- il y a 3 mois
Avec Jean-François Gayraud, spécialiste du crime organisé, auteur de "Les sociétés du silence : l’invisibilité du crime organisé (Editions Fayard)
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##LA_VERITE_EN_FACE-2025-10-29##
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##LA_VERITE_EN_FACE-2025-10-29##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquilly.
00:04J'ai le plaisir de vous accueillir, Jean-François Guéraud, vous êtes notre invité ce matin dans La Vérité en Face.
00:11Bonjour à vous et bienvenue.
00:13Bonjour, Jean-François Aquilly.
00:14Vous êtes un des spécialistes, le meilleur, du crime organisé.
00:20Et vous consacrez votre essai, votre dernier essai, chez Fayard,
00:25sur les sociétés du silence, l'invisibilité du crime organisé.
00:32Alors, je vais vous demander une faveur ce matin, c'est de ne pas vous taire,
00:34c'est au contraire de nous raconter ce que vous dites dans ce, on va dire, ce voyage,
00:41cette déambulation dans le crime organisé, un ouvrage assez important, une somme.
00:48On y découvre, on y redécouvre des personnalités mythiques du crime organisé.
00:52Je vous laisse la parole, pour le coup, avec quelques figures historiques, quand même, dedans.
00:57Oui, merci, monsieur Aquilly.
00:59Oui, j'ai voulu écrire un livre sur le silence, car de manière traditionnelle,
01:04quand on parle du crime organisé, des organisations criminelles,
01:08on le fait sous deux angles, qui sont tout à fait intelligents, mais qui ne suffisent pas.
01:13Le premier angle, c'est évidemment celui de la violence, du sang, de l'intimidation.
01:17Et puis l'autre, c'est celui de l'argent et de la corruption.
01:20Et en réalité, au fil des décennies, en travaillant sur les organisations criminelles de manière générale,
01:25et en particulier sur les organisations mafieuses, dont on reparlera,
01:29ce sont des organisations qui ont une sociologie très particulière de sociétés secrètes,
01:34je me suis rendu compte qu'en réalité, le principe actif peut être le plus fort
01:39de ces grandes organisations criminelles, au-delà de la violence et au-delà de l'argent,
01:44c'était le silence.
01:45Alors c'est évident pour les mafias, parce que ce sont des sociétés secrètes,
01:50mais en réalité, même de manière dégradée, même de manière imparfaite,
01:55si on ne réfléchit pas à la question du silence dans ces organisations,
02:00on ne peut pas comprendre leur force, leur puissance, leur enracinement profond.
02:06Le silence, il vaut, dans la pratique quotidienne des activités illicites des sociétés mafieuses,
02:13il vaut aussi également quand il y a des arrestations,
02:16et quand les chefs mafieux vont en prison,
02:20c'est-à-dire que tout est fondé sur le silence.
02:21Les repentis, qui sont menacés à vie,
02:25s'ils se mettent à parler, ils brisent le silence,
02:28ils ne font plus partie de la société secrète.
02:30Voilà.
02:31Ce qui caractérise une mafia, puisque c'est l'objet principal du livre,
02:34c'est que ce sont des sociétés secrètes.
02:36Toutes les organisations criminelles n'ont pas cette sociologie.
02:39La plupart des organisations sont en fait des bandes,
02:44donc avec une forme d'instabilité,
02:48un manque de durée dans le temps, etc.
02:51Il ne faut pas confondre mafia et gang, en fait,
02:54et bandes de voyous, si je puis dire, pour résumer les choses.
02:58Nous allons porter un coup de projecteur sur la France avec vous,
03:01c'est important de vous y consacrer une partie de votre essai,
03:04pas de confusion possible.
03:06Une vraie mafia, c'est celle qui pratique le silence.
03:10Alors, vous touchez le point le plus important.
03:13Aujourd'hui, il y a une vraie banalisation du concept de mafia.
03:17C'est devenu un mot rentré dans le langage populaire,
03:19c'est devenu une marque mondiale.
03:21Et aujourd'hui, à la fois dans le discours politique
03:23et dans le discours journalistique, trop souvent,
03:27on a rendu ces termes de mafia et de criminalité organisée
03:30de synonymes.
03:32Donc, il y a une hyperextension du concept de mafia.
03:35Tout est devenu mafia et donc, en réalité, plus rien n'est mafia.
03:38On a banalisé le concept, alors même qu'on doit le réserver
03:41qu'à un nombre très restreint d'organisations criminelles,
03:44ceux qui ont une sociologie de société secrète.
