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Avec Emmanuel Razavi, journaliste et auteur de Paris-Téhéran : Le grand dévoilement (Éditions du Rocher)


Retrouvez La France dans tous ses états avec Périco Légasse du lundi au jeudi de 12h à 14h sur #SudRadio.

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##LE_FACE_A_FACE-2026-03-18##

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Transcription
00:00La France dans tous ses états, le face à face.
00:04Vous êtes bien sur Sud Radio et aujourd'hui nous allons parler, on parle beaucoup de l'Iran,
00:09mais nous allons approcher l'Iran sous un angle un peu différent,
00:12sous une thématique un peu différente, qui est la relation, j'allais dire, d'information culturelle,
00:21voire psychologique, entre cette grande nation qui est l'Iran, la Perse,
00:25un grand peuple, une vraie civilisation, qui a toujours entretenu des liens très étroits avec la France,
00:31beaucoup d'Iraniens sont français-Iraniens, c'est le cas de notre invité d'aujourd'hui,
00:36Emmanuel Razavi, qui a co-écrit avec Jean-Marie Montali cet ouvrage,
00:40qui dit tout, Paris-Téhéran, le grand déroulement, 50 ans de falsification française sur l'Iran,
00:45la vérité sur hier, aujourd'hui et demain.
00:48Le débat va être passionnant, c'est même pas un débat,
00:50c'est un échange que je vais avoir avec mon confrère Emmanuel Razavi.
00:56On va certainement essayer d'expliquer, de décrypter pourquoi c'est malentendu.
01:00On se souvient tous de l'image de l'Ayatollah Cominian au fleu Le Château en 1978,
01:04et tout le monde pensait que c'était le libérateur de la patrie,
01:07et que la République française, que M. Giscard d'Estaing avait bien fait d'accueillir ce saint homme,
01:10qui allait détrôner évidemment l'épouvantable régime du chat.
01:13On sait aujourd'hui que ce n'est pas tout à fait exactement comme ça qu'il faut voir les
01:17choses.
01:17On connaît aujourd'hui la brutalité, la violence, l'abomination du régime du Mola.
01:21Emmanuel Razavi va un petit peu plus loin dans les dessous de cette affaire.
01:24Merci Emmanuel Razavi d'être aujourd'hui sur Sud Radio.
01:29Votre ouvrage est publié aux excellentes éditions du Cerf,
01:34que dirige notre ami Jean-François Colossimo,
01:36qui est un éditeur qui est aujourd'hui en phase avec la réalité de l'époque.
01:41Courageux.
01:41Courageux avec laquelle nous vivons.
01:43Emmanuel Razavi, on verra le contenu.
01:46Vous prenez un peu des risques, parce que je ne dis pas que vous réhabilitez le régime du chat.
01:49Vous le repositionnez, et nous disions tout à l'heure hors antenne.
01:52Aujourd'hui avec le bilan, est-ce que Kadhafi en Libye, ça serait dans l'horreur que c'était,
01:56est-ce que ça serait quand même moins pire que ce qu'on a ?
01:58Est-ce que l'Irak de Saddam Hussein, avec les erreurs que l'on sait, ça serait quand même moins
02:02pire ?
02:03Voilà.
02:03Et la question que tout le monde se pose,
02:05qu'est-ce qui va en Syrie ?
02:06Ça a été remplacé par quoi ?
02:08On n'est pas sûr du tout que ce soit le bon choix.
02:10Et là, l'Iran est au cœur de la tragédie.
02:12Est-ce que ces grandes nations méritent, elles aussi, de s'aventurer vers un futur qui soit chaotique ?
02:19Pourquoi avoir décidé d'écrire ce livre maintenant ?
02:22Ouh là ! Alors ce livre, c'est un projet...
02:24Il tombe à pic, hein !
02:24Il tombe à pic, mais parce que...
02:26Alors je vais vous dire la vérité.
02:27Ce livre, en fait, j'y pense depuis toujours, je crois.
02:30J'ai vécu 1978-1979, la révolution islamique.
02:34Parlez-nous un peu de vous.
02:35Vous êtes de père d'origine iranienne, de bébé française.
02:37Alors mon père, mon père est iranien.
02:39Mon père, en fait, appartenait, il est mort maintenant, mais il appartenait à une famille de l'aristocratie iranienne.
02:44Mon père était quelqu'un de très œcuménique, qui parlait à tout le monde,
02:46et qui considérait que parce qu'on était en France, il n'allait pas faire de politique, il parlait à
02:51tout le monde.
02:51Ce qui fait que, quand il y a eu la révolution islamique, alors qu'il sortait d'une famille de
02:54l'aristocratie,
02:55il a ouvert notre maison familiale à des communistes, à des moudjahidines du peuple.
02:59On va tous dire, il était plutôt proche du régime, sans être...
03:03Non, je crois qu'il était attaché à une certaine tradition, c'est un peu différent,
03:07mais je crois que, comme beaucoup de gens, en fait, qui étaient liés à la monarchie iranienne,
03:10ou à l'aristocratie iranienne, c'était des gens qui avaient été éduqués, en fait, avec, en eux, l'ouverture,
03:16en fait, au monde.
03:17Et il était normal, en fait, d'accepter à sa table des gens qui ne pensaient pas, en fait, comme
03:21eux.
03:21C'est peut-être, d'ailleurs, on y reviendra ce qu'il les a perdus.
03:23C'est-à-dire qu'ils ont toujours considéré que les gens qui ne pensaient pas comme eux
03:26avaient un destin, en fait, ou une communauté, en fait, d'idées, quand même, avec eux,
03:29parce qu'ils étaient iraniens, qu'à partir de là, on pouvait tout se permettre.
03:32Mais ça a été le cas du Shah, qui a refusé de faire emprisonner un certain nombre de gens,
03:36tout simplement parce qu'ils étaient iraniens.
03:38Ça, on ne le sait pas.
03:39Et on le sait pas. C'est ce qu'on raconte, en fait, dans le livre.
03:41Et si vous voulez, j'ai vu, moi, mon père, j'avais 11 ans, quand il y a eu la
03:44révolution iranienne,
03:46mon père qui apprenait régulièrement la mort d'un cousin, d'un oncle, d'un proche, de la famille,
03:51qui avait été assassiné par les gardiens de la révolution,
03:55qui avait été... Alors, les gardiens de la révolution, pour vos auditeurs,
03:59c'est le bras armé, en fait, du régime iranien.
04:01On en parle beaucoup, en fait, en ce moment.
04:03C'est une milice paramilitaire qui a ses escadrons, je dirais, de la mort,
04:07et qui s'en sont pris immédiatement aux gens qui étaient liés, en fait, à la monarchie,
04:11qui étaient aristocrate, ou tout simplement, qui étaient parfois des libéraux dont ils ne voulaient pas.
04:15C'était des islamistes. Ils le sont toujours.
04:17Et donc...
04:18Un peu les sans-culottes, voilà.
04:19D'une certaine manière, bien sûr, enfin, version chiite radicale.
04:24Et si vous voulez, à cette époque-là, un certain nombre, en fait, d'intellectuels...
04:27Alors, je vous dis ça parce que moi, j'étais enfant, j'avais 11 ans,
04:29mais j'ai baigné là-dedans.
04:31J'entendais parler, en fait, de Foucault, presque quotidiennement, en fait, à la maison.
04:34On va y revenir, hein.
04:35Michel Foucault qui va...
04:36Du grand reporter, qui était très brillant,
04:38et qui trouve que c'est pas si mal que ça, finalement.
04:40Voilà, d'Éric Rouleau.
04:41Et en fait, personne ne...
04:42Les Iraniens...
04:44Vous savez, Roménie, il n'était pas très connu en Iran.
04:45Il faut le savoir.
04:46Il s'est fait connaître, en fait, dans les années 60-70,
04:48comme opposant, en fait, au roi.
04:50On viendra, je vais vous expliquer sur quoi, si vous le voulez.
04:52Il est devenu un opposant.
04:53Mais, en fait, ces gens-là ne comprenaient pas
04:55pourquoi la France donnait autant d'intérêt, en fait, à Roménie,
04:58qui était un islamiste extrêmement dur.
05:01Mon père, qui était quelqu'un d'assez lettré,
05:03avait, d'ailleurs, même ses fascicules de Roménie, en fait, à la maison.
05:06Et je le dis parce qu'à l'époque, Foucault, qui compare...
05:09Foucault, donc, c'est un philosophe...
05:10Michel Foucault, philosophe de la gauche moderne.
05:13Oui, qui a une caisse de résonance énorme en France,
05:17mais au-delà de la France, jusqu'aux États-Unis,
05:19où on le cite dans les universités, quand même, à l'époque où on l'enseigne.
05:23Foucault dit dans un de ses articles
05:26que Roménie est un saint.
05:28Il le compare à un saint.
05:29Il emploie, en fait, ce mot-là.
05:30Il faut savoir qu'à l'époque, Roménie avait écrit plusieurs, en fait, livrets
05:35qui avaient été publiés en Irak et en Iran.
05:38Ces livrets se trouvaient, pour certains, en fait, en France.
05:41Je peux vous le dire, puisque mon père en avait.
05:43Et il s'intéressait à ce que racontait.
05:44Il disait quoi, ces livrets d'Emmanuel Razavi ?
