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  • il y a 7 semaines
Ce lundi 6 octobre, la démission de Sébastien Lecornu, après la nomination de Bruno Le Maire au ministère des Armées, a été abordée par Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, François Ecalle, fondateur de FipEco.fr, et Mathieu Jolivet, rédacteur en chef chez BFM Business, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et pour commenter cette actualité extrêmement chaude, j'ai le plaisir d'accueillir Mathieu Jolivet.
00:07Mathieu, bonjour !
00:08Bonjour Raphaël !
00:08Rédacteur en chef BFM Business.
00:10François Eccal, François bonjour !
00:12Bonjour !
00:12Fondateur du site Fipeco.fr, grand spécialiste, grand manie tout des finances publiques.
00:18Et Denis Ferrand, bonjour Denis !
00:20Bonjour Raphaël !
00:21Directeur général de Rex & Code.
00:23Alors évidemment c'est une émission un petit peu bousculée,
00:27on a eu la composition enfin du gouvernement hier soir,
00:30de la première partie du gouvernement hier soir.
00:33Il n'a pas fallu 12 heures pour que ce gouvernement vole en éclats.
00:38Alors il faut qu'on explique un petit peu la situation à ceux qui nous écoutent ce matin.
00:44On a les Républicains qui visiblement n'ont pas beaucoup apprécié l'arrivée de Bruno Le Maire
00:50au ministère des Armées et qui menaçaient.
00:53En fait c'est un film totalement dingue et assez sidérant Raphaël.
00:58Tout est parti hier soir à 21h23.
01:01Vous avez Bruno Retailleau qui est reconduit dans ses fonctions
01:04et qui pourtant fait un post sur les réseaux sociaux
01:07en fustigeant les équilibres politiques de ce nouveau gouvernement.
01:14Et donc tweet totalement hallucinant
01:16où un ministre de l'Intérieur reconduit à l'air de découvrir les équilibres politiques
01:22de quelque chose qu'il avait signé avec le Premier ministre et le Président
01:27quelques heures plus tôt.
01:29Avec qui il avait passé une heure et demie dans le bureau.
01:30Avec qui il avait passé une heure et demie dans le bureau.
01:33Dans les heures qui suivent, vous avez tous les leaders des autres partis
01:37qui reprennent le même discours.
01:39De horizon, Édouard Philippe qui dit c'est ni fait ni à faire.
01:43À gauche, tous les partis fustigeants.
01:46Ce matin, en urgence, le corps nu va voir Emmanuel Macron.
01:51Ils viennent de passer une heure et demie ensemble
01:52dans le bureau d'Emmanuel Macron à l'Elysée.
01:55Ils constatent ensemble qu'ils sont dans une impasse.
01:58Dans une impasse institutionnelle.
01:59Et il remet sa démission à Emmanuel Macron.
02:02Et en fait c'est une crise politique majeure.
02:04C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République
02:08qu'on a un nouveau Premier ministre
02:11qui n'aura pas mis les pieds une seule fois à l'Assemblée Nationale.
02:15Et ce, alors qu'un budget doit être présenté,
02:182026 doit être présenté dans quelques jours
02:20normalement à l'Assemblée Nationale.
02:24Et donc c'est une crise politique majeure
02:27qui risque de se doubler d'une crise non pas financière
02:31mais cette fois économique.
02:33Et c'est ça en fait qui nous pend au nez.
02:35Oui, on voit les conséquences effectivement là sur les marchés
02:37qui ont immédiatement réagi, Denis Ferrand.
02:39Oui, je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Mathieu.
02:43C'est effectivement un enjeu financier.
02:45Ça, effectivement, on l'a vu tout de suite.
02:47Le 3,57 je crois pour le taux à 10 ans.
02:50Le spread qui se tend.
02:52L'Italie qui va commencer à s'éloigner par le bas du taux français.
02:56Le coût de l'assurance sur la dette qui progresse.
03:00Ce que l'on appelle les CDS.
03:01Donc quand vous assurez contre un risque de défaut de la dette,
03:04ce n'est pas énorme mais c'est en train là aussi de se décorréler.
03:07Donc en fait, c'est tous les petits signaux
03:09qui sont tout à fait délétères du point de vue financier.
03:11Mais plus encore, c'est effectivement la dimension économique
03:15qui est à interroger.