03:47Il y a moins d'une dizaine d'organisations à travers le monde
03:50qui ont cette caractéristique.
03:51Et ce qui les anime, c'est en fait le silence, le secret.
03:56Donc, une infinie capacité à se rendre invisibles.
03:59À se rendre invisibles dans ce qu'elles sont,
04:01faire croire à leur inexistence ou à leur disparition,
04:04et également, évidemment, faire disparaître leurs activités criminelles.
04:10Et c'est parce qu'elles savent se rendre invisibles,
04:12en particulier par le silence, l'omerta,
04:15qu'elles arrivent à s'enraciner profondément.
04:17Pour une considération toute simple que vos auditeurs vont immédiatement comprendre,
04:22ce qui n'est pas censé exister, on ne le combat pas.
04:26Et quand on regarde l'histoire des grandes organisations mafieuses italiennes
04:30et italo-américaines sur un siècle,
04:33elles ont réussi pendant un siècle quasiment à faire croire
04:36à leur inexistence en tant qu'organisation.
04:38Vous pensez à quoi ? La Camorra, le Grand Ghetto,
04:41toutes les grandes organisations italo-siciliennes, essentiellement.
04:44Voilà, la mafia italo-américaine, Cosa Nostra en Sicile,
04:48la Camorra en Campanie, la Drangueta en Calabre.
04:52Mais ces organisations existent toujours, elles prospèrent toujours.
04:56Il y a Al Capote, Toto Rina, John Gotti,
04:59c'est ces noms qui émargent, évidemment, dans l'histoire des mafias.
05:03Si vous considérez aujourd'hui le Colombien Pablo Escobar
05:06ou le Mexicain Guzman, Joaquin Guzman Lopez et El Chapo
05:11qui est détenu aujourd'hui,
05:13est-ce que vous les considérez, ces grandes sociétés de narcotrafic,
05:16on va dire sud-américaines, comme des mafias aujourd'hui ?
05:20Est-ce qu'elles correspondent à ce que vous dites ?
05:21Je n'ai pas l'impression.
05:22Non, ce ne sont absolument pas des mafias
05:24au sens criminologique et sociologique du terme.
05:27Ce sont d'immenses puissances criminelles
05:29qui ont des capacités para-étatiques.
05:32Ce sont quasiment des organisations paramilitaires.
05:34Paramilitaires, oui.
05:36Elles ont conquis une grande partie de ces territoires.
05:39Pour autant, ça n'en fait pas des mafias.
05:41Ce n'est pas une question de plus ou de moins.
05:45Le problème n'est pas de savoir
05:46si vous jouez en première ou en deuxième division.
05:49Ce sont en fait des organisations
05:50qui ont des natures différentes.
05:53Et qui peuvent aussi disparaître du jour au lendemain
05:55à partir du moment où la bande rivale
05:58vient les éradiquer manu militari.
06:02Alors que les vraies mafias,
06:05elles perdurent en réalité.
06:06Elles ont une vraie stabilité dans le temps.
06:08Quand vous regardez Cosa Nostra en Sicile,
06:11vous voyez que son implantation géographique,
06:13l'implantation des familles au sens criminel du terme,
06:16a une très grande fixité,
06:17une très grande permanence depuis un siècle.
06:19Je cite votre abécédaire
06:21parce que c'est la partie drôle de votre...
06:24C'est assez intéressant aussi
06:26dans votre société du...
06:27les sociétés du silence chez Fayard.
06:29Vous avez un abécédaire avec des...
06:31Il y a de nombreuses tirades.
06:33J'ai noté...
06:34Prenez soin de ceux qui prennent soin de vous.
06:37Il y a pas mal de tirades très sympathiques.
06:39Avant de parler,
06:40mâche tes mots.
06:41Enfin, pourquoi cet abécédaire au juste ?
06:44Dans ce livre,
06:45j'ai voulu montrer que le silence,
06:48c'est d'abord une langue.
06:49On voit dans l'omerta le fait de ne pas parler,
06:54donc l'idée d'un vide, d'une absence.
06:56En réalité, l'omerta, c'est beaucoup plus que ça.
06:58C'est évidemment une manière de se taire,
07:01mais c'est aussi une manière de parler.
07:03Et c'est une manière de parler
07:04fait souvent d'ellipses,
07:06de paraboles,
07:08d'euphémismes.
07:09Et l'omerta,
07:10c'est une troisième dimension,
07:11c'est que c'est un ensemble de comportements sociaux.
