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  • il y a 3 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:00Générique
00:00Et bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage avec vous Renaud Dely.
00:11Bonjour Renaud.
00:12Bonjour Agathe.
00:12On va parler de ce sursis accordé par le Président à Sébastien Lecornu.
00:17Pour quoi faire ?
00:18On va parler de l'étau aussi qui se resserre sur le chef de l'État.
00:22Pour tout comprendre, pour décrypter nos informés ce matin,
00:25Pauline Théveniot, journaliste politique aux Parisiens aujourd'hui en France.
00:28Bonjour Pauline.
00:28Bonjour.
00:29Et Étienne Gérard, directeur adjoint de la rédaction de L'Express.
00:32Bonjour Étienne.
00:33Bonjour Agathe.
00:34Renaud, cette question à la une aujourd'hui, Emmanuel Macron peut-il tenir ?
00:38Pression maximale sur l'Élysée et sur le chef de l'État depuis ce nouvel épisode d'une crise politique
00:44qui en fait n'en finit pas depuis la dissolution et donc la démission hier de Sébastien Lecornu.
00:49Troisième Premier ministre a démissionné depuis la dissolution.
00:53Une pression qui s'accentue un peu plus ce matin avec cette proposition de l'ancien Premier ministre
00:57Édouard Philippe qui réclame un Premier ministre de transition quasi technique entre guillemets
01:03juste pour quelques semaines pour faire adopter le budget, le projet de loi de finances indispensable pour le pays
01:09et qui souhaite que le chef de l'État, Emmanuel Macron, s'engage à démissionner une fois ce budget adopté
01:16pour organiser une présidentielle anticipée.
01:20Édouard Philippe, ce matin chez nos confrères d'RTL.
01:21Pour moi, la décision à la hauteur de sa fonction, c'est de garantir la continuité des institutions
01:28en partant de façon ordonnée.
01:30On peut très bien imaginer que dès lors que le budget est adopté, le président, un mois, deux mois, trois mois,
01:35c'est à lui qu'il appartient de compte cette décision.
01:37Ils disent, voilà, on ne va pas faire durer ce que nous vivons depuis six mois, pendant dix-huit mois encore.
01:44C'est beaucoup trop long et ça nuit à la France.
01:46Et qui le disent aujourd'hui, avant de nommer ce Premier ministre.
01:51Je pense que ce serait de nature à donner un peu de visibilité à tout le monde.
01:54Alors, cette prise d'opposition n'est pas sans rappeler pour les plus anciens.
01:57L'appel de Rome, d'un autre ancien Premier ministre, c'était Georges Pompidou en janvier 1969,
02:02qui avait fait savoir qu'il serait candidat si le général de Gaulle se retirerait,
02:05ce qui s'est produit d'ailleurs quelques mois plus tard.
02:07Bref, mais revenons-en à l'actualité.
02:09Cette prise d'opposition est encore plus brutale d'ailleurs que celle de Georges Pompidou à l'époque.
02:12Est-ce qu'Edouard Philippe peut être suivi ?
02:16Est-ce que finalement c'est une solution pour sortir de la crise ?
02:18Et est-ce qu'à force justement, en quelque sorte, de bricoler, de nommer les premiers ministres les uns après les autres,
02:23de refuser aussi jusqu'à présent de dissoudre l'Assemblée nationale,
02:26le chef de l'État se met par un peu plus en danger
02:28et ne suscite pas ses appels désormais à une présidentielle anticipée
02:33que vient donc de concrétiser ce matin Edouard Philippe ?
02:38Alors effectivement, je suis d'accord avec vous Renaud, c'est plus brutal que Georges Pompidou.
02:41Qu'est-ce qui lui arrive à Edouard Philippe ?
02:43Alors certes, il avait déjà appelé à une accélération du calendrier,
02:46mais aujourd'hui, dans ce contexte, appelé à une présidentielle anticipée,
02:50pour Emmanuel Macron, c'est plus que la rupture là, Pauline Théveniot.
02:54Qu'est-ce qu'il cherche ?
