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  • il y a 10 mois
L’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme un atout pour les sportifs pour affiner l’analyse. Erwan Benech, responsable de l’offre Sportech & AI for Sport chez Devoteam, explique comment l’IA agit comme un outil d’aide à la décision plutôt qu’un substitut au coach en mettant la donnée au service de la performance.

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Transcription
00:00Bonjour Erwann Benek, merci beaucoup d'être avec nous sur ce plateau un peu particulier.
00:08Vous avez un profil vous aussi, vous-même très spécifique.
00:12Vous êtes un ancien athlète de haut niveau, ancien membre de l'équipe de France d'athlétisme.
00:16Vous êtes passé par l'INSEP et aujourd'hui vous êtes responsable de l'offre Sportech et AI for Sport chez Devoteam.
00:23Alors dans l'entreprise, on a l'habitude de dire que l'intelligence artificielle, ça permet d'être vraiment une aide à la décision au plus haut.
00:30Au niveau des comités de direction, dans le sport, c'est perçu me semble-t-il comme un moyen d'optimiser les performances des sportifs, des athlètes, des équipes.
00:38Est-ce que c'est aussi votre perception ?
00:41Bonjour Delphine. Effectivement c'est ma perception.
00:45Je pense qu'aujourd'hui il y a énormément de choses qui sont explorées dans le cadre de l'IA pour augmenter la performance des athlètes.
00:52Néanmoins c'est vrai qu'on reprend un petit peu les termes du monde de l'entreprise dans le sens où aujourd'hui l'IA dans le sport c'est finalement toujours un outil d'aide à la décision.
01:06Ça reste un outil d'aide à la décision que ce soit pour l'athlète ou pour son entraîneur.
01:10J'ai entendu aussi que parfois on transformait trop les compétitions professionnelles finalement à cause de la data, on faisait de la gestion algorithmique.
01:20J'ai entendu notamment se reproche au moment où on était en compétition en rugby avec l'équipe de France qui était très managée par la data.
01:29Est-ce que ça a ses limites d'utiliser l'intelligence artificielle pour le sport de haut niveau ?
01:34Alors c'est un très bon exemple, l'exemple du rugby puisque finalement je pense qu'aujourd'hui c'est l'un des sports et l'une des fédérations en tout cas en France les plus avancées sur des sujets qui traitent de l'IA et de la data.
01:46C'est deux sujets différents évidemment mais la data c'est le socle pour faire de la bonne intelligence artificielle.
01:51Néanmoins il y a un discours que j'entends très souvent dans le monde du rugby, c'est que ce qui fait l'essence et ce qui fait la performance des joueurs, c'est pas tant la donnée sur le terrain, c'est plutôt ce qu'on va appeler le French Flair.
02:05C'est un terme qui est très utilisé dans le rugby et au-delà de ça je pense qu'il faut rester vigilant par rapport à l'utilisation de la data et de l'IA.
02:13Dans le sens où demain si je mets des trackers sur des joueurs de rugby ou de foot, peut-être que ça va biaiser leur performance et ils vont se dire ah c'est intéressant, je suis traqué, j'ai plutôt une moyenne de 9 km où je cours par match, je vais essayer de passer à 10.
02:32Donc la statistique va être intéressante parce qu'il y aura bien une progression, néanmoins est-ce que ça veut dire que c'est une performance qui est pertinente ?
02:40Donc vous trouvez que ces attaques peuvent être justes, c'est une question de dosage, quelle est la bonne façon d'utiliser l'IA aujourd'hui dans le sport pour le coaching, pour l'entraînement, mais du côté de l'entraîneur mais aussi du côté de l'athlète lui-même ?
02:55Qu'est-ce que vous donneriez comme conseil ?
02:58Je pense qu'avant de se lancer dans l'IA, il faut déjà avoir une confiance aveugle en sa donnée, il faut avoir un socle technique, technologique et une ingestion de la donnée qui est vraiment irréprochable, déjà ça nécessite d'avoir une très grande maturité.
03:13Le deuxième point c'est que finalement il faut aussi sensibiliser les athlètes et les coachs sur ce que signifie un KPI, ce que signifie la transformation de cette donnée-là et aussi savoir qui est-ce qu'a développé l'intelligence artificielle derrière.