07:15Et il m'a semblé intéressant
07:16de rappeler, justement par des exemples,
07:19comment ces mafieux parlent.
07:21Parce qu'ils ont une langue spécifique
07:22avec un argot spécifique.
07:24Alors, il y a un chapitre consacré
07:25assez nourri à la France.
07:27Certaines mafias sont présentes sur notre sol.
07:29Lesquelles ?
07:31Alors, au sens criminologique du terme,
07:34donc quelques organisations criminelles
07:35qui ont cette caractéristique de mafia
07:37sont présentes.
07:39Évidemment, ce sont les organisations italiennes.
07:42Alors, il faut faire un petit retour en arrière.
07:44Il y a eu pendant très longtemps en France
07:49un désintérêt pour les organisations criminelles italiennes.
07:54Grosso modo, dans l'esprit,
07:56j'allais dire, d'une partie de l'appareil d'État
08:00et judiciaire français,
08:01c'était l'idée que ces organisations
08:03n'existaient qu'en Italie,
08:05que c'était un folklore,
08:06que c'était quelque chose d'extérieur
08:08et que nous ne serions jamais touchés
08:10par leur présence.
08:12Alors, on a eu déjà un questionnement
08:14au début des années 80.
08:16Il y a un rapport
08:17publié par l'Assemblée nationale,
08:20un député, François Daubert,
08:21qui avait écrit un rapport
08:22sur les mafias en France.
08:25Et il prenait en compte, en fait,
08:26les déclarations de deux repentis siciliens
08:28très importants.
08:29Et ces repentis avaient dit
08:31« Mais méfiez-vous,
08:32il y a une présence de Cosa Nostra en France,
08:34dans la région de Grenoble.
08:36C'est un certain Pagano.
08:37Il joue un rôle criminel très important. »
08:40Ça avait déclenché à l'époque
08:41un petit scandale.
08:43La justice avait déclenché une enquête
08:44très rapidement refermée
08:47au bout de huit mois.
08:48Et à l'époque,
08:49l'enquête avait établi,
08:52assez curieusement,
08:53qu'en réalité,
08:54M. Pagano était peut-être un criminel,
08:56mais la mafia n'était pas présente en France.
08:59On avait été un petit peu vite
09:01en temps en besogne.
09:03Et dans les décennies suivantes,
09:05et je peux en témoigner à titre personnel,
09:08les magistrats italiens
09:09étaient très étonnés
09:10de notre passivité.
09:13De notre passivité
09:14face aux organisations criminelles italiennes.
09:16Aujourd'hui,
09:17on sait qu'elles sont présentes en France.
09:19C'est une certitude.
09:20C'est une certitude.
09:21Vous dites que de puissance,
09:22structure clandestine
09:23s'empare de pas entier
09:24du territoire de la France.
09:26Vous allez vous y aller fort.
09:27Je ne pense pas uniquement aux Italiens.
09:30Les Italiens, pour l'instant,
09:31n'ont qu'une part congrue
09:33et assez marginale en France.
09:35Mais il est vrai que
09:36la mafia calabraise,
09:39la drangueta
09:40et la mafia de Campania,
09:41la Camorra,
09:42ont des implantations maintenant en France,
09:45permanentes.
09:46Je dis souvent que la frontière italienne
09:49serait très largement déplacée
09:51au-delà de Menton.
09:54Et ces entités criminelles italiennes
09:56se sont même en partie francisées
09:57puisque ces entités
10:00non seulement mènent
10:01des activités criminelles,
10:03mais ont aussi parfois
10:03des couvertures légales
10:04sous forme de sociétés de BTP
10:06ou de restauration.
10:08Et beaucoup de ces Italiens
10:09se sont implantés en France
10:11ou ont des enfants français maintenant.
10:13Donc, si vous voulez,
10:14pour la drangueta et la Camorra,
10:17cette présence criminelle
10:18est totalement avérée.
10:20Elles sont, ces organisations,
10:22dans l'hexagone.
10:23Dans l'hexagone
10:24et on ne peut plus les considérer
10:25comme étant des réalités
10:26étrangères ou exogènes.
10:29Avec cette indifférence
10:30que vous décrivez
10:30des pouvoirs publics.
10:31Est-ce qu'il y a des enquêtes
10:33quand même qui sont menées ?
10:34Alors, on est sortis
10:35de cette période de l'indifférence
10:36il y a quelques années.
10:37Mais le réveil a été très tardif.
10:39Voilà.
10:40Et en fait,
10:40c'est ce que j'explique
10:41dans ce livre.
