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  • il y a 11 mois
Il a déjà posé ses conditions à la non-censure du futur gouvernement de Sébastien Lecornu : abandon du doublement de la franchise médicale, taxation des plus riches et abrogation de la réforme des retraites, notamment. A-t-il été entendu lors de son rendez-vous à Matignon dans le cadre des consultations menées par le Premier ministre ? Le patron du PCF Fabien Roussel, qui appelle à manifester en masse ce jeudi, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 18 septembre 2025.

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Transcription
00:0042. Thomas Soto, RTL Matin.
00:03L'invité d'RTL Matin, c'est ce matin le secrétaire général du Parti Communiste Français, Fabien Roussel.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL.
00:09Bonjour Thomas Soto.
00:10Je vais vous montrer pour commencer la une de Nice Matin de ce jeudi avec cette question
00:14« Manifesté, est-ce encore utile ? »
00:17Qu'est-ce que vous répondez ?
00:18Mais est-ce que l'on a d'autres moyens pour faire entendre la voix du monde du travail,
00:24pour se faire respecter, pour être entendu avec un nouveau Premier Ministre
00:30qui est encore une fois issu du camp du Président de la République ?
00:35Quels autres moyens ont les Français pour demander qu'il y ait une autre politique,
00:39qu'il y ait un changement de politique dans notre pays ?
00:41C'est épuisant à la fin.
00:43Il n'y a plus de solution que le bras de fer aujourd'hui dans la société française ?
00:46C'est votre conviction ?
00:47Malheureusement, quand il y a une Assemblée Nationale qui est partagée en trois blocs
00:53mais qui débat, qui délibère, qui amende,
00:56mais qu'à la fin, chaque budget, chaque grand texte de loi
01:00est imposé par des 49-3.
01:05Tous les budgets ont été imposés au 49-3.
01:07Que celui, le budget de la Nation, comme celui de la Sécurité Sociale, la Santé notamment.
01:13Mais comment voulez-vous qu'on fasse ?
01:15Le Parlement n'est pas respecté, les Français ne sont pas entendus,
01:19et le 49-3 tombe comme une guillotine à chaque fois pour...
01:22Pour imposer des mauvais coups contre le peuple, contre le monde du travail,
01:28contre la réforme des retraites.
01:31Enfin, à la fin, pour se faire entendre, je suis désolé, mais il faut passer par là.
01:36Et il faut qu'il y ait de vastes mobilisations dans le pays aujourd'hui
01:39pour se faire entendre, il n'y a pas d'autre choix.
01:40Ce sont donc des manifestations pour renverser le politique, c'est ça ?
01:44D'abord...
01:44Il n'y a pas d'ordre.
01:46C'est quoi le...
01:47D'abord, et j'ai lancé moi-même un appel à ce que nos concitoyens et nos concitoyennes
01:52se mobilisent largement, c'est pour exprimer nos attentes de changement.
01:58Il faut que ça arrive jusqu'à Matignon, jusqu'aux oreilles du nouveau Premier ministre,
02:04pour qu'il entende ce cri du cœur qui vient du peuple pour vivre au mieux,
02:11vivre de son travail, vivre avec...
02:13On en a marre de perdre du pouvoir d'achat.
02:15Pour parler à Sébastien Lecornu, c'est ça ?
02:17Parce qu'il n'y a pas de mot d'ordre.
02:18C'est quoi le slogan ?
02:19Il n'y a pas de texte.
02:20Non, dites pas ça, Thomas.
02:23Regardez justement l'appel de l'intersyndicale,
02:26qui, encore une fois, tous les syndicats unis,
02:30demandent à ce qu'il y ait enfin des mesures en faveur du pouvoir d'achat,
02:33des hausses de salaire, l'abrogation de la réforme des retraites,
02:36des moyens pour nos enfants dans nos écoles,
02:39pour nos aînés dans les EHPAD, dans les hôpitaux.
02:41C'est concret quand même.
02:42Les Français, ce qu'ils vivent dans leur chair, ils le vivent au quotidien.
02:46Quand je vois ce monsieur chez le boucher
02:48qui ne prend qu'une tranche de jambon
02:50parce qu'il explique à son boucher qu'il n'a pas les moyens d'en acheter plusieurs
02:53parce que c'est le 15 du mois et qu'il est déjà à sec.