02:55Absolument, et je pense qu'il ne faut pas galvauder ce moment
02:57parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de bruit politique
02:59et on a, comme vous le disiez Renaud, vu un nombre incalculable de crises
03:04depuis la dissolution de l'été 2024.
03:06Je pense que là, on n'exagère pas quand on dit que c'est la crise la plus lourde
03:11et la plus dangereuse qu'Emmanuel Macron traverse
03:13depuis qu'il a dissous en juin 2024.
03:16Edouard Philippe, jusqu'à présent, il disait que, au fond,
03:20les deux années restantes du quinquennat d'Emmanuel Macron
03:23ne seraient pas utiles, serviraient à rien,
03:26ça n'était pas déjà très engageant,
03:29mais là, il franchit clairement un cap
03:31et ce qui est très très dangereux, encore une fois, pour Emmanuel Macron,
03:36c'est que jusqu'ici, les appels à la démission
03:40ou les scénarios d'une présidentielle anticipée
03:42venaient de ses adversaires.
03:44Au plus près de lui, ça venait des Républicains.
03:47Il y avait déjà un petit gap qui avait été franchi
03:49quand un parti des responsables d'un parti de gouvernement
03:52avait évoqué ce scénario.
03:54Par exemple, François Copé, Valérie Pécresse...
03:56Exactement, on avait déjà franchi un cap.
03:58Là, ça vient de son premier Premier ministre,
04:02celui qu'il avait nommé en arrivant président en 2017,
04:05qui est censé être l'un de ses alliés.
04:08Et qu'est-ce qu'il dit, Edouard Philippe, le sous-texte ?
04:10C'est, certes, la situation est bloquée,
04:13certes, il ne peut plus rien se passer,
04:14mais au fond, le problème, c'est Emmanuel Macron, c'est lui.
04:18Et il faut qu'il parte.
04:19C'est ça, le sous-texte de son intervention de ce matin.
04:21C'est le coup de grâce, Étienne Gérard,
04:22pour Emmanuel Macron, cette déclaration d'Edouard Philippe ?
04:25C'est trop tôt pour le dire,
04:26mais c'est un lâchage assez vertigineux.
04:28Ça, c'est sûr.
04:29Parce qu'Emmanuel Macron, il a fabriqué politiquement
04:32Edouard Philippe.
04:33Il existait, il était maire du Havre.
04:35Mais l'homme politique national,
04:37c'est Emmanuel Macron qui l'a fabriqué.
04:39Je rapprocherai ce propos de celui moins violent,
04:42mais quand même, hier, de Gabriel Attal,
04:45expliquant qu'il ne comprend plus
04:47le président de la République de la même façon.
04:50Gabriel Attal, il est né à la politique,
04:52il a été élu sous la bannière en marche d'Emmanuel Macron.
04:57Sa vie politique est calquée jusqu'à présent
05:00sur celle d'Emmanuel Macron.
05:02Si Edouard Philippe, Gabriel Attal,
05:04deux de ses premiers ministres,
05:05lâchent comme ça Emmanuel Macron,
05:07c'est que oui, il y a un problème personnel
05:09et que la crise, de leur point de vue,
05:12le discrédit,
05:13se forme autour de l'actuel président de la République,
05:17dont beaucoup autour de lui
05:18ne comprennent plus les choix et l'entêtement.
05:20Il peut résister à ça, Renaud Delis ?
05:23On a changé de dimension avec ces critiques
05:24quand même du cercle le plus proche.
05:26En fait, ce cercle le plus proche qui nous fait,
05:27vous avez raison, changer de dimension,
05:30Gabriel Attal, qui n'en est pas encore
05:31à la paix et à la démission d'Emmanuel Macron,
05:34Edouard Philippe qui n'a franchi ce pas,
05:36ce ne sont pas eux qui...
05:38Enfin, il ne faut que constater l'état de l'opinion.
05:40C'est-à-dire que l'état de l'opinion
05:42est en colère contre Emmanuel Macron,
05:44pas tant contre Sébastien Lecornu,
05:46que d'ailleurs pas grand monde ne connaissait
05:47dans le grand public il y a encore un mois et demi.
05:50Il était ministre depuis huit ans,
05:51mais c'était un ministre particulièrement discret,
05:53même s'il occupait des fonctions éminentes.