10:43C'est que,
10:44face au phénomène mafieux,
10:46il y a toujours un délai.
10:48Voilà.
10:48Nous réagissons,
10:49quand je dis nous,
10:50globalement,
10:50les pouvoirs publics
10:52avec un retard considérable
10:53de plusieurs décennies
10:54parce que,
10:55pendant des décennies,
10:56il y a un phénomène
10:57de déni du réel
10:58qui n'est jamais
10:58qu'une forme
10:59d'invisibilisation du réel.
11:01Alors, vous connaissez
11:01le principe
11:02de la vérité en face.
11:03Les auditeurs nous appellent.
11:04Nous nous allons joindre
11:05dans un instant
11:05François de Nîmes
11:06qui va nous parler
11:08de sa perception,
11:08justement,
11:09de ce que pourrait être
11:10une organisation mafieuse
11:11avec ce que vivent
11:12les personnes au quotidien.
11:14Encore une question avec vous.
11:15Vous n'hésitez pas
11:16à parler de corruption
11:17aujourd'hui.
11:18Qui est corrompu
11:19en France ?
11:20par la mafia.
11:22Il faut parler
11:23de corruption
11:24par les organisations
11:25criminelles.
11:26L'ambition
11:27de toute organisation
11:28criminelle
11:28qui souhaite
11:29durer sur un territoire,
11:31c'est évidemment
11:32d'acheter,
11:33au sens matériel du terme,
11:35de l'impunité
11:36et de l'immunité.
11:38Donc,
11:38de manière mécanique,
11:40et on le voit
11:41en Corse
11:41depuis un siècle,
11:42de manière mécanique,
11:44ces organisations criminelles
11:45essayent toujours
11:45de se rapprocher
11:46ou du pouvoir judiciaire,
11:48ou du pouvoir administratif,
11:49ou du pouvoir politique,
11:51ou des chefs d'entreprise.
11:53Et vous avez,
11:54j'imagine,
11:54des exemples très précis
11:56là-dessus,
11:57qui ne sont pas toujours
11:57avouables.
11:59Il est toujours plus aisé
12:00de parler de l'étranger
12:01que de la France.
12:01Oui, oui.
12:02Là aussi,
12:02c'est un peu le monde du silence,
12:03parce qu'il faut des preuves
12:05pour pouvoir décrire les choses
12:07avec des noms dessus,
12:08si je puis dire.
12:09Dans un instant,
12:10François,
12:10vous aurez la parole.
12:11Vous nous appelez de Nîmes,
12:11je le sais,
12:12vous attendez,
12:13mais vous nous direz
12:13quelle est votre perception
12:14de cette présence mafieuse
12:16sur notre sol,
12:17sur notre territoire,
12:18et vous l'appelerez de Nîmes.
12:20Et nous évoquerons également,
12:21très précisément,
12:22avec vous,
12:22vous l'avez soulevé,
12:24vous avez fleuré,
12:24le cadre particulier
12:26de la Corse.
12:27Dans un instant,
12:28Jean-François Guéraud,
12:280826 300 300,
12:31vous nous appelez
12:31La Vérité en Face,
12:33les sociétés du silence
12:34et l'invisibilité
12:36du crime organisé.
12:37Quel impact sur notre pays,
12:39la France ?
12:39A tout de suite.
12:41Le Grand Matin Sud Radio,
12:43La Vérité en Face,
12:45Jean-François Aquili.
12:46Invité de La Vérité en Face,
12:47Jean-François Guéraud,
12:48qui signe chez Fayard
12:49Les Sociétés du silence,
12:51l'invisibilité du crime organisé.
12:53Nous donnons un coup de projecteur
12:55sur la France
12:56et la présence
12:57d'organisations mafieuses
13:01dans notre pays
13:02avec des phénomènes
13:03de corruption,
13:04présence dans des activités
13:06telles que le BTP,
13:07telles que la restauration,
13:08entre autres.
13:09Mais il faut faire le distinguo
13:11entre les vrais mafias,
13:13ces organisations secrètes
13:15fondées sur le silence
13:16et, on va dire,
13:17les gangs,
13:18les groupes de voyous,
13:20de narcotrafic
13:21et quelles perceptions
13:22réellement en avons-nous ?
13:24Bonjour à vous François.
13:26Bonjour,
13:26bonjour à tous.
13:27Merci pour votre patience François.
13:28Vous nous appelez de Nîmes.
13:31Qu'est-ce que vous constatez
13:32autour de vous
13:33à Nîmes, François ?