05:45Eh bien, je vais vous donner un exemple.
05:47On en parle, en fait, dans le livre.
05:48Oui, oui.
05:51Roménie racontait comment exécuter les homosexuels
05:55en les jetant du toit d'un immeuble,
05:58avec les bras attachés dans le dos.
06:00Ça vous fait penser à quoi ?
06:01À Daesh, évidemment, avant l'heure.
06:01Bien sûr, bien sûr.
06:03Il expliquait que les homosexuels,
06:04on pouvait aussi les décapiter, en fait, à coup de sabre, d'accord ?
06:07Et qu'une fois qu'on les avait tués,
06:08il fallait brûler leur corps.
06:10Voilà ce que Roménie, donc, a écrit à l'époque.
06:12Et voilà, en fait, l'homme qui est encensé, en fait,
06:14par nos universitaires, nos chercheurs, nos intellectuels.
06:18Ça, c'est écrit avant 1979, en l'évêque.
06:19Alors ça, précisément, c'est écrit, en fait,
06:21entre les années 50 et 1965.
06:24Il y a beaucoup, en fait...
06:25On y revient dans le livre.
06:26Il y a beaucoup d'anecdotes, en fait, qu'on reprend,
06:28qui sont écrits dans les années 64-65, en fait, notamment.
06:30Mais il avait écrit des livres déjà 20 ans avant.
06:33Je vous interromps, dans l'histoire, il y a déjà...
06:34Alors, je ne vais pas faire de métaphore stupide avec Mein Kampf,
06:36mais on avait souvent des écritures
06:38qui indiquaient la règle du jeu qui allait être appliquée.
06:41On ne voulait pas le lire.
06:42Alors, vous avez raison.
06:43Comme il dit, si on avait cherché, on aurait trouvé ce texte.
06:44C'est très important.
06:45Et Roménie, à l'époque, parle notamment, en fait, de démocratie,
06:48en disant, la démocratie, c'est un concept, en fait, qui est occidental.
06:51Il ne faut pas utiliser le terme démocratique.
06:54C'est un terme qui ne convient pas.
06:56Et donc, il donne déjà son projet par rapport aux démocraties.
06:58Or, à l'époque, lorsqu'il est, vous l'avez rappelé tout à l'heure,
07:01très justement, en octobre 1978,
07:05Roménie vient en exil, dans la région parisienne,
07:08à Neuf-le-Château, où il s'installe,
07:10jusqu'en janvier 1979.
07:13Il raconte aux journalistes, qui viennent l'interviewer,
07:16il y a des intellectuels, il y a des comédiens.
07:17C'est un défilé, vous savez, c'est un défilé d'intellectuels de journalistes.
07:20Il raconte aux journalistes qu'il va instaurer, en fait, la démocratie en Iran.
07:25Tout le monde, en fait, le croit, alors qu'il a écrit le contraire.
07:28Alors, la question est, évidemment, est-ce que ces gens l'avaient lu ?
07:31Évidemment, non.
07:32Mais, quand on s'appelle Foucault, quand on s'appelle Sartre,
07:36quand on s'appelle même Éric Rouleau, qui était un très grand journaliste,
07:39c'est une faute.
07:41Ils travaillaient pour des grands journaux.
07:42Ils auraient pu se procurer, en fait, les écrits de l'Aliatollah Khomeini,
07:45traduire parce qu'ils n'étaient pas écrits en français.
07:46D'autres l'ont fait, en l'occurrence.
07:47Surtout que la taqia existe aussi chez les chiites.
07:49On a le droit de mentir pour la cause.
07:51Mais vous savez que Khomeini a écrit un livre sur la taqia.
07:53Mais je le sais bien.
07:54Et j'ai interviewé au Figaro Magazine, il y a quelques semaines,
07:58l'un des fondateurs du corps des gardiens de la Révolution.
08:01Rappelez-nous ce qu'est la taqia, Emmanuel.
08:02Alors, aujourd'hui, de façon très réductrice,
08:04on dit que c'est l'art de la dissimulation,
08:06c'est-à-dire l'autorisation de mentir pour cacher, en fait,
08:10les intentions islamistes.
08:11C'est un peu plus complexe que ça.
08:12Mais aujourd'hui, c'est utilisé par les islamistes.
08:13Oui, mais ça veut dire qu'en France, des islamistes pourraient nous dire
08:15« Mais je respecterai le suffrage universel, la laïcité, la République,
08:18il n'y a pas de problème. »
08:19Et puis le jour où on est aux manettes, on dit « Mais pas du tout,
08:21ce n'est pas mes valeurs. »
08:22Je vais abonder, en fait, dans votre sens,
08:23en vous donnant un exemple que m'a donné Mosen Sazegara.
08:26Mosen Sazegara était le cofondateur des gardiens de la Révolution.
08:29Il était à Neuf-le-Château, durant l'exil, en fait, de Khomeini.
08:33Et il me raconte qu'il dit à Khomeini « Mais en fait, vous avez menti sur la démocratie ?
08:39»
08:40Et l'autre lui dit « Bah oui, bien sûr, j'ai menti,
08:42parce que, comment dire, notre objectif, l'exiger. »
08:47Et en fait, c'est assez intéressant de voir que les, comment dire...
08:49La faim justifie les moyens, il faut dire.
08:51Et bien sûr, ces intellectuels se laissent berner, en fait, par ce type,
08:54qui en plus, c'est très important, je le rappelle,
08:56parce qu'il parle des femmes, il est interrogé, par exemple, sur les femmes,
08:58en disant « Je vais leur donner des droits qu'elles n'ont pas. »
09:00Sauf qu'il ne dit pas une chose, c'est que depuis 1963,
09:03le roi, Mohamed Rezacha, a donné l'égalité en droit,
09:08d'accord, entre hommes et femmes.
09:10C'est un fait.
09:11Et que personne ne va même, en fait, en parler, ou ne va même...
09:14Alors, presque personne.
09:15C'est un fait.
09:16Parce qu'il faut rendre hommage au Figaro, qui est un grand groupe,
09:18et j'ai la chance de travailler avec le Figaro Magazine.
09:20Eux traitent de façon assez factuelle l'actualité en Iran à l'époque.
09:23Mais la majeure partie, en fait, de la presse, si vous voulez, occidentale,
09:27va reproduire en l'envie, en fait, ce qu'en raconte Roménie,
09:29sans même vérifier ce qui se passe, en fait, en Iran.
09:31Mais ça va loin.
09:32Vous l'avez dit très justement tout à l'heure,
09:34Foucault, il va en Iran, en 1978.
09:36Il aurait pu voir, se renseigner, interroger.
09:39D'ailleurs, on raconte, notamment, une scène
09:41où Foucault interroge les Iraniens.
09:44Allez-y, raconte-la.
09:44Alors, sans tout dévoiler, mais...
09:45Elle est explicite, la scène.
09:47Une dame, c'est un témoin que nous avons retrouvé.
09:49Son mari était pilote, en fait, de la compagnie civile aérienne Iraner.
09:54Et Foucault veut interviewer, en fait, des pilotes d'Iraner.
09:57Mais il se trompe.
09:58Il pense, en fait, que ce sont des pilotes, en fait, des pilotes de l'armée, en fait, de l
10:01'air.
10:02Donc, déjà, il se trompe.
10:03La deuxième chose, c'est qu'il y a sept pilotes qui sont réunis là.
10:07Et il n'écoute, en fait, que celui qui l'intéresse,
10:09c'est-à-dire celui qui est critique du chat.
10:11Tous les autres, donc, il ne prend pas, il ne note pas.
10:13C'est ce que nous raconte, en fait, cette dame.
10:15Quand les pilotes, à leur tour, lui posent des questions en lui disant
10:17« Mais vous en pensez quoi, de la situation, de ce qui est en train de se passer ? »
10:20Il ne leur répond même pas.
10:22Il les prend de haut et il est pressé de partir.
10:24Il a eu ce qu'il voulait.
10:25C'est ce que nous dit, d'ailleurs, ce témoin de l'époque,
10:27qui nous dit « En fait, Foucault a eu précisément ce qu'il voulait. »
10:31Et s'il voulait, on est allé faire, en fait, ces recherches
10:36viennent de l'Union soviétique en disant « Ce n'est pas du tout ce que je veux. »
10:38Non, ce n'est pas ça.
10:40Ce qui est important, c'est que ces témoins,
10:43personne ne les a jamais interrogés.
10:45Et nous, en fait, quand on a pris le parti de faire ce livre avec Jean-Marie,
10:47donc je vous le dis avec Jean-Marie Montali,
10:48mais moi, c'est depuis l'enfance que je veux réparer.
10:51En fait, on a donné hier notre livre
10:55à l'impératrice d'Iran, Farah Palavi,
10:57qui vit en exil, en fait, à Paris.
10:58Comment va-t-elle ?
10:59Écoutez, on l'a vu hier,
11:01plutôt toujours aussi resplendissant.
11:03Trappez-nous son âge.
11:04Elle a 87 ans.
11:05Elle a 87 ans.
11:06Et écoutez, c'est une femme qui est très énergique,
11:07très dynamique.
11:08Paradis bas.
11:09Les Iraniens appellent la mère de la nation,
11:11qu'ils admirent,
11:11mais on lui avait dit « On va faire un livre
11:13pour rendre un peu d'histoire aux Iraniens
11:15parce que cette histoire contemporaine,
11:18elle a été confisquée.