05:55En revanche, on voit bien qu'Emmanuel Macron
05:58est la cible d'un rejet massif de l'opinion
06:01qui considère que c'est lui la source du problème
06:03et la source du blocage politique.
06:04Pourquoi ? Parce qu'il y a maintenant 16 mois,
06:08il a procédé à cette dissolution
06:10que personne n'a compris.
06:12Donc, Edouard Philippe, il en tire les conclusions
06:14de façon radicale, certes et brutale, bien sûr.
06:16L'étau se resserre, comme vous disiez.
06:20Le départ d'Emmanuel Macron, c'est parti d'abord
06:22de Jean-Luc Mélenchon et de sa proposition réitérée
06:24de destituer le président de la République.
06:25On a entendu ensuite quelques voix à droite,
06:27Valérie Pécresse, Jean-François Copé et quelques autres.
06:30Et maintenant, c'est Edouard Philippe.
06:32Et tout ça, ça renvoie Emmanuel Macron, en fait,
06:34à l'alternative qui est en train de se dessiner pour lui.
06:37C'est que si jamais il se refuse à dissoudre
06:39l'Assemblée nationale,
06:41et s'il nomme un quatrième Premier ministre
06:43ou un négociateur pour gagner peut-être encore du temps,
06:46c'est l'impression que ça a pu donner,
06:47sa décision de maintenir finalement,
06:49en tout cas de redonner deux jours de sursis
06:52en quelque sorte à Sébastien Cornu,
06:53il risque de se fragiliser encore plus,
06:55d'être encore plus menacé
06:56et d'être effectivement lâché maintenant
06:58par une grande partie de son camp
06:59qui réclamerait son départ.
07:01Est-ce qu'il peut reprendre la main,
07:02le chef de l'État, Pauline ?
07:04Qu'est-ce que peut faire Emmanuel Macron aujourd'hui ?
07:06Ça semble très très difficile d'entrevoir la solution,
07:09comme le disait Renaud,
07:10à l'instant, là, il s'est accordé 48 heures, en fait,
07:13hier, en demandant à Sébastien Lecornu
07:17de poursuivre des négociations,
07:19donc, au fond, on connaît le résultat,
07:21puisque ça fait trois semaines qu'il discute avec les mêmes.
07:24Et ce qui est spectaculaire, je trouve, depuis hier,
07:27c'est qu'Emmanuel Macron, il a essayé de gagner 48 heures,
07:29et en fait, ça n'a pas fonctionné.
07:31C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu une minute de répit dès hier soir,
07:35il était à nouveau sous la mitraille.
07:37Personne ne s'est dit,
07:39eh bien, on va tourner tous les projecteurs vers Matignon
07:41et regarder si Sébastien Lecornu peut s'en sortir.
07:44Et vous parliez tous deux de la déclaration de Gabriel Attal hier soir.
07:49Certes, il n'en est pas appelé sa démission,
07:50mais il parle d'une forme d'acharnement à garder le pouvoir.
07:53Quel est le sous-texte de ça ?
07:55C'est de, enfin, évidemment...
07:56Les mots sont extrêmement violents.
07:58Absolument.
07:59Sur le papier, ça fait référence au fait qu'en nommant Sébastien Lecornu
08:02et en se mêlant du remaniement ou de la composition du gouvernement,
08:06il a essayé de garder la main.
08:09Oui, mais le sous-texte, acharnement a resté.
08:12C'est ça qu'on entend quand Gabriel Attal dit ça.
08:15Donc la seule solution, là, pour Emmanuel Macron,
08:17pour en réchapper, c'est de trouver un paratonnerre, finalement,
08:20pour ne pas prendre... pour cesser de prendre la foudre.
08:22Mais on a bien du mal à voir lequel il pourrait être.
08:25On a compris, le président ne veut pas forcément dissoudre Étienne Gérard.
08:29Il a encore des armes constitutionnelles.
08:31Alors je mets de côté le discrédit dont il est l'objet.
08:34Mais théoriquement, il a des armes.