13:35Alors, déjà,
13:36je voulais parler
13:36juste au niveau national.
13:38C'est vrai qu'il y a
13:39beaucoup de lobbying
13:40qui ne sont pas très clairs
13:41et moi,
13:42pour ma part,
13:43je les interdirais
13:44d'accès
13:45à tout ce qui est
13:46au Sénat,
13:46à l'Assemblée nationale
13:47et y compris en Europe.
13:49Pour moi,
13:49si jamais on voit
13:50la présence
13:50des gars
13:51qui font du lobbying,
13:52c'est une grosse amende,
13:53des millions d'euros.
13:54Comme ça,
13:54au moins,
13:54on les retire du cercle
13:57de décision.
13:58Le lobbying,
13:58ça, c'est autre chose.
14:00Petit message personnel
14:01au passage.
14:02Alors,
14:03sur les mafias,
14:04François,
14:05qu'en est-vous ?
14:06Il faut se pencher
14:07sur le vecteur.
14:09En fait,
14:09qu'est-ce qu'ils cherchent
14:10ces trafiquants ?
14:11C'est de la collecte
14:12de fonds.
14:13Il faut se poser la question
14:14d'où viennent les fonds.
14:15D'accord ?
14:16Les fonds,
14:16vous savez d'où ils viennent ?
14:18Moi,
14:18j'ai connu des gars
14:19parce que j'en ai embauché
14:19et leur famille,
14:21il y a eux.
14:22Avec leurs prestations sociales,
14:23ils vont s'acheter
14:24du chute,
14:25de l'héroïne,
14:25tout ça,
14:26avec les prestations sociales.
14:27Donc,
14:27à ce moment-là,
14:28quand vous faites ça,
14:28qu'est-ce que vous faites
14:29au bout d'une fois ?
14:31Alors,
14:36c'est ça.
14:36La prochaine fois,
14:36on vous les coupe définitivement.
14:38Oui, oui.
14:39Et on peut jouer
14:40sur les familles aussi
14:41pour que les familles
14:41se responsabilisent
14:42parce qu'en France,
14:43on est tous des bébés.
14:44J'ai l'impression
14:44qu'il n'y a que des enfants.
14:45Il n'y a pas d'adultes.
14:46Non,
14:47mais c'est incroyable.
14:48Donc,
14:48moi,
14:48à mon avis,
14:49il faudrait jouer
14:49sur la prestation sociale.
14:51Vous n'imaginez même pas
14:51le chiffre
14:52de nombre d'argent
14:54qui part.
14:55Donc,
14:55la prestation qui est donnée,
14:56par exemple,
14:57on donne 100 euros
14:57à un bonhomme
14:59pour une prestation sociale,
15:00pour du RSA ou autre,
15:01il n'en part plus de la moitié.
15:0360 à 70 %.
15:05C'est d'où
15:06qu'il finit en sorte,
15:07en fait.
15:08Les petits mafieux,
15:09là,
15:09du coin,
15:10les secteurs,
15:10en fait.
15:11Pour vous,
15:12François,
15:12les dealers
15:13qui sont partout en France,
15:15il n'y a pas que Nîmes,
15:16c'est de la mafia pour vous
15:18ou c'est du grand ?
15:20C'est des micro-raiseaux,
15:21c'est des plus ou moins grands,
15:23il y en a des plus ou moins petits,
15:24mais en fait,
15:24ils collectent des fonds.
15:25Et après,
15:26il y a une ramification,
15:27les fonds,
15:27ils remontent,
15:28par impactant,
15:28ils remontent au plus haut.
15:30Mais ça se passe comme ça.
15:31C'est nous,
15:32avec notre argent,
15:32qui finançons le trafic de drogue,
15:34si vous voulez.
15:35Et ça,
15:36il faut mettre un terme.
15:37Il faut que les décideurs,
15:38il faut qu'ils prennent
15:39le tour par les cornes
15:40et puis qu'ils disent
15:40« Bon, maintenant,
15:41ça suffit,
15:42si t'es fait attraper,
15:43c'est fini maintenant,
15:43le social social,
15:44c'est fini. »
15:45C'est un point de vue.
15:46Merci François,
15:48qui vous appelez de Nîmes,
15:49c'est un point de vue
15:49très particulier.
15:51Jean-François Guéraud,
15:52sur ce qu'on appelle
15:54le narcotrafic aujourd'hui,
15:57« Vous ne considérez pas
15:59cela comme de la mafia ? »
16:01Pourtant,
16:01ce sont des organisations
16:02très structurées.