11:19Cette histoire iranienne,
11:20elle a été confisquée,
11:21braquée par ces intellectuels de la gauche radicale
11:23comme Foucault, comme Sartre.
11:25Jean-Paul Sartre, d'un mot, si vous le permettez.
11:27Jean-Paul Sartre, à l'époque,
11:29il est très ami, enfin, dans les années 70,
11:31avec Ali Chariyati.
11:34Ali Chariyati, il est considéré
11:37comme l'un des inspirateurs
11:38de la révolution islamique iranienne.
11:41Ali Chariyati, il a créé une organisation
11:42qui s'appelle
11:43Les Adorateurs Socialistes d'Allah.
11:46Il faut le faire.
11:47Jean-Paul Sartre dira
11:49« Si j'avais une religion,
11:50ce serait celle d'Ali Chariyati. »
11:53C'est-à-dire que c'est un festival,
11:54si vous voulez,
11:54en faveur des islamistes.
11:56Serge Julie,
11:57qui est à l'époque le patron de Libération,
11:59parle, on a retrouvé un de ses articles,
12:01toujours très bien écrit, évidemment.
12:02Il parle de chiito-socialisme, je crois,
12:05de mémoire.
12:06Enfin, si vous voulez,
12:07c'est un festival en faveur de cette révolution,
12:09qui est une révolution islamomarxiste.
12:10Il est sûr que si on fait l'inventaire
12:12des déclarations des intellectuels de gauche
12:14dans l'adoration des totalitarismes
12:17les plus abominables,
12:18on pourrait faire...
12:19Vous viendrez peut-être qu'on ferait une émission là-dessus.
12:20Nous sommes avec Emmanuel Razavi,
12:24témoin, témoin,
12:24parce qu'il est lui-même,
12:25par son enfance,
12:26parce qu'il a des diens personnels avec l'Iran.
12:28Auteur de Paris-Téhéran,
12:30le grand dévoilement,
12:3150 ans de falsification de l'histoire,
12:32on peut dire,
12:33sur l'Iran.
12:34Vous restez avec nous.
12:34Vous nous appelez au 0826-300-300.
12:37Vous n'êtes peut-être pas iranien vous-même,
12:39mais vous sentez qu'il y a des liens forts
12:40entre la France et l'Iran.
12:42Cette histoire nous touche.
12:43Cette tragédie nous interpelle.
12:45Ce n'est pas loin.
12:45C'est une réalité.
12:46Il y a toujours eu des liens historiques.
12:48Peut-être que vous avez envie d'intervenir
12:49sur la situation.
12:50Je vais poser tout à l'heure la question,
12:52dès qu'on reprendra l'antenne,
12:54à Emmanuel Razavi,
12:55est-ce que c'est une guerre juste ?
12:57Comme le dit Bernard-Henri Lévy,
12:58si vous avez un avis à donner
12:59sur la guerre avec l'Iran,
13:00si vous avez une question à lui poser
13:01sur les liens historiques
13:03entre l'Iran et la France,
13:04appelez-nous au 0826-300-300.
13:07Emmanuel Galasso attend votre appel.
13:08La France dans tous ses états,
13:10Perico-Legas.
13:12Vous êtes bien sur Sud Radio
13:13en ce mercredi 18 mars.
13:15Il est 13h20.
13:16Je reçois Emmanuel Razavi,
13:18auteur de Paris-Téhéran,
13:19le grand dévoilement,
13:2050 ans de sa falsification
13:21sur l'histoire des relations
13:23entre la France et l'Iran.
13:24Effectivement, les intellectuels de gauche
13:26ont toujours tendance à aduler
13:28les libérateurs
13:29quand ils ont un turban et des barbes
13:31ou d'autres.
13:31Et on sait que Jean-Paul Sartre,
13:33je pense qu'il a fait l'élange
13:35de tous les salauds de la Terre
13:36en considérant que c'était...
13:37Mais il disait d'ailleurs
13:38qu'il n'était pas communiste,
13:39il était un salaud.
13:40Donc voilà.
13:40Et ça n'empêche pas
13:41qu'on l'a considéré
13:42comme...
13:42Heureusement que Michel Donfré
13:43est là pour le ramener aussi
13:44à de justes considérations.
13:46On ne va pas parler
13:46de Jean-Paul Sartre aujourd'hui,
13:47même si cette allusion
13:48est tout à fait fondée.
13:49Emmanuel Razavi,
13:50on parle de la relation
13:51entre la France et l'Iran,
13:52comment les faits
13:54ont été présentés à l'époque
13:55par les intellectuels,
13:56par la presse.
13:57On se souvient
13:58de le Kalayatollah Khomeini,
14:00le vieux patriarche
14:01avec sa barbe blanche,
14:02son turban noir,
14:03le saint homme
14:03qui était à Naufle-le-Château
14:04qui attendait de libérer son peuple.
14:06On pensait vraiment que c'était...
14:08On ne sait pas
14:08s'il était entre Gandhi
14:09et Che Guevara.
14:10On a vu ensuite
14:11ce que ça a donné.
14:13Cette capacité quand même
14:14qu'ont les intellectuels de gauche
14:15a dicté dans ce pays
14:17les consignes de moralité,
14:19les grandes tendances.
14:20Aujourd'hui,
14:21vous avez vu la profusion
14:21du mot fasciste.
14:22Alors, si c'est ça le fascisme,
14:24c'était pas si méchant que ça.
14:25Et jusqu'à nazisme.
14:27Comment se fait-il
14:28qu'on soit tombé dans le piège
14:30alors que ce que avait écrit
14:32l'Ayatollah Khomeini,
14:33et on savait quand même
14:34que le clergé chiite en Iran...
14:37Et on va y venir,
14:38c'est tout le paradoxe du chat
14:39qui est un régime totalitaire,
14:41une monarchie absolue
14:41qui essaie de démocratiser.
14:43Et les dignitaires du régime
14:44quand ils sont fuides,
14:45et nous nous sommes surtout battus
14:47contre les Molins
14:47qui ne voulaient pas
14:48que nous modernisions ce pays.
14:49Ils ne voulaient pas
14:50qu'on rentre de l'Occident.
14:51Ils ne voulaient pas
14:52de la libération de la femme.
14:53Comment se fait-il
14:53qu'on ait été aussi dupés
14:55et qu'on n'ait pas pu
14:56parmi nos intellectuels aussi
14:58voir la part des choses,
14:59cette fascination ?
15:00Alors déjà, je vous remercie
15:01parce que vous vous rappelez
15:02une chose qui est très intéressante.
15:03En 1963,
15:05le chat d'Iran lance
15:06la Révolution Blanche.
15:07Il va donner donc l'égalité
15:09des droits hommes-femmes.
15:10Il n'y a pas de mort,
15:11je vous rassure.
15:12Non, non, c'est une révolution
15:13qui est à la fois agraire,
15:14éducative,
15:15il crée des écoles
15:15un peu partout dans le monde.
15:17Il propose,
15:17on le raconte dans le livre,
15:18au lieu d'aller faire
15:19leur service militaire,
15:20il propose aux jeunes
15:21de partir enseigner
15:23dans des écoles
15:24à travers l'Iran.
15:27Et, si vous voulez,
15:29il fait aussi une chose,
15:30c'est la réforme agraire,
15:30c'est-à-dire qu'il rachète
15:33à vil prix
15:34les terres
15:36que le clergé possède
15:37pour les redistribuer
15:38aux ouvriers agricoles.
15:39Et ça, évidemment,
15:40les Molins n'en veulent pas.
15:41Et Roméini, à l'époque,
15:43se dresse contre lui.
15:44Pourquoi ?
15:44Parce que Roméini
15:45ne veut pas de l'égalité
15:45homme-femme,
15:46il est contre,
15:47catégoriquement contre.
15:47Et, évidemment,
15:48voir les terres du clergé,
15:49en fait,
15:50plus ou moins confisquées
15:51pour les redistribuer,
15:51si vous voulez,
15:52à des ouvriers,
15:53il y a encore le servage
15:53en Iran à cette époque-là.
15:55Donc, le chat,
15:55si vous voulez,
15:56il a un côté très progressiste
15:57et très visionnaire.
15:58Ce qu'on raconte,
15:59c'est jamais raconter ça.
16:00Évidemment, donc,
16:00il y a cette espèce de révolte
16:02d'une partie du clergé iranien
16:04contre lui.
16:04Qu'est-ce qu'il se passe ?
16:06Roméini,
16:06il va être arrêté,
16:08il va être condamné,
16:09avant même, d'ailleurs,
16:10qu'il soit condamné à mort,
16:11il n'est pas encore Ayatollah,
16:13le clergé iranien
16:14fait pression sur le chat
16:15pour qu'on le nomme Ayatollah
16:16et qu'on lui évite
16:17la sentence de mort.
16:17Ce que va faire le chat ?
16:18Il va partir en exil.
16:19Il lui sauve la vie, oui.
16:20Il lui sauve la vie, en fait,
16:21le chat sauve la vie
16:22à celui qui va se retourner
16:23contre lui
16:25et qui va porter
16:26ce mouvement révolutionnaire.
16:27Quand Roméini, en fait,
16:28vient en France,
16:29il se garde bien
16:29de raconter tout ça.