08:35Il y a la possibilité de nommer un Premier ministre d'un bord différent,
08:40par exemple venu de la gauche.
08:41On a cru comprendre que c'était une des hypothèses évoquées.
08:44Il y a évidemment la dissolution.
08:47Et il y a aussi la possibilité,
08:48ça a été beaucoup évoqué ces derniers mois, il ne l'a jamais fait,
08:51de procéder à des lois par référendum.
08:53Puisque le Parlement ne veut pas accorder sa confiance à ses gouvernements,
09:01d'enjamber le Parlement, d'utiliser l'article 11 de la Constitution
09:04et de redonner la parole aux Français,
09:08non en convoquant de nouvelles élections,
09:10mais sur des projets précis sur lesquels il devrait dire oui ou non.
09:14Ça, c'est très théorique.
09:15Et j'ai bien conscience qu'il y a aussi une part personnelle,
09:18de discrédit qui touche Emmanuel Macron sur sa personnalité,
09:23sa façon de mener le pouvoir.
09:25Et là, la solution, elle est beaucoup plus compliquée à imaginer.
09:29Renan ?
09:29Parce que les alternatives que vous évoquez, Etienne Girard,
09:32elles sont justes, c'est vrai, mais elles ont toutes d'énormes problèmes.
09:35La gauche nommée un Premier ministre de gauche,
09:36la gauche aujourd'hui, hors insoumis,
09:38puisque les insoumis sont dans une autre stratégie
09:39et que la gauche s'est divisée, c'est 123 députés.
09:43Pourquoi est-ce que ça fonctionnerait mieux à 123 députés
09:45dès lors que la non-majorité de 210 députés,
09:48Bloc Central plus LR, n'y parvenait pas ?
09:51Évidemment, un Premier ministre de gauche, a priori, serait censuré.
09:53Alors, Fabien Roussel dit qu'on discuterait,
09:54parce que je l'interroge, c'est 123 députés.
09:56Et il dit, oui, on pourrait travailler avec Gabriel Attal,
09:59on a des contacts avec des macronistes, des horizons, des modems.
10:01Bien sûr, ça ne vous rappelle pas Sébastien Lecornu,
10:03ça ne vous rappelle pas François Bayou, ça ne vous rappelle pas Michel Barnier ?
10:05Il disait tout ce qu'il pouvait y arriver.
10:06Évidemment, ils discutent tous.
10:07Le problème n'est pas de discuter, ça, ils discutent,
10:08ils se parlent, mais ils ne se mettent pas d'accord.
10:11Donc, ça paraît peu probable.
10:12La question du référendum, d'ailleurs, souvenez-vous,
10:14Emmanuel Macron l'avait lui-même évoqué lors de ses vœux télévisés,
10:17je redonnerai la parole aux Français.
10:19Pourquoi pas ?
10:20Le problème, c'est que dès lors que l'initiative vient du président de la République,
10:24au regard de son impopularité actuelle,
10:26l'initiative, elle est affaiblie, si ce n'est discréditée, immédiatement.
10:30Reste donc l'hypothèse de la dissolution.
10:33Et si Emmanuel Macron s'y refuse,
10:35comme d'ailleurs d'autres responsables d'autres partis politiques,
10:38en particulier LR ou le PS, ne la souhaitent pas,
10:42c'est pour une raison bien particulière.
10:44C'est la raison essentielle, c'est parce que Marine Le Pen, elle, la souhaite.
10:48Je vous propose d'ailleurs d'écouter la chef de file de l'extrême droite hier,
10:51qui a posté cette vidéo précisément sur l'alternative qui s'offre, selon elle, au chef de l'État.
10:58– En ces heures, le chef de l'État dispose de deux voies possibles,
11:03soit la démission, soit la dissolution.
11:06La démission relève de la conscience d'un homme, de son sens, de l'État et de rien d'autre.
11:11La seconde option, je dis bien la seconde option et non la deuxième,
11:14parce qu'il n'y en a pas d'autre, c'est la dissolution.
11:18Elle est à nos yeux irrémédiable.
11:20– Il n'a pas le choix à entendre Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Pauline.
11:24Vous êtes d'accord ? Il est acculé ?