16:03On parle de la DZ mafia
16:05aujourd'hui,
16:05c'est une appellation,
16:07qui est implantée à Marseille,
16:08mais qui est ramifiée partout
16:10et qui irrigue
16:11toute la société aujourd'hui.
16:13Alors,
16:13je ferai deux remarques.
16:14Tout d'abord,
16:15je n'aime pas les expressions
16:16de narco-banditisme
16:18ou de narcotrafic,
16:20car c'est une manière
16:21d'oublier
16:22qu'en réalité,
16:23on a affaire
16:24à des organisations criminelles.
16:25Avec ces expressions
16:27de narco-banditisme
16:28ou de narcotrafic,
16:29on se fixe,
16:30on fixe notre attention
16:31sur un flux criminel,
16:32une activité criminelle
16:33qui est le trafic
16:34de stupéfiants.
16:36En réalité,
16:37ce sont des organisations
16:38criminelles
16:39qui, par nature,
16:40sont polycriminelles,
16:41c'est-à-dire qu'elles ont
16:42tout un tas
16:43d'activités criminelles.
16:44Lesquelles, au juste ?
16:45Toutes,
16:46possibles et inimaginables.
16:48Vous prenez
16:48les cartels mexicains
16:49de la drogue,
16:50elles font 50%
16:51de leur chiffre d'affaires
16:52avec le trafic de drogue,
16:53mais les 50% restants,
16:55ça va être du vol
16:56d'hydrocarbures,
16:57du racket d'entreprise,
16:58etc.
16:59Donc,
17:00on devrait en France
17:01parler d'organisations criminelles
17:03qui trafiquent
17:04des stupéfiants.
17:05Deuxième remarque,
17:06vous avez parlé
17:06des ZZ Mafia.
17:08C'est intéressant
17:09de voir comment
17:09des groupes criminels
17:11assez classiques,
17:12très violents
17:13et très puissants,
17:14utilisent la marque
17:15Mafia,
17:17se l'approprient,
17:18alors qu'elles n'en sont pas
17:19au sens sociologique
17:20du terme.
17:21Donc,
17:21il y a une appropriation
17:22de marque,
17:22en fait,
17:23pourquoi ?
17:24Pour grandir,
17:25pour intimider
17:26et pour grossir.
17:29Mais ce sont quand même
17:29des organisations
17:30de type mafieux,
17:31non ?
17:32Ce sont des organisations
17:33criminelles classiques,
17:35voilà.
17:35On peut mettre
17:36le groupe Mafia partout.
17:37Quand vous avez des,
17:38vous savez que vous n'avez
17:38pas l'expression,
17:39mais que vous avez
17:39du narcotrafic
17:40dans les quartiers,
17:41il y en a partout en France
17:41désormais,
17:42avec une puissance financière
17:44et militaire,
17:45même quasiment phénoménale,
17:46avec des armes
17:46qui circulent partout,
17:47et on imagine
17:49parfois des implications,
17:50même,
17:51il y a des soupçons
17:51aussi d'implication
17:53ou du moins de pression
17:54sur les élus locaux,
17:56c'est de type mafieux.
17:58Alors,
17:58ce qui les différencie,
17:58c'est qu'il n'y a peut-être
17:59pas forcément
17:59la loi du silence
18:00que vous évoquez
18:01tout au long
18:02des sociétés du silence,
18:03mais tout de même,
18:04est-ce que ce n'est pas
18:05une sorte de mutation
18:06de ce qu'est la mafia
18:07aujourd'hui ?
18:08Alors,
18:08ce n'est pas une mutation
18:09de la mafia,
18:10il y a une mutation
18:11sociologique
18:12de ce qu'est le crime
18:13organisé en France
18:14depuis les années 80.
18:15Ça,
18:15c'est tout à fait exact.
18:17Le crime organisé
18:18en France,
18:19hormis dans la situation
18:21corse qui est très particulière
18:22depuis le XIXe siècle,
18:23mais le crime organisé
18:25en France avait un rôle
18:26un peu marginal
18:27dans la vie politique
18:29et économique sociale
18:29du pays.
18:31Depuis les années 80,
18:32ça n'est plus le cas
18:33en France.
18:33C'est-à-dire qu'on voit
18:34très bien que le crime
18:34organisé est devenu
18:35un sujet de sécurité
18:36nationale parce qu'il est
18:38au cœur de la vie
18:39publique.
18:41Ce dont il faut se méfier,
18:42si vous voulez,
18:43ce sont des exagérations
18:45sémantiques.