16:30Lui, il parle de
16:32égalité hommes-femmes.
16:33Quand je rentrerai, en fait,
16:34en Iran,
16:35je vais donner des droits particuliers,
16:36en fait, aux femmes.
16:37Je vais emmener
16:38la démocratie.
16:39Il va insister sur un point
16:40qui est très important.
16:41Où s'opère,
16:42ou quand s'opère,
16:43la jonction
16:44entre les islamistes,
16:45les communistes iraniens
16:46et plus largement
16:47les révolutionnaires
16:48d'extrême-gauche à l'époque,
16:49à travers toute l'Europe,
16:50à commencer par la France.
16:52C'est que Roméini
16:53explique à tout le monde
16:53que son mouvement
16:54est un mouvement révolutionnaire.
16:56Et la jonction
16:57entre les intellectuels,
16:58je dirais, de la gauche radicale
17:00et les islamistes iraniens,
17:01elle s'opère
17:02autour du mot
17:03révolution.
17:04Derrière ça,
17:05Roméini parle de quoi ?
17:06D'anticolonialisme.
17:07D'abord, d'anti-impérialisme.
17:08Derrière l'anti-impérialisme,
17:09bien sûr,
17:09il vise le Shah d'Iran,
17:10mais il parle aussi
17:12d'anticapitalisme.
17:14Il parle aussi
17:15d'antisionisme.
17:16Et comme il sait, en fait,
17:18que la cause islamiste
17:19chiite iranienne
17:19n'est pas tellement sexy,
17:21en fait, en France,
17:22il va utiliser, en fait,
17:23le palestinisme.
17:24Il va se rapprocher
17:25d'Yasser Arafat.
17:26On le raconte dans le livre
17:26dans les années 70,
17:27c'est décoller Yasser Arafat.
17:28On les voit ensemble.
17:29Il y a la photo dans le livre.
17:30Alors, il y a la photo ensemble,
17:31effectivement,
17:31quand Arafat vient le rencontrer
17:33à Terran, en fait,
17:33en février 1979,
17:35mais bien avant ça,
17:36en fait,
17:36ils prennent contact ensemble
17:37quelques années plus tôt,
17:38au début des années 70.
17:39Pourquoi ?
17:39Parce que Roméini
17:41est intrigué
17:41par ce Yasser Arafat
17:42qui pose en photo,
17:44qui fait la une
17:45de plein de journaux
17:45à travers le monde,
17:46pistolet à la ceinture,
17:48qui est fié sur la tête,
17:49qui est une figure
17:50véritablement romantique,
17:51en fait,
17:51pour les intellectuels
17:52européens,
17:53à commencer par les intellectuels
17:54de gauche français.
17:55Et en fait,
17:55il veut comprendre
17:56comment un type
17:58qui détourne des avions,
17:59enfin,
17:59dans les hommes,
18:00en tout cas,
18:00les milices,
18:01détourne des avions,
18:01font du terrorisme,
18:02à l'état pur,
18:03commette des attentats ciblés,
18:04donc du terrorisme,
18:05défenestre les enfants
18:06des écoles,
18:06se retrouve à être aussi
18:09plébiscité par la presse occidentale,
18:10presse française,
18:11en fait, en tête.
18:12Et donc,
18:12il va déléguer
18:13son principal bras droit,
18:15qui s'appelle
18:15Aligmo Tachamipour,
18:17pour aller rencontrer Arafat.
18:18Et la rencontre
18:19se passe tellement bien
18:20qu'Arafat dit
18:22à Mottachamipour,
18:23donc le bras droit de Roménie,
18:24alors Mottachamipour,
18:25je l'explique,
18:26c'est l'un des fondateurs
18:27des gardiens de la Révolution,
18:28il deviendra le fondateur
18:29du Hezbollah au Liban.
18:30Vous voyez ?
18:31Arafat va le former
18:32dans les camps palestiniens
18:33de la plaine de la Bécat,
18:34au Liban.
18:35C'est important
18:36parce que personne
18:37ne parle jamais,
18:37en fait,
18:38de l'impact qu'il y a eu,
18:39de l'influence qu'il y a eu Arafat
18:40sur les futurs cadres
18:41et les futurs fondateurs
18:42du corps des gardiens
18:42de la Révolution islamique iranienne.
18:44Je crois qu'on fait partie
18:45des rares à le révéler,
18:46en fait,
18:46à le dire dans le livre,
18:48mais il y a vraiment
18:48une filiation.
18:49Et dans ces camps,
18:50qu'est-ce qui se passe ?
18:51Dans les camps d'Arafat,
18:52vous avez les islamistes iraniens
18:53qui s'entraînent,
18:54vous avez des communistes
18:55iraniens qui s'entraînent,
18:56vous avez des moudjahidines du peuple,
18:57c'est-à-dire des islamo-marxistes
18:58iraniens qui s'entraînent,
18:59mais vous avez aussi
19:00la bande abadère,
19:01vous avez en fait
19:01des jeunes étudiantes
19:03d'extrême-gauche
19:04qui font des doctorats...
19:07C'est un grand colloque,
19:08c'est un grand symposium
19:09de mouvements.
19:10Où les mecs apprennent à,
19:12comment dire,
19:13à manier la Kalachnikov,
19:14les explosifs,
19:15mais ils ont aussi
19:15de rhétorique révolutionnaire.
19:18Et donc,
19:19fort de tout cela...
19:20Ça fascine Roménie, tout ça.
19:21Ça fascine Roménie
19:21à tel point qu'il va même envoyer
19:22l'un de ses fils,
19:23Armad, d'accord,
19:25s'entraîner.
19:25On a les photos aussi d'Armad
19:27qui s'entraînent en fait
19:28à tirer au lance-roquette
19:29dans ses camps,
19:30mais Armad,
19:30il va être formé aussi
19:31à la rhétorique révolutionnaire.
19:33Armad, il va devenir en fait
19:37il va être chargé en fait
19:38notamment, pas que,
19:40de la coordination
19:40entre son père
19:41et les gardiens
19:42de la révolution.
19:43C'est une figure très importante
19:45en fait de la prise d'otages
19:46de l'ambassade américaine
19:47aussi en 1979.
19:49Ce que je veux dire par là,
19:50c'est que cette rhétorique
19:51révolutionnaire,
19:52ce compagnonnage,
19:53ils deviennent des frères d'armes
19:54avec l'extrême-gauche.
19:55Tout au moins,
19:56les gens d'extrême-gauche
19:57le croient.
19:58Mais ces jeunes de la bande
19:59abadère,
19:59ces jeunes étudiants italiens
20:01ou français
20:01qui vont là-bas
20:02quand ils reviennent en France,
20:03ils sont porteurs
20:04d'un message
20:04qui est un message
20:05quasi œcuménique
20:08en même temps
20:08qui est révolutionnaire.
20:09C'est la convergence
20:10en fait des luttes
20:12sur le dos
20:14j'allais dire
20:14des Iraniens
20:15et on va raconter
20:16en fait n'importe quoi.
20:18Il y a des choses
20:18qui sont justes
20:18dans ce qui a été raconté
20:19mais beaucoup de choses
20:20étaient fausses
20:21sur ce qu'est en fait
20:22l'Iran de l'époque.
20:23Je le dis aussi
20:23parce que c'est important.
20:25À l'époque en Iran,
20:26vous savez les Palavis
20:27ils ont sorti en fait
20:28l'Iran du tiers-monde.
20:30Grâce au Palavis,
20:31grâce à la dynastie Palavis,
20:32il y a eu l'émergence
20:33en fait d'une classe moyenne
20:34qui n'existait pas
20:35du tout en Iran.
20:39Le père du char
20:40n'était pas tendre.
20:44Mais non, c'est un régime
20:45c'est un roi,
20:45c'est un régime monarchiste.
20:47Il a pris le pouvoir.
20:49Alors le grand-père
20:50du prince actuel
20:51effectivement prend le pouvoir.
20:52C'est un militaire,
20:53c'est un chef Cossack
20:53mais c'est quelqu'un
20:55qui est fasciné
20:56par la trajectoire d'Atatürk.
21:00Il veut moderniser l'Iran.
21:01Il va commencer
21:01cette modernisation
21:02à marche forcée.
21:03Il va sédentariser
21:04les tribus nomades.
21:06Il va construire
21:07des hôpitaux,
21:07des dispensaires.
21:08Il va commencer
21:08à construire des écoles,
21:09etc.
21:10qui manquent réellement
21:11des routes,
21:11des chemins de fer.
21:12Son fils,
21:13Mohamed Rezacha,
21:14qui va lui succéder
21:14au début des années 40,
21:16va poursuivre,
21:17si vous voulez,
21:17cet effort de modernisation
21:18mais en même temps
21:19avec une vision
21:21extrêmement moderniste
21:21parce que,
21:22vous voyez,
21:23avant même que les féministes
21:24réclament l'égalité des droits
21:26avec les hommes,
21:27il le fait
21:27parce qu'il est convaincu
21:29que le féminisme,
21:30enfin le modernisme,
21:31la modernisation du pays
21:33ne peut pas se faire
21:34sans le féminisme.
21:35Donc c'est assez intéressant
21:36et tout ça à l'époque,
21:37personne n'en parle.