11:27– Il est clairement, non pas au pied du mur, mais face au mur.
11:32Il reste effectivement l'hypothèse de la dissolution.
11:37Et d'ailleurs, son entourage disait hier, juste après qu'il a confié
11:42cette ultime mission impossible à Sébastien Lecornu,
11:48qu'il prendra ses responsabilités si ça échoue.
11:51– Oui, mais on ne savait pas ce que ça voulait dire cette phrase.
11:53– Alors clairement, dans les options sur la table, il y a la dissolution.
11:57Et quand l'entourage ou les proches d'Emmanuel Macron disent tout est sur la table,
12:01il y a effectivement les options nomination d'un Premier ministre,
12:05soit issu du socle commun, de gauche ou d'un profil technique.
12:08Mais il y a évidemment la dissolution.
12:11– Mais ça réglerait quoi la dissolution, Étienne Gérard ?
12:13On a vu ce qu'a donné la précédente, c'est pour avoir une Assemblée fragmentée à nouveau
12:18ou pour donner les clés du pouvoir au Rassemblement National ?
12:21C'est ça que veut le Président ?
12:22– C'est tout le problème de la situation, effectivement.
12:25On tend à perdre de vue que la situation politique et l'absence de majorité
12:30n'est pas liée à Emmanuel Macron.
12:33Certes, il y a eu la dissolution, ce choix que personne n'a compris d'Emmanuel Macron, etc.
12:38Le fait qu'il y ait trois blocs à l'Assemblée nationale, il faut bien mesurer ça.
12:42Ça peut arriver à tout le monde.
12:44C'est les Français qui ont voté comme ça.
12:46Ils peuvent re-voter de cette façon-là la prochaine fois.
12:49Ils pourraient re-voter de cette façon-là même après une présidentielle anticipée.
12:54Tout ça pour dire qu'on pense qu'à Emmanuel Macron,
12:58parce qu'il est au centre du jeu actuellement,
13:00mais même si Emmanuel Macron disparaît du jeu,
13:03cette question de l'absence de majorité au Parlement,
13:06à l'Assemblée nationale dans le pays,
13:07elle restera posée et à un moment se posera la question du travail
13:12entre les forces politiques,
13:13parce qu'au bout du compte, il n'y a que ça.
13:16Il n'y a que des compromis et des coalitions
13:19s'il n'y a pas de majorité pour avoir un pouvoir stable en France.
13:21Renaud, je vous vois faire une moue assez sceptique.
13:23Oui, ce n'est pas sûr du tout.
13:24Ce n'est pas sûr du tout, cette question de l'absence de majorité.
13:26Ce n'est pas sûr, mais ce n'est pas exclu.
13:27Ce n'est pas exclu, bien sûr.
13:29La seule façon de le savoir, c'est de faire voter les Français.
13:30C'est-à-dire qu'on entend les sondeurs qui se succèdent en disant
13:34de toute façon, ça ne changerait pas grand-chose,
13:37mais d'ailleurs, il y avait un certain nombre de prévisions
13:41qui ne se sont pas confirmées lors de la dernière élection législative,
13:43celle de juin 2024.
13:45Donc, il faut prendre tout ça avec une grande prudence.
13:47Ce n'est pas sûr du tout que le Rassemblement National
13:49n'est pas une majorité absolue ou relative.
13:51Une majorité relative qui permet, par exemple, au RN,
13:54peut-être de décrocher ce qui reste de la droite.
13:55On voit bien qu'il y a toute une partie de LR
13:57qui, maintenant, penche de plus en plus de ce côté-là.
14:00Il n'est pas du tout évident que la gauche,
14:02peut-être, ne progresse un peu, etc.
14:04Ça, c'est évidemment beaucoup plus hypothétique.
14:06C'est vrai qu'on voit bien que les macronistes
14:07ne sont pas en grande forme et qu'a priori, eux,
14:09ils perdraient des plumes.
14:10Mais surtout, la seule façon de le savoir,
14:12c'est de renvoyer la responsabilité aux électeurs.
14:16Et c'est même une façon pour Emmanuel Macron
14:17de se protéger.