03:17On a eu la chance d'avoir une expérience naturelle à Rexecode
03:21il y a quelques temps de cela.
03:22On fait une enquête avec BPI France.
03:24On avait interrogé les patrons de PME entre le 21 août et le 3 septembre
03:30sur ce qu'ils anticipaient faire de leur projet d'investissement
03:33et de leur projet d'embauche.
03:35Donc au moment précis où François Bayrou annonce
03:38qu'il posera sa responsabilité face à l'assurance.
03:41Le 25 août, au milieu de l'interrogation que l'on fait
03:43auprès des patrons de PME, 25 août,
03:45François Bayrou fait sa déclaration, vote de confiance.
03:48Et en fait, quand vous regardez la manière
03:49dont les patrons répondaient avant et après le 25 août,
03:52vous avez une bascule très importante.
03:5560% des patrons déclaraient reporter
03:56ou annuler leur projet d'investissement
03:58pour ceux qui répondaient entre le 21 et le 25.
04:01Pour tous ceux qui répondaient après le 25,
04:0360 c'était déjà beaucoup.
04:05Tous ceux qui répondaient après le 25,
04:07ils étaient 76% à dire qu'ils reportaient ou annulaient.
04:10Donc il ne faut pas croire que cette crise politique
04:13est sans effet effectivement sur l'économie.
04:16C'est ça qui nous prend.
04:16Mais vous avez raison parce qu'en fait,
04:18il faut quand même avoir aussi en tête
04:19que bien plus que la guerre en Ukraine
04:21ou que l'épisode Covid qui était un choc exogène,
04:24un signe noir que personne n'a vu arriver,
04:25c'est que le taux d'investissement des entreprises,
04:29c'est au moment de la dissolution
04:31qu'il a le plus brutalement chuté.
04:33Et en fait, un chef d'entreprise,
04:35c'est quand il navigue vraiment dans la purée de poids,
04:40dans le brouillard le plus total,
04:41c'est quand il n'a plus de visibilité politique
04:43parce que plus de visibilité politique,
04:45c'est plus de cap économique.
04:47Et donc c'est un chef d'entreprise
04:48qui ne peut pas se projeter sur un environnement fiscal
04:51dont il a besoin pour pouvoir investir.
04:52Donc on gèle les investissements.
04:54Comment vous voulez piloter un plan industriel
04:57à 5, 10, 15 ans
04:58quand on change toutes les 5 semaines
05:01de Premier ministre ?
05:02Les investissements,
05:03c'est toujours la partie de la dépense des entreprises
05:05qui est la plus pilotable immédiatement.
05:08Les investissements s'envisagent souvent
05:10dans des tranches qui sont pluriannuelles.
05:12Mais la tranche que j'avais prévue de faire cette année,
05:15je vais peut-être la décaler un petit peu.
05:16J'attends de voir si ça se passe bien.
05:18Enfin, si d'un point de vue technique,
05:20je ne suis pas contraint.
05:21À ce moment-là, je reporte mes projets d'investissement
05:23et je vais être décalé dans le temps
05:24c'est ce qui est en train de se passer.
05:26L'attentisme est en train de devenir la règle de survie.
05:29Bon, tout ça va nous coûter cher.
05:30Au final, François Eccal,
05:31l'écart de taux entre les taux allemands et français
05:34atteint la 86,5.
05:37Ça fait longtemps qu'on n'a pas connu des spreads
05:39aussi élevés ?
05:41Alors, ça fait longtemps qu'on n'a pas connu des spreads aussi élevés,
05:44mais on a connu des spreads beaucoup plus élevés en 2011-2012.
05:48Je ne parle même pas d'Italie, simplement pour la France.
05:50On était à 150 points de base.
05:52La grande différence par rapport aux années 2011-2012,
05:57c'est que les marchés savent que la BCE est là.
06:01Ce qui n'était pas le cas à l'époque,
06:02puisque le traité de Maastricht en principe interdisait
06:04les interventions de la BCE pour acheter des dettes des États membres.
06:10Donc, c'est pour ça que depuis un certain nombre d'années,
06:13les marchés restent relativement calmes.
06:15Ils savent que l'hypothèse d'un défaut de paiement de la France aujourd'hui
06:20est inenvisageable en réalité,
06:23dans le contexte géopolitique actuel.
06:25Maintenant, ils peuvent se rappeler,
06:28ils sont peut-être en train de se rappeler là,
06:29que l'intervention de la BCE, elle n'est pas automatique.