18:46Vous parlez de la
18:46DZ-mafia,
18:48ce n'en est pas une
18:49au sens strict
18:50du terme,
18:50cela ne signifie pas
18:51que ce n'est pas
18:52une organisation criminelle
18:53aujourd'hui très puissante
18:54et très dangereuse.
18:55Vous dites la Corse,
18:56Jean-François Guéraud,
18:58la prise de mer
18:58qui était en perte de vitesse,
19:00qui a quasiment disparu,
19:01il y a la gang du petit bar
19:02dont les responsables
19:03sont derrière les barreaux
19:04pour la plupart.
19:06Là,
19:06vous parlez de mafia
19:07ou pas ?
19:08Non.
19:09On parle traditionnellement
19:11de mafia corse
19:12et je pense que là encore
19:13c'est une exagération
19:14sémantique.
19:15Cela ne signifie pas
19:16que la situation
19:16n'est pas grave.
19:17Elle est d'une extrême gravité
19:19parce que l'on voit
19:20très bien
19:20que le grand banditisme
19:21en Corse,
19:22mais depuis les années 80,
19:24a réussi à dominer
19:25une partie de la vie
19:26politique
19:27et économique
19:28locale.
19:29pour autant,
19:31parler de mafia,
19:33cela signifierait
19:34qu'on a affaire
19:34à des groupes
19:35stables,
19:37durables,
19:38animés par la loi
19:39du silence
19:40et ce n'est pas
19:41ce qui se passe.
19:41Vous parliez
19:42de la fameuse
19:43brise de mer,
19:44le gang
19:44de Bastia
19:47qui pendant
19:48un peu plus
19:48d'une génération
19:49a pu mener
19:50ses activités criminelles
19:52dans une très grande
19:53impunité.
19:54Ce gang
19:54a aujourd'hui disparu,
19:56d'ailleurs moins
19:56par l'action de l'État
19:57que par un phénomène
19:59d'autodestruction
20:00de l'intérieur.
20:01Une mafia
20:02ne disparaît pas,
20:03elle est pérenne
20:04pourquoi sa vie
20:06ne dépend pas
20:09du destin individuel
20:10de chacun
20:11de ses membres
20:11mais c'est une vie
20:13autonome
20:13qui perdure
20:14quel que soit
20:15le destin
20:15de chacun
20:16de ses affidés.
20:18Donc pour vous
20:18ce sont des
20:19organisations criminelles,
20:21c'est du grand banditisme ?
20:22Ce sont des bandes
20:23relativement instables
20:24ce qui n'enlève rien
20:25à leur dangerosité
20:26et à leur capacité
20:27à corrompre
20:28le monde politique
20:29et économique.
20:30Camorra et Ndrangheta
20:30qui sont quand même
20:31des organisations historiques
20:33de la mafia italienne,
20:36elles sont
20:36ces organisations
20:37implantées
20:38dans l'hexagone.
20:39Vous disiez tout à l'heure
20:40grosso modo
20:41vous pouvez évoquer
20:43le bâtiment,
20:44la restauration.
20:44Quels sont les secteurs
20:45au fond
20:46sur lesquels
20:47interviennent
20:48ces organisations ?
20:49Alors ces organisations
20:50prennent souvent
20:51des couvertures légales,
20:52des apparences légales.
20:53Vous avez cité en effet
20:54les entreprises
20:55du BTP,
20:57de la restauration,
20:59mais en parallèle
20:59elles mènent
21:00des activités
21:01de criminalité
21:02organisée classique,
21:04en particulier
21:04en matière
21:05de trafic de stupéfiants.
21:06Trafic de stupéfiants,
21:08donc vous avez vu
21:09qu'il y a eu
21:09cette loi
21:11en France
21:12qui vise
21:13à sortir
21:14du piège
21:14du narcotrafic
21:16de sénateurs
21:17désormais célèbres,
21:18les sénateurs
21:18Durin et Blanc.
21:19Il y a le parquet
21:21en anticriminalité
21:22qui s'organise
21:23pour démanteler
21:24ces trafics
21:25qui sont liés
21:26à la mafia
21:26pour le coup.
21:27Vous pensez
21:28que ça va
21:28dans le bon sens
21:29ou alors
21:30que c'est un combat
21:30déjà perdu d'avance ?
21:32Toutes ces réformes
21:33législatives
21:34et réglementaires
21:35vont dans le bon sens.
21:36Ce sont de vrais progrès.