14:19Et l'argument qui consiste à dire,
14:20et qu'on entend, et qui peut être tout à fait légitime
14:22d'un point de vue partisan, bien sûr,
14:24oui, mais ça ferait gagner l'extrême droite
14:25et l'extrême droite arrivera au pouvoir.
14:27C'est tout à fait légitime et compréhensible
14:28que ça inquiète une bonne partie des électeurs,
14:31une bonne partie des Français.
14:32Mais ce n'est pas un argument suffisant
14:35d'un point de vue politique, institutionnel
14:38et même démocratique pour refuser de dissoudre.
14:41Et il y a un paradoxe, c'est qu'il y a un peu plus d'un an,
14:44personne n'a compris pourquoi Emmanuel Macron
14:46avait décidé de dissoudre l'Assemblée nationale.
14:49Et aujourd'hui, on s'oriente de plus en plus
14:51vers l'idée que personne ne comprendrait
14:53qu'il ne finisse pas par le faire,
14:54parce qu'en plus, en s'obtenant à ne pas le faire,
14:56il risque de se mettre lui-même en danger,
14:58parce que l'autre hypothèse ensuite, c'est son départ.
15:01Et ce n'est pas le moindre des paradoxes de cette période.
15:04Dans un instant, on va essayer de comprendre
15:05ce que peut faire Sébastien Lecornu
15:07dans ces 48 heures que le président lui a accordées.
15:10On va se demander aussi si l'heure est venue
15:12pour un Premier ministre de gauche.
15:14Mais tout de suite, c'est l'info.
15:15En une minute avec vous, Maureen Sunniar,
15:17il est 9h21.
15:18Edouard Philippe demande au chef de l'État
15:21d'organiser une présidentielle
15:23anticiper l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron
15:26et chef du parti Horizon.
15:28Allié du président estime que cela permettra
15:30de sortir d'une façon ordonnée et digne
15:33d'une crise politique qui nuit au pays.
15:35Pour le moment, Emmanuel Macron a chargé
15:37le Premier ministre des missionnaires Sébastien Lecornu
15:39de mener d'ultimes négociations jusqu'à demain soir
15:42pour peut-être trouver un accord de gouvernement.
15:45Ce matin, le président du parti des Républicains,
15:47Bruno Retailleau, dit être prêt à participer
15:50à un gouvernement de cohabitation avec Emmanuel Macron.
15:53Le Rassemblement national appelle de nouveau
15:55à une dissolution de l'Assemblée.
15:57Les voisins du couple Jubilard seront entendus aujourd'hui.
16:00Hier, les avocats de Cédric accusés d'avoir tué son épouse
16:03il a 5 ans dans le Tarn ont tenté de semer le trouble.
16:06Ils assurent que le téléphone de l'amante Delphine
16:09a borné près de son domicile le soir de la disparition.
16:13La Cour doit dire dans les prochains jours
16:14si elle entend de nouveau des experts.
16:16Et puis le trafic aérien a dépassé son niveau
16:18d'avant Covid en Europe cet été.
16:20Plus de 35 000 vols transitent en moyenne chaque jour
16:23par le continent.
16:24Une hausse de 3% en un an.
16:25Les informés avec Pauline Théveniot,
16:39journaliste politico-parisien.
16:40Aujourd'hui en français, Étienne Gérard,
16:42directeur adjoint de la rédaction de l'Express.
16:45Renaud, Sébastien Lecornu, 48 heures pour faire
16:48ce qu'il n'a pas réussi à faire en un mois.
16:4948 heures, c'est vrai que ça sonne comme un titre de série américaine.
16:54D'ailleurs, tic-tac, tic-tac, le temps passe.
16:56Il n'en reste plus que 36 ce matin.
16:57Mais hier, donc, hier soir, le chef d'État lui a accordé
17:00deux jours de plus pour essayer de négocier
17:03ce qu'il appelle une plateforme de stabilité et programmatique.
17:08Justement, une plateforme d'action et de stabilité pour le pays.
17:10Il reçoit d'ailleurs ce matin le Premier ministre démissionnaire,
17:14un de plus, les présidents des deux assemblées,
17:16Gérard Larcher et Yael Brun Pivé,
17:17les chefs des partis du socle commun qui est de moins en moins commun.