06:33En effet, la BCE a des instruments pour acheter en quantité illimitée
06:38les dettes d'un État de la zone euro,
06:41mais en principe, elle ne peut le faire
06:43dire que si la dette publique de ce pays est soutenable
06:47au sens des économiques,
06:49il faut qu'ils respectent la règle budgétaire européenne aussi.
06:51Ce n'est pas évident dans le cas de la France.
06:52Est-ce que c'est le cas de la France ?
06:54Alors, pour le moment, on ne peut pas dire,
06:55parce que c'est des nouvelles règles,
06:56et pour le moment, on ne peut pas dire qu'on les a respectées ou pas.
06:59En revanche, le critère de soutenabilité de la dette,
07:04celui-là, on peut quand même plus l'apprécier.
07:05Pour arriver aujourd'hui à stabiliser la dette,
07:08ce qui est en général la définition qui est retenue par les économistes
07:11en pourcentage du PIB,
07:13l'effort qui est à faire, il est de l'ordre de 120 milliards d'euros.
07:16Et aujourd'hui, sur ces 120 milliards,
07:18cette année en 2025, on en fait 20-25.
07:21Donc, il y a un énorme effort à faire.
07:24Donc, les marchés peuvent en effet s'inquiéter
07:27et se dire que la BCE n'interviendra peut-être pas forcément.
07:32On ne sait pas dans quelles conditions
07:33et d'où les tensions.
07:34Mais on n'est pas non plus dans la situation de 2011-2012.
07:37Les experts des marchés de la dette disent souvent
07:40qu'on a quand même pas mal de marge et que c'est plutôt à partir de 120 ou 130 points
07:44qu'on peut commencer à s'inquiéter.
07:47Et quand bien même on arriverait à ces niveaux extrêmement élevés,
07:50comme vous le rappelez,
07:51on a quand même un environnement qui est absolument nouveau.
07:54Et si on arrivait à ces niveaux de 120 ou 130 points,
07:57on aurait à ce moment-là le filet de la BCE
07:59qui pourrait se déclencher et venir apaiser les choses.
08:02Oui, donc on n'y est pas encore de différence.
08:04Juste une information, Sébastien Lecornu annonce
08:06qu'il fera une déclaration depuis Matignon
08:08à 10h45, dans 35 minutes.
08:11On n'est pas encore à la BCE
08:13qui est au chevet des finances publiques françaises.
08:17Non, non.
08:18Et encore moins le FMI.
08:19Non, on n'y est pas.
08:20Vous l'avez dit Eric Lombard.
08:20Effectivement, c'est une métaphore
08:22dont on a déjà usé et abusé sans doute.
08:25Mais il faut arrêter de parler d'un mur de la dette
08:27que l'on va se prendre.
08:28Mais il faut beaucoup plus parler d'un nœud coulant
08:30qui, en fait, au bout d'un moment,
08:32vous empêche de faire des choix
08:32parce que vous avez un ensemble de dépenses,
08:35en particulier les dépenses d'intérêt,
08:36qui sont d'un poids de plus en plus important.
08:38On est en train de sortir de la dette
08:39qui portait un taux, mettons, à 1%
08:42parce qu'il est mis il y a 10 ans.
08:43Et on le remplace par une dette
08:44qui s'émet désormais à 3,5%.
08:46Ce n'est pas tout à fait la même chose.
08:48Et puis, l'élément quand même aussi
08:50qui est très important,
08:51qu'il faut rappeler par rapport à la comparaison
08:52de 2011-2012,
08:54où effectivement, les spreads
08:55étaient beaucoup plus élevés,
08:56c'est que, un, il y a effectivement
08:58des outils qui ont été mis en place par les BCE,
09:00mais surtout, c'était, à ce moment-là,
09:02une crise existentielle de la zone euro
09:04qui était posée.
09:05C'était même l'existence de l'euro
09:06qui était remis en question.
09:07Donc, on était sur quelque chose
09:08qui était bien au-delà du cas français,
09:10alors que là, on est sur un spread
09:12qui monte uniquement
09:13pour des circonstances nationales.
09:14Sauf qu'on était sur la Grèce
09:15qui représentait 2% du PIB de la zone euro
09:18et que la France, c'est 10 fois plus.
