemment.
36:44Mais c'était aussi ça
36:45la raison pour laquelle
36:47j'ai tenté
36:48de rassembler
36:49toutes ces merveilles
36:50pour dire que
36:51le paradis,
36:52il n'est pas perdu.
36:53Il est sous nos yeux.
36:54Malheureusement,
36:54aujourd'hui,
36:55il y a des personnes
36:56qui regardent mal la France
36:57ou qui la dévalorisent.
36:59Comment vous l'expliquez ?
37:01Alors,
37:01de la part d'étrangers
37:02qui n'ont pas voulu
37:02s'intégrer
37:03parce qu'ils ont
37:03un ressentiment politique
37:05ex-colonial
37:06contre la France,
37:07admettons,
37:08ça fait partie
37:08d'un débat.
37:09Mais des Français,
37:11comme on dit
37:11très vulgairement
37:12de souffle
37:13dont la famille française
37:14depuis toujours
37:14qui sont là,
37:15qui ont envoyé
37:16des gens qui disent
37:17je n'utilise pas
37:18ou le drapeau français
37:20c'est tout de suite
37:21un signe
37:21dont il faut se méfier.
37:22Vraiment,
37:23j'ai du mal à comprendre
37:24que j'en ai rencontré.
37:25Ça vous interpelle
37:25pour ne pas dire
37:26que ça vous choque
37:26ou que ça vous heurte.
37:27Je suis face
37:29à une incompréhension
37:30en fait.
37:31Et pour le coup,
37:32ça m'est arrivé.
37:33Je vous le dis,
37:33dès que je parle
37:34de mon amour de la France,
37:35on me dit
37:35tu idéalises la France.
37:38Ça, c'est pas une idée.
37:39Ça n'exemple pas
37:39l'histoire de France
37:40des erreurs
37:40qu'elle a pu commettre
37:41et quelques fois même
37:42de crimes
37:42que l'histoire de France
37:43a commis
37:43comme toutes les grandes nations
37:45en commis.
37:45Regardez, je suis d'origine turque.
37:46La Turquie ici
37:46a été un grand empire colonial.
37:49Les Turcs ne sont pas
37:49dans cette démarche
37:50d'autoflagellation.
37:52On reste fiers
37:53d'être Turcs.
37:54Même dans un pays
37:55qui est divisé.
37:56C'est pas une question.
37:56C'est pas une...
37:57Vraiment,
37:57c'est pas la question.
37:58Et en fait,
38:00je sais pas
38:01ce qui se passe
38:01en France.
38:02Moi,
38:03j'ai envie
38:04de...
38:05À cette période
38:06vraiment difficile
38:07où on tape
38:08sur la France...
38:09Encore une fois,
38:10je ne dis pas
38:10que tout est beau
38:10et que tout est rose.
38:11C'est pas ce que je dis.
38:11mais il y a un moment aussi...
38:14Moi,
38:14je n'ai pas envie
38:14de sombrer.
38:15J'ai envie de montrer
38:16des belles choses
38:17pour un peu sortir
38:17la tête de l'eau
38:18et dire
38:18il y a des belles choses
38:20en France.
38:21Je l'ai écrit
38:22dans cet esprit-là
38:23en fait,
38:24ce livre.
38:25Et j'aimerais
38:25que ces personnes
38:26qui disent...
38:27qui ont une mauvaise image
38:28d'eux-mêmes,
38:29j'aimerais qu'ils lisent
38:29pour se dire
38:30c'est vrai qu'il y a ça
38:31de fantastique.
38:32Il y a ça,
38:32il y a ces auteurs.
38:34La France,
38:35elle a rayonné
38:35dans le monde entier.
38:37C'est un phare.
38:37Ce livre vous prend
38:38par la main
38:39quand vous soyez étranger,
38:41que vous arriviez
38:41ou que vous soyez français,
38:42peut-être blasé
38:43ou inconscient
38:44ou insouciant
38:45de ce qui se passe.
38:46Ce livre,
38:46quand on l'utilise,
38:47il faudrait l'avoir
38:48tout le temps sur soi.
38:49Tous les soirs,
38:49une petite page.
38:51Il vous prend par la main,
38:52il vous raconte ce pays
38:54et surtout,
38:55comme on dit,
38:56c'est pas tout
38:57de donner un poisson
38:57à quelqu'un qui a faim,
38:58c'est de lui apprendre
38:59à pêcher.