21:38Réformer le statut
21:39des collaborateurs
21:40de justice,
21:41recréer des quartiers
21:42de haute sécurité
21:42qui avaient été supprimés
21:44par Robert Bannater,
21:45créer une infraction
21:46d'appartenance
21:47à une organisation
21:48criminelle,
21:51interdire à des trafiquants
21:52de stupéfiants
21:53de se présenter
21:53dans certains quartiers,
21:54tout ça,
21:55ce sont des avancées
21:56importantes.
21:58Pour autant,
21:58cela ne suffira pas.
22:00Il faut comprendre
22:01que le crime organisé
22:03va continuer
22:03à progresser en France
22:04de manière mécanique
22:06et inéluctable.
22:08Avec une implication
22:09auprès de nos élus,
22:10Jean-François Guéraud ?
22:11Nous le savons
22:12ou pas, ça ?
22:14Pour l'instant,
22:15il y a relativement
22:16peu d'exemples.
22:18J'ai quand même
22:19été étonné
22:20et intéressé
22:21par une déclaration récente.
22:23Je trouve
22:24qu'on ne lui a pas
22:24manifesté
22:25tout l'intérêt
22:26qu'elle aurait dû avoir.
22:27C'est le président
22:27de la commission
22:28de vérification
22:29des comptes de campagne.
22:31qui a expliqué
22:34qu'il y avait
22:34certainement
22:35un danger à venir
22:36pour les futures élections
22:38municipales en France
22:40au mois de mars
22:41avec un risque
22:42de pénétration
22:43de l'argent
22:43de la drogue.
22:44Avec des données précises
22:45ou c'est une menace
22:46fantôme ?
22:48C'était une alerte
22:49de sa part
22:49qui mérite
22:50d'être creusée.
22:52D'être creusée
22:52et peut-être
22:53essayer un jour
22:54peut-être même
22:54de briser
22:55cette loi du silence
22:57justement
22:57sur ces informations-là
22:59et mettre des noms
23:00plus précisément.
23:01Disons qu'il y a
23:02toujours un décalage
23:03un décalage judiciaire
23:04entre ce qui se produit
23:05et ce que l'on sait.
23:07Merci à vous
23:08Jean-François Guéraud.
23:09Les sociétés
23:10du silence
23:10l'invisibilité
23:12du crime
23:13organisé
23:15d'y être
23:15très nourri
23:16sur
23:17justement
23:18les mafias
23:19les différentes mafias
23:20et vous faites ce distinguo
23:21entre les mafias
23:22et les gangs
23:22aujourd'hui paru
23:23chez Fayard.
23:23Merci à vous.
23:24Bonjour Valérie Expert.
23:26Bonjour Jean-François.
23:27Mettons-nous d'accord
23:28sur quoi ?
23:28Mettons-nous d'accord.
23:29Je pense que nos auditeurs
23:30vont plutôt être d'accord
23:32avec cette information.
23:34C'est l'Europe
23:35qui va changer la donne
23:37sur les découverts bancaires.
23:40Les règles se durcissent
23:41et à partir de 2026
23:42la facilité
23:44des découverts bancaires
23:46va se durcir.
23:47Ce sera soumis
23:49à des conditions
23:49beaucoup plus dures.
23:50Qu'en pensez-vous ?
23:51Évidemment,
23:51je pense que vous avez
23:52tous un avis
23:53auditeurs de Sud Radio
23:54sur ce sujet.
23:55On va parler
23:55des voitures neuves
23:56de plus en plus chères,
23:57de plus en plus inabordables
23:59pour les classes moyennes.
24:00Là aussi,
24:00on vous appelle.
24:01Dites-nous,
24:02si vous avez besoin
24:02de changer de voiture,
24:03comment faites-vous ?
24:05Est-ce que vous tournez
24:06vers l'occasion ?
24:06Est-ce que vous renoncez ?
24:08Et puis,
24:08cette question posée
24:09par le nouveau ministre
24:10du Travail,
24:11Jean-Pierre Farondoux,
24:12pourquoi est-ce qu'autant
24:12de Français ont envie
24:13de quitter leur travail ?
24:14Vous n'avez pas envie
24:15de quitter votre travail,
24:16cher Jean-François ?
24:17Non, pas tout de suite.
24:18Mais peut-être que nos auditeurs
24:19seront interpellés
24:21par cette question.
24:23Oui, vous êtes peut-être obligés,
24:24mais vous avez peut-être envie.
24:25C'est une autre question.
24:26Autre question.
24:28On en parle dans un instant,
24:29mettez-vous d'accord.
24:30Merci, bonne émission.
Écris le tout premier commentaire