09:20C'est 20%, c'est la deuxième économie
09:21de la zone euro.
09:22Donc, est-ce que cette instabilité-là,
09:25quand même, ne risque pas,
09:26François et Cal,
09:28de nous mener tout droit vers le mur ?
09:30C'est-à-dire que ça peut se chiffrer,
09:32si on part en milliards d'euros,
09:34la note peut se chiffrer à combien ?
09:36L'ordre de grandeur,
09:37c'est que si tous les taux d'intérêt
09:40augmentent de 1 point,
09:42la charge des intérêts de la dette publique
09:46augmente de 35 milliards,
09:49mais à un horizon de 10 ans.
09:51Parce qu'il faut voir que c'est très progressif.
09:52En fait, le taux d'intérêt de la dette,
09:55il augmente progressivement au fur et à mesure
09:57qu'on remplace des anciens emprunts
09:59par des nouveaux.
10:00Donc, en fait, c'est assez long.
10:02La dette roule en réalité.
10:03Il y a une grande inertie.
10:05C'est un paquebot, la charge d'intérêt,
10:07qui avance dans la mauvaise direction.
10:09Mais le problème principal
10:10en termes de soutenabilité de la dette,
10:13c'est qu'il y a une petite formule
10:15mathématico-comptable
10:16qu'aiment bien tous les économistes
10:18sur la dette publique,
10:19qui vous dit que si le taux d'intérêt de la dette,
10:22alors sur le stock de dette,
10:24qui aujourd'hui n'était encore qu'à 2%,
10:26parce qu'on a encore des intérêts
10:29sur des emprunts à taux zéro.
10:30Alors, si le taux d'intérêt
10:32sur le stock de dette
10:33est supérieur au taux de croissance
10:34du PIB en euros,
10:36y compris l'inflation,
10:37à ce moment-là,
10:39pour simplement stabiliser la dette,
10:40non seulement il faut un excédent primaire,
10:43c'est-à-dire un excédent hors intérêt.
10:45Aujourd'hui, on a un déficit primaire
10:47de 100-120 milliards d'euros.
10:49Donc, non seulement il faut un excédent primaire,
10:51mais il faut que cet excédent primaire
10:52est d'autant plus élevé
10:53que la dette publique est elle-même élevée.
10:55Et donc, on est dans une situation
10:57où plus on attend,
10:58plus l'effort est difficile.
10:59C'est là où les marchés
11:00peuvent commencer à s'inquiéter.
11:02Ils peuvent se dire,
11:03non, mais la BCE ne peut pas laisser
11:04la dette publique française,
11:06comme ça,
11:06exploser de manière totalement automatique.
11:08– Ce que vous êtes en train de nous dire,
11:09François et Karl,
11:10c'est qu'on est actuellement
11:12dans une situation plutôt favorable
11:14pour réduire la dette
11:15parce que le taux de croissance nominale,
11:18y compris avec l'inflation,
11:20est supérieur pour un autre taux d'intérêt.
11:23– Ça va vite changer.
11:24Il est en train de remonter.
11:25Il était à 2% l'année dernière.
11:27Il remonte.
11:28Et la croissance à 2% en euros,
11:30on y est à peine cette année.
11:31– D'autant qu'il y a le chiffre de croissance,
11:34mais il y a surtout la qualification de la croissance.
11:36Quand vous regardez les postes
11:38qui actuellement font la croissance,
11:40c'est, OK, il y a du commerce extérieur.
11:43Parce qu'on réduit nos importations.
11:45Mais pourquoi est-ce qu'on réduit nos importations ?
11:46Et puis on a aussi un peu exporté.
11:48Pourquoi est-ce qu'on réduit nos importations ?
11:49Parce que la demande interne n'est pas dynamique.
11:52L'investissement est en reflux
11:54et le taux d'épargne est à la hausse,
11:57ce qui a comme contrepartie,
11:58ou plutôt ce qui révèle le fait
11:59que la consommation ne progresse pas.
12:02Donc vous n'avez pas de dépense privée
12:03qui est en général le moteur de la croissance.
12:06Donc il y a la croissance,
12:07il y a la qualification de la croissance
12:09qui est tout aussi importante
12:10et qui dit bien que ça manque de substance.
12:11Et donc l'écart entre le taux d'intérêt
12:13pratiqué actuellement sur le stock de la dette
12:15et le taux de croissance nominale
12:17ne va faire que se resserrer.