39:00Ce livre vous apprend
39:00à pêcher les bonheurs
39:01de la France,
39:02à les détecter,
39:03à les débusquer,
39:04à les comprendre
39:05parce qu'il y a du décryptage,
39:06bien sûr,
39:07et ça vient de votre part.
39:08C'est tellement évident
39:09ce que vous racontez,
39:10il y a tellement de gens
39:11qui passent à côté.
39:12Je fais allusion,
39:13l'autre jour,
39:13j'étais dans le Périgord
39:16avec Pierre Bonte,
39:17le journaliste,
39:18vous le citez,
39:19c'est un pasteur de terroir,
39:20Pierre Bonte,
39:2191 ans,
39:23il a animé une émission
39:24qui s'appelait
39:25Bonjour Monsieur le Maire,
39:26il allait voir la France
39:26dans ses territoires,
39:27dans les endroits
39:28les plus reculés
39:29et c'est devenu
39:30de ce côté-là
39:30quelqu'un qui a une réputation
39:32auprès
39:33de tous les petits maires
39:34et la France de Pierre Bonte,
39:36c'est celle que vous racontez.
39:36Aujourd'hui,
39:37il en reste beaucoup,
39:38il en reste beaucoup.
39:38Oui, il en reste beaucoup,
39:39effectivement,
39:40quand je vais
39:41dans les villages,
39:43et oui,
39:44je vois la joie
39:45des personnes,
39:46il y a un patriotisme
39:47très fort dans les villages.
39:48La notion de village,
39:49déjà inquiétante.
39:49Déjà la notion de village
39:50et puis de la notion
39:51de la France
39:52et puis quand vous avez
39:53les Mademais,
39:54moi j'ai découvert ça
39:55dans le Périgord,
39:55l'honneur du patron
39:56avec le drapeau français,
39:58c'est fantastique,
39:58je raconte comment j'ai vu ça
39:59et comment j'ai fait
40:00pour me renseigner,
40:01je suis allé dans
40:01le bureau de poste du coin
40:03et j'ai demandé
40:04ce que c'était
40:05et en fait,
40:06je me rends compte
40:07qu'il y a plein de choses
40:10qu'on ne connaît pas,
40:11qu'on ne comprend pas,
40:12on ne prend pas la peine
40:13de se renseigner,
40:14d'essayer de comprendre.
40:14C'est pour ça que je dis
40:15que quand on aime la France,
40:16on essaie de la comprendre
40:18et pour la comprendre,
40:19il faut la regarder,
40:20il faut interroger,
40:21il faut s'intéresser à elle
40:22et la France,
40:23elle a énormément
40:24à nous apporter.
40:25Tout est simple
40:26quand on veut se renseigner
40:28sur la France,
40:28même les noms des rues
40:29par exemple,
40:30je donne
40:30la rue de la Truandrie,
40:33pourquoi elle s'appelle
40:34comme ça ?
40:34Parce qu'il y avait des trucs,
40:35enfin,
40:35on ne voulait pas
40:36nous mettre les pieds.
40:36La rue du chat qui pêche
40:37mais même dans les villes
40:38de province et de région,
40:39vous avez des noms de rues
40:40qui sont merveilleuses.
40:41Et logique aussi quelque part,
40:43c'est ça,
40:43je veux dire,
40:43quand vous allez
40:43Place d'Italie,
40:45c'est parce que c'est
40:45la rue qui menait
40:47vers l'Italie.
40:49Vous faites un éloge
40:50de Paris
40:50où personne n'est plus
40:51du bien de Paris
40:51et vous rappelez
40:52que cette ville
40:52est une ville,
40:53la ville lumière,
40:54est une ville merveilleuse
40:55avec des paysages internes
40:56formidables.
40:57Je vais vous poser
40:57une question extrêmement
40:58douloureuse,
40:59extrêmement conflictuelle
41:00à laquelle vous allez avoir
41:01horriblement de mal à répondre.
41:03Est-ce que malgré tout,
41:03vous avez un petit coup de cœur
41:05pour une ou autre
41:06territoire français ?
41:07Je ne sais pas
41:08si je dois vous dire
41:08département,
41:09région, province.
41:10Est-ce qu'il y a
41:10un paysage de France
41:11parmi les millions
41:12qui sont sublimes,
41:14qui vous interpelle
41:15un peu plus ?
41:16Vous ne le mettez pas
41:17en supérieur
41:17parce qu'il y a
41:18peut-être un sentiment.