03:29Parce qu'évidemment ce sera biaisé, le développeur qui code finalement l'IA, qui va gérer la donnée, qui va décider de telle ou telle donnée qu'il va collecter, finalement c'est un humain et c'est un humain qui a des biais.
03:40Et où est-ce qu'elle est forte l'intelligence artificielle dans le sport aujourd'hui ?
03:46C'est une très bonne question, je pense qu'aujourd'hui l'intelligence artificielle dans la performance, dans le sport, elle est très bien située, en tout cas très performante sur tout ce qui va être lié à la prédiction.
04:01Donc prédiction de victoire, de défaite, puisque là finalement sur du prédictif, nous on va se baser sur de l'historique de données.
04:08Ça c'est super pour les paris sportifs alors ?
04:12Alors j'ai déjà essayé, non je n'ai pas essayé, il faudrait que je l'essaye, c'est une bonne idée, peut-être que je démissionnerai.
04:19Mais oui dans la prédiction je pense qu'on peut être très bon parce que c'est assez facile de collecter de la data et d'avoir 10, 15, 20 ans, 30 ans d'historique
04:26et de voir des patterns qui reviennent de façon assez récurrente en fonction du style de jeu dans un match de foot, en fonction de la typologie de joueur, de la météo, il y a énormément de choses à faire.
04:36Il y a une différence entre l'adoption qu'en font les athlètes et les coachs et peut-être sur l'intérêt perçu ?
04:43Il y a une grande différence et paradoxalement si je me base sur mon expérience à l'INSEP, l'INSEP c'était à côté, j'ai eu la chance d'y passer quelques années,
04:52les athlètes ne sont pas toujours les plus friands.
04:56Je remarque que ça intéresse plus les coachs parce que dans le binôme coach-athlète, finalement le coach c'est un peu la tête pensante
05:02et l'athlète lui ne veut pas se soucier nécessairement du plan d'entraînement, de son état physique, ça se discute, ça dépend des athlètes.
05:11Mais les athlètes aiment prendre de la distance avec ça parce que je vais vous prendre un exemple très concret.
05:15Si demain moi je participe aux Jeux Olympiques et que j'ai eu l'habitude pendant les 12 derniers mois de monitorer mon état de fatigue, mon sommeil, etc.
05:24et que la veille de ma finale du 100 mètres, je me rends compte que ma qualité de sommeil est moins bonne
05:28et que ma Garmin indique que j'ai un état de forme qui est moins bon, forcément je vais cogiter et ça va impacter la confiance que je peux avoir en moi.
05:35Ça c'est intéressant parce que je me disais que vous pourriez peut-être nous partager des conseils,
05:39pas uniquement pour les athlètes de haut niveau mais aussi tous les sportifs amateurs qui se suréquipent d'objets connectés
05:45et de monitoring de leur santé, de leur performance. Quel est le premier conseil à leur donner ?
05:52Alors moi le premier conseil que je donnerais c'est ça sert à rien de se lancer là-dedans au début quand on n'est pas expérimenté
06:00parce que là où la data et l'IA vont être intéressantes, c'est quand on va pouvoir coupler ça à la connaissance de notre propre corps.
06:10Si demain je m'entraîne avec une application pour préparer le marathon de Paris et que l'application me dit
06:15tiens tu vas faire 30 km par semaine, l'application elle n'est pas dans mon corps, elle ne va pas savoir que j'ai peut-être un début d'inflammation
06:22parce que j'ai couru sur du béton, parce que j'ai couru sur tapis et du coup là je vais peut-être avoir une tendinite ou quoi que ce soit.
06:28Donc mon meilleur conseil c'est d'aller juste courir, faites ça déjà pendant un an, passez l'hiver et si la passion est toujours là,
06:35dans ce cas-là allez investir dans du matériel.
06:38Donc d'abord on s'écoute.
06:39Merci beaucoup Erwann Benek d'avoir été avec nous pour ouvrir cette édition spéciale de Smartech.
06:45Je rappelle que vous êtes le responsable de l'offre Sportech et AI for Sport chez Devoteam.
06:50A suivre, c'est l'heure de la découverte de nouveautés geek dans le sport.
06:54Merci.
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