17:21Et puis Bruno Retailleau, lui, a souhaité un tête-à-tête
17:24ou un face-à-face, on interprétera ça comme on veut,
17:27ce qui en dit long sur la confiance entre les deux hommes.
17:29Sébastien Lecornu qui, quand même, hier, en présentant sa démission,
17:32disait que, bon, il n'avait pas réussi, vous le disiez,
17:34mais qu'on n'était pas si loin du but.
17:37On ne peut pas être Premier ministre
17:38lorsque les conditions ne sont pas remplies.
17:40Les partis politiques continuent d'adopter une posture
17:44comme s'ils avaient tous la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
17:49Il suffirait de peu pour que l'on puisse y arriver,
17:51en sachant aussi faire preuve d'effacement de certains égaux.
17:56Il y a beaucoup de lignes rouges dans la bouche de beaucoup,
17:58pas de tous.
18:00Il y a rarement des lignes vertes.
18:01Mais il faut toujours préférer son pays à son parti.
18:05Qu'est-ce qu'il peut faire pendant ces 36 heures
18:08qui lui reste Sébastien Lecornu, Pauline Thézion ?
18:10Alors, le pari d'Emmanuel Macron,
18:12parce qu'il faut quand même rappeler
18:13que ces 48 heures supplémentaires de négociation,
18:16c'est l'idée d'Emmanuel Macron.
18:18Et c'est lui qui a demandé à Sébastien Lecornu
18:20de le faire, qui s'était exécuté en moine soldat,
18:24comme il dit.
18:25Et l'idée d'Emmanuel Macron,
18:27c'est de dire qu'au fond, hier,
18:29les forces politiques se sont faits peur.
18:31se sont réveillées lundi matin en prenant conscience,
18:35en étant saisies par la crise qu'elles avaient engendrée.
18:38Et il a entendu Bruno Retailleau sur le plateau du 13h
18:41dire qu'il voulait avancer sur le fond.
18:45Les socialistes dire qu'ils ne voulaient pas de dissolution.
18:49Et se dire qu'il y avait peut-être un trou de souris
18:53à minima pour ressouder le socle commun.
18:56Sauf que patatras, on voit bien que ça va être très très compliqué.
19:01Rien qu'avec ce fait que Bruno Retailleau ne soit pas à La Réunion.
19:04Il a refusé d'y aller, il a demandé un tête-à-tête avec Sébastien Lecornu.
19:07Voilà, en ce moment même à Matignon.
19:09Donc au fond, on a pu voir que Hervé Marseille de l'UDI
19:13hésitait à s'y rendre,
19:14que Edouard Philippe finalement y va,
19:16mais après avoir laissé planer le suspens.
19:18Donc on voit bien que plus rien ne tient ce socle commun ensemble.
19:22Et ce qui est frappant,
19:25c'est de voir que des formations qui sont minoritaires à l'Assemblée,
19:31les Républicains, 50 députés, le Parti Socialiste, 66,
19:35appellent à une cohabitation sans avoir la majorité.
19:38Donc c'est exactement ce que disait Sébastien Lecornu,
19:42qui semble, qui apparaît,
19:43et je trouve que c'est un parallèle,
19:45il y en a peu, mais entre lui et François Bayrou,
19:47très désabusés sur l'état des forces politiques du pays
19:53et sur leur capacité à coopérer.
19:54Des partis minoritaires incapables de se mettre d'accord.
19:57Etienne Girard, quand vous voyez l'attitude de Bruno Retailleau
20:00qui refuse de se rendre à cette réunion du socle commun,
20:02vous vous dites quoi ?
20:03C'est fini le socle commun avec LR ?
20:05Ou Sébastien Lecornu peut encore essayer de recoller les morceaux ?
20:08Non, à court terme, il est clairement abîmé,
20:10il n'existe plus le socle commun.
20:12Le refus de Bruno Retailleau montre qu'à ses yeux,
20:15Sébastien Lecornu est totalement démonétisé.
20:17Et on imagine difficilement, dans 48 heures, la situation changée.