02:55Quand je vois cette dame qui va à la station service,
02:57qui fait 20 euros d'essence
03:01parce qu'elle n'a plus les moyens de faire le plein,
03:03c'est du concret.
03:05Les gens ont du mal à boucler leur fin de mois.
03:07Quand bien même ils travaillent,
03:09ils perdent des sous parce que les salaires n'augmentent pas.
03:12On n'en peut plus.
03:12Et ça, il faut bien que ça sorte à un moment donné.
03:15Et s'il n'y a pas un gouvernement qui répond
03:17à ces exigences-là,
03:19et bien effectivement, il ne se passe pas aujourd'hui.
03:22Pour l'instant, précisément, il n'y a pas de gouvernement
03:23puisqu'il y a un Premier ministre qui vient d'être nommé,
03:24qui va essayer de composer un gouvernement en essayant d'élargir
03:27son assiette. C'est en tout cas ce qu'il a dit.
03:28Vous l'avez vu hier soir, Sébastien Lecornu,
03:31à Matignon. Est-ce qu'il a ouvert quelques portes ?
03:34En tout cas, il a passé
03:35deux heures avec nous,
03:37ce qui nous a permis, nous, d'exprimer
03:39toutes ses attentes,
03:40toutes ses attentes de changement en lui faisant des propositions.
03:43Et lui, il a dit qu'il voulait une rupture.
03:45Qu'est-ce qu'il a dit ?
03:45Il nous a refait
03:49son discours, c'est-à-dire
03:51j'ai entendu, je comprends,
03:53il faut qu'il y ait des ruptures.
03:54C'est la question que je lui ai posée.
03:56Elles sont où les ruptures ? Elles vont être où les ruptures ?
03:58Qu'est-ce qui va changer ?
04:00On le saura quand il s'exprimera
04:02et qu'il aura fini ses consultations.
04:04C'est bien pour ça que c'est important que les Français poussent.
04:06Parce qu'aujourd'hui, il n'y a rien de clair.
04:08Et effectivement,
04:09le doute est là.
04:12Je ne suis pas confiant,
04:14je ne suis pas serein.
04:15Vous n'êtes pas serein.
04:16Mais parce que, tout simplement,
04:17on a un Premier ministre
04:19qui vient du camp du Président de la République.
04:23Est-ce que ce Premier ministre
04:24aura le courage de lui résister ?
04:27Est-ce que ce Premier ministre aura le courage,
04:28effectivement, de rompre avec la politique
04:31de l'offre,
04:31qui a tout donné aux plus riches,
04:33aux grandes fortunes,
04:34selon la théorie du ruissellement,
04:36et pour remettre en place une autre politique,
04:38celle de la relance,
04:39de la consommation,
04:41de l'emploi,
04:42d'une vraie croissance,
04:43c'est-à-dire une croissance
04:44où on produit des richesses
04:45qui retournent dans les poches,
04:47dans les salaires,
04:48et qui nous permettent de vivre ?
04:49C'est ça la question.
04:50Est-ce qu'il va remettre en cause
04:51la politique de l'offre ?
04:52On ne remet en cause
04:53la sincérité de personne,
04:54mais on a l'impression
04:55qu'on n'avance pas.
04:55Hier, Olivier Faure,
04:56qui a vu Sébastien Lecornu
04:58un peu plus tôt que vous
04:58dans la journée,
04:59est sorti,
04:59il a dit
04:59« S'il est là pour refaire
05:00du François Bayrou,
05:01nous le censurons
05:02dès sa déclaration
05:03de politique générale. »
05:04Vous êtes sur la même ligne ?
05:05La censure pourrait être immédiate ?
05:07Les députés communistes
05:09et du groupe GDR
05:09disent effectivement
05:11que si nous avons demain
05:13la même politique,
05:14peu ou prou,
05:15et on ne s'accordera pas
05:17sur des miettes,
05:18c'est bon quoi.
05:18Les seigneurs qui sont
05:19dans leur château
05:20puis qu'ils vous balancent
05:21quelques eaux comme ça
05:22pour arranger,
05:23c'est terminé.
05:23Donc c'est quoi ?
05:25S'il n'y a pas du sonnant
05:26et du trébuchant
05:28pour le pouvoir d'achat,
05:29moi j'ai formulé
05:30quatre exigences.