21:38On se contente
21:39de parler en fait
21:40de la SAVAC,
21:40donc de l'agence
21:41de renseignement iranienne
21:43qui évidemment arrête
21:44les communistes,
21:45qui est évidemment
21:45à pratiquer la torture.
21:46Il y a des cas avérés,
21:47il n'est pas question
21:48en fait de le nier
21:49mais l'Iran en fait
21:50n'est pas la vie,
21:51ce n'est pas que ça
21:52et même l'histoire
21:53de la SAVAC
21:54elle est assez intéressante
21:54parce qu'il y a
21:55des périodes très différentes
21:57selon qui dirigent
21:58en fait effectivement
21:59cette agence de renseignement.
22:00On y vient dans quelques instants,
22:00nous sommes avec Emmanuel Razavi,
22:02auteur de Paris-Téhéran,
22:03le grand dévoilement,
22:0350 ans de falsification française
22:05sur l'Iran,
22:06on discute avec lui,
22:07voilà,
22:08je veux dire,
22:08c'est le parlant vrai
22:09donc on dit les choses
22:10à laquelle elles sont,
22:11ça peut heurter
22:12certaines personnes.
22:13Vous restez avec nous,
22:15vous nous retrouvez,
22:15j'ai Emmanuel
22:16qui nous appelle de suraine
22:17que nous prendrons
22:18dès le retour d'antenne
22:19et vous nous appelez
22:20au 0826-300-300
22:21Emmanuel Galasso
22:22attend vos appels
22:23parce que je pense
22:23que la situation en Iran
22:25et ce que racontent ces livres
22:26sur les relations
22:27entre la France et l'Iran
22:28et des gens
22:29qui ne nous ont peut-être
22:30pas tout dit
22:30ou pas dit toute la vérité
22:32méritent d'être débattus
22:34entre nous,
22:34à tout de suite.
22:35La France dans tous ses états,
22:38Péricault-Légas.
22:39Vous êtes bien sur Sud Radio,
22:41mercredi 18 mars,
22:42il est 13h33,
22:43je reçois Emmanuel Razavi,
22:44auteur de Paris-Téhéran,
22:45le grand dévoilement
22:46aux éditions du CERF.
22:47Nous parlons depuis une demi-heure
22:48des relations historiques
22:49et anciennes
22:50entre la France et l'Iran
22:51et surtout la façon
22:52dont on nous a menti
22:54sur la présentation
22:56de ce qu'était
22:56le régime du chat
22:57et Emmanuel Razavi
22:58dit bien
22:59que c'était bien
22:59un régime totalitaire,
23:00on ne va pas dire
23:00que c'était absolument
23:02la panacée,
23:03mais les faits
23:05ont été présentés
23:06pas de façon honnête
23:07par les intellectuels
23:08de gauche.
23:09On prend tout de suite
23:09Emmanuel
23:10qui nous appelle de suraine.
23:11Bonjour Emmanuel.
23:13Bonjour,
23:14merci de me donner la parole.
23:15Écoutez,
23:16je suis ravi d'entendre
23:17ce que dit Emmanuel Razavi
23:18parce que je suis
23:19complètement d'accord
23:19avec lui.
23:20Il y a quelque chose
23:21qui est un peu une manie
23:23dans la classe politique française,
23:25c'est de faire
23:26des sortes de choix stratégiques.
23:28Vous savez,
23:29comme on a fait
23:29le choix stratégique
23:34de l'énergie renouvelable
23:35dans le domaine
23:36que l'on sait,
23:37eh bien,
23:38dans le domaine politique
23:40et politique religieux,
23:41on a fait
23:41un espèce de choix stratégique
23:43à partir des années 50,
23:45ça a été
23:46de jouer
23:46la crâne chiite.
23:48Et ça a commencé
23:49avec au Liban
23:50et c'était manifeste
23:51au début
23:52de la guerre
23:53en 1975
23:55que la France
23:56n'était pas intéressée
23:57par les chrétiens
23:58du Liban.
23:59Quand on lit
24:00les échanges
24:02de courriers
24:03entre le Quai d'Orsay
24:04et l'ambassade
24:06à Paris,
24:07à Beyrouth,
24:08il n'y a qu'une seule obsession,
24:09c'est des chiites.
24:10Il faut s'occuper
24:11des chiites.
24:11C'est très important.
24:13Il y a une espèce
24:14de chiitomania
24:15qui fait que,
24:17qui explique aussi
24:18largement
24:19pourquoi
24:20Roménie
24:21a été accueillie
24:22de cette manière
24:22à Naufle-le-Château
24:23parce que
24:24la France
24:25pensait qu'elle faisait
24:26un choix stratégique
24:27génial
24:27en supportant
24:29les molas
24:30ou le courant religieux
24:31chiite
24:32contre lequel
24:33avaient effectivement
24:35lutté
24:35les monarques
24:37Palavi
24:37avec quelques raisons
24:39parce que c'était eux
24:40qui maintenaient
24:41dans l'obscurantisme
24:41le pays.
24:43D'ailleurs,
24:43dire d'eux
24:43que c'était
24:44un gouvernement
24:46totalitaire
24:46excessif,
24:47autoritaire,
24:48ça oui,
24:49certainement,
24:49mais totalitaire,
24:50je ne pense pas.
24:52Et cette obsession
24:54chiite
24:56explique
24:56l'espèce
24:57d'embarras
24:58du Quai d'Orsay
24:59de la diplomatie
25:00française
25:00depuis des décennies
25:01parce qu'on a fait
25:02ce choix stratégique
25:03des chiites.
25:05On se l'est pris
25:06sur la figure
25:08avec l'attentat
25:09du Dracar
25:10et on a dit
25:10qu'est-ce qui se passe ?
25:11On n'a même pas voulu
25:13tirer les leçons
25:14de ce qui s'était passé
25:15ou c'est l'Iran
25:17qui a décidé
25:17à travers le Hezbollah
25:19de faire tuer
25:20nos parachutistes
25:21à Beyrouth
25:22mais on a continué
25:23dans la même veille.
25:25C'était le choix stratégique.
25:26Exactement
25:27une espèce
25:27d'obsession
25:29qu'on a pu voir
25:31pour les énergies
25:32renouvelables
25:33où tout à coup
25:34on découvre
25:34finalement le nucléaire
25:36c'était bien
25:36on a fait une erreur.
25:37Emmanuel
25:37on a bien compris
25:39votre message
25:40merci pour ce témoignage
25:41je rappelle que vous habitez
25:42sur Rennes
25:42où Chapour Bactiar
25:44le dernier premier ministre
25:45du Shah
25:45fut assassiné
25:46le 8 août 1991
25:47dans des conditions
25:48absolument atroces
25:49on y reviendra.