20:23Emmanuel Macron a tenté un énième pari.
20:26C'est la vieille technique de l'ultimatum.
20:29On va faire peur à tout le monde en donnant une deadline.
20:31Le problème, c'est que pour que ça marche dans une négociation,
20:34il faut, un, que les acteurs en fassent un intérêt à mener à bien la négociation.
20:39Là, on ne comprend pas très bien, la situation est tellement abîmée
20:42quels seraient leurs intérêts, ce qu'on pourrait leur offrir en échange.
20:45Et deux, il faut avoir peur de la conséquence.
20:48Et mon sentiment, en écoutant les acteurs depuis hier,
20:51c'est que plus personne n'a peur de la dissolution,
20:53hormis les macronistes.
20:55Et encore, quand on écoute Gabriel Attal,
20:57on a l'impression qu'il a lui aussi quasiment tourné la page.
21:01Puisque plus personne n'a peur de la dissolution,
21:03comment imaginer que ce qui n'a pas marché en 4 semaines
21:05pourrait marcher en 48 heures ?
21:07Aucune chance.
21:08C'est vrai que c'est l'ultime carte d'Emmanuel Macron,
21:10c'est la grande trouille de la dissolution
21:11pour amener tout le monde à resserrer les rangs en quelque sorte.
21:14Il n'est pas du tout sûr, ça je suis d'accord avec Etienne Gérard,
21:16que ça fonctionne.
21:17Et en fait, si on refait le film des dernières semaines
21:18lors desquelles Sébastien Lecornu a essayé de discuter
21:20et a discuté avec les uns et les autres,
21:22il y a quand même un phénomène aussi qui est assez surprenant.
21:25Il y a un épisode qui est assez surprenant,
21:26c'est qu'il a quand même été, jusqu'à dire à l'APT
21:28qu'il était le plus faible de tous les premiers ministres,
21:29que le pouvoir était au Parlement,
21:31et d'ailleurs qu'il s'engageait à ne jamais utiliser le 49-3.
21:34Et tout ça n'a pas convaincu,
21:36n'a pas incité les groupes parlementaires,
21:38de droite comme de gauche,
21:39finalement à se dire, saisissons-nous de ça
21:41et justement, ensuite, discutons au Parlement
21:43de telle ou telle hypothèse,
21:46notamment sur le budget.
21:47Comme si finalement, les parlementaires eux-mêmes,
21:50les partis politiques aujourd'hui,
21:51n'avaient pas envie de se saisir du pouvoir
21:53qu'ils auraient pu utiliser au regard
21:55de l'affaiblissement de l'exécutif actuel.
21:57Ça, je trouve que c'est très frappant.
21:58On en vient à se demander en regardant l'ensemble...
22:00Ils ne veulent pas s'abîmer en attendant la présidentielle.
22:01Ils ne veulent pas, ils sont juste obsédés
22:03par l'élection présidentielle de 2027
22:04et leurs petits intérêts.
22:05Mais effectivement,
22:06user finalement du pouvoir parlementaire
22:08qui leur tendait les bras, enfin,
22:10ça n'a pas l'air de les préoccuper.
22:11Et on en vient par se poser la question
22:13quand on regarde ce petit jeu
22:14assez désespérant depuis quelques semaines,
22:15s'il y a encore un adulte dans la pièce.
22:18Eh bien, c'est la question
22:18qu'on va se poser encore longtemps,
22:20je pense, dans les jours qui viennent.
22:21Merci beaucoup, les informés.
22:23Pauline Théveniot,
22:23journaliste politico-parisien
22:24aujourd'hui en France.
22:26Merci, Étienne Gérard,
22:27directeur-adjoint de la rédaction de L'Express.
22:29À la une de L'Express, cette semaine.
22:30Des révélations sur les meilleurs espions du monde.
22:33Les Israéliens du Mossad
22:35couraient l'acheter dans tous les bons kiosques.
22:37Dans les meilleurs kiosques uniquement.
22:39Merci, Renaud Ademain.
22:39Merci, Agathe Ademain.
22:40Vous retrouvez les informés
22:41ce soir à 20h avec Victor Maté.
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