05:31Ce n'est pas compliqué.
05:32Un, qu'il retire
05:32toutes les mesures toxiques
05:33du gouvernement Bayrou,
05:35du budget Bayrou,
05:36le doublement
05:36des franchises médicales,
05:38l'allocation adulte handicap.
05:40Donc, il ne faut arrêter
05:41pas un euro de prix,
05:43pas un euro de plus
05:44prix dans les poches
05:45des Français.
05:45Deuxièmement,
05:46des mesures de pouvoir d'achat,
05:47c'est augmenter les salaires.
05:48C'est pas l'État
05:50qui augmente les salaires.
05:51Mais si, il peut baisser la CSG.
05:52Enfin, on peut baisser la CSG
05:54sur les retraites
05:55et sur les salaires.
05:56Et ça, c'est tout de suite
05:5780-100 euros
05:58qui peuvent tomber
05:59de plus par mois
06:00pour les salariés.
06:01On creuse la dette encore.
06:02Trois abrogations.
06:03Mais non, on ne creuse pas la dette.
06:04Si demain, j'y vais,
06:06trois abrogations
06:07de la réforme des retraites,
06:08ce serait un signal énorme
06:10envoyé à tous les salariés
06:11qui pensaient...
06:12Vous savez qu'il va...
06:13Bon, ben c'est tout, monsieur.
06:14Non, mais monsieur Soto,
06:15on s'en va.
06:16C'est tout.
06:16Et puis, les Français manifestent.
06:20Et puis, on occupe la rue.
06:21Donc, vous allez lui dire
06:21au revoir très rapidement.
06:22Mais bien sûr.
06:23Mais si...
06:24On occupe la rue.
06:25Non, mais si rien ne peut changer.
06:27Si rien ne peut changer.
06:29Eh ben, qu'est-ce que je voulais
06:31que je vous dise ?
06:32Qu'est-ce qu'il nous reste
06:32pour se faire entendre
06:33et se faire respecter,
06:34pour vivre ?
06:35Qu'est-ce qu'il nous reste ?
06:36Les gars qui ont dû faire...
06:38Les gars qui ont des travaux pénibles
06:39et qui ont dû faire un trimestre
06:40ou deux trimestres de plus
06:41à cause de cette réforme de retraite,
06:43qu'est-ce qu'il leur reste
06:43pour se défendre ?
06:45Eh bien, c'est ça.
06:45Donc, nous demandons
06:46la réforme de la réforme de retraite.
06:48Et enfin, des mesures
06:49de justice fiscale.
06:51Enfin, que l'on a...
06:51La taxe Zuckman ?
06:52Entre autres.
06:53Mais toute la taxe Zuckman
06:54ou l'esprit de la taxe Zuckman ?
06:56Entre la taxe Zuckman,
06:58l'ISF,
06:59la taxation des dividendes,
07:01les niches fiscales,
07:02les 211 milliards accordés
07:03aux entreprises
07:04sans rien demander,
07:05en retour.
07:06Et il y a du gras, quand même,
07:07dans lequel on peut taper.
07:09Tout ça ?
07:10Tout ça, ça permet de financer,
07:11par exemple,
07:12la baisse de la CSG,
07:14une cotisation
07:15sur les revenus financiers
07:16des entreprises
07:16pour permettre
07:17aux anciens
07:18de partir en retraite
07:19pour financer, justement,
07:21une réforme des retraites juste.
07:23C'est possible.
07:24C'est finançable.
07:25La gauche,
07:25nous ne sommes pas
07:26des voyageurs sans bagage.
07:27Elle ne vient pas sans proposition.
07:28Mais tout ça,
07:29c'est non négociable.
07:30On est d'accord.
07:31Vous dites là,
07:31les quatre conditions,
07:32c'est non négociable.
07:33Mais nous mettons
07:34quatre propositions sur la table.
07:36Discutons-en.
07:37Donc, c'est négociable.
07:38Mais, alors,
07:40je vais être clair avec vous.
07:41Moi, je ne viens pas négocier
07:42avec M. Lecornu.
07:44C'est lui qui est Premier ministre.
07:45Il veut nous voir.
07:46Nous lui avons mis
07:47des propositions sur la table.
07:48A lui de décider.
07:50A lui de décider, maintenant.
07:51Si il ne prend pas,
07:51il peut faire ses bagages.