25:50Emmanuel Razavis
25:51cette chiitomanie
25:54française
25:54c'est un peu
25:55ce que vous expliquez
25:56c'est pas vraiment
25:57la chiitomanie
25:58mais c'est
25:59une fascination
26:00pour un mouvement
26:00populaire
26:01dit d'émancipation nationale
26:03je suis assez d'accord
26:04avec ce qu'a dit
26:05le monsieur
26:05qui vient d'intervenir
26:06je trouve que c'est assez juste
26:08lui aussi s'appelle Emmanuel
26:09je suis d'accord
26:10avec ce que dit Emmanuel
26:11il y a
26:13une volonté
26:13d'endiguer
26:14le communisme
26:15en utilisant
26:16les islamistes
26:17l'Iran
26:17il ne faut pas l'oublier
26:18c'est frontalier
26:18avec l'URSS
26:19on est encore
26:20au temps de l'URSS
26:21qui joue encore un rôle
26:22dans le livre
26:23à partir de témoignages
26:24il y a une réelle influence
26:25des services secrets
26:28russes
26:28enfin soviétiques
26:29en Iran
26:30ils cherchent à déstabiliser le pays
26:32ils financent
26:33certaines organisations révolutionnaires
26:35les camps palestiniens d'Arafat
26:38pour partie
26:38sont financés
26:39en tout cas Arafat est financé
26:40pour partie
26:41par les services secrets
26:42en fait soviétiques
26:43donc si vous voulez
26:43il y a ce jeu là
26:45qui fait que les américains
26:46à un moment donné
26:47quand le chat aussi
26:48parce que ça
26:48ça a joué
26:49augmente les prix du pétrole
26:50dans les années 70
26:51quand le chat
26:52commence à dire aux américains
26:54qu'il pourrait aussi acheter
26:55de l'armement
26:55en fait se fournir
26:56en fait en Russie
26:57il devient
27:00quelqu'un de dangereux
27:01moins sympathique
27:01moins sympathique
27:02moins d'ossil
27:03qu'il avait été à un moment donné
27:04l'Iran devient une très grande puissance
27:06d'abord c'est la puissance
27:07la plus importante
27:07au Moyen-Orient
27:08je rappelle juste
27:08Emmanuel Razavi
27:09que le chat d'Iran
27:11il y a à un moment donné
27:11le docteur Mossadegh
27:12qui est le premier ministre de l'Iran
27:14qui est un nationaliste
27:15qui veut émanciper l'Iran
27:17par rapport au monde occidental
27:18et surtout récupérer
27:20et nationaliser
27:20les ressources pétrolières
27:22avec la British Petroleum
27:23là les américains
27:23et les anglais
27:24se mettent d'accord
27:24on fomente
27:25à l'intérieur du régime iranien
27:27une fronde
27:28contre Mossadegh
27:29le chat hésite
27:30et puis comme Mossadegh
27:31était quelque part
27:31très entier
27:33la fracture
27:33se fait entre les deux hommes
27:35le chat lâche
27:36le docteur Mossadegh
27:37qui finalement est arrêté
27:38il mourra
27:39et il remet
27:40on peut dire à ce moment là
27:41le pays dans les mains
27:42des puissances occidentales
27:43comme une protection
27:44et c'est ça d'ailleurs
27:45qui va conduire à la révolution
27:47que les Mollats
27:48considèrent
27:48une partenaire
27:49on est totalement
27:50inféodé
27:51aux intérêts anglo-américains
27:52mais
27:53vous savez
27:54moi je me souviens
27:54de l'Iran
27:55quand j'étais petit
27:55quand j'étais enfant
27:56mais
27:57la présence américaine
27:59je l'ai en mémoire
28:00on a six mois d'écart
28:01je vous rassure
28:01vous êtes d'octobre
28:03et je suis de mars 59
28:04donc on a vécu la même chose
28:05au même moment
28:07la présence américaine
28:08elle est réelle
28:08d'abord parce que
28:09vous avez des supermarchés
28:10qui sont des supermarchés
28:11américains
28:12vous avez au-delà
28:13des conseillers
28:14si vous voulez
28:14militaires
28:15ou des diplomates américains
28:16vous avez aussi
28:17il y a un étalon important
28:18en termes de modernité
28:19c'est le cinéma
28:20vous avez je crois
28:21de mémoire
28:21si je fais une erreur
28:22à deux ou trois
28:23vous ne m'en voulez pas
28:23mais il y a peut-être
28:24117-118 salles de cinéma
28:26qui sont construites
28:27dans les années 70
28:28enfin 60-70
28:29en Iran
28:29à travers le pays
28:32mais vous avez des américains
28:36ou des irano-américains
28:37qui viennent pour produire
28:38en fait des films
28:38le grand film
28:40d'ailleurs qui n'a quasiment pas
28:42été diffusé
28:42qui s'appelle en fait
28:43Caravane avec Anthony Quinn
28:44il est produit en fait
28:45par des gens
28:45qui sont des irano-américains
28:47mais aussi des irano-américains
28:49qui ont été en fait formés
28:50aux Etats-Unis
28:51qui ont travaillé pour Universal
28:52il y a un de mes oncles d'ailleurs
28:53vous verrez sur le générique
28:54qui s'appelle Razavi
28:55et si vous voulez
28:55c'est assez intéressant
28:56parce que quand les islamistes
28:57en fait commencent la révolution
28:58l'une des premières choses
28:59auxquelles ils s'attaquent
29:00c'est les boîtes de nuit
29:01c'est les cinémas
29:02c'est le symbole même
29:03en fait de la présence
29:06occidentale
29:06américaine
29:07et française
29:07c'est un rejet d'occidentalisme
29:08et le chat
29:10le régime du chat
29:11incarne cette évolution
29:13je vous ai dit
29:14avant qu'on intervenait
29:15que j'avais connaissance
29:17j'avais connu des gens
29:18qui étaient proches du régime
29:19qui disaient
29:19notre mission
29:20et l'obsession du chat
29:21c'est de moderniser ce pays
29:22rapidement
29:23cette modernisation
29:24passe par des étapes sociologiques
29:25qui sont contraires
29:27à la religion aux chiites
29:28et il y aura une confrontation
29:29un jour violente
29:30qui finalement est arrivée
29:31en 79
29:32je crois qu'il y a plusieurs facteurs
29:34c'est aussi une révolution terrienne
29:36en réalité
29:37les mollas
29:37je vous disais tout à l'heure
29:39sont contre le chat
29:40pour partie
29:40en tout cas
29:41parce qu'il a confisqué
29:42il a acheté à vil prix
29:43à très bas prix
29:44leurs terres
29:45pour les redistribuer
29:46en fait à leurs ouvriers
29:47et si vous voulez
29:48ça il ne le lui pardonne pas
29:50l'égalité homme-femme
29:51il ne le lui pardonne pas
29:52et ce sont quand même
29:53deux points
29:53qui sont extrêmement importants
29:55dans le déclenchement
29:56je dirais
29:57de la révolte portée
29:58par l'ayatollah Khomeini
29:59qui comme il sait
30:00qu'il n'est pas assez fort
30:01avec les islamistes
30:02il n'est même pas soutenu
30:02par 100% en fait
30:03du clergé
30:04et donc il va aller chercher
30:05les communistes
30:06comme en Grèce
30:07l'église
30:07avait un patrimoine foncier
30:09gigantesque
30:09mais bien sûr
30:10le clergé chitiranien
30:11c'était un très gros patrimoine foncier
30:12alors foncier
30:13vous avez plusieurs chiffres
30:15mais à minima
30:16on était aux alentours
30:17de 25 à 30%
30:18du patrimoine foncier
30:19certains l'estiment à plus
30:20mais c'est pour vous dire
30:20quand même l'importance
30:21qu'ils ont
30:22il faut comprendre
30:23que là où ils ont des terres
30:24ils ont le pouvoir
30:26à la fois religieux
30:27mais aussi politique
30:27ils sont les juges de paix
30:28c'est eux qui décident
30:29du bien et du mal
30:30et du destin en fait
30:31des gens
30:32finalement qu'ils font vivre
30:33alors ce que je voudrais
30:34comprendre avec vous
30:34Emmanuel Razavi
30:36on ne peut pas évidemment
30:36passer en revue la totalité
30:37de ce qui est contenu dans ce livre
30:39c'est un véritable document historique
30:41c'est un document politique
30:42aujourd'hui
30:42et pédagogique
30:43pour comprendre
30:44la réalité de ce pays
30:45la civilisation iranienne
30:47les liens qui ont été abîmés
30:49falsifiés
30:50entre la France et l'Iran
30:51je voudrais que vous nous expliquiez
30:53ce qui s'est passé
30:53à la chute du régime
30:54donc le rat
30:55le chat s'enfuit
30:57en avion
30:57il n'est même pas sûr
30:58que les américains
30:59ne vont pas le rendre
31:01vous nous le raconterez
31:02aux iraniens
31:03et c'est l'impératrice Faradiba
31:05grâce à l'épouse
31:06d'Hanoir El Sadat
31:08qui obtient que le chat
31:09il y a en Égypte
31:10où il se refugit finalement
31:11on voit l'instauration
31:13du début du régime de Mola
31:14dès 1979
31:15il y a un homme
31:16il y a un homme très peu connu
31:17qui est essentiel
31:18qui est Mehdi Bazargan
31:19qui va être le premier ministre
31:21du chat
31:22pardon
31:22qui va être le premier ministre
31:23de l'Ayatollah Khomeini
31:25premier ministre des Mola
31:26qui lui compte bien
31:27instaurer une véritable démocratie
31:29avec une sociologie différente
31:31c'est un laïc
31:31il est certainement musulman
31:33mais c'est quelqu'un qui est ouvert
31:34c'est un vrai démocrate
31:36évidemment il va très vite comprendre
31:37qu'il est dépossédé de son pouvoir
31:38et il claque la porte
31:39dès le début de la prise d'otage
31:41à l'ambassade des Etats-Unis
31:42il s'en va
31:43on n'entend plus parler de lui
31:44c'était l'instant
31:45où on aurait pu considérer