12:18Et à un moment ou un autre,
12:19le taux d'intérêt passera devant.
12:21Ce que je trouve assez sidérant
12:22quand on entend la démonstration de François Eccal,
12:24c'est qu'effectivement,
12:25on sent que cette spirale de l'endettement,
12:28on n'y est pas,
12:29mais ce n'est pas de la science-fiction.
12:30On peut s'y approcher
12:31et assez dangereusement.
12:32Et à partir de là,
12:33je pense qu'il y a quand même urgence
12:34à stabiliser quelqu'un,
12:37un profil à Bercy,
12:38qui est un profil à Bercy
12:39qui puisse envoyer le message
12:40de rassurer les marchés.
12:44Et c'est là-dessus que je vous dis
12:45qu'on est quand même dans une séquence assez folle.
12:47C'est que, après,
12:49on pensait ce qu'on veut de Roland Lescure,
12:50mais Roland Lescure
12:51était quelqu'un
12:53qui pouvait rassurer les marchés.
12:55C'est quelqu'un qui a un profil,
12:57qui a un track record.
12:58Oui, qui est un économiste.
13:00Qui est un économiste,
13:01qui a vécu 15 ans au Québec,
13:03qui était numéro 2 de la Caisse
13:04des dépôts et consignations du Québec,
13:07qui a été un homme d'entreprise,
13:09qui connaît le privé, le public,
13:11qui connaît les logiques de marché,
13:13qui connaît les fondamentaux de l'économie,
13:17qui a un profil, effectivement,
13:19peut-être qui parle un peu plus à la gauche,
13:22mais quelqu'un qui ne...
13:23Avec lui, si vous voulez,
13:24avec Roland Lescure,
13:25jamais il n'y aurait eu des félistreuses.
13:26En fait, on...
13:27Jamais.
13:27Et on se retrouve avec cette chaise vide
13:33à Bercy.
13:34Et si on ne veut pas se rapprocher
13:36dangereusement de cette spirale
13:38de l'endettement,
13:39il y a urgence,
13:40j'allais dire presque avant de connaître
13:41un Premier ministre,
13:42de savoir qui va piloter Bercy
13:43pour envoyer un signal au marché.
13:45Depuis Dominique Soscan
13:46et Christian Sauter,
13:48je crois que c'était
13:48les deux derniers économistes
13:49qui ont été en charge
13:50du ministère de l'Économie
13:51et des Finances en France.
13:53Et effectivement,
13:54Roland Lescure peut se prévaloir
13:56d'un passé d'économiste.
13:57Alors, ce n'est pas parce que
13:58vous êtes économiste
13:58que vous êtes nécessairement
14:00un bon ministre de l'Économie
14:01et des Finances.
14:02Ça serait, il n'y a pas besoin
14:03forcément d'être agriculteur
14:04pour gérer le...
14:04Ça vous intéresse, Denis Férent ?
14:06Non, non, non, non, non.
14:10Et puis, je laisserai le budget
14:11à François.
14:11Non, vraiment.
14:13Il y a bien des experts de l'Espagne.
14:17L'Espagne, je crois qu'ils ont fait
14:19tourner un budget technique
14:20pendant presque deux ans.
14:21Oui.
14:22Mais la Belgique a vécu
14:25pendant 18 mois
14:26sans gouvernement.
14:28Est-ce le scénario
14:29vers lequel on se dirige ?
14:30Parce qu'on va faire
14:31un peu de politique fiction.
14:32Nous n'avons plus
14:33de gouvernement
14:34lundi 6 octobre.
14:36Je rappelle que
14:37la date limite,
14:39la date constitutionnelle
14:40pour déposer
14:41le projet de loi de finances
14:42à l'Assemblée
14:43devant l'Assemblée nationale,
14:44c'est le 13 octobre.
14:46Non, non, même pas.
14:47La date constitutionnelle,
14:49la date prévue
14:50par la loi organique
14:51sur les lois de finances
14:52et en cas de la procédure,
14:53c'est le 1er mardi d'octobre.
14:54C'est demain,
14:55Mégane-Fix.
14:56Après, le Conseil constitutionnel
14:58a toujours dit
14:59que quelques jours de retard,
15:00ce n'était pas grave
15:00et certains en ont conclu
15:01que finalement,
15:02le 13 octobre
15:03est peut-être une bonne date.