07:52Soyons clairs.
07:53Ensuite, ça va
07:54à l'Assemblée nationale.
07:55Oui.
07:56Et c'est l'Assemblée nationale
07:58qui doit pouvoir
07:59débattre,
08:00amender,
08:01voter un budget
08:01149-3.
08:03Qu'il laisse le Parlement
08:04travailler.
08:05Là, je suis clair avec vous.
08:06Ça veut dire,
08:06je ne demande pas
08:07tout le programme
08:07du Parti communiste français,
08:09tout le programme
08:09de la gauche
08:10et rien que son programme,
08:11qu'il laisse le Parlement
08:12travailler.
08:14Pas de 49-3,
08:15pas de motion de censure.
08:16Je ne peux pas dire autrement.
08:17Et c'est comme ça
08:18que l'on avance
08:19et que l'on construit
08:21des majorités
08:21devant le peuple,
08:22devant les Français
08:23qui verront bien
08:24qui vote quoi.
08:25Qui va voter
08:26la baisse de la CSG ?
08:27Qui va voter des mesures
08:28de justice sociale
08:29de justice fiscale ?
08:31Comment ça va se terminer
08:32tout ça ?
08:32Par une dissolution ?
08:33Par une démission ?
08:34Par une révolution ?
08:35Vous n'avez pas peur
08:36de désespérer
08:36bien en cours à la longue ?
08:37Aujourd'hui,
08:39les Français,
08:39ils sont largement
08:40désespérés.
08:41Ils n'en peuvent plus.
08:44Mais qui écrit tout le temps
08:45la même histoire ?
08:46Vous tous,
08:46tous ensemble,
08:47de tous les côtés.
08:47Mais n'abusez pas quand même,
08:49M. Soto,
08:49ça fait depuis 2024
08:50et c'est qui qui a décidé
08:52d'une dissolution ?
08:52Ce n'est pas nous.
08:53Qui décide de remettre
08:54toujours le même
08:54Premier ministre
08:55issu du même camp ?
08:56Qui décide toujours
08:57d'exonérer les plus riches
08:58et de taper sur les retraités,
08:59les salariés ?
09:00Oui, mais il n'y a personne
09:01qui est capable de se dire
09:03qu'on va se mettre d'accord
09:04avec le plus petit
09:04candidateur commun
09:05et on va gouverner ensemble.
09:07Nous avons mis
09:09des propositions
09:10sur la table,
09:11que ce soit
09:11le Parti Socialiste
09:12ou le Parti Communiste
09:13à discuter
09:14avec le gouvernement,
09:16avec le Parlement
09:17pour trouver des solutions.
09:18Ce n'est pas le budget
09:19que nous ferions
09:20si nous avions
09:20la majorité absolue.
09:21Ce sont des propositions
09:22que nous mettons sur la table
09:23pour améliorer
09:24la vie des gens,
09:25pour que les gens vivent mieux,
09:26pour que nos hôpitaux
09:27aient des moyens,
09:28pour que nos enfants
09:28aient des profs
09:29et des profs,
09:29pour que les retraités
09:30vivent mieux.
09:31Enfin, quand même,
09:32nous les mettons sur la table.
09:33Il y aura d'autres
09:33au 18 septembre ?
09:34Ça ne doit pas être un jour...
09:36Mais tout dépend
09:37du Premier ministre.
09:39C'est lui
09:40qui peut changer la donne
09:43et qui peut faire en sorte
09:44que demain,
09:45on puisse vivre mieux.
09:47Donc, c'est tout.
09:49Merci.
09:50Non, on a une...
09:51Non, excusez-moi,
09:52parce que nous avons
09:52une grande manifestation
09:54dimanche 21 septembre
09:56pour la reconnaissance
09:58de l'État de Palestine
09:59à l'appel
10:00de nombreuses organisations
10:01politiques,
10:02associatives,
10:03syndicales.
10:04Et je pense aussi
10:06à ce qui se passe là-bas.
10:07Et j'espère que nous serons
10:08nombreux à nous retrouver
10:09à 14h,
10:10place de la nation,
10:11pour la libération
10:12et pour l'indépendance
10:13du peuple palestinien
10:14aux côtés
10:15de l'État israélien.
10:16Merci, Fabien.
10:17Merci.
10:17Merci.
10:18Merci.
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