31:46que le régime des Mola
31:47allait ouvrir l'Iran
31:48à la démocratie
31:49mais le départ de Mehdi Bazargan
31:51signe la reprise
31:52du pouvoir total
31:53par les Mola
31:53comment on n'a pas pu
31:54alors c'est très intéressant
31:55ce que vous racontez
31:56donc le chat s'en va
31:57c'est le chat qui prend
31:58en fait il prend la décision de partir
31:59parce qu'il ne veut pas voir
32:00en fait le sang couler
32:01il aurait pu encore rester
32:02il décide de s'en aller
32:05probablement
32:05selon certains témoignages
32:06se disant qu'il pourra peut-être
32:07revenir plus tard
32:08on espère toujours
32:09l'histoire se fera autrement
32:10ce qui est sûr
32:11c'est qu'autour en fait
32:12de la Roménie
32:14dans son exil
32:14il y a eu un certain nombre
32:15d'intellectuels
32:16un certain nombre de gens
32:16qui étaient très politisés
32:18et qui rêvaient d'instaurer
32:19en fait une démocratie
32:20je veux dire par là
32:21que tous ne sont pas islamistes
32:22vous avez des intellectuels de gauche
32:23qui sont sans doute sincères
32:25mais auxquels Roménie
32:26de toute façon
32:27a menti très clairement
32:28et ces gens-là
32:28lorsqu'il va prendre le pouvoir
32:30vont obtenir assez rapidement
32:31d'ailleurs des postes importants
32:33c'est-à-dire
32:33il va y avoir la tête du gouvernement
32:35le ministre des affaires étrangères
32:36le ministre de l'Intérieur
32:38Goubzadeh d'ailleurs
32:38qui va être fusillé
32:39par les jeunes
32:40et les uns après les autres
32:41Marie Savre
32:41qui va devoir s'enfuir
32:42le premier président de la République
32:43et ce qui est tragique
32:44c'est que tous ces gens-là
32:45ont été presque des bras droits
32:46des bras gauches en fait
32:47de l'ayatollah Roménie
32:48et en fait
32:50ils vont le payer de leur vie
32:52mais surtout
32:53c'est que Roménie
32:53si vous voulez
32:54dans la foulée en fait
32:55des exécutions
32:56de ces gens-là
32:57il va s'en prendre
32:58à l'ensemble des militants
33:00en fait de gauche
33:01qui l'ont soutenu
33:02à commencer par les moudjahidines du peuple
33:03ils vont vraiment payer
33:04le prix du sang eux
33:05ils vont être arrêtés
33:06par milliers
33:08exécutés par milliers
33:09peut-être même d'ailleurs
33:10par dizaines
33:11en fait de milliers
33:12évidemment
33:12ils ne sont pas les seuls
33:13vous avez aussi les gens
33:14qui ont soutenu le chat
33:15les gens qui sont simplement
33:16il suffit d'un soupçon
33:17pour être arrêtés
33:18exécutés à l'époque
33:18il suffit
33:20comment dire
33:20d'avoir été un officier
33:21au gradé
33:22pour être arrêtés
33:23torturés
33:23comment dire
33:24et abattus
33:25assassinés
33:27très rapidement
33:28l'Iran
33:29sombre
33:30dans la république islamique
33:31tout simplement
33:31et sombre
33:32dans le totalitarisme islamique
33:34en à peine un an
33:35vous avez raison
33:35on démissionne en 81
33:37je crois
33:37et c'est là que je rejoins
33:38c'est votre auditeur Emmanuel
33:39c'est que le chat
33:40était un autocrate
33:40Roménie
33:41a instauré un totalitarisme
33:43et Roménie
33:44je le dis systématiquement
33:45c'est important
33:46Roménie
33:47vous savez quand il était
33:47dans les années 40
33:48à Téhéran
33:49il y avait la radio iranienne
33:50et les témoins
33:51qu'on a interrogé
33:52qui l'ont connu de près
33:53nous racontent
33:55en fait
33:55qu'il écoutait
33:56les retransmissions
33:57sur la radio allemande
33:58de Téhéran
33:59des discours d'Hitler
34:00il était assez fasciné par ça
34:01Roménie était antisémite
34:02en plus
34:03il y a une fascination
34:04aussi pour les frères musulmans
34:05égyptiens
34:05il est extrêmement proche
34:06des fédahines de l'islam
34:08ce qu'il nous est raconté
34:09par le fondateur
34:10il y a quand même
34:11une petite tentation
34:12à un moment donné
34:12de rejoindre l'Allemagne
34:13il y a un flou
34:14qui s'installe
34:15alors c'est pas avéré
34:16les allemands étaient
34:17très présents
34:18dans la région
34:18il y avait beaucoup
34:19de conseillers
34:20d'ingénieurs allemands
34:21qui ont participé
34:21à la construction
34:22des chemins de fer
34:22mais comme en Turquie
34:23en fait
34:24mais moi je n'ai pas
34:25la connaissance
34:25aujourd'hui avérée
34:26du fait que
34:27en tout cas
34:28dans les gens
34:29c'est au-delà
34:29de toutes les manières
34:30qu'une supposition
34:31c'est une coopération
34:32qu'il y a
34:32l'Iran est neutre
34:33elle ne prend pas du tout
34:34partie en fait
34:34pour le régime nazi
34:35le premier sommet
34:35du tournant de la guerre
34:36c'est le sommet Téhéran
34:37en 1943
34:37et c'est bien à Téhéran
34:38qui va déterminer
34:39l'avenir de la guerre
34:40absolument
34:40tout se joue là
34:41et tout se joue
34:42à la conférence de Téhéran
34:45si vous voulez
34:46ces gens de gauche
34:48qui ont soutenu Romény
34:49vont comprendre
34:50ce qui est en train
34:50de se passer
34:51un certain nombre d'ailleurs
34:52vont basculer
34:53ceux qui ne sont pas
34:53arrêtés fusillés
34:54vont basculer
34:55dans l'opposition
34:56dans la résistance
34:57et donc vont partir
34:58dans différents pays
34:59l'Irak
35:00la France
35:01la France va accueillir
35:02beaucoup d'opposants
35:03au régime de Romény
35:05mais ce qui est surtout important
35:06c'est que les occidentaux
35:07ont quand même soutenu Romény
35:10Romény quand il rentre en Iran
35:11il ne vient pas de nulle part
35:11il rentre à bord d'un avion Air France
35:13et il quitte la France
35:14en fait depuis Paris
35:14il est pris en charge par la France
35:16où il a été protégé
35:17par la police française
35:18donc en clair
35:19si vous voulez
35:19c'est l'effet boomerang
35:20c'est à dire que Romény
35:21se retourne contre ceux-là même
35:23qui l'ont protégé
35:25et qui l'ont protégé
35:26contre le Shah
35:27contre le roi
35:29avec lequel
35:30moi je pense
35:30comme Jean-Marie
35:31l'histoire quand même
35:32a été très injuste
35:33et il était temps de rendre
35:34moi je suis un fils
35:35de famille iranienne
35:36je considère qu'on nous a volé
35:37une partie de notre histoire
35:38j'en parlais hier
35:39avec des amis
35:40autour de l'impératrice Farah
35:42et quand on lui a offert ce livre
35:43hier avec Jean-Marie Montali
35:45parce qu'on tenait à le faire
35:46parce qu'elle nous a parlé
35:48pour ce livre
35:48comme plein d'autres
35:49on lui a dit
35:50c'est un peu de l'histoire
35:51de l'Iran
35:52qu'on rend aux Iraniens
35:53nous sommes avec
35:54Emmanuel Razavi
35:55co-auteur avec
35:56Jean-Marie Montali
35:57Paris Téhéran
35:58le grand dévoilement
35:5950 ans de falsification française
36:00sur l'Iran
36:02nous décryptons tout doucement
36:03cette période tragique
36:05où on nous a pas tout dit
36:06et on comprend
36:07en lisant ce livre
36:08ce grand dévoilement
36:09effectivement
36:09vous ne jetez pas le voile
36:11vous retirez le voile
36:12qu'il y avait cette omerta
36:13qu'il y avait sur la réalité
36:14de ce qu'était le régime du Shah
36:15pour qu'on n'est pas en train
36:16d'encenser du tout
36:17et en fait
36:18les mensonges
36:18qu'on nous a racontés
36:19et la fascination
36:20des intellectuels de gauche
36:21pour le régime démonable
36:23vous restez avec nous
36:24vous nous retrouvez
36:24dans quelques instants
36:25sur Sud Radio
36:25et vous nous appelez
36:26au 0826 300 300
36:28Perico Légas
36:30je reçois
36:32Emmanuel Razavi
36:33co-auteur avec
36:34Jean-Marie Montali
36:35de Paris Téhéran
36:36le grand dévoilement
36:37on apprend beaucoup de choses
36:38sur les réalités
36:39d'abord du passé de l'Iran
36:40de cette histoire
36:41des relations entre la France
36:42et l'Iran
36:43comment les intellectuels
36:44de gauche
36:45et certains médias
36:45nous ont présenté
36:46les ayatollahs
36:47à l'époque en 79
36:48comme des libérateurs
36:49on voit où on en est aujourd'hui
36:51et finalement
36:51l'histoire se répète
36:54les intellectuels de gauche
36:56encensent des tyrans
36:57en disant
36:57ils vont libérer leur peuple
36:58et ça se finit
37:00en cauchemar
37:00Emmanuel Razavi
37:01il nous reste 5 minutes
37:03je voudrais que vous nous disiez
37:04à partir d'aujourd'hui
37:05quel scénario
37:06vous êtes en contact
37:07avec la
37:09j'allais dire
37:09les anciens représentants
37:11de l'ancien régime
37:12vous avez rencontré
37:12l'impératrice Farah Diba
37:13hier pour lui remettre
37:15votre livre
37:15il y a tous
37:16ces tyrans en exil
37:17il y a de tout
37:18il y a des gens
37:18qui sont des nostalgiques
37:19du chat
37:19il y a des démocrates
37:20quel est l'avenir
37:22que l'on peut espérer
37:22si le régime de Mola
37:24finit par tomber
37:25d'une façon ou d'une autre
37:25soit de façon militaire
37:26soit pour une insurrection
37:27est-ce que la relève