41:19Est-ce que Arles,
41:20par exemple,
41:20ça vous parle ?
41:21Évidemment,
41:22Arles.
41:23Vous êtes à Arles,
41:26vous découvrez la Provence,
41:27le midi de la France
41:28et vous demandez à Dieu
41:29de vous trouver un mari
41:30qui soit conforme
41:31à ce paysage
41:32et votre vœu est exaucé.
41:33Mais c'est extraordinaire
41:34comme histoire.
41:35Racontez-nous ça,
41:35quelque chose.
41:36C'est la magie de la France,
41:37c'est extraordinaire.
41:38Quel pays ?
41:39C'est vraiment le paradis.
41:41Effectivement,
41:41j'ai toujours été attirée,
41:43je ne sais pas,
41:43mes pieds ont toujours été attirés
41:44par le sud de la France.
41:46Il y a quelque chose
41:46qui m'attire.
41:48Parce qu'aussi,
41:48je suis peut-être,
41:49moi je suis d'origine orientale,
41:51mais il y a quelque chose
41:53qui peut-être se rejoint.
41:54Les liens sont très anciens
41:55entre la France et l'Orient.
41:56D'ailleurs,
41:57la France est en partie orientale
41:58par ses racines culturelles,
42:00philosophiques.
42:01Alors,
42:02en tout cas,
42:02je pars pour un reportage
42:04à Arles.
42:06Et puis,
42:06j'aime tellement ce coin
42:07à Arles,
42:08Marseille,
42:09tout ce territoire-là,
42:11ce soleil,
42:12la Lavande,
42:13la Provence.
42:15C'est une civilisation.
42:16Je ne sais pas,
42:17j'adore.
42:17C'est la civilisation romaine
42:18en Provence.
42:19C'est le fondement de la France.
42:20Arles,
42:20un des fondements de la France.
42:21Moi,
42:22j'ai un coup de foudre,
42:23un coup de foudre
42:23géographique,
42:27sentimental,
42:28et je prie,
42:30je prie,
42:30je veux tellement
42:32que mon mari soit d'ici.
42:33Mais vous avez une allure
42:34d'Arlesienne d'ailleurs,
42:35quand on vous regarde bien,
42:35vous pourriez être
42:36dans un personnage
42:37de Giono
42:38ou de Mistral.
42:39Ah,
42:40c'est gentil.
42:40Et vous rencontrez
42:41votre mari.
42:42Et quelques années plus tard,
42:42effectivement,
42:43je fais la rencontre
42:44de mon mari
42:45qui me dit,
42:46alors lui,
42:46il est parisien,
42:47mais qui me dit
42:48que ses parents
42:49et ses grands-parents
42:50sont moitié
42:51Arlésiens,
42:52moitié Marseillais.
42:54Très bel assemblage.
42:56Très bel assemblage.
42:58Voilà,
42:59que demander de plus.
43:01C'était merveilleux.
43:02C'était merveilleux.
43:02Donc voilà,
43:03un paysage Arles vous parle
43:04et vous découvrez
43:04les femmes habillées
43:06en Arlésienne
43:07parce que c'est
43:07la tenue traditionnelle.
43:09Vous vibrez
43:09pour la Bretagne.
43:11Oui,
43:12parce que j'ai grandi là-bas.
43:13J'adore.
43:13Et puis,
43:14il y a un paysage,
43:16en tout cas,
43:17un coin de France
43:18que j'aimerais beaucoup découvrir,
43:20c'est la Corse.
43:21Je ne connais pas du tout,
43:22mais je vois les photos,
43:24je vois sur Internet.
43:25Vous vous régalerez.
43:26Alors attention,
43:27il y a,
43:28dans l'histoire de France,
43:29la France n'est pas faite
43:29en une seule fois.
43:30Vous avez des territoires français
43:32qui revendiquent
43:32un peu une histoire
43:33un peu différente,
43:34une culture un peu différente,
43:35une identité,
43:36on peut le dire.
43:37Et c'est l'ensemble
43:37de ces identités,
43:38de cette diversité française
43:39qui fait cette grande nation.
43:42Ils nous ont donné Napoléon,
43:43c'est extraordinaire.
43:44Bien sûr,
43:44l'histoire.
43:45Voyez,
43:45aujourd'hui,
43:46on est en train
43:47de reconstruire
43:47l'histoire de France
43:49et vous,
43:49vous témoignez
43:50qu'elle est belle.