15:04Il faut 70 jours
15:05pour examiner
15:06le budget de la nation,
15:09effectivement.
15:10Donc, on peut passer
15:10jusqu'au 13 octobre.
15:11De toute façon,
15:11au moment où on se parle,
15:12ce n'est pas compliqué,
15:13il y a trois scénarios.
15:14Premier scénario,
15:16Emmanuel Macron,
15:17là, tout à l'heure,
15:19désigne un nouveau Premier ministre.
15:20Et d'ailleurs,
15:21vous savez,
15:21il a même le droit
15:22de reconduire
15:23Sébastien Lecord
15:24à ce sujet-là.
15:25On voit,
15:26il y a quand même des voix,
15:26tout à l'heure,
15:27j'ai écouté Philippe Brun,
15:28député socialiste,
15:29qui reprenait ce discours
15:31entonné il y a 26 jours
15:33maintenant par Olivier Faure,
15:34à savoir,
15:35nous sommes prêts,
15:36le PS se tient prêt.
15:38On a un budget équilibré,
15:39un budget qui rassurera
15:41les marchés
15:41et qui demandera
15:42des efforts
15:43soutenables
15:44pour les Français.
15:46Voilà,
15:47ce discours,
15:47il commence à remonter
15:48depuis quelques heures
15:49au PS qui se tient prêt.
15:50Ça,
15:50c'est le premier scénario.
15:51Deuxième scénario,
15:52une prise de parole
15:53du président de la République
15:55qui peut arriver très vite
15:56pour annoncer
15:57la dissolution.
15:58Il faut arriver à 20h.
15:59Troisième scénario
16:00le plus spectaculaire,
16:01c'est Emmanuel Macron
16:01qui annonce lui-même
16:03sa démission
16:05et qui provoque
16:06des élections présidentielles
16:07anticipées.
16:08Et la France insoumise
16:09demande l'examen immédiat
16:11à l'Assemblée nationale
16:12de sa motion
16:13de destitution
16:14du président de la République
16:16après la démission
16:17de Sébastien Lecornu.
16:19En termes budgétaires,
16:20on va ramener
16:21tout ça à l'économie,
16:23mais François et Cal,
16:25qu'est-ce qu'on peut voir
16:26dans les prochains jours,
16:27dans les prochaines semaines ?
16:29On a un budget
16:29qui sort tout juste
16:30du Haut Conseil
16:30des Finances Publiques,
16:31là, quand même.
16:31Sauf à penser
16:33qu'en effet,
16:34on va avoir
16:34un nouveau gouvernement
16:35dans les heures qui viennent
16:36qui pourra déposer
16:37un projet de loi de finances
16:38le 13 octobre,
16:40ce qui n'est quand même
16:40pas le scénario
16:41le plus probable.
16:42Après,
16:42comme on a dit,
16:43il y a trois scénarios.
16:45Soit il nomme
16:45un nouveau gouvernement
16:46mais totalement différent.
16:47Il prend un gouvernement
16:49socialiste,
16:50mais qui se fera censurer
16:52trois jours après.
16:53Soit, en effet,
16:54il dissout l'Assemblée,
16:55soit il démissionne lui-même.
16:56Dans tous les cas de figure,
16:57en effet,
16:58on ne pourra pas voter
17:00un budget
17:01avant la fin de l'année.
17:03Donc, la Constitution...
17:04On peut dire d'ores et déjà
17:05aujourd'hui,
17:06a priori,
17:07qu'on n'aura pas
17:08de budget voté
17:09d'ici la fin de l'année.
17:10Sauf qu'il y a un gouvernement
17:10qui est nommé
17:11dans les jours qui viennent,
17:12qui arrive à tenir
17:13plus de 48 heures.
17:14Et quand bien même
17:16on a un nouveau gouvernement
17:17qui arrive dans 48 heures,
17:20de toute façon,
17:20ce que nous montre
17:21cette séquence politique,
17:22c'est que le budget
17:24qui se profilait
17:25ne marchera pas.
17:28Il ne marchera pas.
17:28Donc, de toute façon,
17:29il va falloir
17:30recalibrer un nouveau budget.
17:31Donc, je ne vois pas
17:32comment il pourrait...
17:34On s'oriente vers le scénario
17:36de la loi spéciale budgétaire,
17:38ce qu'on connaît maintenant.