37:29est prête
37:29parce que la grande inquiétude
37:30c'est l'Irak
37:31la Syrie
37:32qu'est-ce qu'il va y avoir après
37:32où la Syrie
37:33ça se passe mal
37:34est-ce qu'en Iran
37:35il y a suffisamment
37:36est-ce qu'il y a
37:37un effectif
37:39politique
37:39social
37:40qui pourrait
37:41prendre la relève
37:42des Mola
37:42pour la continuité
37:43de l'Etat
37:43et l'instauration
37:44de la démocratie
37:44déjà je vous remercie
37:45parce que vous avez
37:46le gentil de souligner
37:47qu'il y avait
37:47des oppositions iraniennes
37:49parce que tout le monde
37:49ne le sait pas
37:50c'est une caractéristique
37:51majeure
37:52exactement
37:52absolument
37:53les oppositions
37:54en fait iraniennes
37:55donc elles sont plurielles
37:56elles sont en général
37:56moi j'ai interviewé
37:58beaucoup de chefs
37:58des mouvements de résistance
37:59en fait
38:00de la résistance iranienne
38:01des balouches
38:02des kurdes
38:02des azéries
38:03évidemment les monarchistes
38:06les centristes
38:06écoutez
38:07ils ont tous en commun
38:08de vouloir une démocratie
38:10laïque pour l'Iran
38:11ils ont tous en commun
38:11d'être favorables
38:12à la protection
38:13des minorités ethniques
38:14c'est important
38:14parce que l'Iran
38:15c'est une mosaïque
38:16en fait de populations
38:17de tribus et d'ethnies
38:18et puis ils ont tous
38:20en commun aussi
38:20et c'est suffisamment rare
38:21au Moyen-Orient
38:22pour le souligner
38:22d'être en faveur
38:24ils veulent inscrire
38:25en fait dans le marbre
38:26d'une constitution
38:27la protection des minorités
38:28de genre
38:28comprendre les minorités
38:30sexuelles notamment
38:30et donc ces gens là
38:32sont intéressants
38:33ils incarnent le futur
38:34en fait de l'Iran
38:34si le régime vient à tomber
38:36aujourd'hui
38:36je me garde bien
38:37vous savez le régime
38:38je pense que tout est réuni
38:39pour qu'il tombe
38:39il a une assise populaire
38:40un peu de régime
38:41oui on sait que dans les campagnes
38:42il y a encore des gens
38:43qui croient
38:44elle est très faible
38:45aujourd'hui
38:45on l'estime peut-être
38:46à 10-15%
38:47le problème c'est qu'aujourd'hui
38:48même les gens
38:48qui sont les rentiers du régime
38:49ne sont plus payés par le régime
38:51donc vous avez des policiers
38:52qui ne sont plus payés
38:52qui ne se rendent plus
38:53en fait à leur travail
38:54vous avez y compris
38:55dans les entreprises
38:56qui fournissent de la logistique
38:58si vous voulez en fait
38:58aux militaires
38:59des gens qui ne sont pas payés
39:00donc qui n'ont pas envie
39:00d'y aller
39:01c'est terminé
39:01c'est-à-dire qu'on vous oblige
39:03à risquer votre vie
39:04à tirer en fait sur vos frères
39:07à massacrer d'autres Iraniens
39:08et en plus ne pas être payés
39:09je vous posais la question
39:10au début de l'émission
39:11j'avais dit que j'allais vous la poser
39:12je vous la pose maintenant
39:13est-ce que c'est une juste guerre
39:15comme l'a dit Bernard-Henri Lévy
39:17je comprends
39:17on parle vrai sur cette antenne
39:19Emmanuel Rattavi
39:19dis-moi le fond de votre pensée
39:22j'ai couvert des guerres
39:23pendant 25 ans
39:24c'est pour ça que je vous pose
39:24la question très librement
39:25je ne suis pas un vat en guerre
39:26par contre je sais une chose
39:28pour avoir interrogé
39:29beaucoup d'Iraniens
39:29je ne suis pas un institut de sondage
39:30mais la majeure partie
39:31des Iraniens de l'intérieur
39:32que j'ai interrogé
39:35étaient favorables
39:35à cette guerre
39:36ce qui n'empêche pas
39:37qu'ils aient peur
39:38ce qui n'empêche pas
39:39qu'ils se demandent
39:40ce qui va se passer
39:40ce qui va en ressortir
39:41c'est un mélange de sentiments
39:43mais je sais qu'il y a
39:44beaucoup d'espérance
39:45et une personne
39:46avec qui j'ai beaucoup discuté
39:48alors j'ai discuté
39:49de façon hachée
39:50des fois deux minutes
39:50des fois trois minutes
39:51des fois par message
39:53me disait
39:54on a l'espoir
39:55que les Américains
39:56et les Israéliens
39:57fassent tomber ce régime
39:58on a l'espoir
39:59qu'il y ait derrière
40:00un gouvernement de transition
40:01la question maintenant
40:02est avec qui
40:03alors moi j'ai beaucoup interviewé
40:05et je l'ai fait pour le Figaro Magazine
40:06le mois dernier
40:07en fait Reza Palavi
40:08qui lui dit
40:09qu'il voudrait accompagner
40:10un gouvernement de transition
40:11en ayant autour de lui
40:13les autres mouvements
40:13ça choque des gens
40:13que ce soit lui
40:14qui soit l'espoir du peuple iranien
40:16je ne sais pas pourquoi ça choque
40:17moi je suis d'origine iranienne
40:18écoutez je le crois
40:19fervent partisan de la démocratie
40:21il faut comprendre
40:21que les gens comme nous
40:22il n'est pas son père
40:23on est d'accord
40:24mais non
40:24en fait vous savez
40:25ça c'est le truc
40:26on voudrait le réduire
40:27toujours au fils d'eux
40:28c'est super agaçant
40:29c'est une élasté
40:29mais il a son destin
40:31sa destinée propre
40:31et qu'est-ce qu'il ferait arriver au pouvoir
40:33et qu'est-ce qu'il ferait arriver au pouvoir
40:34je crois qu'il a dit
40:35il l'a écrit d'ailleurs
40:36vous trouvez son programme
40:37l'urgence pour lui
40:38c'est la reconstruction
40:39en fait immédiate
40:40c'est faire en sorte
40:41que les Iraniens
40:42aient à manger
40:42et donc pour ça
40:43c'est faire en sorte
40:43d'assurer la continuité
40:44de l'Etat
40:45j'entends la continuité administrative
40:47donc c'est pas les règlements de compte
40:48ceux qui ont servi l'Etat
40:50comme fonctionnaires
40:50cadres administratifs
40:51continueront à servir
40:52en fait le prochain Etat
40:54si vous voulez
40:54il y a un vrai plan
40:55mais l'ensemble
40:55des oppositions démocratiques
40:57aujourd'hui
40:58elles sont à peu près
40:59sur ce logiciel
41:00ça serait une restauration
41:01quand même ou non
41:02ça serait pas une restauration
41:02je crois pas
41:03écoutez alors moi
41:03je lui ai posé la question
41:04après reprise quand même
41:05et la dernière fois
41:06je lui ai posé la question
41:07pour le Figaro Magazine
41:08il y a un mois
41:09non non
41:10aujourd'hui
41:10il dit
41:11ce sont les Iraniens
41:11qui choisiront leur destinée
41:13enfin à un moment donné
41:14vous savez je vois bien
41:15sur certains plateaux
41:16des confrères
41:17qui pensent à sa place
41:18il y en a même un
41:18qui nous a expliqué
41:19que Reza Palavi
41:19parlait le persan
41:20avec un accent occidental
41:21alors que le mec
41:22il parle pas le persan lui-même
41:23et que Reza Palavi
41:24parle parfaitement le persan
41:25si vous voulez
41:26il y a
41:27comment dire
41:27des inepties
41:28qui sont reproduites
41:29parfois par idéologie
41:30il faut lui laisser sa chance
41:32d'une part
41:32de toute façon
41:33c'est les Iraniens
41:33qui décident
41:34moi aujourd'hui
41:35je vais vous dire une chose
41:36je dénie le droit
41:37à quiconque
41:38qui n'est pas iranien
41:39de parler à la place
41:40des Iraniens
41:40et même moi
41:41qui suis de moitié
41:41d'Iranien
41:42si je puis dire
41:43je considère
41:43que je ne suis pas légitime
41:44pour parler à la place
41:45des Iraniens de l'intérieur
41:46donc c'est certainement pas
41:48si vous voulez
41:48un géographe
41:49que j'ai entendu hier
41:50à la télévision
41:51qui nous fait en fait
41:52la promotion du régime islamique
41:53ou d'Ali Aridjani
41:54c'est pas ces gens-là
41:55qui vont décider
41:55de façon extrêmement claire
41:57ces gens-là
41:57ils se sont fait les relais
41:59depuis 47 ans
42:00d'un régime
42:00qui a le sang
42:01de nos familles
42:01sur les mains
42:02je le dis de façon
42:03extrêmement clairement
42:03puisqu'on parle
42:04de façon très claire
42:05vous l'avez dit Perico
42:07voilà
42:07après il faut que
42:11soit entendu
42:12vous ne parlez pas
42:13au nom du peuple iranien
42:14mais vous avez écrit
42:15avec Jean-Marie Montali
42:16parité
42:17en le grand dévoilement
42:1750 ans de falsification
42:19française sur l'Iran
42:19un ouvrage à lire
42:21absolument
42:21c'est la formule consacrée
42:22aux éditions du CER
42:24en tout cas
42:24pour comprendre
42:25ce qui se passe dans ce pays
42:25et ce qui va pouvoir s'y passer
42:27c'est une source
42:28d'information
42:29de réflexion
42:30j'allais dire
42:30d'éclaircissement
42:31essentiel
42:32pour un décryptage
42:33de cette tragique actualité
42:34merci
42:34Emmanuel Razavi
42:35d'avoir été chez nous
42:36je n'écarte pas la possibilité
42:37de vous rappeler bientôt
42:38parce que je sais qu'il y aura
42:39une suite à cet histoire
42:40je vais voir ce que votre bouquin
42:41va donner
42:41à bientôt
42:41merci
42:42merci
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