43:51Il y a un personnage
43:52historique français quand même
43:53qui pour vous
43:54est quelqu'un de particulièrement sympathique.
43:56Un ou une ?
43:57Vous me posez la question ?
43:58Oui,
43:59il y en a plusieurs.
44:00J'ai fait un petit
44:01une petite liste
44:03dans le livre
44:04mais c'est vrai que
44:05moi,
44:06ce serait Jeanne d'Arc
44:07qui pour moi
44:07incarne vraiment
44:09le courage.
44:10Elle colle beaucoup de cage.
44:12Oui,
44:12et puis je trouve ça étonnant
44:14que certaines féministes
44:16aujourd'hui
44:16ne la montrent pas en modèle
44:18parce que c'est une femme.
44:19Elle a été qualifiée
44:21de sorcière,
44:22elle a été brûlée vive.
44:23Elle a tout subi.
44:24Elle a tout subi.
44:25Quel courage à son âge.
44:27Et elle a sauvé la France.
44:28Oui,
44:28et puis de lever une armée.
44:29Je trouve qu'il y a une histoire extraordinaire
44:32à raconter autour d'elle.
44:34Je ne sais pas pourquoi
44:35Jeanne d'Arc est oubliée comme ça
44:38où elle n'est pas...
44:39Il fut un temps où quand même
44:40elle était célébrée.
44:41Max Gallo
44:42en a écrit des très belles pages.
44:44Alors comme elle a été souvent utilisée
44:46par le régime de Vichy
44:47comme un emblème
44:48de la femme
44:48qui sauvait la France.
44:49En plus,
44:50elle, c'était contre les Anglais.
44:51Il s'avère qu'à l'époque,
44:52c'était aussi les Anglais
44:53qui n'étaient pas aimés
44:54par le régime du Maréchal Pétain.
44:56C'est pour ça
44:56qu'elle a été récupérée
44:57et détournée.
44:57Mais ça reste un grand emblème
44:58de notre histoire nationale.
45:00Il y a d'autres femmes aussi.
45:02Il y a des écrivaines,
45:03il y a des artistes.
45:04Brigitte Bardot,
45:04moi je vais vous dire
45:05Brigitte Bardot,
45:05vraiment,
45:06pour moi,
45:07ça a été un séisme dans ma vie
45:09parce que je venais d'une famille
45:10où être une femme,
45:12ce n'était pas rien
45:12mais ce n'était pas grand-chose
45:13et je n'avais pas le droit de parler.
45:15J'avais le droit
45:16à une chose,
45:17c'était de m'effacer.
45:19Et quand j'ai découvert
45:21pour la première fois
45:23Brigitte Bardot
45:23dans un film
45:24et Dieu créa la femme,
45:26notamment c'était celui-là
45:27et je me suis dit
45:28elle est extraordinaire.
45:31Mais pour moi,
45:31elle incarne vraiment,
45:32c'est une icône,
45:34féministe même,
45:35j'ai envie de dire
45:36féminine, féministe.
45:37C'est une page d'histoire.
45:38C'est une page d'histoire.
45:39Elle a fait beaucoup de bruit.
45:41Il me semble que
45:42le Vatican l'avait,
45:44comment on appelle ça ?
45:47Oui.
45:47Non, non,
45:47rejetait.
45:48Oui, oui, oui.
45:49Pas condamné
45:50mais enfin bon,
45:50elle faisait partie,
45:51elle incarnait un petit peu.
45:52Excommunier, il me semble.
45:53Alors, je ne vais pas dire de bêtises.
45:54Non, non, pas jusque-là
45:55mais enfin, il y avait une méfiance.
45:56Je crois qu'il y avait quelque chose
45:57vraiment, elle inquiète.
45:59Claire Coche,
46:00le paradis français,
46:02une déclaration d'amour
46:04une ode à l'amour de la France.
46:07Le roi Le Philippe avait fait graver
46:08sur le château de Versailles
46:09à toutes les gloires de la France.
46:11Et vous,
46:12j'allais dire,
46:13vous ne dites pas
46:14ce récit français
46:17avec les mots du cœur.
46:19Vous le dites avec
46:19les mots de la France.
46:21Voilà.
46:21Et je vous félicite
46:22pour ce merveilleux travail.
46:24J'espère qu'on aura l'occasion
46:25de se retrouver.
46:25Merci Claire Coche.
46:26Merci beaucoup.
46:27A bientôt.
46:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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