17:39C'est-à-dire qu'en effet,
17:41il n'y aura pas
17:41de loi de finances votée
17:43avant la fin de l'année.
17:44Donc, on va demander
17:45au Parlement
17:46de voter cette loi spéciale.
17:48Ils pourraient ne pas la voter.
17:49À ce moment-là,
17:50c'est le shutdown
17:50à l'américaine.
17:51Mais cette année,
17:53on a bien vu
17:53que quasi unanimement,
17:55je crois,
17:55ils l'ont votée
17:56parce qu'ils sont
17:57quand même
17:58un tout petit peu responsables.
17:59Tous les uns
18:00comme les autres.
18:01Donc, on vote
18:02cette loi spéciale budgétaire
18:03qui n'est pas une mauvaise nouvelle
18:04pour les finances publiques.
18:06Parce que la loi spéciale budgétaire
18:08signifie que
18:09le gouvernement
18:10est autorisé
18:10à prélever les impôts
18:12mais sans rien y changer.
18:13Ça veut dire,
18:14par exemple,
18:14pour l'impôt sur le revenu
18:16qu'il n'y a pas
18:16d'indexation du barème.
18:17Ça fait
18:18quelques recettes supplémentaires.
18:20Voilà.
18:20Une petite hausse d'impôt.
18:22Par ailleurs,
18:23le gouvernement
18:24est autorisé
18:25à ouvrir des crédits.
18:28Alors,
18:29l'expression
18:30n'est pas très claire.
18:31À hauteur
18:32les crédits nécessaires
18:34pour assurer
18:35le fonctionnement
18:36des services publics
18:37et dans la limite
18:37du dernier budget voté.
18:40Le fonctionnement normal
18:40des services publics,
18:41on ne sait pas très bien.
18:43Ça permet quand même
18:43de faire fonctionner
18:44les services publics.
18:46Ça empêche probablement
18:48de continuer
18:48à verser des aides,
18:49des subventions,
18:50des choses comme ça.
18:51On l'avait vu l'an dernier
18:52avec ma prime Rénov'
18:53on avait arrêté
18:54de la verser.
18:55Voilà.
18:55Donc,
18:55ça fait faire des économies.
18:58En revanche...
18:58C'est un peu l'équivalent
18:59d'une année blanche.
19:00C'est comme une année blanche.
19:01Sauf que dans le domaine social,
19:02en revanche,
19:03dans le domaine social,
19:04l'indexation
19:05des prestations sociales,
19:06elle,
19:07elle est prévue
19:07par le Code
19:08de la Sécurité sociale
19:09et s'il n'y a pas
19:10de loi de financement
19:11de la Sécurité sociale
19:12pour dire que cette année
19:13on ne va pas indexer
19:14ou sous-indexer,
19:15l'indexation,
19:16elle est automatique.
19:17Donc là,
19:18il y a des dépenses
19:18supplémentaires.
19:19En matière sociale,
19:20voilà,
19:20la réglementation s'applique,
19:22on verse automatiquement
19:24toutes les prestations sociales
19:25conformément
19:26aux règles actuelles.
19:27Y compris en dépenses
19:27de santé sur lesquelles
19:28on va faire 5 milliards
19:29d'économie.
19:30En dépenses de santé,
19:31on continue à rembourser,
19:32voilà,
19:33les règles s'appliquent
19:35et donc les dépenses
19:35de santé augmentent
19:36mécaniquement.
19:37On rappelle que
19:38le tendanciel
19:39de hausse
19:40des dépenses de santé
19:41en France
19:41c'est 10 milliards
19:42d'euros par an.
19:42Oui,
19:42donc c'est plutôt
19:45relativement bien
19:47pour les finances publiques
19:49mais beaucoup moins
19:50que n'aurait été
19:51évidemment l'application
19:52du plan Bérou.
19:53C'est un pilotage
19:53complètement dégradé
19:54en réalité,
19:55Denis Ferenc.
19:56C'est vrai qu'en fait
19:56il faut bien distinguer
19:57la nature des dépenses.
19:59Il y a les dépenses
19:59que l'on appelle
20:00en bon français
20:01le pay as you go.
20:02Donc vous vous présentez
20:03au guichet,
20:04par exemple la dépense de santé,
20:05c'est vous vous présentez
20:07au guichet,
20:07vous avez le remboursement
20:08en fonction des règles
20:09qui ont été définies.
20:10Puis à côté de ça,
20:11il y a des dépenses
20:12qui vont devoir se voter.
20:13Alors je parle
20:13sous le haut contrôle
20:14de François Hécal
20:16mais par exemple
20:16la loi de programmation militaire,
20:18je crois que les crédits
20:19qui devaient être
20:20en augmentation
20:20spontanément
20:22ne le seront pas.
20:23On a quand même
20:23un petit sujet
20:24de sécurité,
20:26un petit sujet militaire.
20:27Donc c'est pas seulement
20:29des histoires
20:30de petits bouts de chandelles
20:31sur un budget,
20:32ça sert aussi
20:33à assurer des défis,
20:34enfin à se protéger
20:35face à des défis.
20:36Et donc là,
20:37sauf à imaginer
20:38qu'on pensait
20:39que la loi de programmation militaire
20:40était caduque
20:41ou en tout cas
20:41ne faisait pas sens,
20:42là on va se priver
20:43probablement d'un moyen
20:44de faire face
20:45à nos défis.
20:46La loi spéciale budgétaire
20:48est prévue
20:48par la Constitution
20:49pour faire face
20:50à un problème
20:51temporaire.
20:52Elle est faite
20:53parce qu'on n'a pas
20:54le temps de terminer
20:55la loi de finances
20:56en attendant
20:56que la loi de finances
20:57soit finalement budgétée
20:58pour quelques semaines.
21:00Alors,
21:01il n'y a pas de limite
21:01à la Constitution.
21:02Donc on pourrait imaginer
21:03de vivre sous le régime
21:05de la loi spéciale
21:06jusqu'à la fin de l'année.
21:07Mais comme l'a dit Denis,
21:08ça pose des problèmes quand même.
21:10On ne peut pas...
21:11Enfin,
21:11je pense qu'il est très difficile
21:12en effet
21:13de redéployer des crédits
21:14de je ne sais pas où
21:15vers le militaire.
21:17Voilà,
21:17donc ça pose quand même
21:18beaucoup de problèmes.
21:19Sur le militaire,
21:20je trouve que c'est un bon exemple
21:21parce qu'on est quand même
21:21dans une séquence
21:22où on a la guerre
21:24à l'est de l'Europe
21:26et la France
21:28avec les pays européens
21:30s'est engagée
21:31dans le cadre
21:31des membres de l'OTAN
21:33auprès des partenaires américains
21:35à augmenter considérablement
21:37le budget des armées
21:39pour pouvoir assurer
21:40la souveraineté stratégique
21:42européenne
21:43dans ce moment
21:44de conflit extrême
21:46à nos portes
21:47et au moment
21:48où les Américains
21:49se désengagent
21:50très vite
21:51de l'Europe
21:53parce qu'ils estiment
21:53que leur priorité
21:54c'est le théâtre indo-pacifique.
21:56À partir de là,
21:57dans les mois qui viennent,
21:58vous avez des dizaines
21:59de milliards supplémentaires
22:00qui sont censés être déversés
22:01par les pays européens
22:03membres de l'OTAN.
22:03La France en fait partie.
22:05Quid de ces hausses
22:06de budget militaire
22:07si on navigue
22:08dans une loi spéciale
22:09qui gèle les budgets
22:11tels qu'ils étaient
22:11l'année précédente ?
22:12Oui,
22:12on ne peut plus préparer
22:13l'avenir.
22:14Il n'y a pas
22:15que le défi militaire.
22:17Démographique,
22:18investissement,
22:19technologie,
22:20nul ne pourra gouverner
22:21en faisant
22:21l'économie de la gauche
22:23vient de déclarer
22:23la ministre de la Transition
22:25écologique
22:25Agnès Pannier-Runacher.
22:27Ce qu'Emmanuel Macron
22:27a essayé de faire
22:28depuis juin 2024
22:30effectivement.
22:31Mais là,
22:31on voit que ça devient
22:32très,
22:34très compliqué.
22:35On ne sait plus
22:36si on doit s'intéresser
22:37au budget du coup.
22:39On avait beaucoup
22:40de questions sur...
22:41Oh,
22:42ceci dit,
22:42les questions reviendront
22:43sur les mêmes questions
22:44et les mêmes sujets
22:45depuis très,
22:47très longtemps.
22:48Mais on...
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